Depuis 1971, dans les régions où l'Épiphanie n'est pas un jour férié, elle peut se fêter le deuxième dimanche aprèsNoël (c'est-à-dire le premier dimanche qui suit le1er janvier)[4]. En France, c'est le cas depuis 1802, règle qui a été instaurée par un décret ducardinal Caprara[4], légat du papePie VII.
La fête s'appelle aussi – en particulier chez les orthodoxes – « Théophanie », qui signifie également la « manifestation de Dieu ».
Le substantif féminin[6],[7],[8]Épiphanie (prononcé/e.pi.fa.ni/[7]) est unemprunt[6],[7], par l'intermédiaire[6] dulatin ecclésiastiqueEpiphania[6],[7],[8], augrec ancienἘπιφάνεια /Epipháneia qui signifie « manifestation » ou « apparition » du verbeφαίνω /phaínō, « se manifester, apparaître, être évident ». Il est le neutre substantivé de l'adjectifepiphanios, d'epiphanês « manifeste, illustre ».
L'utilisation du terme est antérieure au christianisme[9]. Le grec ecclésiastique utilise plutôt la forme neutre plurielleἘπιφάνεια pour désigner la fête actuelle de la visite des mages.
La notion d'épiphanie s'est retrouvée tour à tour dans la fête de la lumière sous l'Antiquité, dans les fêtes romaines et dans les fêtes chrétiennes, avant d'être sécularisée.
Dans l'Antiquité et à l'origine, l'épiphanie tire son fond et son sens des célébrations populaires de la lumière, comme l'indique l'étymologie du mot, le neutre substantivé de l'adjectif grecepiphanios, deepiphanês « illustre, éclatant », de épi- « sur » etphainein « briller ».
Dans le calendrier solaire, avant de s'inscrire dans le prolongement chrétien de Noël, l'Épiphanie s'inscrit dans le cycle qui commence ausolstice d'hiver, le. Cette nuit du solstice — la plus longue de l'année — annonce le rallongement des jours et, par extension, la renaissance de la lumière censée être à l'origine de toutes choses, notamment dans le calendrier agricole. On célèbre alors l'Épiphanie, la manifestation de la Lumière.
Il est à noter également que c'est ce jour — en tout cas son équivalent, car lecalendrier julien alors en vigueur diffère du nôtre — qu'avait lieu dans laRome antique la fête des douze dieux épiphanes (autrement ditles douze Olympiens)[11].
La notion d'épiphanie a par exemple été retrouvée sur des pièces de monnaie du second siècle avant J.-C.[12].
Vers le 6 janvier, les jours commencent à s'allonger de façon sensible, confirmant la promesse de la nuit solsticiale[13].
Jusqu'à la fin duIVe siècle, l'Épiphanie est la grande et unique fête chrétienne « de la manifestation du Christ dans le monde » (manifestation exprimée, d'abord, par la venue des mages, puis par différents épisodes : laNativité, la voix du Père et la présence d'une colombe lors dubaptême sur le Jourdain, lemiracle de Cana, etc.). DesPères de l'Église comme saintJean Chrysostome ont fixé des traditions pour commémorer, le même jour, trois événements lors de la fête de la théophanie : l'Adoration des mages, le Baptême dans le Jourdain trente ans plus tard et lesNoces de Cana trente-et-un ans plus tard. Dès le Moyen Âge, la liturgie chrétienne a rassemblé ces trois événements[15] mais la piété et l'art chrétiens ont privilégié l'Adoration des mages.Seule l'Église orthodoxe arménienne conserva l'antique tradition de la célébration de la Nativité et du Baptême du Christ.
Depuis l'introduction d'une fête de la Nativité (Noël) le, la liturgie actuelle de l'Épiphanie met l'accent sur dessens spécifiques selon les confessions et les cultures[16].
Depuis leXIXe siècle on l'appelle aussi le « jour des rois » en référence directe à la venue et à l'Adoration des Rois mages[17].
