Carte des restes et vestiges sur la couronne coralienne de l'atoll français La Passion-Clipperton (Tchekemian, 2021).
L'île Clipperton, aussi appeléeîle de Clipperton,Clipperton,île de la Passion ouLa Passion-Clipperton, est une possessionfrançaise composée d'un uniqueatoll situé dans l'Est de l'océan Pacifique nord. Il est parfois qualifié d'« atoll le plus isolé du monde » car les terres continentales les plus proches sont celles duMexique, à environ 1 100 km. Sonlagon est le seul lagon d'eau douce du monde.
L'île Clipperton[2], aussi appelée île de Clipperton, Clipperton[2], île de la Passion ou La Passion-Clipperton, possède de nombreux surnoms :
« L'île au trésor » car une légende voudrait qu'en 1704,John Clipperton, mutin ou déserteur du navire le Saint-Georges, dirigé par le corsaireWilliam Dampier, y aurait caché un trésor[3]. D'après Hubert Juet, le trésor de Clipperton serait une invention du capitaine Murtie qui, en 1897, lorsqu'il était réfugié sur l'île après une tempête, inventa cette légende pour occuper ses hommes[4],[5].
« L'île au guano » du fait de la récolte deguano sur l'île auXIXe siècle.
« L'île aux oiseaux », surnom donné par un élève officier à bord du croiseurJeanne d'Arc, le[10]. Du fait de son isolement, l'atoll est en effet le seul lieu de ponte possible à des centaines de kilomètres à la ronde, et abrite de nombreuses colonies d'oiseaux, dont notamment leFou masqué (voirinfra)[9].
« L'île des extrêmes »[11] du fait de« l'extrême fragilité de ce milieu exceptionnel », de son éloignement et de son isolement, et des conditions climatiques extrêmes (chaleurs, intempéries, orages, cyclones)[12].
En 2007, la loi portant sur les dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer l'appelle « île de Clipperton »[13]. En 2022, laloi 3DS dispose que« l'île de Clipperton peut également être désignée par l'appellation : "La Passion-Clipperton" »[14].
Dans le Pacifique Nord, les autres îles les plus proches sont l'île Isabela (îles Galápagos), à environ 2 260 km[17] à l'est-sud-est, et l'île Hawaï, à environ 5 000 km[17] à l'ouest-nord-ouest.
Il est parfois qualifié d'« atoll le plus isolé du monde »[18], notamment par lecomité français de l'UICN[19]. Il s'agit de la seule terre émergée entre le continent et les îles Marquises : elle représente donc une escale pour de nombreux oiseaux marins[20].
L'île constitue l'unique point émergé d'une zone de failles de ladorsale est-Pacifique, une chaîne demonts et devolcans sous-marins. Elle est issue d'unpoint chaud, d'une fissure par laquelle le magma s'est accumulé il y a3,7millions d'années, formant un volcan. Les atolls ont été constitués par des colonies demadrépores qui ont construit les récifs coralliens en se fixant autour de ces îles tropicales. Une fois que l'activité volcanique et la poussée en direction de la croûte terrestre se sont opérées, l'île s'est progressivement enfoncée dans l'océan. Les coraux, quant à eux, se sont maintenus en s'élevant pour rester à sa surface. Le mont volcanique a fini par disparaître, tandis que subsistait l'anneau corallien qui le ceinturait[21].
Seulatoll corallien de cette partie de l'océan Pacifique, appelée Pacifique oriental, l'île a une forme subcirculaire de douze kilomètres de circonférence. La superficie des terres émergées n'est que de 1,7 km2. L'atoll a un diamètre de 2,4 à 3,9 km. Sonaltitude est au maximum de4 mètres pour la partie récifale, mais le point culminant est unrocher volcanique de29 mètres d'altitude, lerocher de Clipperton, qui émerge dulagon au sud-est de l'atoll. La présence de ce reliquat de l'ancienne île volcanique fait de l'île Clipperton unpresqu'atoll et non un véritable atoll au sens strict du terme[22].
Le lagon est considéré comme le seul lagon d'eau douce de la planète[24] ; en effet, l'évaporation des eaux du lagon est inférieure aux précipitations : l'eau y est donc douce en surface, salée et légèrement acide à partir de6 mètres de profondeur. Les tentatives d'exploration du« trou sans fond » du lagon (qui est un puits sous-marin, hypothétiquement vestige d'une anciennecheminée volcanique) par lecommandant Cousteau en 1980 ont été empêchées par une trop forte concentration d'hydrogène sulfuré[25][source secondaire souhaitée].
Ce lagon est constitué d'eau saumâtre, avec une forte concentration decolibacille, de bactéries, en raison de sa fermeture et duguano transporté par les eaux de ruissellement, ce qui l'inscrit dans un processus naturel d'eutrophisation[26]. Aucun poisson n'y vit[27].
