Parfois formés entièrement de lettres initiales, les acronymes peuvent également être formés en abrégeant les mots par leur syllabe initiale[2]. Ils se prononcent comme des mots normaux, c'est ce qui les caractérise dans le vaste ensemble dessigles et des acronymes, mais ce n'est pas ce qui les distingue nettement des sigles puisque, par exemple, « OTAN » est à la fois un sigle et un acronyme[3]. « URSS » présente la particularité rare d'être prononcé couramment comme un sigle « pur », autrement dit épelé, lettre après lettre (c'est pourquoi il est parfois typographié « U.R.S.S. »), et aussi d'être prononcé, moins fréquemment, comme un acronyme (il est alors rendu et entendu comme le mot inventé « urse », phonétique :[yʁs])[4].
En général, un acronyme s'écrit :
comme les autres sigles, entièrement encapitales[5],[6], sans points de séparation[7],[6], s'il est constitué d'initiales ; par exemple l'ADEME, l'ENA (sans accent), leTAF ou laFIFA ;
Toutefois, certains codes typographiques ne distinguent jamais par lacasse les sigles des non-sigles. On trouve par exemple écrit « AFNOR[8] », acronyme qui n'a tendance à perdre ses capitales dans l'usage quedepuis peu de temps[C'est-à-dire ?]. En outre, à partir d'une certaine longueur, de l'ordre de quatre lettres ou de six lettres selon les sources, les acronymes qui sont des noms propres s'écrivent souvent en minuscules avec une capitale initiale, qu'ils soient « sigliques » ou « syllabiques »[9],[10],[11] :Euratom, l’Unesco[8],[10],Saviem, laSnecma, laSofirad, l'Aramco[9], leCern, lesAssedic[10]. On retrouve partiellement cette pratique dans certains dictionnaires, leRobert allant jusqu'à presque systématiser les minuscules à partir de quatre lettres : il écrit ainsi « Nasa » ou encore « Insee », et pourtant laisse les capitales de « FARC » par exemple.
Les acronymes ne portent pas la marque du pluriel[10], sauf lorsqu'ils ont été lexicalisés comme des noms communs[12] : des radars, des lasers et des ovnis.
Certainesentreprises créent des acronymes qui « sonnent » bien et cherchent ensuitea posteriori une signification pour chacune des lettres. Ce sont des cas particuliers derétroacronymie[c]. Un des cas les plus célèbres est celui dunylon, créé en 1938, qui a donné lieu à des rétroacronymies.
L'acronyme peut également être utilisé comme moyenmnémotechnique. Par exemple, dans l'aviation, l'acronymeACHEVER est parfois utilisé pour lister tout ce qu'il ne faut pas oublier de vérifier avant de décoller :A pourAtterrisseur -C pourCommandes,Compensateur,Carburation (réchauffage froid),Carburation (mélange plein riche),Contact -H pourHuile,Harnais -E pourEssence -V pourVerrière,Volets -E pourÉlectricité,Extincteur -R pourRéglage,Radio[13].
Certains acronymes sont liés à l'histoire : leKomsomol, leKominterm, laTchéka ; notamment de la Seconde Guerre mondiale : laGestapo, laSipo, l'Orpo ; quelques-uns subsistent encore, comme laKripo. Certains sigles étrangers sont même devenus des acronymes en français, avec les accents : laGuépéou qui est la prononciation russe des lettres G, P et U du sigle (GPU) de la police de l'Union soviétique de 1922 à 1934.
L'acronyme peut êtrelexicalement « dérivé » et servir deracine à de nouveaux termes lexicaux (noms, adjectifs et verbes), par ajout depréfixes ou desuffixes :ufologie,smicard,onusien. Dans ce cas, des diacritiques peuvent, au besoin, être ajoutés au radical des dérivés :cégétiste,médefiste[14]. Ils peuvent participer à la formation de nouveauxjargons (abusivement selon certains auteurs[15]) ou se diffuser largement dans le vocabulaire employé par legrand public.
d'autres auteurs inventent des acronymes originaux (en ne suivant pas exactement leur règle de formation et en insérant parfois des lettres supplémentaires sans signification) : par exemple le SDEDRERALO, leSyndicat des empêcheurs de rire en rond à l'opéra, pourRéjean Ducharme[14].
La pratique de l'acronymie est également reliée aux pratiques cabalistiques[19] et remonte sans doute, dans son principe, aux origines de l'écriture[20].
↑Francisation, apparue en 1970, de l'anglaisacronym (sigle), dugrecἄκρος /ákros, « au bout, extrême » etὄνομα /ónoma, « nom », littéralement nom formé d'extrémités (c'est-à-dire d'initiales).
↑On parle delexicalisation lorsque l'usage de l'acronyme se généralise au point de ne plus être distingué d'un nom (et ne plus nécessairement être attaché à sa signification initiale).
↑Heinecke, J., Smits, G., Chardenon, C., De Neef, E. G., Maillebuau, E., & Boualem, M. (2008). TiLT: plate-forme pour le traitement automatique des langues naturelles. Traitement automatique des langues, 49(2), 17-41.