| Abbaye Saint-Pierre de Montmajour | |||
Cloître de l'abbaye. | |||
| Présentation | |||
|---|---|---|---|
| Nom local | Abbatia sancti petri montis maioris | ||
| Culte | Église désaffectée depuis la Révolution française | ||
| Type | Ancienne abbaye de moines bénédictins de 948 à 1791 | ||
| Rattachement | Propriété d’État gérée par le Centre des monuments nationaux depuis 1945 | ||
| Début de la construction | Xe siècle | ||
| Fin des travaux | XVIIIe siècle | ||
| Architecte | Pierre II Mignard | ||
| Style dominant | Architecture romane, gothique, classique | ||
| Protection | |||
| Site web | www.abbaye-montmajour.fr | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | |||
| Département | |||
| Ville | |||
| Coordonnées | 43° 42′ 22″ nord, 4° 39′ 44″ est | ||
Géolocalisation sur la carte :Bouches-du-Rhône Géolocalisation sur la carte :France | |||
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L'abbaye Saint-Pierre de Montmajour est uneabbaye bénédictine fondée en948[1] à environ quatre kilomètres au nord-est du centre historique d'Arles dans le département desBouches-du-Rhône. Dès la fin duXe siècle, elle devient l'une des abbayes les plus riches deProvence et le monastère se développe, entre leXIe siècle et le début duXVIIIe siècle, par la construction d'une série de bâtiments religieux et militaires. Abandonné à la fin duXVIIIe siècle, puis fortement dégradé après laRévolution, cet ensemble architectural fait l’objet d’un classement au titre desmonuments historiques par laliste de 1840[2],[3], les bâtiments annexes étant classés en 1921.
Le nom de l'abbaye est attesté sous la forme latiniséeMonsmajoris[Quand ?][4].
En octobre949,Teucinde, une femme de l’aristocratie bourguignonne qui a suiviHugues d'Arles en Provence, également sœur du prévôt du chapitre Gontard, achète l’île de Montmajour[N 1] qui appartient à l'archevêque d'ArlesManassès et en fait donation aux religieux qui y vivent ; l’abbaye est fondée[5],[6]. Teucinde confirme sa donation en977. Dès960, de nombreuses autres donations sont effectuées en faveur de l’abbaye à l’époque de son premier abbé Mauring et de son premier prieur Pons. Une donation particulièrement importante est celle de961, effectuée par la comtesse Berthe, nièce d’Hugues d'Arles et épouse de Raimond, comte deRouergue et marquis[7] ; elle donne à la nouvelle communauté quelques-unes de sesres proprietatis, certaines situées à l’est duRhône, inregno Provinciae, et d’autres à l’ouest jusqu’au comté d’Agde,in regnum Gociae[8]. En963, signe de la prospérité et notoriété naissantes de cette abbaye, le papeLéon VIII place le monastère sous son autorité directe.
Dès1005[9], voulant être enseveli à Montmajour, Franco de Marignane, père de l'archevêque d'Arles,Pons de Marignane, offre à l’abbaye, après son décès, une série de biens dont une manse dans la villa de Marignane, la moitié d’une dîme de la pêcherie de Bolmon… et en1013[9], il offre également à Montmajour les biens de sa femme Gala de Baux situés sur Marignane.
Mais en ceXIe siècle l'abbaye devient surtout la nécropole descomtes de Provence. En1018 a lieu l'inhumation du comteGuillaume II, en1026, celle de la comtesseAdelaïde et en1063, celle du comteGeoffroy. Tous les trois sont inhumés initialement dans la crypte duXIe siècle avant d'être transférés auXIIe siècle de la crypte au cloître.
Construite sur un rocher entouré de marais par des moinesbénédictins, la petite abbaye Saint-Pierre étend rapidement son influence àArles et enProvence grâce à un vaste réseau deprieurés (jusqu'à cinquante-six auXIIIe siècle) et au pèlerinage de laSainte-Croix. Un, probablement en1019[10], le pèlerinage de Montmajour appelé « pardon de Montmajour » est en effet créé ; ce pardon est institué sous l’abbé Lambert, lors de la consécration de la première église Notre-Dame, en cours de construction, par l’archevêque d’ArlesPons de Marignane qui accorde à cette occasion la premièreindulgence historiquement attestée. Pendant tout le Moyen Âge, l'abbaye draine tous les de nombreux fidèles de la région, jusqu'à 150 000 pèlerins d'aprèsBertrand Boysset[N 2], un chroniqueur arlésien de la fin duXIVe siècle. En 1426, on compte 12 à 15 000 pèlerins venant par le Rhône jusqu'à Arles pour le pèlerinage de Montmajour[11].
De plus, l’abbaye, réputée, reçoit de nombreux dons et vers1100, 112 églises et prieurés dépendent d’elle en Provence[12].
DuXIe au XIVe siècle, l'abbaye entretient avec la ville d'Arles des rapports conflictuels, en particulier en ce qui concerne les limites de son territoire, les marais et les droits de pêche et de chasse. Mais paradoxalement Arles, où l'abbaye possède deux églises paroissiales, représente un marché financier et une cité où les moines trouvent leurs fournisseurs, marchands et artisans. Les Arlésiens constituent également pour le monastère un réservoir de main-d'œuvre. AuXIIIe siècle, l'abbaye de Montmajour est très riche et son abbé a le train de vie d'un grand seigneur. Toutefois à partir duXIIIe siècle, si le « pardon de Montmajour » continue d'avoir du succès, l'abbaye n'attire plus les aumônes des fidèles.
