14 avril : traité entre le ministre de la Marine et lamaison Régis. Le gouvernement français autorise le transport de noirs « libres » dans l’embouchure duCongo à aller travailler enGuadeloupe et enMartinique (1857-1862). L’affaire est condamnée par les Britanniques[3].
20 avril :Oumar Tall se tourne contre leKhasso, territoire protégé par la France, et entreprend lesiège du fort de Médine, sur leHaut Sénégal. Pendant quatre mois, la ville, défendue par le mulâtrePaul Holle, sept militaires européens, 22 soldats noirs, 36 matelots sénégalais et quelques auxiliaires autochtones, résiste aux assauts de 25 000Toucouleurs[4].
Arrivée du maréchal Randon à Alger en 1857. Ernest Francis Vacherot.
17 juillet : les Français sont exilés deMadagascar à la suite de l'échec d'un complot favorisé parLambert etJean Laborde pour renverser la reineRanavalona au profit de son filsRakoto[9]. Les persécutions religieuses dirigées contre les chrétiens atteignent un paroxysme : mise à mort et exils à l’îleMaurice se multiplient. Ranavalona, par son attitude antichrétienne, s’attire l’opposition des gouvernements européens et entre en conflit avec les négociants français de la Grande Île, qu’elle expulse du territoire.
10 septembre : unPacte fondamental est promulgué enTunisie[12]. Cette loi constitutionnelle (al-qanûn el-asasi), inspirée des chartes ottomanes de1839 et1856, définit les droits des Tunisiens, abolit le statut dedhimmi (protégé) desJuifs qui deviennent des citoyens à part entière. Elle autorise le droit de propriété aux résidents européens. Cette charte mécontente la population.
4 décembre : un discours deDavid Livingstone à Cambridge motive la création sous son patronage de laUniversities Mission to Central Africa[13] qui se donne pour mission l’établissement de « centres de chrétienté et de civilisation par la promotion de la vraie religion, de l’agriculture et du commerce légitime ».
Une caravane de marchands arabo-swahilis conduit une expédition directe deMombasa au payskikuyu, brisant ainsi le monopole des courtierskamba auKenya[14].
4 mars : début de la présidence démocrate deJames Buchanan auxÉtats-Unis (fin en1861)[16]. Élu par 14 États esclavagistes et 5 États antiesclavagistes, il refuse d’intervenir sur la question de l’esclavage.
1er mai : reddition du mercenaire duTennesseeWilliam Walker, assiégé àRivas depuis le11 avril[19]. LeGuatemala, leHonduras et leSalvador forment une coalition avec l’aide de laGrande-Bretagne, pour lutter contre l’expansion de la « phalange américaine » deWilliam Walker, un aventurier américain qui tente de s’emparer duNicaragua. La position géographique du pays pour la construction d’un canal en fait un objet de convoitise. Les libéraux, discrédités, sont écartés du pouvoir au Nicaragua jusqu’en1893. William Walker est fusillé auHonduras le.
22 août : krach boursier à New-York, qui provoque unepanique financière aux États-Unis[20]. Le13 octobre les banques de New York suspendent leurs paiements en espèce et ne rouvrent pas avant le12 décembre[21]. Dépression économique. Deux cent mille personnes se retrouvent sans emploi et des milliers d’immigrés récents tentent de repartir vers l’Europe.
Février : interdiction de la traite des esclaves noirs dans l’Empire ottoman, à l’exception duHedjaz[24].
3 mars : leParlement du Royaume-Uni adopte une motion de blâme à l’encontre deJohn Bowring et de l’amiral Seymour à la suite des incidents de 1846 en Chine ; le Premier ministreLord Palmerston dissout alors la chambre des communes et obtient le soutien des électeurs pour soutenir sapolitique belliqueuse.Lord Elgin est envoyé en Chine pour superviser les opérations. Il est à Canton le2 juillet. Le gouvernement français, invité à participer aux opérations, envoie le baron Gros qui arrive avec une escadre le14 octobre dans les environs de Macao[25].
