Le bureau confédéral de laCGT élu après le Congrès de Toulouse.Le Peuple, journal de la CGT du
3-6 mars : réunification de laCGT et de laCGTU au congrès de Toulouse[9]. Ses effectifs passent de 750 000 à 4 millions d’adhérents dans l’année, notamment à la suite des grèves de mai-juin.
7 mars :remilitarisation de la Rhénanie en réaction à la ratification du pacte franco-soviétique. L’Allemagne installe des troupes en violation dutraité de Versailles et dupacte de Locarno[10]. Londres ne réagit pas. La France saisit laSDN. Hitler propose à la France et à la Belgique l’ouverture de négociations en vue de conclure des pactes de non-agression de 25 ans garantis par le Royaume-Uni et l’Italie.
8 mars : recensement général de la population française[11], qui compte 41 911 530 habitants[12].
26 avril et3 mai : victoire électorale duFront populaire auxlégislatives avec 375 députés contre 220 à l'opposition[6]. LePCF double le nombre de ses électeurs (15 % de l'ensemble électoral) et ses députés passent de 10 à 72. Les socialistesSFIO passent de 97 sièges à 146. Le parti radical recule, de 159 sièges à 116[18].
11 mai : grèveBreguet au Havre (occupation des locaux, élection de délégués pour négocier des conventions collectives). Le lendemain, l'arbitrage du maire, accepté par les deux parties, donne raison aux ouvriers[21]. Début d'un vaste mouvement de grèves générales dans tous les secteurs, avec occupations des usines.
publication dansLe Populaire de l'articleTout est possible ! deMarceau Pivert, où il propose de transformer le mouvement populaire en révolution sociale[23].
Grève des métallos : occupation d'une usine de la banlieue parisienne. 12 142 grèves et 1 830 938 grévistes sont enregistrés en juin par le ministère du travail[22].
6 juin : investiture du nouveau gouvernement. Le député de droiteXavier Vallat interpelleLéon Blum à la Chambre : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un Juif »[26].
7 et8 juin : réunion des partenaires sociaux entre la CGT — la CFTC n'est pas invitée —, les déléguées du patronat et le gouvernement. Tard dans la nuit, les revendications ouvrières sont imposées au patronat et lesaccords de Matignon sont signés[27] : reconnaissance de la liberté syndicale, élections des délégués du personnel, signatures de conventions collectives, semaine de travail de quarante heures, deux semaines de congés payés annuellement, augmentation générale des salaires (7 à 15 % de hausse),SNCF…
11 juin : appel deMaurice Thorez (« il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue » ; lelendemain les ouvriers métallurgistes signent des accords et reprennent le travail[28].
Le conseil général de la Banque de France, dans le cadre de la réorganisation de l'institution voulue par le Front populaire en 1936.Léon Jouhaux, responsable de la CGT, figure parmi les nouveaux membres du conseil (Agence Meurisse, 1936, Paris,BnF).
24 juillet : réforme du statut de laBanque de France. La loi remplace le Conseil de régence qui désignait legouverneur par un Conseil général. Les membres du Conseil de régence étaient élus par les deux cents actionnaires les plus importants (identifiés aux « deux cents familles »), dorénavant, ils cèdent leur place aux représentants de l'État, à ceux des « grandes forces organisées du travail et de l'activité industrielle, commerciale et agricole » et à ceux, élus par les petits actionnaires qui obtiennent aussi le droit d'assister aux assemblées générales[35],[36].
29 juillet : décret améliorant le régime de retraite des ouvriers mineurs[37].
discours deMessali Hadj au Congrès Musulman à Alger qui condamne le rattachement de l'Algérie à la France et réaffirme sa lutte pour l'indépendance. Son parti, l'Étoile nord-africaine, est dissout par le Front populaire le et Messali Hadj emprisonné le[39].
11 août : loi sur la nationalisation des industries d'armement[27] ; elle concerne l’industrie aéronautique réorganisée en six sociétés nationales de constructions aéronautiques[44].
Article sur les congés payés dans le magazineRegards du.
18 août : vote de 20 milliards de francs de budget pour une politique de grands travaux, notamment l'électrification des campagnes et la poursuite de la construction du réseau routier français[45].
19 août : afin de stimuler l'économie, le gouvernementBlum fait voter une loi assouplissant l'accès au crédit pour les entreprises, uneCaisse nationale des marchés de l'État est créée afin de centraliser les commandes publiques[27].
