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Étienne Gilson

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Pour les articles homonymes, voirGilson.

Étienne Gilson
Fonctions
Président
Institut de France
Membre du Conseil de la République
-
Fauteuil 23 de l'Académie française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière Nord de Melun(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Étienne Henry GilsonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Thérèse Ravisé (1885-1949)
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
Conflit
Mouvement
Maître
Influencé par
Distinctions
Œuvres principales
Vue de la sépulture.

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Étienne Gilson, né le àParis (7e arrondissement) et mort le àAuxerre (Yonne)[1], est unphilosophe ethistorienfrançais.

Il fut notamment professeur àLille, àStrasbourg, à laSorbonne, àHarvard, àToronto, à l'École pratique des hautes études (EPHE), auCollège de France et membre de l'Académie française. Il est égalementGrand officier de la Légion d'honneur et possède laCroix de guerre 1914-1918.

Spécialiste en histoire de laphilosophie médiévale, ses ouvrages sont des apports majeurs dans l'analyse historique de la philosophie. Sur le terrain proprement dit de la philosophie, il défend leréalisme philosophique en s'appuyant sur l'œuvre deThomas d'Aquin.

Biographie

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Jeunesse et études

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Issu d'une famillebourguignonne par sa mère etmelunaise par son père, Étienne-Henry est le fils de négociants établis à Paris, avenue de la Motte-Picquet (7e arrondissement), Paul Gilson et Caroline Rainaud. La fratrie compte quatre garçons.

Il fait ses études au petit séminaire de Notre-Dame-des-Champs, puis aulycée Henri-IV. Après avoir effectué son service militaire, il entreprend des études de philosophie et suit à laSorbonne les cours deVictor Delbos, deDurkheim et deLévy-Bruhl — le disciple d'Auguste Comte — qui lui fait lire saint Thomas d'Aquin, et auCollège de France ceux deBergson. Il est reçu sixième à l'agrégation de philosophie en 1907[2].

Il se marie en 1908 l'année suivante avec Thérèse Ravisé (1885-1949).

En 1913, il soutient à laSorbonne sa thèse de doctorat surLa Liberté chez Descartes et la théologie.

Parcours professionnel

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Il enseigne après avoir été reçu à l'agrégation dans les lycées deBourg-en-Bresse,Rochefort,Tours,Saint-Quentin etAngers. Après l'obtention de son doctorat, il est nommé maître de conférences de philosophie à lafaculté de lettres de Lille.

Sa carrière académique est interrompue par laPremière Guerre mondiale. Il est mobilisé avec le grade de sergent, est envoyé au front et prend part à labataille de Verdun — il est alors sous-lieutenant. Or, il peut y continuer ses études, grâce aux livres de philosophie, envoyés par Victor Delbos[3]. Il est capturé en et passe deux années en captivité. Il met à profit cette inactivité forcée pour explorer de nouveaux champs d'études, en particulier la langue russe et les œuvres desaint Bonaventure. Il recevra laCroix de Guerre 1914-1918.

Étienne Gilson enseigne l'histoire de laphilosophie médiévale de 1921 à 1932 à laSorbonne, où il a auparavant fait ses études, avant d'occuper la chaire d'histoire de la philosophie médiévale auCollège de France, de 1932 à 1950[4]. Parallèlement, il assure à la Ve section de l'École pratique des hautes études (EPHE) la direction d'étude d'histoire des doctrines et des dogmes. Il fonde en 1926 avecGabriel Théry lesArchives d'Histoire Doctrinale et Littéraire du Moyen Âge (AHDLMA)[5].

En 1929, il joue un rôle central dans la fondation de l'Institut pontifical d'études médiévales deToronto auCanada, avec desPères basiliens.

Après la Seconde Guerre mondiale, il enseigne la philosophie chrétienne à l'Institut d'études politiques de Paris, aux côtés d'André Latreille etGabriel Le Bras[6].

Bien qu'étant à l'origine spécialiste d'histoire de la philosophie, il est également l'un desleaders du mouvementnéothomiste catholique romain. Sa rencontre avec le libraireJoseph Vrin est à l'origine de la création deséditions Vrin. Il collabore à des revues commeLa Vie intellectuelle ouSept dont il rédige le manifeste.

Docteurhonoris causa de plusieurs universités et membre d’académies étrangères, il est élu membre de l'Académie française le, en même temps queMaurice Genevoix ; il y remplaceAbel Hermant, toujours en vie mais radié de l'Académie pour faits decollaboration. Ainsi, quand il est reçu le parLouis Pasteur Vallery-Radot, il ne prononce pas dans son discours l'hommage de son prédécesseur. Néanmoins, sans le nommer expressément, il lui rend un hommage appuyé en finissant son discours par des considérations sur la langue française et les services éminents rendus par ceux qui eurent à cœur de la servir : « À ceux qui ont beaucoup aimé notre langue, pardonnons, Messieurs, à la mesure même de leur amour »[7].

Il est l'un des conseillers techniques de la délégation française à laConférence de San Francisco (du au) instituant lesNations unies. Parmi ses principales attributions figurait la difficile tâche de traduire en français le texte de laCharte des Nations unies[8]. Il est ensuite envoyé comme délégué à Londres (du1er au) à la Conférence des Nations unies pour l'établissement d'une organisation pour l'éducation et la culture (ECO/CONF) qui donnera naissance à l'UNESCO.

Parcours politique

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Il sera brièvementconseiller de la République (du au). Sur l'échiquier politique, il est proche duMRP. Il participera aux premiers congrès duMouvement européen (Congrès de La Haye, 1948 ;Lausanne, 1949).

