Di Stéfano Laulhé est unnom espagnol. Le premier nom de famille, en général paternel, est Di Stéfano ; le second, en général maternel, souvent omis, est Laulhé.
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés. 2 Matchs officiels. Dernière mise à jour : 26 juin 2024
Di Stéfano évolue au sein de deux équipes nationales différentes au cours de sa carrière. Il compte six sélections pour six buts marqués pour l'équipe d'Argentine, avec laquelle il gagne laCopa América. Après sa naturalisation espagnole, il dispute 31 matchs et marque 23 buts avec l'équipe d'Espagne.
Comme entraîneur de 1967 à 1991, Di Stéfano dirige notammentBoca Juniors, leValence CF, River Plate et le Real Madrid. Avec ces différents clubs, il remporte uneCoupe d'Europe des vainqueurs de coupes, deux championnats d'Argentine, un titre de champion d'Espagne et unesupercoupe d'Espagne. Il est, de 2000 à sa mort, le président d'honneur du Real Madrid.
Alfredo Stéfano Di Stéfano Laulhé naît le àBarracas, le quartier portuaire deBuenos Aires[3]. Son grand-père Miguel, originaire deCapri enItalie, est le premier Di Stéfano à s'installer enArgentine. Son père, Alfredo, épouse Eulalia Laulhé Gilmont, d'ascendancefrançaise par son père, natif duBéarn[4], etirlandaise[5]. Ils ont trois fils, Alfredo, Tulio, joueur de football également et Norma, qui choisit lebasket-ball[6].Son père est cofondateur duClub Atlético River Plate, où il a également joué de 1910 à 1912.
Alfredo Di Stéfano découvre le football à l'âge de sept ans au sein du club de quartier Unidos y Venceremos et, quand ses parents déménagent dans le quartier deFlores, rejoint le club d'Imán[3],[7]. Ses idoles sontArsenio Erico, le grand attaquant duCA Independiente et « La Máquina » du River Plate, véritable machine à marquer des buts. River Plate est son équipe favorite et, il a une carte d'abonné (socio) pour ne manquer aucun match[8].
En 1940, la famille Di Stéfano s'installe à Los Cardales, une ferme dans le Nord-Ouest de la province de Buenos Aires. Alfredo y aide ses parents comme ouvrier agricole, puis commevaquero de troupeaux de vaches[4]. Il continue à jouer au football au sein de l'Unión Progresista et dans la ligue régionale du district de Campana[7].Au lycée, il étudie pour devenir ingénieur agronome et prendre la succession de ses parents. Comme sports en dehors du football, il pratique l'athlétisme, le basket-ball et le hockey sur gazon.
Sa mère écrit une lettre de recommandation à River Plate et Alfredo Di Stéfano est convoqué pour un essai[9] qui se révèle concluant[3]. Il signe à dix-huit ans une licence d'amateur et débute dans la quatrième équipe du club au poste d'ailier droit. Il passe rapidement dans la troisième, puis dans laréserve, et joue même, en, un match amical en équipe première contre leCA San Lorenzo. Le, il fait ses grands débuts aux côtés d'« El Maestro »Adolfo Pedernera contre leCA Huracán ; le match se solde par une défaite deux buts à un. À l'issue de cette saison, Di Stéfano remporte son premierchampionnat d'Argentine[3].
José Manuel Moreno et Alfredo Di Stéfano sous le maillot de River Plate.
Pedernera étant titulaire indiscutable à River Plate, Di Stéfano est prêté un an au CA Huracán où il devient professionnel. Pedernera parti auCA Atlanta, il revient à River Plate et joue ailier droit, poste qu'il n'apprécie pas. Lors de la huitième journée du championnat, l'entraîneur,Carlos Peucelle, le replace au poste d'avant-centre et River Plate s'impose six buts à un face à l'Atlanta de Pedernera. Di Stéfano ne marque pas, mais ses appels de balle et ses mouvements ont permis à ses coéquipiers de briller, et Peucelle le trouve très bon[10].
Alfredo Di Stéfano avec Huracán en 1946.
