Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par leVidourle, lecanal du Rhône à Sète, leVistre et par deux autres cours d'eau. Incluse dans laCamargue (delta du Rhône), la commune possède un patrimoine naturel remarquable : troissites Natura 2000 (la « Petite Camargue », l'« étang de Mauguio » et la « petite Camargue laguno-marine »), quatre espaces protégés (le « bois du Boucanet », la « Camargue Gardoise », l'« étang de l'Or » et la Petite Camargue) et douzezones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Aigues-Mortes est une commune urbaine et littorale qui compte 8 699 habitants en 2023, après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1968. Elle est dans l'unité urbaine d'Aigues-Mortes et fait partie de l'aire d'attraction du Grau-du-Roi. Ses habitantssont appelés les Aigues-Mortais ou Aigues-Mortaises.
LesSalins d'Aigues-Mortes qui exploitent lemarais de Peccais, emblématique de la production du sel camarguais, se trouvent également sur le territoire de la commune.
Le territoire communal est composé d'une partie de la plaine humide et desétangs dePetite Camargue dont les plus grands sont l'étang du Roy au sud-est, l'étang de la Ville immédiatement au sud d'Aigues-Mortes, une partie de l'étang de Caitives dont le reste se trouve surSaint-Laurent-d'Aigouze, l'étang de la Marette au sud-ouest de la ville, et environ63 hectares de l'étang de Mauguio à l'ouest.
À l'ouest, la commune est contigüe par un angle de sa limite à celle deMauguio (Hérault) qu'elle effleure sur la pointe de la Radelle dans l'étang de Mauguio. Au sud-est, elle est mitoyenne desSaintes-Maries-de-la-Mer sur environ 800 m.
Tout le territoire de la moitié sud de la commune est occupé par des salines, des étangs et des marais, qui sont également largement dominants dans la partie nord. Ainsi, il n'y a que très peu de hameaux : Corbière, mas du Bosquet, mas du grand Môle, mas du Petit Chaumont et mazet de Bel-Air[1].
Aigues-Mortes est l'une des81 communes membres duSchéma de cohérence territoriale (Scot) du Sud du Gard et fait également partie des34 communes du pays Vidourle-Camargue. Aigues-Mortes est aussi l'une des quatre « Loi littoral » du Scot du Sud du Gard.
La commune fait également partie de laCamargue (delta du Rhône), un territoire reconnuréserve de biosphère par l'UNESCO en 1977 pour ses nombreux bombements sources de diversité : bourrelets alluviaux des bras anciens et actuels du Rhône et cordons dunaires élaborés par les courants marins et les rivages historiques de la Méditerranée. Entre ces replis encore en partie boisés, dans les dépressions, se répartissent des terres basses occupées par les lagunes bordées de steppes salées, les marais à roselières en partie exploités pour la coupe du roseau et les étangs - dont le plus grand, leVaccarès, occupe6 500 hectares[12],[13].
Quatre autres espaces protégés sont présents sur la commune :
l'« étang de Mauguio », d'une superficie de7 020ha. Cette lagune communique avec la mer par ungrau qui relie le Sud-Ouest de l'étang au port de Carnon. L'étang est entouré par une gamme variée d'habitats naturels : un système dunaire, des milieux saumâtres à hyper salés sur les rives sud et est et des milieux saumâtres à doux influencés par l'eau douce sur les rives nord[24] ;
L’inventaire deszones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.Neuf ZNIEFF detype 1[Note 3] sont recensées sur la commune[27] :
les « bois du Grand Chaumont et de Quincandon » (165ha)[28] ;
Au, Aigues-Mortes est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1].Elle appartient à l'unité urbaine d'Aigues-Mortes[Note 5], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[I 2],[I 3]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Grau-du-Roi, dont elle est une commune du pôle principal[Note 6],[I 3]. Cette aire, qui regroupe 3 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[I 4],[I 5].
