Ils sont généralement minuscules. Certains sont microscopiques, ne mesurant que quelques dizaines demicromètres, les plus grands ne dépassant pas 2 cm (sauf lestiques gorgées de sang qui, dans les espèces tropico-équatoriales, peuvent atteindre la taille d'une « grosse » cerise).
Le corps est particulièrement compact pour unarthropode en raison de la fusion duprosome (l'équivalent ducéphalothorax d'autres arthropodes) et de l'opisthosome (ouabdomen) en une masse unique et de la quasi-disparition des traces desegmentation.
Il en existe près de 50 000espèces répertoriées, mais la diversité réelle du groupe est probablement supérieure au million d'espèces[1]. La variété de leurs modes de vie (habitat,niche écologique, mode d'alimentation…) est sans égale chez les Arachnides.
Beaucoup vivent librement dans le sol ou l'eau, mais les acariens ont aussi développé une grande diversité de relations avec d'autres êtres vivants, animaux ou végétaux, allant de laphorésie à l'endoparasitisme. Il existe en particulier un grand nombre d'espècesparasites, éventuellementpathogènes pour les plantes, les animaux ou les êtres humains.
Destéléfilms documentaires comportant des erreurs de traduction de l'anglaismites (« acariens »), ont introduit enfrançais une confusion entre les véritablesmites (moths en anglais) et les acariens.
Les acariens mesurent entre 0,1 et 0,6 mm : de par leur taille, ils sont à la limite de lamicrofaune stricto sensu et de ce que l'on appelle communément lamésofaune[2].
En raison de lafusion des différentes régions du corps, la morphologie des acariens est unique. Les seules traces visibles de la segmentation d'origine sont les appendices,pièces buccales et pattes. Les pièces buccales,chélicères etpédipalpes, sont souvent fortement modifiées en relation avec l'alimentation correspondante. Elles constituent un ensemble qui chez les tiques prend le nom decapitulum (du latin « tête »), séparé du reste du corps par un sillon. Le reste du corps est nomméidiosome chez les tiques.
De chaque côté du corps se trouve unstigmate servant d'orifice respiratoire.
Les acariens sont essentiellement, sinon exclusivementovipares. Comme chez les insectes, aux œufs succèdent unelarve, puisnymphe et enfin l'adulte. Certains auteurs nuancent chez les acariens la notion de « stade » et celle de « stase », différenciant, au sein de la stase nymphale différents stades, chacun d'eux séparés par une mue, mais de très faible amplitude, bien différente de celle qui transforme la larve en nymphe, et celle-ci en l'adulte. À cause de leur courte durée de vie (2 à 3 mois)[2], les femelles se reproduisent très vite. Ainsi, une femelle peut pondre, à raison de 300 œufs par mois, jusqu'à 900 œufs dans sa vie[3].
Leurs conditions optimales de croissance sont un environnement humide (taux d'humidité de 60 à 80 %) et une température plutôt élevée et stable (26-32 °C), ce qui détermine le maximum d'activité des acariens de mai à septembre dans la nature, en automne et en hiver dans les habitats (temps pluvieux, habitations chauffées)[2]
Les régimes alimentaires des acariens sont très variés selon les espèces ou les groupes : phytophages, prédateurs, hématophages et lymphophages, etc. La nourriture peut êtrepré-digérée avant l'ingestion, par inoculation desalive.Certains acariens consomment des aliments solides (animaux et végétaux) en les déchiquetant grâce à leurs chélicères en forme de pince. Les substances solides sont ensuite digérées à l'extérieur du corps grâce à desenzymes sécrétées par lesglandes salivaires. D'autres acariens sont des suceurs desang ou desève. L'épithélium de l'intestin moyen capte les aliments parphagocytose.
Elles peuvent êtremarines,dulçaquicoles, terrestres. Elles peuvent être carnivores, végétariennes oudétritivores. Certaines provoquent desgalles sur les végétaux. D'autres vivent sur les denrées alimentaires comme lesacariens du fromageTyrolichus casei pour les fromages à pâte molle etAcarus siro, ditciron qui produit les croûtes de fromages durs tels que laMimolette. Les mêmes peuvent également vivre dans les denrées entreposées comme leblé dessilos ou lafarine. Une dizaine d'espèces sont responsables d'allergies chez l'humain (Dermatophagoides,Acarus siro,Lepidoglyphus destructor[4]).
Leshalacariens (marins) peuvent se rencontrer jusqu'à 4 000 mètres de profondeur.
Lesoribates sont un groupe d'acariens surtout abondant dans le sol. Ils consomment des débris végétaux qu'ils fragmentent en petits éléments et facilitent ainsi le rôle desbactéries dans la formation de l'humus.
Chez leshyménoptèresApocrita (abeilles et guêpes dans leur sens très large), il semble que certains acariens se nourrissent de champignons dans les nids de leurs hôtes (les éloignant ainsi de leurs larves ou de leurs provisions) ou éventuellement d'autres parasites ou acariens dont la présence dans le nid est préjudiciable aux hôtes ou encore de pollen. Dans la plupart des cas, seules les femelles sont concernées car ce sont elles qui construisent et fournissent les nids. Cemutualisme a mené certaines espèces d'Apocrita à évoluer pour créer une structure anatomique spécialisée qui facilite leur rétention, l'« acarinarium »[7].
Ils pénètrent dans le derme (endoparasites). Par exemple, lessarcoptes (Sarcoptes scabiei) creusent des galeries dans l'épiderme desmammifères et causent lagale (y compris chez l'humain).
Les acarologues considèrent les acariens comme une sous-classe divisée en troissuper-ordres[9],[10],[11], tandis que les autres arachnologues leurs conservent le rang d'ordre[réf. nécessaire]. Liste des ordres selonITIS(15 juillet 2022)[9] :
Les types d'organisation présentés ici sont desgrades évolutifs ne correspondant généralement pas à des groupesmonophylétiques, maisparaphylétiques (ne comportant pas tous les descendants d'un même ancêtre — exemple : les descendants d'ancêtres vermiformes ne sont pas tous aujourd'hui des vers, etc.).