En1357, quand lesgrandes compagnies ravagent la Provence, puis entre1389 et1399, lors du conflit avecRaimond de Turenne, les moines menacés protègent leur monastère par des ouvrages militaires : un mur d’enceinte aujourd’hui disparu et une tour encore appelée tour de Pons de l’Orme, du nom de l’abbé.
En1405, l'abbaye perd l'indépendance de son abbatiat et se trouve rattachée à l'archevêché d'Arles. Resurgit alors un long conflit avec son prieuré deSaint-Antoine-en-Viennois qui réussit même à s'annexer temporairement Montmajour en1490. Les dissensions portent en particulier sur les reliques desaint Antoine disputées par les deux monastères. La querelle apaisée, l'abbaye est mise en commende et ses prieurés ne cessent de régresser. Beaucoup passent à d'autres ordres ou à des laïcs contre un cens versé à l'abbaye-mère.
En1593, lors desguerres de religion, l’abbaye est occupée par les soldats de laLigue catholique et les moines doivent se retirer pendant deux ans à Arles. À leur retour, ils retrouvent une abbaye dévastée.

AuXVIIe siècle, l'archevêque d'Arles,Jean Jaubert de Barrault y introduit laréforme bénédictine de Saint-Maur, mais il se heurte à une forte opposition des moines. Il doit faire appel en1638 à deslettres patentes du roi l'autorisant si nécessaire à recourir à l'Intendant de Provence pour imposer le concordat de1639. Lesmauristes prennent possession de ce monastère à laSaint-Michel 1639[13].
Sous la direction des nouveaux moines, des extensions sont entreprises : le lundi de Pâques1703 l'archevêque d'Arles,François de Mailly pose la première pierre des nouveaux bâtiments conventuels de l'abbaye[14].
En1726, un incendie très important nécessite des travaux de reconstruction, dirigés par l'architecteJean-Baptiste Franque.
Le dernier abbé de Montmajour est lecardinal de Rohan, connu par l'affaire du collier de la reine[15]. L’abbaye est sécularisée en1786.

À laRévolution, l'ensemble monastique est vendu commebien national. Les bâtiments, pour la plupart fort dégradés ou partiellement détruits, sont rachetés par la ville d’Arles en1838. L'abbaye est classéemonument historique à partir de1840[16] et les bâtiments restaurés sous leSecond Empire, sous la direction d'Henri Révoil.
Depuis1945, l’abbaye est propriété d’État.

L'ensemble de Montmajour est composé d'un ermitage (XIe siècle) essentiellement représenté par lachapelle Saint-Pierre ; d'un couvent de type médiéval (XIIe – XIIIe siècles) :le monastère Saint-Pierre ; d'un donjon défensif (XIVe siècle) :la tour de l'abbé Pons de l'Orme ; et d'un édifice classique (débutXVIIIe siècle) :le monastère Saint-Maur.
Cette première église Notre-Dame aujourd'hui disparue, est édifiée, côté est, entre1016 et1069[17] peut-être à l'emplacement de l'église duXIIe siècle.
Les documents duXIe siècle évoquent des constructions nouvelles. Le moine et historien bénédictin de Montmajour, Dom Chantelou, indique, dans un texte dont l’original a été perdu et qui mentionne l’année1016, une basilique en l’honneur deMarie la mère du seigneur[18]. Un autre texte conservé à la bibliothèque d’Arles institue le jour de l’Invention de la Sainte-Croix, à laquelle une crypte est consacrée. Il s’agit d’un Pardon dont les aumônes étaient destinées à la construction de l’église Notre-Dame[18]. Cet acte, non daté, mais souscrit par l’archevêque d’Arles,Raimbaud de Reillanne(1030-1069), est postérieur à la consécration de la crypte effectuée par son prédécesseurPons de Marignane (1003-1029), un probablement en1019, à la demande du septième abbé de Montmajour, l’abbé Rambert.
L’église Notre-Dame est donc en cours de construction en1016[19]. Elle reçoit dès1018 le corps du comteGuillaume II qui y est inhumé dans ses fondations, ainsi qu’en1026, le corps de la comtesseAdélaïde, la femme de son père le comteGuillaumeIer. L’acte de fondation du Pardon de Montmajour indique qu'entre1030 et1062, l’église Notre Dame est toujours en construction. En revanche, en1069, date de l’acte par lequel l’archevêque d’Aix, Rostaing, renonce à des biens en faveur de Montmajour, l’église de Notre-Dame est terminée[18]. Cet édifice appartiendrait donc à la vague de constructions duXIe siècle, presque totalement disparues lors des reconstructions duXIIe siècle[17].

Il est constitué pour l'essentiel d'une chapelle semi-troglodyte, installée sur le flanc sud de la colline de Montmajour entre1030 et1050, et représente le plus ancien témoin architectural du site. Cette datation résulte de la comparaison stylistique des douze chapiteaux avec ceux du cloître de l'abbé Ardain àTournus datés entre1028 et1052[20].
