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Abbaye de Lesterps

46° 00′ 37″ nord, 0° 46′ 50″ est
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Abbaye de Lesterps
L'église vue de la place.
L'église vue de la place.
Présentation
CulteCatholique romain
TypeAbbaye
Début de la constructionXe siècle
Fin des travauxXIIe siècle
Style dominantromane
ProtectionLogo monument historique Classée MH(1862, église)
Site webpagesperso-orange.fr/grandmont/Lesterps.htmVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
PaysDrapeau de la FranceFrance
RégionNouvelle-Aquitaine
DépartementCharente
VilleLesterps
Coordonnées46° 00′ 37″ nord, 0° 46′ 50″ est[1]
Géolocalisation sur la carte :Charente
(Voir situation sur carte : Charente)
Abbaye de Lesterps
Géolocalisation sur la carte :Nouvelle-Aquitaine
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Aquitaine)
Abbaye de Lesterps
Géolocalisation sur la carte :France
(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Lesterps
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L'abbaye de Lesterps était une abbaye située àLesterps enCharente.

Histoire

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Lesterps vient du verbe latinexstirpere qui signifie "défricher".

Fondation

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Il existait à Lesterps, à la fin duXe siècle, une chapelle nomméeStirpis, pour qu'y soit fondée une communauté de religieux : « pour le nom et la gloire de la Sainte et indivisible Trinité et à la mémoire de saint Pierre lui-même, où habiteront le clergé et des gens libres et déliés de tout service envers nous »[2], que JourdainIer, seigneur deChabanais, donna avec unmanse auSaint-Siège. Les auteurs de laGallia Christiana, auXVIIe siècle, qui ont publié la charte de cette fondation non datée la situent aux environs de1032. Il paraît certain néanmoins que la construction du monastère avait commencé quelques années auparavant.

La fondation de la nouvelle abbaye, placée sous le vocable desaint Pierre et située sur le territoire dudiocèse de Limoges, fut approuvée par Dia, épouse de JourdainIer, et par leurs fils JourdainIIe, Boson, qui fut moine auMont-Cassin, et Renaud, abbé deCharroux[3].

Quelques années après, en1038, d'après l'abbé Rougerie,Gautier, fils d'un chevalier deConfolens, élevé et devenu chanoine régulier auDorat soussaint Israël, fut appelé à gouverner l'abbaye de Lesterps, où il introduisit larègle de saint Augustin, ce qui en fit uneabbaye augustinienne[4].

Période médiévale

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En1040, JourdainIIe, reniant la parole de son père, envahit le monastère et, s'y fortifiant, rançonnait le pays.

AdalbertIIe,comte de la Marche, pour mettre fin à ce brigandage, engagea à Lesterps avec son vassal une lutte terrible qui fit un très grand nombre de morts, dans laquelle le monastère fut mis à feu et à sang et l'église en grande partie détruite. Gautier, qui voyageait alors enTerre sainte, échappa au massacre avec un petit nombre dechanoines.

Pressés par le papeBenoît IX et le roiHenriIer, le seigneur de Chabanais et le comte de La Marche durent pourvoir aux rentes des religieux pour la reconstruction du monastère, et dédommager les habitants du bourg qui avaient souffert de la guerre.

Rentré en possession de son abbaye, l'abbé Gautier se consacra avec l'aide de sesnouveaux bienfaiteurs à sa restauration.

Il mena à bien la restauration de l'église, dont il célébra solennellement la dédicace en présence des évêques de la province (date inconnue…).

Il mourut en1070 et fut enseveli dans l'église. Il ne tarda pas à être mis au nombre des saints, sous le nom desaint Gautier, et tandis que son culte s'établissait en1091 dans l'église qu'il avait relevée, son nom, depuis longtemps objet d'une grande vénération, fut associé à celui de saint Pierre dans le vocable de l'église de Lesterps. À cette date, l'église fit l'objet d'une nouvelle bénédiction, ce qui pourrait laisser penser à l'ouverture d'une nouvelle partie du monument au culte[5].

Adémar, un frère deFoulques Taillefer comte d'Angoulême lui succéda.

PuisRamnulfe fut abbé de1110 à1140. Ce dernier paraît devoir être rattaché aux grands travaux qui à cette époque durent aboutir à la construction d'une somptueuses abside. En effet, cet abbé fut enseveli dans l'église, où son épitaphe, gravée sur une pierre noire en onciale très ornée célèbre encore son long abbatiat. L'abbé Ramnulfe fit construire un vaste déambulatoire avec absidioles rayonnantes, un transept avec collatéral et double travée.