En 2015, la mission Passion 2015[29], conduite par des scientifiques de l'université de la Polynésie française, effectue desmesures bathymétriques du lagon. Elle conclut qu'il présente notamment plusieurs cuvettes de plus de25 mètres de profondeur, et qu'en outre sa profondeur maximale atteint55 mètres[30] (au niveau de la fosse orientale). Elle met également en évidence que le« trou sans fond » n'était pas le point le plus profond du lagon, à l'inverse de ce que son nom pouvait laisser entendre. En effet, selon ces nouvelles mesures — et contrairement aux indications des anciennes cartes qui le faisaient descendre jusqu'à plus de90 mètres —, il ne serait profond que d'environ35 mètres au maximum et de30 à 32 mètres en moyenne[30][source secondaire souhaitée].
Le climat de Clipperton est de typetropical. La température de l'air et de l'eau ne varie que très peu tout au long de l'année : entre25 °C et30 °C. Lesprécipitations annuelles sont de 3 000 à 5 000 mm[31]. Le taux d'humidité dans l'air est compris entre 85 % et 95 %. Les vents dominants sont lesalizés de sud-est. Ils sont violents, les averses sont brusques et fréquentes, avec de nombreuxcyclones, généralement durant les mois d'avril à septembre[32].
Selond'autres[Qui ?], l'explorateur portugaisFernand de Magellan aurait été le premier à la trouver en 1521[35],[36], ce qui ferait de Clipperton et de certaines îles deMicronésie les premières régions du Pacifique à être atteintes par les Européens[37].
L'île aurait aussi été découverte par leflibustier,pirate etnaturaliste anglaisJohn Clipperton en 1704[38], alors qu'il venait de faire défection de l'expédition deWilliam Dampier. Toutefois, aucune preuve de son passage à proximité de l'atoll n'a été conservée.
Ni lesportulans ibériques, comme celui d'Andreas Homen en 1559, ni le planisphère portugais de 1585 ne mentionnent cette île ; pas plus que l'atlas du DieppoisJean Guérard en 1634, pourtant très au courant des découvertes espagnoles. De même, ni l'atlas français deSanson d'Abbeville en 1667, ni la carte de l'Amérique méridionale dupère Feuillée de 1714 ne font mention d'une île Clipperton dans ces parages.
Elle apparaît sous le nom d'île de la Passion sur la carte réduite de la Mer du Sud dessinée en 1753 parJacques-Nicolas Bellin, ingénieur de la marine,hydrographe du roi, nom repris dans sonHydrographie françoise de 1755. L'atlas deMalte-Brun de 1812 confirme cette appellation.
C'est en 1835, sur une carte de l'Océanie dressée par le géographe Antoine-Remy Frémin(d) pour l'atlas anglais d'Arrowsmith, qu'elle apparaît sous le nom d'île Clipperton, alors qu'Arrowsmith lui-même l'avait indiquée sous le nom d'île de la Passion sur sa carte de l'Amérique septentrionale datée de 1835 également.
La confusion s'installe à un point tel que, sur son Atlas de 1850, L. Berthe positionne une île de la Passion dans l'archipel des Revillagigedo au large ducap Corrientes, une île Cliporton [sic] plus au sud et, encore plus bas, un Rocher de la Passion, l’ancienne Isla Medanos découverte en 1527 par le navigateur espagnolÁlvaro de Saavedra et que les Mexicains confondent aujourd'hui avec l'île de la Passion.Amboise Tardieu, en 1850, etBouillet, en 1865, rétablissent[Comment ?] la situation en ne mentionnant que la seule île de la Passion.
Intéressé par sa position stratégique dans le Pacifique face à l'isthme de Panama dans la perspective d'un percement futur,Victor Édouard Le Coat de Kerveguen en prit possession au nom de la France, ce qui fut confirmé par un décret de l'empereurNapoléonIII en date du, et par publication dans divers journaux, sans qu'aucun État ne vienne contester cette possession à cette époque.
Le projet était de faire de l'île un port de relâche pour les bateaux à vapeur, la construction d'un phare sur le « Rocher » (point culminant de l'île) qui serait visible à30 milles marins, le percement de la passe près du « Rocher ».
États-Unis, Mexique et France se disputent la possession
En 1893, la goéletteViking charge200 tonnes de guano vendues40 dollars américains l'unité àSan Francisco[4]. En 1895, laPacific Islands Company, une compagnie britannique, s'installe sur l'île pour y exploiter leguano[38]. En, John Arundel, agent britannique de laPacific Islands Company qui a clandestinement racheté l'Oceanic Phosphate Company, estime les réserves de guano de l'île à 12 000 tonnes. Il finit par sous-traiter l'exploitation aux Mexicains. Les réserves s'avérèrent toutefois limitées et s'épuisèrent en une vingtaine d'années après l'exploitation mexicaine[42].