Ces chapiteaux, de style corinthien, pourraient provenir de deux ateliers, celui de Montmajour -Venasque et celui deSaint-Victor de Marseille -Vaison-la-Romaine[21]. Cette présence de chapiteaux corinthiens annonce la résurrection des chapiteaux corinthiens antiques auXIIe siècle en Provence[21]. D'une manière générale, le décor sculpté est remarquable par la persistance d'éléments stylistiques carolingiens associés à des motifs, tels les rosaces etpalmettes, proches de l'art roman[21].
La chapelle, précédée d'un vestibule utilisé pour des inhumations rupestres, comprend deux vaisseaux parallèles dont celui du fond, le plus ancien, est intégralement taillé dans la roche ; c'est un mode de construction traditionnel en Provence calcaire où un élément bâti en appentis contre la paroi naturelle s'ajoute à la partietroglodytique de l'édifice. Même s'il est de faibles dimensions, le vaisseau méridional, couvert d'une voûte en berceau, est une véritable église avec nef, travée de chœur et abside semi-circulaire. Le mur sud présente des arcatures appareillées retombant sur des colonnes à chapiteaux encadrant, pour chaque travée, une fenêtre ouvrant sur le jardin. La menace d'écroulement de ce mur dominant la plaine a nécessité, au fil des âges notamment auXVe et XVIIIe siècles, la pose de puissants contreforts qui compliquent la vision chronologique des modifications apportées depuis leXIe siècle[22]. En face la liaison avec le vaisseau rupestre se fait par trois grandes arcades retombant sur de robustes piliers carrés, aux angles cantonnés d'une colonne à chapiteau décoré. Toutes les colonnes sont des remplois, souvent antiques, alors que les chapiteaux, d'origine, ont en commun d'énormes rosaces, des corbeilles végétales ou d'entrelacs torsadés, des astragales au ruban de dents-de-loup, qui évoquent le cloître de Saint-Philibert de Tournus, décoré avant1056[23].
La chapelle Saint-Pierre renferme la pierre tombale ducomte de ProvenceGeoffroy, mort en1061 ou1062[21].
Un étroit passage conduit à une sorte de grotte naturelle figurant, aux yeux de certains, les cellules des premiers ermites ; on trouve également la « chaire de Saint-Trophime » et, dans un réduit éclairé par une lucarne, son « confessionnal ».
Même si la chapelle Saint-Pierre a été vandalisée en[24], sa restauration est en voie d'achèvement fin2012.

Même si leur mise en œuvre a été bien sûr échelonnée dans le temps, le cloître, comme la salle capitulaire et la section réfectoire-dortoir, fait partie avec l'abbatiale Notre-Dame du plan d'ensemble originel. En témoignent les murs communs entre ces éléments se contrebutant les uns les autres, notamment le mur séparant les deux travées de l'église du chapitre d'abord puis du début de la galerie nord, et se prolongeant tout le long de cette aile en montrant sur sa face nord les piles en attente pour les trois travées de nef projetées, mais non encore réalisées et qui ne le seront jamais[25].
Notre-Dame a été édifiée en deux campagnes : entre1130-1150 puis entre1153-1182, la crypte et la partie nord étant construites en premier[26]. Un texte rapporté par des historiens duXVIIe siècle[27], mais dont l'original est aujourd'hui perdu, signale l'entrée des moines dans l'église en1153. Cette date marquerait donc la fin de la première campagne. Toutefois l'église n'est pas achevée, probablement en raison de problèmes techniques liés à la déclivité du terrain ou à cause de difficultés financières[28]. Complété auXVe siècle par deux autres chapelles adjointes au nord, l'ensemble de l'église Notre-Dame, contemporain de lacathédrale Saint-Trophime d'Arles, est resté en bon état et a été peu affecté par les restaurations entreprises dès leXIXe siècle[26].
Cette église abbatiale placée sous le vocable de Notre-Dame a été édifiée probablement à l'emplacement de la première église sur le versant nord de la colline, la déclivité du terrain se trouvant compensée par la présence d'une crypte, véritable église inférieure[22], servant de fondation à l'église haute.
Elle a très probablement joué un rôle liturgique lié au pèlerinage de laSainte-Croix jusqu'à la construction de la chapelle dédiée de même nom[29]. Adaptée à la configuration du terrain, elle est presque entièrement troglodytique du côté sud alors qu'à l'opposé elle repose sur de fortessubstructions.
Cas unique enProvence, elle présente un plan concentrique avec untransept, muni de deuxabsidioles orientées, ouvrant sur unerotonde centrale entourée d'undéambulatoire desservant cinq chapelles rayonnantes, un des chefs-d'œuvre architecturaux de Montmajour[30].
Cedéambulatoire est un couloir semi-circulaire haut et étroit dont lavoûte assisée en berceau continu aspire le regard grâce à la concavité de son volume courbe à peine distrait par les corbeaux ayant servi à porter les cintres d'échafaudage[30]. Au centre de la nef une travée rectangulaire conduit à larotonde, coiffée d'une coupole, et dont les épais murs sont percés de cinq baies enplein cintre ouvertes chacune dans l'axe des cinq chapelles rayonnantes, conférant à l'ensemble une transparence symbolique imprégnée de mystère[30]. Chacune de ces chapelles ou absidioles constitue un petit sanctuaire miniature avec son petit autel secondaire au centre d'une brève travée de chœur en berceau ouvrant sur l'abside principale voûtée encul-de-four ; elles sont logées chacune dans un saillant rectangulaire de la couronne extérieure polygonale et reçoivent les premières lueurs du jour pour éclairer leur autel grâce à une étroite fenêtre axiale[30].
