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Abdelkader (émir)

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(Redirigé depuisAbd el-Kader)
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« Émir Abdelkader » redirige ici. Pour les autres significations, voirÉmir Abdelkader (homonymie).

Abdelkader ibn Muhieddine
Émir Abdelkader
عبد القادر بن محي الدين
Illustration.
Portrait de l’émir Abdelkader peint lors de sa détention auchâteau d'Amboise en 1852
Titre
Émir d’Algérie

(15 ans et 26 jours)
Élection
Biographie
Nom de naissanceAbdelkader ibn Muhieddine
Date de naissanceentre 1806 et 1808, peut-être le
Lieu de naissanceEl Guettana,beylik de l'Ouest (régence d'Alger)
Date de décès
Lieu de décèsDamas,vilayet de Syrie (Empire ottoman)
SépultureDamas puiscimetière d'El Alia à Alger
NationalitéAlgérien
PèreMuhieddine al-Hassani
MèreAl Zahra bint al-Sheikh Sidi Boudouma
FratrieMustapha ibn Muhieddine
Ahmed ibn Muhieddine
ConjointKheira bent Boutaleb

Lalla Khira

Enfants9 fils et 5 filles
ProfessionChef d’État et chef militaire
ReligionIslamsunnitemalikite

Image illustrative de l’article Abdelkader (émir)
Émir d’Algérie
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Abdelkader El-Djezairi
عـبـد الـقـادر الـجـزائـري
GradeÉmir
Années de service1832 – 1847
ConflitsConquête de l'Algérie par la France
Faits d'armesBataille de la Macta
Bataille du Sig
Bataille de Sidi-Brahim
Bataille du Oued Aslaf
Bataille d'Agueddin
Bataille de la Sikkak
Bataille de Mascara
Bataille de l'Habrah
Bataille d'Isly
Bataille de Ammal
DistinctionsGrand-croix de la Légion d’honneur
Grand-croix du Sauveur
Grand-croix de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
Grand-croix du Médjidié
Grand-croix de l'Aigle noir
Grand-croix de l’Aigle blanc
Grand-croix de l’ordre de Pie IX
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Abdelkader Ben Mahieddine (enarabe :عبد القادر بن محي الدين (ʿAbd al-Qādir ben Maḥyiddīn)), connu comme l'émir Abd el-Kader ouAbdelkader El Djezairi (Abdelkader l'Algérien), né entre 1806 et 1808, peut-être le, àEl Guettana, près deMascara, dans larégence d'Alger, et mort le àDamas, capitale duvilayet de Syrie, est un chef religieux et militairealgérien, qui lutte de 1831 à 1847 contre laconquête de l'Algérie par la France.

Savantmusulman, il se retrouve de façon inattendue à mener une campagne militaire. Il constitue un groupement de populations de l'ouest algérien qui, pendant de nombreuses années, résiste avec succès à l'une des armées les plus puissantes d'Europe. Son respect pour ce qu'on appelle désormais lesdroits de l'homme a souvent été relevé, notamment par ses opposantschrétiens.

Après sa reddition en 1847, il est détenu pendant presque cinq ans en France avant d'être libéré parLouis-Napoléon Bonaparte et conduit àBursa. Deux ans plus tard (1855), il s'installe à Damas. En 1860, son intervention pour arrêter lemassacre de la communauté chrétienne de Damas lui vaut honneurs et récompenses d'une multitude de pays. C'est aussi à Damas qu'il rédige son ouvrage majeur, leKitâb al-mawâqif (le « Livre des haltes »).

Nom

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Son nom complet est Abdelkader Ibn Mahieddine El-Hassani.

  • « Abdelkader » — qui se translittère « `Abd al-Qādir » (« serviteur du Tout-Puissant ») — peut aussi s'écrire « Abd el-Kader », « Abd al-Kader », « Abdul Kader », « Abdel Kader », etc.
  • « Ibn Mahieddine » signifie « fils de Mahieddine » (ou « Muhyî ed-Dîn »), le nom de son père.
  • « El-Hassani » évoque sa descendance d'Al-Hassan ibn Ali, petit-fils deMahomet, d'où sa qualité dechérif.
  • Durant son exil syrien lui fut attribué le nom « El-Djazaïri » (« l'Algérien »), qui a été transmis à ses descendants, notamment Driss Djazaïri (1936-2020), un de ses arrière-petits-fils, qui futambassadeur d'Algérie aux États-Unis.
  • Il est nomméémir (amîr al-muminîn, « commandeur des croyants ») en 1832[1],[2].

Le choix du nom Abdelkader, fréquent dans l'arbre généalogique de l'émir, rend hommage àAbdelkader el-Jîlânî, le fondateur de la confrériesoufieQadiriyya auXIe siècle à Bagdad, à laquelle appartient la famille d'Abdelkader[3].

Biographie

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Origines familiales

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Mausolée de Sidi Kada Ben Mokhtar dans la commune deSidi Kada. Ancêtre d'Abdelkader, il est né en 1538 à, ou près de, Bab Ali (Mascara).

Abdelkader naît enAlgérie ottomane entre 1806 et 1808 dans le hameau d'El Guettana (situé sur l'oued El-Hammam à une vingtaine de kilomètres à l'ouest deMascara), d'une famille de l'aristocratie religieuse etmaraboutique[4]. Sa famille possède deux arbres généalogiques, qui tous deux remontent au prophèteMahomet. Le premier inclutIdris Ier (VIIIe siècle), arrière-petit-fils d'Al-Hassan, et fondateur de ladynastieidrisside. Le second inclutAbdelkader el-Jîlânî (XIe – XIIe siècles), fondateur de la confrériesoufieQadiriyya, à laquelle appartient la famille d'Abdelkader[5]. La filiation chérifienne revendiquée par Abdelkader passe également parMoulay Abd el-Kaoui (XIIIe siècle), descendant des émirs desBeni Toudjine, qui contribua avec sa famille à la formation de la dynastie desMérinides[6],[7]. Selon les sources familiales, les ancêtres d'Abdelkader vivaient dans laSeguia el-Hamra (auSahara occidental actuel), région d'où proviennent l'essentiel des familles deshurafâ[8]. La filiation berbère par les Toudjines conduit certains chercheurs à mettre en doute l'origine chérifienne revendiquée par la famille d'Abdelkader[9], hypothèse à laquelle s'ajoute une probable ascendance berbèreifrénide de l'émir[10],[11].

Le père d'Abdelkader, Mahieddine al-Hassani, est le moqaddem (délégué d'un « cheikhtarîqa ») de lazaouïa Qadiriyya d'oued El-Hammam[12]. Ses connaissances en matière religieuse et sa droiture en font un intermédiaire entre le pouvoir dubey et la population[13]. Il est en bons termes avec le sultan du Maroc,Abderrahmane ben Hicham, qui ouvrira ses frontières dès 1830 aux populations de l'Ouest[14]. La mère d'Abdelkader, Lalla Zohra, lettrée et versée en religion, est la fille d'Omar Bendoukha, moqaddem d'une zaouïa deHammam Bou Hadjar. Affiliée à la tribu des Hachem[15], cette famille vit dans laplaine de Ghriss depuis qu'Abd el-Kadr ben Ahmed, figure érudite connue sous le nom deSidi Kada, s'y est installé vers 1640 ; son mausolée demeure l'un des sites religieux les plus fréquentés de la région[16],[17]. Dès son plus jeune âge, Abdelkader est imprégné de récits sur ses ancêtres, dont la piété et la science constituent pour lui autant d'exemples édifiants[18].

