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Élections législatives françaises de 1951

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Élections législatives françaises de 1951
Corps électoral et résultats
Votants19 670 655
80,1 %en augmentation 2
Troisième Force –Henri Queuille
Voix9 659 198
51,90 %
Députés élus390en diminution 46
PCF –Maurice Thorez
Voix4 910 547
25,89 %
en diminution 2,4
Députés élus103en diminution 79
RPF –Charles de Gaulle
Voix4 125 492
21,75 %
Députés élus121en augmentation 112
Résultats par circonscription
Carte
Assemblée nationale élue
Par groupes
Diagramme
Gouvernement
SortantÉlu
Queuille III
Troisième Force(SFIO,RGR (PRV,UDSR,RDA),CNIP,MRP)
Pleven II
Troisième Force(SFIO,RGR (PRV,UDSR,RDA),CNIP,MRP)
Législature élue
IIe de laIVe République
modifier -modifier le code -voir Wikidata 

Lesélections législatives françaises de 1951 ont lieu le de cette année, au cours de laQuatrième République, fondée en 1946. Elles ont pour résultat la victoire de la coalition gouvernementale de laTroisième Force face aux deux partis d'opposition, leParti communiste et leRassemblement du peuple français.

La défaite du RPF entraîne le retrait dugénéral de Gaulle de la vie politique, le début de sa « traversée du désert » (1951-1958).

L'assemblée élue en 1951 sera dissoute en novembre 1955 et renouvelée lors desélections du 2 janvier 1956.

Contexte

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Ces élections ont lieu dans un contexte de crise politique. La majorité en place est une coalition, laTroisième force, constituée à la suite de la rupture avec leParti communiste en mai 1947, regroupant leMRP, laSFIO, lesradicaux, l'UDSR et les modérés.

Très critiquée en raison des dissensions internes sur un certain nombre de sujets et de l'instabilité gouvernementale qui en résulte (les critiques pointent ce qu'ils appellent la« valse des ministères » que laTroisième force entretient selon eux depuis sa formation), la Troisième Force redoute de perdre les élections face à unParti communiste français toujours aussi populaire et surtout face auRPF. Ce parti fondé en avril 1947 et dirigé parCharles de Gaulle, a remporté d'éclatants succès lors desélections municipales de 1947 (40 % des suffrages exprimés) et revendique un million d'adhérents en 1948.

Les élections ont lieu alors que la victoire se fait attendre dans laguerre d'Indochine (commencée en 1947), contestée par le PCF. Par ailleurs, les Français sont confrontés à une forte inflation et à des problèmes de pouvoir d'achat.

Mode de scrutin : la loi des apparentements

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La loi du 9 mai 1951, dite « loi des apparentements » instaure un nouveau mode de scrutin[1]. Il y a 627 sièges à pourvoir, répartis entre 103 circonscriptions.

Le système électoral est unscrutin proportionnel plurinominal suivant la méthode de la plus forte moyenne, modifié par la loi des apparentements, votée en vue des élections de 1951 afin d'assurer la victoire de la Troisième Force malgré les nombreux problèmes auxquels elle est confrontée. Elle a été adoptée peu de temps avant les élections sans consensus car elle diminue la représentation des deux oppositions qui sont alors en mesure d'obtenir la moitié des voix.

Cette loi des apparentements permet aux listes qui ont passé des accords avant les élections de remporter l'intégralité des sièges à pourvoir dans un département donné si l'addition de leurs voix y dépasse 50 % des suffrages exprimés, quels que soient les scores des autres listes. Les listes qui ont reçu moins de 5 % des suffrages sont exclues de la répartition des sièges.

Lemode de scrutin est différent en Algérie française : il est similaire à la France métropolitaine pour les personnes de statut civil français, mais pour lesindigènes d'Algérie, les femmes n'ont pas le droit de vote et lesélections sont truquées. Les candidats musulmans ne peuvent pas pénétrer dans les bureaux de vote, ceux duMTLD sont arrêtés[2].

