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| Élections européennes de 2024 | ||||||||||||||
| 720 sièges duParlement européen (Majorité absolue : 361 sièges) | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| du au | ||||||||||||||
| Type d’élection | européennes | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 355 147 948 | |||||||||||||
| Votants | 179 537 042 | |||||||||||||
| 50,55 % | ||||||||||||||
| Ursula von der Leyen –Groupe du Parti populaire européen | ||||||||||||||
Liste PPE - | ||||||||||||||
| Voix | 34 408 182 | |||||||||||||
| 19,65 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 188 | |||||||||||||
| Nicolas Schmit –Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen | ||||||||||||||
Liste PSE - | ||||||||||||||
| Voix | 27 368 235 | |||||||||||||
| 15,63 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 136 | |||||||||||||
| Jordan Bardella –Patriotes pour l’Europe | ||||||||||||||
Liste PID - | ||||||||||||||
| Voix | 18 462 468 | |||||||||||||
| 10,54 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 84 | |||||||||||||
| Ryszard Legutko etNicola Procaccini –Conservateurs et réformistes européens | ||||||||||||||
| Voix | 15 640 969 | |||||||||||||
| 8,93 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 78 | |||||||||||||
| Valérie Hayer –Renew Europe | ||||||||||||||
| Voix | 16 025 384 | |||||||||||||
| 9,15 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 77 | |||||||||||||
| Terry Reintke etBas Eickhout –Groupe des Verts/Alliance libre européenne | ||||||||||||||
| Voix | 11 537 487 | |||||||||||||
| 6,59 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 53 | |||||||||||||
| Walter Baier –Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique | ||||||||||||||
| Voix | 11 864 583 | |||||||||||||
| 6,77 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 46 | |||||||||||||
| René Aust etStanisław Tyszka –L'Europe des nations souveraines | ||||||||||||||
| - | ||||||||||||||
| Voix | 8 659 122 | |||||||||||||
| 4,94 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 25 | |||||||||||||
| Résultats par État membre, coloré en fonction du groupe au Parlement européen ayant obtenu le plus grand nombre de voix | ||||||||||||||
| Parlement européen élu Par groupes | ||||||||||||||
| Président de la Commission européenne | ||||||||||||||
| Sortante | Élue | |||||||||||||
| Ursula von der Leyen PPE | Ursula von der Leyen PPE | |||||||||||||
| Résultats officiels | ||||||||||||||
| modifier -modifier le code -voir Wikidata | ||||||||||||||
Lesélections européennes de 2024 ont eu lieu du au dans lesvingt-sept États membres de l'Union européenne[1] afin d'élire lesdéputés duParlement européen pour le mandat de cinq ans de ladixième législature du Parlement européen (2024-2029). Cesélections européennes sont les premières organisées depuis ledépart du Royaume-Uni le, et les dixièmes depuis le premier vote ausuffrage universel direct en1979. Le système électoral utilisé estproportionnel, chacun des États formant le plus souvent unecirconscription plurinominale unique.
Le scrutin intervient sur fond de montée en puissance des partiseurosceptiques,opposés à l'immigration, et d’extrême droite, observé lors de succès électoraux aux Pays-Bas, en Italie, en Finlande et en Suède. L'Union européenne est dans une situation deralentissement économique, de mécontentement en zones rurales, et doit faire face auchangement climatique, tandis que les questions migratoires reviennent régulièrement dans l'actualité[2]. LePacte sur la migration et l'asile est signé quelques mois plus tôt.
Lacommission von der Leyen arrive au terme de son mandat quinquennal — 2019-2024 — correspondant à laneuvième législature du Parlement européen. Le résultat des élections détermine les députés qui voteront la futureCommission européenne pour renouveler ou remplacerUrsula von der Leyen[2] au poste de président de la Commission. Le corps électoral est composé d'un total de373 millions de personnes[3].
Le scrutin intervient lors d'une année électorale chargée au niveau international : deux milliards de personnes votent en effet dans 50 pays, dont l'Inde et lesÉtats-Unis, lors de scrutins pouvant faire basculer les équilibres politiques en place[2].
Pour la Commission européenne, lesenjeux des élections sont la relance économique, l'action pour le climat et lepacte vert pour l'Europe, latransition numérique, le soutien à l'Ukraine pour résister à l'invasion russe, l'acceptation de sonentrée à terme dans l’Union européenne, lessanctions contre la Russie, lastratégie de défense européenne, la politique énergétique, lepacte contre les migrations irrégulières, lapolitique agricole commune, et l'élargissement de l’Union européenne[4].
La menace russe est jugée susceptible de conduire à une augmentation de la participation dans plusieurs pays tels que la Finlande[5].
Toutefois, les enjeux perçus par les citoyens européens concernent plutôt la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale — qui relève de la politique nationale — la santé publique, le soutien à l’économie, la défense et la sécurité de l’Union européenne[4].
Un autre enjeu est d'assurer que les sondages, moyens et campagnes électorales faites dans les États-membres en 2024 soient justes, équitables et honnêtes. Il s'agit de veiller à ce que les médias de masse, lesréseaux sociaux etmédias sociaux, les citoyens européens et autres parties prenantes de la campagne ne soient pas massivement manipulés par desinformations fausses ou fallacieuses, desmessages haineux, ou des messages de propagande individuellement ciblés. Un ciblage fin et massif des électeurs est en effet devenu possible, basé sur lemoissonnage de données personnelles, l'analyse des sentiments et des opinions politiques et lapsychographie, construits et acheminés par desalgorithmes dits d'intelligence artificielle. On le sait grâce notamment auxlanceurs d'alerteChristopher Wylie,Carole Cadwalladr — journaliste primée pour son travail —,Shahmir Sanni,Brittany Kaiser etDavid Caroll[6].