Le, le papeInnocent III confia à l'archevêque de BourgesGirard de Cros une enquête sur des accusations portées contre l'abbé de Lesterps (peut-être dénommé Boson)[6] par un moine de l'abbaye dénommé Guillaume. L'abbé était accusé de « dilapidation », d'infractions à la discipline régulière (notamment de participer à destournois, d'être à la tête d'une bande de guerriers et de se livrer à des cruautés). On ignore l'issue de l'affaire[7].

Le, le papeGrégoire IX confia à l'évêque d'Agen une enquête judiciaire sur les crimes imputés à l'abbé Aymeric par certains chanoines qui se sont rendus à laCurie pontificale (entre autres un dénommé Hélie Gros). L'abbé Aymeric, selon la lettre d'enquête, était accusé en particulier de simonie, de parjure, de dilapidation, « d'incontinence » et « d'autres crimes ». Là encore, on ignore l'issue de la procédure[8].

Entre 1473 et 1480 Jean Béraudi, notaire à Lesterps, établit un terrier de l'abbaye. Ce terrier d'environ 400 pages sur parchemin récapitule les droits dus à l'abbaye sur la soixantaine de paroisses qui en dépendent[9].

Des guerres de Religion auXIXe siècle

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Lesguerres de Religion furent funestes à l'abbaye de Lesterps.

Ennovembre1567 un chef de bandescalvinistes,Compaignac à la tête d'une des armées de l'amiral de Coligny pilla et livra aux flammes la ville et le monastère[2].

L'abbaye de Lesterps fut abandonnée durant un siècle ; les voûtes de l'église s'effondrèrent. L'établissement resta en ruines jusqu'à l'administration deCharles-François de La Vieuville, évêque deRennes et abbé de Saint-Laumer deBlois,abbé commendataire de Lesterps de1657 à1676.

Il y introduisit les chanoines réguliers de laCongrégation de France, les génovéfains, congrégation à la règle rigoureuse, qui avait été fondée par lecardinal François de la Rochefoucauld et restaura les lieux réguliers ; il reconstruisit entièrement le vaste bâtiment qui fait suite au croisillon sud du transept, et limite aujourd'hui à l'est l'emplacement occupé par le cloître, et s'installèrent en1669[10].

En dépit de ces restaurations, l'église de Lesterps, un siècle plus tard, avait besoin de beaucoup de réparations[11].

Malgré ses deux chaires d'enseignement, l'une de théologie et une autre de philosophie la communauté eut des difficultés. L'église devint dangereuse et fut interdite par l'évêque deLimoges en1738, et à laRévolution, il ne restait plus que trois religieux.

Elle est vendue commebien national en1790.

Vers1815, le chœur était encore debout ; faute d'entretien, il succomba peu à peu aux intempéries. Dès lors, les pierres ont été utilisées pendant près de 50 ans comme carrière et la place du village a été aménagée avec l'école de garçons dont la façade a utilisé en réemploi des colonnes de l'église détruite.

Architecture

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L’église abbatiale

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Article détaillé :Église Saint-Pierre de Lesterps.
L'abside, à l'est, après restauration en 2011.

En 1803, la nef de l'église abbatiale devient église paroissiale, le chœur, n'étant pas sûr, est abandonné. Faute de travaux de maintenance, chœur et transepts s'effondrent vers 1815[12].

Certaines traces de l'ancienne « grande église » sont encore visibles, une galerie au sud du transept que l'on aperçoit au-dessus des toits de l'école de garçons, un arrachement du mur d'une chapelle rayonnante nord à l'angle des escaliers du restaurant.

Il est possible de se figurer l'aspect de la partie disparue : autour du sanctuaire un déambulatoire distribuait cinq chapelles rayonnantes. Dans la tradition romane, le rond-point du chevet était scandé de colonnes, laissant largement passer la lumière.

La construction de l'édifice dans son ensemble peut être située dans le dernier tiers duXIe siècle, même si elle ne fut pas homogène et que plusieurs phases peuvent être envisagées. À l'époque gothique, divers modifications (reprise des voûtes, changements de niveaux ...) compliquent la lecture des maçonneries. Différents documents mentionnent triforium, voûtes, coupole et flèche, permettant certains rapprochements avecSainte-Foy de Conques[13].

Il reste actuellement de l'église abbatiale trois travées couvertes d'une voûte en berceau. Le monumental clocher-porche en fait un monument important de l'art roman des Charentes.

Quelques chapiteaux sont sculptés[14]. Ces deux chapiteaux et trois bas-reliefs de forme circulaire datant duXIIe siècle sont classésmonuments historiques depuis 1862[15].

L'édifice est classé aussi monument historique depuis 1862[16].

