Lesélections législatives françaises de 1951 ont lieu le de cette année, au cours de laQuatrième République, fondée en 1946. Elles ont pour résultat la victoire de la coalition gouvernementale de laTroisième Force face aux deux partis d'opposition, leParti communiste et leRassemblement du peuple français.
La défaite du RPF entraîne le retrait dugénéral de Gaulle de la vie politique, le début de sa « traversée du désert » (1951-1958).
L'assemblée élue en 1951 sera dissoute en novembre 1955 et renouvelée lors desélections du 2 janvier 1956.
Ces élections ont lieu dans un contexte de crise politique. La majorité en place est une coalition, laTroisième force, constituée à la suite de la rupture avec leParti communiste en mai 1947, regroupant leMRP, laSFIO, lesradicaux, l'UDSR et les modérés.
Très critiquée en raison des dissensions internes sur un certain nombre de sujets et de l'instabilité gouvernementale qui en résulte (les critiques pointent ce qu'ils appellent la« valse des ministères » que laTroisième force entretient selon eux depuis sa formation), la Troisième Force redoute de perdre les élections face à unParti communiste français toujours aussi populaire et surtout face auRPF. Ce parti fondé en avril 1947 et dirigé parCharles de Gaulle, a remporté d'éclatants succès lors desélections municipales de 1947 (40 % des suffrages exprimés) et revendique un million d'adhérents en 1948.
Les élections ont lieu alors que la victoire se fait attendre dans laguerre d'Indochine (commencée en 1947), contestée par le PCF. Par ailleurs, les Français sont confrontés à une forte inflation et à des problèmes de pouvoir d'achat.
La loi du 9 mai 1951, dite « loi des apparentements » instaure un nouveau mode de scrutin[1]. Il y a 627 sièges à pourvoir, répartis entre 103 circonscriptions.
Le système électoral est unscrutin proportionnel plurinominal suivant la méthode de la plus forte moyenne, modifié par la loi des apparentements, votée en vue des élections de 1951 afin d'assurer la victoire de la Troisième Force malgré les nombreux problèmes auxquels elle est confrontée. Elle a été adoptée peu de temps avant les élections sans consensus car elle diminue la représentation des deux oppositions qui sont alors en mesure d'obtenir la moitié des voix.
Cette loi des apparentements permet aux listes qui ont passé des accords avant les élections de remporter l'intégralité des sièges à pourvoir dans un département donné si l'addition de leurs voix y dépasse 50 % des suffrages exprimés, quels que soient les scores des autres listes. Les listes qui ont reçu moins de 5 % des suffrages sont exclues de la répartition des sièges.
Lemode de scrutin est différent en Algérie française : il est similaire à la France métropolitaine pour les personnes de statut civil français, mais pour lesindigènes d'Algérie, les femmes n'ont pas le droit de vote et lesélections sont truquées. Les candidats musulmans ne peuvent pas pénétrer dans les bureaux de vote, ceux duMTLD sont arrêtés[2].