La commune, bordée par lamer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du, diteloi littoral[40]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique dulittoral, telles que le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si leplan local d’urbanisme le prévoit[41].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des zones humides (46,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (47,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones humides côtières (45,4 %), cultures permanentes (23,9 %),terres arables (7,3 %), zones agricoles hétérogènes (7,3 %), eaux maritimes (7,3 %), zones urbanisées (4,1 %), forêts (2,1 %), zones humides intérieures (1,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,2 %)[42]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Le développement dutourisme balnéaire depuis lesannées 1960 a été marqué par la construction de nouvellesstations balnéaires (La Grande-Motte) ou l'extension des existantes (Le Grau-du-Roi-Port-Camargue). Pour faciliter leur accès aux touristes, le réseau routier littoral a été densifié et relié à l'autoroute A 9. Aigues-Mortes bénéficie ainsi de ces axes :
Laligne Nîmes - Le Grau-du-Roi dessert les villes et villages desCostières et du littoral, avec terminus auGrau-du-Roi. Elle est également utilisée pour le transport du sel fabriqué par une des exploitations salinières du groupe Salins (voir le lien ci-dessous).
La commune fait partie duterritoire à risques importants d'inondation (TRI) de Montpellier/Lunel/Maugio/Palavas, regroupant49 communes dubassin de vie deMontpellier et s'étendant sur les départements de l'Hérault et duGard, un des31 TRI qui ont été arrêtés fin 2012 sur lebassin Rhône-Méditerranée[46], retenu au regard des risques desubmersions marines et de débordements duVistre, duVidourle, duLez et de laMosson. Parmi les derniers événements significatifs qui ont touché le territoire, peuvent être citées les crues de septembre 2002 et de septembre 2003 (Vidourle) et les tempêtes de novembre 1982 et décembre 1997 qui ont touché le littoral. Des cartes des surfaces inondables ont été établies pour trois scénarios : fréquent (crue detemps de retour de10 ans à30 ans), moyen (temps de retour de100 ans à300 ans) et extrême (temps de retour de l'ordre de 1 000 ans, qui met en défaut tout système de protection)[47],[48]. La commune a été reconnue enétat de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations etcoulées de boue survenues en 1982, 1994, 2002, 2003 et 2015[49],[44].
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux d'Aigues-Mortes.
La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux[50]. Cet aléa est susceptible d'engendrer desdommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes desécheresse et de pluie. 49,7 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 3 677 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 1673 sont en aléa moyen ou fort, soit 45 %, à comparer aux 90 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national auretrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site duBRGM[51],[Carte 2].
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national descavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune[52].
Le nom d'Aquae Mortuae est cité lors de l'embarquement desaint Louis en 1248 en ce lieu pour sa première croisade[56]. Ce nom procède de l'occitanAigas Mòrtas « eaux mortes », c'est-à-dire « eaux stagnantes », équivalent des types toponymiques delangue d'oïl « Morteau »[57].
Il est intéressant de signaler que les habitants d'Aigues-Mortes demandèrent à saint Louis de nommer l'agglomération naissante du nom deBona per Forsa (« Bonne malgré le hasard »). Le nom usuel Aigues-Mortes resta cependant en usage jusqu'à nos jours.
Le nom d’Aigues-Mortes provient des marais et des étangs qui s'étendaient autour du village etaussi du fait qu'il n'y a jamais eu d'eaux vives à Aigues-Mortes[réf. souhaitée].
Un Romain du nom de Peccius aménage les premiers marais salins et donne son nom au marais du Peccais[59]. L'exploitation du sel avait commencé dès leNéolithique et s'était continuée à la période hellénistique, mais l'exploitation antique des salins n'a donné lieu à aucune découverte archéologique majeure et il est probable que ces vestiges aient été détruits par les installations des salins modernes[60].