On a en effet appris, mais trop tard, que de telles manipulations ont probablement abouti à l'élection deDonald Trump par une manipulation desprimaires présidentielles du Parti républicain américain de 2016[7],[8]. Avec les mêmes procédés, les malversations entreprises par Cambridge Analytica et Aggregate IQ, pour le compte duGroupe SCL et deSteve Bannon[9] ont conduit auBrexit (de l'aveu même des pro-Brexit puisqu'avant la révélation du scandale, le site internet d'Aggregate IQ affichait fièrement sur sa page d'accueil la citation suivante deDominic Cummings (le directeur de campagne deVote Leave, le parti pro-Brexit leader) :« Sans aucun doute, la campagne de Vote Leave doit en grande partie son succès au travail d'AggregateIQ. Nous n'y serions pas arrivés sans elle[10] » (la victoire du Brexit s'est joué« à moins de 2 % des votes »[11],[9]). On a aussi rétrospectivement appris que lesdonnées personnelles volées par A. Kogan, dans plus de80 millions de comptes piratés, ont permis de mieux cibler lesdonateurs les plus à même de financer les campagnes[12].
Après lescandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ, ces deux sociétés se sont rapidement mises en faillite, mais elles se sont reconstituées sous d'autres noms. On ignore si une IA qu'elles utilisaient — « Ripon » — a vraiment disparu ou si une nouvelle IA de ce type, plus puissante, a pu être reconstituée (Ripon a été créée et utilisée parCambridge Analytica et par sa société-sœurAggregateIQ[13] pour dresser le profil psychologique et politique de près de87 millions d'utilisateurs de Facebook, à partir de leursdonnées personnelles piratées parAleksandr Kogan pour le compte de Cambridge Analytica)[14],[15]. En complément des outils numériques d'analyse dans le Web de l'opinion publique et individuelle (opinion mining), l'intelligence artificielle peut faciliter les techniques demanipulation psychologique d'internautes, d'acheteurs ou d'électeurs, notamment via lesréseaux sociaux comme on l'a vu dès le milieu des années 2010 avec leScandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ et l'IA baptisée Ripon.
Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne aux frontières de l'UE, de nombreux acteurs dénoncent aussi une vague de propagande et de fausses nouvelles venue de la Russie pour perturber l'élection européenne. Fin avril 2024,« la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’enquêtes contre les plateformes de Meta, Facebook et Instagram, pour suspicion de violation de laloi sur les services numériques (dite Digital Services Act, DSA) »[16]. À quelques heures du scrutin, l'opération Doppelgänger refait de nouveau parler d'elle, ciblant entre autres la France via dix-sept faux articles visant à désinformer les électeurs[17].

Lesélections européennes visent à élire au suffrage direct lesdéputés qui composent leParlement européen et, au suffrage indirect, le président de laCommission européenne. Letraité sur le fonctionnement de l'Union européenne prévoit que lescitoyens de l'Union européenne peuvent voter et être élus dans l'État dans lequel ils résident, même s'ils n'en sont pas citoyens[18].
Chacun des 27 États membres de l'Union européenne fixe ses propres règles d'organisation du scrutin, pourvu que l'élection ait lieu ausuffrage universel direct et auscrutin proportionnel plurinominal[19], répartis selon laméthode d’Hondt :
La plupart des États forment une circonscription nationale mais certains ont découpé leur territoire encirconscriptions régionales. Les États peuvent prévoir la fixation d'un seuil minimal pour l'attribution des sièges, mais ce seuil ne peut être supérieur à 5 %. Jusqu'aux élections de 2014 pour la huitième législature, le territoire français était par exemple découpé en8 circonscriptions, chaque parti présentant une liste dans chacune d'elles. Les élections de 2019 pour la neuvième législature ont cependant vu le passage du pays à une circonscription unique[20].
En Italie, la participation aux élections requiert la collecte de 150 000 signatures et leur vérification par un notaire ou équivalent[21], sur ce nombre, 3 000 doivent venir de la région autonome de lavallée d'Aoste qui compte 128 000 habitants.
EnFrance, chaque parti doit imprimer son propre bulletin de vote, alors que d'autres pays utilisent un bulletin de vote unique pour différents partis. L'impression de ces bulletins peut coûter un million d'euros remboursables. Le scrutin se joue en un seul tour le dimanche[22].
En Allemagne, les formalités sont la reconnaissance préalable en tant que parti politique et l'obtention de 4 000 signatures.
En Espagne, les listes peuvent être déposées par un parti ou une fédération de partis, une coalition de partis et/ou de fédérations de partis enregistrée auprès de la commission électorale, ou un groupement d'électeurs. Toutes les listes doivent rassembler les parrainages de 15 000 électeurs ou 50 élus[23]. Les listes doivent présenter au moins 40 % de candidats de chaque sexe d'un point de vue global et assurer la présence d'au moins 40 % de candidats de chaque sexe tous les cinq candidats[24].
Les seuils déclenchant l'attribution du nombre de sièges peuvent également varier d'un pays à un autre : pas de seuil en Allemagne, 4 % en Italie, 5 % en France[21]. Ainsi, en France, un parti ne peut pas obtenir 1, 2 ou 3 élus. Soit la liste atteint le seuil électoral et obtient un minimum de quatre sièges, soit elle ne l'atteint pas et n'en obtient aucun. Cela a ainsi conduit à ignorer 4,5 millions de voix (17 % des scrutins exprimés) en 2019[25]. Dans unequestion prioritaire de constitutionnalité du, le Conseil constitutionnel juge que ce seuil de 5 % est conforme à la Constitution, en ce que le législateur« a entendu favoriser la représentation au Parlement européen des principaux courants d'idées et d'opinions exprimées en France et ainsi renforcer leur influence en son sein » et a« entendu contribuer à l'émergence et à la consolidation de groupes politiques européens de dimension significative »[26].
EnBelgique, les élections européennes ont lieu le dimanche 9 juin, en même temps que lesélections régionales etfédérales. Pour la première fois, les électeurs belges peuvent voter à ces élections à partir de 16 ans[27].
Dans le cadre des élections proprement dites, les élections européennes se déroulent entre les 6 et[28].
| Date de scrutin | États concernés |
|---|---|
| et | |
| |
| et | |
|
Les premières estimations sont communiquées le soir du 9 juin. Les médias donnent des estimations fiables. Les résultats définitifs peuvent arriver dans les jours suivants. Les informations officielles sont publiées sur le site du parlement européen[31].
