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Académie française

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Académie française
L'Institut de France, où siège l'Académie française.
« À l'immortalité »
Histoire
Fondation
1634 pour les premières réunions
1635 pour les lettres patentes
Cadre
Type
Forme juridique
Personne morale de droit public à statut particulier
Domaine d'activité
Objectif
« Veiller sur la langue française et accomplir des actes de mécénat. »
Siège
Pays
Langue
Langue de travail
Organisation
Membres
40 membres élus par leurs pairs
Fondateur
Secrétaire perpétuel
Protecteur
Branche
Affiliation
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates
Annuaire du service public

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

L'Académie française est uneinstitution culturellefrançaise dont la mission est de« contribuer à titre non lucratif au perfectionnement et au rayonnement des lettres », qui a pour fonction de tenir à jour undictionnaire de référence du français, leDictionnaire de l'Académie française, et d'approuver la publication auJournal officiel d'équivalents francophones de termes techniques étrangers dans lalangue française[1]. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs et est la première des cinqacadémies de l'Institut de France.

L'Académie française est fondée en et officialisée en par lecardinal de Richelieu. La mission qui lui est assignée à l’origine, précisée parlettres patentes deLouis XIII le, est de travailler à« donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». Ainsi l'article 26 de ses statuts lui attribue la mission d'élaborer unDictionnaire de l'Académie française, dont la première édition est publiée en 1694 et la neuvième en 2024. Suivant ce même article, elle doit aussi composer uneGrammaire de l'Académie française (qui ne connait que deux éditions en 1932 et 1933), ainsi qu'une Rhétorique et une Poétique. Ces deux derniers projets n'ont jamais été entrepris. Elle attribue également desprix littéraires, dont le plus renommé est leGrand prix de littérature de l'Académie française.

L'Académie française rassemble des personnalités qui ont illustré la langue française :poètes,romanciers,dramaturges,critiques littéraires,philosophes,historiens,scientifiques, et, par tradition, desmilitaires de haut rang, deshommes d’État et desdignitaires religieux.

Il n'existe aucune condition de titres ou de nationalité pour entrer dans la Compagnie, sinon celle d'avoir illustré la langue française. Une limite d'âge fixée au75e anniversaire est en place depuis le.

L'utilité de l'Académie française, qui n'a plus d'autorité normative mais seulement morale aujourd'hui, est parfois contestée. Sa légitimité est aussi remise en question : un seullinguiste a compté parmi les membres (qui sont pour la plupart écrivains),Gaston Paris, mort en 1903. Les critiques concernent également l'éthique de l'institution, qui offre de nombreux avantages àses membres.

Histoire

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Article connexe :Histoire de la langue française.

À l'origine, les réunions d'un groupe de lettrés

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Les origines de l'Académie se trouvent dans les réunions informelles d'un groupe littéraire, le « cercle Conrart », qui se rassemblait depuis 1629 aunuméro 135 de larue Saint-Martin, domicile deValentin Conrart,protestantcalviniste et néanmoins conseiller deLouisXIII et habitué de l'hôtel de Rambouillet où se rencontraient déjà ces hommes de lettres. Ces réunions littéraires secrètes (comme auparavant l’Académie de musique et de poésie fondée en 1570 parJean-Antoine de Baïf etJoachim Thibault de Courville sous le règne deCharlesIX et qui, tout en restant secrète, devient en 1574 l’Académie du palais sousHenriIII) inspirent aucardinal de Richelieu, dont les idées prennent un caractère de grandeur, le projet de créer l'Académie française en transformant ces réunions en une compagnie littéraire sous l'autorité royale, prenant pour modèle l’Accademia della Crusca fondée àFlorence en 1582 et ayant déjà publié sonVocabolario en 1612[2]. Les registres des réunions sont tenus par Conrart dès le[3],[4].

Constitution en Académie à l'instigation de Richelieu

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Lecardinal de Richelieu, premier« chef et protecteur » de l'Académie. Portrait dePhilippe de Champaigne.

Lesstatuts sont élaborés durant toute l'année 1634[5], statuts à caractère prescriptif visés par Richelieu en 1635[6],[7]. Conrart en dresse leslettres patentes signées parLouisXIII le (date traditionnellement attribuée pour la naissance officielle de l'Académie française)[6] et enregistrées par leParlement de Paris en 1637[8]. Les statuts et règlements sont signés le[9]. Treize nouveaux membres, appelés jusqu’en 1636 du nom d’« Académistes » (« académiciens » à partir du), sont admis à siéger avec le groupe initial des neuf membres.Valentin Conrart en devient le premiersecrétaire perpétuel de 1634 à 1675, Richelieu est nommé« père et protecteur » de ces lettrés au départ quelque peu rétifs (depuis le protectorat deLouisXIV, chaque chef de l'État français demeure le protecteur de l'Académie, approuvant ou non l'élection d'un membre)[10]. Un des premiers travaux de cette Académie est d'arbitrer laquerelle entreGeorges de Scudéry etPierre Corneille concernantLe Cid. En 1637, sur l'insistance de Richelieu,Jean Chapelain rédigeLes sentiments de l'Académie Française sur la tragi-comédie du Cid[11],[12].

Le livreHistoire de l'Académie françoise[13] (premier volume paru en 1653) écrit par un de ses membres,Paul Pellisson (le second del'abbé d'Olivet relatant son histoire est paru en 1729), rédigé à partir des registres de l'Académie française et sous l'influence des académiciens (d'autant plus que Pellisson souhaite intégrer la compagnie), est la source unique sur la fondation de l'Académie. Pellisson considère qu'elle n'a aucune finalité savante — comme l'académie de Baïf fondée en 1570 et l'académie de Mersenne — ou finalité politique — comme l'académie des frères Dupuy[14] —, mais son récit omet que lecercle Conrart réunit des hommes de plume, de grands aristocrates et a aussi pour vocation de s'échanger des informations pour offrir au groupe une position privilégiée sur l'espace socio-politique de l'époque[15]. De plus, l'Académie donnant son avis sur les œuvres littéraires (voir son intervention dans la« querelle du Cid »), Richelieu y voit un moyen de contrôle sur la vie intellectuelle et littéraire française. Dans sa volonté de rassembler, Richelieu veut que la langue française soit l'affaire des représentants des divers domaines du savoir (ecclésiastiques[N 1], militaires — le premier est leduc Armand de Coislin en 1652 —, diplomates, puis écrivains et philosophes — le premier estMontesquieu en 1727 — sousLouisXV qui menace de supprimer l'Académie qui prend son indépendance grâce auxLumières) et décide que l'Académie s'ouvre à quarante membres égaux et indépendants, donc qu'elle ne soit pas subventionnée[16].

Les membres de l'Académie française venant offrir àLouisXIV leur Dictionnaire en 1694.

Le caractère officiel de cette compagnie de« beaux esprits » étant établi, elle se réunit d’abord chez ses membres, puis chez le chancelierPierre Séguier,rue du Bouloi, à partir de. Elle est hébergée à la mort de Richelieu en parAnne d'Autriche grâce à l'intervention de l'académicienVincent Voiture, interprète de la reine mère[17] ; elle est transférée auLouvre en sur les conseils deColbert, qui, par ailleurs, pèse sur le choix de nouveaux académiciens, favorisant par exemple l'avocatJean-Louis Bergeret au détriment deGilles Ménage, éminentgrammairien,historien etécrivain, qui a le soutien du secrétaire perpétuelFrançois-Séraphin Régnier-Desmarais et d'autres membres de l'Académie[18].

Le discours de réception deJean de La Bruyère le, qui est dans la même veine queLes Caractères, critique plusieurs académiciens, si bien qu'un article est ajouté aux statuts de la Compagnie qui prévoit que le discours soit dorénavant soumis à une commission d'académiciens avant sa prononciation[19].

En paraît la première édition duDictionnaire de l'Académie française.

Le règlement est réformé en 1752[20].

Parenthèse révolutionnaire et installation quai de Conti

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En 1793, par décret daté du, laConvention supprime toutes les académies royales (« royaume des lettrés, titrés, mitrés » selon la formule deChamfort), y compris l'Académie française[20], et confirme l'interdiction d'élire de nouveaux membres pour remplacer ceux décédés. Pendant laTerreur, l'abbé Morellet sauve les archives de l'Académie en les cachant chez lui. En 1795, par décret daté du, ces Académies sont remplacées par une seule entité : l'Institut de France, dont laloi Daunou arrête l'organisation[N 2].

En 1803, par arrêté du3pluviôseanXI (), le Premier consulBonaparte décide de restaurer les anciennes académies, mais simplement comme classes (divisions) de l'Institut de France. La seconde « classe de langue et littérature françaises » correspondde facto à l'ancienne Académie française. Bonaparte avait en 1800 opposé un refus à son frèreLucien, alorsministre de l'Intérieur et rêvant d'être académicien, qui lui avait suggéré de restaurer l'Académie[N 3].

En 1805, l'Académie s'installe enfin aucollège des Quatre-Nations — devenuInstitut de France en 1795 —, où elle demeure toujours[21].

Au cours duXIXe siècle

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En est élu le lexicographeÉmile Littré[22].Félix Dupanloup, chef de file des conservateurs à l'académie, se montre farouchement opposé à sa candidature et quitte son fauteuil[23].

Émile Zola présente 25 candidatures, sans pour autant parvenir à se faire élire[24].

À travers les conflits duXXe siècle

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Lepatriotisme issu de laPremière Guerre mondiale favorise l'élection de cinq maréchaux[N 4], dont le premier estHubert Lyautey en 1912, suivi deJoseph Joffre,Ferdinand Foch,Philippe Pétain etLouis Franchet d'Espèrey[25]. Le, le maréchal Foch etGeorges Clemenceau reçoivent tous deux une motion de félicitations de la part de l'académie et sont élus, sans qu'ils posent de candidature, la même année[22].

Pendant la période de l'entre-deux-guerres, l'Académie française est au faîte de son lustre tant par le prestige de ses maréchaux et de ses écrivains que par la jeunesse relative de ses récipiendaires.Marc Fumaroli comparePaul Valéry avecVoltaire et cette période avec le faste que la compagnie a connue à la fin du règne deLouis XV[N 5],[N 6].