Dans toute cette église basse, on ne peut qu'admirer l'extrême qualité de l'appareillage, avec la finesse deslayages, ses tailles pointillées ou en feuilles de fougère ; mais c'est surtout dans letransept que s'impose un art de bâtir hérité du mode de construction des grands monuments gallo-romains provençaux. Du côté sud ce transept a été creusé dans la roche dont le front de taille est resté brut sur les parois, alors qu'au nord il repose sur de massives fondations, accrochées au flanc de la colline, remarquables par la spectaculaire inégalité de largeur des quatrearcs-doubleaux supportant les voûtes. Leur épaisseur croit, en effet, de façon importante depuis le sud où le premier, ancré directement dans le roc, n'a qu'un mètre de large, jusqu'au quatrième, à l'extrême nord, qui atteint trois mètres quatre-vingts.
Caractéristique de l'architecture romane provençale à son apogée au milieu duXIIe siècle : simplicité du plan, plénitude des volumes, nudité des parements pratiquement sans décor[29], puissance desmurs gouttereaux doublés de profondes arcatures, élégance des voûtes en berceau légèrement brisé et renforcé de doubleaux à ressauts retombant sur despiles cruciformes à arêtes vives ; cette vaste église à nef unique de presque 14 mètres de large devait originellement comprendre cinq travées, mais, pour des raisons financières, deux seulement furent réalisées, restreignant quelque peu ses impressionnantes proportions pour un édifice roman[31].
Sonabside, de plan semi-circulaire, au diamètre égal à la largeur de la nef, est remarquable par sa couverture encul-de-four magnifiquement appareillée et sous-tendue par cinq nervures très plates issues ducordon de la naissance de la voûte et s'amortissant en demi-cercle contre le bandeau de la travée du chœur[31]. Afin de se protéger du redoutableMistral et de ne pas affaiblir les murs nord édifiés sur la crypte, toute la façade nord est aveugle et les trois larges baies en plein cintre ébrasées vers l'intérieur et éclairant le chœur sont disposées asymétriquement de part et d'autre de l'axe médian : deux au sud-est, l'autre au nord-est.
Illustrant une fois de plus l'influence des modèles antiques sur l'architecture romane provençale, la travée de chœur, logée entre l'abside et l'arc triomphal, comme souvent en Provence et comme dans les salles chaudes desthermes romains arlésiens, est singulièrement étroite[31].
Letransept, relativement court et étroit, comporte sur chacun de ses croisillons une absidiole orientée, semi-circulaire voûtée en cul-de-four. Au sud trois portes donnaient accès au logis abbatial aujourd'hui ruiné et au cimetière rupestre, à l'escalier à vis menant au clocher, et à la salle capitulaire, seul passage encore en service. Le croisillon nord s'ouvre sur unechapellegothique, édifiée en hors-œuvre au début duXIVe siècle, sous le vocable deNotre-Dame-la-Blanche du nom d'un groupe en marbre représentant entre autres la Vierge dont on peut encore voir quelques vestiges. Elle fut construite pour abriter la sépulture de l'abbé Bertrand de Maussang, dont les armes sont sculptées sur l'enfeu adossé au mur nord et sur laclé de voûte, ainsi que celle de sa sœur dont le tombeau est adossé au mur ouest. Dans la tombe de l'abbé furent trouvés en1799, une crosse duXIIIe siècle dont la volute représente l'Annonciation et unciboire de la fin duXIIe siècle signé « maître Alpais »[32], tous deux exposés au département des Objets d'Art duLouvre à Paris. Dans le mur ouest de cette chapelle, une porte permet d'entrer dans deux chapelles en enfilade, bâties auXVe siècle sur le flanc nord de la nef par la famille arlésienne de Loys : la première ayant servi par la suite desacristie avec un beau lavabo en pierre duXVIIIe siècle et la seconde ayant abrité le trésor des chartes de l'abbaye, malheureusement rongées par l'humidité dès leXVIIe siècle.
Lacroisée du transept, de plan barlong (rectangle assez allongé) à cause de la grande largeur de la nef, a été remontée auXIIIe siècle comme le prouve sa voûte d'ogives dont la clé s'orne d'unquatre-feuilles ou quadrilobe avec au centre unChrist bénisseur, et qui retombe sur deux colonnettes surmontées de chapiteaux gothiques àcrochets, seuls éléments de décoration tardive de l'église avec les colonnes voisines supportant l'arc triomphal. Au sud, sa partie haute a été percée de deux larges baies éclairant largement l'emplacement jadis occupé par le maître-autel, ceci à l'époque (vers1180) de la construction de la salle capitulaire et de la galerie nord du cloître qui a entraîné l'obturation des ouvertures primitives du flanc sud de la nef. D'ailleurs une ligne de reprise d'ouvrage, visible sur le premier pilier nord de cette nef, indique que deux campagnes successives ont été nécessaires : vers1150 crypte, abside et croisillon nord, puis avant1180 croisillon sud et deux travées de la nef ainsi que le mur provisoire fermant l'église à l'ouest devenu définitif par manque de moyens financiers[31].
