Aimé Fernand David Césaire est né le 26 juin 1913 dans larue Cases-Nègres de l'Habitation Eyma, àBasse-Pointe, en Martinique[2]. Il faisait partie d'unefamille de sept enfants. Son père, Fernand Césaire, était administrateur et gérant d'une « habitation » à Basse-Pointe, puis après concours[3], il est nommé au bureau des impôts commecontrôleur des contributions, et sa mère, Éléonore Hermine, étaitcouturière[4]. Son grand-père paternel, Fernand Césaire, est le premier Martiniquais à suivre les cours de l'école normale supérieure de Saint-Cloud[5],[6], il fut professeur de lettres au lycée deSaint-Pierre[7] et sa grand-mère, mamie Nini du Lorrain contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire, aptitudes qu'elle enseigna très tôt à ses petits-enfants[8].
À Paris, il côtoie d'autres étudiants noirs d'horizons différents et fréquente le salon littéraire dePaulette Nardal. Il découvre ainsi le mouvement de laRenaissance de Harlem et fait la connaissance deClaude McKay. Le jeune Aimé Césaire et son ami guyanaisLéon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composanteafricaine, victime de l'aliénation culturelle caractérisant les sociétéscoloniales de Martinique et deGuyane.
En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants caribéoguyanais et africains (parmi lesquels le GuyanaisLéon Gontran Damas, le GuadeloupéenGuy Tirolien, les SénégalaisLéopold Sédar Senghor etBirago Diop), le journalL'Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle dusystème colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par leracisme issu de l'idéologiecolonialiste.
Construit contre l'idéologie coloniale française de l'époque, le projet de la« négritude » est plusculturel quepolitique. Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’unhumanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».
En 1937, il épouseSuzanne Roussi, avec qui il partage intérêts intellectuels et passion pour lesurréalisme[11]. Également prolifique[12], bien que méconnue, elle agira aussi comme collaboratrice précieuse à la diffusion de l'œuvre de Césaire.
Pour les vacances d'été, comme il n'a pas les moyens de rentrer en Martinique ni de famille en France, son amiPetar Guberina l'invite chez lui enCroatie, enDalmatie précisément, où il reconnaîtra dans le nom de la péninsule de Martinska[13] sa Martinique natale. Ce choc produit en lui, confiera-t-il, est à l'origine de ce long poème en prose qui deviendra leCahier d'un retour au pays natal[14] publié en 1939.
« En 1934, avec plusieurs étudiants antillais, guyanais et africains, Aimé Césaire crée le journal « L'Étudiant noir » ». Le concept de « négritude » lui vient deux ans plus tard[15].
En 1936, son camarade et ami Léopold Sédar-Senghor lui remet la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine deLeo Frobenius.
Pour sa dernière année à l'ENS (1938-1939), il prépare un mémoire de fin d'étude sur la poésieafro-américaine :Le Thème du Sud dans la littérature noire-américaine des États-Unis[14].
Dans sa thèse dedoctorat sur les sources de l'histoire littéraire antillo-guyanaise dans laquelle il dresse un inventaire des archives concernant Aimé Césaire, Marcel Jean-Claude Louise-Alexandrine produit la preuve d’un premier « retour au pays natal », en 1936, afin, semble-t-il, de « voir des parents malades ». Il s’agit d’une lettre autographe en date du dans laquelle Aimé Césaire fait état d’un « passage de retour par anticipation » obtenu en 1931, « en tant que boursier de la Colonie et fils defonctionnaire » et dont il demande la conversion en un « passage aller par le Paquebot “Cuba” qui quitte Fort-de-France le »[16]Cette preuve archivistique amène à relativiser les déclarations de Aimé Césaire qui s’apparentent à un discoursa posteriori, élaboré par la critique césairienne de concert avec l’auteur.[réf. nécessaire]
Ses études terminées, il rentre en Martinique en1939 pour enseigner, avec son épouseSuzanne Roussi, au lycée Schœlcher comme professeur de lettres, particulièrement des élèves de première AA' et B1 précise Marcel Jean-Claude Louise-Alexandrine[17]. Ce sera le moment du « retour au pays natal » dira-t-il àRené Depestre en au lendemain du congrès culturel deLa Havane en entérinant la dimension autobiographique mise en avant par sa critique : « Je l’ai eu au moment même, dit-il. Je l’ai écrit au moment où je venais de terminer mes études et que je retournais à la Martinique. C’était les premiers contacts que je reprenais avec mon pays après dix ans d’absence, et j’étais vraiment envahi par un flot d’impressions et d’images et, en même temps, j’étais très angoissé par les perspectives martiniquaises »[18]. En effet, il avait envoyé à la revueVolontés une première version duCahier d'un retour au pays natal publiée à l'été 1939[19].