En 791,Charlemagne fait ériger latour Matafère, au milieu des marécages, pour la sûreté des pêcheurs et des ouvriers des salins. Certains avancent que la signalisation et la transmission des nouvelles n’étaient pas étrangères à l’édification de cette tour destinée à donner l’alerte, en cas d’arrivée d’une flotte, à latour Magne, àNîmes. La vocation de cette tour passe du plan guerrier au plan spirituel quand Charlemagne l’octroie à l’abbaye debénédictins, consacrés à l’Opus Dei (l'œuvre de Dieu) et dont les incessantes psalmodies, de jour comme de nuit, font désigner leur couvent du titre de Psalmody ou Psalmodi. Ce couvent existe en 812, comme le confirme un acte de dotation faite par le Nîmois Badila à l’abbaye[61]. À cette époque, les habitants, qui vivent dans des cabanes en roseaux, tirent leur subsistance de la pêche, de la chasse et de la production du sel produit dans différents petits marais salants en bordure de mer. La région est alors sous la domination des moines de l'abbaye de Psalmody.
Ce dernier obtint des moines de l'abbaye de Psalmody la ville et les terres alentour par échange de propriétés. Les habitants sont exemptés de lagabelle, impôt prélevé sur le sel qu'ils peuvent prendre sans contrainte[62]. Il fait aménager une route entre les marais et y bâtir latour Carbonnière pour servir de tour de guet et ainsi protéger l'accès à la ville.Saint Louis fait construire ensuite latour de Constance pour abriter sa garnison. En 1272, le fils et successeur de Louis IX,Philippe le Hardi, ordonne la poursuite de la construction de remparts pour ceinturer complètement la petite ville. Les travaux ne s’achèveront que trente ans plus tard grâce à Philippe le Bel.
Au début duXIVe siècle,Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer lesTempliers. Entre le et le, quarante-cinq d'entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans latour de Constance[64].
Le, c'est un grand protestant qui est nommé gouverneur d'Aigues-Mortes et de la tour Carbonnière :Jean d'Harambure dit « le Borgne », commandant deschevau-légers du roiHenri IV et anciengouverneur deVendôme. Pour ce faire, il doit prêter serment entre les mains du connétableHenri de Montmorency, alors gouverneur du Languedoc. Mais celui-ci, catholique, soutient le rival Adrien de Chanmont, seigneur de Berichère. Le conflit dure jusqu'en 1612, mais Harambure, soutenu par les pasteurs du Bas-Languedoc et par les habitants, finit par l'emporter, d'autant qu'il bénéficie de l'appui personnel de la reine. (BN L. K7 50) Le, Harambure démissionne en faveur de son fils Jean d´Harambure, mais le roiLouis XIII le rétablit pour six ans. Le, il quitte ses fonctions au profit deGaspard de Coligny, non sans avoir obtenu un témoignage de reconnaissance des magistrats et consuls de la ville.
Pendant laRévolution française, la ville est appeléePort-Pelletier[70]. À cette époque, le port a failli disparaître en raison d'un envasement induit par l'intensification dulabour dans le bassin versant, contemporain d'une reprise desdéfrichements des bois et forêts à la suite de l'abolition des privilèges. Le recul du couvert boisé a favorisé l'érosion des sols et, par conséquent, un apport plus important d'alluvions qui se déposent dans les ports de la région. Ainsi, en 1804, le préfet « M. de Barante père » écrivait-il dans un rapport[71] que« Les côtes de ce département sont plus exposées aux atterrissements[Note 8]... Les ports de Maguelonne et d'Aigues-Mortes et le vieux port deCette (ancienne écriture de Sète) n'ont plus d'existence que dans l'histoire » alerte-t-il.« Un désir immodéré de recueillir a multiplié ces défrichements depuis 1790... L'avidité de jouir a dévoré en peu d'années la ressource de l'avenir ; les montagnes, ouvertes par la charrue, n'ont montré bientôt qu'un roc nu et stérile ; chaque sillon est devenu un ravin ; la terre végétale, entraînée par les orages, a été portée dans les rivières, et de là dans les parties inférieures, où elle sert chaque jour à l'atterrissement des parties les plus basses et les plus marécageuses »
LaCompagnie des Salins du Midi lance à l'été 1893 le recrutement des ouvriers pour le battage et le levage du sel. L'embauche est en baisse en raison de la crise économique que connaît l'Europe alors que la perspective de trouver un emploi saisonnier a attiré, cette année-là, un plus grand nombre d'ouvriers.