Lepanachage et levote préférentiel sont permis selon les modalités suivantes :

  • L'électeur peut panacher la liste pour laquelle il vote en y rayant le nom d'un ou plusieurs candidats. Il peut soutenir par un vote préférentiel un ou plusieurs candidats de la liste en inscrivant une croix avant ou après le nom du candidat.
  • Si moins de la moitié des électeurs d'une liste l'ont panachée ou ont inscrit un vote préférentiel, les sièges sont attribués selon l'ordre de présentation de la liste.
  • Si plus de la moitié des électeurs d'une liste l'ont panachée ou ont inscrit un vote préférentiel, les sièges sont attribués selon l'ordre déterminé par les électeurs, en additionnant les votes préférentiels reçus par chaque candidat de la liste, auquel sont soustraits le nombre de fois où leur nom a été rayé[1].

Forces en présence

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Le paysage politique français est clivé entre une coalition gouvernementale regroupant plusieurs formations d'importance inégale et deux grands partis d'opposition, l'un d'extrême gauche, l'autre de droite, sous l'égide du général de Gaulle :

  • LaTroisième Force regroupe depuis mai 1947 (date de l'éviction des communistes du gouvernement) les partis au pouvoir, à savoir laSFIO, lesRépublicains modérés, leMRP, leParti radical et l'UDSR. Cette coalition allant de la gauche à la droite en passant par le centre-gauche et le centre-droit a pour principal objectif de préserver le régime d'une crise qui pourrait se concrétiser si les communistes d'un côté, les gaullistes de l'autre, mettaient les partis de gouvernement en minorité. Grâce à laloi des apparentements, la Troisième Force espère limiter la montée en puissance de ses adversaires tout en restant au pouvoir[3].
  • LeParti communiste français est, pour la première fois depuis le début de laQuatrième République, sérieusement fragilisé, en raison de l'échec desgrèves de 1947-1948 et de sa lourde défaite aux élections municipales de 1947, au cours desquelles la Troisième Force a réussi à marginaliser les élus communistes : le PCF a notamment perdu quarante villes sur soixante dans le département de laSeine.
    Les gouvernements qui se sont succédé depuis mai 1947 se sont vigoureusement efforcés d'affaiblir le PCF, notamment en votant une nouvelle loi électorale pour leConseil de la République, loi qui renforce le poids des communes rurales, hostiles aux communistes, et instaure lescrutin majoritaire dans les départements les moins importants, au nombre de 79. Cela a eu pour effet l'élimination de la plupart des candidats communistes, ne pouvant compter sur aucun allié avec lequel passer des accords[4]. La constitution de la Troisième force ne laissait pratiquement aucune chance de succès au Parti communiste,plus que jamais[réf. nécessaire] exclu du système partisan de la République.
  • LeRassemblement du peuple français est une formation politique nouvelle qui rejette explicitement le système institutionnel en place et avec laquelle la Troisième Force doit également compter. Sorti vainqueur des élections municipales de 1947, le RPF menaçait de concurrencer la Troisième Force sur sa droite, cette dernière courant le risque de se trouver prise en tenaille à l'assemblée entre une opposition communiste d'un côté et gaulliste de l'autre. Mais la campagne agressive[5] menée par les gaullistes en 1951, avec des discours constamment critiques, a cependant fini par effrayer une partie de l'opinion, de sorte qu'au moment d'aller aux urnes, il parait peu probable que le succès des gaullistes aux législatives de 1951 ait l'ampleur de celui des municipales de 1947.

Résultats

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Résultats nationaux[6]
PartiVoix%+/-Sièges+/-
Parti communiste français (PCF)4 910 54725,89en diminution 1,96103en diminution 68
Rassemblement du peuple français (RPF)4 125 49221,75Nv121en augmentation 121
Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO)2 744 84214,47en diminution 3,40107en augmentation 5
Centre national des indépendants et paysans (CNIP)2 656 99512,83en augmentation 9,2996en augmentation 67
Mouvement républicain populaire (MRP)2 369 77812,49en diminution 13,4794en diminution 68
Rassemblement des gauches républicaines (RGR)1 887 58311,13en augmentation 0,0190en augmentation 48
Extrême gauche (EXG)146 0580,77en augmentation 0,460en stagnation
Divers87 3460,46en diminution 0,0314en augmentation 14
Divers gauche (DVG)33 3930,20Nv0en stagnation
Suffrages exprimés19 216 03598,30
Votes blancs et nuls332 1811,70
Total19 548 216100626en stagnation
Abstentions5 002 30720,38
Inscrits / participation24 550 52379,62
Résultats des élections à l'Assemblée nationale[7]
Partivoix%
Troisième Force9 659 19850,9 %
Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO)2 744 84214,5 %
Rassemblement des gauches républicaines (RGR)1 887 58310,0 %
Mouvement républicain populaire (MRP)2 369 77812,5 %
Modérés2 656 99514,0 %
Autres :
Parti communiste français (PCF)4 910 54725,9 %
Rassemblement du peuple français (RPF)4 125 49221,7 %
Extrême gauche (EXG)146 0580,8 %
Divers gauche (DVG)33 3930,2 %
Non classés87 3460,4 %

