Le premier tour de scrutin voit s'affronteronze candidats.Emmanuel Macron arrive en tête devantMarine Le Pen et tous deux se qualifient pour le second tour. Néanmoins, avecFrançois Fillon etJean-Luc Mélenchon, les scores des quatre candidats ayant recueilli le plus de voix sont serrés : 4,4 points entre le premier et le quatrième. Les scores respectifs de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon sont par ailleurs alors les plus élevés réalisés par des candidats n'ayant pas réussi à se qualifier au second tour[2].
Pour la première fois, aucun des candidats des deux partis politiques traditionnels, pourvoyeurs jusque-là des présidents de laVe République, n'est présent au second tour. Celui-ci se solde par la victoire d'Emmanuel Macron, avec 66,1 % des suffrages exprimés, face à la candidate duFront national, qui recueille 33,9 %. Le scrutin est marqué par une abstention de 25,4 %, taux important pour un second tour d'élection présidentielle, et par un record de votesblancs ounuls, à savoir plus de quatre millions.
Lors de la passation de pouvoir, le 14 mai, Emmanuel Macron, âgé de39 ans, devient le plus jeunechef d'État républicain français aprèsNapoléon Bonaparte (âgé de30 ans en 1799), le plus jeune président de la République devantLouis-Napoléon Bonaparte (âgé de40 ans en 1848), et le plus jeune président de laVe République devantValéry Giscard d'Estaing (âgé de48 ans en 1974). S'ensuivent, les 11 et 18 juin suivants, desélections législatives qui donnent une majorité au nouveau président de la République.
Si aucun candidat ne recueille lamajorité absolue des suffrages exprimés au premier tour de scrutin, un second tour a lieu quatorze jours plus tard où seuls peuvent se présenter les deux candidats arrivés en tête au premier tour après retrait éventuel de candidats mieux placés[4].
Chaque candidat doit satisfaire plusieursconditions[5]:
avoir établi une déclaration de situation patrimoniale ;
posséder un compte bancaire de campagne ;
ne pas être candidat à un troisième mandat consécutif de président de la République ;
recueillir 500« parrainages » de parlementaires ou d'élus locaux : ces parrainages doivent provenir d'au moins trente départements oucollectivités d'outre-mer différents et pas plus d'un dixième des élus signataires ne doit provenir du même département ou de la même collectivité d'outre-mer. La période de réception des parrainages va du au[6]. La loi organique du demodernisation de diverses règles applicables à l'élection présidentielle impose la publication de l'ensemble des noms, au lieu de 500 tirés au sort comme c'était le cas antérieurement[7]. Ils doivent être envoyés directement au Conseil constitutionnel, par voie postale, qui les publie au fur et à mesure sur le site mis en place pour cette élection.
en cas d'empêchement ou décès dans la dernière semaine de dépôt des candidatures d'une personne qui a annoncé son intention d'être candidate, leConseil constitutionnel peut reporter l'élection ;
en cas d'empêchement ou décès d'un candidat avant le premier tour, l'élection est reportée ;
en cas d'empêchement ou décès d'un candidat qualifié pour le second tour, il est procédé de nouveau à l'ensemble des opérations électorales.
Le corps électoral annoncé début mars 2016 est 45,678 millions d'inscrits (en hausse de 824 000 unités, +1,8 %), soit 88,6 % des Français majeurs résidant sur le territoire, et 1,3 million de Français établis hors de France inscrits sur les listes électorales consulaires. Comme tous les cinq ans, le nombre de nouveaux inscrits connaît un pic de 1,562 million de nouveaux électeurs[8]. Toutefois, un rapport parlementaire de 2016 portant sur l'élection de 2012 chiffrait le nombre de mal-inscrits (inscrits dans une autre ville que celle où ils résident) à 6,5 millions[9].
En vertu de la loi du, les bureaux de vote sont en principe ouverts le dimanche à 8 heures et fermés à 19 heures, contre 18 heures auparavant. Cependant, comme auparavant, les bureaux de certaines communes peuvent, sur décision du préfet, ouvrir plus tôt ou fermer au plus tard à20 heures. Des votes anticipés ont notamment lieu en outre-mer (parfois le samedi), tandis que les plus grandes communes votent pour la plupart le dimanche jusqu’à 20 heures, ce qui complique le travail des instituts de sondage, qui rendent publiques leurs estimations à cette heure-là[10],[11].
La campagne et la désignation des candidats rompent avec celles des élections présidentielles précédentes, leur revêtant un caractère d'imprévisibilité et annonçant une certaine recomposition du paysage politique français. Pour la première fois sous laVe République, le président sortant,François Hollande, choisit de ne pas être candidat à sa succession à l'issue de son premier mandat malgré l'inversion de la courbe du chômage, conditionsine qua non selon ses mots pour se représenter[12]. Le résultat des primaires ouvertes organisées par différents partis de gouvernement crée également la surprise : les favoris (Alain Juppé, et dans une moindre mesureNicolas Sarkozy, pourLes Républicains ;Manuel Valls etArnaud Montebourg pour leParti socialiste ;Cécile Duflot pourEurope Écologie Les Verts) se voient éliminés au profit de candidats moins attendus tels queFrançois Fillon,Benoît Hamon etYannick Jadot. Marquée par plusieurs rebondissements ainsi que par des affaires présumées de favoritisme, de corruption et d'emplois fictifs (pour François Fillon et Marine Le Pen), la campagne voit une certaine fragilité, dans les intentions de vote, des candidats des deux grands partis de gouvernement, au profit de candidats dont les partis n'ont pas exercé le pouvoir (Emmanuel Macron pourEn marche,Marine Le Pen pour leFront national etJean-Luc Mélenchon pourLa France insoumise). Plusieurs partis importants du paysage politique français, enfin, ne sont pas directement représentés à cette élection (Europe Écologie Les Verts, leMoDem, l'UDI ou encore leParti communiste), ayant chacun privilégié un système d'alliances avec d'autres mouvements.
L'élection de 2017 intervient dans un contexte agité :crise migratoire en Europe, questions de plus en plus vives sur la mondialisation, avec des montées protectionnistes[13],[14], des questions sur le devenir de l'Union européenne à la suite notamment duréférendum britannique sur l'Europe, et de manière générale à une montée des incertitudes géopolitiques due notamment à desattentats terroristes islamistes, à la montée en puissance de la Chine et à la question des relations de l'Union européenne avec la Russie après lacrise ukrainienne, ainsi que des incertitudes sur l'avenir avec l'arrivée deDonald Trump à la Maison-Blanche[15]. Ces inquiétudes favorisent le réarmement. En France, le chef d'État-major des armées, dans un article paru en, demande une augmentation des sommes allouées à la défense[16]. Sur le plan intérieur, la France est également confrontée à de nombreux défis :chômage, questions sur la pérennité desrégimes de retraite et de lasécurité sociale, problèmes d'équilibre budgétaire et dedette publique, problèmes d'insécurité publique, de pollution, etc.
François Hollande, président de la République sortant, en 2017. Il renonce le à briguer un second mandat. Il s'agit d'une première sous la Cinquième République.