La situation martiniquaise à la fin desannées 1930 est celle d'une île en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant, avant tout, les références arrivant de la France,métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l'époque vont jusqu'à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Cedoudouisme allait nettement alimenter lesclichés frappant la population martiniquaise.
C'est en réaction à cette situation que le couple Césaire, épaulé par d'autres intellectuels martiniquais commeRené Ménil,Georges Gratiant et Aristide Maugée[20], fonde en1941 la revueTropiques. Afin de permettre « à la Martinique de serecentrer » (en italiques dans l'original), et « d’entraîner les martiniquais à la réflexion » sur leur environnement proche[21], Césaire propose àHenri Stehlé,botaniste et Directeur duJardin d'Essais de Tivoli, de rédiger deux articles concernant la flore martiniquaise, et les histoires et légendes se rattachant aux appellations populaires des plantes (Tropiques N° 2 de 1941 et N° 10 de 1944)[22]. D'après Ursula Heise, ces articles et « les invocations césairiennes de l'écologie antillaise (ndr dansTropiques et sa poésie) fonctionnent comme indices d'une authenticité raciale et culturelle qui se distingue de I'identité européenne et en fait s'y oppose »[22].
Alors que laSeconde Guerre mondiale provoque leblocus de la Martinique par lesÉtats-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration deVichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est répressif. Dans ce contexte, la censure vise directement la revueTropiques[23], qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en1943[24].
Professeur de lettres diplômé de l'ENS et doué de qualités oratoires déjà manifestement reconnues, il est sollicité : le, il participe à une conférence organisée parPaulette Nardal et le Club féminin au profit des « œuvres de guerre ». L’année suivante, on demande sa participation au jury d’un « concours des paroles du Maréchal ». Il s’agit bien sûr dumaréchal Philippe Pétain et Marcel Jean-Claude Louise-Alexandrine exprime, naturellement, sa circonspection — compte tenu de ses prises de position contre le gouvernement de Vichy au point d'affronter la censure avec son épouseSuzanne Roussi —, et émet des réserves sur son éventuelle participation. L’organe de presse d’obédiencecatholiqueLa Paix indique, sans en donner le détail, qu’il faisait bel et bien partie du jury[17].
Dans une lettre autobiographique du, il demande « réparation de l'injustice qui a été commise à [s]on égard » par le gouvernement de Vichy : il réclame son « reclassement » en s’appuyant sur undécret faisant valoir que les années de stage, celles qu’il aura effectuées de à, « comptent pour avancement ». Cette lettre, commente Marcel Jean-Claude Louise-Alexandrine avec une certaine retenue, « témoigne de la rigueur administrative du régime de l’Amiral Robert » en Martinique[26].