Le cloître, précédé à l'est de la salle capitulaire, s'insère dans l'angle formé par le bras sud du transept et la nef. Il adopte la forme d'un rectangle de 24 mètres sur 27 et ses galeries spacieuses (4,30 mètres de large) délimitent une cour centrale abritant une citerne, accessible par un puits, recueillant l'eau de pluie collectée par l'impluvium formé par des dalles de toiture imbriquées[25]. Chaque galerie du cloître, voûtée en berceau, est divisée en trois travées par des arcs-doubleaux s'amortissant sur des consoles sculptées, éléments les plus authentiques subsistant de nos jours du décor roman originel. Chaque travée s'ouvre sur le patio par une large baie, encadrée, sauf au sud, de fortes piles de section rectangulaire plaquées de panneaux aux longuescannelures, et étayée par une arcature en plein cintre soulignée d'une archivolte et retombant sur descolonnettes géminées reposant sur un haut mur bahut, quadruple au nord et au sud, triple à l'est, l'aile ouest ayant quant à elle perdu cette disposition originelle auXVIIIe siècle. Le tout est doublé à l'extérieur, selon une disposition assez fréquente en Provence, d'un grandarc surbaissé bandé entre des piliers massifs encore renforcés par des contreforts externes comme on peut en voir dans lescryptoportiques duforum arlésien[33].
En fonction des études stylistiques et historiques, il est possible de dater le cloître et sa construction. Le cloître est construit entre1140 et1290 et se trouve pratiquement terminé en1182. La galerie nord, le début de la galerie est et la salle capitulaire auraient été terminés avant1182. La galerie ouest suivrait de peu et précèderait l’achèvement de la galerie est. Enfin, la galerie sud serait la plus tardive et aurait été achevée au cours duXIIIe siècle[34]. Toutefois, le décor de ce monument reste inachevé à l’époque romane et se poursuit tout le long duXIIIe siècle[35]et duXIVe siècle[36]. Enfin, le cloître est restauré auXIXe siècle parHenri Révoil une première fois en1865-1866, puis en1872-1873.
Lagalerie nord, la plus ancienne, a donc été édifiée lors de la deuxième campagne de construction en même temps que la nef de l'abbatiale, la salle capitulaire et la majeure partie de la galerie orientale. Sur le plan stylistique, son décor s'apparente beaucoup à celui ducloître Saint-Trophime d'Arles, avec la même ambiance antiquisante[37], caractéristique duXIIe siècle arlésien. Près de la porte menant à l'abbatiale, unenfeu destyle flamboyant abrite le tombeau de l'abbé Jean Hugolen (mort en1430). Au sol on peut remarquer d'autres éléments funéraires : dalles duXIIIe siècle, pierre tombale de dom Victor Capucy (mort en1621), infirmier de l'abbaye, dalles portant la date de décès de religieux mauristes desXVIIe et XVIIIe siècles.
Lagalerie orientale s'ouvre avec l'enfeu des comtes de Provence : sous unfronton à deuxrampants, unarc segmentaire orné defleurons retombe sur deuxchapiteaux à tête de monstres. C'est là qu'a été déposée en1182, la dépouille ducomte de ProvenceRaimond-Bérenger III, mort le, rejoint par les restes deGuillaume etAdélaïde, bienfaiteurs du monastère, comme probablement ceux deGeoffroyIer[38], tous trois préalablement inhumés dans la toute première église Notre-Dame. On y trouve également les seuls chapiteaux romans épargnés par les saccages successifs, à décor végétal, comme ceux du cloître Saint-Trophime, hormis celui représentant laTentation du Christ, en face de la porte de lasalle capitulaire. La voûte de la travée la plus méridionale est traversée par un curieux arc (XIVe siècle) sans fonction porteuse, creusé d'une gouttière, et qui est en fait un petit aqueduc conduisant une partie de l'eau recueillie par l'impluvium vers une citerne extérieure au cloître près de la tour-donjon[39].
Lasalle capitulaire, parallèle au bras sud du transept, est un long rectangle, à moitié rupestre (parois méridionale et orientale), éclairé au sud par un grandoculus, communiquant au nord avec l'abbatiale ; elle est couverte d'unevoûte en berceau soutenue par troisdoubleaux reposant sur desconsoles sauf celui du centre s'amortissant sur unpilastre.
Lagalerie ouest, profondément remaniée auXVIIIe siècle afin de pouvoir supporter les deux étages prévus par la reconstruction mauriste, a néanmoins conservé son ordonnancement intérieur, mais perdu sa belle façade sur cour. Les trois baies à triple arcature sur colonnettes géminées ont été remplacées par trois hautes fenêtres encadrées de massifs piliers fortifiés par des contreforts extérieurs. Heureusement, la voûte et son décor roman ont été préservés, notamment les consoles évoquant les quatre éléments (Mistral pour le Vent, Lune, Soleil, Feu) mais aussi la lutte contre le Péché (bêtes féroces dont la fameuseTarasque, évocation provençale deJonas et la baleine). D'autre part, sur le mur du fond, des graffiti médiévaux ont été mis en évidence par Albert Illouze en1994 : différents navires duXIIIe siècle et des chevaux[40]. À l'extrémité nord de cette galerie on trouve un modeste autel de pierre, seul vestige d'un espace dédié à laVierge Marie. D'autres bâtiments conventuels et leurs annexes, adossés à cette galerie, ont disparu lors de la reconstruction mauriste afin d'aménager la liaison avec le nouveau monastère Saint-Maur.