Sous l'Occupation, certains membres de l'académie s'engagent dans lacollaboration (Charles Maurras,Abel Bonnard,Abel Hermant et le maréchal Pétain). Élu provisoirement secrétaire perpétuel en 1942,Georges Duhamel fait suspendre les élections, comme en 1790, évitant ainsi la subordination de l'académie aurégime de Vichy[26]. Une légende veut queFrançois Mauriac soit l'âme de laRésistance académique. À laLibération, le monde intellectuel est dans les mains duComité national des écrivains, qui est actif dans l'Épuration et souhaite supprimer l'académie. Georges Duhamel défend avec succès la cause de l'institution auprès dugénéral de Gaulle, la loi d'indignité nationale prévoyant que toute personne frappée d'indignité nationale et appartenant à un corps constitué soit automatiquement exclue, excluant de fait les collaborateurs de l'académie.

Si les fauteuils abritant une personne accusée de collaboration ne reçoivent plus la présence de leur hôte, ils ne sont remplacés qu'après la mort de celui-ci. Il est fait exception àAbel Bonnard etAbel Hermant, qui sont exclus de l'Académie et dont les sièges sont pourvus de leur vivant[27].

Toutefois, l'académie redevient très vite majoritairement de droite, dans son versant vichyste. Cela provoque la démission du secrétariat perpétuel de Georges Duhamel, auquel succèdeGeorges Lecomte en« solution d'attente[28] ». La candidature dePaul Morand en prend un tournant politique majeur en raison de ses responsabilités collaborationnistes sous l'Occupation[28],[29]. Charles de Gaulle, alors protecteur de l'Académie, annonce opposer son veto à son élection, veto qu'il lève en, année de l'élection dePaul Morand[30]. En outre, de Gaulle refuse que soit éluSaint-John Perse, à qui il ne pardonne pas son absence de ralliement à lui en[N 7].

Après la guerre, l'Académie française rééquilibre son recrutement avec l'arrivée notamment deJean Guéhenno,Pierre Emmanuel etRoger Caillois[31]. L'élection deFélicien Marceau, favorable à Pétain, entraîne la vive réprobation de Pierre Emmanuel, qui choisit de démissionner de la compagnie[N 8].

À travers les débats sociétaux de la fin duXXe siècle

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Article détaillé :Femmes à l'Académie française.

L'Académie s'est longtemps montrée très réticente à recevoir des femmes parmi ses membres. En 1980, l'historienPierre Gaxotte va jusqu'à affirmer :« Si on élisait une femme, on finirait par élire un nègre... »[32]. Cette même année, l'Académie élitMarguerite Yourcenar, puisLéopold Sédar Senghor en 1983.

Dans les années 1980, l'institution refuse laféminisation des noms de métier, jugeant le genre féminin « discriminatoire »[33].

Histoire récente

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L'Académie retrouve sa pleine indépendance (politique et financière)[34] vis-à-vis de l'Institut de France par laloi de programme pour la recherche de 2006[16].

En, l'Académie française donne son opinion sur l'écriture inclusive, qu'elle juge comme un« péril mortel »[35],[36]. Cet avis est vivement critiqué par certains linguistes[37],[38],[39],[40],[41], dontAlain Rey[42] et Alexandra Dupuy[N 9], pour qui la difficulté d'apprentissage de la langue française comprenant lepoint médian n'est étayée par aucune étude scientifique[43][source secondaire souhaitée].

En, l'Académie française, après avoir été longtemps opposée à la féminisation, vote à une large majorité le rapport de la commission formée par quatre académiciens sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions[44].

Missions

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Définir les normes de la langue française

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Photographie du dos de deux volumes.
Dictionnaire de l'Académie française, en deux volumes.

La création de l'Académie française s'inscrit dans la continuité de l'institution du français commelangue officielle de la nation, traduite en particulier par l'ordonnance de Villers-Cotterêts édictée parFrançoisIer en 1539, dont lesarticles 110 et 111 sur la langue française sont toujours en vigueur. Son rôle est de contribuer à l'harmonisation de la langue française, pour qu'elle soit compréhensible par tous les Français et aussi par tous les Européens qui l'adoptent alors comme langue commune. L'Académie est donc garante de la précision de la langue française, en ayant pour objectif d'éviter qu’une confusion dans les mots n'entraîne une confusion dans les idées[45].

L’article 24 de sesStatuts précise que« la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter lesarts et lessciences ».

L'accomplissement de cette mission de normalisation de la langue française se traduit par trois principales actions :

  • l'édition d'undictionnairelexicographique, qui recueille et fixe l'usage de la langue (nomenclature, orthographe, sens et prononciation des mots) : leDictionnaire de l'Académie française ;
  • l'émission de recommandations et d'avis sur les règles de la langue : publications officielles et publications d'académiciens sur lebloc-notes internet de l'Académie et dans la presse ;
  • la participation aux différentes commissions determinologie[N 10], visant à créer de nouveaux mots dans tous les domaines, en particulier ceux où les inventions et développements de la science sont nombreux. L'Académie donne son aval pour la publication des termes auJournal officiel, qui sont alors aussi publiés sur le site internetFranceTerme, et leur usage devient obligatoire au sein des administrations et des services publics en remplacement des termes étrangers.

L’article 26 desStatuts demande que soient composés« un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l’Académie ». Le Dictionnaire a été et continue d'être édité, la Rhétorique et la Poétique n'ont jamais été publiés. Une premièreGrammaire de l'Académie française a été publiée en 1932. La rédaction a été dirigée parAbel Hermant, aidé deprêtes-plumes inconnus. Vivement critiquée, notamment par le linguisteFerdinand Brunot dans son ouvrageObservations sur la grammaire de l'Académie française, l'Académie réagit en publiant une seconde édition corrigée et quelque peu augmenté dès l'année suivante[46],[47]. L'Académie a par ailleurs entrepris un projet deDictionnaire historique de la langue française. En ont été publiés quatre tomes entre 1865 et 1894, mais le projet est resté inachevé sans aller au-delà de la lettre A.

L'Académie française exerce sa mission de normalisation de la langue en recueillant les us et coutumes et en les codifiant en lois sans se donner le droit d'en changer les dispositions, et en participant à la création de nouveaux mots dans les commissions determinologie, mais elle s'est toujours défendue d'être la créatrice de la langue[21]. Toutefois, la langue étant vivante et donc en constante évolution, l'Académie est aussi parfois perçue comme une autorité déterminant le bon usage de la langue[48]. Cette autorité est concurrencée par les ministères français tels que celui de l'Éducation nationale qui a autorité pour définir les usages acceptés aux examens, par les autorités d'autrespays francophones tels que leCanada et sonOffice québécois de la langue française, très vigilant à l'usage desanglicismes, voire par une conception libérale qui donne une égale autorité linguistique à tous les éditeurs privés[réf. souhaitée].

Premiers dictionnaires

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Article détaillé :Dictionnaire de l'Académie française.

Trois dictionnaires sont publiés auXVIIIe siècle : en 1718, 1740 et 1762[20].

Dictionnaire de l'Académie française en ligne

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En 2019, l'Académie met pour la première fois son dictionnaire à disposition du public sur un site Internet dédié[49], en accès gratuit. Son ambition première est de rendre accessible sa dernière édition, la neuvième, désormais achevée[50]. Ce site permet aussi de parcourir l'intégralité des neuf éditions du dictionnaire. La même année, elle rend consultables en ligne ses huit éditions précédentes[51]. Il continuera parallèlement de paraître sous format imprimé[52].

Illustrer la langue française

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Séance de remise des prix de l'Académie en 2007 en présence d'une vingtaine d’académiciens.

La seconde mission[réf. nécessaire] de l'Académie est l'illustration de la langue française. Elle est accomplie notamment à travers lemécénat, non prévu dans les statuts d'origine, qui procède de l'exécution desdons etlegs qui lui ont été faits et ce dès l'Ancien Régime[N 11].

Entre autres, leprix du rayonnement français vise à récompenser un auteur, français ou étranger, ayant fait connaître dans le monde la langue et la pensée françaises[53]. En outre, l'académie subventionne des associations dont les actions dépendent de ses subsides, comme l'associationDéfense de la langue française, le Syndicat des critiques littéraires, l'association Guillaume-Budé, le Comité d'étude des termes techniques français, les Sociétés d'étude desXVIIe et XVIIIe siècles, etc.[53].

Œuvres des académiciens

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Chacun dans sa spécialité, les membres de l'académie ont contribué par leurs ouvrages à l'illustration et au prestige de la langue définie par la Compagnie, tels queCorneille,Racine,La Fontaine ouBossuet[54].

Attribution de prix littéraires

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Article détaillé :Prix de l'Académie française.

En 1671, pour la première fois sont attribués des prix par l'Académie : un prix d'éloquence et un prix de poésie[54]. Les trois prix fondés avant 1715 sont réunis en 1755[20]. Cinq autres prix sont fondés à partir de 1766[20].

L’Académie française décerne actuellement chaque année environ soixanteprix littéraires, dont les dotations sont financées par des donateurs souvent en exécution delegs, parmi lesquels :

À propos de l'attribution des prix,Alexandre Dumas (fils) écrit dans une lettre àGustave Claudin :« Ajoutons que certains de nos confrères dont le public ignore jusqu'aux noms et dont il se moque quelquefois quand on les lui apprend sont des hommes d'une très grande valeur, d'une profonde érudition et qui rendent à l'Académie des services que les plus célèbres seraient incapables de lui rendre. Ce sont eux qui font les travaux qui sont la raison même de l'existence et de la durée de l'Académie. Leur grande érudition en histoire, en philosophie, en linguistique, leur connaissance approfondie de toutes les littérature étrangères permettent de décerner ces prix consacrés à des livres spéciaux, utiles que non seulement le public ne connaît pas mais dont il ne veut pas entendre parler[55]. »

Mécénat social

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Au gré des legs et des créations defondations, l'Académie a développé ses mécénats. Elle attribue aujourd'hui dessubventions à dessociétés littéraires ou savantes[53], des associations[53], des revues[53], des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses[56], aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre debourses d'études[57] :Zellidja, Neveux, Corblin, Damade.