En 1950, à la suite d'une violente campagne de presse menée contre lui, notamment à la suite de la parution, dans le journalLe Monde, d'un article contre l'Alliance atlantique, il rejoint l'Institut pontifical d'études médiévales deToronto. Il y professera des cours jusqu'en 1973 et y laissera sa bibliothèque.

Il meurt le, àAuxerre, doyen d'âge de l'Académie française.

Œuvre

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L'Être et l'essence est l'essai par lequel Gilson s'impose comme un véritable philosophe et pas seulement comme un spécialiste dephilosophie médiévale. Publié à une époque oùHeidegger et l'existentialisme chrétien combattent l'essentialisme supposé de toute la tradition occidentale, Gilson recentre le débat sur la primauté de la notion d'être et l'originalité de la contribution thomiste à ce sujet. Posant dès le départ que « tous les échecs de la métaphysique viennent de ce que les métaphysiciens ont substitué à l'être comme premier principe de leur science, l'un des aspects particuliers de l'être étudiés par les diverses sciences de la nature »[9], Gilson analyse lethomisme de manière historique. Pour Gilson, le thomisme ne s'identifie pas à lascolastique, mais se construit plutôt contre elle. Gilson a décelé un déclin de la philosophie en une science qui annoncerait le renoncement de l'homme à son droit de juger et de régler la nature, l'homme n'étant plus qu'une simple partie de la nature : feu vert serait alors donné selon lui aux entreprises les plus inconséquentes et les plus désastreuses en matière de société dont seraient victimes les hommes et les institutions humaines. Contre les systèmes philosophiques, Gilson était convaincu que le retour en grâce de la philosophie deThomas d'Aquin pouvait permettre de sortir de cette zone dangereuse.

Gilson a été un écrivain très prolifique, et ses nombreux écrits d'histoire de la philosophie, essentiellement médiévale, sont beaucoup lus et discutés. Il est universellement reconnu comme un maître dans l'histoire de la pensée médiévale[10].

Philosophie chrétienne

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Dans les années 1930, un débat confronte opposants (en France,Brunschvicg etBréhier) et partisans (Maritain et Gilson) de laphilosophie chrétienne. Au sein de ce débat, Gilson se demande si l'expressionphilosophie chrétienne n'est pas contradictoire en elle-même et si religion et philosophie ne s'opposent pas irréductiblement. Constatant que s'« il n'y a pas de raison chrétienne, il peut y avoir un exercice chrétien de la raison »[11], il montre que les problèmes de l'existence de Dieu, de lacréation du monde ex nihilo, de l'immortalité de l'âme ou dulibre arbitre sont entrés dans la philosophie grâce au christianisme[12]. Il en déduit que l'influence durable du christianisme sur la philosophie est une réalité[13]. Mais l'existence d'une philosophie chrétienne en fait, ne la justifie pas en droit. Or, comme pour le chrétien, « la raison seule ne suffit pas à la raison »[14], le propre de la philosophie chrétienne consiste donc à transformer la vérité crue en vérité sue. Selon Gilson, « le contenu de la philosophie chrétienne est donc le corps des vérités rationnelles qui ont été découvertes, approfondies ou simplement sauvegardées grâce à l'aide que la révélation a apportée à la raison »[14].

Après la rédaction deL'Être et l'essence (1948), Gilson accentue son identification de la philosophie chrétienne avec lethomisme et l'explicite dans l'Introduction à la philosophie chrétienne : « Par “philosophie chrétienne”, on entendra la manière de philosopher que le papeLéon XIII a décrite sous ce titre dans l'encyclique “Æterni Patris” et dont il a donné pour modèle la doctrine de saint Thomas d'Aquin »[15]. À cette époque (1960), le débat sur l'existence d'une philosophie chrétienne n'est plus d'actualité.

Publications

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Distinctions

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Récompense

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Notes et références

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  1. Archives en ligne de Paris7e, année 1884, acte de naissanceno 832, cote V4E 5972, vue 11/31 (avec mention marginale de décès)
  2. Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950.
  3. Alan D. Schrift,Twentieth-Century French Philosophy, p. 131, 2005, cité par Stephen Schloesser,Vision of Amen : The Early Life and Music of Olivier Messiaen, p. 199, 2014(en)[1]
  4. « Institut de Philosophie », surcollege-de-france.fr,(consulté le).
  5. Archives d'Histoire Doctrinale et Littéraire du Moyen Âge
  6. MarieScot,Sciences Po, le roman vrai, Sciences Po, les presses,(ISBN 978-2-7246-3915-5)
  7. Etienne Gilson, « Discours de réception à l'Académie française »(consulté le)
  8. Voir le récit de Desmond J. FitzgeraldÉtienne Gilson and the San Francisco Conference inA Thomistic Tapestry. Essays in Memory of Étienne Gilson., Amsterdam/New York, 2003.
  9. L'Être et l'esence, introduction, p. 9, Vrin, 1994[2].
  10. Henri Gouhier,Étienne Gilson : trois essais, Vrin, 1993,p. 75
  11. L'Esprit de la philosophie médiévale, Vrin, 1998,p. 10
  12. Ibid.p. 11-12
  13. Ibid.p. 15
  14. a etbIbid.p. 30
  15. Introduction à la philosophie chrétienne, Vrin, 2007,p. 33

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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Abel Hermant
Étienne Gilson
1946-1978
Henri Gouhier
v ·m
Composition de l'Académie française au jour de son élection(24 octobre 1946)
Par numéro
de fauteuil
Par date
d'élection
v ·m
Composition de l'Académie française au jour de sa mort(19 septembre 1978)
Par numéro
de fauteuil
Par date
d'élection
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