Lagalerie sud, de construction plus récente, si elle conserve une structure romane, diffère des autres par ses éléments décoratifs. Les consoles arborent un bestiaire plus réaliste : âne, singe, dromadaire, aigle ; les arcs-doubleaux d'angle retombent sur des colonnes dont le fût porte une bague ; les chapiteaux décorés de feuilles de chou ou historiés sont taillés deux par deux dans un même bloc de pierre, et datent de la deuxième moitié duXIVe siècle, probablement contemporains du bâtisseur de la tour-donjon, l'abbé Pons de l'Orme, moine de l'abbaye marseillaise Saint-Victor. Les chapiteaux historiés rappellent par leurs thèmes (Annonciation,Couronnement de la Vierge,Pentecôte,Repas chez Simon le lépreux à Béthanie, combats de chevaliers) ceux des galeries gothiques du cloître Saint-Trophime[39]. Au-dessus de la porte de l'escalier à vis menant au dortoir, on remarque les armoiries du cardinalPierre de Foix, archevêque d'Arles et abbé de Montmajour de1450 à1463[41].
Au centre de la galerie sud s'ouvre l'accès auréfectoire par une magnifique porte romane, remaniée auXIIIe siècle, surmontée d'une tête grotesque louchant vers la salle :Tantale, et flanquée de deux bas-reliefs romans, en pierre de Beaucaire, très mutilés, dans lesquelles certains voient leroi Salomon et lareine de Saba, d'autres les premiers bienfaiteurs du monastère, le comteGuillaume II de Provence et sa mère la comtesseAdélaïde d'Anjou[42]. Ce réfectoire, de plan quasi rectangulaire, servant de contrefort à la galerie méridionale, est, comme le chapitre, aménagé en partie sur le rocher complété par des murs et est éclairé par des baies en plein cintre ménagées dans la façade sud ; il communique, à son extrémité ouest, par un escalier à vis dont on peut encore aujourd'hui voir l'implantation, avec ledortoir bâti au-dessus de lui et dont il ne reste qu'un petit pan de mur sud, un autre un peu plus grand au nord et la moitié du mur ouest.
Selon la tradition, un fragment de laVraie Croix, parvenu à Arles dès leIVe siècle, serait à l’origine de la relique que possédaient les moines de Montmajour. La vénération solennelle en aurait été établie en1030, lorsque l’archevêque d’Arles consacra à la Sainte-Croix la première crypte de l’église primitive de Montmajour, accordant l’absolution de leurs péchés aux fidèles qui viendraient en pèlerinage le, fête de l’Invention de la Sainte-Croix, et qui laisseraient une offrande pour l’achèvement de l’édifice. Malgré les difficultés d’accès à travers les marais, lepardon de Montmajour eut un tel succès qu’auXIIe siècle les moines, pour préserver leur sérénité, durent faire construire à l’extérieur de laclôture une chapelle-reliquaire sous le vocable de la Sainte-Croix pour cantonner la foule des fidèles à l'écart du monastère[43]. De plus, ce pardon était une source considérable de revenus pour l’abbaye, mais aussi pour la ville d’Arles qui logeait les pèlerins et organisait le même jour une foire aux moutons sur la place de la Croisière[44].
Situé à peu de distance (200 m environ), à l'est de la clôture du monastère, ce petit chef-d’œuvre de l’art roman provençal se dresse isolé au cœur d’un cimetière rupestre dont les tombes orientées envahissent tout l’espace disponible jusqu’aux marches de l’escalier menant à l’entrée. Conçu sur le modèle d’un reliquaire, le petit édifice adopte un plan rayonnant en forme dequatre-feuilles ou quadrilobe symbolisant la Croix. L'ensemble du bâtiment est contrebuté de minces contreforts et entouré d'un cimetière laïc de tombes creusées dans la roche[43]. Son unité architecturale montre qu'il fut construit en une seule phase. À l'intérieur, précédées à l’ouest d’un vestibule formantnarthex, les quatre absides semi-circulaires voûtées encul-de-four s’articulent sur une travée carrée voûtée en arc de cloître[N 3]. À l’extérieur les quatre absidioles entourent lemassif cubique dominant la croisée dont chaque côté se termine par unfronton triangulaire bordé d’unecorniche elle-même soulignée par une file dedenticules décorés de motifs végétaux ou géométriques en taille de réserve[N 4], traités avec une rare plénitude[45].
D'après les marques retrouvées sur le parement intérieur et que l'on retrouve également dans la galerie nord du cloître, la chapelle aurait été érigée au moment de la mise en place du décor de cette galerie, c'est-à-dire vers1170-1180, à la suite de la seconde phase de construction de l'abbatiale Notre-Dame.