Jeunesse

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Il grandit dans la zaouïa de son père qui, au début duXIXe siècle, est le centre d'une communauté florissante sur les bords duoued El-Hammam. Tout comme les centaines d'étudiants pris en charge par la zaouïa, il reçoit une éducation traditionnelle qui embrasse les principes et la pratique de l'islam, les règles de convenance (adab), l'exercice des vertus, la lecture et l'écriture, la grammaire, l'exégèse coranique (tafsir), lehadith et la jurisprudence (fiqh). Il est dit qu'il savait lire et écrire à l'âge de 5 ans. A 12 ans il reçoit l’autorisation de commenter leCoran et les hadiths. Il récite l'entièreté du Coran par cœur dès l'âge de14 ans, recevant ainsi le titre dehafiz. Un an plus tard son père l'envoie àOran, siège de l’administration turque, pour poursuivre ses études à l’école de renom dubeylik de l'Ouest tenue par Ahmed ben Khodja el Mostaghanmi[13],[19]. Bonorateur, il capte l'attention de ses pairs par sespoésies et sesdiatribes religieuses[20].

Élevé dans la foi, la moralité et la modération, il supporte mal l'ambiance relâchée de la ville et rentre à El Guettana avant la fin de l'année scolaire. Son père le prépare alors au grand pèlerinage (hajj), mais le bey, méfiant, leur interdit de quitter sonbeylik. Abdelkader en profite, durant deux années, pour poursuivre ses études avec son cousin Mustapha ben Thami, fils dumufti d'Oran. Ce dernier, avec l'appui de Badra, la femme du bey, et de certains fonctionnaires, réussit finalement à infléchir la position du bey[13],[21].

En 1825, Abdelkader part avec son père en pèlerinage àLa Mecque, puis séjourne àMédine. Il se rend ensuite àDamas et àBagdad, visite les tombes de musulmans notables, tels queIbn Arabi et Abdelkader el-Jilani, appelé El-Djilali en Algérie. Cette expérience structure sa conscience religieuse. C'est à Bagdad qu’il répond à une question sur la valeur d'une généalogie honorable : « Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez qui il est ». De retour à La Mecque un an après son premier séjour, il entreprend un second pèlerinage. Sur le chemin du retour, il est impressionné par lesréformes menées parMéhémet Ali enÉgypte. Il revient dans sa patrie en 1827 et, la même année, il épouse sa cousine Kheira bent Boutaleb[13],[22].

Invasion française et résistance

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De 1830 à 1837

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Les 4provinces de la régence d'Alger
au XVIIIe siècle.

Au début duXIXe siècle, larégence ottomane d'Alger est un pays affaibli. De nombreuses rébellions sont réprimées dans le sang. Les relations avec la France, qui repousse depuis une quarantaine d'années le remboursement d'une dette substantielle envers la régence, sont conflictuelles, et l'affaire du « coup d'éventail » (avril 1827) sert de prétexte au blocus du port d'Alger par la marine française. Il durera jusqu'en juin 1830, suivi de laprise d'Alger et de l'exil deHussein Dey (10 juillet 1830), préludes à l'offensive colonisatrice[23],[24]. En France, la révolution des « Trois Glorieuses » (27-29 juillet 1830) met fin à laRestauration (Charles X), remplacée par lamonarchie de Juillet (Louis-Philippe Ier)[25].

En, l'armée française prendOran, capitale de la province de l'Ouest. En avril 1832, le père d'Abdelkader est chargé de mener une campagne de harcèlement contre les occupants. Mahieddine appelle aujihad, et son fils et lui participent aux premières attaques sous les murs de la ville, mais sans succès, ce qui détermine les chefs de quelques tribus de l'Oranie à s'unir[14].

Le, ces tribus se réunissent à Khassibia, près de Mascara, pour élire un chef. À la suite du refus de son père d'occuper ce poste au motif qu'il est trop vieux (il mourra 7 mois plus tard), Abdelkader, âgé d'environ25 ans, est éluAmîr al-Muminîn (« commandeur des croyants »), donc chef de la résistance. Malgré la réticence de certaines tribus, le titre et la fonction sont confirmés cinq jours plus tard à la grandemosquée de Mascara, puis par le sultan du Maroc, dont Abdelkader prend soin de reconnaître la prééminence[26],[27].

Les tribus de l'Ouest répondent de manière contrastée à l'appel aujihad : le vide laissé par la prise d'Alger fait que certaines tribusmakhzen et lesKouloughli lui demandent de reconnaître l'autorité des Turcs duConstantinois ; les Maures deTlemcen, privés duMechouar, où sont enfermés les Kouloughli, lui demandent de reconnaître l'autorité du sultan du Maroc ; et les tribus makhzen Douair et Smala, commandées par Moustapha Ben Ismaïl, lui demandent de reconnaître leur convention passée avec la France. Abdelkader accepte toutes les propositions pour se donner le temps de constituer son État mais réprime rapidement les velléités de scission : dès son entrée dans Tlemcen (été 1833), il assaille les Maures, les Turcs et les Kouloughli et y assoit son autorité[28],[29].

En un an, grâce à une combinaison de raids punitifs contre les insoumis et de politique prudente, Abdelkader réussit à unir les tribus de la région et à rétablir la sécurité. Sa zone d'influence couvre désormais toute laprovince d'Oran et l'Armée d'Afrique le considère désormais comme son principal interlocuteur[30].

Traité Desmichels conclu à Oran le entre la France et Abdelkader

Le 26 février 1834, le général françaisDesmichels, commandant de l'Ouest algérien, propose à Abdelkader, qui accepte, un traité de paix qui reconnaît sa souveraineté sur les territoires de l'Ouest à l'exception des villes portuaires d'Oran,Mostaganem etArzew, qui appelle à la bonne entente entre Français et indigènes et au respect des religions, qui ordonne l'échange immédiat de tous les prisonniers, etc. Pour les Français, cela permet d'établir la paix avec les tribus occidentales, tout en confinant Abdelkader dans les limites de ce territoire. Son statut de co-signataire contribue beaucoup à son prestige aux yeux de la population et même des Français[30].

S'appuyant sur ce traité, Abdelkader soumet les tribus duChelif, deMiliana et deMédéa[20]. Au fil des mois, l'opinion et la classe politique françaises s'élèvent de plus en plus contre la teneur du traité, qu'elles jugent trop favorables à l'émir. Et lorsqu'une année après sa signature, un « appendice »[Note 1] au traité est découvert et considéré encore plus avantageux pour Abdelkader, le général Desmischels est rappelé en France et remplacé par le généralTrézel (). Celui-ci décide d'appuyer les tribus hostiles à Abdelkader et c'est ainsi qu'en les forces françaises prêtent main forte aux Douair et aux Smela, qui se sentent menacés par les alliés de l'émir. L'affrontement, qui a lieu dans les marais de laMacta, voit la victoire d'Abdelkader et des siens. La France réagit en intensifiant les hostilités, et sous de nouveaux commandants elle s'empare de Mascara en décembre 1835 et de Tlemcen en janvier 1836[31].