En 1897, le Mexique l'occupe puis en 1906, y construit un phare et y laisse un gardien[43]. En 1907, le président mexicain, le généralPorfirio Díaz, y dépêche une petite troupe d'une dizaine de soldats accompagnés de leurs épouses et placés sous les ordres du capitaineRamón Arnaud, descendant d'une famille française, afin de revendiquer la souveraineté mexicaine[38].
En, un cyclone détruit les potagers de la petite garnison[38] de onze soldats installés sur place avec femmes et enfants depuis 1906. La marine mexicaine devait venir les ravitailler environ tous les quatre mois[38]. Mais le bateau de ravitaillement de n'arrive pas. À la fin du mois de un croiseur de l'US Navy, l'USSCleveland(en) vient secourir l'île, mais le chef de la garnison refuse d'embarquer sur un navire ennemi[38]. La troupe est alors décimée par la famine et le scorbut. En, ils ne sont plus que trois hommes, six femmes et huit enfants[38]. Deux des hommes meurent en tentant de rejoindre un navire passant au large[38]. Le dernier homme survivant, gardien duphare, fait alors vivre un calvaire aux autres et se comporte en dictateur[43],[38]. Il est assassiné à coups de marteau par les femmes survivantes le. Le lendemain l'USSYorktown(en) les sauve ; il était venu vérifier qu'aucun navire allemand ne s'y cachait[38],[44]. Certaines encyclopédies ont longtemps indiqué que l'île Clipperton avait une cinquantaine d'habitants, restant à ce chiffre de 1914.
Arbitrage entre la France et le Mexique (1909-1931)
Le Mexique n'ayant pu fournir de preuves de la découverte de l'île Clipperton par l'Espagne (dont le Mexiquehériterait), la souveraineté de la France est reconnue le par l'arbitrage deVictor-EmmanuelIII,roi d'Italie (ses experts juridiques)[19],[45].
Cet arbitrage reconnaît en effet que le territoire étaitterra nullius lors de l'annexion française de 1858 et que celle-ci s'est faite dans les règles[46]. Il considère notamment que la souveraineté française sur Clipperton était aussieffective que possible, aucune administration n'y étant nécessaire en l'absence de population[47]. L'île Clipperton est assimilée à un objet qu'on peut s'approprier s'il n'a pas de propriétaire, à condition de l'avoir possédé un instant et d'avoir alors proclamé publiquement sa prise de possession. Dans ce cadre, l'envoi d'un navire français sur place en 1858 suivi de l'annonce de l'annexion dansThe Polynesian(en), lejournal officiel duroyaume d'Hawaï[48], ont paru suffisants. Le fait que la France n'ait effectué aucune exploitation de l'île Clipperton et qu'elle soit à priori moins bien placée que le Mexique pour cela (vu leurs situations géographiques) n'ont pas été considérés[49],[50].
Bâtiment de débarquement de charsUSS LST-563(en) échoué sur l'île de la Passion en 1944.
En 1944, lesÉtats-Unis occupent l'île d'autorité. Ils ouvrent une passe dans la couronne (qu'ils refermeront en partant) et nivellent une piste d'aviation[52].
À la suite de la protestation de laFrance qui vient tout juste d'être libérée, protestation conduite par le ministre français des Affaires étrangèresGeorges Bidault, les États-Unis restituent le territoire à la France le[53]. L'armée américaine laisse sur place de nombreuses caisses de munitions[38].
De 1966 à 1969, Clipperton abrite une mission scientifique française chargée de mesurer les retombées desessais nucléaires français dans le Pacifique. L'objectif est de rassurer les États-Unis, en montrant que les retombées nucléaires n'atteignent pas le continent américain[38].
Depuis 2007, l'île est placée sous l'autorité duministre chargé de l'Outre-mer, autorité qu'il délègue auhaut-commissaire de la République en Polynésie française, bien que l'île ne fasse plus partie de ce territoire d'outre-mer, mais y soit seulement rattachée administrativement. Le haut-commissaire accorde donc depuisPapeete les autorisations de débarquement et de séjour sur Clipperton, ainsi que l'octroi des droits de pêche dans lazone économique exclusive autour de l'île. Aujourd'hui, l'île de Clipperton relève dudomaine public et elle est inscrite au tableau des propriétés domaniales de l'État français. L'île est donc classée sous le régime législatif et l'organisation particulière au même titre que lesTerres australes et antarctiques françaises (TAAF), en tant que territoire sans population permanente[55].
Avant 2007, les bateaux mexicains pêchaient dans lazone économique exclusive (ZEE) de manière illégale du point de vue français. La France et le Mexique ont signé un accord de pêche en 2007 pour dix ans. L'accord a été signé à la suite de l'incident du au cours duquel un navire de guerre français a arraisonné et détruit l'armement d'un bâtiment de pêche mexicain pris par hasard en train de pêcher illégalement dans la zone économique exclusive française. L'accord de 2007 prévoit un volume maximum de pêche. Cependant, il apparaît qu'aucune vérification n'est effectuée, les navires mexicains pouvant refuser les contrôles[56].