Le à 20 heures, le président en exercice François Hollande annonce publiquement lors d'une allocution solennelle qu'il renonce à solliciter un second mandat présidentiel, ce qui constitue une première dans l'histoire de la Cinquième République[24],[25],[26]. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision : son niveau de popularité très bas dans les sondages et corrélativement la montée en puissance concurrente de son ancien ministre de l'Économie,Emmanuel Macron, l'effet préjudiciable à son image du livre de son ancienne compagne,Merci pour ce moment, ou celui plus récent de deux journalistes, intituléUn président ne devrait pas dire ça…[27]. François Hollande avouera d'ailleurs lui-même à l'un de ses conseillers l'informant de la baisse de la courbe du chômage, que l'opinion publique ne le percevrait pas ainsi, rendant toute candidature davantage compromise[12]
Le politologue Eddy Fougier relève que dans l'histoire de la Cinquième République, les élections sans président sortant,« qui se sont produites en1969, en1974 et en2007, ont été un peu différentes des autres. Elles ont contribué à un renouvellement du personnel politique avec des candidats qui se présentent pour la première fois à la présidentielle, qui appartiennent à une nouvelle génération et qui expriment une volonté manifeste de dépoussiérer la façon de faire de la politique (Giscard en 1974 ouSarkozy en 2007). Ces élections ont aussi en grande partie favorisé le centre, en l'occurrence le centre droit avecAlain Poher présent au second tour en 1969, la victoire de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et le bon score réalisé parFrançois Bayrou en 2007 (19 %) »[28]. Cette comparaison doit être toutefois tempérée car elle omet l'élection présidentielle de 1995.
En amont de cette élection, plusieurs partis politiques organisent des primaires en vue de désigner le candidat pour leur parti pour l'élection présidentielle.
Partis politiques face à l'élection présidentielle
Le politologuePascal Perrineau observe une« gauche française [qui] vole en éclats à la fois sur le terrain des orientations économiques et sociales (loi Macron,loi El Khomri) mais aussi sur le terrain des valeurs (débat autour de la déchéance de nationalité). Face à ce processus qui ne cesse de s'accentuer et au-delà de la fracture entre droite de gouvernement et Front national, le fractionnement des droites, s'il est réel, peut paraître relativement modeste. Il est davantage le fruit d'un choc des hommes et des ambitions personnelles dont ils sont porteurs que d'un affrontement des idées ». Il constate plus globalement« un contexte de relatif épuisement des logiciels politiques tels qu'ils se sont reconstruits et mis en place après la Seconde Guerre mondiale », estimant qu'ils« sont entrés en crise et font l'objet de remises en question parfois profondes »[29].
Le journalisteÉric Dupin souligne que« l'électeur français n'a [...] jamais eu à choisir entre un candidat de la gauche libérale, de la gauche socialiste et de la gauche radicale » (à travers les candidatures respectives d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon)[30].
Dans un sondageOpinionWay publié parLes Échos du, 89 % des personnes interrogées pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas assez de ce que« pensent les gens comme nous », et 70 % pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien. Pourtant, 56 % déclarent s'intéresser à la politique, et 46 % estiment que le vote aux élections est le meilleur moyen de se faire entendre[32].
Selon les enquêtes d'opinion, les Français ont été globalement déçus par les présidents de la RépubliqueNicolas Sarkozy et surtout parFrançois Hollande[33],[34]. Ce mécontentement se traduit par un taux d’abstention élevé aux différentes élections[35].
Après une première tentative en2012 où il était arrivé septième et la relative progression de son partiDebout la France auxrégionales de 2015, il annonce une seconde candidature le 15 mars 2016[40] et publie deux livres-programme intitulésFrance, lève-toi et marche (2016) etMon agenda de président (2017).
(Campagne •Positions) Remettre la France en ordre (premier tour) Choisir la France (second tour) Élimination au2d tour
Présidente duFront national depuis 2011, elle en a déjà été la candidate en2012 où elle a terminé troisième. Après la forte progression du FN aux scrutins de 2014 et 2015, elle est jugée en bonne position par les observateurs pour faire un score important à la présidentielle de 2017[42], à laquelle elle se porte candidate le 8 février 2016[43]. Sa campagne est marquée par plusieurs affaires[44].
(Campagne) Nos vies, pas leurs profits ! Élimination au1er tour (aucune consigne de vote)
Malgré sa rupture en 2014 avec la direction duNPA[55] qu'il avait représenté en 2012, il est réinvesti candidat du parti le 20 mars 2016[56]. Il connaît des difficultés pour rassembler les 500 parrainages nécessaires pour être présent à l'élection mais y parvient in extremis[57].
Pilier duMoDem et ancien proche deFrançois Bayrou, il prend ses distances sur fond de désaccord stratégique et quitte le parti en 2016. Connu pour sa marche à travers la France entre avril et décembre 2013[60], il officialise sa candidature, indépendante, le 17 mars 2016, souhaitant représenter notamment les milieux ruraux et agricoles[61]. Fin 2016, il nomme son mouvement de campagne « Résistons »[62].
(Campagne •Positions) La force du peuple Élimination au1er tour (abstention, vote blanc ou Emmanuel Macron)
Arrivé quatrième sous les couleurs duFront de gauche en 2012, il s'en éloigne progressivement, désapprouvant les choix de ses partenaires communistes. Il lance le mouvementLa France insoumise[63] et officialise sa candidature le 10 février 2016[64], puis publie son livre-programmeL'Avenir en commun en décembre. Alors qu'il est finalement rallié par lePCF[65], les observateurs se montrent étonnés par le dynamisme de sa campagne et son recours massif aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies[66],[67].
Souverainiste parfois qualifié decomplotiste[68], il échoue à se présenter en 2012. Néanmoins, à la surprise générale, il atteint 587 parrainages pour l'élection de 2017[69],[70]. Malgré la faible notoriété de son parti, l'UPR, il compte un nombre relativement important de militants très actifs sur Internet et possède une certaine visibilité avec ses vidéos sur sa chaîneYouTube[71].
La primaire écologiste a lieu les 19 octobre et 7 novembre 2016. Les militants à jour de cotisation et les citoyens d'au moins16 ans ayant payé 5 € peuvent y participer.
Au second tour, Yannick Jadot confirme sa première place avec 54,25 % face à Michèle Rivasi (40,75 %).
Finalement, le, Yannick Jadot se retire et le parti décide de soutenir la candidature de Benoît Hamon. Depuis 1974, c'est la première fois qu'il n'y a pas de candidat étiqueté écologiste à une élection présidentielle.
Longtemps loin derrière ses concurrents, l'ancienPremier ministreFrançois Fillon réalise une percée aussi écrasante qu'inattendue.
Favori de la primaire et de la présidentielle depuis deux ans,Alain Juppé finit très loin derrière François Fillon aux deux tours.
Nicolas Sarkozy, au pouvoir entre 2007 et 2012, réalise une contre-performance en ne se qualifiant pas pour le second tour.
La primaire de la droite et du centre a lieu les 20 (premier tour) et 27 novembre 2016 (second tour).
Alors que les sondages prédisent durant longtemps une large avance pour le duo Juppé-Sarkozy au premier tour, les sondages à partir du mois de novembre, et plus particulièrement à partir du 18 prédisent un second tour pour le duo Juppé-Fillon.
Au cours de l'année 2016, le Parti socialiste décide à nouveau d'organiser une primaire pour l'élection présidentielle de 2017. Dans le contexte de forte impopularité du président, la question se pose par la suite de maintenir ou non la primaire. À la suite de la décision de François Hollande de ne pas se représenter, la primaire a finalement lieu avec plusieurs candidats.