L'Épiphanie chrétienne célèbre, ainsi que le rapportent l'Évangile et latradition, la manifestation publique du Fils de Dieuincarné,Jésus, au monde, non pas, comme dans lamythologie grecque, à partir d'une révélation extérieure à l'humanité et faite sous les apparences de l'humanité, mais sous la forme d'un enfant engendré, en un temps historique donné, au sein dupeuple juif (dans la lignée deDavid)[18] : le Messie. Après avoir rencontré les petits et les proches (les bergers), il prend place et rencontre le monde dans toute sa diversité, telle qu'elle est symbolisée par des mages, que l'on dit être rois ou savants, dits traditionnellement de toutes origines et venus de pays lointains (bien que le texte évangélique ne donne qu'une indication vague de l'origine des mages, mais parle, cela dit, « d'Orient », ce qui indique l'Est par rapport à laTerre sainte). Ainsi est réaffirmée la dimension universelle dumessage évangélique.
Une autre Épiphanie duChrist : dans lasynagogue deNazareth où il a grandi, il lit la prophétie duLivre d'Isaïe (cf. Is 2,3c-4) le concernant et montre la réalisation aujourd'hui en sa propre personne.Évangile selon Luc (Lc 4,14-22a) :
« L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu'ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur[19]. »
Cette fête célèbre l’inauguration du ministère public du Christ, lors de sonbaptême auJourdain. Dans la liturgie latine, l’office de la fête parle des trois mystères de ce jour comme n’en faisant qu’un : le baptême de Jésus, l’adoration des mages et le miracle desnoces de Cana. Il faut dire cependant que les mages retiennent presque toute l’attention. L’Église latine a donc souhaité laisser à l’Épiphanie toute sa dimension de « Pentecôte » du cycle de la Nativité, puisque leSaint-Esprit descend sur le Christ au moment de son baptême[20]. À cet effet, l’Église latine a instauré la Fête du Baptême du Seigneur, célébré le dimanche qui suit l’Épiphanie[20].
La visite et l'adoration de l'EnfantJésus par les « mages » sont relatées dans l'Évangile selonMatthieu. Bien que laBible ne donne pas leur nombre et ne parle que de « savants venus d'Orient », la tradition a fait qu'ils sont habituellement appelés les trois Rois mages et sont nommés respectivement :Gaspard, Melchior et Balthazar, noms dont les initiales reprennent celles de la bénédiction :« Christus Mansionem Benedicat »,« que le Christ bénisse la demeure ».
Dans certains pays, la célébrationliturgique de la fête est reportée à undimanche, en vertu d'unindult papal. Il s'agit de permettre aux gens de célébrer la fête dans les cas où ils doivent travailler le, si ce jour n'est pas férié. Ainsi, en France et enBelgique, cette fête est célébrée le deuxième dimanche après Noël.
EnEspagne, où la célébration de l'Épiphanie est particulièrement importante, le jour est férié. C'est aussi un jour férié en Suède (Trettondedag jul) ainsi qu'enPologne (Trzech Króli).
L’Épiphanie commémore le baptême du Christ dans leJourdain, la descente du Fils de Dieu au milieu de sa création, et la manifestation de la divineTrinité : la voix duPère témoigne duFils et la colombe de l'Esprit Saint descend sur lui. Le Saint Esprit qui se manifeste sous la forme d’une colombe signifie la sanctification et la déification de la nature humaine que le Fils de Dieu assume : il la purifie en l’immergeant dans les eaux du Jourdain, et il la déifie en l’exposant au rayonnement de son Esprit qui repose sur lui de toute éternité[22].
« Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, nous montre l’adoration due à la Trinité ; la voix du Père t’a rendu témoignage, elle t’a nommé Fils bien-aimé ; et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, a confirmé l’inébranlable vérité de cette parole. Christ-Dieu, qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à toi ! »
Un prêtre lance ensuite une croix dans un fleuve ou dans la mer et les jeunes gens rivalisent, en cette saison froide, pour plonger et la rapporter. La fête s'appelle généralement Théophanie ou Boboteaza et elle peut être précédée par unjeûne strict le avant d'être célébrée le 7.
Dans l'Église arménienne, la fête est une des plus grandes fêtes de l'année car Noël n'est pas fêté le mais, selon l'usage chrétien ancien, le[24].
Cela correspond aussi aux anciennes traditions des premières Églises chrétiennes (antérieures à laconversion de l’Empire romain), et même aux traditions familiales de l’époque, selon lesquelles un enfant ne devient le fils de son père que le jour de sa présentation à lui et lareconnaissance du fils par son père, et ce jour-là, on rend aussi grâce à la mère pour cet enfant reconnu par son père et qui se soumet à sa volonté[25].