L'accord a été reconduit dans les mêmes conditions en 2017[57].
Dans lesannées 2010, la situation de Clipperton suscite des intérêts politiques et scientifiques relativement importants[58]. À la suite de l'expédition deJean-Louis Étienne de 2005, la question de l'usage du territoire fait l'objet de débats. L'absence de présence humaine permanente contribue à en faire un territoire délaissé, non exploité sur les plans économiques ou scientifiques. Ledéputé françaisPhilippe Folliot, spécialiste des questions liées à Clipperton et seul élu de la République à s'être rendu sur l'île, remet en 2016 au gouvernement un rapport sur la valorisation du territoire[16],[38],[59].
La présence française se fait au travers d'une visite annuelle par une frégate de laMarine nationale, en général lePrairial, qui permet d'y entretenir la plaque et ledrapeau français censé y flotter (voirinfra). Cette maintenance s'avère nécessaire en vertu du droit international relatif au statut de la mer et du maintien de lazone économique exclusive française, qui permet notamment à la France d'être partie à plusieurstraités internationaux concernant cette zone de l'océan Pacifique, notamment pour lesressources halieutiques (l'île se situant dans une importante zone de ressources pour la pêche authon), mais exige que la souveraineté soit justifiée par une occupation régulière[60].
Cette réaffirmation régulière de la souveraineté française reste toutefois limitée. Des paquets decocaïne, attestant de l'utilisation de l'atoll par desnarcotrafiquants, sont régulièrement retrouvés[61],[62] ; la piste aérienne est également utilisée pour le trafic de drogue[38].
De même, des activités depêche illégale sont probablement menées dans les eaux entourant l'atoll qui souffre d'une pollution non négligeable. Desdéchets rejetés par la mer sont régulièrement retrouvés au gré des diverses expéditions. Cette présence réduite de la France a suscité des réactions de la part du Mexique, qui considère que l'atoll n'est qu'un simple rocher ne pouvant servir à des prétentions de ZEE[12] sur la base de laConvention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). Celle-ci indique en effet que seules les terres pouvant être occupées peuvent donner lieu à des ZEE[63].
Par conséquent, des pistes ont été proposées pour raffermir la présence de la France sur ce territoire. L'établissement d'une base permanente, potentiellement ouverte à des scientifiques étrangers, serait une manière d'assurer une présence constante et de renforcer le respect de la légalité sur l'atoll et ses alentours[64]. Des propositions comme les flux logistiques pour alimenter la future station scientifique à vocation internationale, éventuellement à partir desîles Marquises, la construction d'unabri paracyclonique, l'ouverture d'une passe ou encore ladératisation de l'île ont été émises par Philippe Folliot[16].
De 1966 à 1969 se succèdent par périodes de quatre mois les« Missions Bougainville » de la marine française qui y réalisent des études très détaillées, notamment de l'hydrobiologie du lagon et de la faune[66].
L'expéditionmexicano-française SurPaClipp dirigée par Vivianne Solís-Weiss de l'UNAM (Mexique), l'équipe de chercheurs mexicains et le géographe français Christian Jost s'y rendent en et réalisent un état des lieux. C'est la première fois que les Mexicains y retournent officiellement depuis l'épisode desoubliés de Clipperton[70].
En 2003, la frégatePrairial dépose sur l'atoll l'explorateur polaireJean-Louis Étienne, son assistant-charpentier Denis Comte, et deux reporters :Stéphane Dugast et Xavier Gasselin.
Entre et, une équipe de scientifiques français (et mexicains) du CNRS, duMuséum national d'histoire naturelle, de l'IRD, de l'EPHE et de l'INRA, autour de Jean-Louis Étienne, réalisent un nouvel inventaire de la faune et de la flore, et étudient la géologie de l'île. Sponsorisés parGDF etUnilever, ils tentent d'éradiquer les rats. L'objectif est de créer une base de données afin d'étudier par la suite l'évolution de labiosphère à partir des transformations de ce lieu clos et réputé peu visité[72],[73],[28].
En 2013, la mission Passion 2013 conduit Christian Jost et Jean Morschel de l'université de la Polynésie française (UPF) à rejoindre à bord de la frégatePrairial l'expédition Cordell 2013 deradioamateurs qui les ramènera au Mexique après avoir réalisé des mesures précises de la côte sud-est dont l'érosion est susceptible de rouvrir une passe vers le lagon, comme lorsque l'atoll était ouvert avant 1850[74],[75],[76].
