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Émilienne Marie Mopty, néeWantiez, née le àHarnes, est une personnalité dubassin minier du Nord-Pas-de-Calais, résistante française de laSeconde Guerre mondiale, connue pour avoir pris la tête des manifestantes qui ont joué un rôle primordial lors de lagrève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941.
Elle organise ensuite des barrages routiers, des manifestations, transporte armes et explosifs. À la fin du mois de, elle prépare l'attaque d'un peloton d'exécution de lacitadelle d'Arras, quand laGestapo l'arrête après une dénonciation.
Femme de mineur, mère de trois enfants, torturée, puis condamnée à mort par laFeldkommandantur d’Arras, Émilienne Mopty est décapitée le à19 h 30 àCologne par l'armée nazie, à l'âge de trente-cinq ans.
Émilienne Mopty est la fille d’Anatole-François Wantiez, ouvrier mineur. Elle a épousé le 30 mai 1925 à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais) Adrien Mopty, mineur, et le couple a trois enfants. Militante communiste active de Montigny-en-Gohelle, elle s’illustre pendant les grèves de 1933 et de 1934[1].
Les conditions de travail des mineurs se dégradent durant l'hiver de 1940 à 1941 dans lebassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Les avantages obtenus lors de l'accession au pouvoir duFront populaire ne sont plus qu'un lointain souvenir ; les délégués mineurs se sont vus supprimer leur mandat, c'est ainsi qu'ils ont été poussés à la clandestinité[TC 1].
À partir du, les mineurs effectuent desgrèves perlées, en arrêtant de travailler durant une demi-heure en début ou en fin de service. Les fosses de laCompagnie des mines de l'Escarpelle sont même occupées par les troupes allemandes en. Lagrève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais commence le[TC 1]. Les mineurs revendiquent à leurs dirigeants des augmentations de salaires, de meilleures conditions de travail, l’amélioration du ravitaillement en beurre, viande rouge, savon… mais aussi la fin duchronométrage[TC 1]. Très rapidement, les réclamations se propagent dans les autres concessions du bassin minier[TC 1].

C'est durant cette grève qu'Émilienne Mopty, née Émilienne Marie Wantiez le àHarnes, 33 ans, mère de trois enfants, et femme d'un mineur à lafosseno 7 - 7 bis de laCompagnie des mines de Dourges àMontigny-en-Gohelle, prend la tête de manifestations de femmes, d'abord à Hénin-Liétard (devenuHénin-Beaumont en 1970[2],[3]) le, puis le àBilly-Montigny. Elle habite la cité du Dahomey, une des cités de la fosseno 7 - 7 bis[4].
Émilienne Mopty et les autres femmes de mineurs incitent ces derniers à lutter contre l'occupant. Des prisonniers sont réquisitionnés pour travailler dans les mines, mais ceux-ci refusent de produire pour les Allemands, et ralentissent au maximum les cadences. Les femmes entreprennent de barrer les routes afin d'empêcher la circulation des voitures de police et des automitrailleuses allemandes. Elles rencontrent les maires des communes minières afin d'avoir duravitaillement, elles rendent visite aux dirigeants des compagnies minières dans les grands bureaux. Cette grève, qui a pris fin le, a vu jusque cent mille mineurs entrer en grève[TC 2], alors que tout avait initialement commencé à la fosseno 7 - 7bis à Montigny-en-Gohelle.
À l’été 1941, des rafles sont menées et son mari, mineur, Adrien, est parmi les premiers arrêtés, puis déporté enAllemagne. Émilienne fait partie des francs-tireurs dans le bassin minier. À la fin du mois de, elle a pour mission d'attaquer un peloton d'exécution près de lacitadelle d'Arras àArras. Elle est trahie et ce sont desgendarmes d'Arras qui l'arrêtent sur les lieux du rendez-vous avant de la livrer à l'occupant. Pour la faire parler, les Allemands, qui connaissent son rôle parmi les francs-tireurs, la torturent atrocement.
Elle est traduite devant letribunal militaire de laFeldkommandantur d’Arras, et condamnée à mort. Elle estguillotinée le àCologne, à19 h 30. Les deux dernières condamnées exécutées par décapitation à la hache le furent, pour trahison, à Berlin le 18 février 1935[5],[6],[7].
Émilienne Mopty a chantéL'Internationale avant que le couperet ne tombe. Sa dépouille sera rapatriée en France en 1948[8]. Arrêtés lors de lagrève des mineurs de cette même année, ses deux fils Adrien et Gilbert ne pourront pas assister à son inhumation[8].
Son destin tragique a valu à Émilienne Mopty d'être une personnalité du bassin minier. Le, leFront de gauche organise à Montigny-en-Gohelle une marche en son souvenir, qui a réuni six mille personnes, 71 ans après une autre menée par la résistance. Le départ s'est fait sur le carreau de l'ancienne fosseno 7 - 7bis des mines de Dourges et l'arrivée a eu lieu sur le site des grands bureaux de laCompagnie des mines de Courrières àBilly-Montigny[note 1].
Avec l’aide de l’historien Philippe Rulkin, Sonia Picavet, l'arrière-petite-fille d'Émilienne Mopty, meneuse de la grève[Laquelle ?], espère obtenir pour son aïeule la reconnaissance de la Nation[8].
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