Ceux-ci se partagent en trois catégories surnommées les « Ardéchois », paysans, pas forcément originaire d'Ardèche, qui laissent leur terre le temps de la saison, les « Piémontais » composés d'Italiens originaires de tout le nord de l'Italie et recrutés sur place par des chefs d'équipe, les chefs de colle, et les « trimards » composés en partie de vagabonds[72],[73].
En raison du recrutement opéré par la Compagnie des Salins du Midi, les chefs de colle sont contraints de composer des équipes comprenant des Français et des Italiens[74]. Dès le début de la matinée du, une rixe éclate entre les deux communautés qui se transforme rapidement en lutte d'honneur[75]. Cette lutte est parfois considérée comme le [déclencheur du] plus grand pogrom de l'histoire contemporaine de la France[76],[77], représenté dans les journaux de l'époque commeLe Monde Illustré[78].
Malgré l'intervention du juge de paix et des gendarmes, la situation dégénère rapidement[79]. Certains trimards rejoignent Aigues-Mortes et y affirment que des Italiens ont tué des Aiguemortais, ce qui fait grossir leurs rangs de la population et des personnes qui n'ont pas réussi à se faire embaucher[79].
Un groupe d'Italiens est alors attaqué et doit se réfugier dans une boulangerie que les émeutiers veulent incendier. Le préfet fait appel à la troupe vers 4 heures du matin. Celle-ci n'arrive sur les lieux qu'à 18 heures, après le drame[80].
Dès le début de la matinée, la situation s'envenime. Les émeutiers se rendent dans les salins de Peccais où se trouvent le plus grand nombre d'Italiens que le capitaine des gendarmes Cabley essaie de protéger en promettant aux émeutiers de chasser les Italiens une fois raccompagnés à la gare d'Aigues-Mortes[81]. C'est durant le trajet que les Italiens assaillis par les émeutiers sont massacrés par une foule que les gendarmes ne réussissent pas à contenir. Il y a sept morts et une cinquantaine de blessés dont certains conserveront des séquelles à vie[82],[83]58-63, ce qui constitue le plus grand massacre d'immigrés de l'histoire contemporaine de la France mais aussi l'un des plus grands scandales de son histoire judiciaire[84] puisque aucune condamnation ne sera jamais prononcée.
L'affaire devient un enjeu diplomatique et la presse étrangère, dont celle transalpine, prend fait et cause pour les Italiens[85]. Des émeutes anti-françaises éclatent en Italie[86]. Un règlement diplomatique est trouvé et les parties sont indemnisées[87] alors que le maire nationaliste Marius Terras doit démissionner[88].
Une pièce de théâtre deSerge Valletti,Sale Août, se fonde sur ces événements tragiques.
Le, à l'occasion du800e anniversaire de la naissance deLouis IX, la ville d'Aigues-Mortes organise des cérémonies commémoratives auxquelles participe son descendantLouis de Bourbon, duc d'Anjou, ainsi que son épouseMarie-Marguerite. À cette occasion, le maire Pierre Mauméjean rappelle« l’amour et l’attachement réel des Aigues-Mortais pour le roi fondateur de la cité et leur reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour eux ». Il ajoute« combien Aigues-Mortes est fière et honorée de recevoir pour la deuxième fois l'homme (Louis de Bourbon) qui avait été fait citoyen de la ville, lors de la Saint Louis de 1992, par le maire de l'époque René Jeannot, présent ce jour »[90].
Les dernières élections municipales à Aigues-Mortes ont eu lieu les 23 et.
Cinq listes étaient présentes au premier tour, une liste PS représentée par le maire sortant Cédric Bonato, une liste divers gauche et écologistes représentée par Didier Caire, une liste d’union de la droite UDI-UMP représentée par Pierre Mauméjean, une liste divers droite représentée par Isabelle Secrétan et une cinquième liste apparentée FN portée par Stéphane Pignan.
Les résultats du premier tour : inscrits 6 951, abstentions 1 859 (26,74 %), votants 5 092 (73,26 %), blancs et nuls 126 (1.81 %), suffrages exprimés 4 966 (71.44 %), Pierre Mauméjean (Union de la droite) 35,84 %, Cédric Bonato (PS) 34,51 %, Isabelle Secrétan (Divers Droite) 11,43 %, Stéphane Pignan 11,09 % et Didier Caire (divers gauche) 7,1 %.