Le baptême de Jésus dans leJourdain correspond donc à cette présentation du fils au père, c’est aussi l’acte de la soumission de Jésus à la volonté divine et c’est aussi la date où lePère se révèle à lui. La nativité fêtée prend alors une signification plus théologique que dans l’Église catholique romaine, puisque c’est aussi traditionnellement la date par laquelle il reçoit du Père la révélation de sa mission prophétique : ce qui est fêté est plus la naissance du « Christ sauveur » et la manifestation de Dieu (théophanie), que celle de l’Enfant Jésus, même si cette célébration est directement liée à sa naissance. L'église arménienne procède à la bénédiction des eaux selon un rituel assez proche de la tradition byzantine avec comme particularité de consacrer l'eau, outre avec la Croix immergée, leSaint Chrême (Myron) comme symbole de la descente de l'Esprit-Saint au moment du baptême du Christ et la confirmation de l'amour du Père pour celui-ci.
La tradition veut que l'Épiphanie soit l'occasion de« tirer les rois » : unefève et parfois une figurine sont cachées dans lespâtisseries (galette des rois,gâteau des rois) ; le convive qui découvre cette fève devient le roi ou la reine de la journée.
Cette pratique trouverait son origine dans lesSaturnales de laRome antique. Pendant ces fêtes populaires célébrées début janvier, les rôles étaient inversés entre les maîtres et les esclaves qui devenaient les « rois d'un jour ».
Ce n'est que vers1875 que les figurines enporcelaine remplacent les fèves[26].
Depuis leXIVe siècle, on mange lagalette des rois et legâteau des rois à l'occasion de cette fête. La tradition veut que l'on partage la pâtisserie en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre », est destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis.
La traditionnellefève est accompagnée ou remplacée par un petit sujet caché à l'intérieur de la pâte de la pâtisserie. La personne ayant dans sa part lafève est symboliquement couronnée roi ou reine (de plus en plus, entre amis et/ou surtout dans le contexte professionnel : le roi se doit d'offrir la prochaine pâtisserie ; et lorsqu'il y a un sujet, celui qui l'a, se doit d'offrir la boisson[réf. nécessaire] (cidre,mousseux,muscat, ouchampagne).
Gabriel Metsu,La Fête des Rois ouLe Roi boit, v. 1650-1655, (Alte Pinakothek, Munich) – La Fête des Rois aux Pays-Bas septentrionaux auXVIIe siècle.
Lorsqu'il y a des enfants, l'un d'entre eux – en général le plus jeune – se place sous la table ; tandis que la personne qui fait le service choisit une part, l'enfant désigne le destinataire de cette portion.
Certaines familles s'arrangent pour que la fève ou la figurine revienne à un des plus jeunes enfants. Il est couronné roi ou reine, et il choisit alors son roi ou sa reine (qui est souvent sa mère ou son père).
Fréquemment, les « rois » sont tirés plusieurs fois au cours de la période.
Dans le Sud de la France, l'usage est de préparer un grand pain au levain sucré en forme de couronne, (nommée gâteau des rois, couronne des rois,corona dels reis, royaumereiaume), couronne bordelaise,corona bordalesa,pogne,còca) et qui est parfois couverte de sucre[27]. En plus du sucre, il peut être garni et/ou couvert de fruits confits.
Dans le Sud-Est, unsanton (généralement un « santon-puce ») accompagne généralement la fève.
Ce gâteau des rois est très présent dans le Sud-Ouest, même si le commerce propose de la galette, parfois moins chère (les fruits confits seraient coûteux) mais surtout de fabrication et conservation (voire de manipulation) plus facile, et elle tendrait à diminuer dans le Sud-Est.
À Paris, les boulangers-pâtissiers offrent tous les ans la galette de l'Élysée. Cette galette ne contient pas de fève afin que le président de la République ne puisse pas être couronné. Cette tradition remonte à l'année1975, date à laquelle fut offerte àValéry Giscard d'Estaing une grande galette d'un mètre de diamètre[28].
En Moselle-Est, des garçons déguisés en Rois mages allaient de maison en maison en chantant, tout en faisant tourner une étoile montée sur un bâton : « Es kummen drei Weissen vom Morgenland » (Trois mages sont venus de l'Orient). Ils obtenaient ensuite des friandises ou des piécettes.
EnMoselle la fête des rois constitue le dernier chapitre de l’histoire de laNativité et clôture également les célébrations liées au solstice d’hiver[29] avec laSaint-Nicolas. Outre les fameuses pâtisseries, de nombreuses crèches ont fleuri depuis l’Avent[30].
