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| Président Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France | |
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Alain Minc, né le àParis 19e, est un conseiller politique, essayiste etdirigeant d'entreprisefrançais.
Il est actuellement président d'AM Conseil et, de 2012 à 2023, de laSANEF, l'une des trois principales sociétés autoroutières françaises, après avoir été plusieurs années membre duconseil d'administration d'une société concurrente,Vinci.
Il est aussi membre du conseil d'administration dePrisa,CaixaBank,Fnac,Poweo Direct Énergie,Ingenico etYves Saint Laurent[1].
Il est fils de Joseph Minc (né àBrest-Litovsk en 1908, mort en 2011 à102 ans)[2] et de Lisa, née Bogacz (1908-1999). Son père, prothésiste-dentaire de formation, naît au sein de la communauté juive biélorusse deBrest-Litovsk où l'antisémitisme est très fort :« Quand on sortait du quartier, on nous insultait, on nous jetait des pierres, on lâchait les chiens[3] ». Il adhère auParti communiste polonais, alors formation politique clandestine, et choisit en 1931 l'exil en France, du côté deBordeaux, pour passer un diplôme universitaire de dentiste. Rattrapé par la guerre, menacé d'être déporté, échappant de peu à larafle du Vél'd'Hiv, ayant déménagé l'avant-veille[4], il combat pendant l'Occupation au sein desFTP-MOI[5]. En 1947, Joseph, devenu dentiste diplômé d'État, et son épouse s'installentrue Chapon ; c'est là que le petit Alain passe son enfance[6]. Ils obtiennent leur naturalisation le[7]. Joseph Minc quitte le Parti communiste en 1967.
Élève aulycée Turgot, puis en classe préparatoire aulycée Louis-le-Grand[8], Alain Minc est ingénieur diplômé de l'École nationale supérieure des mines de Paris (promotion 1968)[9], diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1971), puis de l'École nationale d'administration (promotion 1975), d'où il sort major[10] de lapromotion Léon Blum pour la voie d'administration économique.
Alain Minc intègre l'Inspection générale des finances (1975-1979). Il se fait connaître par lerapport Nora-Minc sur l'informatisation de la société, qui introduit le néologismetélématique. Ce rapport a rencontré un grand succès, mais a conduit à l'impasse duMinitel et au retard pris par la France dans le domaine de l'Internet, ce qu'Alain Minc a reconnu ultérieurement[11].
Il démissionne de son corps pour rejoindreSaint-Gobain en 1979.Roger Fauroux lui confie la direction financière[12]. Il s'occupe alors, en liaison avec le DGAFrancis Mer, de prises de participation de l'entreprise dans l'industrie informatique, et de l'achat par Saint-Gobain de 33 % du capital d'Olivetti, dirigé par l'homme d'affairesCarlo De Benedetti. L'objectif est de rapprocher, voire de fusionner, CII-HB (Bull) et Olivetti. Alain Minc sera brièvement DGA et directeur financier de CII-HB en 1981[13], mais il revient rapidement à Saint-Gobain lorsque le gouvernement oblige Saint-Gobain à sortir de l'industrie informatique. Il intègre entre-temps la (première) promotion 1981 des « Young Leaders » de laFrench-American Foundation[14]. En 1983, Alain Minc prône la prise de contrôle de laCompagnie générale des eaux. Il essuie alors un premier échec en organisant un raid manqué contre la société[12].
Entre 1984 et 1986, il est président de Cochery et de Bourdin et Chaussé, des filiales de la Compagnie générale des eaux[15] (elle-même détenue à 21 % par Saint-Gobain[16]).
Il quitte Saint-Gobain en 1986 pour travailler avecCarlo De Benedetti et devient administrateur-directeur général deCerus[8],[17]. Alain Minc, dontFrançois Sureau était l'adjoint, est alors « le principal instigateur de la célèbre et calamiteuseOPA sur la Société générale de Belgique, en », qui débouche sur « un désastre financier »[18],[19]. Carlo de Benedetti le congédie de Cerus en, sa société ne s'en relèvant pas de cette tentative d'OPA ratée[12],[20]. Il est également membre deconseils d'administration de plusieurs autres sociétés dontValeo[21],[22].