Dans le cadre de la vie du parlement, à partir du 10 juin commenceront à se constituer les groupes politiques avec les députés élus. Ceci doit permettre aux 720 députés de la dixième législature de tenir session du 16 au 19 juillet[32].
| Députations | 2009 | 2011[33] | 2013 | 2014 | 2019 | 2020 | Propositions pour 2024 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Rapport | Rapport du Parlement[35] | Texte adopté | Décision préalable | Session plénière du Parlement[37] | |||||||
| 99 | 99 | 99 | 96 | 96 | 96 | 96 | 96 | 96 | 96 | 96 | |
| 72 | 74 | 74 | 74 | 74 | 79 | 83 | 79 | 81 | 81 | 81 | |
| 72 | 73 | 73 | 73 | 73 | - | 80 | - | - | - | - | |
| 72 | 73 | 73 | 73 | 73 | 76 | 78 | 76 | 76 | 76 | 76 | |
| 50 | 54 | 54 | 54 | 54 | 59 | 61 | 61 | 61 | 61 | 61 | |
| 50 | 51 | 51 | 51 | 51 | 52 | 51 | 52 | 53 | 53 | 53 | |
| 33 | 33 | 33 | 32 | 32 | 33 | 31 | 33 | 33 | 33 | 33 | |
| 25 | 26 | 26 | 26 | 26 | 29 | 25 | 31 | 31 | 31 | 31 | |
| 22 | 22 | 22 | 21 | 21 | 21 | 19 | 21 | 22 | 22 | 22 | |
| 22 | 22 | 22 | 21 | 21 | 21 | 19 | 21 | 21 | 21 | 21 | |
| 22 | 22 | 22 | 21 | 21 | 21 | 18 | 21 | 21 | 21 | 21 | |
| 22 | 22 | 22 | 21 | 21 | 21 | 18 | 21 | 21 | 21 | 21 | |
| 18 | 20 | 20 | 20 | 20 | 21 | 17 | 21 | 21 | 21 | 21 | |
| 22 | 22 | 22 | 21 | 21 | 21 | 17 | 21 | 21 | 21 | 21 | |
| 17 | 19 | 19 | 18 | 18 | 19 | 16 | 20 | 20 | 20 | 20 | |
| 17 | 18 | 18 | 17 | 17 | 17 | 14 | 17 | 17 | 17 | 17 | |
| 13 | 13 | 13 | 13 | 13 | 14 | 12 | 15 | 15 | 15 | 15 | |
| 13 | 13 | 13 | 13 | 13 | 14 | 12 | 15 | 15 | 15 | 15 | |
| 13 | 13 | 13 | 13 | 13 | 14 | 12 | 15 | 15 | 15 | 15 | |
| 12 | 12 | 12 | 11 | 11 | 13 | 11 | 14 | 14 | 14 | 14 | |
| - | - | 12 | 11 | 11 | 12 | 11 | 12 | 12 | 12 | 12 | |
| 12 | 12 | 12 | 11 | 11 | 11 | 9 | 11 | 11 | 11 | 11 | |
| 7 | 8 | 8 | 8 | 8 | 8 | 8 | 9 | 9 | 9 | 9 | |
| 8 | 9 | 9 | 8 | 8 | 8 | 8 | 9 | 9 | 9 | 9 | |
| 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 7 | 7 | 7 | 7 | 7 | 7 | |
| 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | |
| 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | |
| 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | |
| Total | 736 | 754 | 766 | 751 | 751 | 705 | 751 | 716 | 720 | 720 | 720 |
Différentspartis politiques européens et autres groupes, le plus souvent des fédérations ou alliances de partis nationaux ou régionaux, sont représentés lors de ces élections. Toutefois, ces partis ne sont pas toujours bien connus car ils sont éclipsés par les partis et médias nationaux[38].
Le nombre de candidats réels varie en fonction des pays. La Grèce compte 55 candidats par siège quand ce ratio n'est que 38 en France et la Tchéquie qui n'en compte que 32. Les autres pays ont moins de candidats, mais l'Allemagne a tout de même 13 candidats par siège et l'Irlande 5, en moyenne. En France, le nombre de candidats dépasse 3000, ce qui est entre le double et le triple du nombre de candidats de l'Allemagne, de la Grèce ou de la Pologne. Les pays qui comptent le moins de candidats à la députation sont Malte, Chypre et l'Estonie.
L'article 17 du traité sur l'Union européenne dispose qu’« en tenant compte des élections au Parlement européen, et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission européenne »[39]. Depuis 2014, en accord avec les traités et malgré quelques réticences au Conseil européen, le président de la Commission européenne est élu au suffrage universel indirect. Le Parlement européen en a codifié la procédure et les partis politiques européens désigneront sans doute leurs candidats à la présidence de la Commission comme ils l'ont fait à la précédente échéance électorale[40]. Le, la commission des Affaires constitutionnelles[41], puis le Parlement lui-même, le adopte une résolution proclamant que l'élection au suffrage universel indirect ne saurait être contournée et que le Parlement« sera prêt à rejeter tout candidat à la présidence de la Commission qui n’a pas été désigné comme tête de liste en amont des élections européennes »[42].
Cependant, malgré l'arrivée en tête duParti populaire européen mené parManfred Weber en 2019, leConseil européen propose la candidature d'Ursula von der Leyen pour la présidence de laCommission européenne.
Le, une résolution du Parlement européen soutient le plan d’action de la campagne européenne élaboré par l’Autorité pour les partis politiques et les fondations politiques (APPF), notamment pour faire émerger des candidats têtes de liste et des partis politiques européens — ditsSpitzenkandidat —[43],[44].

LeParti de la gauche européenne désigneWalter Baier comme tête de liste[47].
Le parti de la gauche européenne est marqué par une influence communiste[48]. Il se présente avec deux programmes électoraux différents : celui du PGE et celui d'une plateforme parallèle diteMaintenant le peuple (MLP)[47].
Le parti développe son manifeste et se donne comme objectif de lutter contre « la crise du coût de la vie ». Il souhaite également remplacer les subventions à la défense par des subventions à l'art et à la culture[47].