20 août : loi qui abaisse les limites d'âge des fonctionnaires de l'Etat[45].
26 août au28 août : loi sur l'amélioration des assurances sociales[46], loi relative à l'insaisissabilité et à l'incessibilité des allocations de chômage, loi sur la bonification des retraites des ouvriers d'industries connexes des mines, loi qui autorise la création d'unions mixtes de coopératives[37].
7 septembre : le gouvernement relance la production d'armes avec quatorze milliards de francs affectés au budget de l'armée sur quatre ans (constructions de 3 200 chars de combat, renforcement de l’aviation avec la construction de 1 500 avions en trois ans)[33].
Transferts importants de capitaux hors de France, devant la peur communiste et l'échec de la relance de la production. La fuite des capitaux, massive depuis l'arrivée duFront populaire au pouvoir, oblige le gouvernement à dévaluer le franc de 29 %. La hausse de salaire prévue par lesaccords Matignon est vite annulée par l'inflation induite. Ces dévaluations successives ôtent la confiance de l'opinion publique dans le gouvernement (désillusion du monde ouvrier ; les communistes enlèvent leur soutien au gouvernement). Le prélèvement exceptionnel prévu sur l'or et l'obligation de la déclaration de l'or détenu par les particuliers mécontente les épargnants. Le gouvernement reçoit par ailleurs d'incessantes pressions des milieux d'affaires, le patronat contre-attaque en refusant d'appliquer les lois sociales, les ligues se reconstituent en partis politiques.
25 septembre : le gouvernement suspend la parité-or du franc et l'aligne sur la livre et le dollar par une déclaration conjointe avec les États-Unis et la Grande-Bretagne[49].
1er octobre : loi monétaire. L'ampleur de la crise oblige le gouvernement à faire une nouvelle dévaluation du franc de 29 % sur la base d'un franc pour 44,1 milligrammes d'or fin[49]. À la suite d'un accord monétaire trouvé avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, la valeur du franc est fixée dans une fourchette flottante de 43 à 49 milligrammes d'or contre 65,5 milligrammes auparavant[50].
6 novembre :arrêt Arrighi. LeConseil d'Etat, par la théorie dite de laLoi-écran, refuse le contrôle de constitutionnalité d'un acte réglementaire pris en application d'une loi[54].
17 novembre : suicide du ministre de l'intérieurRoger Salengro, victime d’une campagne de diffamation de la part de l’extrême droite[6].
5 décembre : opposés à la politique non-interventionniste du Front populaire en Espagne, les communistes s'abstiennent dans un vote de confiance[6].
7 décembre : l'aviateur françaisJean Mermoz (34 ans) et son équipe disparaissent en mer, à bord de leurLatécoère 300Croix du Sud, à 800 km au sud deDakar[56]. Le30, des funérailles nationales sont organisées à Paris, dans la cour d'honneur des Invalides[57].
10-12 décembre : un accord d'assistance administrative avec lesÉtats-Unis pour la répression de la fraude douanière est conclu par échange de lettres[58].
30 décembre : leprojet de loi Blum-Viollette, visant à octroyer des droits politiques à une minorité d'environ 22 000 Algériens musulmans est déposé sur le bureau de la Chambre des députés[61]. Ce projet est vivement combattu par les colons ainsi que par les nationalistes algériens de l'Étoile nord-africaine[62].
la Chambre des députés vote la loi sur la conciliation et l’arbitrage obligatoire pour limiter les conflits sociaux[27].
réforme fiscale. le système du barème en taux marginal pour l'impôt général sur le revenu est remplacé par un barème en taux moyen[63]. Réduction des déductions forfaitaires pour charges de famille pour les revenus élevés, allègement des majorations d’IGR applicables aux contribuables sans enfant[64]. Création d'une taxe unique à la production au taux de 6 % perçue auprès du dernier producteur. Cette nouvelle taxe remplace à partir du la taxe générale sur le chiffre d'affaires qui, en dépit de sa simplicité et de son rendement frappait en cascade chaque transaction[65].
le ministre de l'Éducation nationaleJean Zay prend une circulaire interdisant toute sur la propagande politique au sein des établissements scolaires[66].
↑a etbJean-Pierre Etienvre,Les armées espagnoles et françaises : modernisation et réforme entre les deux guerres mondiales, Casa de Velázquez,, 218 p.(ISBN978-84-86839-14-7,présentation en ligne)