Président, depuis 1985[23], de la Société des lecteurs du journalLe Monde[8], il est président duconseil de surveillance de la SA Le Monde de 1994 à 2008[12].
En 1991, il crée AM Conseil se spécialisant dans les activités de consultant[12]. Son ubiquité lui a parfois été reprochée. Ainsi,Gérard Mestrallet, PDG deSuez, le rémunérait alors qu'Alain Minc conseillaitAlbert Frère qui tentait de destituer Mestrallet. De plus le directeur général deVinci Xavier Huillard l'a retiré du conseil d’administration en, réalisant que Minc conseillaitFrançois Pinault, qui préparait une attaque contre le groupe de BTP. SelonLibération, Minc voulait se venger de Huillard qui avait démis son amiAntoine Zacharias l'année précédente[24].
Il est ou a été membre de plusieurs groupes de réflexion influents, comme la défunteFondation Saint-Simon dont il fut le trésorier[25], ou le cluble Siècle. Publiant environ un livre par an, il est un conseiller sollicité par les principales entreprises françaises. Administrateur de nombreuses sociétés, il traite d'économie comme du discours de communication avec sa société AM Conseil[26].
À l'ouverture deDirect 8, ancienne chaîne de laTNT devenueD8, Alain Minc devient éditorialiste de l'émission intituléeFace à Alain Minc animée par Guillaume Klossa. En, il devient l'animateur de cette émission. En, lors d'une de ces émissions, il déclare, en pleinecrise des subprimes aux États-Unis, que le marché financier, sans qu'il ait d'organes apparents de régulation, est très bien régulé, que l'empirisme prévaut et que l'économie mondiale est plutôt bien gérée[27].
Proche deNicolas Sarkozy, il indique, auGrand Journal de Canal+ le, être de ceux qui ont suggéré la suppression de la publicité sur les chaînes publiques[28].
Il est membre du comité stratégique dugroupe Bolloré[29].
Il exerce la présidence du conseil d'administration deSanef (Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France) à partir du[30],[31]. Il avait été auparavant un partisan de la privatisation des autoroutes françaises[32].
Il rencontreEmmanuel Macron à sa sortie de l'ENA, et lui demande« Que serez-vous dans trente ans ? », lequel Emmanuel Macron répond« Je serai Président de la République »[33]. Il conseillera en 2016 à Emmanuel Macron de faire une croix sur 2017 afin de gagner en expérience politique en vue de l'élection présidentielle de 2022.
Il a soutenuFrançois Mitterrand auxélections présidentielles de 1974,1981 et1988[réf. nécessaire],Édouard Balladur au premier tour puisLionel Jospin au second tour[34] decelle de 1995,François Bayrou àcelle de 2002 etNicolas Sarkozy lors decelles de 2007 et de2012[35],[36]. Pour l'élection présidentielle de 2017, il soutientAlain Juppé jusqu'à sa défaite à la primaire des Républicains, puisEmmanuel Macron[37], car il juge positif que celui-ci soit« partisan d’une construction européenne avec des abandons de souveraineté »[38]. Il annonce pour l'élection présidentielle de 2022 qu'il voteraValérie Pécresse notamment pour sa fermeté : il déclare qu'« avec elle, la main ne tremblera pas »[39].
Alain Minc est marié et père de trois enfants. Disposant d'une réputation dans le conseil des affaires dutout-paris, il est cité par deux finalistes d'une élection présidentielle lors du débat d'entre deux tours. Proche de nombreux influents, il appréciait notamment échanger avec lemilliardaireAlbert Frère, tous les samedis à16 heures[40].
Alain Minc a été condamné le par letribunal de grande instance de Paris à verser 100 000 francs (environ 15 000 euros) à titre dedommages et intérêts pourplagiat, reproduction servile etcontrefaçon, pour son ouvrage intituléSpinoza, un roman juif, dont le tribunal a statué qu'il était une contrefaçon partielle de l’ouvrageSpinoza, le masque de la sagesse dePatrick Rödel[43],[44] publié en 1997.
