Sur le plan historique et culturel, Ainhoa fait partie de laprovince duLabourd, un des sept territoires composant lePays basque[Note 3],[6]. Le Labourd est traversé par lavallée alluviale de laNive et rassemble les plus beaux villages du Pays basque[7]. Depuis 1999, l'Académie de la langue basque ouEuskalzaindia divise le territoire du Labourd en six zones[8],[9]. La commune est dans la zone 'Lapurdi Garaia (Haut-Labourd)[10], au sud de ce territoire.
Situées dans lebassin versant de l'Adour, les terres de la commune sont arrosées[13] par laNivelle, et par deux de ses affluents, Opalazioko erreka et leLapitxuri et les tributaires de ce dernier, Larrekoerreka, Erdiko erreka et Farendegiko erreka, Haitzagerriko erreka et Barretako erreka.
Paul Raymond mentionne en 1863, dans le dictionnaire topographique Béarn-Pays basque[14], le Haïçaguerry, un affluent de la Nivelle, qui descend du Gorospila, sur la frontière espagnole, et qui traverse le territoire d'Ainhoue, ancienne graphie d’Ainhoa.
L’inventaire deszones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.
Au, Ainhoa est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[31].Elle est située hors unité urbaine[1]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bayonne (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 7],[1]. Cette aire, qui regroupe56 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[32],[33].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (64,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (67,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :forêts (43 %), prairies (32,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (21,6 %), zones urbanisées (1,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,1 %)[34]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
La commune se situe de part et d'autre de la route départementale D 20 qui relieEspelette à la frontière espagnole. Elle est également desservie par la route départementale D 305.
La commune est desservie par la ligne 47 du réseau de busHegobus.
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par lerisque d’inondation par une crue torrentielle ou à montée rapide de cours d'eau, notamment laNivelle. La commune a été reconnue enétat de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations etcoulées de boue survenues en 1982, 1983, 1995 et 2009[38],[36].
Ainhoa est exposée au risque de feu de forêt. En 2020, le premier plan deprotection des forêts contre les incendies (PDPFCI) a été adopté pour la période 2020-2030[39]. La réglementation des usages du feu à l’air libre et les obligations légales de débroussaillement dans le département des Pyrénées-Atlantiques font l'objet d'une consultation de public ouverte du 16 septembre au 7 octobre 2022[40],[41].
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines)[42]. Afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, un inventaire national permet de localiser les éventuellescavités souterraines sur la commune[43].
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux d'Ainhoa.
Leretrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer desdommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes desécheresse et de pluie[44]. 44,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (59 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national)[Carte 4]. Depuis le, en application de laloi ELAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 8],[45].
La commune est en outre située en aval debarrages de classe A[Note 9]. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à larupture de cet ouvrage[47].
Le toponymeAinhoa apparaît sous les formesAynoa (1238[48]),Aynho (1243[48]),Aignoa etAynoa (1249[48]),Haynou etAnhoe (1289[48]),Nostre-Done d'Ainhoe (1511[14], titres de l'abbaye Sainte-Claire deBayonne[49]),Añoa (1650[14], carte duGouvernement Général de Guienne et Guascogne et Pays circonvoisins),Anhoue (1684[14], collations du diocèse de Bayonne[50]),Mendiarte (1793[14]),Ainhone (1793[51]),Ainhoue (1801[51],Bulletin des lois),Ainhoue ou Ainhoa (1863, dictionnaire topographique Béarn-Pays basque[14]) etAinhoa[52] auXIXe siècle.
Sur le chemin deSaint-Jacques-de-Compostelle.Linteau sur lequel on peut lire :Ceste maison apelée Gorritia a este racheptee par Marie de Gorriti mere de feu Jean Dolhagaray des sommes par luy envoyes des Indes laquelle maison ne se pourra vandre n'y engaiger. Fait en l'an 1662.
Ainhoa fut détruite durant laGuerre de Trente Ans (1618-1648) puis reconstruite. Il ne subsiste aujourd'hui de l'époque antérieure à cette destruction que l'église et la maisonMachitorénéa.
La loi du[56], qui détermina un nouveau paysage administratif de la France en créant des départements et des districts, décida de la naissance du département desBasses-Pyrénées en réunissant leBéarn, les terres gasconnes deBayonne et deBidache, et les trois provinces basques françaises. Pour ces dernières, trois districts furent créés :Mauléon,Saint-Palais etUstaritz, qui remplaça le bailliage duLabourd. Le siège d'Ustaritz fut transféré presque immédiatement à Bayonne. Son Directoire incita un grand nombre de municipalités à adopter de nouveaux noms conformes à l'esprit de la Révolution. Ainsi Ainhoa s'appelaMendiarte, Ustaritz devintMarat-sur-Nive,ItxassouUnion,ArbonneConstante,Saint-Étienne-de-BaïgorryThermopyles,Saint-PalaisMont-Bidouze,LouhossoaMontagne-sur-Nive,Saint-Jean-Pied-de-PortNive-Franche,Saint-Jean-de-LuzChauvin-Dragon, du nom d'un jeune soldat mort au combat etSouraïdeMendialde.
En 1794, au plus fort de laTerreur, et à la suite de la désertion de quarante sept jeunes gens d'Itxassou, leComité de salut public (arrêté du 13 ventôse an II -) fit arrêter et déporter une partie des habitants (hommes, femmes et enfants) d'Ainhoa,Ascain,Espelette,Itxassou,Sare etSouraïde, décrétées, comme les autres communes proches de la frontière espagnole,communes infâmes[57]. Cette mesure fut étendue àBiriatou,Cambo,Larressore,Louhossoa,Mendionde etMacaye.
