Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().
Une radio de l'Abwehr.Chiffrement à l'Abwehr et machineEnigma.
L’Abwehr, mot allemand signifiant « défense », est une ancienne organisation de l'armée allemande qui a servi les intérêts de la puissance germanique de 1920 à 1945. Succédant auService III b, l'Abwehr était leservice de renseignement de l'état-major allemand.
À la suite de la dissolution en 1919 duAbteilung III b, le major Friedrich Gempp, ancien adjoint de Walter Nicolai, reçu l’ordre de créer unAbwehrgruppe dans le cadre de la Reichswehr provisoire. Elle comprend à l'époque une section de reconnaissance, une section de chiffrage et d'écoutes radio, ainsi qu'une section de contre-espionnage.
La section de renseignement de laReichsmarine est intégrée à l'Abwehr en1928.
Le, un marin prend la tête du bureau : le capitaine de vaisseauConrad Patzig(de). Le poste n'est pas jugé très important, à l'époque, et peut donc être confié à un militaire sans trop d'ambition.
Assez rapidement, après l'arrivée des nazis au pouvoir en janvier 1933, l’Abwehr entre en conflit avec la hiérarchie des SS, représentée par son chef suprême, le Reichsführer SS Himmler et son adjoint, le général SS Heydrich, notamment parce que l'Abwehr organise des vols de reconnaissance en avion en territoire polonais et que les services d'espionnage de la SS craignent que cela n'éveille la méfiance des Polonais. En, le capitaine de vaisseau Patzig est évince de son poste et est muté sur le cuirasséGraf Spee.
L'amiralWilhelm Canaris est nommé à la tête de l’Abwehr en. Averti par son prédécesseur de la volonté de la SS de prendre le contrôle de l'Abwehr, Canaris pense pouvoir s'opposer à ces vues. Il devra cependant continuellement affronter l'antagonisme de laSS. Une illustration de ce conflit plus ou moins larvé est le vol des documents de l'Abwehr relatifs à la collaboration germano-soviétique (notamment lors despurges de Staline) par laSS, en 1937. Toute trace de ces vols est effacée à la suite d'un incendie.
La division centrale, ou département Z (Abteilung Z en allemand) qui chapeaute les deux autres, a la main sur les finances, le personnel et est dirigée parHans Oster ;
La division extérieure (Amtsgruppe Ausland en allemand) est dirigée parLeopold Bürkner(en) et regroupe plusieurs fonctions :
les relations avec l'OKW et les services généraux de l'Etat allemand ;
la coordination avec les autres ministères, affaires étrangères ;
l'évaluation des données venant de l'étranger comme la presse, les émissions radio et les documents interceptés.
Abwehr I, II et III, regroupées sous le terme de contre-espionnage, chargées de la collecte et de l'évaluation de données :
III contre-espionnage sur le sol allemand, planification de faux documents, pénétration des services étrangers, enquête sur les actes de sabotage, commandée par le ColonelFranz Eccard von Bentivegni(de).
Chaque district militaire du Reich,Wehrkreis, ici appelée Ast ou encore Abwehrstelle avait sa déclinaison locale des sections I à III. Le commandant local était un officier d'une des trois armes et avait une certaine latitude pour recruter des agents locaux.
La qualité du recrutement a souvent laissé à désirer, d'où de nombreuses déconvenues lors de missions.
Dans les pays occupés, l’Abwehr dispose d'antennes pour y mener la lutte contre les Résistants.En France, l'organisation occupait l'Hôtel Lutetia à Paris.
Dans les pays neutres, les agents de l’Abwehr se cachent sous la couverture d'attachés d'ambassade ou de personnels de mission commerciale. Ces postes étaient appelés Organisation de guerre ("Kriegsorganisationen" ou "KO's" en allemand).
Canaris prend grand soin à choisir des chefs et du personnel proche qui soient anti-nazis. Le seul à être retourné par la Sipo-SD estRudolf Bamler. À partir de 1943, plusieurs de ses membres, y compris Wilhelm Canaris lui-même, commencent à participer à larésistance allemande, ils sont connus sous le nom du complotOrchestre noir (Die Schwarze Kapelle).
Canaris utilise des Juifs dans son équipe, leur fournissant des passeports, ce qui permet d'en sauver de laShoah. Cette action fut reconnue après-guerre[1].
L'efficacité de l'Abwehr est amoindrie par les tensions continuelles avec laSS, qui soupçonne (à juste titre) certains membres de l'Abwehr de comploter contre Hitler. Certains agents sont des antinazis, comme Erich Vermehren et sa femme la comtesse Elizabeth von Plettenberg, stationnés à Istanbul et qui, menacés d'être démasqués par la Gestapo, passent aux Britanniques. L'amiral Canaris lui-même remettait de fausses informations au pouvoir nazi.
En, l’amiral Canaris, accusé de défaitisme, est limogé et il est nommé à la tête d'une coquille vide, le Bureau de la Guerre Commerciale et Économique.
L'Abwehr est, dès février 1944, dirigé par un officier général de la SS (SS-Brigadeführer undGeneralmajor der PolizeiWalter Schellenberg) et la structure qui était militaire est alors incluse comme un bureau de renseignement consacré à l'étranger, au sein de l'office central de la Sécurité de l'Empire (RSHA- Amt VI SD Ausland) et, ce jusqu'à la fin du second conflit mondial. .
Dan Simmons a écritLes Forbans de Cuba, basé sur des faits et personnages historiques, relatant la rivalité entre le SD et l'Abwehr.
Pierre Assouline a écrit historique intituléLutétia dans lequel le fameux hôtel parisien devient le siège de l'Abwehr durant laSeconde Guerre Mondiale.
L'Abwehr apparaît dansLe maître du haut château dePhilip K. Dick. Le roman est uneuchronie centrée sur un univers parallèle dans lequel les nazis ont gagné la guerre en 1945. Dans le roman, l'Abwehr est toujours dirigée par Canaris et le conflit de l'organisation avec leS.D. (qui est un organisme dépendant de laSS) influe une partie de l'intrigue. Un des membres de l'Abwehr est en effet envoyé àSan Francisco (contrôlé par le Japon) et y est ensuite traqué par l'ambassadeur d'Allemagne ainsi que le chef de la S.D.
Franz Josef Burghardt et Daniela Topp-Burghardt,Amours sous les Armes Secrètes d'Hitler. Les agents du contre-espionnage allemand pour la sécurité des armes-V et leurs amies françaises dans le Nord de la France 1943/44, Paris, 2021(ISBN978-2-322-37966-8).
Grégory Célerse,La Traque des Résistants nordistes, Les Lumières de Lille,.