À partir du 24 janvier 2017, la campagne est perturbée par la sortie d'un premier article duCanard enchaîné concernant d'éventuelsemplois fictifs du candidatFrançois Fillon. Parallèlement, le FN doit faire face à l'affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen et à l'affaire Jeanne. Les semaines suivantes plusieurs autres articles écornent un peu plus l'image publique de François Fillon et font dire à François Hollande « On parle de quoi dans cette campagne ? Des affaires, des mises en examen, des pseudo-cabinets noirs (…) mais où sont les comparaisons utiles ? », le 16 avril, dans l'émission « C Politique » sur France 5. Un avis partagé dans la plupart des camps. « Les affaires ont tout obscurci dans cette campagne. Derrière ce brouillard, chacun retourne sur ses fondamentaux », indiqueJérôme Rivière, soutien de Marine Le Pen. Selon Le monde, ces fondamentaux étant« Immigration chez les uns, libéralisme chez les autres… »[80].
La propagation des différentes affaires et le contexte de ces élections engendrent un climat de doute et de suspicion[81]. Les programmes électoraux des candidats sont mis de côté. L’aspect médiatique et moral est privilégié par les différents médias français. D’après un sondage Odoxa réalisé en janvier 2017, 61 % des Français ont une opinion défavorable à l’égard deFrançois Fillon[82]. Par rapport à novembre 2016, François Fillon a connu une baisse de16 points par rapport à un sondage effectué par Ipsos-Fiducial effectué avant premier tour de la primaire de la droite.
Marine Le Pen et son parti font l’objet d’une accusation d’emplois présumés fictifs au Parlement européen. Mais contrairement au candidat des Républicains, Marine Le Pen ne subit pas une baisse drastique dans les sondages en raison de cette affaire[83]. Elle se retrouve néanmoins convoquée le 22 février 2017 par la justice, mais décide de ne pas s’y rendre[réf. nécessaire].
Annoncé troisième dans les sondages avant la divulgation de l’affaire Fillon et de la mise en examen de ce dernier, Emmanuel Macron devient progressivement le nouveau favori de ces élections. Cependant, l'un de ses conseillers, le médecin Jean-Jacques Mourad doit démissionner de l'équipe de campagne après la révélation de ses liens financiers personnels avec le laboratoire pharmaceutiqueServier[84].
Début mars, les autres candidats commencent à protester contre la trop grande couverture médiatique des affaires qui rendent inaudible le débat politique sur les projets[85],[86].
Analysant la couverture de la campagne par leJournal de20 heures de TF1, l'universitaire Christophe Piar relève que les « affaires » représentent« 11 % de l'information électorale en 2017, contre 1,5 % en 1981, 4,5 % en 1988, 5 % en 2002 et 2 % en 2007. Seule lacampagne de 1995 avait vu les JT insister autant sur les affaires, et même légèrement plus (13 %), en raison en particulier de l'affaire dite « Schuller-Maréchal » qui avait éclaté dans les médias au début du mois de février »[87].
Diffusé notamment sur TF1, le, le premier débat avec les cinq principaux candidats rassemble plus de10 millions de téléspectateurs[92],[93]. Le second débat télévisé, mis en place parBFM TV etCNews le4 avril et auquel participent les onze candidats[94],[95], est suivi par environ 6,3 millions de téléspectateurs[96].
Un troisième et dernier débat devait initialement avoir lieu le, organisé parFrance 2[97]. Cependant, le28 mars,Jean-Luc Mélenchon annonce qu'il refuse de participer à ce dernier débat, en raison notamment de la date tardive (trois jours avant le premier tour) et d'une absence de concertation[98], tout commeEmmanuel Macron[99]. Le groupeFrance Télévisions annonce le jour même qu'il maintient le débat prévu le 20 avril[100].François Fillon, de son côté, déclare que ce troisième débat n'a « aucun intérêt » si tous les candidats ne sont pas présents[101]. LeCSA se montre, par ailleurs, « préoccupé » par cette date trop proche du scrutin, qui empêcherait les candidats de répondre à d'éventuelles polémiques, et propose un dialogue entre la chaîne et les candidats[102]. Le,France 2 annonce qu'elle renonce à organiser ce débat, préférant proposer à chacun des onze candidats une série d'entretiens de quinze minutes face àLéa Salamé etDavid Pujadas, qui sont diffusés à la même date du 20 avril[103],[104].
Le premier, animé par les journalistesAnne-Claire Coudray etGilles Bouleau, s'est tenu le à 21 heures en direct surTF1,LCI, ainsi queFrance 24 (en français et traduit en arabe et en anglais)[105], réunissant cinq des onze prétendants au poste dechef d'État — ceux ayant au moins 10 % d'intentions de vote dans les sondages —François Fillon,Benoît Hamon,Marine Le Pen,Emmanuel Macron etJean-Luc Mélenchon[106]. Il a lieu sur le plateau du studio 217 dela Plaine Saint-Denis[107]. Après une introduction où les candidats ont défini le président qu'ils seront, le débat a été divisé en trois thématiques : le modèle de société (comprenant des questions, entre autres, sur les institutions, la sécurité, l'immigration, l'identité et l'écologie), le modèle économique (le travail, le commerce international, la protection sociale et la fiscalité) et enfin la place de la France dans le monde (la géopolitique, l'Europe, le terrorisme ou encore les frontières)[108],[109]. Les cinq candidats avaient deux minutes pour répondre à chaque question ; au bout de1 min 30 s, les adversaires pouvaient toutefois les interpeller[110]. Ce premier débat a rassemblé plus de 10,1 millions de téléspectateurs sur TF1 et LCI[92], soit 49,6 % de part d'audience (dont 47,9 % pour la première chaîne[111]).
L'organisation de ce débat, avec une partie seulement des candidats, est critiquée par les candidats non invités[112],[113]. Ainsi,Nicolas Dupont-Aignan, qui en a été exclu, dénonce un« viol démocratique[114] » et appelle au boycott de ce débat[115], saisissant à cette occasion leCSA[116],[117] puis leConseil d'État, mais se voit débouté ;François Asselineau estimait quant à lui qu'il aurait fallu accorder davantage de temps de parole aux candidats les moins connus[118]. TF1 prévoit alors de recevoir les candidats qui ne participent pas au débat dans un module de dix minutes au sein de sonJournal de20 heures[117]. Lors de la séquence du 18 mars présentée parAudrey Crespo-Mara où le candidat deDebout la France est invité, celui-ci dénonce le manque de démocratie dont fait preuve la chaîne et, en geste de protestation, décide de quitter prématurément le plateau tout en donnant deux jours à TF1 pour inviter l'ensemble des candidats[119]. Le soir du débat, François Fillon, puis Emmanuel Macron et Marine Le Pen, commencent leur intervention par une critique de cette situation[120].
Le second débat, animé parRuth Elkrief etLaurence Ferrari[121], s'est tenu le à20 h 40 en direct surBFM TV,CNews,RMC etDailymotion[122]. Il a eu lieu dans les studios dela Plaine Saint-Denis. Les candidats disposent chacun d'une minute d'introduction et d'une minute de conclusion[123]. Ils débattent ensuite autour de trois thématiques : l'emploi, le modèle social français et la protection des Français[123]. Chaque prétendant a1 minute 30 pour répondre à une question[123]. Les autres concurrents peuvent l'interpeller. Finalement, chaque candidat aura pu s'exprimer durant plus de18 minutes[123], le débat ayant duré près de quatre heures.
Ce second débat aura attiré plus de 6,3 millions de téléspectateurs sur BFM TV et CNews, soit 32 % de part d'audience[96]. BFM TV s'est classée première chaîne de la soirée pour la première fois de son histoire, réunissant 5,5 millions de personnes, établissant du même coup le record historique pour une chaîne de la TNT, depuis leur introduction en 2005.