En 2015, l'expédition scientifique internationale Passion 2015, organisée et dirigée par Christian Jost de l'UPF, débarque sur l'île pour quinze jours14 scientifiques en provenance dePolynésie, deNouvelle-Calédonie, duMexique, deLa Réunion, et de France métropolitaine. Cette mission a notamment pour objectifs de réaliser un inventaire complet et une cartographie de la flore sous SIG (système d'information géographique), de la faune et de la flore récifale, ainsi que le premier MNT (modèle numérique de terrain), carte topographique précise complétant les mesures de la dynamique et de l'érosion côtière surveillée depuis vingt ans par Christian Jost. Une exposition photo de l'UPF est consacrée à cette mission. La mission bénéficie d'un appui logistique exceptionnel de laMarine nationale et notamment de la frégatePrairial, ainsi que de l'Armée de terre (leRIMAPP)[29]. C'est aussi la plus importante mission militaire française depuis les missions Bougainville desannées 1960. Le députéPhilippe Folliot rejoint les chercheurs en fin de mission. Il est le premier élu de la République à venir sur l'île[77],[78].
En, la société canadienneN2Pix obtient l'autorisation du haut-commissaire pour conduire une mission mi-touristique (14 touristes plongeurs), mi-scientifique (3 chercheurs dont un Français qui ne pourront rester que quelques heures sur l'atoll)[79],[80]. Ils réalisent un inventaire des espèces marines pour mieux cerner la migration des grandesespèces pélagiques le long de la côte américaine[81].
En 2018, l'expéditionTara Pacific, débutée en et organisée par la "Fondation Tara Océan" dont la direction scientifique est assurée par le Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l'Environnement (CRIOBE) et leCentre scientifique de Monaco (CSM), fait escale à Clipperton du au.Tara Pacific se focalise sur la compréhension de la résilience desrécifs coralliens face audérèglement climatique. Des prélèvements de coraux ainsi que des collectes d'eau océanique et côtière sont effectuées afin d'étudier la flore microbienne. Un axe secondaire de recherches est orienté vers la connectivité spatiale et génétique desrequins au sein du corridor du Pacifique Tropical de l'Est. Enfin, un troisième axe d'étude est planifié sur l'observation des principaux indicateurs de l'évolution de labiocénose et dubiotope propres à l'atoll[84].
Ce texte affirme enfin de façon claire que l'île ne fait pas partie de la Polynésie française (puisque cette dernière est administrée selon le principe de spécialité législative qui avait cours en tant que TOM et confirmé dans son nouveau statut actuel de COM), ce malgré l'administration de l'île déléguée pour des raisons pratiques au haut-commissaire de la République en Polynésie française[89].
Par cette même loi, l'île reste donc sous l'autorité directe dugouvernement. Elle n'est pas dotée d'une administration locale propre sur le plan exécutif, ni d'une réelle autonomie financière, mais seulement d'une ligne budgétaire dans les comptes publics du gouvernement, qui tient lieu de collectivité locale administrative pour ce territoire, le chef de gouvernement tenant lieu de préfet représentant l'État. Jusqu'au, leCode officiel géographique (COG) de l'Insee référence Clipperton sous le code98 7 99, correspondant à l'ancien rattachement à la Polynésie française, codée 987, comme s'il s'agissait d'une commune séparée. À partir du, ce rattachement artificiel est supprimé et le territoire est dorénavant codé 98-9 (ou98 9 01 pour les applications comptables ou statistiques nécessitant un découpage au niveau communal avec un code à cinq chiffres)[90].
Atoll formé à partir d'uneîle volcanique aujourd'hui en grande partie disparue, Clipperton n'a jamais été en contact avec le continent américain ni avec aucune autre terre. Safaune et saflore sont donc entièrement importées, soit naturellement, soit par l'action humaine.
La présence descolopendres d'une dizaine de centimètres et de nombreuxcafards, actifs dès la tombée de la nuit, a été observée sur l'atoll, ainsi que desfourmis et desmouches[84].
Descrabes sont présents en nombre sur Clipperton : onze millions decrabes rouge de Clipperton (Johngarthia planata) y vivaient avant l'arrivée desrats en 2000 (voirinfra), qui en a fait drastiquement baisser le nombre. Le dernier recensement précis de 2005 indique un chiffre de1,25 million d'individus, mais il semblerait que la population ne soit plus que de l'ordre de quelques centaines de milliers de ces crustacés. Une tendance étayée par l'observation de la flore rampante et par la présence de nombreuses jeunes pousses decocotiers, avant consommées par ces crabes[84].
Une espèce delézard (Emoia cyanura), d'abord considérée commeendémique, est répertoriée[103], et un gecko (Gehyra mutilata) y est peut-être présent selon l'UICN. En 1825, destortues vertes venaient pondre sur l'île. Elles n'ont pas été signalées depuis[104]. Dans saMonographie physique et biologique de l'île de Clipperton,Marie-Hélène Sachet signale la possibilité de la présence d'hydrophidés dans les eaux de Clipperton, et ajoute, en laissant toutefois planer un doute, qu'il doit vraisemblablement s'agir duserpent marin noir et jaune (Pelamis platurus)[105].