En 2014, un sondage réalisé en France[31] révèle que 97 % des Français fêtent l'Épiphanie ; un autre sondageOpinionWay donne quant à lui 85 %[32].
Ils mangent pour 70 % une galette frangipane, 11 % un gâteau des rois, principalement dans le Sud et 8 % une galette des rois à la pomme. 9 % en consomment plus de cinq. 68 % trichent pour donner la fève aux plus jeunes[33].
Alors qu'en 2014, la présence de crèches dans des lieux publics avait suscité unepolémique en France, la galette ou le gâteau n'entraînent, quant à eux, guère de conflits.
Les racines historiques de ces pâtisseries ne sont originellement pas religieuses. Elles peuvent se rattacher, ou non, à la fête de l'épiphanie ; elles peuvent comporter, une ou plusieurs fèves, ou aucune. De même pour les couronnes. Il n'existe pas de décision de justice notable qui concerne la galette ou le gâteau des rois.
EnEspagne et dans les pays d'Amérique latine : leDía de los Reyes Magos y est souvent un jour férié et les enfants y reçoivent leurs cadeaux plutôt qu'à Noël[34].
EnBelgique et auxPays-Bas : on mange également une galette à la pâte d’amande. Le plus jeune se cache sous la table pour désigner les parts et le roi du jour choisit sa reine. Pendant la journée les enfants parcourent les rues en chantant la chanson de l’étoile et font du porte à porte pour recevoir des mandarines et des bonbons. Cette coutume tend à disparaître en Belgique. Dans les campagnes flamandes cela se fait encore. Notons au passage qu’en Wallonie, c’est à ce moment qu’on commence la préparation du Carnaval.
Dans le Sud desÉtats-Unis la tradition de tirer les Rois existe sous le nom deking cake. Ceux-ci sont mangés pendant toute la période qui va de l'Épiphanie jusqu'aucarnaval demardi gras.
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Danse traditionnelle des hommes enBulgarie réalisée pour l'Épiphanie, dans l'eau glacée.
Selon les pays, des festivités particulières issues de traditions locales, sont organisées. Ainsi, enBulgarie, les hommes exécutent une danse traditionnelle, lehoro, dans l'eau glacée.
Dans les pays germaniques, slaves et scandinaves, il existe la tradition deschanteurs à l’étoile, commençant à Noël et se terminant à l'Epiphanie: ainsi, enFlandre, trois personnes se déguisent en Rois mages et font le tour des maisons, de préférence en utilisant le flamand. L'argent récolté est utilisé pour des associations caritatives[36],[37].
Au Bénin, à Porto-Novo, l'Épiphanie est fêtée le premier dimanche de l'année (depuis 1923) sous la forme d'une pièce de théâtre représentée dans toutes les paroisses de la ville, puis d'un grand défilé carnavalesque qui rassemble des milliers de personnes[38]. Cette célébration est issue de la collaboration d'un missionnaire,Francis Aupiais, et d'un haut dignitaire du Vaudou, Zounon Medje, qui ont écrit la pièce ensemble au début des années 1920. C'est un exemple exceptionnel de créolisation africaine du catholicisme[39].
Dans l'Église orthodoxe, l'Épiphanie, célébrée enRussie le 19 janvier, marque le baptême de Jésus. Comme ailleurs dans le monde orthodoxe, l'Église russe mène le rite de la Grande Bénédiction des Eaux, également connue sous le nom de « Grande Sanctification de l'Eau » ce jour-là (ou la veille). La procession dirigée par les prêtres pouvait simplement se rendre à la fontaine, mais traditionnellement, les fidèles se rendaient dans un lac ou une rivière à proximité[40].
Un trou de glace est creusé en forme de croix en Russie pour célébrer l'Épiphanie.