Le, accompagné de son épouse Suzanne Roussi, il s'envole pourHaïti où il est convié au congrès de philosophie de Haïti. Sa présence tient à sa « réputation » déjà acquise auprès des milieux intellectuels haïtiens comme le souligneHenri Seyrig, membre de la délégation de la France Libre aux États-Unis dans sa lettre du au gouverneur Georges Louis Ponton. Dans une perspective d'assimilation schoelcheriste et pour ainsi opposer un contre-exemple à l'eugénisme nazi, Henri Seyrig développait unracialisme évolutif, progressiste en insistant sur lesfruits de la « présence française » aux Antilles : « Il me paraît très important que, dans cette réunion où des savants de pays différents vont être mis en contact avec le monde noir, la France montre par un exemple décisif ce que notre culture est parvenue à produire dans cette race. » Le, Milon de Peillon, délégué duComité français de libération nationale (CFLN) à Haïti, renchérit en faisant valoir la dimension exemplaire de la participation du professeur de philosophie Aimé Césaire à ce congrès : « Le détachement temporaire de ma résidence de l’homme qui passe pour être le plus éminent produit de notre culture parmi nos concitoyens de race noire peut avoir de profitables conséquences pour le développement de notre influence en Haïti où elle est battue en brèche par une propagande adverse, habile et tenace[27]. » Aux yeux de l’administration française, le déplacement d'Aimé Césaire et de son épouseSuzanne Roussi s'apparente à uneambassade dans le but de susciter des sentiments francophiles dans le cœur des élites haïtiennes.
En 1945, Aimé Césaire, est élumaire deFort-de-France. Dans la foulée, il est également éludéputé, mandat qu'il conservera sans interruption jusqu'en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d'une Martinique exsangue après des années de blocus et l'effondrement de l'industrie sucrière, est d'obtenir ladépartementalisation de la Martinique en 1946. Il s'agit là d'une revendication qui remonte aux dernières années duXIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France parBelain d'Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique proches de l'indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà enIndochine, enInde ou auMaghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l'emprisebéké sur la politique martiniquaise, sonclientélisme, sacorruption et leconservatisme structurel qui s'y attache. C'est, selon Césaire, par mesure d'assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision[réf. nécessaire].
Il adhère au PCF en pour « travailler à la construction d'un système fondé sur le droit à la dignité de tous les Hommes sans distinction d'origine, de religion et de couleur » comme il l'explique dans la brochurePourquoi je suis communiste[10]. En1947, Césaire crée avecAlioune Diop la revuePrésence africaine. En1948 paraît l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre etmalgache, préfacée parJean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la « négritude ».
En 1951, Aimé Césaire participe à l'accueil triomphal du retour en Martinique des « 16 de Basse-Pointe », ville dont il est aussi originaire. Puis, devant l'impossibilité pour les 16 d'être réembauchés dans lesplantations de Basse-Pointe où leurs familles sont mises à l'écart, Aimé Césaire leur propose d'intégrer les services municipaux de Fort-de-France, commune qu'il administre[28].
Le, Aimé Césaire vote la loi dépénalisant l'avortement dite « loi Veil »[31].
En1966, Césaire est le vice-président duFestival mondial des arts nègres àDakar. Dans son allocution, il estime cependant que le mot « négritude » risque de devenir une « notion de divisions » lorsqu’il n'est pas remis dans son contexte historique des années 1930 et 1940[32].
Aimé Césaire reste maire de Fort-de-France jusqu'en2001. Le développement de la préfecture de la Martinique depuis la Seconde Guerre mondiale est caractérisé par unexode rural massif, provoqué par le déclin de l'industriesucrière et l'explosion démographique créée par l'amélioration des conditions sanitaires de la population. L'émergence de quartiers populaires constituant une base électorale stable pour le PPM, et la création d'emplois pléthoriques à la mairie de Fort-de-France furent les solutions trouvées pour parer à court terme aux urgences sociales de l'époque.
La politique culturelle d'Aimé Césaire est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Elle est marquée par la mise en place des premiers festivals annuels de Fort-de-France en 1972, avec la collaboration deJean-Marie Serreau etYvan Labéjof, puis la mise en place d'une structure culturelle permanente grâce à l'installation au Parc Floral de Fort-de-France et dans les quartiers, pour la première fois en Martinique d'une équipe professionnelle autour de Yves Marie Séraline missionné pour cette tâche, à partir d'. En 1976, à partir des fondations de l'équipe de l'office de la culture provisoire, ce sera la création officielle du service municipal d'action culturelle (Sermac) dirigé jusqu'en 1998[33] par l'un de ses enfants, Jean-Paul Césaire, qui par le biais d'ateliers d'arts populaires (danse,artisanat,musique) et du prestigieuxFestival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu'alors méprisées de la culture martiniquaise. Le Sermac est dirigé depuis quelques années par Lydie Bétis. Cette même année, il reçoitLéopold Sédar Senghor son ami et président duSénégal àFort-de-France.