Il s'impose dès lors au poste d'avant-centre et parvient à faire oublier Pedernera. Le jeu de River Plate s'adapte à Di Stéfano et à sa vitesse, il joue en pointe au côté d'Ángel Labruna etJosé Manuel Moreno se transforme en passeur[11]. Il inscrit ainsi 27 buts en 30 matchs en 1947 et remporte son second titre de champion d'Argentine. Il est rapidement surnommé « El Alemàn » puis la « Saeta Rubia » (Flèche blonde), en raison de ses cheveux blonds, de son physique robuste et de sa vitesse[3].
Au printemps 1948, il dispute àSantiago du Chili le premierChampionnat sud-américain des clubs champions. River Plate finit second derrière le club brésilienVasco da Gama[12] et il connaît lors de cette compétition les premiers accrochages avec son président, Antonio Vespucio Liberti, pour des questions de réajustement de salaire.
Le1948, alors que le championnat argentin bat son plein et que leRacing Club mène seulement d'un point sur River Plate, lafédération argentine décide de suspendre la compétition devant les manifestations des joueurs professionnels réclamant augmentations de salaires et mise en œuvre ducontrat à temps. Alfredo Di Stéfano est l'un des plus fermes dans ce combat et il refuse, avec ses coéquipiers, le premier accord signé en. Leur président doit alors faire de nouvelles concessions pour qu'enfin ils acceptent de revenir sur le terrain[13].
Au retour d'une tournée de bienfaisance en Italie, à la suite dudrame de Superga, les relations entre Vespucio et Alfredo Di Stéfano se tendent à nouveau, le président revenant sur les accords mettant fin à la grève et négociant sans son accord son transfert au club italienTorino. Contacté par Pedernera, qui évolue dans le clubcolombien desMillonarios de Bogota, il répond favorablement à l'offre de ce club qui lui propose un contrat très lucratif[14]. Il s'envole incognito pour la Colombie, en compagnie de son coéquipier Néstor Rossi, le, et le président de River Plate ne touche aucune indemnité[15].
Tenues de Di Stéfano à River Plate (à gauche) et aux Millonarios.
AuxMillonarios de Bogota, il est entraîné par le prestigieux uruguayenHéctor Scarone puis parPedernera, venu assumer le rôle d'entraîneur-joueur. Il compose, avec Pedernera, Rossi, Baez et Cozzi, l'une des meilleures équipes de l'époque en Amérique du Sud. Le club est surnommé leBallet Azul (« le ballet bleu » en français), par son jeu fait de dribbles et de passes qui s'apparente à une chorégraphie[4]. Avec les Millonarios, Di Stéfano remporte trois fois le titre dechampion de Colombie et termine deux fois en tête du classement des buteurs[16].
Mais la Colombie se retrouve une impasse sur le plan sportif international, car laFédération de Colombie de football n'est pas affiliée à laFIFA et les joueurs argentins sont considérés comme des pirates et suspendus par leur fédération[17]. En, lors du congrès de laConfédération sud-américaine de football, l’Uruguay, l’Argentine, le Brésil et le Pérou signent le « Pacte de Lima » : les joueurs restent à disposition des clubs colombiens jusqu'en 1954, mais ne peuvent être transférés sans l'accord du club d'origine. Après cette date, ils doivent revenir dans leur club d'origine[18].
Cet accord permet également aux clubs colombiens de refaire des tournées internationales[19]. En 1952, Los Millonarios est ainsi invité à participer au tournoi organisé pour les 50 ans duReal Madrid, tournoi auquel participe également l'équipe suédoise de l'IFK Norrköping. Le club colombien bat le Real Madrid quatre buts à deux, avec deux buts de Di Stéfano[20], et celui-ci se fait remarquer à la fois par leFC Barcelone et par le club de la capitale espagnole. Voulant quitter le club et ne pas retourner à River Plate, Di Stéfano s'enfuit de Colombie, avec sa famille, à la Noël 1952 et retourne alors àBuenos Aires[14].
Il dispute son dernier match avec Los Millonarios en finale de lapetite coupe du monde des clubs en. Le club remporte le trophée en battant leRapid de Vienne quatre buts à zéro, Di Stéfano marquant deux buts[21].
