Al-Mursalat (arabe :سُورَةُ ٱلْمُرْسَلَاتِ,français :Les Envoyés) est le nom traditionnellement donné à la77esourate duCoran, lelivre sacré de l'islam. Elle comporte 50versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant lapériode mecquoise.
Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourateLes Envoyés[2], en référence au contenu du premier verset :« 1. Par les envoyées en rafales ».
Les sourates de la fin du Coran sont généralement considérées comme appartenant aux plus anciennes. Elles se caractérisent par des particularités propres. Elles sont brèves, semblent issues de proclamations oraculaires (ce qui ne signifie pas, pour autant, qu’elles en sont des enregistrements), elles contiennent de nombreuxhapax[9]...
PourNöldeke et Schwally, la quasi-totalité des sourates 69 à 114 sont de lapremière période mecquoise.Neuwirth les classe en quatre groupes supposés être chronologiques. Bien que reconnaissant leur ancienneté, certains auteurs refusent de les qualifier de « mecquoise », car cela présuppose un contexte et une version de lagenèse du corpus coranique qui n’est pas tranchée. Cette approche est spéculative[9].
En effet, ces textes ne sont pas une simple transcription sténographique de proclamation mais sont des textes écrits, souvent opaques, possédant des strates de composition et des réécritures Cela n’empêche pas ces sourates de fournir des éléments contextuels (comme l’attente d’uneFin des Temps imminente chez les partisans deMahomet). Ces textes sont marqués par une forme de piété tributaire duchristianisme oriental[9].
Neuwirth considère cette sourate comme un texte à plan tripartite.Lüling y voit unehymne strophique chrétienne réécrite en encadrée de texte islamique. Il est difficile de dire, même si cette thèse soulève de réelles questions, jusqu’où il faut la suivre[10].
↑En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit duCommentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et duCoran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux deBlachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avecapparat critique. Voir :Sourate
↑Dye G. « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianusno 95, 2011,p. 247-270.
↑Stefanidis E., « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering »,Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008,p. 13.
↑ab etcG. Dye, « Introduction aux sourates 69-99 »,Le Coran des historiens, 2019,p. 1789 et suiv.
↑G. Dye, "Sourate 77",Le Coran des Historiens, 2019,p. 1935 et suiv.