Statut et organisation

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Depuis laloi de programme pour la recherche de 2006, l'Académie française est unepersonne morale de droit public à statut particulier gérée par ses membres en assemblée[N 12], c'est-à-dire une institution publique centrale de l'État français. Elle« s’administre librement et bénéficie d’une autonomie financière sous le seul contrôle de laCour des comptes »[58],[59].

Avant que le législateur ne lui confère ce statut, le statut de l'Académie française était flou. En cas de procès, l'institut faisait donc valoir un statut d'établissement public administratif[N 13].

Elle élit sonsecrétaire perpétuel qui, comme son nom l'indique, le reste jusqu'à son décès ou à sa démission. Cette permanence en fait le personnage le plus important de l'institution. Après la mort d'Hélène Carrère d'Encausse le, le poste a été confié àAmin Maalouf le.

Article connexe :Liste des secrétaires perpétuels de l'Académie française.

Elle élit également, tous les trois mois, un président chargé de mener les séances.

Statut légal des décisions

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Une décision dutribunal administratif de Paris rappelle que« Les requérants ne peuvent à cet égard utilement se prévaloir des déclarations de l'Académie française qui n'ont aucune portée juridique et qui, dépourvues de tout effet de même nature, n'ont aucune portée contraignante[60]. »

Commissions

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D'après l'annotation des statuts et règlements de l'Académie française[N 14],[61], l'Académie comporte cinq commissions :

  • la commission du Dictionnaire :« Le Secrétaire perpétuel dirige la révision du Dictionnaire et la préparation de son édition, et veille à la publication des travaux de l’Académie[62]. »
  • la commission de la Francophonie[62] ;
  • la commission administrative, statutairement composée du secrétaire perpétuel et de deux membres, factuellement composée de deux membres suppléants[N 15],[63] :« Elle est chargée de gérer les biens de la Compagnie : dotations, fondations, patrimoine mobilier et immobilier, portefeuille. À ce titre, le Secrétaire perpétuel est ordonnateur des dépenses et signe toutes les pièces comptables : appointements, prix, bourses, secours, subventions, travaux, impôts, assurances, contrats, actes d’achat, de ventes ou de locations intéressant le patrimoine[62] » ;
  • la commission des prix littéraires :« Grands Prix, Grand Prix du Roman, Prix de la Francophonie, Prix de Poésie, Prix de Littérature et de Philosophie, Prix d’Histoire et de Sociologie, Prix du Théâtre et du Cinéma. Les membres délibèrent sur les ouvrages reçus en cours d’année, rédigent des rapports et votent, en juin, les prix qui seront décernés[62] » ;
  • la commission des œuvres sociales :« Cette commission est chargée d’étudier au cas par cas les dossiers des familles nombreuses et les demandes de bourses qui lui sont présentés[62]. »

Le service du Dictionnaire

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En appui au travail lexicographique de la commission du dictionnaire, un service du dictionnaire a été créé. Il est dirigé de 2002 à 2008 par Jean-Mathieu Pasqualini, qui devient par la suite directeur de cabinet du secrétaire perpétuel[64]. Le service est composé d'une dizaine de professeurs agrégés payés par le ministère de l'Éducation nationale[65]. En 2022, le service comprenait une dizaine de rédacteurs lexicographes, agrégés de lettres modernes et classiques et de grammaire, et au moins un agrégé de sciences (deux depuis 2021)[66].

Patrimoine

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Depuis le legs deJean-Baptiste de Montyon, l'Académie française a accumulé un grand patrimoine au fil des legs et donations[67]. Elle n'est pas propriétaire ducollège des Quatre-Nations, propriété de l'État qui héberge gracieusement l'Institut de France et ses académies[65].

L'Académie française détient :

Rituels et symboles

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« Immortalité »

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Ancienne porte de l'Académie française (avant 1780) portant la devise« À l'immortalité ».

Surnommés« les immortels », les quarante académiciens doivent ce surnom à leur devise« À l’immortalité ». Celle-ci figure sur le sceau donné à l’Académie par son fondateur, lecardinal de Richelieu, et vise à l'origine la langue française et non les académiciens. Rapidement, cette notion s'est étendue aux académiciens pour leur gloire posthume,l'immortalité littéraire étant conférée par le roi en échange de l'unification linguistique du royaume et son autonomisation par rapport à l'Église[réf. nécessaire]. À partir duXVIIIe siècle, les académiciens comme tous les écrivains développent une éthique qui ne se veut plus être au service du pouvoir mais gardent ce titre d'« immortels »[72].

La qualité d’académicien est une dignité inamovible. Celui qui se déclare démissionnaire n’est pas remplacé avant son décès :Pierre Benoit,Pierre Emmanuel etJulien Green en sont des exemples. Des exclusions peuvent être prononcées par l'Académie pour de graves motifs, notamment des motifs entachant l’honneur. Ces exclusions au cours de l’histoire ont été rarissimes. Plusieurs furent mises en œuvre après laSeconde Guerre mondiale pour faits decollaboration, à l'endroit dePhilippe Pétain,Charles Maurras,Abel Bonnard etAbel Hermant. Les fauteuils de Pétain et Maurras ne furent pas pourvus avant leur mort, à l'inverse de ceux de Bonnard et Hermant, par mesure exceptionnelle[73].

Au premier acte (scène II) deCyrano de Bergerac,Edmond Rostand (qui sera reçu lui-même à l'Académie en[74], soit trois ans après la première de la pièce) se moque de cette« immortalité » en mettant dans la bouche d'un bourgeois nommant à son fils les spectateurs du théâtre de l'hôtel de Bourgogne :

Voici Boudu,Boissat, etCureau de la Chambre ;
Porchères,Colomby,Bourzeys, Bourdon,Arbaud
Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c’est beau[N 16] !

Cette réplique liste une série d'académiciens contemporains du personnage (soit leXVIIe siècle), tombés dans l'oubli bien avant la fin duXIXe siècle.

Élection et réception

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Élection

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Quand un fauteuil est laissé vacant par la mort de son titulaire, l'Académie déclare la vacance à l'issue d'un délai de décence de plusieurs mois, et une élection est alors organisée dans les trois mois qui suivent. Les candidatures sont déposées par les candidats avec un courrier adressé au secrétaire perpétuel, ou sont présentées par un ou plusieurs académiciens.

En ce qui concerne les limites d'âge, les aspirants peuvent être mineurs, en revanche ils ne peuvent plus présenter leur candidature dès75 ans passés[75],[76], depuis le[77],[78].

L'élection est effectuée à bulletins secrets, et requiert la majorité absolue des suffrages exprimés. Unquorum de20 votants est fixé. Les votes blancs ne sont pas pris en compte pour l'établissement de la majorité absolue, à l'inverse des bulletins blancs marqués d'une croix[79].

L'élection ne devient définitive qu'après l'approbation du protecteur de l'Académie, le roi puis le président de la République, qui manifeste celle-ci en donnant audience au nouvel élu. C'est ainsi que l'élection dePaul Morand a été différée jusqu'en 1968, car legénéral de Gaulle s'y était jusqu'alors opposé en raison des postes occupés par l’intéressé sous lerégime de Vichy.

Installation et réception

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Le nouvel élu est alors installé dans une cérémonie à huis clos. Une semaine après, il est officiellement reçu dans la compagnie enhabit vert, qu'il se sera fait confectionner. Au cours de cette cérémonie publique, il prononce un discours de remerciement où il fait l'éloge de son prédécesseur, auquel répond le directeur du trimestre où la vacance a été notifiée. Cette tradition remonte àOlivier Patru, reçu en 1640 :

« À sa réception, rapporte Pellisson, Patru prononça un fort beau remerciement dont on demeura si satisfait qu’on a obligé tous ceux qui ont été reçus depuis d’en faire autant. »

— René de La Croix de Castries, La Vieille Dame du Quai Conti[79].

Lors de son installation, le récipiendaire est conduit dans la salle des séances, où on lui présente le grand portrait en majesté ducardinal de Richelieu, copie de la toile peinte parPhilippe de Champaigne et conservée auLouvre.« Et aussitôt après, raconteYves Pouliquen, le secrétaire perpétuel ouvre une sorte de tabernacle. Apparaît alors une petite toile représentant le visage de Richelieu sur son lit de mort. Et tout cela se déroule sans un mot ! En quelques minutes, le nouvel académicien comprend que son itinéraire quai Conti le conduira de la gloire au trépas. » Mais ce tableau aux panneaux qui se rabattent, offert à l'Académie par la veuve deGabriel Hanotaux et présenté à l'Exposition universelle de 1878, est attribué à tort à Phillipe de Champaigne[N 17],[80].

Des cinq académies composant l'Institut de France, alors que toutes font leur séance solennelle sous la Coupole, seule l'Académie française a le droit d'y recevoir ses impétrants, et la seule à avoir le chef de l'État pour protecteur[81].

Lors de la première séance du récipiendaire, les académiciens se lèvent (la seule fois de son vivant, l'autre fois est à la séance qui succède à son décès[82]) et lui attribuent un mot duDictionnaire, en lien avec sa personnalité, qu'il doit définir[83]. S'ensuit une période de trois mois de silence initiatique aux travaux académiques, depuis une réforme d'Hélène Carrère d'Encausse. Auparavant, elle était d'un an pour les séances ordinaires et de deux pour l'accès aux commissions[80].

Uniforme

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Articles détaillés :Habit vert etÉpée d'académicien.
Edmond Rostand enhabit vert d'académicien.

L'habit des académiciens, avecbicorne, cape etépée, qu'ils revêtent lors des séances solennelles sous laCoupole, a été dessiné sous leConsulat. Grand amateur d'uniformes,Bonaparte avait d'abord pensé à un habit jaune, mais c'est un uniforme noir avec des broderies vertes en forme de rameaux d'olivier qui fut finalement choisi par une commission de trois membres : Houdon, Vincent et Chalgrin, sur un dessin attribué au peintreJean-Baptiste Isabey.

Cet uniforme est commun à tous les membres de l’Institut de France.