AuXVe siècle on a essayé d'accréditer une légende rattachant la création de cette chapelle àCharlemagne sur les tombes de chevaliers francs morts contre lesSarrasins. Un faux a même été fabriqué par Jean de Pomo : l'inscription attestant la fondation, écrite en caractères duXVe siècle, se trouve encore au linteau de la porte d'entrée de la nef[46].

Château-fort abbatial, dit donjon-de-l'abbé, édifié vers 1365-1370[47],[48]. La tour et les constructions desXIVe et XVe siècles sont des édifices construits par le maître d'œuvre Guillaume Helinc à l'initiative de l'abbé cardinal Pons de l'Orme (1368-1380) à partir de l'année1369, c'est-à-dire à l'époque où lesgrandes compagnies, puis les troupes deDu Guesclin ravageaient laProvence. Aujourd'hui, le mur d'enceinte de l'époque a totalement disparu.
Véritabledonjon, c'est une tour appareillée enbossages, de 26 mètres de haut, sur plan barlong avec ressaut à l'ouest correspondant à l'escalier à vis desservant les différents niveaux. Les armoiries de l'abbé (un orme porté par deux moines-anges) sont sculptées sur les deux faces opposées ouest et est alors qu'un autre bas-relief à l'étage supérieur représenteSaint-Pierre. À l'intérieur, le rez-de-chaussée, creusé dans le rocher et voûté d'ogives, abrite un magasin à vivres et un puits-citerne ; l'étage supérieur était originellement divisé en trois niveaux grâce à des planchers en bois ; une voûte identique porte la terrasse défendue par uncrénelage àmâchicoulis (restauré en1946), lui-même supporté par des consoles à ressaut, les angles étant renforcés par des ouvrages courbes enencorbellement percés d'archères[49].
De nouveaux lieux réguliers (réfectoire, dortoir, bibliothèque et logis pour les hôtes) sont édifiés au couchant par lacongrégation de Saint-Maur à partir de1703, sur les plans dePierre II Mignard. Ils sont reliés aux bâtiments médiévaux au moyen d'un « grand arceau » qui enjambe hardiment l'ancienne basse-cour. Endommagés lors d'un violent incendie en1726, ils sont immédiatement réparés puis encore amplifiés à partir de1748. Vendus comme bien national sous la Révolution en1791, ils sont démantelés et servent de carrière au début duXIXe siècle ; en mauvais état, les parties« sauvables » ont été restaurées en2012.
D'esprit résolument moderne avec sa conception verticale à niveaux superposés[50], cette construction témoigne d'un grand classicisme, s'imposant plus par ses proportions que par l'exubérance de sa décoration. Sa façade sud rythmée par de grandes arcades était ornée depilastres à chapiteauxioniques couronnés par unentablement àdenticules, la toiture, charpentée, étant entuiles canal. Sa façade nord est décorée de tables en saillie séparant les fenêtres des deux derniers niveaux. Les façades latérales comportaient deux grandes baies en plein cintre éclairant le couloir central desservant les cellules des moines.
Le monastère mauriste s'ordonne sur cinq étages, les deux premiers, sis en entresol par rapport à la grande terrasse sud et au niveau de la l'ancienne basse-cour, abritaient les communs : cellier, boulangerie, four à pain, salon pour les hôtes, et communiquaient avec les trois étages résidentiels par un petit escalier de service. De plain-pied avec la terrasse sud par une galerie àvoûtes d'arêtes bordée de grands arcs, le premier étage résidentiel, séparé des communs par un bandeau plat ceinturant la terrasse et la face sud du sommet du grand arceau, abritait la cuisine, le lavabo, le réfectoire et trois salons (vert, du Roi et d'hiver). Les deux étages supérieurs étaient réservés aux cellules des moines, desconvers et desnovices ainsi qu'aux pièces d'étude (bibliothèque, salles d'étude, archives). Une nouvelle abbatiale devait compléter le bâtiment à l'ouest, mais ne fut jamais mise en chantier, et des vingt-cinqtravées prévues en façade méridionale, seize furent réalisées (70 mètres de long) dont deux seulement subsistent de nos jours[50].
Cet ensemble « monobloc » totalisait à l'origine une superficie de 8 000 mètres carrés cumulés sur cinq étages, avec plus de soixante fenêtres, et deux cages d'escalier monumentales, ce qui en faisait le plus vaste monastère mauriste du sud-est de la France avec l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon[50].
C'est au cours de cette même campagne de construction que l'ancien dortoir, situé au-dessus du réfectoire médiéval, est transformé en « infirmerie » destinée à recueillir les religieux malades ou trop âgés. Il ne reste presque rien de ces dispositions.
Selon larègle de saint Benoît, l'abbé doit être élu par la communauté des moines, toutefois cela ne fut pas toujours le cas. Dans un premier temps on trouve ainsi des abbés nommés par le comte, l'archevêque ou le pape, ou encore en provenance d'autres monastères tels celui deSaint-Victor ou duMont-Cassin. AuXVe siècle, le titre d'abbé est porté par les cardinaux-archevêques d'Arles et à partir duXVIe siècle, à la suite duconcordat de Bologne de1516, le titre abbatial est décerné par le roi.