France 2, n'ayant pu organiser un débat à onze, a finalement opté pour une série d'entretiens longs d'un quart d'heure[103], intitulée15 minutes pour convaincre[124],[N 1], de façon analogue à ce que la chaîne avait proposé cinq ans auparavant dans le cadre de l'émissionDes paroles et des actes (hormis le fait qu'en 2012, il y avait deux émissions avec cinq candidats). L'émission est retransmise à partir de 20 heures sur France 2, la chaîneFrance Info et sur la radioFrance Inter, et est animée parDavid Pujadas etLéa Salamé, comme pourL'Émission politique.
Hommages aux victimes sur l'avenue des Champs-Élysées (photo prise le 4 juin 2017).
Bien que certains candidats aient au départ refusé de participer, tous ont finalement accepté. Les thèmes initialement abordés sont le pouvoir d'achat, le chômage, l'international, et l'Europe. Chaque candidat a l'occasion d'apporter un objet qui représenterait sa campagne, et dispose d'une carte blanche en milieu d'entretien pour s'exprimer pendant plusieurs minutes sur un sujet de son choix. À l'issue des onze entretiens, les candidats se réunissent sur le plateau pour une conclusion longue de2 minutes 30. Au total, l'émission a duré quatre heures et a été suivie en moyenne par 4,7 millions de téléspectateurs[125].
Cette émission est bouleversée par unefusillade sur les Champs-Élysées survenue aux alentours de 21 heures. Alors que France Info a basculé son antenne pour couvrir l'événement, l'émission a été maintenue sur France 2 et France Inter, avec des points réguliers sur la situation au cours des entretiens (la première annonce ayant été faite durant le passage deNicolas Dupont-Aignan). De ce fait, les sujets du terrorisme et de la sécurité intérieure ont dû être abordés plus longuement par les candidats passant après l'annonce de la fusillade, et chaque candidat a pu ensuite s'exprimer à ce sujet durant la conclusion. À la suite du débat, France 2 et France Inter ont proposé une édition spéciale[126].
À la suite de cet attentat, certains candidats bouleversent leur calendrier. Ainsi,François Fillon (qui l'a annoncé dès sa conclusion dans15 minutes pour convaincre),Marine Le Pen etEmmanuel Macron annulent leurs déplacements du 21 avril[127],[128], dernier jour de la campagne officielle du premier tour, et font des allocutions dans la matinée[129].
C'est la première fois qu'une présidentielle se déroule sousétat d'urgence, en vigueur depuis lesattentats du 13 novembre 2015. À la suite de l'attentat sur l'avenue des Champs-Élysées, leministère français de l'Intérieur renforce le dispositif chargé d'assurer la sécurité des deux tours de l'élection[130]. Plus de 50 000 policiers et gendarmes (dont 12 000 dans l'agglomération parisienne), appuyés par 7 000 militaires de l'opération Sentinelle sont mobilisés pour sécuriser les 67 000 lieux de vote[130], ce qui correspond à un quart des effectifs totaux des forces de l'ordre en France[131]. Plusieurs maires prennent à leur charge le coût d'agents de sécurité privée et de vigiles supplémentaires déployés au niveau des lieux de vote[132].
Après les résultats du premier tour qualifiant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, lesmarchés financiers réagissent positivement en France et à l'étranger[137].
Dès le soir du 23 avril 2017,François Fillon etBenoît Hamon appellent à voter pour Emmanuel Macron pour battre Marine Le Pen[138]. Les autres candidats éliminés ne donnent alors aucune consigne de vote.
Jean-Luc Mélenchon appelle les 450 000 personnes qui l'ont investi via une plateforme numérique comme candidat à la présidentielle à se prononcer pour décider de la position du mouvement au second tour[138]. Le 28 avril, il annonce qu'il ira voter et qu'il« ne voter[a] pas FN » mais ne donne pas de consigne de vote[139], certains analystes estimant que ses propos indiquaient qu'il voterait personnellement pour Macron[140].Nathalie Arthaud annonce qu'elle votera blanc tandis queJacques Cheminade indique qu'il refusait à titre personnel de voter en faveur de Marine Le Pen[138]. Le 28 avril,Nicolas Dupont-Aignan annonce qu'il soutient Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, précisant avoir signé un« accord de gouvernement élargi » avec la candidate du Front national[141].Jean Lassalle indique quant à lui qu'il votera blanc au second tour[142].
Le Emmanuel Macron a obtenu le soutien« exigeant » de150 politiques« anti-Le Pen » d'horizons variés[147]. Le 30 avril, le centristeJean-Louis Borloo, ancien ministre, déclare qu'il s'« engage à fond » en faveur de Macron[148].
Marine Le Pen reçoit le soutien de plusieurs mouvements et personnalités de droite parmi lesquelsNicolas Dupont-Aignan qui annonce le 28 avril qu'il soutient Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, précisant avoir signé un« accord de gouvernement élargi » avec la candidate du Front national[141]. Marine Le Pen annonce le lendemain qu'elle nommera Dupont-Aignan Premier ministre en cas de victoire[149]. D'autres commeChristine Boutin[150] (qui annonce que son« objectif c'est d'affaiblir Emmanuel Macron »[151]),Jacques Bompard,Marie-France Garaud[152], Bruno North (CNIP)[153],Françoise Hostalier[154],Christian Vanneste[155] appellent à voter pour la candidate.
Traditionnellement (depuis1974 et à l'exception notable de l'élection de 2002), undébat télévisé entre les deux finalistes a lieu quelques jours avant ce second tour. Contrairement àJacques Chirac, qui avait refusé de débattre face au candidat du Front national en 2002,Emmanuel Macron accepte le débat face àMarine Le Pen[162]. Le débat se déroule le à partir de21 h pour une durée de2 h 20, et est diffusé surTF1,France 2 et les chaînes d'information en continu[163].TF1 etFrance 2 ont proposé que le débat soit animé parGilles Bouleau etDavid Pujadas mais, après la réserve duCSA sur la mise en place d'un duo qui ne soit pas mixte, les deux chaînes s'accordent finalement sur une paire composée deChristophe Jakubyszyn etNathalie Saint-Cricq[163].
Le, Emmanuel Macron obtient le soutien deBarack Obama[164]. Mais l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron commet une erreur en traduisant les « liberal values » évoquées par Barack Obama par « valeurs libérales », là où il aurait plutôt fallu lire « valeurs progressistes », le mot « libéral » n'ayant pas du tout le même sens des deux côtés de l'Atlantique[165].
Plusieursfausses informations se sont répandues pendant la campagne, notamment de la part du FN et de certains internautes[166]. Ainsi, expliquent notamment Samuel Laurent et Adrien Sénécat dansLe Monde :« À lui seul,Emmanuel Macron a été ciblé par toute une gamme d'attaques. On a ainsi tenté de lui trouver de prétendues « affaires » (une première rumeur de compte offshore juste avant le premier tour et un prétendu « cadeau fiscal » de 14 milliards d'euros àPatrick Drahi) ; des propositions impopulaires lui ont été imputées à tort (par exemple le souhait de faire entrer la Turquie dans l'Europe ou une supposée « taxe sur les loyers fictifs » pour les propriétaires) ; d'autres, enfin, ont été montées de toutes pièces pour écorner son image, tel son prétendu refus de serrer des mains d'ouvriers ou le financement de sa campagne par l'Arabie saoudite »[167].
Après le débat du entre les deux adversaires du deuxième tour, plusieurs médias démontrent la façon dont une simple rumeur, totalement fabriquée, sur un compte bancaire caché que posséderait Emmanuel Macron auxBahamas, est arrivée dans les propos deMarine Le Pen dans les derniers instants de ce débat[168],[169],[170],[171]. Le lendemain du débat Emmanuel Macron porte « plainte contre X » pour« propagation de fausse nouvelle »[172].