Les femmes et les ecclésiastiques sont dispensés du port de l'uniforme et de celui de l'épée.Mmes de Romilly, Carrère d'Encausse, Delay, Veil, Sallenave, Bona et Cassin ont cependant opté pour l'« habit vert » lors de leur réception.Mme Carrère d'Encausse a été la première femme à porter l'épée, arme créée pour l'occasion par l'orfèvregéorgienGoudji. Les femmes élues ensuite ont opéré le même choix, à l'inverse de Jacqueline de Romilly, qui avait cependant reçu une broche symbolique après son élection à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975.

Membres

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Articles connexes :Liste des membres de l'Académie française etChronologie des élections à l'Académie française.
L'historienLouis Duchesne recevantHubert Lyautey sous la coupole en 1920.

L’Académie française se compose de40 membres élus par leurs pairs. Depuis sa fondation, elle a reçu en son sein plus de700 membres (733 en 2019[84]). Elle rassemble despoètes, desromanciers, desdramaturges, desphilosophes, deshistoriens, desmédecins, desscientifiques, desethnologues, descritiques d’art, desmilitaires, deshommes d’État et deshommes d’Église.

Origine des 40 fauteuils

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En 1639, les académiciens passent de 39 à40 fauteuils[réf. nécessaire].

L'origine desfauteuils de l'Académie française est racontée ainsi par l'académicienCharles Pinot Duclos :

« Il n'y avait anciennement dans l'Académie qu'un fauteuil, qui était la place du directeur. Tous les autres académiciens, de quelque rang qu'ils fussent, n'avaient que des chaises. Lecardinal d'Estrées, étant devenu très infirme, chercha un adoucissement à son état dans l'assiduité à nos assemblées : nous voyons souvent ceux que l'âge, les disgrâces, ou le dégoût des grandeurs forcent à y renoncer, venir parmi nous se consoler ou se désabuser. Le cardinal demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode qu'une chaise. On en rendit compte au roi Louis XIV, qui, prévoyant les conséquences d'une telle distinction, ordonna à l'intendant du garde-meubles de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma, par là et pour toujours, l'égalité académique. La compagnie ne pouvait moins attendre d'un roi qui avait voulu s'en déclarer le protecteur[85]. »

Répartition des fauteuils et clans internes

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Alphonse Daudet, dansL'Immortel, propose une répartition des membres de l'Académie française en trois clans :« C’est ainsi que, dans l’intimité des bureaux, se subdivise l’Académie française. Les ducs, ce sont tous les gens de noblesse et l’épiscopat ; les Petdeloup comprennent les professeurs et savants divers ; par cabotins, on entend les avocats, hommes de théâtre, journalistes, romanciers[86]. »

Statistiques

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Article détaillé :Femmes à l'Académie française.

La première femme élue à l'Académie française estMarguerite Yourcenar, en 1980. Elle est suivie parJacqueline de Romilly en 1988 etHélène Carrère d'Encausse en 1990, qui est secrétaire perpétuel de l'institution[87],[88], puis par d'autres. En 2019, l’académie compte cinq femmes[89].

Le premier homme noir élu estLéopold Sédar Senghor, en 1983[90]. Il est suivi parDany Laferrière en 2015[90].

Une restriction des candidatures sur la base de titres a été envisagée en[91] ainsi qu'en pour contrevenir à l'élection dePaul Morand, qui n'a pas abouti[28].

Lanationalité française n'est pas formellement une obligation pour être élu à l'Académie, rien n'étant prévu à ce sujet dans le règlement de l'institution. Toutefois, cet argument a été avancé contre plusieurs candidatures, dontJorge Semprún[N 18],[92],[93].Maurice Maeterlinck souhaite présenter sa candidature en, mais il ne peut pas en raison de sa nationalité belge[22]. Plusieurs académiciens sont ainsi originaires d'autres pays que la France. Si la plupart d'entre eux ont été naturalisés avant leur élection — commeJosé-Maria de Heredia,Joseph Kessel ouEugène Ionesco —, certains ont été élus avec une autre nationalité — commeJulien Green qui a été le premier non-Français élu, en 1972[92]. Peu de temps avant son élection en 1980, Marguerite Yourcenar, devenue citoyenne desÉtats-Unis en 1947, avait repris la nationalité française. Des académiciens français sont également nés dans un pays étranger, sans en avoir la nationalité — commeValéry Giscard d'Estaing, né en 1926 enAllemagne.

Liste des académiciens et académiciennes d'origine étrangère

Cette liste recense les académiciens citoyens d’un pays autre que la France à un moment quelconque de leur vie (que cettenationalité soit par la naissance ou par lanaturalisation et même s’ils ne l'avaient plus au moment de leur élection, leur entrée à l’Académie ou leur décès) :

Année d'électionAcadémiciensNationalités autres que françaiseSituation relative à la nationalité française
1881Victor Cherbuliez (1829-1899)Drapeau de la SuisseSuisseAcquisition parnaturalisation en 1880. Premier académicien ayant eu une nationalité étrangère.
1894José Maria de Heredia (1842-1905)Drapeau de l'EspagneEspagneNé àCuba, citoyen de l'Espagne, naturalisé français en 1893.
1931GalMaxime Weygand (1867-1965)Drapeau de la BelgiqueBelgiqueNaturalisé français en 1888.
1959Henri Troyat
(1911-2007)
Drapeau de la RussieRussieRusse d'originearménienne, naturalisé français en 1935.
1962Joseph Kessel (1898-1979)Drapeau de la RussieRussieNé enArgentine, citoyen deRussie, naturalisé français en 1919.
1970Eugène Ionesco (1909-1994)Drapeau de la RoumanieRoumanieNaturalisé français en 1950.
1971Julien Green
(1900-1998)
Drapeau des États-UnisÉtats-UnisLeprésidentGeorges Pompidou lui propose en 1972 lanationalité française, mais il décline la faveur. Premier académicien à n’avoir jamais possédé la nationalité française.
1973Jean d'Ormesson (1925-2017)Drapeau du LibanLibanA obtenu la nationalité libanaise en 1989 lors d'un séjour durant laguerre civile libanaise.
1975Félicien Marceau (1913-2012)Drapeau de la BelgiqueBelgiqueNaturalisé français en 1959.
1980Marguerite Yourcenar (1903-1987)Drapeau des États-UnisÉtats-UnisNée enBelgique d'un père français, elle estnaturalisée américaine en 1947 et renonce à sa nationalité française. Elle la recouvre en 1980[94]. Première femme élue à l'Académie.
1983Léopold Sédar Senghor (1906-2001)Drapeau du SénégalSénégalIndigène sujet français à sa naissance, puis pleinement citoyen français à partir de 1933 et enfin citoyensénégalais à partir de 1960. Il ne possédait plus la nationalité française au moment de son élection. PremierAfricain élu à l'Académie.
1996Hector Bianciotti (1930-2012)Drapeau de l'ArgentineArgentineNaturalisé français en 1981.
1999René de Obaldia (1918-2022)Drapeau du PanamaPanamaNé àHong Kong de parents panaméens : pèreconsul du Panama à Hong Kong et mère, néepicarde, ayant perdu sa nationalité française par son mariage[95]. Lui-même, donc panaméen, arrivé en France en bas âge en 1919 avec sa mère, optant aussi pour la nationalité française à sa majorité, fin 1939 (malgré la conséquence d'être incorporé dans l'armée française)[96].
2002François Cheng
(né en 1929)
Drapeau de la République de Chine République de ChineNaturalisé français en 1971.
2005Assia Djebar
(1936-2015)
Drapeau de l'AlgérieAlgérieNée enAlgérie française, sujet colonial français puis citoyenne de l’Algérie à l'indépendance de celle-ci en 1962. Elle ne possédait plus la nationalité française au moment de son élection.
2009François Weyergans (1941-2019)Drapeau de la BelgiqueBelgiqueNé enBelgique d'un père belge et d'une mère française, possède donc la double nationalité.
2011Amin Maalouf
(né en 1949)
Drapeau du LibanLibanChrétien maronite réfugié en France en 1975, naturalisé français en 1981.
2012Jules Hoffmann
(né en 1941)
Drapeau du LuxembourgLuxembourgNaturalisé français en 1970, ce qui lui fit perdre sa nationalitéluxembourgeoise.
2013Michael Edwards
(né en 1938)
Drapeau du Royaume-UniRoyaume-UniNaturalisé français en 2003.
2013Dany Laferrière
(né en 1953)
Drapeau d'HaïtiHaïti
et naturalisé
Drapeau du CanadaCanada
Naturalisécanadien, il vit auQuébec. Deuxième académicien aprèsJulien Green à n'avoir jamais possédé la nationalité française.
2016Andreï Makine
(né en 1957)
Drapeau de l'URSSUnion soviétique puisDrapeau de la RussieRussieNaturalisé français en 1996 après avoir remporté leprix Goncourt.
2020Maurizio Serra
(né en 1955)
Drapeau de l'ItalieItalieNé auRoyaume-Uni. Troisième académicien aprèsJulien Green etDany Laferrière à n’avoir jamais possédé la nationalité française.
2021Mario Vargas Llosa
(1936-2025)
Drapeau du PérouPérou
et naturalisé
Drapeau de l'EspagneEspagne
Né auPérou et naturaliséespagnol.Prix Nobel de littérature en 2010. Possède la particularité de n’avoir jamais écrit d’œuvre en français. Quatrième académicien aprèsJulien Green,Dany Laferrière etMaurizio Serra à n'avoir jamais possédé la nationalité française.
2026Boualem Sansal
(né en 1949)
Drapeau de l'AlgérieAlgérieNaturalisé français en 2024.
 

L'âge moyen d'entrée à l'Académie, d'après les calculs du démographe Jacques Véron, était de44 ans entre 1635 et 1757, de50 ans pour les promotions de 1758 à 1878 et de60 ans pour les promotions de 1880 à 1983[97]. L'âge moyen d'entrée des19 académiciens élus entre 2005 et est de68 ans[97]. Depuis 2010, l'âge limite d'entrée à l'Académie est de75 ans à la date du dépôt de la candidature[98], mais une exception a été faite pourMario Vargas Llosa[99].