Les résultats du second tour : Inscrits 6 951, abstentions 1 569 (22,57 %), votants 5 382 (77,43 %), Blancs et Nuls 163 (2,34 %), exprimés 5219 (75,08 %), Pierre Mauméjean (Union de la droite) 50,16 %, Cédric Bonato (PS) 43,2 %, Stéphane Pignan (FN) 6,62 %.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[91]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[92].
En 2023, la commune comptait 8 699 habitants[Note 9], en évolution de +4,49 % par rapport à 2017 (Gard : +3,6 %,France horsMayotte : +2,36 %).
La population de la commune est relativement âgée.En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à30 ans s'élève à 27,9 %, soit en dessous de la moyenne départementale (32,6 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à60 ans est de 33,4 % la même année, alors qu'il est de 29,6 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 4 008 hommes pour 4 448 femmes, soit un taux de 52,6 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,82 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[I 6]
Hommes
Classe d’âge
Femmes
0,9
90 ou +
1,9
9,6
75-89 ans
11,4
21,1
60-74 ans
21,7
23,1
45-59 ans
22,4
15,6
30-44 ans
16,3
12,8
15-29 ans
12,2
16,8
0-14 ans
14,0
Pyramide des âges du département duGard en 2022 en pourcentage[94]
La ville d'Aigues-Mortes comporte 4 établissements scolaires, dont la crèche, la maternelle, la primaireCharles Gros, l’école Henri Séverin et le collègeIrène Joliot-Curie.
Aigues-Mortes est une ville de traditions camarguaises. Chaque année, la seconde semaine d’octobre, elle célèbre la fin des vendanges ainsi que la fin de la récolte du sel.
La fête votive est l’occasion pour les familles du village de se retrouver autour de traditions ancestrales qui font le socle du patrimoine culturel aigues-mortais. Côté remparts Sud, chaque famille construit son « théâtre » ; les 101 théâtres forment le plan, une arène éphémère qui, une semaine durant (et un weekend de revivre), accueille des courses camarguaises où chacun peut s’essayer à l’art du raset avec des vaches et taureaux emboulés.
Cette semaine festive est fréquentée par des milliers de touristes et d’habitués de la région ; c'est un moment de ferveur et de partage qui met en valeur l’identité camarguaise de la cité médiévale.
Un comité des fêtes est constitué pour cette occasion ; il a la charge d’organiser chaque année ces festivités en respectant les traditions ancestrales et en veillant à la sécurité de toutes et tous les participants.
Fin août, il y a également les fêtes de la Saint-Louis qui réunissent des reconstitutions de combats, des défilés en tenue médiévale, des animations avec frappe de monnaie, concert de musique médiévale et spectacle pyrotechnique sur les remparts.
Football : l'Union Sportive Salinières Aigues-Mortes évolue enNational 3, le cinquième niveau du football français. Les couleurs du club sont le bleu et le blanc.
En 2018, la population âgée de 15 à 64 ans s'élève à 4 887 personnes, parmi lesquelles on compte 77,4 % d'actifs (65,7 % ayant un emploi et 11,7 % de chômeurs) et 22,6 % d'inactifs[Note 12],[I 9]. En 2018, letaux de chômage communal (au sens du recensement) des15-64 ans est inférieur à celui du département, mais supérieur à celui de la France, alors qu'en 2008 il était supérieur à celui du département.
Sur ces 3 284 actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi, 1 385 travaillent dans la commune, soit 42 % des habitants[I 14]. Pour se rendre au travail, 79,9 % des habitants utilisent un véhicule personnel ou de fonction à quatre roues, 1,5 % lestransports en commun, 13,5 % s'y rendent en deux-roues, à vélo ou à pied et 5,1 % n'ont pas besoin de transport (travail au domicile)[I 15].
1 096 établissements[Note 13] sont implantés à Aigues-Mortes au. Le tableau ci-dessous en détaille le nombre par secteur d'activité et compare les ratios avec ceux du département[Note 14],[I 16].