En France, deux partis,La France insoumise (observateur) et leParti communiste français sont membres du PGE[49]. LFI le concurrence au travers de l'« alliance » européenne « Maintenant le peuple ! »[48].

LeParti vert européen réuni à Lyon choisit ses têtes de liste le : le NéerlandaisBas Eickhout et l'AllemandeTerry Reintke[50].
En 2024, le parti vert européen regroupe 36 partis écologistes de 32 pays d’Europe. En France,Les Écologistes (anciennement Europe Écologie Les Verts) sont membres du parti vert européen[51].
Les verts n'ont pas voté pour lepacte sur la migration et l'asile[52],[53].
En 2019, les verts ont bénéficié de la thématique du changement climatique. En 2024, dans un contexte où diverses crises sont survenues, les priorités des électeurs ont changé. Les verts ont des difficultés à trouver des thématiques transversales. Ils connaissent une baisse dans les sondages[52].

LeParti socialiste européen réuni àRome choisit le en tête de liste lecommissaire européen à l'EmploiNicolas Schmit[54].
Le PSE publie un manifeste en vingt points[55] sous le titre « L’Europe que nous voulons : sociale, démocratique et durable »[56]. Ainsi, Nicolas Schmit, déclare que« Nous devons avoir une Europe sociale dans laquelle chaque citoyen ne se sent pas laissé pour compte. »[56]. Le parti souhaite aider l'Ukraine, promouvoir la paix auProche-Orient et augmenter le budget de défense et de sécurité de l'Union européenne[56].
En France, leParti socialiste est membre du PSE[55].
En 2024,Nicolas Schmit se déclare réticent vis-à-vis accords de l'UE sur l'immigration, s'opposant ainsi àUrsula von der Leyen[57].

Le groupeRenew Europe, composé duParti de l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe, duParti démocrate européen et d'autres partis, choisit comme têtes de liste une« Team Europe », composée deSandro Gozi (PDE),Marie-Agnes Strack-Zimmermann (ALDE) etValérie Hayer (Renaissance)[58].

Lors de son congrès, le, leParti populaire européen officialiseUrsula von der Leyen comme candidate à sa réélection à 400 voix pour et 89 contre[59].
Parmi les idées que le part populaire européen compte promouvoir aux élections de 2024 sont larelance économique, latransition écologique et la protection des valeurs démocratiques. Dans le domaine de la croissance et de la compétitivité, le PPE désire renforcer le marché unique et l’innovation, avec une transition« juste et équitable » vers uneéconomie verte. À ceci s'ajoute la défense de l'État de droit et desdroits fondamentaux, avec une plus fortepolitique étrangère et de sécurité commune[60],[61].
En France,Les Républicains sont membres du PPE, mais ne soutiennent pas Ursula von der Leyen pour présider la Commission européenne[62].
En Allemagne, les partisUnion chrétienne-démocrate (CDU) etUnion chrétienne-sociale en Bavière (CSU) sont membres du PPE[63]. En Pologne,Plate-forme civique (PO) et leParti paysan polonais (PSL) sont membres du PPE[63].
Diverses sources envisagent une recomposition des groupes CRE et ID après les élections[64],[65],[66],[67],[68]. D'autres sources supposent qu'en plus des CRE et de l'ID, cela pourrait également affecter le PPE[69].Une autre hypothèse est l'apparition d'un troisième groupe[70].
En France, le Rassemblement national est favorable à la sortie de la France dumarché européen de l’énergie et critique la politique « hôtesse d’accueil pour migrants ». La liste présente dix eurodéputés sortants. La liste inclut notammentThierry Mariani, l'essayisteMalika Sorel-Sutter, le directeur deFrontex sur la période 2015-2022Fabrice Leggeri affecté par une plainte de complicité decrime contre l’humanité[71].
Post-électoralement, les partis de ces groupes se réorganisent en trois groupes : CRE, Patriotes pour l'Europe et L'Europe des nations souveraines.
Trois débats sont organisés à l'échelle européenne, non pas entre les différentes listes qui présentent des candidats pour l'élection de députés au Parlement Européen, mais entre les "candidats principaux (ou «Spitzenkandidat») à la Présidence de la Commission européenne".
Ces débats sont moins suivis en France que dans le reste de l'Union européenne[76].
Si on devait comparer avec lesélections législatives nationales françaises pour les députés à l'Assemblée Nationale, c'est comme si une chaîne de télévision du service public organisait un débat électoral non pas sur les élections, mais sur la "candidature au poste de Premier Ministre" confrontant les (futurs) candidats au poste de Premier Ministre désignés officiellement par des partis déjà représentés au Parlement, participant aux élections et ayant accepté de nommer leur candidat.
Si on devait comparer avec lesélections nationales des États-Unis, c'est comme si une chaîne de télévision du service public organisait un débat électoral non pas sur les élections, mais sur la "candidature au poste de Président des États-Unis" confrontant les candidats au poste de Président des États-Unis désignés officiellement par des partis déjà représentés au Parlement, participant aux élections et ayant accepté de nommer leur candidat. Cela en ferait unscrutin indirect. On appellerait « élection présidentielle » la désignation des grands électeurs par les citoyens dans chaque État et dans leDC, bien que l'élection serait officiellement réalisée par les grands électeurs un mois plus tard car les grands électeurs s'engageant pour un candidat. Toutefois, ce système dans l'Union européenne n'a pas la force légale qu'il a aux États-Unis[77]. Cette comparaison a ses limites et peut opposer des notions derégime parlementaire et derégime présidentiel, ou encore des notions demultipartisme et debipartisme.

Le débat du oppose les candidats principaux à la présidence de la Commission européenne :Ursula von der Leyen (PPE),Nicolas Schmit (PSE),Marie-Agnes Strack-Zimmermann (ALDE),Bas Eickhout (PVE),Anders Vistisen (ID),Walter Baier (PGE),Maylis Roßberg (ALE) etValeriu Ghilețchi (MPCE).