Membres actuels

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Articles connexes :Liste des membres de l'Académie française etChronologie des élections à l'Académie française.
FauteuilMembreNationalitéDate d'électionRéception
DateDiscoursRéponse
1Dagens, Claude Claude Dagens Drapeau de la FranceFrance[*]Delay, Florence Florence Delay  :[*]
2Laferrière, Dany Dany Laferrière Drapeau du CanadaCanada
Drapeau d'HaïtiHaïti
[*]Maalouf, Amin Amin Maalouf  :[*]
3Sansal, Boualem Boualem Sansal Drapeau de l'AlgérieAlgérie
Drapeau de la FranceFrance
4Marion, Jean-Luc Jean-Luc Marion Drapeau de la FranceFrance[*]Dagens, Claude Claude Dagens  :[*]
5Makine, Andreï Andreï Makine Drapeau de la FranceFrance
Drapeau de la RussieRussie
[*]Fernandez, Dominique Dominique Fernandez  :[*]
6Jambet, Christian Christian Jambet Drapeau de la FranceFrance[*]Marion, Jean-Luc Jean-Luc Marion  :[*]
7Hoffmann, Jules Jules Hoffmann Drapeau de la FranceFrance

[*]

Pouliquen, Yves Yves Pouliquen  :[*]
8Rondeau, Daniel Daniel Rondeau Drapeau de la FranceFrance[*]Sallenave, Danièle Danièle Sallenave  :[*]
9Grainville, Patrick Patrick Grainville Drapeau de la FranceFrance[*]Bona, Dominique Dominique Bona  :[*]
10Vacance non déclarée
11Neuhoff, Éric Éric Neuhoff Drapeau de la FranceFrance
12Thomas, Chantal Chantal Thomas Drapeau de la FranceFrance

[*]

Laferrière, Dany Dany Laferrière  :[*]
13Serra, Maurizio Maurizio Serra Drapeau de l'ItalieItalie

[*]

Darcos, Xavier Xavier Darcos  :[*]
14Zeller, Florian Florian Zeller Drapeau de la FranceFrance
15Vitoux, Frédéric Frédéric Vitoux Drapeau de la FranceFrance

[*]

Déon, Michel Michel Déon  :[*]
16Gaillard, Raphaël Raphaël Gaillard Drapeau de la FranceFrance[*]Ory, Pascal Pascal Ory  :[*]
17Orsenna, Erik Erik Orsenna Drapeau de la FranceFrance

[*]

Poirot-Delpech, Bertrand Bertrand Poirot-Delpech  :[*]
18Vacance non déclarée
19Sylviane AgacinskiDrapeau de la FranceFrance[*]Lambron, Marc Marc Lambron  :[*]
20Vacance non déclarée
21Finkielkraut, Alain Alain Finkielkraut Drapeau de la FranceFrance[*]Nora, Pierre Pierre Nora  :[*]
22Aspect, Alain Alain Aspect Drapeau de la FranceFrance
23Rosenberg, Pierre Pierre Rosenberg Drapeau de la FranceFrance

[*]

Cabanis, José José Cabanis  :[*]
24Sureau, François François Sureau Drapeau de la FranceFrance[*]Zink, Michel Michel Zink  :[*]
25Fernandez, Dominique Dominique Fernandez Drapeau de la FranceFrance[*]Remy, Pierre-Jean Pierre-Jean Remy  :[*]
26Rouart, Jean-Marie Jean-Marie Rouart Drapeau de la FranceFrance

[*]

Carrère d'Encausse, Hélène Hélène Carrère d'Encausse  :[*]
27Vacance non déclarée
28Rufin, Jean-Christophe Jean-Christophe Rufin Drapeau de la FranceFrance[*]Pouliquen, Yves Yves Pouliquen  :[*]
29Maalouf, Amin Amin Maalouf Drapeau de la FranceFrance
Drapeau du LibanLiban
[*]Rufin, Jean-Christophe Jean-Christophe Rufin  :[*]
30Sallenave, Danièle Danièle Sallenave Drapeau de la FranceFrance[*]Fernandez, Dominique Dominique Fernandez  :[*]
31Edwards, Michael Michael Edwards Drapeau de la FranceFrance
Drapeau du Royaume-UniRoyaume-Uni
[*]Vitoux, Frédéric Frédéric Vitoux  :[*]
32Ory, Pascal Pascal Ory Drapeau de la FranceFrance[*]Erik Orsenna :[*]
33Bona, Dominique Dominique Bona Drapeau de la FranceFrance

[*]

Rufin, Jean-Christophe Jean-Christophe Rufin  :[*]
34Cheng, François François Cheng Drapeau de la FranceFrance

[*]

Remy, Pierre-Jean Pierre-Jean Remy  :[*]
35Compagnon, Antoine Antoine Compagnon Drapeau de la FranceFrance[*]Nora, Pierre Pierre Nora  :[*]
36Cassin, Barbara Barbara Cassin Drapeau de la FranceFrance[*]Marion, Jean-Luc Jean-Luc Marion  :[*]
37Zink, Michel Michel Zink Drapeau de la FranceFrance[*]Edwards, Michael Michael Edwards  :[*]
38Lambron, Marc Marc Lambron Drapeau de la FranceFrance[*]Orsenna, Erik Erik Orsenna  :[*]
39Clair, Jean Jean Clair Drapeau de la FranceFrance

[*]

Fumaroli, Marc Marc Fumaroli  :[*]
40Darcos, Xavier Xavier Darcos Drapeau de la FranceFrance[*]Dabadie, Jean-Loup Jean-Loup Dabadie  :[*]

Nombre effectif des académiciens

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Le nombre de 40 académiciens n’a été atteint que cinq ans après la création de l’Académie, avec l’élection deDaniel de Priézac le.

Jusqu’à la fin de la première moitié duXIXe siècle, l’effectif de l’Académie française était souvent complet, chaque décès étant rapidement suivi par une élection et le nouvel académicien était rapidement reçu[N 19].

Depuis, les délais d’élection et de réception se sont considérablement allongés. Un délai dit de décence a été instauré selon les modalités suivantes :« La vacance d’un fauteuil — déclarée jadis dans la séance qui suivait la mort d’un académicien — l’est désormais au terme d’un délai de décence de plusieurs mois. Ce délai, fixé par l’Académie sur proposition du Secrétaire perpétuel, ne peut excéder une année, sauf dans des cas particuliers admis par l’usage pour des membres de l’Académie ayant exercé des charges spécifiques (Secrétaire perpétuel, doyens)[100]. » Après la déclaration de vacance, vient l'élection :« L’Académie procède à l’élection dans les trois mois qui suivent la déclaration de vacance[100]. » En pratique, ces délais ne sont pas respectés[101] et il s'écoule environ trois ans entre le décès et l'élection d'un nouvel académicien[N 20],[102].

Il se passe aujourd’hui environ un an entre un décès et une élection, et encore un an entre l’élection et la réception[réf. nécessaire][N 21], de sorte que le chiffre de40 académiciens est peu souvent atteint[101]. L'Académie est au complet pour la dernière fois du (élection deMarc Lambron) au (décès d'Assia Djebar)[N 22].

Mais si l’on ne tient compte que des académiciens reçus, et non pas seulement élus, alors l’Académie n’a été complète que pendant24 jours au cours duXXe siècle, et ne l’a encore jamais été auXXIe siècle. Les périodes où l’Académie était complète ont été :

Si l’on ne tenait pas compte de l’exclusionde facto deCharles Maurras etPhilippe Pétain pour cause de condamnation à l'indignité nationale[N 23], alors il y aurait eu deux autres périodes pendant lesquelles l’Académie aurait été au complet :

Le nombre d'académiciens élus a été au plus bas avec28 membres du au. Le nombre d'académiciens reçus a été au plus bas avec26 membres du au[103],[84].

Le « 41e fauteuil »

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Article détaillé :41e fauteuil.

L’expression41e fauteuil a été forgée en 1855 par l’écrivainArsène Houssaye, lui-même candidat malheureux, pour désigner les auteurs qui n'ont jamais siégé à l'Académie, malgré leur notoriété ou leurs qualités généralement reconnues, telsDescartes,Molière,Pascal,La Rochefoucauld,Rousseau,Diderot,Beaumarchais,André Chénier,Balzac,Dumas père,Gautier,Flaubert,Stendhal,Nerval,Maupassant,Baudelaire,Zola, ouDaudet[104].

Certains ne songèrent pas à introduire une candidature, telsGiraudoux ouLarbaud. D’autres sont décédés avant leur élection probable :Apollinaire,Proust ouPéguy.

Refus de se présenter

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De nombreux écrivains, intellectuels ou scientifiques ont décliné l'invitation à se présenter à l'élection parmi les « immortels ». Sollicité parFrançois Mauriac en1950,Marcel Aymé lui répond ainsi :

« Je vous suis très reconnaissant d'avoir pensé à moi pour leQuai de Conti […]. Avec beaucoup d'émoi, je réponds à votre « clin d'œil » qui me rend très fier. Pourtant, je dois vous dire que je ne me sens pas l'étoffe d'un académicien. En tant qu'écrivain, j'ai toujours vécu très seul, à l'écart de mes confrères mais pas du tout par orgueil, bien au contraire, plutôt par timidité et indolence aussi. Que deviendrais-je si je me trouvais dans un groupe de quarante écrivains ? J'en perdrais la tête et à coup sûr, je n'arriverais pas à lire mon discours. Ainsi feriez-vous une piètre acquisition[105]. »

De mêmeGeorges Bernanos refusa que l'on pût seulement lui proposer d'y entrer, car, écrit-il, s'il n'en était déjà dégoûté, la présence au sein de l'Académie« d'un vieil imposteur commeClaudel-Turelure » l'en éloignerait[106]. De Bernanos, on cite souvent la phrase :« Quand je n'aurai plus qu'une paire de fesses pour penser, j'irai l'asseoir à l'Académie. »

Certains, délibérément hostiles à l'Académie et rejetant par principe ce qu’on nomme académisme, ont refusé les avances qui leur étaient faites. Ce fut le cas notamment deStendhal,Gustave Flaubert,Alphonse Daudet,André Gide,Roger Martin du Gard,Jacques Monod etFrançoise Sagan[réf. souhaitée].

