Lacrise de la zone euro, conséquence de lacrise économique mondiale, a commencé quelques mois après lesprécédentes élections[5]. Les économies les plus affectées ont été celles de l'Europe du Sud : Grèce, Chypre, Italie, Espagne et Portugal, mais également l'Irlande. Alors que d'importantes mesures d'austérité ont été mises en place dans ces pays, la confiance dans l'Union européenne a drastiquement baissé. Le pourcentage de Grecs approuvant les politiques européennes est ainsi passé de 32 % en 2010 à 19 % en 2013 ; en Espagne, il a baissé de 59 % en 2008 à 27 % en 2013[6]. Dans seulement quatre des 27 États membres en 2013 la confiance en l'Union européenne est supérieure à la méfiance[7]. La défiance envers l'Union européenne touche également les économies qui se portent bien : enAllemagne,« les gens en ont assez de devoir toujours payer pour l'Europe » selon Sebastian Dullien, professeur et chercheur à l'ECRF. C'est aussi et surtout le cas des pays comme lesPays-Bas, où« les fonds de pension grâce auxquels les [habitants] préparent leur retraite ne rapportent presque plus rien » du fait destaux directeurs de la BCE maintenus bas pour soutenir les pays en difficultés, explique le chercheur Adriaan Schout[8].
Dans ce contexte, certains observateurs s'attendent à une montée en puissance de partis opposés à l’Union européenne[9] bien que leur influence devrait rester modeste comparée aux autres partis[10], d'autant plus que l'hétérogénéité de ces partis eurosceptiques les empêchent de former un véritable groupe politique. Cependant, un score élevé de ces partis entraînerait vraisemblablement une alliance des partis europhiles de droite et de gauche, ce qui conforterait les électeurs dans l'idée que les élites gouvernent[8]. Dans certains pays, notamment laFrance (Front national), lesPays-Bas (Parti pour la liberté) ou l'Autriche (FPÖ), des partis d'extrême droite pourraient arriver en tête des suffrages[11],[12],[13]. EnGrèce, le parti de lagauche radicaleSYRIZA pourrait arriver en tête[14]. À l'inverse, cette montée est absente enEspagne, où toutefois la confiance en l'UE a baissé[8]. Les sondages prédisent tout de même une victoire de la droite devant la gauche et les eurosceptiques[15].
La plupart des États forment une circonscription nationale mais certains ont découpé leur territoire encirconscriptions régionales. Les États peuvent prévoir la fixation d'un seuil minimal pour l'attribution des sièges, mais ce seuil ne peut être supérieur à 5 %[17].
Les élections ont lieu du 22 au. Dans le courant du mois de juin, les groupes politiques sont formés, un groupe devant comprendre au moins 25 députés issus d'au moins sept pays. La première session du parlement, pendant laquelle le président du parlement est élu, a lieu du1er au[18]. Les dates de votes sont les suivantes[15] :
Le Parlement élu lors desélections de 2009 comptait 736 députés en application dutraité de Nice. En, les dispositions dutraité de Lisbonne sont entrées en vigueur mais, de manière transitoire, les États qui ont vu leur nombre de sièges augmenter ont pu les occuper sans que l'Allemagne, qui perd trois sièges dans le nouveau calcul, perde ses sièges avant les élections suivantes. À l'adhésion de laCroatie en2013, ses 12 députés viennent s'ajouter au nombre total.
Le mode de calcul prévu par le traité de Lisbonne entre pleinement en vigueur à compter des élections de 2014 : le nombre total de députés est fixé à 751 et lesÉtats membres sont représentés de manière dégressivement proportionnelle, sans qu'un État puisse avoir moins de 6 ou plus de 96 députés.
Distribution des sièges aux élections européennes de 2014.
Leprésident de la Commission européenne est proposé par leConseil européen et approuvé par un vote majoritaire duParlement européen[20]. Letraité de Lisbonne a introduit le fait que cette proposition se fasse« en tenant compte des élections au Parlement européen » : cette disposition est appliquée pour la première fois en 2014. Le Conseil européen des 26 et nomme le président de la Commission, qui est approuvé lors de la session du Parlement européen du 14 au. Le choix des commissaires européennes se fera du au et devra être validé par le Parlement européen[18].