Quatre chercheurs, Oscar Barrera et Ekaterina Zhuravskaya de l'École d'économie de Paris et Sergei Guriev et Emeric Henry deSciences Po Paris, établissent, à partir d'une étude menée auprès de 2 500 électeurs sur les fausses informations prononcées par Marine Le Pen sur l'immigration, que« lefact-checking échoue complètement à contrecarrer l'effet persuasif des argumentspopulistes fondés sur lesfaits alternatifs »[173].
Un rapport présenté le 25 avril 2017 par l'entreprisejaponaise decybersécuritéTrend Micro affirme qu'En marche a été la cible de tentatives d'hameçonnage en mars[174]. Selon Trend Micro, le responsable de ces attaques informatiques est le groupe de hackersrusses Pawn Storm, également connu sous le nom deFancy Bears, Tsar Team ou APT28, déjà accusé d'avoir visé leParti démocrate durant la campagne présidentielle d'Hillary Clinton auxÉtats-Unis[174]. Ce groupe est soupçonné de liens avec les services de sécurité russes, ce qui serait le signe de la volonté de Moscou d'influencer les scrutins des pays occidentaux. Le porte-parole du Kremlin nie toute implication dans la campagne française[174].
Le 5 mai 2017, des milliers de documents internes à l'équipe d'Emmanuel Macron (e-mails, photos et documents comptables représentant 9 gigaoctets de données) sont postés surPastebin, un site qui permet le partage anonyme de documents[175],[176],[177]. Ces documents sont relayés à20 h 35 par le forum4chan, notamment fréquenté par l'extrême droite américaine et par des comptesTwitter pro-Trump (mais aussi fréquenté par des milliers d'autres personnes), avec la mention « #MacronLeaks », avant d'être relayés à21 h 31 parWikiLeaks, qui leur donne une visibilité mondiale, et à23 h 40 parFlorian Philippot, bras droit deMarine Le Pen[175],[176]. Dans un communiqué de presse diffusé à23 h 55, quelques minutes avant la clôture de la campagne officielle, l'équipe d'Emmanuel Macron annonce avoir été« victime d'une action de piratage massive et coordonnée donnant lieu ce soir à la diffusion sur les réseaux sociaux d'informations internes de nature diverse (mails, documents comptables, contrats...) »[175],[178],[176]. Elle prévient que« ceux qui font circuler ces documents ajoutent à des documents authentiques nombre de faux documents afin de semer le doute et la désinformation »[178],[176]. Le 6 mai, laCommission nationale de contrôle de la campagne électorale demande aux organes de presse« de ne pas rendre compte du contenu de ces données, en rappelant que la diffusion de fausses informations est susceptible de tomber sous le coup de la loi, notamment pénale »[178].
Le 2 juin 2017, par l'intermédiaire de son directeur, Guillaume Poupard, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) fait savoir que « l'attaque était si générique et simple qu’elle pourrait être quasiment l’œuvre de n'importe qui », affirmant n'avoir aucune certitude concernant l'origine de l'attaque[179],[180].
Invités de France Bleu et France 3 Régions : entretien organisé parFrance Bleu etFrance 3 Régions. Les entretiens sont diffusés à 8 h 10 en direct et simultané sur les 44 radios du réseau France Bleu, sur francebleu.fr, sur les sites régionaux france3.fr et enFacebook Live. Enfin, il est diffusé en intégralité à 12 h dans les éditions régionales du12/13. Marine Le Pen est interviewée le vendredi 28 avril àNice par Laurent Vareille, deFrance Bleu Azur, et Henri Migout, deFrance 3 Côte d'Azur. Emmanuel Macron est interviewé le samedi 29 àPoitiers par Delphine Garnault, deFrance Bleu Poitou, et Fabrice Bidault, deFrance 3 Poitou[184].
20 Heures de France 2 : entretien d'une quinzaine de minutes diffusé le 30 avril 2017 dans leJournal de20 heures surFrance 2. Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont interrogés le jour-même dans les conditions du direct parLaurent Delahousse dans leur QG de campagne[185].
L'heure du choix : émission diffusée surBFM TV etRMC entre 8 h 30 et 9 h 30 et présentée parJean-Jacques Bourdin. Emmanuel Macron est invité le 2 mai, Marine Le Pen le 4[186].
RTL Matin : entretien de vingt-trois minutes diffusé le 5 mai 2017 dansRTL Matin surRTL. Les deux candidats sont interrogés parÉlizabeth Martichoux etYves Calvi. Marine Le Pen, interrogée la première, est présente dans les studios deRTL àParis, tandis qu'Emmanuel Macron intervient ensuite en direct deRodez[189],[190],[191].
De nombreux observateurs soulignent ou s'interrogent sur l'intérêt médiatique dont Emmanuel Macron ferait l'objet[28],[192],[193],[194],[195].Mediapart relève que« presque une cinquantaine de couvertures de magazine » lui sont consacrées entre et, contre« une poignée » pour Jean-Luc Mélenchon, généralement situé une position derrière lui dans les intentions de vote et qui rencontre un succès similaire dans les meetings et sur internet[196]. Emmanuel Macron est parfois présenté comme étant le « candidat des médias »[197],[198],[199],[200], parmi lesquels il bénéficie du soutien deXavier Niel etPierre Bergé, copropriétaires dugroupe Le Monde[197], et deClaude Perdriel, ancien propriétaire duNouvel Observateur[201]. Divers documents et articles d'analyse montrent comment sa stratégie de campagne électorale est développée selon des méthodes marketing, le candidat étant lancé comme un produit commercial[202]. Derrière la gestion de cette communication, est mis en avant le savoir-faire deMaurice Lévy, PDG dePublicis Groupe, qui compte parmi ses conseillers[203],[204]. Il recueille des soutiens y compris dans des titres de la presse américaine et britannique tels que leFinancial Times ouForeign Policy[205],[206]. Le magazineMarianne montre queBFM TV, dont l'un des actionnaires de référence estPatrick Drahi, diffuse au total autant de minutes de meetings du candidat Macron que de l'ensemble de ses quatre principaux concurrents réunis, ce qu'il qualifie de « véritable matraquage télévisuel »[207]. Le fait queBernard Mourad, ancien dirigeant du groupe de médias dePatrick Drahi, ait rejoint en tant que conseiller l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, ainsi qu'une poignée de main échangée avecRuth Elkrief renforcent les interrogations sur ses liens avec les journalistes et les médias[208],[209].
Beaucoup d’articles, d’émissions, de débats sont effectués/ont lieu lors de cette élection. Les audiences des médias traditionnels sont excellentes, TF1 et France 2 ayant réuni15 millions de téléspectateurs lors du débat du second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron[210]. Le plus grand succès intervient sur les sites internet et cette élection marque une évolution des moyens de communication des politiques vers les électeurs : par exemple, Jean Luc Mélenchon crée une chaîne YouTube afin de se démarquer des autres candidats et de toucher un public plus jeune[211].