Le transfert d’Alfredo Di Stéfano en Espagne fait l'objet d'une intense bataille entre leReal Madrid et leFC Barcelone. Barcelone est le premier à se renseigner sur le joueur et le président Enric Martí chargeJosep Samitier de faire signer Di Stéfano. Barcelone négocie son transfert avecRiver Plate et celui-ci se conclut pour 4 000 000 depesetas à compter du. Le, Di Stéfano arrive en Espagne pour signer son contrat et dispute trois matchs amicaux avec le club.Los Millonarios, propriétaire du joueur jusqu'au, porte alors plainte auprès de laFIFA et de laFédération espagnole[14]. Le président du club colombien, Alfonso Senior Quevedo, demande 27 000 dollars (1 350 000 pesetas)[22] pour le transfert de Di Stéfano, montant jugé trop élevé par le président de Barcelone.
Le Real Madrid, qui vient de porter la capacité de son stade à 125 000 places, souhaite recruter un grand joueur.Santiago Bernabéu charge le trésorier du club,Raimundo Saporta, de négocier le transfert de Di Stéfano. Il se rend àBuenos Aires pour rencontrer les dirigeants de River Plate mais ceux-ci l'informent de l'accord passé avec le FC Barcelone. Il contacte ensuite Los Millonarios et accepte de payer le montant demandé par son président. Chacun des clubs espagnols possède alors une option sur Di Stéfano, le Real ayant un accord avec Los Millonarios, et le FC Barcelone avec River Plate.
Le président de Barcelone, furieux, négocie alors la vente des droits du joueur avec laJuventus FC provoquant l'indignation de Di Stéfano, qui n'a pas été consulté. Le club italien refuse d'engager des négociations sans le consentement de la FIFA. Celle-ci, appelée comme médiatrice, nomme Armando Muñoz Calero, ancien président de la Fédération espagnole de football, pour dénouer le conflit entre les deux clubs. Il décide que Di Stéfano jouera pour le Real Madrid lors des saisons 1953-1954 et 1955-1956, et pour le Barça en 1954-1955 et 1956-1957. À l'issue de ces quatre saisons, les deux équipes doivent se mettre d'accord sur l'avenir du joueur en Espagne. L'accord est approuvé par le gouvernement espagnol et les deux clubs[19].
Cette décision crée une telle tempête de protestations au sein même de la direction du FC Barcelone et dessocios[23] que le président du club est obligé de démissionner le. Le FC Barcelone revend alors ses droits sur le joueur au Real Madrid et Di Stéfano signe enfin dans le club « merengue » pour environ 5 500 000 pesetas (soit près de 33 000 eurosactuels[Quand ?])[24]. En plus du montant du transfert, le Real verse au joueur 1 350 000 pesetas[22] de prime de transfert, 650 000 pesetas de prime annuelle, un salaire de 16 000 pesetas et des primes de match doublées par rapport à ses coéquipiers soit au total près de 40 % des recettes annuelles du club[25].
Les motifs ayant amené la décision de laisser Di Stéfano jouer à Madrid sont contestés par les deux clubs. Alors que le Real a toujours maintenu qu'il s'agissait d'une décision volontaire du FC Barcelone, le club catalan, lui, argue que c'est une décision prise sous la pression du gouvernement deFranco. Cet incident a exacerbé l'hostilité traditionnelle entre les deux clubs espagnols[26].
Di Stéfano, après sept mois d'inactivité, fait ses débuts sous le maillot madrilène le, à l'occasion d'une rencontre amicale contre leFC Nancy, qui se conclut sur une défaite quatre buts à deux[27].
Deux semaines plus tard, le Real reçoit en championnat leFC Barcelone et leclásico se conclut sur une défaite cuisante des Barcelonais sur le score de cinq buts à zéro. Deux des buts sont marqués par Di Stéfano lui-même et il conquiert le cœur du public madrilène[28]. En fin de saison, Di Stéfano permet au club de remporter laLiga 21 ans après le dernier titre. Il est, avecGento, autre recrue du club, le grand artisan de ce succès, finissant meilleur buteur avec 29 buts. C'est le début de l'âge d'or du Real Madrid.
L'année suivante, le Real recruteHéctor Rial, coéquipier de Di Stéfano aux Millionarios. Le Real remporte de nouveau le championnat avec cinq points d'avance sur le FC Barcelone, Di Stéfano marquant 25 buts. Le Real remporte également laCoupe Latine en battant, auParc des Princes, leStade de Reims deux buts à zéro.