Il est poursuivi en 2013 pour contrefaçon parPascale Froment, journaliste et auteur d'une biographie deRené Bousquet qui l'accuse d'avoir plagié son livre à« grande échelle » (300 passages)[45],[46]. Pour sa part, Alain Minc nie toute utilisation d'un « nègre » et avance qu'il n'a profité que de l'aide d'un « documentaliste »[47]. Le tribunal estime qu’Alain Minc« ne s'est pas contenté de reprendre des éléments purement factuels, historiques ou informatifs de l'ouvrage de Pascale Froment », car« s'il n'a pas servilement copié les extraits de la biographie […], Alain Minc a manifestement reproduit, en cherchant à modifier a minima les phrases, le plus souvent en résumant des passages et en changeant quelques mots ou expressions. Cette recherche tendant à donner l'impression de s'éloigner du texte de l'œuvre première n'exclut pas à l'évidence la contrefaçon tant sont similaires la formulation et la construction des phrases »[48]. Il est condamné en référé, le, avec son éditeur, à verser à Pascale Froment 5 000 euros de dommages et intérêts et 6 000 euros de frais de justice ; l'éditeur doit également retirer les exemplaires de la vente, pour les remplacer par d'autres, où un résumé du jugement sera inséré[49].
La controverse liée à la gouvernance du journalLe Monde démarre dès la mise en place à la fin de l'année 2005 avecJean-Marie Colombani du concept dejournalisme de validation, censé se substituer à celui dejournalisme d'investigation[50],[51],[52]. Auparavant,Pierre Péan etPhilippe Cohen, dansLa Face cachée du "Monde" (2003), suggèrent qu'il a abusé de ses fonctions au journal à des fins personnelles en distribuant des articles critiques ou laudatifs au gré des intérêts de ses clients ou de ses proches, un point de vue partagé par l'ancien journaliste duMondeLaurent Mauduit qui avance également cette accusation dans son ouvragePetits Conseils. Ce dernier dénonce une manipulation de la rédaction au profit des intérêts des clients d'Alain Minc[12],[53].
Le lors du renouvellement de la présidence du conseil de surveillance,Claude Perdriel déclare réélu Alain Minc, alors que ce dernier a obtenu10 voix « pour »sur 20 (sept « contre » et trois abstentions), au mépris des statuts du groupe selon laSociété des rédacteurs du Monde[54]. Les membres de la SRM critiquent la proximité affichée d'Alain Minc avec le président de la RépubliqueNicolas Sarkozy. L'influence en coulisses de Minc avait été critiquée dans le livrePetits conseils de l'ancien journaliste duMondeLaurent Mauduit, qui, selonDenis Sieffert s'était vu empêcher la parution d'un article sur une opération conseillée par Alain Minc[55]. Le, cinq sociétés du personnel du quotidien ont engagé une médiation judiciaire pour obtenir le retrait d'Alain Minc. Il a annoncé le son intention de quitter à la fin mars la présidence du conseil de surveillance du journalLe Monde.
Il est accusé par la Société des Rédacteurs duMonde, rejointe par les syndicats CGT etSNJ, d'avoir précipité la crise amenant à la démission du nouveau président du directoirePierre Jeantet afin de précipiter une recapitalisation du groupe au profit deLagardère SCA, dont il est le conseiller[56]. Il quitte la présidence du conseil de surveillance le et est remplacé parLouis Schweitzer.
Le rôle important joué en tandem parEmmanuel Macron et Alain Minc dans les manœuvres d'actionnaires autour du rachat du quotidienLe Monde sous le mandat du présidentNicolas Sarkozy est évoqué dans une des premières enquêtes dusite d'informations grand publicfrançaisOff-investigation à« 100 % spécialisé dans l’enquête journalistique au long cours »[57], créé en octobre2021 par un groupe dejournalistes d'investigation parmi lesquelsJean-Baptiste Rivoire, ancien rédacteur en chef-adjoint de l'émissionSpécial Investigation surCanal+[58],[57].
