L'île Baker[2] est appeléeBaker Island enanglais. Elle est nommée en l'honneur du capitaineaméricain Michael Baker qui l'a découverte en1832.
En tant qu'aire protégée, elle est aussi appelée refuge faunique national de l'Île-Baker, en anglaisBaker Island National Wildlife Refuge[3]. Durant laSeconde Guerre mondiale, l'île Baker constituait unebase militaire américaine sous le nom de base navale aérienne Baker, en anglaisBaker Naval Air Station[4].
De forme ovale, l'île couvre une superficie de 2,15 km2. Elle constitue la partie émergée d'unrécif corallien recouvrant un ancienvolcan sous-marin[3]. Peu élevée avec unpoint culminant à huit mètres d'altitude, elle ne comporte aucune ressource d'eau douce en surface malgré la présence d'unelagune. Son littoral de 4,8 kilomètres de longueur composé deplages desable ou de galetscorallien[6] est entouré par un récif laissant très vite place à lahaute mer. Lescourants marins dominants arrivant de l'ouest sont responsables d'uneremontée d'eau permettant auxnutriments d'arriver en surface pour être accessibles à la vie marine. Ce phénomène ne se rencontre que dans quelques îles de l'océan Pacifique grâce aux pentes sous-marines abruptes[3].
Les seules constructions de l'île Baker se composent notamment des restes de lapiste d'aviation de 1 665 mètres de longueur[7], du campement et d'unphare en ruine ainsi que d'antennes radio.
L'île Baker était inhabitée lorsqu'elle fut découverte en1832 par le capitaineaméricain Michael Baker, mais ce n'est que le que lesÉtats-Unis en réclament officiellement la souveraineté avant de l'annexer le en vertu duGuano Islands Act de1856. Cependant, l'île a fait l'objet d'une nouvelle annexion par leRoyaume-Uni entre1886 et1934 avant qu'elle ne repasse sous contrôle américain en devenant unterritoire non incorporé[4].
Unprogramme de colonisation est lancé le 3 avril 1935 avec pour but d'affermir la souveraineté américaine sur le territoire mais les colons sont finalement évacués le en raison de la participation desÉtats-Unis à laSeconde Guerre mondiale[7]. Lesmilitaires remplacent les civils à partir du lorsque l'île devient la base navale et aérienne Baker, en anglaisBaker Naval Air Station. Unepiste d'aviation de 1 665 mètres de longueur y est ainsi construite. Avec le départ des forces armées américaines en, l'île redevient inhabitée[4].
L'histoire de l'île, une occupation humaine temporaire liée à une activité économique génératrice deperturbation écologique suivie d'un abandon total, permet auxscientifiques d'étudierin situ les mécanismes derésilience de cetécosystème. Lafaune et laflore de l'île ont fait l'objet de nombreux inventaires. C'est le cas en1924 en ce qui concerne la flore terrestre composée alors de quinzeespèces. Cet inventaire est actualisé en1965 où il est dénombré 24 espèces et complété en1993 avec deux autres espèces ainsi que l'espèceendémiqueEragrostis whitneyi qui n'avait plus été observée depuis 1924. En 1965, il est mis en évidence que seules quatre espèces d'oiseaux marinsnidifient sur l'île Baker[6].
Desespèces invasives, comme lerat brun arrivé lors de lachasse à la baleine dans ce secteur de l'océan Pacifique et lechat introduit en1937, ont été éliminées de l'île, respectivement à la fin desannées 1930 notamment grâce à laprédation du chat et en1964 en ce qui concerne ces derniers. Leclimat peut aussi constituer une menace pour l'écosystème de l'île comme lors d'El Niño en1997 et1998 qui a provoqué leblanchissement des coraux. Enfin, l'exploitation duguano a pu entraîner un déclin descolonies d'oiseau. En effet, seules quatre espèces y nidifient en 1965 mais les importantes réserves de guano pouvaient laisser présager d'une occupation plus importante bien qu'aucun inventaire sur ces animaux n'a été entrepris avant cette activité. En ce qui concerne les espècesvégétales, onze d'entre elles ont été introduites sur l'île dans lesannées 1930 mais elles n'ont pu s'implanter en raison de la présence des rats et desbernards l'hermite ainsi que des conditions climatiques[6].