Leconcordat de Bologne est signé le, lors duVe concile du Latran, entre le PapeLéon X et le chancelierAntoine Duprat qui représente le roi de FranceFrançoisIer. Ce concordat met fin à laPragmatique Sanction de Bourges et tempère legallicanisme. Il généralise également la mise en place dans le royaume de France du régime de lacommende.
Elle est en1967, le principal lieu de tournage du filmLe Lion en hiver réalisé parAnthony Harvey, adapté de la pièce éponyme créée àBroadway parJames Goldman, avecPeter O'Toole, enHenri II Plantagenêt,Katharine Hepburn, enAliénor d'Aquitaine, et deux acteurs apparaissant pour la première fois aucinéma :Anthony Hopkins, jouant Richard avant qu'il ne devienneRichard Cœur de Lion, etTimothy Dalton, dans le rôle dePhilippe II Auguste. En 2007, elle apparait également comme décor des derniers épisodes de la série d'été de TF1Mystère et en 2023, elle sert de lieu de tournage pour la première saison de la sérieThe Walking Dead: Daryl Dixon.
L'abbaye et ses ruines ont inspiré de nombreuxartistes.
Van Gogh décrit l'abbaye à son frèreThéo dans une lettre du 5 juillet 1888[90] :
« Hier j'étais au soleil couchant dans une bruyère pierreuse où croissent des chênes très petits et tordus, dans le fond une ruine sur la colline et dans le vallon du blé.
C'était romantique, on ne peut davantage, à la Monticelli, le soleil versait des rayons très jaunes sur les buissons et le terrain, absolument une pluie d'or. Et toutes les lignes étaient belles, l'ensemble d'une noblesse charmante.
On n'aurait pas du tout été surpris de voir surgir soudainement des cavaliers et des dames revenant d'une chasse au faucon ou d'entendre la voix d'un vieux troubadour. Les terrains semblaient violets, les lointains bleus. J'en ai rapporté une étude d'ailleurs mais qui reste bien en dessous de ce que j'avais voulu faire. »
« … une bienfaitrice, du nom deTeucinde, acquiert d'abord par un échange avec l'archevêqueManassès en 949 "l'île de Saint-Pierre que l'on appelle Montmajour", puis à sa mort en 977 lègue définitivement par testatment la montagne de Montmajour à la petite communauté… »
« … Isarn élu à la tête deSaint-Victor en 1020 grâce à l'intervention d'Archindric, abbé de Montmajour… »
« … Les évêques et les vicomtes de cette ville (NDLR : Marseille) conservent un important contrôle sur cette institution (NDLR : Abbaye de Saint-Victor de Marseille) jusqu'autour de 1005 : à cette date, l'évêque Pons (978-1008) met l'abbé Guifré à sa tête sous les conseils des réformateurs Garnier de Psalmody et Archindric de Montmajour… »
« les légals pontificaux, Hugues de Die et Richard de Millau, abbé deSaint-Victor, le (NDLR : l'archevêque d'Arles, Aicard) déposent sans doute davantage pour son parti pris favorable àHenri IV et à l'antipapeClément III que pour l'irrégularité de son accession à l'épiscopat. Brémond, abbé de Montmajour, proche d'Aicard, est chassé de son monastère par la même occasion. »
« Le 28 mars 1226, l'abbé de Bonil demande au podestat arlésien Dragonet de Mondragon de prendre sous son égide les terres de Montmajour situées aux environs d'Arles. »
« Le 8 juillet 1257, l'abbé Raymond d'Ansouis prête serment de fidélité à Charles pour Pertus, Graveson, le Castellet et les territoires dépendants. »
« Guillaume de Ronnis, élu abbé à sa mort, administra pendant environ un an les affaires du monastère sans avoir reçu la confirmation de son titre. Il céda à Ermessînde, abbesse de Saint-Césaire d'Arles, tous les droits qu'avait Montmajour sur Vile de Cordes, située à une faible distance au sud-est de l'abbaye, et reçut d'elle en échange son domaine du Castellet, qui en était aussi très-voisin (2). Par un acte du1er septembre 1260, il nomme son procureur, Pierre de la Tour, prieur de N.-D. d'Alleins (3). »
« Pierre de Canillac, 33e abbé de Montmajour, initia durant son abbatiat entre 1348 et 1353 la construction d'une tour fortifiée, sur la commune de Fontvieille ... »
« En 1348 avait été érigée la Tour des Abbés, dépendant directement de Montmajour, sur ordre de Pierre de Canilhac, abbé de Montmajour de 1348 à 1353, que son successeur, Jaubert de Livron, fit terminer. »
« En 1450, Louis Aleman, archevêque d'Arles et abbé commendataire de Montmajour, fait bâtir le "château" adossé à la tour de Pierre de Cadillac (ndlr : à Fontvieille) ... »
« ... d'autres documents, comme une attestation faite par Pierre Gachet, juge pour le cardinal Bichi, abbé de Monrmajour et seigneur de Fontvieille, et par Pierre Savérien, procureur juridictionnel sous ledit abbé, montrent qu'en 1649 ... »
« ...[le} 17septembre 1735, intervenant dans le procès entre Claude-François de Monboissier-Canillac, abbé commendataire de Montmajour, et l'héritier de Louis-Adolphe Rouault de Gamaches, dernier abbé titulaire ... »
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