Lasaison 1955-1956 est celle de la premièreCoupe d'Europe. Le Real élimine leServette de Genève, lePartizan Belgrade et leMilan AC pour atteindre la finale, où il retrouve le Stade de Reims mené parRaymond Kopa. Dans un match difficile où le Real est mené deux fois au score, Di Stéfano redonne espoir à ses coéquipiers en réduisant l'écart à la quatorzième minute, et le Real s'impose finalement quatre buts à trois. Cette finale permet à l'Europe entière de découvrir le talent de Di Stéfano qui termine second en fin de saison du classement duBallon d'or, devancé parStanley Matthews.
La saison suivante, le Real se renforce encore en recrutant Kopa. Celui-ci doit patienter enréserve, dans l'attente de la naturalisation espagnole de Di Stéfano, qui intervient le. Le club possède désormais une superbe ligne d'attaque composée de Di Stéfano, Rial, Kopa et Gento. Le Real conserve la Coupe d'Europe en battant en demi-finaleManchester United puis, en finale laFiorentina deux buts à zéro. Di Stéfano marque un des buts sur penalty, son onzième en Coupe d'Europe[29].Le Real Madrid remporte également laCoupe latine, face auBenfica Lisbonne sur un but de Di Stéfano, ainsi que lechampionnat d'Espagne. Alfredo est le meilleur buteur du championnat d'Espagne et de la Coupe d'Europe des clubs champions et, après sa saison exceptionnelle, il est éluBallon d'or[30] et joueur espagnol de l'année.
En1957-1958, le Real Madrid fait signer un autre grand joueur, le défenseur central uruguayenJosé Santamaria. Cette saison-là, le jeu d'Alfredo Di Stéfano est encore plus spectaculaire. Il mène le jeu, n'hésite pas à défendre et continue à marquer de nombreux buts. Le Real est sacré une nouvelle fois champion d'Espagne et Di Stéfano remporte le trophée du meilleur buteur avec 19 buts. En Coupe d'Europe, il retrouve en finale leMilan AC, éliminé en demi-finale deux ans plus tôt. Le match est indécis, Milan ouvre le score par l'intermédiaire deSchiaffino, mais Di Stéfano égalise à la74e minute et le Real s'impose en prolongation, trois buts à deux, sur un but de Gento[31].
En1958,Ferenc Puskás rejoint Gento, Kopa et Di Stéfano à la pointe de l'attaque madrilène. Ce quatuor permet au club de remporter une nouvelle fois la Coupe d'Europe face au Stade de Reims sur le score de deux buts à zéro. Di Stéfano marque l'un des buts, son quatrième dans une finale. Il est également le meilleur buteur du championnat d'Espagne où le club termine second. À la fin de la saison, le « divin chauve » reçoit une nouvelle fois le Ballon d'or[32].
L'association de Di Stéfano et de Puskás connaît son apogée la saison suivante en finale de laCoupe d'Europe. Le Real est opposé à l'Eintracht Francfort qui a battu en demi-finale leGlasgow Rangers par douze buts à quatre sur les deux matchs. Devant les 135 000 spectateurs duHampden Park, les Madrilènes livrent leur match le plus abouti, et s'imposent sept buts à trois avec quatre buts de Puskás et trois de Di Stéfano, dont deux à des moments cruciaux du match. Le travail défensif de Di Stéfano permet également d'annihiler une occasion de but dans la première demi-heure[33]. Le, le Real remporte la premièreCoupe intercontinentale en écrasantPeñarol, vainqueur de laCopa Libertadores, sur le score de cinq buts à un.
Le FC Barcelone est le premier club à faire tomber le Real en Coupe d'Europe en1961. L'arbitrage des Anglais Ellis, à l'aller, et Leafe, au retour, est très critiqué par le Real, un but étant notamment refusé à Di Stéfano pour hors-jeu[34]. Le Real se venge en écrasant le championnat d'Espagne, il termine avec douze points d'avance sur l'Atlético Madrid et 20 sur Barcelone. Puskás finit meilleur buteur avec 28 buts, devant Di Stéfano troisième avec 21 unités.
Le àAmsterdam, le Real retrouve en finale de la Coupe d'Europe leBenfica d'Eusébio. Pour contrer les Portugais, l'entraîneur madrilèneMiguel Muñoz place Di Stéfano en soutien de Puskás, seul en pointe. Malgré trois buts de Puskás, dont un sur passe de Di Stéfano, le Real doit s'incliner cinq buts à trois[35].
