Agellid (au plurieligelliden ouigeldan), entifinagh :ⴰⴳⴻⵍⵉⴷ[1], parfois françiséaguellid[2], est un nom masculinberbère qui signifie « roi ». L'équivalent féminin « reine » se dittagellidt outagellitt (au plurieltigellidin)[3].
Il constitue l’un des titres politiques les plus anciennement attestés dansl’aire amazighe. Il apparaît dès l’Antiquité dans les inscriptions libyques sous la forme ''GLD'', ce qui témoigne d’une continuité lexicale remarquable entre les structures politiques antiques et les parlers berbères modernes. Dans ces inscriptions, ''GLD'' peut désigner aussi bien de véritables souverains, comme lesrois numides, que des magistrats ou responsables locaux, montrant que la fonction recouverte par ce terme était plus diversifiée qu’une simple monarchie héréditaire. Cette utilisation multiple suggère l’existence, dans les sociétés libyques, de formes d’autorité variées où le titre ne renvoyait pas exclusivement à un pouvoir royal absolu, mais pouvait s’appliquer à des chefs civiques ou communautaires. Le terme pouvait selon les époques et les régions désigner différents niveaux d’autorité, depuis le chef local jusqu’au souverain reconnu, reflet de la diversité des systèmes politiques qui caractérisaient les communautés libyco-berbères de l’Antiquité[4]. Le mot a également laissé des traces dans l’onomastique à différentes époques, comme le nom du prince maure du IVᵉ siècleGildo, celui de Gildan à Taucheira enCyrénaïque, ou encore Agellid, père de Moussa mentionné parAl-Bakri[4].
Dans les dialectes berbères contemporains,agellid' garde globalement le sens de « roi », avec parfois une dimension symbolique ou traditionnelle. Le mot est largement répandu dans les parlers nord-berbères, à l’exception du domaine touareg qui emploie d’autres termes pour désigner l’autorité politique. Cette permanence dans les langues vivantes, ainsi que sa présence en onomastique et dans divers récits traditionnels, illustre la profondeur historique du concept dans les cultures amazighes. Le terme possède la forme fondamentale ''agellid'' (pluriel : ''igeldan'') dans la plupart des parlers berbères comme lekabyle ou lechleuh. Une variante régionale courante,'ažellid/ažellid, apparaît dans les dialectes où la consonne /g/ a évolué vers /ž/ puis /š/, notamment auMzab, à Ouargla ou à Ghadamès. Bien que le terme ''agellid'' ait disparu de la titulature des rois numides, il s’est conservé dans la plupart des parlers berbères, à l’exception du domaine touareg où l’on emploieamenukal[4].
La signification renvoi à un « monarque très puissant ». Il s'applique aussi à Dieu de manière courante dans la poésie religieuse. En importance unagellid se situe généralement au-dessus de son concurrent d’origine arabeṣelṭan, introduit dans la plupart des dialectes Nord[4].