Composition de l'Assemblée nationale de 1951

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Répartition des députés par groupes au[8]
Groupe parlementaireDéputés
MembresApparentésTotal
RPFRassemblement du peuple français1183121
SOCSocialiste1052107
COM & RPCommunistes etRépublicains progressistes1030103
MRP & IOMMouvement républicain populaire etIndépendants d'outre-mer91394
RRRSRépublicain radical et radical-socialiste67774
RIRépublicains indépendants45853
CRAPS-DI & FICentre républicain d'action paysanne et sociale et Démocrates indépendants et Français indépendants38543
UDSRUnion démocratique et socialiste de la Résistance14216
RDARassemblement démocratique africain303
Total de députés membre de groupes614
Députés non-inscrits12
Total des sièges pourvus626
Total des sièges vacants et non attribués1

Analyse des résultats

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Laloi des apparentements, adoptée le mois précédent, a quasiment mis fin à laproportionnelle départementale : plusieurs listes qui « s'apparentent » raflent désormais tous les sièges d'une « circonscription » si elles ont 50 % des voix. En 1951, les circonscriptions sont beaucoup moins nombreuses que sous laVe République ultérieure, seuls quelques départements très peuplés en ayant plusieurs.

Ainsi, les deux partis arrivés en tête, le PCF et le RPF, n'obtiennent qu'un tiers des députés alors qu'ils ont presque la moitié des voix. Le RPF devient cependant le premier parti de l'Assemblée, avec 121 députés, et 21,7 % des voix alors qu'il était absent du scrutin précédent, ennovembre 1946. Le PCF arrive en tête, avec 26 % des suffrages (soit deux points de moins qu’aux législatives de) et 103 sièges (soit une baisse de 79 sièges).

La Troisième force ne remporte les élections que d'extrême justesse, subissant le double effondrement du MRP, qui perd plus de la moitié de son électorat, et 78 sièges, un déclin qui se poursuit par la suite.

L'autre pilier de la majorité, la SFIO, perd 3,5 points par rapport au précédent scrutin législative et tombe à 14 %, à peine plus que la moitié du score de l'autre principale formation de gauche, le PCF. La SFIO obtient cependant plus de sièges que le PCF grâce à la nouvelle loi des apparentements.

La majorité s'affiche ainsi en très net recul face à l’opposition de gauche et de droite, et n'a pu se maintenir, malgré ses divisions, que grâce à sa nouvelle loi électorale, le PCF et le RPF n'ayant pas d'alliés avec qui ils pouvaient s'apparenter.

En Algérie, dans des circonscriptions où lesFrançais musulmans d'Algérie ne parviennent pas à voter, les candidats présentés par l'administration française obtiennent plus de 90% voire plus de 100% des suffrages. Aucun nationaliste, ni membre du MTLD ou de l'UDMA n'est élu[2].

Notes et références

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  1. a etbJournal officiel de la République française. Lois et décrets. Jeudi 10 mai 1951., Paris,(lire en ligne)
  2. a etbMichel Honorin,Claude Guillaumin etGuy Claisse,Naissance, vie et mort de l'Algérie française. 5 : la Guerre d'Algérie. 1, Genève, Éditions de Crémille,, 305 p.(OCLC 819225642),p. 39-40
  3. Jean-Jacques Becker,Histoire politique de la France depuis 1945,p. 53
  4. Jean-Jacques Becker,Histoire politique de la France depuis 1945,p. 54
  5. Le service d'ordre du RPF a même provoqué une mort lors d'un déplacement du général à Grenoble le 18 septembre 1948 (Jean-Jacques Becker,Histoire politique de la France depuis 1945,p. 54).
  6. « Élections législatives 1951 », surfrance-politique.fr(consulté le)
  7. Ministère de l'intérieur, cité sur lesite de l'Assemblée nationale
  8. Laurent de Boissieu, « Élections législatives 1951 », surwww.france-politique.fr(consulté le)
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