Au printemps 1836, de nouveaux contingents viennent renforcer l'Armée d'Afrique avec, à leur tête, le généralBugeaud. La première confrontation entre les deux armées a lieu en juillet 1836 sur les bords de laSikkak ; elle se solde par une nette victoire française. Mis à rude épreuve par cette succession d'échecs, plusieurs fois abandonné puis à nouveau rallié par ses troupes et les tribus, Abdelkader souhaite entamer des pourparlers avec Bugeaud qui, lui-même, se voit« autorisé à utiliser tous les moyens qu'il aura pour amener Abd el-Kader à faire des ouvertures de paix. »[32],[33]. Letraité de la Tafna est signé le[Note 2]. Ce traité, tout en assurant davantage la domination d'Abdelkader sur les parties intérieures de l'Algérie, confirme la souveraineté de la France sur le pays. Tout en étant soumis à la France, Abdelkader prend ainsi le contrôle (hormis les villes côtières) des provinces d'Oran à l'ouest, duTitteri au centre et, à l'est, d'une partie de la province de Constantine, sans sa capitale, soit environ les deux tiers du pays[34].

Après une première tentative avortée en novembre 1836, l'armée française, commandée par le maréchalClauzel, s'empare en octobre 1837 de Constantine, dernier bastion ottoman de la régence, forçantAhmed Bey à l'exil. Deux ans plus tard, il se rend aux Français[35].

Autant sa stratégie guerrière que les traités de paix consolident la renommée d'Abdelkader, et ses titres d'amîr al-Muminîn et de sultan — malgré lui — sont confirmés par les traités, qui en font un souverain incontesté, sans même devoir verser de tribut aux Français[28]. Dans sa correspondance avec le sultan du Maroc, il n'utilise que le titre d'émir pour ne pas contrarier le monarque, qui le soutient[36].

Alliés et ennemis de l'époque, tous relèvent l'érudition philosophique et théologique d'Abdelkader, qui, en temps de paix, ne se sépare jamais de sa bibliothèque[37]. Il fait preuve deleadership politique et militaire, est connu pour son esprit chevaleresque et agit comme un administrateur compétent et un orateur persuasif. Sa foi fervente dans les doctrines de l'islam est incontestée[38].

  • Fantassin d'Abdelkader
    Fantassin d'Abdelkader
  • Cavaliers rouges d'Abdelkader
    Cavaliers rouges d'Abdelkader
  • Réguliers d'Abdelkader (1852-58)
    Réguliers d'Abdelkader (1852-58)

Nouvel État

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Article connexe :État d'Abdelkader.
L'État d'Abdelkader de 1837 à 1840.

La période de paix qui suit le traité de la Tafna profite aux deux parties et l'émir Abdelkader l'utilise au mieux pour consolider un nouvel État fonctionnel, avec pour capitaleTagdemt. Son pouvoir politique est subordonné à sonautorité spirituelle. Il refuse à plusieurs reprises le titre de sultan[39]. L'État qu'il crée est largementthéocratique : la plupart des postes d'autorité sont occupés par des membres de l'aristocratie religieuse et le système juridique et administratif qu'il institue s'inspire fortement de laloi coranique[40]. Il divise son territoire en 8 régions (khalifaliks), chacune gouvernée par uncalife (khalîfah) ; chaque région est elle-même divisée en districts, dirigés par desaghas ; chaque district rassemble plusieurs tribus, chacune d'elles commandée par uncaïd[41]. Il fait battre sa propre monnaie, lemuhammadiyya (dit « boudjou d'Abdelkader »), en référence au prophète de l'islam[42].

Abdelkader en Kabylie

Depuis le début dujihâd, des dissensions au sein de la population algérienne ont obligé l'émir ou ses représentants à intervenir. L'un des principaux foyers de contestation se situe àAïn Madhi, le fief de l'influente confrérieTijaniyya. Après un siège de six mois, commencé en juin 1838, les troupes d'Abdelkader s'emparent de la ville[43]. À la fin de 1838, son état s'étend à l'est jusqu'à laKabylie etBiskra, et à l'ouest jusqu'à la frontière marocaine[20].

Pour construire son nouvel État, Abdelkader s’entoure des meilleurs talents, quelles que soient leurs nationalités ou leurs religions ;Juifs et chrétiens sont parties prenantes à la construction de la nation ; le futur diplomate françaisLéon Roches est son secrétaire et traducteur de fin 1837 à fin 1839[20],[Note 3]. Sur le plan militaire, il compte sur une troupe permanente de 8 000fantassins, 2 000 cavaliers et 240artilleurs, soutenus par des volontaires des tribus locales. Il érige dans plusieurs villes des arsenaux, des entrepôts et des ateliers où il stocke des objets qu'il fait vendre dans le but de s'approvisionner en armes en provenance de l'Angleterre[20],[44].

De 1839 à 1847

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Peinture de l'expédition des Portes de fer enKabylie

La paix prend fin lorsque leduc d'Orléans, fils aîné du roiLouis-Philippe, et legouverneur généralValée, ignorant les termes du traité de la Tafna, dirigent une force expéditionnaire qui franchit lesPortes de Fer, entre Constantine et Alger, et s'engagent dans un territoire sous administration de l'émir. En conséquence, le, Abdelkader attaque les Français alors qu'ils colonisent lesplaines de la Mitidja et les met en déroute. En réponse, les Français lui déclarent officiellement la guerre le[45]. Les combats s'embourbent jusqu'à ce que le général Bugeaud retourne en Algérie en, cette fois en tant que gouverneur général. Abdelkader est, dans un premier temps, encouragé en entendant que Bugeaud, le promoteur du traité de la Tafna, revient. Mais cette fois, la tactique de Bugeaud est radicalement différente ; sa politique est celle de laterre brûlée avec la conquête de l'Algérie comme finalité[20]. Pour sanctionner une population acquise à l'émir dans le dessein de la rallier par nécessité à la France, l'armée razzie, incendie villages et récoltes, saccage les zones agricoles, s'empare du bétail[46]. Cette même année, l'émir perd ses principales villes:Boughar,Thaza,Tagdempt etMascara[47].

En1842, assailli de toutes parts, ses ressources financières au plus bas, il voit nombre de ses partisans contraints, souvent pour leur survie, à se soumettre aux Français. Il perd le contrôle de Tlemcen et, en son absence, sa capitale ambulante — sasmalah, composée de plusieurs milliers de tentes abritant des dizaines de milliers d’habitants — est découverte le 16 mai 1843 àTaguin et dévastée par les troupes duduc d'Aumale, cinquième fils de Louis-Philippe[48]. Cet évènement est suivi d'autres importants revers du camp algérien et, à la fin de l'année, Abdelkader se replie avec ses troupes et ses partisans au Maroc, gouverné par le sultan Abderrahmane, qui le soutient. Courroucés notamment par l'appui marocain à leur ennemi, les Français bombardent, en août 1844,Tanger, puisMogador, pendant que Bugeaud, promu maréchal, traverse la frontière avec 11000 hommes et défait l'armée marocaine à labataille d'Isly. Par letraité de Tanger, signé le, la France oblige Abderrahmane à bannir l'émir de son territoire[49].

Prise de la smalah d'Abdelkader à Taguin, 16 mai 1843.Horace Vernet, 1844. Commande du roi Louis-Philippe.

En, plus de 500 hommes, femmes et enfants de la tribu desOulad Riah, pourchassés par la colonne du lieutenant-colonelPélissier, se réfugient dans une grotte dans lemassif du Dahra. Après les avoir sommé en vain de se rendre, les soldats bouchent l'entrée au moyen de branchages auxquels ils mettent le feu, ce qui enfume la caverne et en consomme l'oxygène ; seuls 40 d'entre eux survivent[50]. Cetteenfumade fut précédée un an auparavant par celle du colonelCavaignac à l'encontre de membres de la tribu des Sbéhas, accusés d'avoir assassiné des colons et des caïds nommés par les Français ; traqués, ils se réfugièrent dans une grotte où tous périrent[51]. En, le colonelLeroy de Saint-Arnaud découvre 500 Algériens cachés dans une caverne ; comme ils refusent de se rendre, il fait boucher son entrée jusqu'à ce que mort s'ensuive[52].