Secteur d'activité
Commune
Département
Nombre
%
%
Ensemble
1 096
100 %
(100 %)
Industrie manufacturière, industries extractives et autres
67
6,1 %
(7,9 %)
Construction
104
9,5 %
(15,5 %)
Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration
498
45,4 %
(30 %)
Information et communication
18
1,6 %
(2,2 %)
Activités financières et d'assurance
33
3 %
(3 %)
Activités immobilières
43
3,9 %
(4,1 %)
Activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien
136
12,4 %
(14,9 %)
Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale
100
9,1 %
(13,5 %)
Autres activités de services
97
8,9 %
(8,8 %)
Le secteur du commerce de gros et de détail, des transports, de l'hébergement et de la restauration est prépondérant sur la commune puisqu'il représente 45,4 % du nombre total d'établissements de la commune (498 sur les 1096 entreprises implantées à Aigues-Mortes), contre 30 % au niveau départemental[I 17].
Europe Plein-Air - Epa, location-bail de propriété intellectuelle et de produits similaires, à l'exception des œuvres soumises à copyright (8 330 k€) ;
Caveau Les Sablons Maison Terroir Sables, commerce de gros (commerce interentreprises) de boissons (3 541 k€).
La commune est dans la « Plaine Viticole », unepetite région agricole occupant le sud-est du département du Gard[96]. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture[Note 16] sur la commune est laviticulture[Carte 4].
Le nombre d'exploitations agricoles en activité et ayant leur siège dans la commune est passé de 195 lors du recensement agricole de 1988[Note 18] à 152 en 2000 puis à 76 en 2010[98] et enfin à 52 en 2020[Carte 5], soit une baisse de 73 % en 32 ans. Le même mouvement est observé à l'échelle du département qui a perdu pendant cette période 61 % de ses exploitations[99],[Carte 6]. Lasurface agricole utilisée sur la commune a quant à elle augmenté, passant de2 701ha en 1988 à4 277ha en 2020[Carte 7]. Parallèlement la surface agricole utilisée moyenne par exploitation a augmenté, passant de 14 à82ha[98].
« Très curieuses murailles, presque aussi intactes qu’au premier jour. La ville y est enfermée tout entière, elles la protègent contre les inondations ; et, du haut de la tour de Constance, cette multitude de toits bas, enfermés dans ce haut carré de pierre, semblent des dames dans un damier.Même sorte de fortifications qu’à Carcassonne qui est aussi du temps de Saint-Louis. Un long mur à créneaux et meurtrières, flanqué, d’espace en espace, par des tours rondes. Une tour pour chaque porte ; la forme ogivale à toutes les voûtes et dans un coin, encore une énorme tour ronde à deux étages, surmontée d’une plateforme et d’une tourelle d’observation, ancienne citadelle où l’on pouvait se défendre, même la ville étant prise. — Rien de plus simple et de plus sain. Un mur monstrueux percé de meurtrières, dans l’épaisseur duquel tourne un escalier. Ce mur enclôt à chaque étage une haute salle de pierre, dont la voûte ogivale va rejoindre les parois par un épanouissement d’arceaux. Une oubliette au centre ; un vaste âtre de cheminée au fond. Un jour douteux entre par le sommet et par une ligne de baies courtes, ogivales, qui donnent sur l’escalier intérieur. Rien de plus austère que ce vide globuleux dans cette carapace de pierres nues, et cette froide et grise lumière qui semble dormir sans jamais changer. Dans l’effacement général des objets, et dans la sévérité universelle de la matière et de la forme, on démêle avec un plaisir bizarre un bout de fleurons sur lequel chaque arceau s’appuie avant d’entrer dans le mur.Tout en haut de la plate-forme, on aperçoit la plaine, barrée d’un côté, au bout de l’horizon, par la ligne violacée des montagnes indistinctes ; de toutes les autres parts, sans limites, ou se continuant par la mer infinie, s’étend la plaine verte, coupée de canaux luisant comme des bandes d’argent ou de longues lames de métal, et bordée par la mer d’une large plaque d’un bleu sombre[100]. »
Vue panoramique des remparts. Vue du sud-est, côté mer.Tour de Constance.La porte de la reine Aigues-Morte en 1867, deFrédéric Bazille, exposé auMetropolitan Museum of Art.