Approchés, plusieurs hommes de lettres contemporains dontDaniel Pennac,Jean Echenoz,Simon Leys,J. M. G. Le Clézio,Patrick Modiano,Milan Kundera,Pascal Quignard ouTonino Benacquista déclinèrent la proposition de se présenter[réf. souhaitée].

Prises de position

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Langues régionales

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Fidèle à sa mission originale d'établissement des normes de la langue officielle, l'Académie française s'oppose à ce qu'il soit fait mention des langues régionales dans laConstitution française, selon une déclaration rendue publique le. En effet, selon les académiciens, cette mention amènerait la France à pouvoir ratifier laCharte européenne des langues régionales ou minoritaires[107], ce qu'elle ne souhaite pas.

Rectifications de l’orthographe

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Articles détaillés :Réforme de l'orthographe française,Réforme de l'orthographe française de 1835 etRectifications orthographiques du français en 1990.
Vocabulaire de l'académie, 1832.

Dans son discours du, lePremier ministreMichel Rocard a proposé à la réflexion duConseil supérieur de la langue française cinq points précis concernant l’orthographe :

  • le trait d’union ;
  • le pluriel des mots composés ;
  • l’accent circonflexe ;
  • le participe passé des verbes pronominaux ;
  • diverses anomalies.

C’est sur ces cinq points qu'ont porté les propositions de l'Académie française. Elles ne visent pas seulement l’orthographe du vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.

Présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces rectifications ont reçu un avis favorable de l’Académie française à l’unanimité, ainsi que l’accord duConseil de la langue française du Québec et celui duConseil de la langue de la Communauté française de Belgique.

Elles ont été publiées auJournal officiel du. Ces rectifications, modérées dans leur teneur et dans leur étendue, se résument ainsi :

  • le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure (exemple : portemanteau comme portefeuille) ;
  • le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront au pluriel la règle des mots simples (des pèse-lettres) ;
  • l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots où sa présence est essentielle pour distinguer un homonyme (exemples : qu’il fût, mûr) ;
  • le participe passé : il sera invariable dans le cas delaisser suivi d’un infinitif (exemple : elle s’est laissé mourir) ;
  • les anomalies :
    • mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (exemple : un imprésario, des imprésarios) ;
    • séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français (exemple : douçâtre), ou à la cohérence d’une série précise (exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette).

La dernière autorité s'avère en fin de compte l'usage : menée par quelques défenseurs inattendus dontFrançois Cavanna etDelfeil de Ton, ordinairement peu enclins à soutenir l'ordre établi, laréforme de 1990 (rectification d'anomalies orthographiques, suppressions de certains accents circonflexes, francisation des noms d'origine étrangère, etc.) fut fortement contestée et l'Académie, tout en indiquant que les modifications proposées possédaient une logique, réaffirma la nécessité de laisser l'usage seul trancher[108].

Féminisation des noms de métiers

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Article détaillé :Féminisation des noms de métiers en français.

L'Académie a longtemps été opposée à la féminisation des noms de métiers.

En, la romancièreMarie-Louise Gagneur demande à l'Académie française de féminiser les termes écrivain et auteur.Charles de Mazade répond alors :« La carrière d’écrivain n’est pas celle de la femme » selonLe Matin, tandis queLeconte de Lisle indique que« autrice ou auteuse [...] déchire absolument les oreilles »[109].

En 2014, elle considérait, par exemple, des mots formés par l'adjonction de -e à des mots en -eur comme desbarbarismes[110].

À la demande de la Cour de cassation en, elle promet de réfléchir à cette féminisation[109],[111]. En 2019, ses positions sont plus nuancées, elle affirme qu'« il convient de laisser aux pratiques qui assurent la vitalité de la langue le soin de trancher : elles seules peuvent conférer à des appellations nouvelles la légitimité dont elles manquaient à l’origine »[112].

Critiques et polémiques

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L'Académie française fait l'objet de critiques depuis sa création tenant tout à la fois à ses positions conservatrices, son mode de fonctionnement et de recrutement, sa légitimité ou encore son expertise.

Critiques concernant sa mission à propos de la langue française

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Dictionnaires et grammaire

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Articles détaillés :Dictionnaire de l'Académie française etGrammaire de l'Académie française.
Première édition duDictionnaire de l'Académie française (1694).

Sonpremier dictionnaire est critiqué pour sa lenteur de rédaction : il faut attendre 1694 pour le voir paraître alors que l'institution a été créée en 1635. Tranchant dans les débats de l'époque, l'Académie opte pour une« orthographe ancienne » (c'est-à-dire à tendanceétymologique) en ce qu'elle« distingue les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes »[113],[114].

Avant la parution de la première édition,Antoine Furetière, académicien avant d'être exclu par ses pairs, se vengera de son éviction en décrivant au vitriol les modalités de travail de la commission du dictionnaire :

« Chacun pointille sur chaque article, et le juge bon ou mauvais selon sa connaissance ou son caprice ; très souvent on le réforme au pis, ou on ne fait que changer peu de chose dans l'expression. Mais cela se fait avec tant de bruit et de confusion, que les plus sages se taisent, et que l'avis des plus violents l'emporte. Celui qui crie le plus haut, c'est celui qui a raison(…). Quand un Bureau est composé de cinq ou six personnes, il y en a un qui lit, un qui opine, deux qui causent, un qui dort et un qui s'amuse à lire quelque dictionnaire qui est sur la table[115] »

L'Académie n'a publiée qu'une seuleGrammaire, en 1932. Ayant fait l'objet de vives critiques, notamment de la part du linguisteFerdinand Brunot[116], l'institution n'en a plus rédigé d'autres depuis[117].

Lors de la publication de la neuvième édition du dictionnaire en, le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus (membre du collectif deslinguistes atterrées) le qualifie d'obsolète du fait de l'absence de termes du quotidien et de termes féminins équivalents de ceux masculin, bien que laféminisation de certains noms de métiers fassent leur apparition[118],[119],[120]. LaLigue des droits de l'homme demande à cette occasion que plusieurs définitions soient corrigées[121], telles que « race », « négrillon » ou « négroïde », qui ne précisent pas leur caractèrepéjoratif oudiscriminant, « femme », qui cantonne selon elle les femmes à leur caractère reproductif, ou « hétérosexualité », définie comme« naturelle », impliquant selon l'association« que l’homosexualité ne l’est pas »[122].

Mise en cause de sa légitimité

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Il existe une longue tradition de critique à l'égard de l'institution, souvent portée par des membres du41e fauteuil. L'un des pamphlets les plus vitriolés contre l'Académie française est « L'Académie sans candidats » deBarbey d'Aurevilly, écrit en.

L'Académie est critiquée, en France[123] comme à l'étranger[89], pour son manque de compétence linguistique[117] (elle n’a plus eu aucun membre linguiste depuis la mort deGaston Paris en 1903). Elle« ne compte aucunlinguiste, niagrégé de grammaire, ni historien ou historienne de la langue, et il lui aura fallu296 ans même pour produireune première grammaire qui sera décriée et vite oubliée[124]. »

Jean-Pol Caput expose son avis sur les causes de la défiance vis-à-vis de celle-ci :« Du fait des lois deJ. Ferry, l'opinion publique se sent tout entière concernée par les problèmes linguistiques, tandis que l'État, c'est-à-dire à la fois le ministère de l'Éducation et les universitaires, distend ses liens avec l'Académie qui voit ainsi son rôle actif se restreindre; la centralisation administrative accroît la dimension du phénomène, et les groupes de pression font le reste. De là le discrédit duDictionnaire — qui conserve sa valeur de référence pourtant —, l'affaire de laGrammaire et les conflits liés à la question de l'orthographe[125]. »

On lui reproche également un manque de représentativité au sein descommunautés francophones[126],[1],[127].

L'académie dément être une institutionnormative, mais plutôt le« greffier de l'usage »[128],[129].Marc Wilmet, linguiste belge et membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, estime néanmoins qu'à partir du moment où les usages non normés sont délégitimés par les locuteurs et institutions qui se réfèrent à l'Académie, ils sont conditionnés de fait par celle-ci[48]. À titre d’exemple, en 2020, quand le public français dit Covid au masculin, l’Académie fait valoir qu’il serait« préférable » de dire « la Covid »[130] (un usage pourtant normalisé au Canada[131]).

Dans un entretien donné en à la revue socialisteBallast,Maria Candea, professeur desociolinguistique à l'université Sorbonne Nouvelle[132] et co-autrice du livreL'Académie contre la langue française[133], ne reconnaît aux académiciens ni légitimité, ni compétence linguistique[134]. En, la même revue publie une tribune signée par77 linguistes intitulée « Que l’Académie tienne sa langue, pas la nôtre », remettant en cause la légitimité des avis de l’Académie sur la langue, et en particulier son texte décrivant l'écriture inclusive comme un« péril mortel », qualifié de« désinformation ». La tribune affirme que la langue doit devenir« un objet de réflexion collective » et que le débat doit être ouvert à tous les locuteurs et non à la seule Académie[135],[136],[137].Celle-ci, par ailleurs, d'après les notices biographiques de ses membres, publiées sur son site, ne compte, en, qu'un seul membre titulaire d'un diplôme dephilologie. Il s'agit paradoxalement d'Andreï Makine, qui n'est pas né Français mais Russe[138][source secondaire souhaitée].

Critiques concernant son organisation et son fonctionnement

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Fonctionnement financier opaque

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Un rapport de laCour des comptes en, faisant suite à un précédent rapport de, critique plusieurs points, dont le manque de transparence des comptes de l'Institut et les insuffisances du contrôle interne. Il établit le portefeuille des valeurs mobilières et de liquidités de l'Institut et des académies à la fin du mois de à1,35 milliard de francs en valeur liquidative[139].

