Pour les articles homonymes, voirHusseiniya.
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| Densité | 51,5 hab./km2 () |
Al-Husseiniya (الحسينية, égalementtranscrit Husayniyya) est un villagearabe palestinien dusous-district de Safed, situé à 11 kilomètres deSafed. En 1945, sa population était de 340 habitants. C'est un des centaines devillages palestiniens expulsés par Israël en 1948 dans le cadre de la mise en œuvre duplan Daleth, plan denettoyage ethnique des Arabes de Palestine.
Le village d'Husseiniya était situé à 11 kilomètres au nord-est deSafed, sur une petite colline dans le sud-ouest de lavallée de la Houla, à 125 mètres au-dessus duniveau de la mer. Non loin à l'ouest passait la route de Safed àTibériade[6],[7].
Sa superficie était de 5324dounams (5,324 km2), dont 3556 dounams appartenant à des Arabes, 1753 à des Juifs et 15 dounams de terres publiques[7]. Les terres étaient fertiles et bien arrosées par plusieurs sources et une rivière ; les cultures principales étaient les céréales et les arbres fruitiers, et lesbuffles étaient domestiqués pour le labour, le lait et la viande[7].
AuXIIIe siècle, le géographe arabeYaqout al-Rumi décrit les anciens bâtiments du village, dont une fontaine à douze jets d'eau chaude aux vertus curatives[8],[9].
À la fin duXIXe siècle, lesAlgériens fidèles d'Abdelkader El Djezaïri, défait par les troupes françaises, le suivent dans son exil. L'Empire ottoman leur attribue des terres dans la province deSyrie, dont al-Husseiniya,Dayshum (en),Ammuqa (en),Marus (en) etTulayl (en)[10].
De 1915 à 1918, les combats de lacampagne du Sinaï et de la Palestine permettent auRoyaume-Uni de faire la conquête de laPalestine. La région d'al-Husseiniya est conquise en 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'unmandat de la Société des Nations. Aurecensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par lesautorités britanniques, la région tribale d'Husainiyeh a une population de 127 habitants, tous musulmans[11]. Aurecensement de 1931 elle augmente à 274 habitants, tous musulmans, dans 64 maisons[12]. La zone entre al-Husseiniya et lelac Houla était cultivée par les Bédouins al-Zubaydat[7].
Le village était doté depuits artésiens. Une école primaire était partagée avec le village voisin de Tulayl[7].
Dans lesstatistiques de Village de 1945, la population deTulayl et Al-Husayniyya est de 340 musulmans[4].

L'expulsion d'Husseiniya a lieu à l'initiative deYossef Weiz, fonctionnaire dufonds national juif et ardent promoteur de l'expulsion des Arabes de Palestine. Il convoitait al-Husseiniya et quelques autres villages de la région pour la fertilité de leurs terres[13].
Dans la nuit du 12 au 13 mars 1948, à 1h40, un commando d'une cinquantaine d'hommes du3e bataillon duPalmach attaque Husseiniya, détruisant de 5 à 12 maisons, tout en tirant abondamment pour se couvrir. La police et l'armée britannique évacuent le village et imposent uncouvre-feu[7]. Dans la nuit du 16 au 17 mars, une autre attaque d'un commando du Palmach a lieu[7], supervisée parMoshe Kelman, responsable de plusieurs massacres de Palestiniens en 1948[14]. Au moins trente hommes du village sont tués, et toute la population expulsée. Selon leYishouv, il s'agissait d'un raid de représailles contre lesmines posées sur les routes et qui interdisaient la circulation dans le secteur. Parmi les morts, se trouvaient des volontairesirakiens. Trois hommes du Palmach sont aussi tués dans l'assaut[15]. Les autorités britanniques imposent un couvre-feu d'une semaine sur les routes de la vallée de la Houla. Les habitants d'al-Ulmanniya etKirad al-Ghannama prennent la fuite[7]. Lemoukhtar est exécuté, après avoir reçu la promesse qu'aucun mal ne lui serait fait. Selon le rapport du Palmach, tous les habitants sont expulsés[16]. Aussi bien le généralGordon MacMillan, commandant des troupes bryde Palestine, queYosef Nachmani, directeur pour la Galilée dufonds national juif, notent la particulière sauvagerie de l'expulsion[15]. Certains survivants ont pu échapper à l'expulsion ou revenir les jours suivants, car selon un rapport du renseignement militaire israélien, des habitants étaient encore présents le 21 avril[5]. L'abandon définitif du village serait dû à un bombardement au mortier ou à la crainte d'un tel bombardement, comme àAbil al-Qamh[7].
Lekibboutz d'Hulata (en), créé en 1937, est à 3 kilomètres au nord-est du site du village, près de Tulayl. La colonie deSde Eliezer (en) est installée sur les terres du village, à un kilomètre à l'ouest[5].
L'historien palestinienWalid Khalidi décrit l'endroit en 1992 :« Il ne reste que des tas de pierres et des pans de murs des maisons démolies. Le site est recouvert d'épineux, d'herbe et de quelquesjujubiers de Palestine ou jujubiers épine-du-Christ, et il est utilisé comme pâturage. Les autres terres sont cultivées[5]. ».