Lepanachage et levote préférentiel sont permis selon les modalités suivantes :
Le paysage politique français est clivé entre une coalition gouvernementale regroupant plusieurs formations d'importance inégale et deux grands partis d'opposition, l'un d'extrême gauche, l'autre de droite, sous l'égide du général de Gaulle :
| Parti | Voix | % | +/- | Sièges | +/- | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Parti communiste français (PCF) | 4 910 547 | 25,89 | 103 | ||||||
| Rassemblement du peuple français (RPF) | 4 125 492 | 21,75 | Nv | 121 | |||||
| Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) | 2 744 842 | 14,47 | 107 | ||||||
| Centre national des indépendants et paysans (CNIP) | 2 656 995 | 12,83 | 96 | ||||||
| Mouvement républicain populaire (MRP) | 2 369 778 | 12,49 | 94 | ||||||
| Rassemblement des gauches républicaines (RGR) | 1 887 583 | 11,13 | 90 | ||||||
| Extrême gauche (EXG) | 146 058 | 0,77 | 0 | ||||||
| Divers | 87 346 | 0,46 | 14 | ||||||
| Divers gauche (DVG) | 33 393 | 0,20 | Nv | 0 | |||||
| Suffrages exprimés | 19 216 035 | 98,30 | |||||||
| Votes blancs et nuls | 332 181 | 1,70 | |||||||
| Total | 19 548 216 | 100 | – | 626 | |||||
| Abstentions | 5 002 307 | 20,38 | |||||||
| Inscrits / participation | 24 550 523 | 79,62 | |||||||
| Parti | voix | % |
|---|---|---|
| Troisième Force | 9 659 198 | 50,9 % |
| Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) | 2 744 842 | 14,5 % |
| Rassemblement des gauches républicaines (RGR) | 1 887 583 | 10,0 % |
| Mouvement républicain populaire (MRP) | 2 369 778 | 12,5 % |
| Modérés | 2 656 995 | 14,0 % |
| Autres : | ||
| Parti communiste français (PCF) | 4 910 547 | 25,9 % |
| Rassemblement du peuple français (RPF) | 4 125 492 | 21,7 % |
| Extrême gauche (EXG) | 146 058 | 0,8 % |
| Divers gauche (DVG) | 33 393 | 0,2 % |
| Non classés | 87 346 | 0,4 % |
| Groupe parlementaire | Députés | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Membres | Apparentés | Total | ||||
| RPF | Rassemblement du peuple français | 118 | 3 | 121 | ||
| SOC | Socialiste | 105 | 2 | 107 | ||
| COM & RP | Communistes etRépublicains progressistes | 103 | 0 | 103 | ||
| MRP & IOM | Mouvement républicain populaire etIndépendants d'outre-mer | 91 | 3 | 94 | ||
| RRRS | Républicain radical et radical-socialiste | 67 | 7 | 74 | ||
| RI | Républicains indépendants | 45 | 8 | 53 | ||
| CRAPS-DI & FI | Centre républicain d'action paysanne et sociale et Démocrates indépendants et Français indépendants | 38 | 5 | 43 | ||
| UDSR | Union démocratique et socialiste de la Résistance | 14 | 2 | 16 | ||
| RDA | Rassemblement démocratique africain | 3 | 0 | 3 | ||
| Total de députés membre de groupes | 614 | |||||
| Députés non-inscrits | 12 | |||||
| Total des sièges pourvus | 626 | |||||
| Total des sièges vacants et non attribués | 1 | |||||
Laloi des apparentements, adoptée le mois précédent, a quasiment mis fin à laproportionnelle départementale : plusieurs listes qui « s'apparentent » raflent désormais tous les sièges d'une « circonscription » si elles ont 50 % des voix. En 1951, les circonscriptions sont beaucoup moins nombreuses que sous laVe République ultérieure, seuls quelques départements très peuplés en ayant plusieurs.
Ainsi, les deux partis arrivés en tête, le PCF et le RPF, n'obtiennent qu'un tiers des députés alors qu'ils ont presque la moitié des voix. Le RPF devient cependant le premier parti de l'Assemblée, avec 121 députés, et 21,7 % des voix alors qu'il était absent du scrutin précédent, ennovembre 1946. Le PCF arrive en tête, avec 26 % des suffrages (soit deux points de moins qu’aux législatives de) et 103 sièges (soit une baisse de 79 sièges).
La Troisième force ne remporte les élections que d'extrême justesse, subissant le double effondrement du MRP, qui perd plus de la moitié de son électorat, et 78 sièges, un déclin qui se poursuit par la suite.
L'autre pilier de la majorité, la SFIO, perd 3,5 points par rapport au précédent scrutin législative et tombe à 14 %, à peine plus que la moitié du score de l'autre principale formation de gauche, le PCF. La SFIO obtient cependant plus de sièges que le PCF grâce à la nouvelle loi des apparentements.
La majorité s'affiche ainsi en très net recul face à l’opposition de gauche et de droite, et n'a pu se maintenir, malgré ses divisions, que grâce à sa nouvelle loi électorale, le PCF et le RPF n'ayant pas d'alliés avec qui ils pouvaient s'apparenter.
En Algérie, dans des circonscriptions où lesFrançais musulmans d'Algérie ne parviennent pas à voter, les candidats présentés par l'administration française obtiennent plus de 90% voire plus de 100% des suffrages. Aucun nationaliste, ni membre du MTLD ou de l'UDMA n'est élu[2].
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