Les archives historiques indiquent que les événements de bénédiction des eaux ont eu lieu à la cour des tsars de Moscou au plus tard depuis 1525. Selon les historiens, la bénédiction de la procession des eaux était la plus magnifique des cérémonies annuelles de la cour du tsar, comparable à des événements comme les couronnements royaux ou les mariages. Après une liturgie divine dans laCathédrale de la Dormition de Moscou, la procession, dirigée par le tsar et lepatriarche de Moscou, se rendait sur laMoskova gelée. Un trou de glace aurait été fait dans la glace, appelé Iordan (évocation du fleuveJourdain), sur lequel un petit belvédère aurait été érigé et décoré d'icônes saintes, dont l'une représentait le baptême du Christ. Le patriarche plongeait sa croix dans l'eau du fleuve, et aspergeait d'eau bénite le tsar, sesboyards et les bannières des régiments de l'armée du tsar. Une charge d'eau bénite était ensuite ramenée auKremlin, pour être utilisée pour bénir le palais du tsar. À plus petite échelle, des événements similaires avaient lieu dans les paroisses de tout le pays[41].
Croyant que ce jour-là l'eau devient sacrée et est imprégnée de pouvoirs spéciaux, les Russes creusent des trous appelésIordan dans la glace des lacs et des rivières, souvent en forme de croix, pour se baigner dans l'eau glaciale[42]. Certains avancent que cette pratique a été popularisée relativement récemment ; elle aurait été assez rare à l'époque tsariste, mais aurait prospéré depuis les années 1990[43].
Les participants au rituel peuvent se plonger trois fois sous l'eau, honorant la Sainte Trinité, laver symboliquement leurs péchés de l'année écoulée et ressentir un sentiment de renaissance spirituelle. Les prêtres orthodoxes sont sur place pour bénir l'eau. L'eau est ensuite distribuée aux participants qui peuvent la stocker pour l'utiliser en cas de maladie, se bénir eux-mêmes, les membres de leur famille et leur maison, ou pour la boire. Certains Russes pensent que toute eau - même des robinets de l'évier de la cuisine - versée ou mise en bouteille sur l'Épiphanie devient de l'eau bénite, puisque toute l'eau du monde est bénie aujourd'hui. Dans le climat plus doux de la ville méridionale deSotchi, où les températures de l'air et de l'eau oscillent toutes deux vers les 10 degrés Celsius en janvier, des milliers de personnes sautent dans lamer Noire à minuit chaque année le jour de l'Épiphanie et commencent à nager pour célébrer la fête[44].
C'est le jour de l'Épiphanie que l'on fête lesTiphaine (en français), Tifenn (en breton), Tiffany (en anglais) ou Théophane, Théophano, Théano (en grec ) Tyffen . Ce prénom correspond en effet au mot Théophanie, ou manifestation de Dieu, autre nom de la fête. On fête les Jordan et les Jordane. On fête aussi les Noël … s'ils sont Arméniens.
Durant les quatre premiers siècles de l'histoire chrétienne, l'Église avait l'habitude de fêter le toutes les manifestations de Dieu sur la terre : la Nativité (Noël), l'Adoration des mages, le baptême du Christ et lesnoces de Cana. Le changement de l'eau en vin et la multiplication des pains (ouPhagiphanie) étaient ainsi commémorés par une même fête avec la Nativité.
Les fêtes ont ensuite été dissociées : pour le, les Latins ont retenu l'Adoration des mages et les Grecs le Baptême du Christ. Les Éthiopiens et les Arméniens ont conservé une fête unique pour la célébration de Noël, le pour les Arméniens et le 6 ou le pour les Éthiopiens en fonction du calendrier.
↑Ainsi par exemple le surnom donné àAntiochos IV dit « Épiphane ».
↑Stella Georgoudi,Mythes grecs au figuré, de l'antiquité au baroque : "Les Douze Dieux des Grecs : variations sur un thème", Paris, Gallimard,, 234 p.(ISBN978-2-0707-3910-3),p. 43-80.
↑Béatrice Bakhouche, Alain Moreau et Jean-Claude Turpin,Les astres et les mythes : La description du ciel, Publications de la recherche Université Paul Valéry,,p. 132.
↑AmbroiseGuillois,Les Saints Évangiles des Dimanches et principales fêtes de l'année, Le Mans,(lire en ligne), « Depuis qu'on célèbre, d'une manière particulière, chacun des trois mystères dont nous venons de parler, on a laissé l'Adoration des Mages au jour même de l'Épiphanie, qui pour cela est appelé le jour des Rois. ».
↑Igor Dorfmann-Lazarev,Arméniens et byzantins à l'époque de Photius, deux débats théologiques après le triomphe de l'orthodoxie, Peeters,, 326 p.(ISBN978-9-0429-1412-4).
↑Sondage réalisé les 29 et 30 octobre 2014 auprès d'un échantillon de 1 020 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.