Une experte du centre de réflexionJacques Delors estime que le débat montre les faiblesses du système en place, du fait de la faible notoriété des participants et du peu de spectateurs. Ce débat d'une heure trente est organisé par l'université de Maastricht et le médiaPolitico[78],[79].

Le second débat européen de la campagne s'est tenu le 21 mai 2024 de17 h à18 h 15 à Bruxelles[80]. Il a été organisé par le think tank Bruegel et par le Financial Times. Les questions du débat ciblaient les politiques économiques de l'Union européenne[81],[82].

Pour le débat du, l'Union européenne de radio-télévision (UER) demande à chaquegroupe parlementaire du Parlement européen ayant désigné un candidat tête de liste — ou Spitzenkandidat — de désigner un représentant pour le débat du, le. De ce fait, deux partis politiques européens,Identité et démocratie (ID) (qui regroupe le RN, laLigue du Nord et l'AfD) et l'Alliance libre européenne (EFA) ne participent pas au débat. Le groupe ID trouve inconsistante cette manière d'organiser le débat, car des groupes qui ont désigné plusieursSpitzencandidaten (Renew : 3, les Verts : 2) peuvent participer au débat. D'après l'UER, les deux groupes qui n'ont pas nommé de candidat tête de liste sont de ce fait et par eux-mêmes exclus du débat. La non participation de l'EFA est liée au fait que le débat ne réunit qu'un seul candidat par groupe alors que le groupe les Verts/EFA est partagé en deux partis : les Verts d'une part et l'EFA d'autre part[83].
Le débat du 23 mai est organisé à 15 heures, heure d'été d'Europe centrale, mais est retransmis enEurovision et en direct dans les différents 27 États membres de l'Union européenne. Il se tient en langue anglais, mais est traduit dans les différentes 23 autres langues officielles de l'Union européenne. Le débat porte sur six thématiques: Économie et emploi, Défense et sécurité, Climat et environnement, Démocratie et leadership, Migration et frontières, Innovation et technologie. Les cinq candidats de gauche à droite sont: Ursula von der Leyen, Parti populaire européen, Nicolas Schmit, Parti socialiste européen, Terry Reintke, Verts européens, Sandro Gozi, Renouveler l'Europe maintenant et Walter Baier, Gauche européenne. Le débat est animé parAnnelies Beck etMartin Řezníče[84],[85],[86],[87],[88],[89],[90],[91].
Le débat se tient au parlement de Bruxelles et les questions sont prises de diverses sources[92].
Ce débat dure 105 minutes. C'est le dernier débat retransmis dans toute l'Europe avant les élections européennes[93],[94],[95].
Le débat a été retransmis sur 212 canaux dans 51 pays par 80 radiodiffuseurs. Le débat a été conçu pour être “audio-friendly” pour laradiophonie et lespodcasts (baladodiffusion)[96].
Une version en langue française d'une durée de une heure 54 minutes et 50 secondes du "Débat Eurovision des candidats à la présidence de la Commission européenne" produite par le "Parlement européen en France" est diffusé sur un média de streaming, sous l’appellation "Débat Eurovision des candidats à la présidence de la Commission européenne". La première question portait sur l'emploi. La première question depuis l'extérieur du parlement venait de France et portait sur l'accélération ou le ralentissement de la procédure d'adhésion des nouveaux membres[97].
Les sujets mobilisant les électeurs sont[98]:
En Allemagne la question de l'immigration préoccupe 44% des électeurs contrairement aux autres des citoyens de l'union européenne qui ne mettent pas l'immigration comme premier sujet et contrairement aux élections de 2019 où les allemands étaient préoccupés par des questions écologiques. De ce fait, l'immigration sera l'un des premiers sujets abordés par le parlement européen et la commission lors de ladixième législature de l'Union européenne[99].
En Pologne et en Allemagne, des sujets comme la réforme des traités, l'Ukraine ou l'économie sont présents dans les débats[100],[101].
En Allemagne, la campagne électorale allemande est émaillée de violences. Trois agressions sont perpétrées contre des hommes politiques en moins de cinq jours. L'AfD reproche notamment aux partis traditionnels « de minimiser la violence d'extrême gauche et islamiste ». Dans un pays réputé jusque là pour ses mœurs politiques paisibles, ces agressions provoquent la consternation[102].
En France, les partis politiques tendent à nationaliser les enjeux du scrutin desélections européennes de 2024 en France. Pour les partis d'opposition comme leRassemblement national oula France insoumise par exemple, cela permet de capter un« vote sanction » contre le gouvernement, voire de préparer laprochaine élection présidentielle[103].
Plusieurssystèmes d'aide au vote ont été développés pour aider les électeurs à choisir leur candidat.
L'applicationAdeno permet de découvrir la tête de liste qui correspond le plus à ses convictions grâce à 100 questions (20 dans le mode facile[104]) portant sur 10 thèmes différents[105].L'application propose un mode multijoueur[106] et a été traduite dans les 24 langues européennes[107].Elle est disponible sur Android[104] et iPhone[108].
Le site webVoteTracker.eu permet de visualiser les votes des députés sortants sur 18 textes et de trouver ceux qui correspondent le mieux à ses convictions[109]. Le site web permet aux députés de fournir des explications sur leurs votes[110].
Le siteEU&I[111], développé par l'Institut universitaire européen de Florence[112], propose 30 questions[113] auxquelles l'utilisateur peut répondre de "tout à fait d’accord" à "pas du tout d’accord". Il peut ensuite donner plus de poids à certaines questions. Le résultat est présenté via un pourcentage de concordance avec chaque parti national. Le site a été traduit en 20 langues[114]. A la fin des élections, le test a été réalisé plus de 150 000 fois[115].
Le siteEUROMAT[111], développé par les ONGPulse of Europe etPolis180 et le blogDer (europäische) Föderalist[111], propose 20 questions auxquelles l'utilisateur peut répondre "D’accord", "Pas d’accord" ou "Neutre". Il peut ensuite donner plus de poids à certaines questions. Le résultat est présenté via un pourcentage de concordance avec chaqueparti politique européen. Le site a été traduit en huit langues.