Un autre rapport de laCour des comptes en pointe une« gestion du patrimoine peu rigoureuse » et un« fonctionnement interne marqué par des dérives »[140], de même qu'une enquête publiée en 2014 par le journalisteDaniel Garcia[141],[142], mise à jour en 2016[143]. La Cour des comptes signale une politique salariale« opaque » et« non encadrée », un riche patrimoine (lechâteau et laforêt de Chantilly, lemusée Jacquemart-André et lemusée Marmottan à Paris, lamaison et les jardins de Claude Monet à Giverny, lavilla Kérylos et lavilla Ephrussi de Rothschild sur la Côte d’Azur, lechâteau de Langeais, l’abbaye de Chaalis, lagalerie Vivienne à Paris, composée de trente boutiques de luxe en rez-de-chaussée et deux cents appartements dans les étages,La Mer de Sable et de nombreux immeubles anonymes[143]), plus de 10 000 m2 de locaux habitables gérés selon son bon vouloir[109]. Son patrimoine dormant est estimé à plus1,1 milliard d’euros par Daniel Garcia[143].

LaCour des comptes résume ainsi son accusation à l'endroit de l'Institut de France et de ses académies :

« Si la convention qui couvre les années 2012 et 2013 fait allusion de manière extrêmement sommaire aux missions des six institutions bénéficiaires de l’aide ministérielle, aucun objectif n’est assigné en contrepartie des sommes allouées et les engagements exigés sont pour le moins minimalistes, l’Institut de France et les académies s’engageant pour l’essentiel à poursuivre l’amélioration de leur gestion conformément aux observations de la Cour. Aucun indicateur de performance n’est proposé pour juger de la mise en œuvre de la convention, laquelle est loin de présenter les caractéristiques d’un contrat d’objectifs et de performance, comme ceux qui lient l’État à ses opérateurs, qualité que l’Institut et les académies ont perdue en 2011[144]. »

L'Institut de France réagit face aux révélations de Daniel Garcia par l'expression de sa volonté de porter plainte pourdiffamation[145]. Un procès a bien lieu par la suite,Gabriel de Broglie estimant être diffamé. Ses demandes seront rejetées par letribunal de grande instance de Paris[146] puis en appel[147]. L'arrêt est cassé par lecour de cassation le 19 février 2019[148],[149]. L'affaire est ensuite clôturée en raison du décès de Daniel Garcia[150].

Élections contestées

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Élection de Valéry Giscard d'Estaing
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L’annonce de lacandidature de Valéry Giscard d'Estaing en 2003 suscite une opposition deMaurice Druon et de plusieurs membres de l’académie, parmi lesquelsAngelo Rinaldi,Erik Orsenna etPierre Messmer. Druon écrit un article virulent dansLe Figaro littéraire, où il souligne que jamais un ancien protecteur de l'académie n'a osé être candidat sous la coupole, et estime que la politique ne doit pas envahir l'institution, que les gaullistes n'ont toujours pas digéré l'attitude de Giscard d'Estaing lors duréférendum de 1969, et qu'il n'est pas un écrivain[151]. Giscard d’Estaing est néanmoins élu dès le premier tour, avec19 voix sur 34[152],[153].

Élection d'Alain Finkielkraut
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L'élection d'Alain Finkielkraut en 2014 divise les académiciens et soulève l'opposition de huit d'entre eux[pourquoi ?], qui barrent leur bulletin d'une croix. Il est cependant élu dès le premier tour par16 voix sur 28 et8 bulletins barrés, signe de désaveu rare[154],[109]. Il succède àFélicien Marceau, dont l'élection a provoqué la démission d'un autre académicien,Pierre Emmanuel, qui entendait protester contre l'arrivée de cet écrivain sur lequel avaient pesé des soupçons decollaboration avec l'occupant allemand dans les dernières années de la guerre dans son pays d'origine, laBelgique[155]. Condamné parcontumace en Belgique en 1946, sa condamnation était estimée injustifiée par legénéral de Gaulle, qui lui a donc accordé la nationalité française en 1959[156].

Élection de Mario Vargas Llosa
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L'élection deMario Vargas Llosa en a soulevé des polémiques en raison du soutien du nouvel académicien vis-à-vis de l'extrême-droite chilienne deJosé Antonio Kast[157],[158]. En outre, on lui a reproché son soutien à la droite populiste deKeiko Fujimori et son évasion fiscale dans l'affaire desPandora Papers, tout en soulignant qu'il dépassait l'âge limite de75 ans fixé par l'Académie française[99]. Il est l'académicien qui a le plus grand âge au moment de son élection aprèsGeorges Vedel, élu à87 ans en, les suivants étant à82 ansJean-Baptiste Biot, élu en,Fernand Gregh, élu en,Fernand Braudel, élu en etPierre Messmer, élu en, et à81 ans le pasteurMarc Boegner, élu en, etHenri Gouhier, élu en[159],[160],[161].

Dans la culture

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Littérature -Cinéma -Musique -Télévision -Radio -Humour -Documentaires -Publicité -Jeux olympiques

Littérature

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À l'Académie française
En France on fait, par un plaisant moyen,
Taire un auteur, quand d’écrits il assomme :
Dans un fauteuil d’académicien,
Lui quarantième on fait asseoir cet homme ;
Lors il s’endort, et ne fait plus qu’un somme :
Plus n’en avez prose, ni madrigal.
Au bel esprit ce fauteuil est en somme
Ce qu’à l’amour est le lit conjugal.
— Alexis Piron
 
Je ne voterai pas du tout,
Car l’envie a rempli d’embûches
Pour le génie et pour le goût
Ces urnes d’où sortent des cruches.
— Victor Hugo
 
  • Dans lesSouvenirs d'un auteur dramatique () d'Henri Becque, il est écrit :« L'Académie devrait prendre garde avant de couronner, comme elle le fait, tous les profils littéraires et toutes les recherches psychologiques. Elle est beaucoup plus coupable qu'elle ne le croit. D'abord elle détourne de leur voie naturelle une quantité de bons esprits qui ne sont pas bons et qui n'ont pas d'esprit. En second lieu, l'Académie encourage tout un ordre de productions médiocres, précieuses, aigrelettes et qu'on pourrait appeler de la littérature stérile[176]. ». À propos de l'élection deJules Claretie, il est dit que :« Le malheur de l'Académie est d'être un corps inutile qui ne confère qu'un titre inutile et que la vanité seule fait rechercher. L'Académie a encore cela contre elle qu'on y entre en général tard, avec des travaux passés de mode et des idées déjà arriérées. »
  • Dans le romanLe Fauteuil hanté () deGaston Leroux, les occupants successifs d'un même fauteuil meurent dans des circonstances mystérieuses.
  • La pièceL'Habit vert () deFlers etCaillavet, où se brigue un fauteuil d'académicien sur fond d'histoire galante.
  • Dans sonDictionnaire des idées reçues (œuvre posthume publiée en),Gustave Flaubert mentionne à trois reprises l'Académie française. Il lui donne pour définition :« La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut. », et à l'entréeFossiles :« Preuve du déluge. — Plaisanterie de bon goût, en parlant d’un académicien. ». Il mentionne une incongruité cocasse du discours de réception d'Eugène Scribe surMolière[177].
  • André Suarès évoque dans sesRemarques (-) à plusieurs reprises l'Académie et l'Institut :« Aussi original qu’une feuille de chou, il est de l’Académie française, en vertu de sa médiocrité même. »[178], par exemple, ou« Les balayeurs de rues recevront cent roubles par jour, et les membres de l’Institut douze copecs : c’est bien tout ce qu’ils valent. À quoi servent-ils ? »[179].
  • Anatole France parle de l'Académie dans le chapitre XIII intitulé « Comment je devins académicien » dansLa Vie en fleur (), où il raconte ses souvenirs de jeunesse[180].
  • Léon Daudet publie, dans sa série de pamphletsLes Effondrements sociaux,Verts d'Académie et vers de presse (), à charge contre l'Académie.
  • Edith Wharton évoque l'Académie dansA Backward Glance () :« Si l'Académie française n'avait servi à rien d'autre qu'à établir un lien hautement civilisé entre le monde et les lettres, cette fonction aurait déjà justifié son existence. Mais c'est une illusion de penser qu'une telle institution puisse rendre le même service dans d'autres sociétés. La culture est, en France, une qualité éminemment sociale, tandis qu'on pourrait aussi bien dire qu'elle est antisociale dans les pays anglo-saxons. En France, où la politique divise brutalement les classes et les coteries, les intérêts artistiques et littéraires les unissent ; et, partout où deux ou trois Français cultivés se rencontrent, unsalon de constitue aussitôt[181]. »
  • André Maurois, dans ses chroniquesChoses nues[N 25] (), consacre un chapitre satirique à l'Académie française.
  • Eugène Ionesco fait paraîtreLa Lacune en[N 26]. La pièce est mise en scène parJean-Louis Barrault en à l'Odéon. C'est l'histoire d'un académicien à qui il ne manquait qu'un seul honneur, celui d'avoir un baccalauréat[182].
  • Jacques Isorni, avocat deRobert Brasillach et dumaréchal Pétain, raconte dansLa Fièvre verte () sa campagne académique à l'Académie française[N 27].
  • Élisabeth du Closel écritLa Tribu des hommes verts : Académie, mode d'emploi () à l'attention des futurs candidats, qui recueille quelques témoignages des académiciens et caricatures sous forme de dessins[183].
  • Jean Cau raconte dansLe Candidat, publié de façon posthume en, sa candidature incongrue en au siège d'Edgar Faure[184],[185].
  • Allen S. Weiss tente de reconstituer dans son ouvrageLe Livre bouffon, Baudelaire à l'Académie () les deux mois de campagne académique deCharles Baudelaire en- jusqu'à son retrait de candidature[186].
  • Nathalie Rheims publie en, une semaine avant la réception deFrançois Weyergans à l'Académie,Le Fantôme du fauteuil 32, roman faisant suite à celui deGaston Leroux[182].
  • Pauline Dreyfus, dans son romanImmortel, enfin (), fait le récit de la cinquième candidature, à l'issue favorable, dePaul Morand à l'Académie en.
  • Typhaine D publie dans la revue scientifiqueGLAD! (numéroVaria de) un bref texte à propos de la sortie de l'Académie sur le« péril mortel » de la féminisation[187].

