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Al-Zubeir Rahma Mansour (arabe: الزبير رحمة منصور) (Zubeir Pacha, 1830 - janvier 1913) est un marchand d’esclavessoudanais de la fin duXIXe siècle devenu prince indépendant de l'Empire ottoman, de1867 à1875, puis conseiller, à partir de 1899, du gouverneur duSoudan anglo-égyptien.
Le prince marchand Zubeir Pacha, issu du nord du Soudan dans un contexte où les politiques fiscales du régime turco-égyptien, notamment la taxation de l’agriculture, poussent de nombreux jeunes hommes vers le commerce, est d’abord employé d’un commerçant arabe[2]. Il commence en1856 à créer son propre réseau dezariba (entrepôts) notamment en contractant des alliances avec les Kreich et lesZande[3]. Il accompagne, et parfois précède, l’expansion égyptienne vers leBahr el-Ghazal, où il s’impose comme le principal acteur du commerce de l’ivoire et des esclaves[2].
Soutenu par une armée dévouée debazinger (miliciens), largement composée d’esclaves et d’anciens esclaves, il lance depuis sa résidence Dem Nduggu des raids sur les pays limitrophes, notamment leDarfour, leTchad et la vallée de l’Uele. Il contrôle les principales routes commerciales reliant le Bahr el-Ghazal au nord via le Kordofan et le Darfour, et parvient à repousser plusieurs expéditions gouvernementales envoyées contre lui. Il se proclame indépendant en1867 dans la région comprise entre l’Oubangui, leNil Blanc et la rivièreKotto, et s’octroie le titre decheikh, refusant de payer des taxes à l’administration égyptienne[2],[3]. Son règne se solde par le retrait des Européens de la confrérie des commerçants du haut Nil et par une amorce de dépopulation locale.
En1872, Zubeir Pacha vainc et tue l’aventurier Mohamed al-Boulalaoui. Lekhédive doit reconnaître son pouvoir et le nomme gouverneur duBahr el-Ghazal endécembre 1873[4].
Alors qu’il mène une campagne contre lesAzandé au sud-ouest de sa province, la rupture d’accords de passage par les Rizayqat Baqqara duDarfour méridional provoque une escalade militaire. En janvier 1874, il anéantit une arméefour près deKaka, puis, en octobre 1874, remporte la bataille décisive de Manawashi de laconquête du Darfour, au cours de laquelle lesultan du Darfour,Ibrahim Muhammad, est tué. Agissant sous couvert de l’autorité égyptienne, il s'empare duDarfour pour le compte du khédive d’Égypte. Il soumet ensuite temporairement les sultanats situés à l’ouest du Darfour et étend son influence jusqu’aux marges duWadai[2],[4].
Il envisage de se passer des intermédiaires égyptiens et d’utiliser une liaison directe avecBenghazi parEl Giof. Zubeir Pacha se rend auCaire en 1875 pour plaider sa cause auprès du khédiveIsmaïl. Il y est maintenu en résidence surveillée, sans être officiellement emprisonné ni exilé. Déjà titulaire du rang debey, il est nommépacha d’Égypte etfariq de l’armée égyptienne. Pendant cette période, ses entreprises commerciales continuent au Soudan sous la direction de son fils, Soliman[2],[5].
Son fils, Soliman bey, réunit une armée pour le libérer, mais est battu et tué par les troupes égyptiennes menées parRomolo Gessi (en) le[2].
Un des lieutenants de Zubeir Pacha,Rabah Fadlallah (v.1840-1900), refuse d’abandonner la lutte. Il s’établit auDar Kouti et ravage les pays du sud. Puis à la tête d’une armée d’anciens esclaves, il part à la conquête des royaumes du Nord. En1879, il conquiert leDar Rounga ; en1880, il soumet les tribus banda et nzakara ; en1882, il atteint la région duGribingui qu’il dévaste. Jusqu’en1885, il ne rencontre aucune résistance sérieuse, car il a évité l’affrontement direct avec les États bien organisés.
En1884,Charles Gordon suggère que Zubeir Pacha pourrait être envoyé au Soudan pour s’opposer auMahdi, mais l’idée est rejeté par les Britanniques à cause du passé esclavagiste de Zubeir[6]. Soupçonné de connivence avec le Mahdi, Zubeir est exilé à Gibraltar par les Britanniques enmars 1885. Il est de retour à Khartoum en1899 à la demande du gouverneur du Soudan Reginald Wingate, et devient conseiller du nouveau gouvernement duSoudan anglo-égyptien, tout en exploitant une grande propriété foncière. Il meurt en1913 dans son village d’origine, à Geili, situé dans leKordofan[5].