Lesrequins, auparavant observés en grandes quantités, se raréfient dans les années 90 et 2000, possiblement en raison de l'attrait pour leursailerons. En 2018, leur population est en hausse sensible, avec une augmentation de la densité et de la taille des individus, notamment en ce qui concerne l'espèce dominante, lerequin à pointe blanche (Carcharhinus albimarginatus). On trouve aussi desrequins des Galapagos (Carcharhinus galapagensis), desrequins-corail (Triaenodon obesus) et desrequins-marteaux halicorne (Sphyrna lewini)[84].
Peu d'espèces decoraux cohabitent dans lebiotope sous-marin de l'île, avec une vingtaine d'espèces répertoriées en 2018 — contre quatorze en 1958 et huit en 1994[réf. nécessaire]. Les récifs sont cependant en bonne santé, avec un taux de couverture totale des fonds en corail vivant allant jusqu'à 85 % (70 % en moyenne), malgré de la présence de quelques coloniesblanchies ou en cours de blanchissement. Les édifices coralliens prédominent largement et les espaces sans coraux sont très rares. On trouve principalement trois genres :Porites (coraux massifs),Pocillopora (coraux à branches très courtes) etPavona (coraux encroûtants). En 2018, la présence deMillepora platyphylla (corail de feu en plaques) est pour la première fois observée à Clipperton[84].
Desrats noirs auraient été introduits en ou, à la suite de deux naufrages. L'espèce est un prédateur pour la faune locale et son éradication est à l'étude.
L'atoll de Clipperton est la seule terre émergée à des centaines de kilomètres alentour. Elle représente donc un lieu d'étape idéal pour les oiseaux marins. Les premières observations scientifiques font état d'une densité exceptionnelle du nombre d'oiseaux marins mais celui-ci a fortement chuté au début duXXe siècle avec l'introduction de cochons par les exploitants de phosphate. En 1958, les cochons sont éradiqués, permettant une reconstitution importante des colonies d'oiseaux. S'il est difficile d'estimer précisément le nombre d'espèces présentes sur l'atoll, les études font état de treize espèces se reproduisant à Clipperton et vingt-six oiseaux migrateurs pouvant y faire étape[108].
Aujourd'hui, l'atoll abrite la plus importante colonie au monde deFous masqués (Sula dactylatra), même si leur nombre est en diminution dans les années récentes, passant de 100 000 individus au milieu desannées à moins de 40 000 lors du dernier recensement. LesFous de Brewster (Sula brewsteri), lesFous à pieds rouges (Sula sula) et lesFous de Grant (Sula granti) sont aussi présents. LaFrégate du Pacifique (Fregata minor) est aussi recensée sur l'île avec près de 1 500 individus. LaSterne fuligineuse (Onychoprion fuscatus) est régulièrement observée sur Clipperton avec des variations sensibles puisque certaines expéditions n'en ont parfois croisé aucune. LaFoulque d'Amérique (Fulica americana), disparue depuis lesannées, est apparemment revenue sur l'atoll puisque cent cinquante individus ont été vus en 2016. LeNoddi brun (Anous stolidus) connaît quant à lui une diminution de sa présence depuis quelques décennies mais reste présent sur Clipperton[109].
En raison du manque d'eau et de l'atmosphère saline, très peu de végétaux peuvent se développer sur Clipperton. Une quinzaine de plantes pour la pluparthalophiles etxérophiles, c'est-à-dire vivant dans des sols salés et adaptées à la sécheresse, y poussent mais aucune n'est endémique. Seules deux espèces végétales ont été introduites par l'homme : le cocotier, par les Américains en et letabac glauque, introduit par les Mexicains au début desannées[110].
Cinquante-quatre espèces d'algues sont répertoriées sur l'atoll. Les herbiers aquatiques se dégradent. La flore de graminées et de vivaces est dominée par quatre espèces. Elle était en 2007 composée de vingt-six phanérogames, trois mousses, quelqueslichens et champignons identifiés, pour l'essentiel probablement introduits par les êtres humains. Le tapis d'Ipomoea pes-caprae encore présent en était déjà relictuel en (à la suite d'un excès d'apport azoté par les oiseaux ?). Quelques vasières, mares et fossés abritent près du lagon desCypéracées (en régression). La flore est extrêmement sensible aux aléas climatiques : la faible altitude de l'île la rend au moins partiellement submersible lors des très grandes tempêtes, ce qui a pour effet la suppression de la végétation dans les zones touchées par la mer.