À travers cette campagne, l’attitude des médias est remise en cause. L'impression que ceux-ci ont influencé les résultats de l’élection règne en France, particulièrement chez les partis politiques défaits. C’est notamment le cas chez Les Républicains, qui remettent en cause l’objectivité de la presse, en particulier en raison de l’importance du traitement, du choix du temps et de la rapidité de la mise en examen du candidat LR dans l’affaire Fillon. Le 6 février 2017, François Fillon reproche aux journalistes de l’avoir « lynché et de l’« assassiner politiquement »[212]. Les électeurs de Marine Le Pen partagent en grande partie ce point de vue. Dans l’entre-deux-tours, Marine Le Pen critique également les médias, et plus précisément BFM TV, déclarant : « Les médias se déchaînent pour tenter de nous atteindre de leurs flèches venimeuses. Mais vous connaissez leurs méthodes : dès la fin de la diffusion de ce meeting d'ailleurs, certaines chaînes, BFMTV sûrement, le feront commenter par un plateau d'éditorialistes dont ils savent très bien qu'ils sont des militants de longue date contre nous, contre les électeurs patriotes »[213].
En février 2017, le politologueThomas Guénolé, à l'époque soutien deJean-Luc Mélenchon, affirme à partir d'une analyse quantitative comparée du taux d'exposition médiatique d'Emmanuel Macron, qu'il a existé d'avril à septembre 2016 une « bulle médiatique » en faveur de ce dernier[214]. Il qualifie par la suite cette « bulle médiatique » de « matraquage publicitaire massif »[215].
Analysant trente semaines de couverture de la campagne par leJournal de20 heures de TF1, l'universitaire Christophe Piar relève que celui-ci a consacré à Emmanuel Macron 1 644 minutes :« À titre de comparaison, sur des périodes équivalentes, le journal de 20 heures de la même chaîne avait consacré 1 122 minutes à la présidentielle de 1981, 1 021 minutes à celle de 1988, 1 553 minutes à celle de 1995, 1 017 minutes à celle de 2002 et 1 160 minutes à celle de 2007. Les données manquent pour l'élection de 2012, mais on peut avancer l'hypothèse que le traitement a été inférieur à celui de la campagne de 2017 du fait d'un suspense limité quant à l'issue du scrutin. Ainsi, marquée par l'organisation inédite d'une primaire « ouverte » par les Républicains et par celle du Parti socialiste et de ses alliés, la campagne de 2017 bénéficie très probablement du niveau de visibilité le plus élevé de toutes les présidentielles depuis 1981 »[216].
Lors de la campagne présidentielle de 2017, Marine Le Pen a dévoilé un clip de campagne, les médias ont signalé son succès sur les réseaux sociaux[217] avec un style inspiré de séries commeGame of Thrones etHouse of Cards, visant à projeter une image de leader forte et charismatique[218],[219],[220]. Diffusé pour la première fois lors d’un meeting à Lyon, le clip présente des paysages et des scènes évoquant l’autorité et la maîtrise, notamment avec Marine Le Pen se tenant à la barre d’un bateau[221].
De février à avril 2017, les utilisations d'« hologrammes » parJean-Luc Mélenchon et son équipe provoquent la surprise positive des professionnels de la communication, lui permettant un beau succès d'audience sur les réseaux sociaux et les sites de vidéo en ligne[222]. En vérité il ne s'agit pas d'un hologramme mais d'un jeu d'effet d'optique[223].
Lors du premier tour de l'élection, les estimations données à 20 heures par les médias français, à partir d'estimations fournies par lesinstituts de sondages[232],[233], confirmées par les données communiquées par le ministère de l'Intérieur dans la nuit, donnent qualifiés pour le second tour[234] :
Des estimations sensiblement différentes ont été publiées à 20 heures concernant le score de la candidate du FN (23 % sur TF1, 21,7 % sur France 2, etc.). Leministère de l'Intérieur annonçant à20 h 23 une avance de la candidate du FN à 25,06 % mais sur la base de 6,7 millions de bulletins dépouillés. La tendance ne s'inverse qu'en soirée avec la prise en compte des bureaux de vote fermant à 20 heures avec Macron à 23,11 % devançant pour la première fois Le Pen à 23,07 % à23 h 35 sur la base de 76 % des inscrits[235].
Malgré une interdiction légale sur le territoire français, laRTBF diffuse des estimations de résultats sur Internet vers 18 heures, sans indiquer de sources. Elle estime que« son rôle n'est pas de taire ces chiffres »[236]. Les entreprises de sondages françaises affirment pour leur part ne pas avoir communiqué de données[237].
Les grandes métropoles votent massivement pour Emmanuel Macron : 89,7 % à Paris, 84,1 % à Lyon, 82,9 % à Toulouse, 85,9 % à Bordeaux, 86,5 % à Nantes, 88,4 % à Rennes. Le géographeChristophe Guilluy y voit une confirmation de l'opposition entre les métropoles — qui bénéficient de la mondialisation et où la présence populaire s'est extrêmement réduite —, qui vote pour Emmanuel Macron, et « la France périphérique », qui vote pour Marine Le Pen[245].
Le taux d'abstention du premier tour est de 22,2 % et celui du second tour de 25,4 %[246]. C'est la première fois qu'on compte moins de votants au second qu'au premier depuis l'élection présidentielle de 1969 – les communistes ayant alors appelé au boycott du scrutin au second tour opposantGeorges Pompidou àAlain Poher[247].
Les jeunes représentent la plus grande part des abstentionnistes : 29 % chez les 18-24 ans et 28 % des 25-34 ans ne se sont pas déplacés au premier tour de la présidentielle selon l'Ipsos. Ce sont lesretraités qui comptent la plus forte participation (87 %). La tendance est la même au second tour[248].
Selon Ipsos, le candidat d'En marche aurait réuni plus de 20 % des suffrages dans toutes les tranches d'âge à partir de25 ans.
Du côté socioprofessionnel, il aurait séduit uncadre sur trois (jusqu’à 39 % selon BVA), un quart des « professionnels intermédiaires » et desretraités, unsalarié sur quatre (public comme privé) et un quart des électeurs « à leur compte ». Au second tour, 74 % des retraités auraient voté pour lui, dont 78 % pour les70 ans et plus[250].
Selon l’institut Ipsos, Marine Le Pen obtient 21 % chez les 18-24 ans contre 30 % pourJean-Luc Mélenchon. Cependant, d’aprèsOpinionWay, elle arrive en tête chez les 18-34 ans avec 26 %, contre 25 % pour Jean-Luc Mélenchon[252]. Ipsos indique qu’elle arrive en tête chez les 35-49 ans, avec 29 %, et les 50-59 ans, avec 27 %.
D’après Ipsos, Marine Le Pen a séduit un tiers desemployés (32 %), mais surtout la majorité dessalariés privés (26 %) et desouvriers (39 %)[249]. Selon BVA, les ouvriers ont voté pour elle à 45 %, largement devant Jean-Luc Mélenchon (21 %)[252]. Ipsos indique que 32 % des électeurs qui vivent dans un foyer possédant moins de 1 250 euros de revenus mensuels ont voté pour elle, devant Jean-Luc Mélenchon (25 %)[252].
François Fillon apparaît comme le candidat de l'électorat âgé selon Ipsos, 45 % des suffrages des plus de70 ans et plus, et 36 % chez lesretraités. Dans les autres catégories d'âge, il n'aurait pas obtenu plus de 25 %. Selon BVA et OpinionWay, il a obtenu 41 % du vote des65 ans et plus, devant Emmanuel Macron[252].
Par rapport aux catégories socioprofessionnelles, il est devancé (24 %) parEmmanuel Macron (30 %). Les plus riches ont davantage voté en faveur d’Emmanuel Macron que pour lui[249],[252].
D’après Ipsos et BVA, Jean-Luc Mélenchon devance la candidate duFN chez les 18-24 ans, avec respectivement 30 % et 27 %[252]. Cependant, OpinionWay indique qu’il arrive derrière Marine Le Pen chez les 18-34 ans[252].