Un mois plus tard, Abdelkader vainc les Français à labataille de Sidi-Brahim et fait 300 prisonniers. Il les conduit dans sadeira, sa « capitale » mobile campée sur les rives de laMoulouya qui sépare l'Algérie du Maroc. Exposée tant aux troupes françaises que marocaines et à court de nourriture, ladeira, qui compte environ 200 tentes, considère ces prisonniers comme une charge excessive. Abdelkader multiplie les propositions d'échange mais Bugeaud refuse, tablant sur une libération à laquelle l'émir, pense-t-il, sera astreint pour alléger les privations de sa communauté. Mais le, en l'absence d'Abdelkader qui combat à 500 km de là, un de ses lieutenants les exécute tous[53].

Affaiblies et harcelées sans répit par le maréchal Bugeaud et les troupes marocaines[54], plusieurs tribus se rendent en 1846 et 1847 aux autorités françaises, suivies par des compagnons d'arme de l'émir, ainsi qu'un de ses frères, qui jugent la situation intenable. Abdelkader, n'entrevoyant aucune autre issue, et préférant tomber aux mains de ceux qui l'ont combattu que dans celles deMoulay Abderrahmane qui l'a trahi[55], décide, le, de se rendre au généralLouis de Lamoricière en échange d'unsauf-conduit pourAlexandrie ouAcre[56]. Sa demande est acceptée et, deux jours plus tard, sa reddition et sa contrepartie sont officialisées par le gouverneur général, le duc d'Aumale, auquel Abdelkader remet symboliquement son cheval de bataille[57]. Son biographe anglais écrira quelques années plus tard : « Sa carrière venait de prendre fin. Jusque-là, sa vie avait été consacrée à Dieu et à sa patrie. Elle ne devait, désormais, être consacrée qu’à Dieu »[58].

  • Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1840)
    Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1840)
  • La reddition d'Abdelkader, peinture d'Augustin Regis
    La reddition d'Abdelkader, peinture d'Augustin Regis
  • Maréchal Thomas Robert Bugeaud
    Maréchal Thomas Robert Bugeaud

Emprisonnement et exil

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Tombe auchâteau d'Amboise de27 membres de la suite d'Abdelkader morts durant son séjour en ce lieu, dont l'une de ses femmes, un de ses frères et deux de ses enfants.

Paris refuse d'honorer la promesse du général de Lamoricière et du duc d'Aumale : le bateau qui transporte Abdelkader et ses proches — presque une centaine — met le cap surToulon. Les Algériens sont détenus quatre mois aufort Lamalgue, puis six mois auchâteau de Pau, avant d'être transférés auchâteau d'Amboise en[47].

L'enfermement et aussi l'humidité du château conduisent à la détérioration de la santé et du moral de l'émir et de ses proches. Sa vie devient une cause célèbre dans certains cercles littéraires. Plusieurs personnalités, dontÉmile de Girardin etVictor Hugo, demandent au gouvernement plus de précisions sur la situation de l'émir. Le futur Premier ministre,Émile Ollivier, mène une campagne d'opinion publique pour sensibiliser la population à son sort. Une pression internationale se fait jour.George Vane-Tempest,5e marquis de Londonderry, rend visite à Abdelkader àAmboise et écrit au président de l'époque,Louis-Napoléon Bonaparte, qu'il a connu lors de son exil en Angleterre, pour solliciter la libération de l'émir[59].

NapoléonIII rend la liberté à l'émir Abd el-Kader (1852),
peinture d'
Ange Tissier,1861.

Louis-Napoléon Bonaparte, le premier président de laSeconde République française, est arrivé au pouvoir à la suite de larévolution de 1848 alors qu'Abdelkader était déjà emprisonné. Il tient à rompre avec plusieurs décrets politiques du régime précédent et la cause de l'émir en fait partie[60]. Finalement, le, l'émir et les siens sont libérés par le prince-président. Abdelkader reste encore deux mois en France. A deux reprises il visite Paris, où il rencontre à nouveau son libérateur ; la première fois, auchâteau de Saint-Cloud, où l’émir, de son plein gré, fait serment de ne plus jamais fomenter de troubles en Algérie ; la seconde, le 2 décembre, aupalais des Tuileries, où Louis-Napoléon est proclamé empereur sous le nom de Napoléon III. Deux semaines plus tard, Abdelkader et sa suite quittent le pays pourBursa, aujourd'hui en Turquie. La France lui alloue une pension annuelle de 100000 francs[61],[62],[63].

Abdelkader vers 1852, peinture d'Ange Tissier.

Peu après son installation à Bursa, Abdelkader reçoit un sabre de grande valeur avec ces mots gravés sur le fourreau : « Le sultan Napoléon III à l’émir Abd-el-Kader-ben-Mahhi-ed-Dîn ». Ainsi qu'il le lui avait promis à Paris, l'émir envoie à l'empereur troispur-sangarabes. Au cœur d'une population généralement inamicale à l'égard des peuples arabes et dont la langue et les mœurs lui sont étrangers, et malgré des liens étroits avec des érudits et des savants religieux, sa situation à Bursa le pèse, mais il n'ose en informer l'empereur. L'occasion toutefois se présente au début de 1855, lorsqu'un violent tremblement de terre ravage la ville, incitant l'émir à se rendre à Paris pour demander, et recevoir, l'autorisation de l'empereur de s'installer àDamas[64]. Avant de quitter Paris, il visite l'Exposition universelle et remet au président de laSociété asiatique le manuscrit de sonRappel à l’intelligent, avis à l’indifférent. Ce manuscrit sera traduit en français et publié en 1858, puis retraduit en 1977 sous le titre deLettre aux Français[62]. De retour en Orient, il s'installe à Damas, dans le quartier d'Amara, avec sa famille et ses proches, 200 personnes en tout, alors que 500 autres y résident depuis 1847, à la suite de leur soumission à la France. En raison de nouvelles arrivées, les Algériens forment bientôt une vaste communauté, dont plus d'un millier d'anciens fantassins et cavaliers[65].

Émeutes anti-chrétiennes de 1860

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Article connexe :Massacre de Damas.

En février 1856, le sultan de l’Empire ottomanAbdülmecid Ier, pressé par ses alliés européens, signe leHatti-Humayoun. Ce décret abolit l’ascendant des musulmans et desDruzes sur les populations non-musulmanes, qui obtiennent ainsi les mêmes droits civils, professionnels, politiques, judiciaires, militaires que les musulmans. AuLiban, territoire ottoman, cette réforme alimente les rivalités entre Druzes et chrétiensmaronites, les premiers se considérant rabaissés, et les seconds redressant le menton avec une certaine ostentation. Les autorités ottomanes, sous la pression des musulmans, ne font rien, bien au contraire, pour contenir un début de conflit. Celui-ci atteint son paroxysme en juin 1860, quand environ 10000 chrétiens sont massacrés par les Druzes et environ 2000 Druzes par les chrétiens. Entre 3000 et 6000 (les sources varient) chrétiens de toutes confessions se réfugient à Damas, capitale de la Syrie ottomane[66],[67].