Les tours etremparts d'Aigues-Mortes[101] forment un monument ouvert au public par leCentre des monuments nationaux. Latour de Constance, fut érigée en 1242 parSaint Louis sur l’ancien emplacement de latour Matafère, construite parCharlemagne vers 790, pour abriter la garnison du roi. Les travaux se terminèrent en 1254. Son diamètre est de22 mètres, sa hauteur au sommet de la lanterne est de 33 ou 40 mètres selon diverses sources… L’épaisseur des murs à la base est de6 mètres. Au rez-de-chaussée, on trouve la salle des gardes avec son accès protégé par une herse. Au centre de la pièce, une ouverture circulaire permet d’accéder aux sous-sols qui servaient de garde-manger, de réserve de munitions et aussi de cachots. Ce lieu s’appelait les « culs de basse fosse ». Au premier étage, on accède à la salle des chevaliers. Elle ressemble de par sa structure à la salle des gardes. C’est dans cette salle que furent emprisonnées auXVIIIe siècle desprotestantes dont la plus connue futMarie Durand qui grava sur la margelle du puits le mot « résister ». Ce mot est toujours visible de nos jours. Elle fut emprisonnée à l’âge de15 ans et libérée38 ans plus tard, avec des prisonniers politiques (Abraham Mazel, chefcamisard). Entre ces deux salles, un étroit chemin de ronde, fut construit dans l'épaisseur du mur pour surveiller la salle basse. Après la salle des chevaliers, on accède à la terrasse qui offre un large panorama sur la région, représentant ainsi un poste idéal de surveillance. Les prisonnières étaient quelquefois autorisées à venir y respirer l’air pur.
Située sur la commune deSaint-Laurent-d'Aigouze, latour Carbonnière est citée pour la première fois dans un texte daté de 1346 qui donne des précisions sur la fonction de l’ouvrage. Il y est dit que« cette forteresse est la clé du royaume en cette contrée. » En effet, située au milieu des marais, elle était le passage obligé pour accéder à Aigues-Mortes. Elle était tenue par une garnison composée d’un châtelain et de plusieurs gardes. Depuis sa terrasse qui pouvait supporter jusqu’à quatre pièces d’artillerie, on a une vue panoramique sur laPetite Camargue.
Elle est le cœur touristique de la cité. Au centre, face à l'entrée principale de la porte de la Gardette, est érigée la statue deSaint Louis, œuvre deJames Pradier en 1849.
La place Saint-Louis.
Monument à Saint Louis, au centre de la place.
Fontaine constituant le socle de la statue de Saint Louis.
L'église a été inscrite au titre desmonuments historiques en 1949[106]. L'élément d'autel gallo-romain se trouvant dans l'emmarchement du chœur de l'église a été classé au titre desmonuments historiques en 1990[106]. De nombreux objets sont référencés dans labase Palissy (voir les notices liées)[106].
À l'intérieur, unretable représente lapassion du Christ. Il fut construit en stuc de plâtre gris en 1687 par le sculpteur montpelliérain Sabatier. Ce retable, sur lequel figurent les armoiries de la confrérie, occupe tout le fond duchœur.
Lou Drapé est un cheval imaginaire mentionné dans le folklore local, qui était censé se promener la nuit autour des remparts de la ville, prendre 50 à 100 enfants sur son dos, et les faire disparaître« on ne sait où ».
Lafougasse appartient aux premières pâtisseries à base levée. Elle peut être sucrée (dénommé parfois « tarte au sucre ») ou salée (avec ou sans gratillons). Traditionnellement, la confection de la fougasse au sucre à Aigues-Mortes était réservée à la période de Noël, au sein destreize desserts. À base de pâte à brioche, sucre, beurre et fleur d'oranger, elle était fabriquée par le boulanger avec les ingrédients apportés par le client. À présent, la fougasse d'Aigues-Mortes se vend toute l'année.