Son dernier match officiel avec les Madrilènes est la finale de laCoupe d'Europe 1964, sa septième en neuf ans. Elle oppose le Real et son jeu d'attaque auCatenaccio de l'Inter Milan d'Helenio Herrera.Miguel Muñoz metAmancio Amaro au marquage individuel deGiacinto Facchetti, dangereux contre-attaquant, mais cette tactique est vivement critiquée par Di Stéfano car elle amoindrit les capacités offensives du Real[39]. L'Inter s'impose finalement trois buts à un, son jeu collectif l'emportant sur les individualités du Real. Après le match, les tensions entre Di Stéfano et Muñoz sont telles que celui-ci décide de ne plus faire jouer « don Alfredo ».
Santiago Bernabéu lui propose alors de mettre fin à sa carrière et de rentrer dans le staff technique de l'équipe mais Di Stéfano souhaite encore continuer et les deux hommes se séparent fâchés[40], Bernabéu déclare alors que lui vivant, Di Stéfano ne remettra plus jamais les pieds au club[41]. Il rejoint alors à 38 ans leRCD Español pour deux dernières saisons, et y retrouveLászló Kubala, son ancien rival duBarça. Son retour au Real est un tel évènement qu'il fait l'objet d'une retransmission télévisée.
Le, Alfredo Di Stéfano fait ses adieux en tant que joueur lors d'un match entre le Real Madrid et leCeltic Glasgow, qui vient d'être sacré champion d'Europe. À la treizième minute de jeu, Di Stéfano sort sous les applaudissements des 130 000 spectateurs du stade Santiago Bernabéu.
Alfredo Di Stéfano connaît deux sélections nationales différentes en tant que joueur, l'Argentine en 1947 et l'Espagne de 1957 à 1961.
En 1947, il est sélectionné dans l'équipe d'Argentine qui participe auchampionnat sud-américain àGuayaquil enÉquateur. Il ne joue pas le premier match, le sélectionneurGuillermo Stábile lui préférantRené Pontoni. Il lui offre sa chance dès le second match et Di Stéfano débute sous le maillot argentin, le, contre laBolivie. Le match se conclut sur une victoire sept buts à zéro, avec un but de Di Stéfano.
Lors de la finale contre l'Uruguay,Loustau scelle la victoire de l'Argentine, trois buts à un, en inscrivant le troisième but, d'un tir des 25 mètres sur une passe de Di Stéfano[42]. Alfredo marque lors de cette compétition six buts en autant de matchs disputés, dont un triplé contre laColombie. Ce sont ses seules apparitions sous le maillot de la sélection argentine. Il compte quatre apparitions avec une sélection colombienne appelée Colombie XI, composée des meilleurs joueurs du championnat colombien, ces rencontres ne sont pas homologuées par laFIFA[43].
Après sa naturalisation obtenue en 1956, il fait ses grands débuts sous le maillot de la sélection espagnole, le, lors d'un match contre lesPays-Bas. Di Stéfano fête sa première sélection en inscrivant un triplé dans ce match qui se solde par une victoire cinq buts à zéro des Espagnols.
Lors des éliminatoires de laCoupe du monde 1958, l'Espagne est favorite de son groupe éliminatoire où elle rencontre l'Écosse et laSuisse. L'attaque peut compter sur Di Stéfano,Francisco Gento,Luis Suárez etLászló Kubala, un autre naturalisé, mais une défaite inaugurale contre l'Écosse lui est fatale et l'Espagne échoue à un point des Écossais.
Di Stéfano ne participe pas non plus aux phases finales du premierchampionnat d'Europe organisé en 1960. L'Espagne, qui vient de disposer en huitièmes de finale de laPologne après un match d'appui, se prépare à rencontrer l'URSS mais doit déclarer forfait sur ordre deFranco.