Elle renferme aussi un tableau desaint Pierre duXVIIIe siècle classé monument historique à titre objet depuis 1982[17].

Le clocher

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Seul subsiste de l'origine du monastère, l'imposant clocher-galilée, haut de 43 mètres, qui s'apparente aux clochers-porches carolingiens duXe siècle. Il est situé à l'ouest de l'édifice.

  • Le clocher en 2006.
    Le clocher en 2006.
  • Vue du nord.
    Vue du nord.
  • Vue du sud.
    Vue du sud.
  • Le porche.
    Le porche.
  • Élévation par Viollet-le-Duc.
    Élévation parViollet-le-Duc.

Les bâtiments monastiques

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Une gravure représentant l'abbaye en vue cavalière montrent les bâtiments auXVIIe siècle[18].

Les bâtiments monastiques encore existants sont orientés au sud et à l'est. Le pavillon ouest est détruit au début duXXe siècle car il menace ruine. Ils ne sont pas visibles depuis le bourg et on doit prendre la rue de la Mairie pour pouvoir les voir.

La mairie occupe encore, à l'extrémité du pavillon oriental, l'ancienne salle capitulaire et la salle à manger des moines.

Le bâtiment oriental avec sa remarquable façade typique duXVIIIe siècle a été pendant de nombreuses années utilisé comme presbytère puis a abrité des congrégations ; actuellement, il est propriété de la commune. C'est le bâtiment le plus récent, sa construction ayant été terminée en 1785.

Le pavillon sud, ancien logis de l'Abbé, est depuis laRévolution propriété de particuliers.

Le cloître occupe toujours l'espace entre les bâtiments monastiques et l'église, la galerie n'existe plus, seules des traces d’arrachement sur le mur d'un des bâtiments atteste sa présence.

  • Colonnes autour de la place...
    Colonnes autour de la place...
  • et au coin de l'église.
    et au coin de l'église.

Activité

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L'abbaye n'est plus en activité.

Notes et références

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  1. Coordonnées prises surGéoportail
  2. a etb« Classification des Ordres religieux. Les ordres religieux en Limousin », surpagesperso-orange.fr(consulté le)
  3. de Courcel 1913,p. 231
  4. Abbé Rougerie,Vie de saint Gaultier, abbé de Lesterps, 1877, in-12, p. 108.
  5. de Courcel 1913,p. 233-234-235
  6. Selon la liste des abbés de Lesterps établie parJeanNanglard,Pouillé historique dudiocèse d'Angoulême,t. III, Angoulême, imprimerie Despujols,, 582 p.,p. 3, un dénommé Boson est attesté comme abbé en 1179 et en 1198.
  7. J. Théry-Astruc, « 'Excès' et 'affaires d’enquête'. Les procédures criminelles de la papauté contre les prélats, de la mi-XIIe à la mi-XIVe siècle. Première approche », dans « La pathologie du pouvoir : vices, crimes et délits des gouvernants », dir. P. Gilli, Leyde : Brill, 2016, p. 164-236, disponible en ligne, aux p. 198 et 212, etJ. Théry, « Luxure cléricale, gouvernement de l’Église et royauté capétienne au temps de la "Bible de saint Louis" »,Revue Mabillon, 25, 2014, p. 165-194, disponible en ligne, aux p. 172, 180 et 181
  8. J. Théry-Astruc, « 'Excès' et 'affaires d’enquête'. Les procédures criminelles de la papauté contre les prélats »,op. cit., disponible en ligne, p. 214
  9. J. Dumont,La terre et les hommes à Lesterps en 1473, dansBulletins et Mémoires de laSociété archéologique et historique de la Charente, 1987, p. 245-256.
  10. de Courcel 1913,p. 237
  11. Visites pastorales de l'évêché de Limoges, A. Leroux et A. Bosvieux, Limoges, 1886, p.354
  12. Andrault-Schmitt, 1995, p. 257.
  13. Andrault-Schmitt, 1995, p. 259-260.
  14. Astrid Desset, « Lesterps au fil du temps »,(consulté le)
  15. « Chapiteaux et bas-reliefs », noticeno PM16000175, sur la plateforme ouverte du patrimoine,base Palissy,ministère français de la Culture
  16. « Église de Lesterps », noticeno PA00104390, sur la plateforme ouverte du patrimoine,base Mérimée,ministère français de la Culture
  17. « Tableau de saint Pierre », noticeno PM16000311, sur la plateforme ouverte du patrimoine,base Palissy,ministère français de la Culture
  18. René Crozet, « Vues anciennes des abbayes de la Couronne, de Lanville et de Lesterps. »,Mémoires de laSociété archéologique et historique de la Charente,‎ 1949-1950

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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