Ipsos indique qu'il arrive en tête chez leschômeurs (31 %), et qu’il dépasse les 20 % auprès desprofessionnels intermédiaires (22 %), desemployés (22 %) et desouvriers (24 %). Il est largement devancé par Marine Le Pen au sein de la classe ouvrière[252]. Toujours d’après Ipsos, Jean-Luc Mélenchon aurait remporté les voix d'un électeur sur quatre dans les deux tranches de revenus inférieures (revenus du foyer en dessous de 1 250 € ou compris entre 1 250 € et 2 000 €)[249].
Au second tour, Emmanuel Macron a bénéficié du report de 71 % des voix de Benoît Hamon, de 52 % de Jean-Luc Mélenchon et de 48 % de François Fillon. Ces reports ont encore été plus massifs dans les grandes villes bourgeoises[245].
Le Monde estime que« rarement lesouverainisme n'aura été aussi présent dans une campagne présidentielle »[254]. Certains analystes considèrent que cette élection traduit une progression notable du souverainisme et dupopulisme[255],[256],[257].Olivier Costa relève que« les enjeux européens ont émergé comme la toile de fond de la campagne, dans le contexte de la montée du populisme et de l'euroscepticisme sur le continent européen » : alors que cinq candidats appellent implicitement ou explicitement auretrait de la France de l'Union européenne (François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Philippe Poutou), seuls François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron ont adopté une« position modérée » sur l'Union européenne[258].
Pour le géographeChristophe Guilluy, l'élection présidentielle de 2017 achève la recomposition politique de l'électorat et la perte de signification de la dichotomie droite/gauche. Celle-ci est particulièrement visible au second tour : la bourgeoisie conservatrice (Fillon) et la bourgeoise progressiste (Hamon et partiellement Mélenchon) vote Emmanuel Macron[245]. Celui-ci parvient également à faire le plein de voix avec les catégories protégées de lamondialisation : les retraités (74 %) et les fonctionnaires (61 %), qui lui offrent la victoire[245]. En face, Marine Le Pen obtient ses meilleurs résultats chez les électeurs affirmant s'en sortir « très difficilement » (69 %), les ouvriers (56 %) et les employés (46 %)[245].
Des ordinateurs de vote ont été utilisés dans 66 communes, c'est-à-dire par 1,3 million d'électeurs.En moyenne, les différences entre nombre de votes et nombre d'émargements ont été 4 à 5,5 fois plus importantes dans les bureaux de vote équipés d'ordinateurs de vote par rapport à des bureaux de vote équipés d'urnes et situés dans des villes comparables[259],[260].
Dès l'annonce des résultats du premier tour, des groupes hétéroclites decasseurs, de militantsantifascistes et de partisans de Jean-Luc Mélenchon se rassemblent dans l'Est parisien pour protester contre la présence de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron au second tour. Des dégradations de mobilier urbain, de magasins et de véhicules privés ont lieu lors de ces manifestations, dans certains quartiers de Paris (Stalingrad,Belleville)[261].
Le lundi 24 avril, leCAC 40 gagne 4,1 % dès l'ouverture, poussé vers le haut par les valeurs bancaires prenant entre 7 et 9 % ; les marchés sont en effet rassurés par la victoire considérée comme probable d'Emmanuel Macron[262].
Le président de laCommission européenneJean-Claude Juncker félicite Emmanuel Macron et déclare que« les Français ont fait le choix d'un « avenir européen » »[263] ainsi que le président du Conseil européenDonald Tusk a salué la décision des Français en faveur de« la Liberté, l'Égalité, la Fraternité »[264].
Le porte-parole de lachancelièreAngela Merkel salue une victoire« pour une Europe forte et unie et pour l'amitié franco-allemande »[263].
La Première ministre britanniqueTheresa May« félicite chaleureusement » Emmanuel Macron pour sa large victoire et ajoute que« le Royaume-Uni veut un partenariat fort avec l'UE, une UE sûre et prospère une fois que nous l'aurons quittée »[263].
Le président du Conseil des ministres italienPaolo Gentiloni a déclaré :« Vive Macron président, une espérance pour se tourner vers l'Europe »[265].
Le président du gouvernementMariano Rajoy :« Coopérons en France et en Espagne pour une Europe stable, prospère et plus intégrée »[263].
Le Premier ministre belgeCharles Michel a déclaré que l'élection de Macron est« un rejet clair d'un projet de repli dangereux pour l'Europe qui triomphe »[265].
Le Premier ministre néerlandaisMark Rutte déclare :« Le peuple français a fait un choix clairement progressiste et pro-européen »[266].
Le Premier ministre grecAléxis Tsípras pense que l'élection du nouveau président français est« une inspiration pour la France et l'Europe »[265].
Le président de la fédération de Russie,Vladimir Poutine, indique à Emmanuel Macron :« Les citoyens français vous ont fait confiance pour diriger le pays dans une période difficile pour l'Europe et pour l'ensemble de lacommunauté internationale »[265].
Réactions en Afrique
Le président algérienAbdelaziz Bouteflika félicite Emmanuel Macron en affirmant que les Français ont élu« un ami de l'Algérie »[267].
Le président ivoirienAlassane Ouattara« [félicite chaleureusement] Emmanuel Macron suite à sa brillante victoire à l'élection présidentielle française » et ajoute que« sa disponibilité a œuvré au raffermissement des liens d'amitié et de coopération entre la Côte d'Ivoire et la France »[268].
Le président malienIbrahim Boubacar Keïta se dit soulagé de la victoire d'Emmanuel Macron. Étant donné que la France est très impliquée dans ce pays depuis 2012 avec les opérations militairesServal etBarkhane, dans la lutte contre le terrorisme, il croit« que c'est une belle victoire, peut-être également le début d'une belle expérience, pour la France et tous ses pays amis »[268].
Le président sénégalaisMacky Sall félicite rapidement Emmanuel Macron et adresse une lettre au nouveau président français, lui souhaitant un« plein succès dans ses nouvelles fonctions » et ajoutant qu'il« [se réjouit] à l'idée de poursuivre et de renforcer avec [lui] les liens privilégiés entre [les] deux pays »[268].
Le président de la GuinéeAlpha Condé se dit« convaincu que les relations de coopération (franco guinéennes) iront en se renforçant sous le magistère du président Macron ». Il ajoute :« En tant que président de l'Union Africaine, je ne peux en aucun cas partager les positions de Marine Le Pen et donc je suis très heureux qu'Emmanuel Macron soit président »[268].
Le président tchadienIdriss Déby pense que l'élection d'Emmanuel Macron« est un soulagement par rapport à Marine Le Pen »[268].
Le roi du MarocMohammed VI juge que l'élection d'Emmanuel Macron« couronne » son parcours politique[268] :« Félicitations les plus chaleureuses au nouveau président français et vœux sincères de réussite dans la haute mission que les Français lui ont confiée ». Il conclut par« Votre pays a fait le choix du progrès, de l'ouverture et de la confiance en l'avenir ».
Réactions en Amérique
Dès le soir de l'élection,Donald Trump,président desÉtats-Unis, félicite Emmanuel Macron pour sa« large victoire aujourd'hui comme prochain président de la France » et déclare :« je suis impatient de travailler avec lui ! »[263].
Le Premier ministre canadien,Justin Trudeau, félicite le nouveau président de l'Hexagone par voie de communiqué.« Je suis impatient de travailler de près avec le président désigné Macron au cours des prochaines années pour « mettre en œuvre un agenda progressiste afin de promouvoir la sécurité internationale » et« créer de bons emplois pour la classe moyenne des deux côtés de l'Atlantique. Notamment, nous continuerons d'assurer la mise en œuvre de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne » (CETA)[264].
