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Ne doit pas être confondu avec les lettres latinesej ‹ Ʒ ʒ ›,epsilon réfléchi ‹ Ɜ ɜ ›,epsilon culbuté ‹ ᴈ › etet ‹ Ꝫ ꝫ ›, les lettres cyrilliquesdzé abkhaze ‹ Ӡ ӡ › etzé ‹ З з ›, ou lechiffre 3.

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En pratique :Quelles sources sont attendues ?Comment ajouter mes sources ?| Yogh | |
Ȝ ȝ Ȝ ȝ | |
| Graphies | |
|---|---|
| Capitale | Ȝ |
| Bas de casse | ȝ |
| Utilisation | |
| Alphabets | moyen anglais,moyen scots |
| modifier | |
La lettreyogh, ouȝoȝ, est unelettre originale de l'alphabet latin que l'on utilisait dans les manuscrits enmoyen anglais (périodemédiévale s'étendant duXIe au XVe siècle). Elle est dérivée de la forme de la lettreg utilisée en vieil anglais,ᵹ, et a été utilisée en moyen anglais vernaculaire pour représenter un groupe deconsonnes fricatives[1].

Dans les manuscrits envieil anglais (VIIIe–XIe siècle), la lettreg se traçait comme dans l'illustration (fig. 1). On reconnaît l'œil d'ung dans la graphieonciale insulaire d'Irlande : ce sont en effet des missionnaires irlandais qui, apportant lechristianisme et ses textes, ont transmis l'alphabet latin aux Anglo-Saxons, écriture qui a remplacé l'alphabet runique. La graphie, sous la plume des scribes anglais, est devenue en moyen anglais une nouvelle lettre,ȝ (fig. 2).
Voici deux exemples de textes en vieil anglais puis en moyen anglais. L'extrait 1 est tiré duBeowulf (date de rédaction du manuscrit unique :Xe siècle), l'extrait 2 d'un poème écrit auXIIIe siècle,The Owl and the Nightingale. La première ligne montre la graphie des manuscrits (leg oncial insulaire et leyogh sont en rouge), la seconde ligne une version n'utilisant que l'alphabet latin habituel. Noter leg oncial capital et la présence d'autres lettres anciennes commethorn ouwynn dans le texte en vieil anglais :
Voici, tirée d'une photographie dumanuscrit duBeowulf (même extrait), la lettreg onciale irlandaise dans ses deuxcasses :
Voici la lettre ȝ dansThe Owl and the Nightingale :
Au cours de la période dumoyen anglais (XIIe–XVe siècle)yogh, comme les autreslettres germaniques, disparaît progressivement, remplacé parg,y ough en fin de mot, en partie parce que cette lettre était inconnue des usages écrits apportés par les scribes anglo-normands. L'ignorance de sa spécificité a parfois conduit les scribes à confondreyogh etz et utiliser ce dernier à la place de la lettre particulière (de même quey a pu remplacerþ). L'avènement de l'imprimerie marque la disparition définitive des lettres anciennes déjà mourantes.
Note : la transcription phonétique est enAPI.
L'ancien anglais ne connaît pas leyogh mais ung venu de la graphie irlandaise servant à noter un ancien*gproto-germanique. Or, cephonème connaît en vieil anglais de nombreuxallophones. Il se réalise normalement :
Enmoyen anglais, la lettre onciale est encore utilisée mais a pris une nouvelle forme (fig. 2), une sorte dez cursif , qui se nommeyogh. Quand elle vaut le son [g] (et aussi [dʒ]), les scribes anglo-normands lui préfèrent la lettrecarolineg, qu'ils utilisaient ainsi sur le continent.Yogh sert alors seulement pour des sons que les usages anglo-normands ne prévoient pas :
En sorte, le moyen anglais connaît deux variantes de la lettreg : leyogh (prononcé [j], [x] et [w]) issu dug insulaire vieil anglais et leg continental apporté par les scribes normands ([ɡ] et [dʒ]).
Entre lesXIIIe et XVe siècles,y pour [j] etgh pour [x] remplacent petit à petityogh dans tous ses usages. Le phonème [x] en fin de mot, de plus, s'amuït, sauf dans quelques-uns où il évolue en [f]. L'orthographe en porte la trace : vieil anglais :þurh [θurx] → moyen :þruȝ puisthrough [θrʊx] (noter lamétathèse de consonnes) → moderne :through [θɹuː] « à travers ». L'orthographe actuelle ne témoigne de la présence ancienne duyogh que par son digrammegh.
La lettreyogh ne sert en fait que très peu aux linguistes : ceux-ci préféreront en effet utiliser un symbole moins ambigu, commej ouχ, etc. En revanche, c'est enphilologie, dans latranslittération des manuscrits, qu'il trouve tout son sens.
Pour des raisons techniques historiques, les caractères yogh ‹ ȝ ›[2], l’epsilon réfléchi ‹ ɜ ›, ou même le chiffre 3 ‹ 3 ›, sont utilisés à la place duꜢ (alef égyptologique) enégyptologie.
Rasmus Rask utilise la lettre yogh (en contraste avec la lettreej ‹ ʒ ›) dans sa transcription dugéorgien et de l’arménienNonnulla de pleno systemate Sibilantium in lingvis montanis[3] publiés en 1832.

La graphie en vieil anglais deg est parfois rendue dans les éditions philologiques modernes par unej (ou unej bouclé :ʓ) ; il existe un caractère plus adapté qu'un vraiej, c'estᵹ U+1D79, cependant rarement inclus dans les polices de caractères. Ainsi, on pourra lireʒear /ʓear /ᵹear pourgear, qu'on transcrit sinon plus simplementgēar. Le mot est devenuȝere (yere) en moyen anglais, de làyear « année ». On utilise parfois, toujours pour l'ancien anglais,ȝ, bien que ce soit un anachronisme.
La normeUnicode, dans ses débuts, ne distinguait pasyoghȝ deejʒ, les deux étant codés parej. Ce ne sont cependant pas les mêmes caractères. L'erreur a été corrigée dans la3e version d'Unicode. Actuellement, on codeyogh par U+021C pour la capitale et U+021D pour la minuscule, soient :
0xC8 0x9D ;\310\235 ;ȝ ;0xC8 0x9C ;\310\234Ȝ.Variantes de la lettreG | |
|---|---|
| Diacritiques suscrits | |
| Diacritiques inscrits | |
| Diacritiques souscrits | |
| Combinaisons de diacritiques | |
| Lettres additionnelles |
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| Autres | ⅁ (majuscule G culbuté ou réfléchi sans empattement) |