Abdelkader protégeant les chrétiens à Damas lors des massacres commis par les Druzes en 1860, peinture deJan-Baptist Huysmans.

À Damas, le conflit libanais a exacerbé le sentiment anti-chrétien[Note 4]. Des notables musulmans joints aux compagnons d'Abdelkader tentent d'apaiser les tensions, tandis que l'émir prévient le consul de France d'un risque imminent d'embrasement et lui demande des armes, qu'il obtient. Dans ce contexte effervescent, un groupe d'adolescents musulmans commet des outrages liés à des symboles chrétiens. Arrêtés par des gardes ottomans, ces derniers sont pris à parti par un groupe de jeunes fanatiques, qui ameutent les masses[68],[69].

Maisons du quartier chrétien de Damas après les évènements de juillet 1860.

Une majorité de Druzes, mais également desmiliciensKurdes et d'autres musulmans, en tout plusieurs dizaines de milliers d'hommes, affluent de toutes parts et attaquent le quartier chrétien, massacrent hommes, femmes et enfants, pillent et incendient les maisons. Les soldats dupacha ne parviennent pas à juguler l'émeute ; certains rejoignent les forcenés. Abdelkader et ses compagnons d'arme investissent le quartier, pressant les survivants à se réfugier chez lui et chez ses compatriotes, sauvant ainsi des milliers de vies. Parmi elles, lesSœurs de la charité et lesLazaristes avec les 400 enfants dont ces deux congrégations avaient la charge. Les témoignages concernant le nombre de morts sont très variables : de 3000 à 15000[70],[71]. Un médecin français rapporte :

« ... nous demeurâmes consternés, tous bien convaincus que notre dernière heure avait sonné. […] Dans cette attente de la mort, dans ces moments d'angoisse indescriptibles, le ciel nous envoya pourtant un sauveur ! Abd el-Kader paru, entouré de ses Algériens, au nombre d'une quarantaine. Il était à cheval et sans armes : sa belle figure calme et imposante offrait un étrange contraste avec le bruit et le désordre qui régnaient de toutes parts. »

— Le Siècle,[72]

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Cadeau d'Abraham Lincoln à l'émir Abdelkader

Les rapports publiés enSyrie, alors que les émeutes se sont calmées, soulignent le rôle prééminent d'Abdelkader, suivi d'une reconnaissance internationale considérable. Le gouvernement français augmente sa pension à 150 000 francs et lui confère lagrand-croix de la légion d'honneur[73]. Il reçoit également lagrand-croix du Sauveur duroyaume de Grèce, lagrand-croix de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare duroyaume d'Italie, lagrand-croix du Médjidié de l’Empire ottoman, lagrand-croix de l'Aigle noir de laPrusse, lagrand-croix de l’Aigle blanc de laRussie impériale et lagrand-croix de l’ordre de Pie IX duVatican[74].Abraham Lincoln lui envoie une paire de revolvers incrustés (maintenant exposés dans le musée d'Alger) et la Grande-Bretagne, un fusil de chasse incrusté d'or.

En France, l'épisode représente l'aboutissement d'un revirement radical : être considéré comme un ennemi de la France durant la première moitié duXIXe siècle et devenir un« ami de la France » après être intervenu en faveur des chrétiens persécutés[75],[Note 5].« Ce que j’ai fait — répondra l'émir à l'ImamChamil —, je me devais de le faire au nom de l’islam et du respect des droits humains »[76].

Dernières décennies

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Abdelkader à Damas vers 1862

Lorsqu'il n'a pas d'autres engagements, la journée d'Abdelkader est vouée à sa vocation religieuse et spirituelle. Selon son biographe anglais, Ch. H. Churchill, qui l'a bien connu à Brousse et à Damas, l'émir se lève deux heures avant le lever du soleil pour méditer et prier chez lui et à la mosquée, déjeune, puis travaille dans son bureau jusqu'à midi. Il rejoint ensuite la mosquée pour la prière de la mi-journée (dhuhr), suivie de trois heures d'enseignement religieux à son groupe d'élèves. Après la prière de l'après-midi (asr), il rentre au foyer et passe une bonne heure avec ses huit fils. Il dîne puis retourne à la mosquée pour les deux dernières prières de la journée, entre lesquelles il enseigne à nouveau. Il passe ensuite environ deux heures dans son bureau, puis se couche[77].

En janvier 1863, Abdelkader quitte Damas pour leHedjaz. Il accomplit le pèlerinage à La Mecque, passe trois mois àTaïf et retourne à La Mecque où il se rattache aucheikhdarqawi Muhammad al Fâsî al-Shâdhilî. Il y reste huit mois puis séjourne trois mois àMédine, avant de rentrer à Damas[78].

Le 18 juin 1864, après avoir quitté Médine pour regagner Damas, Abdelkader est initié à lafranc-maçonnerie par laloge « Les pyramides d'Égypte » d'Alexandrie, par délégation de la loge parisienne « Henri IV »[79],[80],[81]. Ses premiers rapports avec la franc-maçonnerie datent de septembre 1860, après le sauvetage des Chrétiens de Damas, lorsqu'il est contacté par des maçons de la loge « Henri IV », affiliée auGrand Orient de France. Intéressé à tisser des liens humanitaires, l'émir juge favorablement les principes et les idéaux du GOF : l’existence de Dieu (« Grand Architecte de l'Univers »), l’immortalité de l’âme, l’amour de l’humanité, la pratique de la tolérance et la fraternité universelle. Mais déjà un an après son initiation — qui sera confirmée dans la loge « Henri IV » à Paris en 1865 —, il observe chez ses « frères » maçons un effritement progressif de la croyance en l'existence de Dieu et en l'immortalité de l'âme. Ne pouvant accepter cette relativisation de ce qui pour lui est immuable, il quitte la franc-maçonnerie[Note 6],[82].

Abdelkader photographié par
Étienne Carjat en 1865

En 1865, il se rend àConstantinople,Londres et Paris[83]. En 1867, à l’occasion de l’Exposition universelle, il retourne à Paris, invité par Napoléon III[84].

Il est invité à l'inauguration ducanal de Suez le du fait de ses liens avec le vice-roi d'Égypte,Ismaïl Pacha, et avecFerdinand de Lesseps, le promoteur et directeur du percement du canal, dont il avait été l'un des soutiens les plus actifs[85],[86]. Cette même année il rencontre, toujours en Égypte, l'ImamChamil, dont leparcours de vie — dans leCaucase du nord convoité puis annexé par les Russes — converge avec celui de l'émir (soufi, élection à la tête dujihad, reddition après des années de lutte, détention en Russie)[87].

En 1871, lors de larévolte de Mokrani en Algérie, il aurait renié un de ses fils qui a tenté de soulever les tribus autour deConstantine[20]. Mais selon Bruno Étienne, les historiens qui ont étudié les lettres de l’émir en rapport avec cet événement émettent de sérieuses réserves quant à leur authenticité : on n’y trouve ni le cachet habituel de l’émir, ni son style caractéristique, et elles comportent de lourdes fautes de langue[88].