SonDiscours du colonialisme fut pour la première fois au programme dubaccalauréat littéraire (épreuve de lettres en Terminale) en 1995, avec leCahier d'un retour au pays natal.
Aimé Césaire s'est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie deFort-de-France en 2001, au profit deSerge Letchimy), mais reste un personnage incontournable de l'histoire martiniquaise jusqu'à sa mort. Après le décès deSenghor, il est resté l'un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste[réf. nécessaire].
Jusqu'à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à laloi française du 23 février 2005 sur les aspects positifs de la colonisation qu'il faudrait évoquer dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l'esprit et qui l'amène à refuser de recevoirNicolas Sarkozy. En, Aimé Césaire revient sur sa décision, à la suite de la médiation dePatrick Karam[réf. nécessaire], et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l'un des articles les plus controversés de la loi du a été abrogé. Il commente ainsi sa rencontre :« C'est un homme nouveau. On sent en lui une force, une volonté, des idées. C'est sur cette base-là que nous le jugerons[34]. » À la suite de cette rencontre, Patrick Karam obtiendra du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy qu'il agisse pour donner le nom Aimé Césaire àl'aéroport de Martinique[35]. Durant la campagne de l'élection présidentielle française de 2007, il soutient activementSégolène Royal, en l'accompagnant lors du dernier rassemblement de sa vie publique.« Vous nous apportez la confiance et permettez-moi de vous dire aussi l'espérance[36] ».
Rétrospectivement, le cheminement politique d'Aimé Césaire apparaît étrangement contourné, en contraste avec la pensée de la négritude qu'il a développée par ailleurs. Tour à tour assimilationniste (départementaliste), indépendantiste et autonomiste[1] (sans que l'on sache précisément ce qu'il entendait par là), Césaire semble avoir été davantage à la remorque des initiatives prises par les gouvernements métropolitains (en matière de décentralisation tout particulièrement) qu'un élément moteur de l'émancipation de son peuple. Il restera sans doute dans les mémoires comme le « nègre fondamental » et comme l'un des grands poètes de langue française duXXe siècle, mais non comme un chef politique ayant véritablement influencé son époque[37].
Inscription auPanthéon. Texte : AIMÉ CÉSAIRE Poète, dramaturge, homme politique Martiniquais (1913-2008) Député de la Martinique (1945-1993) et maire de Fort-de-France (1945-2001) Inlassable artisan de ladécolonisation, bâtisseur d'une « négritude » fondée sur l'universalité des droits de l'homme « bouche des malheurs qui n'ont point de bouche », il a voulu donner au monde, par ses écrits et son action, « la force de regarder demain ». « J'habite une blessuresacrée J'habite desancêtres imaginaires J'habite un vouloir obscur J'habite un long silence J'habite une soif irrémédiable »Préparation de l'hommage à Aimé Césaire auPanthéon, en avril 2011.
Dès l'annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme leprésidentNicolas Sarkozy, l'ancien président sénégalaisAbdou Diouf ou l'écrivainRené Depestre.
Desobsèques nationales[41] ont été célébrées le à Fort-de-France, en présence du chef de l'État. Un grand discours a été prononcé parPierre Aliker, son ancien premier adjoint à la mairie de Fort-de-France, âgé de 101 ans. Le président de la République n'a pas donné de discours mais s'est incliné devant la dépouille, devant plusieurs milliers de personnes réunies austade de Dillon[42]. Il est inhumé au cimetière La Joyaux près de Fort-de-France. Sur sa tombe sont inscrits des mots choisis par Aimé Césaire lui-même et extraits de sonCalendrier lagunaire :
« La pression atmosphérique ou plutôt l'historique
Agrandit démesurément mes maux
Même si elle rend somptueux certains de mes mots[43] »
Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels queFrantz Fanon,Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schœlcher), le guadeloupéenDaniel Maximin et bien d'autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.