Une cartographie fine sous système d'information géographique de la couverture végétale de l'île, qui a été réalisée pour la première fois en 2015, a mis en évidence qu'une quinzaine d'espèces de plantes occupait 46 % de la surface émergée de l'atoll alors qu'en aucune couverture n'existait. Cette absence de végétation était sans doute le fait de la surconsommation des crabes qui pullulaient alors et dont la population s'estimait en millions individus. Le nombre de crabes ayant considérablement diminué avec l'arrivée des rats, les jeunes pousses végétales s'en sont trouvées nettement moins prédatées et ont pu se développer. En les observations ont confirmé cette tendance au dynamisme. En, 1 405 cocotiers de plus d'un mètre de haut ont été inventoriés (865 en et 847 en). La végétation rampante s'est beaucoup développée également, en particulier les prairies dIpomoea triloba et dIpomea pes-caprae qui montrent une extrême vivacité et ce malgré une submersion régulière de certaines zones par la mer. On trouve aussi les espèces suivantes :Achyranthes aspera,Corchorus aestuans (Tiliaceae),Heliotropium curassavicum,Nicotiana glauca,Salvia occidentalis (Lamiaceae),Sida rhombifolia (Malvaceae) etPortulaca oleoraceae (Portulacaceae)[84],[111].
Les écosystèmes de l'île Clipperton (bosquets, sols dénudés, lagon et fonds marins proches) sont également régulièrement recouverts par des déchets dérivants, qui forment une pollution inquiétante.
L'île a été recommandée par l'Oceania Program de l'Asian Wetland Bureau pour inscription enzone humide Ramsar en[112]. Elle est toujours sur la liste des sites susceptibles d'être désignés au titre de laConvention de Ramsar.
Le, lechimiquierSichem Osprey de la compagnie norvégienneEitzen Group(en) s'échoue sur les récifs entourant l'île avec dans sa cale notamment 10 000 tonnes dexylène et des huiles animales et végétales. Des opérations de pompage doivent être mises en place pour prévenir d'éventuelles fuites de xylène (le navire est toutefois à double coque) et alléger le navire qui trois semaines plus tard est toujours échoué[113]. Le navire est remis à flot le sans qu'il y ait eu de pollution à déplorer[114].
Lors d'une escale sur l'atoll en, les membres de l'expédition Tara Pacific (-)[115] font le point sur l'état du récif qui l'entoure et constatent qu'il est normal et qu'il y a beaucoup de corail vivant avec une faible diversité mais qu'il est très dynamique. Par contre, sur terre, c'est un désastre, les déchets sont partout, incessamment rejetés par les courants. Lesfous masqués et lefous bruns passent le plus clair de leur temps au large, à la recherche de nourriture, mais à l'heure de la nidification, les femelles cherchent refuge sur des îles comme Clipperton. Serge Planes, directeur scientifique de l'expédition indique que« tous les nids sont faits à partir de déchets plastiques (...) quel triste lieu de naissance que nous offrons à nos jeunes fous, là où ils devraient découvrir une nature pure »[116].
L'intérêt actuel réside dans lazone économique exclusive française de 435 612 km2 qui l'entoure[117] (ce qui représente un disque de201 milles de rayon, soit à200 milles d'un atoll qui fait sensiblement un mille de rayon), permettant à la France d'être membre de laCommission interaméricaine du thon tropical (en anglais,Inter-American Tropical Tuna Commission, IATTC)[118] et de pouvoir pêcher lethon. Cette zone représente l'une des plus riches au monde en thonidés[119].
La mission océanographique mexicano-française SURPACLIPP a aussi découvert en la présence denodules polymétalliques riches ennickel et encuivre.
Par ailleurs, dans le cadre de son programme EXTRAPLAC, la France n'aurait pas voulu en faire valoir auprès de l'ONU d'extension de ses droits auplateau continental entourant Clipperton[120] au dela des 200 milles marins[121],[122].
La compagnie américaine qui exploita leguano de l'île Clipperton fit imprimer dixtimbres en « Clipperton Island Postage » àSan Francisco avec les valeurs faciales de 1, 2, 3, 4, 5, 8, 10, 25,50 cents et1dollar. Ces timbres furent utilisés en et pour le courrier de la compagnie[123].
Pendant l'occupationmexicaine, des timbres mexicains de 1, 2, 3, 4, 5,10 centavos et1peso avec unesurcharge diagonale « CLIPPERTON » ont été utilisés jusqu'en.
Un timbre de la poste française est émis en pour commémorer la découverte de l'île (Yvertno 4611). D'une valeur faciale de1euro, il est dessiné par Marie-Noëlle Goffin. L'émission de ce timbre est à l'initiative d'Alain Duchauchoy, vice-président chargé de la communication et des relations publiques de l'association Clipperton, projets d'Outre-Mer et responsable de l'expédition scientifique et radioamateur de. D'un point de vue officiel, les timbres de laPolynésie française sont censés y être utilisés mais il n'y a nibureau de poste, ni courrier sur l'île. Cependant, lecode postal 98799 est attribué à l'île.