Abdelkader meurt àDamas le. Après avoir reçu les honneurs militaires, en présence de ses « frères en Dieu », des autorités de la ville, des représentants consulaires et d'une foule innombrable, il est inhumé, selon sa demande, dans le mausolée d'Ibn Arabi, dont il incarne l'enseignement six siècles plus tard[89]. Cette filiation spirituelle entre Ibn Arabi et Abdelkader se révèle tant dans les commentaires consignés par ses auditeurs damascènes, que dans ceux écrits de sa propre main, et qui forment le volumineuxKitâb al-mawâqif, le « Livre des haltes », ouvrage majeur de l'émir, qui témoigne de sa science spirituelle[90],[Note 7]

En 1965, afin de cimenter la cohésion nationale, les autorités algériennes demandent aux descendants de l'émir l'autorisation de rapatrier ses restes. La famille accepte à la condition que l'arrière-petit-fils de l'émir,Abder Razak Abdelkader, détenu par le gouvernement algérien, soit libéré. À la suite de sa libération et de son expulsion vers la France, les restes de l'émir sont transférés de Damas aucimetière d'El Alia dans la banlieue d'Alger[91].

  • Hussein, Mustapha et Mohammed-Saïd, frères de l'émir, photographiés par les frères Abdullah en 1856 en Turquie.
    Hussein, Mustapha et Mohammed-Saïd, frères de l'émir, photographiés par les frères Abdullah en 1856 en Turquie.
  • L'Empire ottoman en 1875 sous le sultanat d'Abdulaziz.
    L'Empire ottoman en 1875 sous le sultanat d'Abdulaziz.
  • Les restes de l'émir, transférés de Damas, arrivent le 4 juillet 1966 à Alger.
    Les restes de l'émir, transférés de Damas, arrivent le 4 juillet 1966 à Alger.

Héritage et image

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Laplace de l'Émir-Abdelkader, àAlger.

Dès le début de son combat, Abdelkader inspire de l'admiration, non seulement en Algérie, mais aussi dans bien des pays d'Europe. La« généreuse préoccupation, la tendre sympathie » qu'il montre envers ses prisonniers est« presque sans parallèle dans les annales de la guerre »[92], et il prend soin de respecter leur religion. En 1843, lemaréchal Soult déclare que, parmi les hommes de son époque qu'il a connus ou dont il a entendu parler, Abdelkader est l'un des trois grands ; les deux autres, l'Imam Shamil etMéhémet Ali d'Égypte, sont aussimusulmans, précise-t-il[93]. Abdelkader est reconnu comme l'un des plus grands de son peuple[20].

Abdelkader fait l’objet d’une véritable construction mythologique au cours duXIXe siècle, en particulier en France, comme en témoignent les représentations des artistes. Même si son image évolue en fonction de l’époque, il est le seul chef algérien ainsi valorisé[94].

Iconographie et représentations

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Carte et timbre en l'honneur d'Abdelkader et Bugeaud, 1950.

À partir de 1843, les représentations et descriptions d'Abd el-Kader sont moins fantaisistes qu'elles ne l'étaient jusqu'alors ; elles insistent sur la noblesse du personnage, dont les valeurs (courage, distinction, sobriété, piété…) participent à la mise en place d'un portrait valorisant qui s’inscrit dans la tradition ancienne de reconnaître un caractère chevaleresque à l’adversaire oriental[94]. Ainsi, Abd el-Kader est déjà une « légende » lors de sa reddition en 1847 et les représentations françaises de l'épisode louent conjointement la victoire de la France et la dignité du vaincu. À la fin de la monarchie de Juillet, l’émir possède une grande renommée et une « extrême popularité »[94]. Celle-ci se conservera après la chute de la monarchie, et lorsque le prince président Louis-Napoléon Bonaparte le libère en 1852, il est « l’idole de Paris »[94]. C’est à ce contexte qu’appartiennent le tableauNapoléon, prince-président, recevant l'émir Abd-el-Kader au palais de Saint-Cloud deThéophile Gide[95] et le bas-reliefL’empereur reçoit Abd el-Kader au palais de Saint-Cloud deJean-Baptiste Carpeaux[96]. Cette œuvre a pour but de montrer qu’à la différence de la monarchie qui emprisonne, Napoléon III libère[97].

L’épisode de la protection des chrétiens de Damas renforce son image[98],[99]. Il est comparé àNapoléon Ier, deux souverains vaincus, et aussi àJugurtha, roi deNumidie, territoire berbère situé à présent en Algérie[99]. En France, laIIIe République (1870-1940) reprend l'image emblématique de l'émir en l’incluant dans un discours colonial, faisant de sa personne un « chantre du patriotisme français »[94]

Dans l’Algérie post-coloniale, Abdelkader va aussi connaître une réutilisation de son image. Alors qu'il est absent des premiers discours des Algériens luttant contre la colonisation — son lien avec la France l’ayant discrédité —, il devient une figure nationale à partir de 1964 et sert à justifier l’abandon du système des tribus au bénéfice d’une unité centrale[99]. François Pouillon remarque que dans un ouvrage algérien consacré à l'émir publié en 1974 par le ministère de l’Information et de la Culture, aucune photographie n’est reproduite. Cela permet de ne conserver que la figure du résistant en omettant son lien avec la France. Les photographies qui le montrent portant sa Légion d’Honneur ne correspondent pas à la lecture nationaliste. De même, les images où il tient un chapelet dénotent son appartenance au soufisme, qu'on voulait taire[100],[101].

Une médaille à l'effigie d'Abdelkader est gravée parAntoine Bovy en. L'effigie du droit est inspirée du portrait peint parAnge Tissier en. Le revers porte l'inscription suivante au pourtour :

« Émir de l'Afrique du Nord · Défenseur de la nationalité Arabe · Protecteur des chrétiens opprimés · 1862 »

et dans le champ :

« Jugurtha moderne / Il a tenu en échec l'une des plus puissantes nations de la Terre / Pendant 14 ans son histoire est celle de nos revers et de nos succès en Afrique / Il fait sa soumission le 23 décembre 1847 / Un décret magnanime de Napoléon III lui rend la liberté le 2 décembre 1852 / En 1860 il s'acquitte envers l'Empereur en devenant la providence des chrétiens de Syrie / La France qu'il a combattue l'aime et l'admire »

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Un exemplaire de cette médaille est conservé aumusée Carnavalet (ND 0144)[102].

AuMexique, une statue de l'émir Abdelkader est réalisée par l'architecte Luis Aguilar en[103].

Un buste d'Abdelkader est inauguré au siège de laCroix-Rouge, àGenève, en 2013[104].

Noms de lieux ou d'institutions

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Mosquée et Université des sciences islamiques Émir Abdelkader, Constantine.

EnAlgérie, le nom de l'émir Abdelkader est donné à :


AuMaroc, son nom est donné à lagare de Meknès, à une rue deCasablanca et à une avenue deRabat.

EnTunisie, à une rue deSfax.

Place Émir-Abd-El-Kader à Lyon (France).

EnFrance, à :

AuxÉtats-Unis, son nom a servi à nommer la ville d'Elkader dans l'Iowa.

En Russie, son nom est donné à une place deMoscou.

Mémoire

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Timbre algérien de 1966 à l'effigie de l'émir.

L'émir est considéré par leFLN depuis 1962 comme le fondateur de l’État algérien moderne[107].

En mars 2017, la Fondation Émir Abdelkader annonce la réalisation d'une « Maison de l’émir Abdelkader » à Alger[108].

À la recherche de l'Émir Abd El-Kader est un film réalisé par Mohamed Latreche en 2004[109].

En 2013, le cinéaste américainOliver Stone annonce la production prochaine d'unfilm biographique intituléThe Emir Abd el-Kader, qui serait réalisé parCharles Burnett[110], mais le projet est gelé en 2017[111].