4 mars : lapaix de Paris met fin à laguerre anglo-perse. Elle prévoit la nomination d’un nouveau gouverneur àHerat qui accepte de prononcer le prêche du vendredi (khutba) au nom du chah. Ce dernier s’engage à ne pas menacer la cité afghane et leChah reconnaît l'indépendance de l’Afghanistan[26].
Été : révolte des Turcs duTarim conduits parWali Khan(en) contre les Chinois[28]. Wali Khan s’empare deKachgar et le26 août fait exécuter l’explorateur allemand Adolf Schlagintweit, qu’il soupçonne d’espionnage[29].
Le gouverneur deKhorasan entraîne laPerse dans un conflit avec lesTurcomans (1857-1861). Murad Mirza fait séquestrer les chefs turcomans qu’il avait convié à un banquet, puis marche surMerv. Sur ses traces, le gouverneur deMashhad, Hamza Mirza, reprend l’offensive et, malgré une nouvelle victoire àMerv, essuie de lourdes pertes. Les prisonniers persans sont vendus comme esclave à travers toute l’Asie centrale[33].
Révolte des cipayes (The Indian Mutiny) en Inde contre le pouvoir britannique (1857-1858). Illustration contemporaine, d'après une perspective britannique.
22 janvier : début de larévolte des cipayes àDum Dum ; les premiers signes de révolte (26 février) sont durement réprimés àBarrackpore etBerhampore, auBengale. Les Cipayes sont des soldats indiens au service des Britanniques, au nombre de 190 000. Leur révolte a été déclenchée par la distribution de cartouches enduites de graisse d’animaux tabous, qu’ils devaient mordre pour décapsuler[35].
9 mai : àMeerut, à 50 km deDelhi, quatre-vingt-cinq cipayes sont condamnés pour avoir refusé d’utiliser les cartouches Enfield ; le11, les soldats libèrent leurs camarades enfermés et massacrent les officiers européens. Le12, les révoltés marchent surDelhi, massacrant les Européens et proclamentBahadur Shah II empereur le13. En juin, des insurrections éclatent auRajputana, en Inde Centrale, dans laprincipauté de Bénarès, auBihâr[35],[38].
27 juillet : le chefrajputKunwar Singh entre dansArrah et assiège la garnison britannique, qui est secourue le3 août par le major Vincent Eyre ; Kunwar Singh est battu le12 août dans son fief de Jagdispur[39].
20 septembre : les Britanniques, s’appuyant sur le sud du pays et les contingentsSikhs etGurkhas, parviennent à reprendreDelhi après un siège de trois mois[38].
3 janvier : première réunion d’un comité secret pour l’étude d’un projet de libération des serfs enRussie[40]. Des comités provinciaux de la noblesse sont chargés d’élaborer des propositions sur le thème endécembre.
10 septembre (Moldavie) et26 septembre (Valachie) : victoire des unionistes dans lesprovinces roumaines[45]. Moldaves et Valaques se prononcent à une écrasante majorité pour l’union. Ce résultat satisfaitNapoléon III, favorable aux nationalités, mais contrarie la Porte, qui souhaitait exercer un protectorat après la mise à l’écart de laRussie, et inquiète l’Autriche, qui se défie toujours des aspirations nationales, susceptibles de la déstabiliser.
Octobre : lacrise financière américaine atteint leRoyaume-Uni[20]. La faillite du système bancaire, qui débute auxÉtats-Unis, s’étend à laGrande-Bretagne, puis à l’Europe. Récession économique : à l’accroissement de la production d’or dans le monde fait suite une diminution des profits dans l’exploitation des mines, puis dans celle des chemins de fer.
18 novembre : à 14 h 45, l’explosion de la poudrière(Pulverturm), à Mayence, fait 153 morts et au moins 500 blessés[53]. Elle détruit 57 maisons situées à proximité, et endommage gravement l’église Saint-Étienne.
↑Journal du palais : présentant la jurisprudence de la Cour de Cassation et des Cours d'Appel de Paris et des départements,vol. 1,(présentation en ligne)
↑Keith Hamilton et Patrick Salmon,Slavery, Diplomacy and Empire : Britain and the Suppression of the Slave Trade, 1807-1975, Sussex Academic Press,, 229 p.(ISBN978-1-84519-298-3,présentation en ligne)