Le journalisteGabriel Macé a souvent parlé de l'île Clipperton dansLe Canard enchaîné et est devenu un spécialiste de l'îlot au sein de la rédaction de l'hebdomadaire[124].
Le reporterStéphane Dugast a effectué trois séjours sur l'île et publié de nombreux reportages sur cette île, notamment dansCols bleus, le journal de la Marine nationale[126].
En littérature, le romanLe Roi de Clipperton[127], deJean-Hugues Lime, paru en, raconte la tragédie mexicaine.
Le site « Bienvenue sur l'île de la Passion… Clipperton ! » a développé un musée virtuel sur Clipperton, permettant de parcourir l'histoire de l'île en moins de3 minutes[1][source secondaire nécessaire].
↑Un nouvelarticle 9 ajouté à la loi statutaire du — actualisée et rebaptisée « Loi portant statut des Terres australes et antarctiques françaises et de l'île de Clipperton » — comportera unalinéa 3 qui précise « Les lois et règlements sont applicables de plein droit dans l'île de Clipperton ».
↑a etbChristian Jost, « Le lagon », surclipperton.fr(consulté le).
↑Christian Jost, « Rapport scientifique de l'expédition océanographique mexicano-française à l'île de Clipperton, aux îles Revillagigedo et au Mexique du au »,Rapport au Premier ministre,,p. 30
« In the name of the Emperor, and in conformity with his orders, transmitted to us by His excellency the Minister of the Navy, we, the undersigned, Victor Le Coat de Kerveguen, Lieutenant, Commissioner of the Government of the Emperor of the French, do hereby proclaim and declare that from this day the full Sovereignty of Clipperton Island, situated by10deg. 19min. latitude North, and111deg. 33min. longitude West, meridian of Paris, belongs to His Majesty the EmperorNapoleonIII, his heirs and successors in perpetuity.
Given under our Seal on board the merchant ship “Amiral,” the17th day of November, 1858.
↑Philippe Nacass et Jean-Pierre Piquenard, « Clipperton, lointaine terre française, et la météorologie »,Revue Met Mar de Météo-France,no 121,,p. 41-46(ISSN0222-5123,lire en ligne).
↑Arrêté du 15 novembre 2016 relatif à la protection du biotope des eaux territoriales de l'île de Clipperton dénommée « aire marine protégée dans les eaux territoriales de l'île de Clipperton » surLégifrance.
↑Le Programme français d'extension du plateau continental : une action structurée. En, l'Ifremer a constitué une liste des zones d'extensions pouvant représenter un intérêt,24 zones sont concernées, dont 11 partagées avec un autre État. Pour y prétendre il faut déposer, avant le, un dossier technique et juridique devant laCommission des Limites du plateau continental qui implique de nombreuses campagnes océanographiques.
Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Jacqueline et Claude Briot,Dubocage de Bléville, découvreur de Clipperton. Recueil de l'Association des Amis du Vieux Havreno 48 - 1989.
Collectif,Dubocage de Bléville, Clipperton et la Chine, Cahiers Havrais de Recherche Historique. Numéro spécial hors série 2011 en quadrichomie, Actes du colloque du même nom à l'occasion du tricentenaire de la découverte de l'île de la Passion. Textes recueillis et mis en page par Claude Briot. CHRH, le Havre, décembre 2011.
Michel Dubocage (présenté, transcrit et annoté par Jacqueline et Claude Briot),Journal de Navigation fait par le capitaine Dubocage commandant la frégate "La Découverte" : Voyage à la Chine par le Cap-Horn, Découverte de Clipperton, 1707-1716,Books on Demand, avril 2010., 420 p.
[Folliot 2016]Philippe Folliot,Valoriser l'île de La Passion (Clipperton) par l'implantation d'une station scientifique à caractère international (rapport parlementaire rédigé par le député du Tarn),(lire en ligne)..
[Jost et Friedlander 2016] Chistian Jost, Alan Friedlanderet al.,L'atoll de Clipperton (Île de La Passion) – Biodiversité, menaces et recommandations pour sa conservation (Rapport au Gouvernement français), Paris / Washington, Université de la Polynésie française / National Geographic – Pristine Seas,, 98 pages, et Références à l'appui du rapport, 998(lire en ligne)..
Chistian Jost et E. Sala,Clipperton, l'île de La Passion. Une opportunité unique pour la France. Une proposition de réserve marine pour Clipperton, Paris / Washington, Université de la Polynésie française / National Geographic – Pristine Seas,, 4 p.
[Juet 2003] Hubert Juet,Clipperton, l'île de la Passion, Paris, Thélès,, 258 p.(ISBN2-84776-264-7)..