En 1962, pour se qualifier en phase finale de laCoupe du monde au Chili, l'Espagne se défait tout d'abord dupays de Galles puis en match de barrage face auMaroc où Di Stéfano marque son dernier but en sélection. Pour Di Stéfano et son coéquipier madrilèneFerenc Puskás, naturalisé en1960, c'est la dernière chance de disputer la Coupe du monde sous le maillot. Victime d'une déchirure musculaire lors de l'avant-dernier match de préparation contreOsnabrück, un club de seconde division allemande, il ne peut être remis qu'en cas de qualification au second tour. Di Stéfano ne peut qu'assister à la défaite de l'Espagne contre leBrésil deux buts à un et, comme d'autres grands noms du football commeGeorge Best ouGeorge Weah, il ne dispute aucun match de Coupe du monde[44],[45].
En plus de ces rencontres en sélection, Di Stéfano a également l'honneur d'être choisi comme capitaine de la premièreéquipeFIFA du continent européen qui rencontre, en 1963 àWembley, l'Angleterre pour fêter le centenaire de laFA. Le match se termine sur une défaite deux buts à un de l'équipe FIFA.
Une fois sa carrière de footballeur terminée, Di Stéfano ne quitte pas son sport et se reconvertit dans le métier d'entraîneur. Cela le conduit en 1967 àElche CF mais, au bout de quinze journées, le club est avant-dernier et il est remplacé parFerdinand Daučík[46].
En, il est contacté parBoca Juniors pour devenir manager de l'équipe première, et il retourne en Argentine. Au début de l'année1969, l'entraîneur José D'Amico démissionne et Alfredo Di Stéfano prend alors les rênes de l'équipe. Boca Juniors finit premier de la zone A du championnatMétropole mais est éliminé en demi-finale parRiver Plate, second de la zone B. Lorsque commence le championnatNacional, Di Stéfano fait jouer à son équipe un jeu plus offensif avecNorberto Madurga comme meneur de jeu. Le titre se joue, lors de la dernière journée, face au grand rival River Plate qui est à deux points seulement. Deux buts de Madurga permettent au club d'accrocher le nul et Boca remporte lechampionnat d'Argentine[47]. Il remporte également la premièreCoupe d'Argentine en battant leClub Atlético Atlanta sur le score de trois buts à deux sur les deux matchs[48].
En1970, il est appelé par leValence CF pour diriger l'équipe. Le club décroche en fin de saison son quatrièmechampionnat d'Espagne après une lutte serrée avec leFC Barcelone et l'Atletico Madrid. Valence CF n'encaisse cette année-là que dix-neuf buts et finit meilleure défense du championnat[49].L'année suivante, le club finit vice-champion derrière leReal Madrid. Di Stéfano et Valence ne parviennent cependant pas à remporter laCoupe du Généralissime, le Valence CF perdant deux finales consécutives en 1971 et 1972. À la fin de la saison 1974, Di Stéfano quitte ses fonctions d'entraîneur.
Il rejoint alors leSporting Portugal qui vient d'être sacréchampion. Le club ne gagnant qu'un seul de ces six matchs d'avant-saison, le président du Sporting, João Rocha, le congédie dès la première journée du championnat, juste avant la signature de son contrat[50]. En 1975, il retrouve le championnat espagnol et entraîne leRayo Vallecano, club deseconde division, mais c'est un échec. Il est remplacé en mars par Jose Antonio Olmedo[51]. L'année suivante, il reste en deuxième division espagnole en prenant les rênes deCastellón, et le club finit quatorzième.
Alfredo Di Stefano entraîneur du CA River Plate (1981).
La saison suivante, il revient au Real Madrid et lance laQuinta del Buitre (« la quinte du vautour » en français), avecEmilio Butragueño (el Buitre),Míchel, Miguel Pardeza,Manuel Sanchís,Rafael Martín Vázquez mais il ne parvient pas à remporter de trophées avec le club. Celui-ci termine vice-champion d'Espagne en1983 et1984, finaliste de la Coupe du Roi, de la Coupe de la Ligue et de lasupercoupe d'Espagne en 1983. Il échoue également en finale de laCoupe d'Europe des vainqueurs de coupe contre le club d'Aberdeen FC entraîné parAlex Ferguson, deux buts à un après prolongations. Cette série de finales perdues fait dire à Di Stéfano :« Nous sommes lesPoulidor du football[53] ».