Aime Césaire est député de la Martinique de 1945 à 1993. Il se fait élire pour la première fois pour participer à lapremière Assemblée constituante de la Quatrième République en 1945 et est réélu à toutes les élections législatures suivantes jusqu’en 1993. Cette année, il ne se représente pas et soutient le candidat qui le remplace :Camille Darsières.
En plus de son mandat de député, Aimé Césaire est élu en 1945maire deFort-de-France, succédant àVictor Sévère. En 2001, il ne se représente pas etSerge Letchimy lui succède. Durant cette période, entre 1983 et 1988, il occupe le siège de président duconseil régional de la Martinique, et délègue ses responsabilité à son successeur à ce poste, Camille Darsières[44].
1994La Poésie, Seuil, Paris,1994. (Ce volume, qui compile toute l'œuvre poétique de l'auteur, figure au programme de l'agrégation de lettres modernes de2009 à2011, au sein du thème de littérature comparée intituléPermanence de la poésie épique auXXe siècle).
2010Sept poèmes reniés suivi deLa Voix de la Martinique, édition bibliophilique (David Alliot éditeur), Paris,2010
« Conscience raciale et révolution sociale »,L’Étudiant noir, journal mensuel de l'association des étudiants martiniquais en France, mai-
1948Esclavage et Colonisation, Presses universitaires de France, Paris, 1948, réédition :Victor Schœlcher et l'abolition de l'esclavage, Éditions Le Capucin, Lectoure, 2004
En 2002, le chanteur martiniquaisÉric Virgal composeAimé Césaire sur son albumZikZag.
En 2008, le chanteurAbd Al Malik lui dédie une chanson nomméeCésaire (Brazzaville via Oujda), tirée de son albumDante, dans laquelle il récite en conclusion le poème de CésaireDorsale Bossale.
En 2014, le groupe de dub français DUB K'2 utilise un extrait de son discours sur le colonialisme dans son morceauTerre N Air.
En 2015, le rappeurYoussoupha lui dédie le morceauNégritude et y fait plusieurs fois références de manière générale sur l'album qui porte le même nom[52].
En 2015, le rappeurLino le mentionne dans le morceauRequiem.
En 2016, le rappeurKery James lui fait référence sur le morceauMusique nègre, en collaboration avec Youssoupha et Lino.
Le rappeurBooba, le mentionne et y fait référence sur les morceauxComme une étoile,Top Niveau,Parlons Peu etOKLM.
1976 :Martinique, Aimé Césaire, un homme une terre, (52 min), documentaire deSarah Maldoror avec la participation deMichel Leiris, CRS, « Les amphis de la cinquième »
1986 :Miami, Martinique, Aimé Césaire, le masque des mots, (52 min), documentaire deSarah Maldoror
1991 :La Manière Nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant, (80 min), documentaire de Jean Daniel Lafond, Québec
1994 :Aimé Césaire, une voix pour l'histoire, réalisé par Euzhan Palcy. Ce documentaire se divise en 3 parties :
L'île veilleuse[55]: Le premier volet retrace, à travers des témoignages d'hommes politiques et d'intellectuels, d'images d'archives et de photos, l'engagement du poète Aimé Césaire au service de la négritude.
Au rendez-vous de la conquête[56] : Le deuxième volet débute par les années de formation intellectuelle du poète et finit avec les années 1950. Témoignages, archives et lectures de textes du poète et de l'homme engagé.
La force de regarder demain[57] : Le dernier volet aborde les problèmes actuels du « grand cri nègre ». Archives, témoignages et lectures d'extraits des œuvres du poète et de l'homme de théâtre émaillent les interviews.
2006 :Césaire raconte Césaire, DVD, par Patrice Louis, LivresAntilles.com
↑Jacqueline Leiner,Entretien avec Aimé Césaire, en préface à Tropiques 1941-1945, Paris, Éditions Jean-Michel Place,
↑a etbUrsula K. Heise, « Surréalisme et écologie: les métamorphoses d'Aimé Césaire »,Presses de Sciences Po: Écologie & politique,,p. 69-83(lire en ligne[PDF])
↑Louise-Alexandrine, Marcel Jean-Claude. « Les sources de l’histoire littéraire Antillo-Guyanaise : Inventaire archivistique et bibliographique en Martinique (1750-1990) ». Thesis, Antilles-Guyane, 2002.http://www.theses.fr/2002AGUY0591,p. 480.