Cinéma

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Musique

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  • Jean Chevrier et Jacques Simonot, dans leur albumLe Beau Voyage de Ronsard à Prévert, ont mis en musique l'épigramme d'Alexis Piron « À l'Académie française »[188].
  • L'auteur-compositeur-interprète Paul Villaz a enregistré un titre satirique « Académie française » sur son33 tours () dans lequel le personnage est le balayeur de l'Académie[189].
  • L'auteur-compositeur-interprèteJean-Marie Vivier à enregistré un titre intitulé« Supplique à Georges Brassens pour qu'il n'entre pas à l'Académie » en après la remise àGeorges Brassens dugrand prix de poésie de l'Académie française[190].
  • L'auteur-compositeur-interprète Emmanuel Commenges a enregistré « Poète à l'Académie française » dans son albumMaintenant = Poésie ()[191].

Télévision

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Radio

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Humour

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Documentaires

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Publicité

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  • Marcel Carné raconte lors de son élection en à l'Académie des beaux-arts qu'il a produit dans sa jeunesse un film de publicité intituléUne élection à l’Académie :« On y voyait un Académicien, de belle prestance dans son habit de bonne coupe — nous n’osâmes tout de même pas nous attaquer à cela ! — sortir en courant de l’Institut, poursuivi par un huissier qui s’égosillait à lui crier :« Maître, Maître… Revenez, on vous attend ! » À la fin, essoufflé, l’Académicien s’arrêtait, se tournait vers l’huissier et, avec une indignation de grand seigneur, s’exclamait :« On m’avait promis un fauteuil à l’Académie, mais je croyais que c’était un fauteuil Lévitan !… » » Mais le film n'a jamais été diffusé :« La Société Pathé qui devait projeter le film le jugea, avec raison, irrévérencieux et le refusa[208]. »
  • Le célèbre polémisteJean-Edern Hallier a posé enhabit vert devant l'Institut pour un spot publicitaire promouvant laVespa, avec le slogan « J'ai pas le prix, j'ai ma Vespa. »[209].
  • Un grand magasin, lesGaleries Lafayette, abritant momentanément la Fondation de la création, a lancé le slogan« Jeunes talents, entrez sous la Coupole[210]. »

Jeux olympiques

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Notes et références

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Notes

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  1. Lettrés de l'époque, ce sont souvent des cadets de famille à qui on ne peut donner l'héritage et la fonction militaire. Ils atteignent24 ecclésiastiques sur les40 membres en 1712.
  2. La séance solennelle de rentrée des cinq académies perpétue la tradition célébrant cette loi par une séance plénière se tenant le mardi le plus proche du.
  3. Lettre du Premier consul à son frère Lucien Bonaparte, datée du26messidoranVIII ().
  4. Sur les huitmaréchaux de la Première Guerre mondiale.
  5. « Entre 1918 et 1939, la gloire militaire, la gloire littéraire et la jeunesse relative des récipiendaires confèrent aux séances publiques de l'Académie un éclat comparable à celui qu'elle avait connu à la fin du règne de Louis XV. Le roiValéry semblait pouvoir exercer un empire comparable à celui du roiVoltaire »inMarc Fumaroli,Trois institutions littéraires, Gallimard,coll. « Folio Histoire »,,p. 100.
  6. Pour le duc de Castries, la période de« vraie grandeur » de l'Académie française où elle« connut le plus d'éclat » couvre les vingt dernières années duXVIIe siècle. VoirRené de La Croix de Castries (préf. Jean Mistler),La Vieille Dame du Quai Conti : Une histoire de l'Académie française, Nouvelle édition mise à jour,,p. 180.
  7. « En revanche, il [Charles de Gaulle] se montra intraitable pour celle [la candidature] du plus grand poète du temps, Saint-John Perse, à qui il reprochait de ne pas s'être rallié à lui en 1940 »inRené de La Croix de Castries,La Vieille Dame du Quai Conti : Une histoire de l'Académie française, Nouvelle édition mise à jour,,p. 400.
  8. Il démissionne de l'Académie française, mais sa démission n'est pas enregistrée, car un fauteuil d'académicien est décerné à vie.
  9. Alors doctorante enlinguistique à l'université de Montréal à propos de l'écriture inclusive surTwitter.
  10. Les commissions de terminologie ont été instituées par ledécret du, en application de laloi Toubon du, telles que laDélégation générale à la langue française et aux langues de France, laCommission générale de terminologie et de néologie, et laCommission spécialisée de terminologie et de néologie.
  11. Comme leprix Montyon.
  12. Comme le reconnaît laloi de programme pour la recherche de 2006 dans ses articles 35 à 38 (lire en ligne, surLégifrance).
  13. Comme l'explique le rapport de contrôle de laCour des comptes de 1999 surLa gestion de l'Institut de France (lire en ligne[PDF]).
  14. « L’Académie a cessé, depuis 1890, et sauf cas exceptionnel, de se réunir deux fois par semaine. Aujourd’hui, elle tient séance le jeudi, de quinze heures à seize heures trente, et ses diverses commissions - du Dictionnaire, de la Francophonie, administrative, des prix littéraires, des œuvres sociales - siègent au cours de la même journée. »
  15. « Depuis 1986, l’Académie nomme à cette commission des membres suppléants. »
  16. Boudu et Bourdon sont probablement des orthographes fautives pourJean Baudouin, élu en 1634, etNicolas Bourbon, élu en 1637.
  17. Pierre Rosenberg raconte que :« [Cette attribution] est aujourd'hui fortement contestée, sinon abandonnée. Quant à l'identité du modèle, elle n'a rien de certain. »
  18. Maurice Druon« a eu l'idée de faire entrer quai Conti en 1996 un certain Jorge Semprun, dont la venue sous la Coupole aurait honoré la maison. »inRobitaille 2002,p. 260.
  19. Quelques exemples :
  20. Max Gallo, qui n'était ni secrétaire perpétuel ni doyen, est mort le. La déclaration de vacance a été prononcée le. Son successeur,François Sureau, est académicien depuis le.
  21. Réception au cours de laquelle est prononcé un éloge qui a pour origine l'éloge funèbre dePierre Bardin.
  22. Cela a été le cas auparavant entre le (élection deFrançois Weyergans) et le (mort deMaurice Druon), et la précédente période a duré du (élection d’Assia Djebar) au (mort deJean Bernard).
  23. Leur condamnation à la dégradation nationale, respectivement le et le, provoque automatiquement la destitution et l'exclusion de toutes fonctions, offices publics et corps constitués, mais l’Académie française, tout en reconnaissant la vacance de leurs fauteuils, n’a pas voté sur leur radiation et ils n’ont été remplacés qu’après leur mort.
  24. Le nom de la pièce estLa Comédie des Académistes d'aprèsMarc FumaroliinRobitaille 2002,p. 48.
  25. Le titre est une référence directe aux chroniques deVictor Hugo, intituléesChoses vues. Le contenu s'en inspire.
  26. La pièce est d'abord publiée dansLe Nouvel Observateur du.
  27. La candidature en est pour le fauteuil deJérôme Carcopino, auquelRoger Caillois est élu.
  28. Pour François Fossier,« le réalisateur n'avait aucune notion de la manière dont se déroule la vie quotidienne d'un immortel, ni des obligations auxquelles il est soumis. »inFrançois Fossier,Au pays des Immortels, Fayard-Mazarine,,p. 10.
  29. Cecaméo est non crédité.
  30. CommePascal Ory.

Références

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  2. (en)Einar Ingvald Haugen, Anwar S. Dil,The Ecology of Language,Stanford University Press,,p. 169.
  3. Paul Pellisson-Fontanier, Pierre JosephThoulier d'Olivet et Charles-Louis Livet,Histoire de l'Académie française,vol. 1,(lire en ligne),p. 18.
  4. Sur le site de l'Académie française, parmi les « grandes dates », on peut lire :« Le garde des Sceaux, Pierre SÉGUIER, duc de Villemoze, scella les lettres patentes justifiant la constitution de l’Académie le, huit ans jour pour jour avant le décès du Cardinal » et« 1634 : Naissance de l’« Académie française ».Richelieu en sera le protecteur etValentin Conrart le premier secrétaire perpétuel ».
  5. Pellisson-Fontanier, Thoulier d'Olivet et Livet 1858,p. 20-30.
  6. a etbLes grandes dates, Académie française.
  7. Statuts et règlements[PDF], sur le site de l'Académie.
  8. René Pocard du Cosquer de Kerviler et Pierre Séguier,Le chancelier Pierre Séguier second protecteur de l'Académie française : études sur sa vie privée, politique et littéraire et sur le groupe académique de ses familiers et commensaux, Didier,,p. 59.
  9. Caput 1986,p. 9.
  10. Paul PellissonHistoire de l’Académie française depuis son établissement jusqu’en 1652 (1653). Réédition :SlatkineReprints, Paris, 1989.Disponible sur Gallicavol. 1[PDF],vol. 2[PDF].
  11. Jean Chapelain,Les sentimens de l'Académie françoise sur la tragi-comédie du Cid, d'après le manuscrit de la main de Chapelain conservé a la Bibliothèque nationale, correction, introduction et notes de George Collas, 1912.
  12. ColbertSearles, « L'Académie française et « Le Cid » »,Revue d'histoire littéraire de la France,vol. 21,no 2,‎,p. 331–374(ISSN 0035-2411,JSTOR 40517279).
  13. PaulPellisson-Fontanier et Pierre-Joseph d'Olivet,Histoire de l'Académie françoise. Depuis l'établissement de l'Académie jusqu'à 1652,(lire en ligne).
  14. Hélène Merlin-Kajman,L'Excentricité académique, éd. Les Belles-Lettres, 2001, 278 p.(ISBN 2-251-38052-3).
  15. Nicolas Schapira,Un professionnel des lettres auXVIIe siècle : Valentin Conrart, une histoire sociale, éd. Champ Vallon, 2003,p. 77.
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  18. ElvireSamfiresco,Ménage : Polémiste, Philologue, Poète, Paris, L'Émancipatrice,,p. 503-509.
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  21. a etbL'histoire, sur le site de l'Académie.
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  25. François Fossier,Au pays des Immortels, Fayard-Mazarine,,p. 34.
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  27. Robitaille 2002,p. 41.
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  29. « Double élection blanche à l'Académie française où l'"affaire Morand" a entraîné l'échec de M. Rostand »,Le Monde,(consulté le).
  30. Nadja Viet, « Paul Morand, écrivain controversé », surRadio France,(consulté le).
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