L'applicationPalumba[116], développée par une association de jeunes professionnels[117], propose 27 questions auxquelles il faut répondre "pour", "contre" ou "neutre". Des explications sont fournies pour chaque question. L'application fournit le résultat sous forme d'un pourcentage de concordance pour chaque groupe européen et affiche les partis nationaux les plus proches. L'application est disponible sur Android et iPhone et est disponible dans plus de 30 langues (y compris les dialectes régionaux) et dans les 27 États membres.
L'association Bloom, dont le but est de lutter contre la destruction de l'océan, du climat et des moyens de subsistance, a classé les groupes européens à l'échelle européenne et nationale sur 4 enjeux : océan, climat, biodiversité et justice environnementale[118]. La page est disponible en 5 langues.
Le site webCandidator.fr propose un test réalisable en 3 minutes[109]. Il permet de trouver la tête de liste qui correspond le plus à ses convictions grâce à 16 questions auxquelles l'utilisateur peut répondre de « absolument d’accord » à « absolument pas d’accord »[119]. Les réponses positionnent l'utilisateur sur 4 axes : progressisme environnemental vs conservatisme environnemental, protectionnisme migratoire vs altruisme migratoire, fédéralisme européen vs nationalisme, égalitarisme vs capitalisme[120].
La société E-Orientaction, connue pour ses tests de personnalité, propose un test électoral réalisable en 8 minutes[121] et composé de 36 questions[119]. Réalisé en partenariat avec des étudiants de Sciences Po Paris, le test a été construit sur les grandes orientations des dix principaux partis politiques français[119]. Le test demande d'entrer un e-mail pour recevoir le résultat[109].
Le Monde a également sorti un quizz[122] qui propose de se positionner sur 26 votes de la dernière législature. Ceux-ci sont expliqués en quelques phrases et des articles sont parfois fournis pour approfondir la question. On obtient un pourcentage de concordance pour chaque député français sortant et une indication de s'il se représente.
Le Parisien a publié un test portant sur 20 textes votés entre 2019 et 2024[123]. Des arguments pour et contre sont affichés. On obtient un pourcentage de concordance pour les 6 partis présents ainsi que le positionnement de chaque parti pour chaque question.
Le siteVoteFinder.eu propose de se positionner sur des textes votés au parlement européen (pour, contre ou passer). Le site étant open-source, chacun peut ajouter un texte. Ces textes sont présentés dans un ordre aléatoire. Le résultat est donné via un pourcentage de concordance avec les listes candidates françaises, avec les groupes européens, et les députés sortants. On peut aussi visualiser les votes de chaque liste sur chaque texte[124].[pertinence contestée]
En Belgique, un test électoral réalisé par 9 grands médias belges en partenariat avec 2 universités[125] contient un volet européen qui comporte 25 questions[126].
En Finlande, le cout descampagnes électorales varient de 4000 euros à 0,1837 millions d'euros. Dans le cas deSirpa Pietikäinen (Parti de la coalition nationale), un tiers provient d'un prêt bancaire, 49 000 euros de sa propre poche et 10 000 euros du syndicatTrade Union Pro, le principal syndicat du pays[127].
En France et en Espagne, pour les précédentes élections européennes de 2009 et de 2014, les élections dépendent de plus en plus des financements d’État. Toutefois, les partis politiques choisissent de limiter les dépenses pour les élections européennes dans lesquelles ils souhaitent moins s'investir[128].
En France, la campagne électorale des élections européennes coûte moins cher qu'une campagne nationale car elle comporte moins de déplacements à l'étranger. La campagne du parti Les Républicains et de la liste deFrançois-Xavier Bellamy est estimée à 4 millions d'euros, financée à moitié par le parti, et à moitié par un emprunt bancaire souscrit par la tête de liste. La liste deRaphaël Glucksmann, soutenue par le PS etNouvelle Donne, cible également une campagne de 4 millions d'euros soutenue par un prêt bancaire. LeRassemblement national etLa France insoumise misent également sur une campagne à 4 millions d'euros.Renaissance a pu mener une campagne sans avoir recours aux prêts bancaires, grâce aux bons résultats de l'élection de 2017.
Des budgets plus modestes ont été utilisés par des plus petites listes : 1 million pourEurope Écologie - Les Verts, 1 million pour la liste deBenoît Hamon, et deux millions pour leparti communiste français[129].
Par ailleurs, certains groupes ou partis dépensent de l'argent dans desmédias sociaux. Les principaux donateurs de Google sont en particulier des partis d'extrême droite[130].
Lapublicité politique est interdite en France, mais autorisée dans d'autres États de l'Union européenne. Ainsi, sur la période :
Les partis recourant le plus à la publicité politique sur Google étaient de droite, apparentés aux groupes CR, avec 284 000 euros ; non-inscrits avec 230 000 euros, ID avec 184 000 euros et PPE avec 148 000 euros, représentant 75 % des dépenses sur cette plateforme. Les autres groupes réunis pèsent mois de 25 % sur cette plateforme : S&D, Renew, Verts, gauche, ou nouveaux partis[131]. Sur les réseaux sociaux du groupe Meta, du au, six groupes étaient présents, avec des dépenses d'environ 400 000 euros ; mais la gauche n'y a dépensé que 83 000 euros[131].
Le, laPremière ministre duDanemarkMette Frederiksen est blessée au cou par un homme, alors qu'elle était en campagne sur une place deCopenhague. Lors de son interrogatoire, il aurait exprimé ses remords et décritMme Frederiksen comme une bonne Première ministre[132].
En 2023, la Commission a publié des recommandations[133] pour des « processus électoraux inclusifs et résilients », c'est-à-dire pour des élections libres, équitables et résilientes au sein de l’Union européenne. Elle encourage les Etats-membres à renforcer la participation démocratique, à protéger l’intégrité des élections et à garantir que chaque citoyens puisse participer pleinement au processus électoral.