↑Louise-Alexandrine, Marcel Jean-Claude. « Les Sources de l’histoire littéraire Antillo-Guyanaise : Inventaire archivistique et bibliographique en Martinique (1750-1990) ». Thesis, Antilles-Guyane, 2002.http://www.theses.fr/2002AGUY0591, T. II,p. 484-486.
↑Camille Mauduech,Les 16 de Basse-Pointe (film documentaire), Les films du Marigot, 2008.
↑« Quant au Parti Communiste Français, on n'a pas pu ne pas être frappé par sa répugnance à s'engager dans les voies de la déstalinisation ; sa mauvaise volonté à condamner Staline »Lettre à Maurice Thorez, 24 octobre 1956, site internet du Parti progressiste martiniquais consulté le 14 avril 2008
↑Frank Fife, « Obsèques nationales d'Aimé Césaire en présence de milliers de Martiniquais », AFP, 20 avril 2007, repris par ladepeche.fr[lire en ligne].
↑« En Martinique M. Camille Darsières va succéder à M. Aimé Césaire à la présidence du conseil régional »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le)
Albert Owusu-Sarpong,Le Temps historique dans l'œuvre théâtrale d'Aimé Césaire, Sherbrooke (Québec), Naaman, 1986 ; Paris, L'Harmattan, 2002
Christian Paviot,Césaire autrement. Le mysticisme du Cahier d'un retour au pays natal, Paris, L'Harmattan, 2009
Claude Ribbe,Le Nègre vous emmerde, Paris, Buchet-Chastel, 2008
Aliko Songolo,Aimé Césaire, une poétique de la découverte, Paris, L'Harmattan, 1985
Roger Toumson, Simonne Henry-Valmore,Aimé Césaire, le nègre inconsolé, Paris, Syros, 1994. Rééditions augmentées : La Roque d'Anthéron, Vents d'ailleurs, 2002 et 2004
Pierre Vilar,Les Armes miraculeuses d’Aimé Césaire, Bienne – Genève, ACEL Ed. Zoé, coll. Le cippe, 2008, 128 p.
Ernstpeter Ruhe, « Une œuvre mobile. Aimé Césaire dans les pays germanophones (1950-2015) », Würzburg, Königshausen & Neumann, 2015, 293 pages(ISBN978-3-8260-5787-8)
Kora Véron, Thomas Hale,Les Écrits d'Aimé Césaire, biobibliographie commentée (1913-2008),Paris, Honoré Champion,, 2 volumes, 904 pages(ISBN978-2-7453-2520-4)
Ouvrages collectifs
Tshitenge Lubabu Muitibile K. (éd.),Césaire et nous. Une rencontre entre l'Afrique et les Amériques auXXIe siècle,Bamako, Cauris Éditions, 2004
Centre césairien d'études et de recherches,Aimé Césaire. Une pensée pour leXXIe siècle, Paris,Présence africaine, 2003
Aimé Césaire ou l'Athanor d'un alchimiste. Actes du premier colloque international sur l'œuvre littéraire d'Aimé Césaire, Paris, 21-, Paris,Éditions caribéennes, 1987
Césaire 70, travaux réunis et présentés par Mbwil a Mpaang et Martin Steins, Paris, Silex, 2004
Jacqueline Leiner, (éd.),Soleil éclaté, mélanges offerts à Aimé Césaire à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, Tübingen, G. Narr, 1985.
Annick Thebia-Melsan, Gérard Lamoureux, (éd.),Aimé Césaire, pour regarder le siècle en face, Paris, Maisonneuve et Larose, 2000
Roger Toumson et Jacqueline Leier, (éd.),Aimé Césaire, du singulier à l'universel (Actes du colloque international de Fort-de-France, 28-), numéro spécial d'Œuvres et Critiques, 1994.