L'affaire ANEP ouaffaire de l'Agence nationale d’édition et de publicité est une affaire politico-financière enAlgérie concernant des problèmes de gouvernance et transparence autour de la publicité publique gérée par l'Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP)[N 1]. Plusieurs personnalités algériennes sont impliquées dont trois anciens ministres,Abdelkader Khamri etDjamel Kaouane condamnés à huit ans de prison etHamid Grine condamné à quatre ans de prison.
Larbi Ounoughi est nommé PDG le. Dès son arrivée, il dénonce la situation « mafieuse » de l'ANEP et décide d'axer son mandat sur ce problème pour y remédier[2],[3]. Le mois suivant, il révèle que l’agence a déboursé près de40 milliards de dinars pendant les quatre dernières années, et « souvent au profit de médias amis »[4]. Il décide donc de mettre en place un plan d’assainissement pour redéfinir les principes fondamentaux concernant l’octroi de la publicité publique aux médias afin qu'il se fasse suivant quinze critères dits "critères objectifs”[5]. Selon la presse indépendante, ces déclarations lui valent son limogeage le 27 septembre 2020[6].
En,Rabah Madjer, joueur de football devenu propriétaire de titres de presse, est condamné à18 mois de prison et 500.000 dinars (à payer avec un co-accusé) pour avoir bénéficié de commandes publicitaires de l'ANEP alors que ses deux journaux,El Balagh etEl Balagh Erriadhi, avaient cessé de paraître[7].
En, la presse annonce la mise en détention provisoire de deux anciens directeurs généraux de l'ANEP pour des faits de« corruption et de dilapidation de deniers publics concernant l'ANEP, ayant entrainé des pertes au Trésor estimées à des milliards », précisant qu'il s'agit« d'octroi d'espaces publicitaires à des journaux minuscules et d'autres fictifs, n'existant pas sur la scène médiatique, sans atteindre l'objectif de la publicité, outre le népotisme qui sévissait à travers le choix de titres donnés, avec la complicité de responsables à l'ANEP »[8].
Au début de l'année 2025, se tient un procès avec 56 accusés dont l'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports,Abdelkader Khamri, Ahmed Boucena qui a dirigé l'ANEP pendant 14 ans, des directeurs à l’ANEP et auministère de la Jeunesse et des Sports. Ce procès regroupe deux dossiers distincts celui de l'ANEP et celui de l’Agence nationale des loisirs et de la jeunesse (ANALJ)[N 2] de la direction de la jeunesse et des sports (DJS). En effet, Abdelkader Khamri, ayant été successivement PDG de l’ANEP etministre de la Jeunesse et des Sports. De plus, dix entreprises propriété des accusés sont poursuivies en tant que personnes morales. Le ministère de la Jeunesse qui s'est porté partie civile avance une perte de 6 milliards de dinars, soit 44 millions de dollars[9],[10].
Abdelkader Khomri, reconnu coupable d'« abus de fonction, octroi d’indus avantages et dilapidation de deniers publics », est condamné en juin 2025 à 8 ans de prison ferme avec une amende d’un million de dinars. Différents cadres de l'ANEP dont Ahmed Boucena, Absi et Mourad Adimi, sont condamnés à 2 ans de prison ferme assortie d’amende. Ils sont coupables « d’abus de fonction »[11].
En, la presse annonce l'ouverture d'un procès, dit ANEP 2, pour« détournement de fonds publics, octroi d’avantages indus et abus de fonction dans le cadre de la distribution de la publicité publique », visant deux anciens ministres de la Communication,Hamid Grine etDjamel Kaouane, un ancien directeur de l'ANEP, Amine Echikr, et d'autres cadres et employés de l'agence[12],[13]. Le procès se tient en octobre 2025.
Hamid Grine, ministre de la Communication de 2014 à 2017, évoque un ministère« théoriquement de tutelle », mais des choix publicitaires« souvent arbitrés ailleurs » avec laprésidence de la République de l’époque. Djamel Kaouane, ministre de la Communication de 2017 à 2019, réfute les accusations, il affirme qu’« il n’existe pas de loi qui régule la publicité en Algérie »[14].
Hamid Grine est d'abord condamné à quatre ans de prison, peine ramenée à deux ans de prison ferme en février 2026. Djamel Kaouane et l’ex-PDG de l’ANEP, Amine Échikr, sont condamnés à huit ans de prison, peines ramenées à six ans de prison en février 2026[15],[16].
PourLe Matin d'Algérie, ces procès montrent les relations« entre pouvoir, médias et argent public », ils permettent de juger d'anciens responsables politique mais ne touchent pas aux bénéficiaires de l'argent détourné. Par ailleurs, en l'absence d'un système de financement des médias libéré des affinités et pressions politiques, la presse restera« instrumentalisée par ceux qui la financent »[17].