Les habitants furent« réunis dans diverses maisons nationales, soit dans le district d'Ustaritz, soit dans celles de la Grande Redoute, comme de Jean-Jacques Rousseau »[58]. En réalité, ils furent regroupés dans les églises, puis déportés dans des conditions très précaires[59] àBayonne,Capbreton,Saint-Vincent-de-Tyrosse et àOndres. Les départements où furent internés les habitants des communes citées furent leLot, leLot-et-Garonne, leGers, lesLandes, lesBasses-Pyrénées (partie béarnaise) et lesHautes-Pyrénées.
Le retour des exilés et le recouvrement de leurs biens furent décidés par une série d'arrêtés pris le et le, poussés dans ce sens par le directoire d'Ustaritz :« Les ci-devant communes de Sare, Itxassou, Ascain, Biriatou et Serres, dont les habitants internés il y a huit mois par mesure de sûreté générale, n'ont pas été cultivées. Les habitants qui viennent d'obtenir la liberté de se retirer dans leurs foyers, demandent à grands cris des subsistances sans qu'on puisse leur procurer les moyens de satisfaire à ce premier besoin de l'homme, la faim. »[60]. La récupération des biens ne se fit pas sans difficulté, ceux-ci avaient été mis sous séquestre mais n'avaient pas été enregistrés et avaient été livrés au pillage :« Les biens, meubles et immeubles des habitants de Sare, n'ont été ni constatés ni légalement décrits ; tous nos meubles et effets mobiliers ont été enlevés et portés confusément dans les communes voisines. Au lieu de les déposer dans des lieux sûrs, on en a vendu une partie aux enchères, et une autre partie sans enchères. »[61].
Les habitants sont nommés lesAinhoar[64],[54].L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[65]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[66].
Le gisement de fer a été exploité jusqu'auXIXe siècle[70]. Son exploitation initiale est attribuée auxprémontrés de Saint-Sauveur d'Urdax[71].
Le tissage du lin (tisserands) et de la laine (duranguiers) a persisté à Ainhoa, où tout comme àHasparren il représentait une activité importante, jusqu'à l'avènement de l'industrie textile auXIXe siècle[72].
Philippe Veyrin[73] note en 1975 l'existence d'une fabrique dechahako, petite outre en peau de bouc, que le paysan emporte au travail ou à la chasse.
Ainhoa fait partie de la zoneAOC de production dupiment d'Espelette et de la zone d'appellation de l'ossau-iraty. L'activité y est principalement agricole et forestière (500 hectares de forêts sur une superficie de1 619 hectares).
Une carrière est toujours en activité sur le territoire de la commune.
Le tourisme est aussi prégnant dans la commune. Les commerces du centre sont, de fait, pratiquement exclusivement dédiés au tourisme.
La commune a reçu le label desPlus Beaux Villages de France[74], décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.
Le village est organisé en bastide, recélant des maisonslabourdines duXVIIe siècle et unfronton place libre qui s'appuie sur le cimetière entourant l'église.
Un lavoir (fontaine Alhaxurruta), toujours présent entre le bourg et le quartier de Dancharia, fut remarqué parNapoléon III etEugénie lors d'une excursion le.
La forêt d'Ainhoa qui s'étale sur plus de 400 hectares, abrite une faune riche à la fois sauvage (chevreuils,sangliers,lièvres et oiseaux migrateurs) et pastorale semi-sauvage (pottoks,betizus, chèvres). Elle est constituée en majeure partie de chênes (chêne pédonculé), essence rustique, et de peuplements végétaux plus récents (chêne rouge d'Amérique et résineux).
Joanes de Quirno, chasseur de baleine, ayant dansé devantPhilippe V lors de son passage àSaint-Jean-de-Luz en 1701, s'inscrivant dans son voyage vers le royaume d'Espagne duquel il vient d'être fait roi. Fondateur du quartierDantxaria, dont l'origine du nom se trouve dans le nom de sa maison, Dantxarinea, « celle du danseur[78] ».
D'or à la fasce de gueules en divise, accompagnée d'un flanchis d'azur en chef et en pointe d'un cimeterre de gueules posé en fasce la pointe à senestre, surmonté d'un croissant de sinople[79].
↑Dans les sites Natura 2000, lesÉtats membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[24].
↑Les ZNIEFF detype 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
↑Dans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent :
au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ;
au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ;
au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire.
↑Le classement des barrages est fonction de deux paramètres : hauteur et volume retenu[46].
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Le maire et l'officier municipal deCapbreton demandèrent des consignes aux Représentants du peuple par un courrier (texte transcrit par P. Haristoy,Les Paroisses du Pays Basque pendant la période révolutionnaire, Pau, Vignancour, 1895-1901, pages 256-257) du 24 ventôse an II () pour les 229 détenus sous leur responsabilité :
« 1°) Combien de pain à donner à chaque homme (nous n'avons pas de pain, si ce n'est de la méture) ? 2°) Pouvons-nous consentir à ce qu'ils s'achètent du vin ou autres provisions ? 3°) Nous t'observons que nous n'avons point de viande ; 4°) Pouvons-nous leur permettre d'avoir de la lumière, la nuit, dans un fanal ? 5°) Pouvons-nous permettre qu'ils aient leurs matelas ou paillasses ? Nous leur avons fait porter de la paille pour coucher ; 6°) Pouvons-nous permettre qu'ils sortent deux à deux pour laver leur linge ? 7°) S'il y a des malades, sommes-nous autorisés à les faire sortir de la maison de réclusion pour les traduire dans d'autres pour les faire traiter ? »