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Émilie d'Oultremont

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Émilie d'Oultremont
Image illustrative de l’article Émilie d'Oultremont
Bienheureusereligieuse,fondatrice
Date de naissance
Lieu de naissancechâteau de Wégimont,royaume uni des Pays-Bas
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décèsFlorence,royaume d'Italie
Autres noms(en religion) Mère Marie de Jésus
NationalitéBelge
Vénérée àéglise Sainte-Croix-et-Saint-Bonaventure dei Lucchesi (it),Rome
Béatification12 octobre1997
parJean-Paul II
Vénérée parl'Église catholique romaine
Fête22 février
Attributsvoile et robe blanche,scapulaire bleu avec un cœur doré sur la poitrine
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LabienheureuseÉmilie d'Oultremont de Warfusée (et, de par son mariage,baronne d’Hooghvorst), en religionMère Marie de Jésus, née le auchâteau de Wégimont (Belgique) et décédée le àFlorence (Italie) est unereligieusebelge. Veuve et mère de quatre enfants, elle fonda unecongrégation religieuse, laSociété de Marie-Réparatrice. Elle a été proclaméebienheureuse par le papeJean-Paul II en1997. Elle estcommémorée le22 février selon leMartyrologe romain[1].

Biographie

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Jeunesse

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Émilie-Olympe naît auchâteau de Wégimont le, troisième des quatre enfants qu’aurontÉmile-Charles d'Oultremont et Marie-Charlotte de Lierneux de Presles († ). Appartenant à une famille de hautenoblesse belge, Émilie reçoit, auchâteau de Wégimont et ensuite auchâteau de Warfusée, une éducation familiale faite de grandeuraristocratique et defoi catholique traditionnelle, stricte mais profonde et active. Dès son adolescence elle demande et obtient la permission de recevoir lacommunion plus souvent qu’il n’en était coutume, un privilège rarement accordé.

À 12 ans, peut-être influencée par son père alors fort occupé à aider lesjésuites à ouvrir leurcollège de Namur[2], elle lit un abrégé de la vie desaint Ignace de Loyola. Cette première lecture spirituelle la marque profondément. Trois ans plus tard (1833) elle fait un premier voyage àRome en compagnie de ses parents. Toute sa vie Émilie gardera un grand attachement à la ville éternelle.

Mariage, famille et vie à Rome

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Émilie d'Oultremont.

Malgré une propension religieuse nettement marquée Émilie se soumet aux conventions sociales de l’époque et accepte le mariage arrangé avec Victor van der Linden, baron d'Hooghvorst, fils du généralEmmanuel van der Linden d'Hooghvorst, d’une famille louvaniste très connue. Le mariage est célébré àLiège le. Elle en aura quatre enfants : Adrien (né en 1838),Edmond (en 1841), Olympe (en 1843) et Marguerite (en 1845).

Son père étant nomméministre plénipotentiaire de Belgique auprès duSaint-Siège, Émilie vit cinq ans à Rome, de 1839 à 1844, son mari Victor d'Hooghvorst, faisant partie de la légation belge. Tous les ans la famille entière revient pour l’été auchâteau de Warfusée en Belgique.

Les obligations sociales de la vie diplomatique - bals, théâtres et vie mondaine - ne l’empêche pas de développer unevie spirituelle intense, se plaçant sous la direction spirituelle de jésuites de l’église du Gesù qu’elle fréquente assidûment. Elle aime y prier à l’autel de saintIgnace de Loyola, dont l’attraction spirituelle ne l’a pas quittée. Sa dévotioneucharistique augmente ; elle obtient la permission de communier six fois par semaine.

Retour en Belgique

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De retour enBelgique elle continue à habiter auchâteau de Warfusée avec mari et enfants, comme le souhaite le comteÉmile, son père. Toujours à la recherche de progrès spirituel elle se confie au pèreFrédéric Bossaert (1803-1867), recteur du nouveaucollège jésuite de Liège, qui sera son directeur spirituel durant 12 ans.