41 797ha de laPetite Camargue sont classés comme « zone humide protégée par la convention de Ramsar » et concernent16 communes dont Aigues-Mortes[Note 19],[115].
D'or à un SaintMartin de carnation, vêtu d'azur et chaussé du champ, monté sur un cheval de gueules sellé et harnaché aussi d'or, coupant son manteau aussi de gueules pour en remettre la moitié à un pauvre boiteux de carnation vêtu aussi d'azur, à la béquille au naturel, le tout sur une terrasse de sinople.
Jean-BaptisteMaudet,Terres de taureaux - Les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velasquez,, 512 p.(ISBN8496820378).
Jean-BaptisteMaudet,Terres de taureaux - Les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velasquez,, 512 p.(ISBN8496820378), Annexe CD-Rom 112 pages.
Luc Martin,L'été de la Colère - la tragédie d'Aigues-Mortes -, éditions Grau-Mots, 2012,(ISBN978-291915508-8).
↑Dans les sites Natura 2000, lesÉtats membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[21].
↑Les ZNIEFF detype 1 sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national.
↑Les ZNIEFF detype 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Le classement des barrages est fonction de deux paramètres : hauteur et volume retenu[54].
↑Atterrissement, définition duLarousse : « En bordure d'une étendue d'eau, accumulation de matériel (terre, limon, sable, gravier) qui en réduit la surface ».
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑Un ménage fiscal est constitué par le regroupement desfoyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Son existence, une année donnée, tient au fait que coïncident au moins une déclaration indépendante de revenus et l’occupation d’un logement connu à lataxe d’habitation.
↑La part des ménages fiscaux imposés est le pourcentage des ménages fiscaux qui ont un impôt à acquitter au titre de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. L'impôt à acquitter pour un ménage fiscal correspond à la somme des impôts à acquitter par les foyers fiscaux qui le composent.
↑Les inactifs regroupent, au sens de l'Insee, les élèves, les étudiants, les stagiaires non rémunérés, les pré-retraités, les retraités et les autres inactifs.
↑L'établissement, au sens de l’Insee, est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'unité légale. Il produit des biens ou des services.
↑Le champ de ce tableau couvre les activités marchandes hors agriculture.
↑Roubine : petit canal d'irrigation ou d'assainissement. Terme employé dans le Sud-Est de la France, en Camargue notamment. Synonymes : rigole, filiole.
↑L'orientation technico-économique est la production dominante de l'exploitation, déterminée selon la contribution de chaque surface ou cheptel à la production brute standard.
↑Les données relatives à lasurface agricole utilisée (SAU) sont localisées à la commune où se situe le lieu principal de production de chaque exploitation. Les chiffres d'une commune doivent donc être interprétés avec prudence, une exploitation pouvant exercer son activité sur plusieurs communes, ou plusieurs départements voire plusieurs régions.
↑Le recensement agricole est une opération décennale européenne et obligatoire qui a pour objectif d'actualiser les données sur l'agriculture française et de mesurer son poids dans l'agriculture européenne[97].
↑ab etcCarte IGN interactive d'Aigues-Mortes surgeoportail.gouv.fr. Couches « Limites administratives » activée. Vous pouvez aisément moduler la transparence des couches dans le menu « Ma sélection de données » à gauche de la carte.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Gérard Noiriel,Le massacre des italiens, Aigues-Mortes, 17 août 1893, Paris, Fayard,.
↑Gérard Noiriel,De l’Aube Jusqu’à l’Aurore, Aigues-Mortes, 17 août 1893, Fayard (document de travail préalable à la publication),, 29 p.(lire en ligne). Extrait :Mais les historiens de l’immigration connaissent Aigues-Mortes pour une autre raison. C’est ici que le 17 août 1893 a eu lieu le plus grand « pogrom » (au sens du dictionnaire : « émeute accompagnée de pillages et de meurtres, dirigée contre une communauté particulière»), de toute l’histoire contemporaine de la France. Ce jour-là, les ouvriers italiens travaillant dans les salins ont été littéralement massacrés par la population locale. Bilan : 9 morts et une cinquantaine de blessés, selon les autorités françaises.