En mars 2024, un nouveau « Règlement sur la transparence et le ciblage de la publicité politique » vise à mieux lutter contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangère dans les élections. Il introduit des règles strictes de transparence de la publicité politique. Dans les pays qui les autorisent, elles doivent inclure des informations claires sur leur sponsor, le montant payé et l’utilisation de techniques de ciblage. Tout citoyen, pour faire des choix éclairé, doit pouvoir aisément reconnaître une publicité politique et de comprendre qui est derrière elles. Cette publicité doit aussi pleinement respecter sondroit à la vie privée, saliberté d'opinion etd’expression ; Le ciblage n'est autorisé qu'à des conditions strictes : les données collectées à des fins de publicité politique doivent l'être directement auprès de la personne concernée (et pas achetée à uncourtier en données) ; et elle ne peut être utilisées qu’après que consentement explicite et distinct de la personne. Il est dorénavant interdit d'utiliser des données raciales ou ethniques, ou sur les opinions politiques à des fins de profilage. Et, pour limiter l'ingérence étrangère, il est aussi interdit de fournir des services publicitaires à des sponsors de pays tiers trois mois avant une élection ou un référendum[134]. Pour lutter - en amont et durant la période électorale - contre ladésinformation, et pour plus de transparence et de responsabilité des plateformes, l'UE s'appuie sur son « Code de bonnes pratiques contre la désinformation » : produit par la Commission européenne ; ce cadre d’autorégulation destiné aux plateformes en ligne, aux associations commerciales et aux acteurs clés du secteur de la publicité, propose des mesures pour réduire la diffusion de fausses informations. Un « système de réaction rapide » est adossé à ce Code, et la Commission européenne a publié des directives électorales[135] incluant des recommandations destinées aux grandes plateformes en ligne et moteurs de recherche, visant à réduire les risques systémiques en ligne qui pourraient affecter l’intégrité des élections (ex : Les plateformes doivent évaluer et atténuer les risques spécifiques liés à l’IA, avec un marquage clair des contenus issus d'IA génératives, et en particulier lesdeepfakes ; et elles doivent évaluer l'efficacité de leurs mesures de réduction de la viralité des contenus menaçant l’intégrité des élections).
L'UE a aussi a organisé un stress-test (sous la forme d’un exercice sur table) et des dialogues réglementaires avec les « très grandes plateformes en ligne et des moteurs de recherche désignés dans le cadre de la DSA »[136], en s'appuyant sur leDigital Services Act (DSA), sur la Loi sur la sécurité numérique, sur le groupe de travail sur les élections de l’EDMO, et sur un « Groupe de travail spécial sur les élections » (qui deviendra leGroupe de travail permanent sur l’intégrité de l’information)[135].
Un Rapport post-élections européennes[137], de la Commission et du Conseil de l'Europe, a conclu que dans le cadre de ces mesures de préparation et de coordination entre parties prenantes,« aucun incident de désinformation majeur ou systémique n’a été identifié qui aurait perturbé les élections ».
Néanmoins, la campagne électorale a donné lieu à la diffusion defausses informations sur Internet, visant à influencer les choix de électeurs sur la base d'affirmations trompeuses.
En mai 2024, dans les États européens autour de la France, l'union européenne est la cible de 15 % des désinformations constatées par l'Observatoire européen des médias numérique (EDMO). Les créateurs de ces désinformations se basent sur des événements nationaux et les relient à l'Union[138]. Les campagnes de désinformation ont notamment ciblé lepacte vert pour l'Europe. D'après l'EFCSN, 81,6 % des fausses informations sur le sujet sont émises par des hommes ou femmes politiques d'extrême droite, notamment à l'occasion des manifestations d'agriculteurs[138]. La désinformation concerne également la production de « normes » (sic) par l'Union européenne et l’augmentation des prix dans l'Union européenne[138]. D'autres désinformations concernent les problématiques de migrations[138]. D'autres pays ont utilisé des fausses images créées par intelligence artificielle pour discréditer les autorités[138].
Dans le contexte de laguerre russo-ukrainienne, la Russie mène une intense campagne de propagande, visant à influer sur les résultats des élections européennes, par le biais de messages politique, notamment publiés sur les réseaux sociauxFacebook,Instagram etWhatsApp. Ces messages ne sont pas ou peu modérés par le groupeMeta qui possède ces réseaux, car le groupe ne les identifie pas comme des messages à caractère politique. Ils ont souvent la forme de caricatures, et/ou mettent à profit un élément d'actualité pour critiquer un gouvernement, souvent accompagnés de statistiques. Ils sont conçus pour exacerber leressentiment envers les gouvernements des pays européens, afin de saper le soutien des citoyens, des gouvernements, et de l’Union européenne à l’Ukraine. Au moins l'un de ces messages (début juin 2024), usurpe l'identité graphique du site du magazine françaisLe Point. Une étude faite par l'Institut des systèmes complexes à Paris montre que sur sept mois, entre août 2023 et mars 2024, la propagande prorusse a atteint 38 millions de comptes en France et en Allemagne ; atteignant 3 826 pages Facebook, dont moins de 20 % ont été modérées par Meta après avoir été vues par 2,6 millions de personnes. Cette propagande prorusse s'est intensifiée au fil de la campagne électorale. Du 1er au 27 mai 2024, au moins 275 messages de propagande prorusse ont atteint 3 millions de comptes français, allemands, italiens et polonais sur les applications du groupe Meta. Le pays le plus ciblé est l'Italie. Parmi les auteurs de cette campagne figure le réseau Doppelgänger, déjà à l'origine de l'opérationDoppelgänger en 2022[139].
Le premier jour des élections, descyberattaques lancées par des groupes pro-russes ont eu lieu aux Pays-Bas[140].

Le dernier pays à finaliser le dépouillement est l'Irlande. Le décompte a d'abord été suspendu quelques heures correspondant à la finale d’un tournoi dehurling. Le décompte a ensuite duré quelques jours pour prendre en compte les différents votes préférentiels de chaque électeur et en raison du nombre de tours pour les calculs préférentiels. Au final, sur les 14 sièges de l'Irlande, 4 sont pour leFine Gael (Parti populaire européen, PPE) du Premier ministreSimon Harris et 4 pour leFianna Fail (Renew Europe, RE) du vice-Premier ministreMicheál Martin. 3 sièges vont au groupe GUE/NGL dont 1 pourun indépendant et 2 pour le principal parti d’opposition irlandais, leSinn Féin (GUE/NGL). Le Parti travailliste obtient un siège dans le groupe Socialistes et Démocrates européens (S&D)[141]. Les 2 sièges restant ne sont pas encore inscrits dans un groupe : 1 pour le parti Irlande indépendante, qui pourrait aller dans le Conservateurs et réformistes européens (CRE) dont le parti est proche[142], 1 pourun indépendant qui, vu son passé politique, pourrait rejoindre le groupe Socialistes et Démocrates européens (S&D)[réf. souhaitée].