Le, faisant suite aux déclarations du papeBenoît XVI ayant été interprétées comme une critique de la politique de destruction de camps et d'expulsions deRoms menée par le gouvernement français depuis plusieurs semaines, Alain Minc déclare sur France Inter :« Si vous me permettez de faire un petit hold-up d'antenne […] J'ai envie d'exploser un peu. Ce pape allemand ? Parler comme il a parlé ? En français ? […] Son insensibilité qu'on a mesurée quand il a réinstallé un évêquerévisionniste, son insensibilité à l'histoire, dont il est comme tous les Allemands un héritier […] On peut discuter (de) ce que l'on veut sur l'affaire des Roms, mais pas un pape allemand. […]Jean-Paul II, peut-être, pas lui. […] Quand je vois les exégètes de la presse de gauche […] lever leur chapeau en approbation aux propos du pape le plus réactionnaire que l'on ait connu […], ça me trouble un peu. Pas lui — lui vise le pape — Pas ça, pas comme ça. Un autre, oui, mais pas lui[59]. »
Les députésYannick Favennec etChristian Vanneste ont aussitôt dénoncé ces propos et demandé sa démission de conseiller officieux de la présidence de la République.
Alain Minc est l'une des personnalités critiquées par le filmdocumentaire français sorti en :Les Nouveaux Chiens de garde, lui-même tiré de l'essai éponyme deSerge Halimi paru en 1997, qui explore lescollusions entre lesmédias français et lespouvoirs politique et économique français.
Le film montre notamment un extrait de l'émissionFace à Minc présentée par Alain Minc sur la chaîne Direct 8, le. Il y déclare notamment :« Ce que je voudrais quand même ajouter […], c'est quand même l'incroyable plasticité du système. Parce que, on nous aurait dit que, au fond, le système financier serait régulé avec un doigté tel qu'il évitera une crise qui aurait pu être quand même de l'ampleur des très grandes crises financières qu'on a connues dans le passé… C'est quand même un univers, au fond, qui est très résilient, qui finalement, sans qu'il y ait d'organe apparent de régulation, très bien régulé. […] L'économie mondiale est plutôt bien gérée[60]. » Neuf mois plus tard, lacrise des subprimes déclencha lacrise bancaire et financière de l'automne 2008.
Alain Minc est une cible récurrente du mensuelLe Monde diplomatique[61], et de l'association française decritique des médiasAcrimed[62].Le journalisteLaurent Mauduit lui consacre en 2012 tout un chapitre de son ouvrageLes Imposteurs de l'économie (sous titré :Les économistes vedettes sous influence) dans lequel l'auteur critique les conflits d'intérêts quelle que soit la majorité parlementaire[63],[N 1].
En, lors dudébat de l'entre-deux-tours opposantLionel Jospin etJacques Chirac, le candidat socialiste (Lionel Jospin) fait remarquer à son adversaire que« Monsieur Minc a été plus longtemps conseiller de monsieur Balladur, qui est plus proche de vous encore qu'on ne sait pas très bien. Il a annoncé qu'il votait pour moi, il est libre comme citoyen, mais il n'est pas du tout mon conseiller. » Cette déclaration lui attire la réponse lapidaire de Jacques Chirac :« Je vous le laisse »[64].
Il considère que le « métier politique » n'est pas suffisamment rémunéré pour attirer les meilleurs profils[33], et suggère de réévaluer l'indemnité des parlementaires à 10 000 euros mensuels[65].
Il avait auguré, dans son ouvrage de 1986,Le syndrome finlandais, la prochaine « finlandisation » de l'Europe face à une menace soviétique amenée alors d'après lui à durer plusieurs décennies[66].
Il aurait, d'après certaines sources, comparé lacrise économique en cours en septembre 2008 à une « grossesse nerveuse »[67].
Le, il annonce dansL'Express que« Mme Clinton sera élue — Dieu merci — en faisant de la politique classique »[68].Donald Trump estélu deux semaines plus tard.
Associé à l'élitisme et au politiquement correct, il reconnaît lui-même qu'« il y a deux expressions qui me poursuivront jusqu'au bout : le cercle de la raison et la mondialisation heureuse »[5].
Le, invité de l'émissionC dans l'air surFrance 5, il a qualifié la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par le président de la République Emmanuel Macron d'« erreur historique » et a alerté sur un risque de« chaos » institutionnel[69].
En septembre 2025, il fait partie des signataires d'une tribune publiée dansLe Figaro demandant àEmmanuel Macron de ne pasreconnaître d'État palestinien sans conditions préalables[70],[71].