La bourse « Abdelkader » est une bourse post-doctorale de l'Institut des hautes études en culture de l'Université de Virginie[112].

Au début de 2024, l’Algérie demande à la France de restituer un sabre, un burnous et d’autres « biens symboliques » de l’émir conservés au château d’Amboise où il a été prisonnier. Cette restitution est présentée par l'Algérie comme une des conditions de la visite en France du présidentAbdelmadjid Tebboune[113].

Descendance

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Au début duXXe siècle, les fils d'Abdelkader exilés enSyrie sont au nombre de neuf, les filles de cinq, mariées à des cousins. Son fils Hachem rentre en Algérie en 1892 et meurt àBou Saâda en 1900, laissant deux fils dont l’un, Khaled, jouera un rôle politique important en Algérie[114].

Des huit autres fils de l'émir, deux seulement demeurentsujets français, dont Omar Abdelkader ben Abdelmalek El-Djazairi qui sera pendu par les Turcs à Damas le 6 mai 1916, officiellement pour trahison envers l’islam (en fait, il avait combattu la colonisation ottomane auLevant)[47]. Les autres fils prennent la nationalité turque. L’aîné Mohamed et son frère Mahieddine deviennent des sénateurs de l’Empire ottoman[114].

Un autre fils, Abdelmalek, a une carrière mouvementée. Il intègre l’armée ottomane, puis gagneTanger en 1902. Il se joint ensuite à la rébellion deCheikh Bouamama en Algérie puis devient inspecteur général de la police chérifienne à Tanger, avant de rejoindre en 1915 le chef rebelleRaissouli dans leRif, parmi une population hostile à la France[114].

Le sixième fils d’Abdelkader, Abdallah, est arrêté en 1909 pour conspiration contre laConstitution ; il échappe à la pendaison grâce à l’intervention de l’ambassade de France et retourne à Damas[114].

L'émir Ali, chef du clan ottoman de la famille, est le seul à avoir eu un rôle politique de quelque importance en Syrie ; son influence est considérable à Damas et dans toute la Syrie. Il épouse la sœur d'Ahmed Izzet Pacha et parvient à se rapprocher du gouvernement desJeunes-Turcs. Il devient Président du comité « Union et Progrès » de Damas. Quand, en 1911, les Italiens entreprennent la conquête de laTripolitaine, laSublime Porte charge Ali Pacha d’organiser la résistance des tribus arabes. Il devientdéputé de Damas en 1913[114]. Son fils Saïd alimente une campagne de presse dans leRaî el Aâm et leMouhadjir contre la politique française en Afrique du Nord[114].

En 1979, laCour des comptes française relève que les descendants de l'émir perçoivent toujours une rente de l’État (1,3 million de francs par an). Elle a été supprimée depuis[115].

L'émir Khaled, petit-fils de l'émir, commence par une carrière militaire dans l'armée française, puis entame une carrière politique en Algérie, où il milite activement pour l'indépendance du pays. Il est considéré comme le fondateur dunationalisme algérien[116].

Un des descendants d'Abdelkader est confronté àLawrence d'Arabie au cours de larévolte arabe de 1916-1918[117].

Muhammad Saïd al-Jazaïri, arrière-petit-fils de l'émir, est gouverneur deDamas pendant les quelques mois qui précèdent l'entrée des forces britanniques et arabes àla fin dela Première Guerre mondiale en 1918. Il est l'un des fondateurs dubloc national opposé au mandat français[118]. EnPalestine, il vend au double de leur valeur de nombreuses propriétés auFonds national juif[91].

Un autre de ses arrière-petits fils,Abderrazak Abdelkader (1914-1998), fils de Muhammad Saïd al-Jazaïri,marxisteanti-nazi et résistant desFFL pendant laSeconde Guerre mondiale, apporte son aide auPalmach juif en 1948, puis milite auFLN et auParti communiste français, en prenant fait et cause pour lesionisme perçu comme unsocialisme démocratique porteur de germes de libération. Considérant que lesJuifs ont droit à un pays, il publie deux essais sur ce thème auxéditions Maspero. Il épouse une juiveisraélienne et devient citoyen israélien en 1994[119]. Il est enterré en 1998 dans lekibboutz d’Afakim en Israël[120],[121],[122]. Ses frères fontSaint-Cyr et deviennentofficiers supérieurs dans l’Armée française ; l'un d’eux est tué enIndochine[91].

Œuvre écrite

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Éditions en arabe

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  • Dhikrâ el-âqiI, Alger, Rahma.
  • El-miqrâdh el-hadd, Alger, Rahma[123].
  • El-Sayra el-dhâtiyya (autobiographie), Alger, Dar-al-Umma.
  • Kitâb el-mawâqif (méditations mystiques),Damas etAlger, ENAG,1996, 3 volumes.
  • Chiʻr al-Chaykh al-Ḥādj ʻAbd al-Qādir wa ḥukm charʻī li-al-ʻAskar al-Muḥammadī, textes publiés par le capitaine Boissonnet, Paris/Alger, Hashit, 1848 (poèmes et textes d'Abdelkader, en arabe ; introduction en français[124]).

La correspondance d'Abdelkader n'a pas été éditée, selon El Mouradia.