En se basant sur cette nouvelle disposition, les principauxpartis politiques européens ont désigné des candidats à la présidence de la Commission.
L'ALDE désigne son candidat à la présidence de la Commission le lors d'un congrès àBruxelles. Le BelgeGuy Verhofstadt, président du groupeADLE au Parlement européen et ferventfédéraliste est désigné alors que le FinlandaisOlli Rehn, actuel commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, retire sa candidature[24]. Leurs partenaires duPDE se sont félicités du choix de Guy Verhofstadt par l'ALDE[25].
LeParti vert européen est le seul parti à organiser uneprimaire ouverte à l'ensemble des habitants de l'Union européenne de plus de 16 ans. À l'issue du vote de à, le tandemJosé Bové /Ska Keller est désigné, malgré une participation de 23 000 votants au lieu des 100 000 espérés. Sont battus :Rebecca Harms dugroupe Verts/ALE au Parlement européen, etMonica Frassoni, coprésidente du Parti vert européen[28].
L'eurosceptiqueAlliance des conservateurs et réformistes européens refuse de désigner un candidat et critique la nouvelle disposition du traité de Lisbonne sur la présidence de la Commission comme« une vision des années 1950 » qui« établit un gouvernement où il n'y a pas de nation »[31].
De même, les partisnationalistes de l'Alliance européenne pour la liberté (AEL) ne choisissent pas de candidat pour la présidence de la Commission,« pour des raisons démocratiques ». L'objectif de l'AEL reste de pouvoir constituer un groupe au Parlement européen après les élections[32].
Les résultats de chaque parti sont classés par rapport augroupe auquel appartenait le parti dans la précédente législature. La couleur indique un changement d'affiliation pour le prochain Parlement.
LePPE, la droite européenne, conserve la majorité au Parlement européen, ce qui permet à leur candidat Jean-Claude Juncker d'être élu président de la Commission européenne. Cependant, le PPE perd plus de 60 sièges, tandis que les sociaux-démocrates duS&D ne perdent que cinq sièges et que laGauche unitaire en récupère 10. Ce scrutin marque également la montée des eurosceptiques, qui comptent, bien qu'il soit difficile de les dénombrer, environ 150 députés. Certaines voix se sont élevées pour affirmer qu'il s'agirait davantage d'un vote contestataire qu'un rejet massif de l'Union européenne :Olivier Costa, duCNRS, souligne que d'ailleurs,« pour la plupart, les partis qui ont remporté un vote eurosceptique n'ont pas fait campagne sur des enjeux européens mais nationaux », notamment sur le rejet des élites. La raison serait le fait que« l'euroscepticisme n'est souvent que le reflet de problèmes politiques internes »[37].
L'abstention s'élève en moyenne à 56,91 %. Ce taux est assez stable dans la plupart des pays par rapport auxprécédentes élections. On note tout de même une hausse significative dans certains pays (+24 points enLettonie, +7 enEstonie et enHongrie, +9 enTchéquie et +15 àChypre). À l'inverse, l'abstention est en recul de 24 points enLituanie et de plus de 6 points enGrèce. EnBelgique et auLuxembourg, où levote obligatoire est en vigueur, on compte 10 % d'abstention alors qu'à l'inverse, enSlovaquie, ce taux atteint 87 %[65].
Les leaders des sept groupes parlementaires se réunissent le et, citant letraité de Lisbonne, cinq des sept groupes signent une déclaration indiquant que Juncker devrait être nommé par leConseil européen à laprésidence de laCommission européenne. Seuls les groupes CRE et ELD refusent de signer[68]. Le même jour, le Conseil européen autoriseHerman Van Rompuy, président du Conseil, à mener des consultations avec les groupes du Parlement européen en vue du sommet du.
Les gouvernements duRoyaume-Uni, de laHongrie et de laSuède se seraient opposés à la nomination de Juncker[69],[70], mais le gouvernement suédois dément par la suite avoir eu cette position[71].
Le, les principaux groupes au Parlement — dont lePPE et leS&D — soutiennent le droit deJean-Claude Juncker à présider la future Commission[72].