Victor d’Hooghvorst, son mari, meurt le de fièvres malignes contractées lors d’une partie de chasse dans lesmarais pontins (près de Rome) quelques mois auparavant. À l’âge de 29 ans Émilie se retrouve veuve, avec quatre enfants. De nouveau en Italie au début 1848 elle s’y trouve en pleine effervescence révolutionnaire. AuGesù elle reçoit lacommunion des mains deJean-Philippe Roothaan, la veille du départ en exil dugénéral des jésuites[3].

Émilie perd sa mère en 1850 et son père en 1851. Quinze jours après le décès de ce dernier elle quitte le château de Warfusée, devenu propriété de son frère Théodore. Avec ses enfants elle prend résidence à Liège. Spirituellement et religieusement elle est également plus libre. Son nouveau directeur spirituel le pèreGeorges Petit (1820-1864), jésuite français du collège deBrugelette, l’aide à découvrir en elle un désir profond de se joindre spirituellement à l’aspect "réparateur" de larédemption du monde par leChrist.

Fondation de la Société de Marie-Réparatrice

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Le, à Rome, le papePie IX proclame solennellement ledogme de l’Immaculée Conception. Le même jour, assistant à la messe, à Paris, Émilie se sent remplie d’un grand bonheur et d’une grâce infinie :« Ces seules paroles : ‘Ma mère est immaculée’, contenaient pour moi tout un monde de bonheur que ni ma parole ni ma plume ne toucheront jamais »[4]. Un pas est franchi : elle entrera en religion. Seules la retiennent l’attention et l’amour qu’elle doit à ses enfants.

Lesjésuites français (dont Georges Petit, son directeur spirituel) quittentBrugelette en 1854. Craignant de fortes pressions familiales s’opposant à sa vocation (avec le soutien de l’évêque de Liège,Mgr Théodore de Montpellier) Émilie s’installe à Paris. Ses deux fils sont placés dans des collèges jésuites français.

Le, de manière encore informelle elle crée autour d’elle, dans son appartement, une communauté religieuse. Le nom de la congrégation est choisi. Elle s’appelleraSociété de Marie-Réparatrice. Comme lui fait comprendre lepape dans sa réponse à sa pétition, une approbation papale n’est possible que si une reconnaissance canonique épiscopale précède. L’occasion s’offre àStrasbourg où l’évêque, qui a bien connu son père, est favorable.

Une fondation est faite à la rue des Pierres (Strasbourg). Le, Émilie d’Oultremont, baronne d’Hooghvorst, prend l’habit religieux avec quelques compagnes : elle s’appelle désormais Mère Marie de Jésus. Ce même jour sa fille Olympe entre dans le petit groupe de religieuses et commence sonnoviciat. Cette reconnaissance canonique est la date de fondation de la Société de Marie-Réparatrice. En juillet1857 une seconde fondation est faite, à Paris.

Développements

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Émilie est partagée entreStrasbourg (sa fondation) et Paris, où elle s’occupe encore activement de ses enfants. Un contact avec le père Saint-Cyr, missionnaire revenu de l’Inde, la décide, non sans hésitation, à envoyer un groupe de sept sœurs àTrichy (Inde du Sud) pour y seconder lesjésuites de lamission du Maduré.

Un voyage pour affaires familiales en Belgique en consacre sa rupture avec la famille d’Hooghvorst qui l’accuse de gaspiller le patrimoine familial en fondations religieuses[5]. Son frèreCharles d'Oultremont lui donne un soutien indéfectible : c’est lui qui est chargé de gérer la fortune personnelle d’Émilie.

La Société de Marie-Réparatrice se développe. Des fondations sont faites àToulouse (), où Émilie, avec sept compagnes, fait lesExercices Spirituels sous la direction du PèrePaul Ginhac. De Toulouse elle fait unpèlerinage ausanctuaire de Loyola. Elle y fait l'expérience mystique d'une communion spirituelle avecsaint Ignace[6] En janvier1863 : fondations àTournai (Belgique) et àLondres.

En, fondation dans sa ville deLiège qu’elle n’a pas oubliée. Peu après, en novembre de la même année une fondation, avecorphelinat, àPort-Louis dans l’île Maurice. Celle-ci se transforme presque immédiatement en hôpital, l’île étant frappée par une épidémie. En 1870 les religieuses de Marie-Réparatrice sont àWexford (Irlande).