Traductions en français

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Décorations

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Notes et références

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Notes

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  1. Selon A. Bellemare, dans un premier temps, Desmichels avait fait parvenir à l'émir une proposition de traité, que l'émir avait approuvée, cachetée et renvoyée au général, accompagnée de conditions complémentaires, que Desmichels accepta, cacheta et retourna à l'émir. Abdelkader était convaincu que, par leurs cachets, ces documents faisaient foi et complétaient le traité signé peu après, alors que le général n'y voyait que des notes préliminaires au traité.Abd el-Kader : sa vie politique et militaire, Bouchêne, 2003, p. 38-43.
  2. « Le traité de la Tafna s'accompagne d'un accord secret, comportant des concessions que Bugeaud n'avait pas pouvoir d'accorder. Tout le monde est trompé : la France, que le général a engagée au-delà des instructions reçues, mais surtout l'émir, qu'une rédaction ambiguë a induit en erreur sur les véritables intentions d'un adversaire qu'il croyait digne de foi. Les seuls intérêts bien défendus dans cette affaire sont ceux de Bugeaud lui-même. Toute honte bue, le général a obtenu de l'émir une commission de cent quatre-vingt mille francs « pour assurer l'entretien des chemins vicinaux dans sa circonscription » — il est aussi député de laDordogne — et consentir quelques largesses à ses officiers. Finalement, il rendra cet argent, l'étrange marché ayant fait du bruit. » Michel Chodkiewicz, Introduction dansAbd el-Kader, Écrits spirituels, Le Seuil (Points Sagesses), 1982, p. 16.
  3. « Feignant de se convertir à l'Islam, Léon Roches devient l'un des proches de l'émir et sert en sous-main les intérêts français jusqu'au jour où, sa trahison avérée, il s'enfuit après une scène au cours de laquelle Abd el-Kader manifeste plus de tristesse et de mépris que de colère. Sur bien des points, les Mémoires de Roches (Trente-deux ans à travers l’Islam) sont loin d'être aussi dignes de foi qu'on le pensait jadis. Mais, confirmées d'ailleurs par de multiples témoignages, les notations sur la personne de l'émir, son caractère, son mode de vie méritent créance. […] Tout en affichant sa bonne conscience de patriote français, Roches — dont la France fera, après une longue carrière algérienne, un ministre plénipotentiaire au Japon — laisse percer dans ses Mémoires un remords qui le conduira à correspondre, bien des années plus tard, avec l'émir, et à tenter — sans succès — de le revoir. » Michel Chodkiewicz, Introduction dansAbd el-Kader, Écrits spirituels, Le Seuil (Points Sagesses), 1982, p. 16-17, 182.
  4. La communauté chrétienne de Damas se compose de Grecs orthodoxes, de Syriaques orthodoxes, de Melkites (Grecs-catholiques), d'Arméniens, de Maronites, etc.
  5. « [Les nationalistes] refusent de reconnaître le rôle d'ami de la France joué par l'émir à Damas sous le Second Empire. En 1860, en effet, Abd-el-Kader intervint pour protéger les chrétiens lors des massacres de Syrie, ce qui lui valut d'être fait grand-croix de la Légion d'honneur par Napoléon III »,Jean-Charles Jauffret,La Guerre d'Algérie par les documents, Volume 2, Service historique de l'Armée de terre, 1998,p. 174.
    « Notre ancien adversaire en Algérie était devenu un loyal ami de la France, et personne n'ignore que son concours nous a été précieux dans les circonstances difficiles »,Archives diplomatiques : recueil mensuel de diplomatie, d'histoire et de droit international, Numéros 3 à 4, Amyot, 1877,
    p. 384.
    « Les Français ont continué de payer sa pension et à surveiller ses activités, et 'Abd al-Qadir est resté un« ami de la France » autoproclamé jusqu'à sa mort en 1883. », N. Achrati,Following the Leader: A History and Evolution of the Amir ‘Abd al-Qadir al-Jazairi as Symbol, The Journal of North African Studies, Volume 12, Issue 2, 2007.
  6. En 1877, le Grand Orient supprimera officiellement l'obligation de se référer à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme.
  7. « Il [Ibn `Arabî] est notre trésor d'où nous puisons ce que nous écrivons, le tirant soit de sa forme spirituelle (min ruhâniyyatihi), soit de ce qu'il a lui-même écrit dans ses ouvrages. » `Abd al-Qâdir al-Jazâ'irî,Kitâb al-mawâqif, 2e éd., Damas, 1966-1967, p. 1337.
  8. Dans cette même ville, une sculpture de l'artiste Michel Audiard, le représentant, est inaugurée en février 2022.« À Amboise, la sculpture en hommage au héros algérien Abdelkader vandalisée », surL'Obs,(consulté le).

Références

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  1. AhmedBouyerdene,Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil,,p. 24-25, 232.
  2. Mehdi Litim, « M. Idriss Jazaïry, diplomate algérien, s’est éteint le 27 février 2020, laissant derrière lui une longue et vaste expérience dans le domaine des relations internationales et des droits de l’Homme », surUN today,(consulté le).
  3. AhmedBouyerdene,La guerre et la paix : Abd el-Kader et la France, Vendémiaire,,p. 16.
  4. AhmedBouyerdene,Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil,(lire en ligne),p. 19, 27-28.
  5. AlexandreBellemare,Abd el-Kader : sa vie politique et militaire, Bouchêne,(lire en ligne),p. 10-11.
  6. Edouard Michaux-Bellaire,Archives Marocaines, vol. XXVII, 1927 : Confréries religieuses au Maroc,(lire en ligne),p. 188.
  7. (en) David M.Hart,Tribe and Society in Rural Morocco, Routledge,(ISBN 978-1-135-30254-2,lire en ligne),p. 133.
  8. AhmedBouyerdene,Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil,(lire en ligne),p. 25.
  9. AbdelkaderBoutaleb,L'émir Abd-el-Kader et la formation de la nation algérienne: de l'émir Abd-el-Kader à la guerre de libération, Editions Dahlab,(lire en ligne),p. 55
  10. Joseph A.Kéchichian,The Arab Nationalist Advisor: Yusuf Yassin of Saudi Arabia, Liverpool University Press,(ISBN 978-1-83764-559-6 et978-1-84519-804-6,DOI 10.2307/j.ctv345pcv2,lire en ligne),p. 22.
  11. MikiKilali, « La métamorphose d'Abd El-Kader. Expériences des emprisonnements en France (1848-1852) »,theses.hal.science, Sorbonne Université,‎,p. 92(lire en ligne, consulté le).
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Voir aussi

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Bibliographie

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Ouvrages généraux

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Travaux universitaires

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Expositions

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  • Camille Faucourt (dir.) et Florence Hudowicz (dir.),Abd el-Kader (catalogue d’exposition, Marseille,Mucem, 5 avril-22 août 2022), Errance/Mucem,(ISBN 978-2-87772-980-2,lire en ligne)« Abd el-Kader », surmucem.org
  • Abd el-Kader et l'Algérie au XIXe siècle dans les collections du musée Condé à Chantilly (exposition, Jeu de Paume duMusée Condé, Chantilly, 22 février-21 avril 2003), Somogy/Paris-Méditerranée/Edif,(ISBN 2-85056-631-4)
  • Un héros des deux rives, Abd el-Kader, l'homme et sa légende (exposition, 26 février-23 juin 2003,Hôtel de Soubise), Centre historique des archives nationales,(ISBN 2-86000-300-2)
  • L’Émir Abd el-Kader : un homme, un destin, un message, exposition itinérante inaugurée en décembre 2002 à la bibliothèque de l’Institut du monde arabe — un cahier en couleur intitulé « L'Émir Abd el-Kader, itinéraire d'un homme d'action et de méditation » (31 p.) et basé sur l’exposition est publié conjointement aux textes des actes de la journée d’études du 14 décembre 2002 dansL’Émir Abd el-Kader, témoin et visionnaire, 2004.
  • À propos d'Abdelkader : en hommage au plus illustre prisonnier duchâteau de Pau (textes réunis par Paul Mironneau et Claude Menges), Pin à crochets,(ISBN 2-911715-05-5)

Biographies

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Notices biographiques

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Articles

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  • Jacques Frémeaux, « Abd el-Kader, chef de guerre (1832-1847) », dansRevue historique des armées,no 250, 2008,p.  100-107,[lire en ligne].
  • « Abd el-Kader », numéro spécial de la revueLe Cheval de Troie,, 128 pp. [contributions de Houriyah Abdelouahed, Michel Chodkiewicz, Jean-François Clément, Claudette Dupraz, Bruno Étienne, Fathi Ghlamallah, Karima Hirt ; textes de l'émir].

Filmographie

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  • L'Émir Abd el-Kader à Amboise le prisonnier tant aimé, documentaire historique présenté par Adyl Abdelhafidi (2013).
  • Poussières de Juillet, court-métrage réalisé en 1967 parChérif El Hachemi à l'occasion du transfert des restes de l'émir à Alger. Texte : poésie deKateb Yacine. Illustrations :M'hamed Issiakhem.

Romans

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  • Abdelkader Djemaï,La Dernière Nuit de l'émir (roman), Paris, Le Seuil, coll. « Cadre rouge », 2012, 154 p.(ISBN 9782021039276).
  • Claude Diaz, L'espoir des vaincus Soldats perdus d'Abd el-Kader à Sète, L'Harmattan, Collection « Romans historiquesXIXe siècle », 2013(ISBN 978-2-343-02273-4).
  • Waciny Laredj,Le Livre de l'émir, Actes Sud, 2006.
  • Martine Le Coz,La Couronne de vent, Al Manar, 2009.
  • Martine Le Coz,Le Jardin d'Orient, Michalon, 2008.

Articles connexes

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Liens externes

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