Les résultats et projections provisoires du site web officiel au,13 h 4UTC[143].
| Groupe européen | Voix | % | Sièges | +/- | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Parti populaire européen | PPE | 34 408 182 | 19,65 | 188 | |||
| Alliance progressiste des socialistes et démocrates | S&D | 27 368 235 | 15,63 | 136 | |||
| Patriotes pour l'Europe | PfE | 18 462 468 | 10,54 | 84 | |||
| Conservateurs et réformistes européens | CRE | 15 640 969 | 8,93 | 78 | |||
| Renew Europe | RE | 16 025 384 | 9,15 | 77 | |||
| Verts/Alliance libre européenne | Verts/ALE | 11 537 487 | 6,59 | 53 | |||
| Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique | GUE/NGL | 11 864 583 | 6,77 | 46 | |||
| L'Europe des nations souveraines | ENS | 8 659 122 | 4,94 | 25 | |||
| Non-inscrits | NI | 15 123 278 | 8,64 | 33 | |||
| Autres formations[146] | |||||||
| Listes membres de différents groupes[147] | 16 040 948 | 9,17 | |||||
| Votes exprimés | 175 130 656 | 97,55 | |||||
| Votes blancs et nuls | 4 406 386 | 2,45 | |||||
| Total | 179 537 042 | 100 | 720 | ||||
| Inscrits / participation | 355 147 948 | 50,55 | |||||

Le scrutin est perçu comme une progression des groupesPatriotes pour l’Europe (successeur du groupeIdentité et démocratie) et desConservateurs et réformistes européens, qui gagnent à eux deux vingt-sept députés (auxquels s’ajoutent les vingt-cinq députés du nouveau groupe d’extrême droiteL'Europe des nations souveraines). À l'inverse, le groupe duParti vert européen et de l'Alliance libre européenne — qui était le quatrième groupe par sa taille avant les élections — avec les partis qui le composent apparaissent comme les plus grands perdants des élections[148].
En matière de délégations nationales, leRassemblement national remporte pour la troisième fois consécutive les élections européennes. Il crée aussi, de par ses30 députés européens, la délégation la plus nombreuse devant laCDU/CSU. Il dépasse également les25 députés duPiS en 2019[149].
SelonLe Monde, la France sort affaiblie dans sa représentation au parlement européen avec seulement 13 des77 sièges du groupeRenew Europe — soit 16 % — et6 sièges sur 188 auParti populaire européen — soit 3 %[150].
Les jeunes électeurs ont plus voté pour les groupes verts et les groupes de gauche[151].
Le Temps interprète le vote RN comme un vote de petites communes, des revenus bas, des chômeurs, et de l'absence de voisins immigrés[152].
En France, en 2024, trois motions de censure ont été déposées contre le gouvernement, dont deux la semaine des élections européennes de 2024[153].
Le soir du dépouillement, les élus dugroupe Libertés Indépendants Outre-mer Territoires proposent un « gouvernement de cohabitation nationale » ou bien unemotion de censure avant la fin de l’actuelle session parlementaire, le[154].
En France avant que tous les résultats ne soient déclarés,Emmanuel Macron annonce ladissolution de l'Assemblée nationale appelant lesélections nationales les 30 juin et 7 juillet avant le terme du mandat de cinq ans[155]. Il justifie cette dissolution par deux raisons : une majorité relative fragile à l'Assemblée nationale et un fort score du Rassemblement national en France[156].
| Majorités possibles[note 3] | Sièges |
|---|---|
| Ensemble des sièges | 720 |
| Majorité absolue (361 ou plus de sièges) | |
| Groupe PPE, S&D, CRE | 402 |
| Groupe PPE, S&D, Renew | 401 |
| Groupe PPE, S&D, Verts/ALE | 377 |
| Groupe PPE, S&D, CRE, Renew | 479 |
| Groupe PPE, S&D, Renew, Verts/ALE | 454 |
| Groupe PPE, PfE, CRE, Renew | 427 |
| Groupe PPE, PfE, CRE, Verts/ALE | 403 |
| Groupe PPE, CRE, Renew, Verts/ALE | 396 |
| Groupe PPE, PfE, CRE, NI | 383 |
| Groupe PPE, PfE, CRE, ENS | 375 |
| Pas de majorité (360 ou moins de sièges) | |
| Groupe PPE, S&D | 324 |
| EPP Group, CRE, PfE | 350 |
| Groupe PPE, CRE, Renew | 343 |
| Groupe PPE, CRE, Verts/ALE | 319 |
| S&D, Verts/ALE, PGE | 235 |
| S&D, Renew, Verts/ALE, PGE | 312 |
| S&D, Verts/ALE, PGE, NI | 268 |
Les résultats de l'élection confirment une majorité aux partis sortants de laCommission von der Leyen, et la même coalition pourrait élire à nouveauUrsula von der Leyen[158].
Le s'est tenue une « réunion informelle » duConseil européen, au cours de laquelle les chefs d'État et de gouvernement ont discuté du prochain cycle institutionnel et de leur candidat à la présidence de la Commission[159]. Les 27 et 28 juin aura lieu une réunion du Conseil européen, au cours de laquelle les dirigeants nationaux devraient nommer officiellement leprésident de la Commission européenne et leHaut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu'élire le nouveauprésident du Conseil européen[160].
Dans le contexte de laguerre russo-ukrainienne, le gouvernement russe déclare« suivre avec attention » la montée en popularité des« partis de droite »eurosceptiques et anti-ukrainiens, en Europe et notamment en France[161].
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