Difficultés spirituelles

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En 1869, nouveau voyage àRome pour y préparer les constitutions de la nouvelle congrégation. À chaque voyage elle passe quelques jours chez son fils Adrien qui, marié à une italienne s’est installé àFlorence.

Durant ces années, à partir de 1867, la Mère Marie-de-Jésus traverse de grandes épreuves personnelles et spirituelles. Sa fille cadette, Marguerite, entrée dans la congrégation en 1860, meurt le. Son autre fille, Olympe, également religieuse, est gravement malade. Dans sa correspondance elle ouvre son cœur de mère à son directeur spirituel, le Père Paul Ginhac, qui lui répond avec grande sévérité. En substance : ’elle est trop attachée à ses enfants, manquant de soumission à la volonté de Dieu’. Cette incompréhension ajoute à son désarroi spirituel. Par fidélité à son vœu d'obéissance, elle continue à se confier et seconfesser au Père Ginhac, mais la relation devient purement formelle. Cela ne fait qu’ajouter à son épreuve.

Décès de son autre fille, Olympe (sœur Marie de Saint-Victor), le. C’est auprès dudirecteur spirituel de cette dernière, le pèrePierre Olivaint, qu’elle trouve quelque soutien. Mais l’épreuve spirituelle reste grande.Obscurité de l'âme et absence sentie de celui qu’elle aime,Jésus-Christ, auquel elle a donné sa vie. Dans ces difficultés sa fidélité aux devoirs de lavie religieuse reste entière, si pas plus grande. Elle est elle-même le soutien de beaucoup, en particulier des nombreuses jeunes filles entrées dans la Congrégation de Marie-Réparatrice.

La Mère Marie de Jésus se trouve mal lors d’un nouveau voyage à Rome (1878) dans le but de poursuivre le travail des constitutions. Elle prolonge son séjour auprès de son fils Adrien àFlorence. C’est chez lui qu’elle rend son âme à Dieu le.

Béatification

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Reconnaissant son héroïcité des vertus, le papeJean-Paul II lui attribue le titre devénérable le de 1993 : le même pontife préside à sabéatification solennelle sur laplace Saint-Pierre de Rome ().Liturgiquement, la bienheureuse Émilie est commémorée le[1].

Œuvre

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  • Perspectives historiques, (édité par Jacqueline Desormieaux), Rome, 1974. (Une série de trois carnets autobiographiques de Mère Marie de Jésus, suivis de quelques autres documents)
  • Mère Marie de Jésus:Lettres et relations spirituelles au P. Pierre Semenenko (1873-1878), Rome, 2003.
  • Mère Marie de Jésus:Parce que j'aime. Journaux de retraite et textes spirituels, Rome, 2007.

Notes et références

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  1. a etb« Bienheureuse Marie de Jésus (Émilie d'Oultremont) », surnominis.cef.fr(consulté le)
  2. Le nouveau collège sera ouvert en 1831 et deviendra lesFacultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur.
  3. Profitant de son exil de Rome, Roothaan fait une visite des communautés jésuites d’Europe. Il passe àLiège en juillet 1849 et est invité par le comte d’Oultremont auchâteau de Warfusée. Il y retrouve Emilie d’Oultremont, le temps d’une soirée.
  4. Perspectives historiques, Rome, 1974, p.91.
  5. En fait, ses beaux-parents étant toujours en vie, Émilie d’Oultremont n’a aucun accès à la fortune des d’Hooghvorst
  6. Perspectives historiques,ibidem, p.165-174.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Pierre Suau:La Mère Marie de Jésus (Émilie d'Oultremont, baronne d'Hooghvorst), fondatrice de la Société de Marie Réparatrice, Tournai, Casterman, 1920, 464 pp.
  • Colette Couvreur:Témoignage pour tous les temps, vie, esprit, œuvre d’Émilie d'Oultremont, fondatrice de la Société de Marie réparatrice, Toulouse, Privat, 1967.
  • Paul Ginhac:Lettres à Mère Marie de Jésus (1862-1875), Rome, 1998.
  • Pierre Olivaint:Correspondance avec Mère Marie de Jésus et Mère Marie de St Victor (1862-1871), Rome, 2004.

Liens externes

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