Il retourne à Boca Juniors en 1985 et n'y reste qu'une saison, le club s'inclinant face auVélez Sarsfield en phase éliminatoire du championnat. En fin de saison1985-1986, il revient, à douze journées de la fin du championnat espagnol, au chevet du Valence CF qui vient d'encaisser une défaite six buts à zéro contre laReal Sociedad. Il ne parvient pas à renverser la tendance et le club est relégué à la fin duchampionnat. Conservé à la tête de l'équipe, il ramène le club en première division dès la saison suivante, en finissant champion deseconde division. Le retour en première division est difficile, le club est relégable à l'issue de la29e journée de championnat, et Di Stéfano est licencié.
En 1990, il est nommé conseiller du président du Real MadridRamón Mendoza[54]. Le, à la suite du limogeage deJohn Toshack, il redevient à 65 ans une dernière fois entraîneur, associé àJosé Antonio Camacho. Sous ses ordres, le club « merengue » remporte le lasupercoupe d'Espagne. Sa mission comme entraîneur prend fin lors de la vingt-sixième journée avec l'arrivée deRadomir Antić[55].
Alfredo Di Stéfano se marie en 1950 avec Sara Freites Varela, qui meurt le, et avec qui il a six enfants : Nanette, Silvana, Alfredo, Elena, Ignacio et Sofia, et plusieurs petits-enfants[54]. Après sa carrière sportive, Alfredo Di Stéfano continue de vivre en Espagne, et fait installer dans son jardin une statue représentant une balle ronde où est inscritGracias vieja (Merci ma vieille)[4]. Le, il est frappé par unecrise cardiaque. Il récupère avec succès àSagonte puis àValence[56].
En, il est sur le point d'épouser sa secrétaire costaricienne Gina González, plus jeune que lui de cinquante ans[57] mais il renonce devant le refus de ses enfants[58].
Tout au long de sa carrière, Alfredo Di Stéfano tient la vedette dans plusieurs films. Sa première apparition est dansCon los mismos colores, film argentin de 1949[59]. En Espagne, il apparaît également dans de nombreux films documentaires consacrés au Real Madrid, mais aussi dans un film,Saeta Rubia, tourné en 1956, et dans lequel il tient son propre rôle[60].
Le, il est victime d’un arrêt cardiaque en pleine rue àMadrid, sa septième attaque depuis sa retraite sportive. Il est hospitalisé en urgence à l’hôpital Gregorio Marañón dans un état grave[61]. Il meurt le, à la suite de cet arrêt cardiaque[62].
Le, l'Argentine joue la demi-finale de laCoupe du monde 2014 face auxPays-Bas en arborant un brassard noir, une minute de silence est observée avant la rencontre[63]. Son cercueil, recouvert du drapeau du Real, est ensuite exposé au sein dustade Santiago Bernabéu et reçoit les hommages de plusieurs centaines de personnes[64].
Di Stéfano sur la couverture d'El Grafico - 1947, club de River Plate.
Di Stéfano possède un style de jeu inconnu jusqu'alors, synthétisant celui sud-américain dela Máquina et du « Ballet Azul » fait de passes courtes, et le style développé par leOnze d'or hongrois. C'est un footballeur complet alliant qualités techniques (dribble, feinte, passe et tir de chaque pied), tactiques (vision du jeu et placement) et physiques (vitesse, endurance et robustesse)[4]. Il est également un leader charismatique qui met son talent au service de son équipe et ne recherche pas l'exploit individuel. Beaucoup d'entraîneurs telsHelenio Herrera ouMiguel Muñoz affirment qu'il est le joueur le plus complet qui ait jamais existé[66].Pelé[67],Maradona[66] etBobby Charlton disent de lui qu'il est le meilleur joueur de tous les temps[68].
Il n'est pas un avant-centre, mais finit pourtant meilleur buteur de trois championnats différents. Il n'est pas non plus un meneur de jeu mais, dès qu'il possède le ballon, son équipe se projette vers l'avant. Enfin, il n'est pas un milieu défensif, mais il porte assistance à ses défenseurs comme en finale de la coupe d'Europe 1957, où il détourne en corner un centre de l'ailier de laFiorentina,Julinho. Il est tout cela à la fois, révolutionnant le jeu de l'avant-centre et faisant du Real Madrid la meilleure équipe de club du monde[69].Gabriel Hanot, l'inventeur de la Coupe d'Europe des clubs champions, dit de lui qu'« il est une tactique à lui tout seul[29] ».
Comme buteur, il n'a pas de points faibles. Il est capable de marquer de la tête, de chaque pied, et ce dans la surface de réparation ou depuis les vingt mètres[70]. Il est également un gardien de but décent et occupe ce poste à River Plate lors d'unSuperclásico en 1948. Durant les quinze minutes où il remplace le gardien titulaire,Amadeo Carrizo, il n'encaisse aucun but. Revenu dans le champ, il marque le but décisif[71].
Alfredo Di Stéfano avec le maillot de l'équipe nationale d'argentine en 1947, adossée à un mur.
ÀBuenos Aires,Bogota puisMadrid, Di Stéfano se constitue un palmarès unique. Il comporte quasiment toutes les compétitions internationales majeures de son époque. Avec l'Argentine, il remporte laCopa América en1947, son seul trophée en équipe nationale.
Alfredo Di Stéfano a marqué 524 buts en 720 matchs officiels, soit 0,74 but par match[74]. Il est le meilleur buteur du championnat argentin en 1947 (27 buts), colombien en 1951 (31 buts) et 1952 (19 buts) et remporte le trophée Pichichi, décerné aumeilleur buteur de la Liga, à cinq reprises. Il marque 27 buts en1954, 24 buts en1956, 31 buts en1957, 19 buts en1958 et 23 buts en1959. Il est également le meilleur buteur de laCoupe d'Europe des clubs champions en1958 (10 buts) et1962 (7 buts).
Comme entraîneur, son palmarès est également conséquent. En Argentine, il remporte lechampionnat à deux reprises, en1969 avecBoca Juniors et en1981 avec CA River Plate. Avec Boca Juniors, il gagne aussi laCoupe d'Argentine en 1969. AuValence CF, il permet au club de remporter laCoupe d'Europe des vainqueurs de coupes en1980. Il est champion d'Espagne en1971, vice-champion en1972,champion de deuxième division en 1987 et finaliste de laCoupe du Généralissime en 1971 et 1972. Il n'obtient qu'un seul trophée avec le Real Madrid, lasupercoupe d'Espagne en 1990, dont il est également finaliste en 1982. Avec ce club, il est aussi finaliste de la coupe d'Europe des vainqueurs de coupes en1983, vice-champion d'Espagne en1983 et1984, finaliste de la coupe d'Espagne en 1983 et finaliste de lacoupe de la Ligue en 1983.
Alfredo Di Stéfano a reçu en 1956 un super ballon d'or en 1989,est le quatorzième meilleur buteur de tous les temps de première division avec 521 matchs pour 376 but
Sa carrière exceptionnelle lui vaut de nombreuses récompenses. Il reçoit en1966 la médaille d'or du mérite sportif, décernée par le gouvernement espagnol, puis la grande croix de l'ordre du mérite sportif en1999. Lui est également décerné le trophée du meilleur joueur des 35 dernières années, par l'hebdomadaireDon Balón en1990, la médaille du mérite de laFIFA en1994, la médaille du mérite sportif deMadrid en1996, letambor de oro de la ville deSan Sebastián en1997, le prixMarca Leyenda en1999, et il entre au Hall of Fame de laFIFA en1998.
Le, il est également choisi, par deux cent cinquante journalistes internationaux, dans l'équipe mondiale duXXe siècle. En2004, il est nommé auFIFA 100[78]. En2008, il reçoit, des mains deMichel Platini, le premier Prix du Président de l'UEFA, récompensant de très grands joueurs ayant joué sur le continent européen[79]. Il est également nommé ambassadeur sportif d'Argentine en2009[80].
Letrophée récompensant le meilleur joueur du championnat d'Espagne de football porte son nom. Le prix a été créé par le quotidien sportif espagnolMarca, lors de la saison 2007-2008. En 2008, il est élu meilleur joueur de l'histoire du Real Madrid, par un sondage réalisé par le club auprès de ses internautes. Il devanceZinédine Zidane etRaúl[81].
↑Lessocios sont les adhérents de la société civile sans but lucratif du FC Barcelone, ils forment une assemblée de délégués qui détient le pouvoir sur le club et élit le président.
DidierBraun, VincentDuluc et RégisDupont,La grande histoire de la coupe du monde,L'Équipe,, 239 p.(ISBN978-2-915535-81-5), « Di Stéfano, Puskas, le crépuscule des idoles ».
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