Le Premier ministre du QuébecPhilippe Couillard souligne lui aussi la victoire d'Emmanuel Macron.« Au plaisir de travailler ensemble pour faire progresser la relation directe et privilégiée »[264].
Le président brésilienMichel Temer déclare sur Twitter« Je félicite @EmmanuelMacron pour sa victoire lors de l'élection présidentielle française »[264].
Réactions en Asie
Le président chinoisXi Jinping félicite Emmanuel Macron et déclare que son pays se tient prêt à« travailler avec la France » sur les partenariats économiques et stratégiques entre les deux pays, à un niveau supérieur[269].
Le chef de l'État de la Corée du Nord,Kim Yong-nam, a félicité Emmanuel Macron et lui a souhaité« de réussir dans son travail responsable en vue du développement et de la prospérité de la France[270] ».
Le Premier ministre japonaisShinzo Abe a annoncé que le résultat de l'élection présidentielle française« est une victoire symbolique contre les tendances de repli sur soi et protectionnistes et montre un vote de confiance dans l'UE. »[271]
Le Premier ministre israélienBenyamin Netanyahou a annoncé après le résultat de l'élection que« leterrorisme islamiste est l'une des grandes menaces pour le monde entier, qu'il attaque à Paris, Jérusalem ou dans d'autres villes du monde. La France et l'Israël sont des alliées de longues dates et je suis convaincu que nos relations vont se renforcer »[265].
En novembre 2016, alors qu'Emmanuel Macron organise des collectes de fonds et récolte des dons de particuliers qui dépassent le budget deFrançois Fillon ouAlain Juppé pour laprimaire de la droite[272],[273],[274],Benoît Hamon presse le candidat d'En marche de révéler la liste de ses donateurs, mettant entre autres en avant les conflits d'intérêts possibles liés à son statut d'ancien associé de la banque Rothschild[275]. Ce dernier refuse cette transparence taxant la demande de« démagogique »[276].
Dans leur ouvrage intituléDans l'enfer de Bercy, les journalistes Marion L'Hour et Frédéric Says relèvent qu'Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80 % de l'enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère, soit plus de 120 000 € en huit mois en organisant de nombreux dîners[277],[278],[279]. Il est alors accusé par les députésChristian Jacob (LR) etPhilippe Vigier (UDI) d'avoir utilisé cet argent pour mettre en avantEn marche. Il affirme n'avoir rien à se reprocher et que les 120 000 euros dépensés lui ont servi à« recevoir [ses] homologues, des entrepreneurs, des femmes et des hommes de la vie française » dans le cadre de son rôle de ministre[280],[281]. SelonLe Monde, Macron aurait pu cibler« des interlocuteurs plus susceptibles de l'aider à préparer sa future campagne présidentielle qu'à alimenter ses activités de ministre » et dépensé 80 % du budget annuel de fonctionnement de son ministère en huit mois, mais il est peu probable qu'il soit poursuivi[281]. S'il confirme les dépenses, son successeur au ministère de l'ÉconomieMichel Sapin n'y voit quant à lui rien d'illégal, considérant que Macron« n'a pas dépensé plus » d'argent qu'il n'en avait le droit. Il déplore en revanche son désengagement vis-à-vis de ses fonctions lors de ses derniers mois au ministère[282]. Emmanuel Macron répond qu'il s'agit de propos diffamatoires, qu'« aucun centime » de son budget ministériel n'a été dépensé pour soutenir son parti et qu'il s'est montré très actif « comme doit l'être un ministre », voyageant notamment beaucoup[278].
Mediapart indique en avril 2018 que la société d'événementielGL events a accordé àEmmanuel Macron des remises particulièrement élevées pour des locations de salle et du matériel destiné aux meetings. Ces remises allaient parfois jusqu'à 100 %[294]. Cette société est dirigée par Olivier Ginon, « proche de Gérard Collomb et aujourd'hui très en cour à l'Élysée » selonMediapart[294],[295].
Les médias révèlent ensuite que d'autres prestataires lui ont accordé de telles remises, qui s'élèvent à un total de plus de 200 000 euros[296]. Dans un communiqué publié quelques jours plus tard, laCNCCFP affirme que les remises obtenues sont« acceptables » et ne constituent« pas des participations illicites au financement » de la campagne d'Emmanuel Macron[297].
En mai 2019, une analyse plus détaillée des comptes du candidat Macron montre que la moitié (48 %) de sa campagne a été financée par des grands donateurs (environ 800). Il est notamment observé une surreprésentation de Paris dans le total,France Culture indiquant : « 6,3 millions d'euros ont été donnés au candidat par un peu plus de 15 000 habitants de la capitale. C'est quasiment la moitié des fonds collectés en France ». Cette prépondérance des grands donateurs contredit les déclarations du candidat qui affirmait qu'« une très grande majorité est constituée de petits dons autour de 40,50 euros et il y a 5 % des dons qui dépassent 1 000 euros », voulant faire croire de cette manière que sa campagne était financée par le grand public[298].
Les 20 et 21 octobre 2022, deux informations judiciaires sont ouvertes par leparquet national financier. La première information judiciaire est ouverte des chefs de « tenue non conforme de comptes de campagne » et « minoration d'éléments comptables dans un contexte de campagne ». La seconde pour « favoritisme » et « recel de favoritisme ». En décembre de la même année, des perquisitions sont menées par les gendarmes au siège du parti Renaissance et dans les locaux parisien du cabinet de conseilMcKinsey & Company dans le cadre des enquêtes judiciaires visant le recours au cabinet de conseil pendant la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron en 2017[299].
Dans laneuvième et dernière saison de la série téléviséeFais pas ci, fais pas ça, diffusée en février 2017, les deux premiers épisodes se projettent dans un futur proche, dans lequel il est question de l'élection présidentielle de 2017. La candidature deFrançois Bayrou est imaginée, le personnage d'Eliott Bouley devenant un de ses partisans. Le deuxième épisode se termine le jour du premier tour de l'élection présidentielle : les personnages principaux, issus des deux familles, sont réunis devant la télévision et se montrent surpris du résultat, qui n'est toutefois pas dévoilé. Les épisodes suivants n'apportent pas de réponse puisque l'histoire se déroule dans un futur plus lointain, en 2022, oùNicolas Hulot est élu président.
Le Séisme, Marine Le Pen présidente deMichel Wieviorka décrit les premiers mois du mandat de la présidenteMarine Le Pen et présente les différentes mesures qu'elle essaie de prendre avec son Premier ministreNicolas Dupont-Aignan telles qu'unFrexit, un rapprochement avec laRussie ou le rétablissement de la peine de mort, tout en tentant de contenter sa base ainsi que la coalition parlementaire qui soutient son gouvernement[303],[304].
L'Avenir en commun ?, bande dessinée deMélaka etReno, illustre les idées du programme deLa France insoumise, dont ce qui concerne l'enjeu écologique, à travers des personnages fictifs[305].
Le journal du OFF, Dans les coulisses d'une campagne présidentielle folle retrace la campagne présidentielle en BD. La BD montre le passage à la télévision des candidats, leurs déplacements. Plusieurs personnalités sont présentes dans le livre dont les perdants à la primaire de la droite et du centre :Nicolas Sarkozy,Alain Juppé..., les perdants de la primaire de la gauche :Manuel Valls... ainsi que les candidats ayant obtenu les parrainages :François Fillon,Marine Le Pen,Benoît Hamon,Jean-Luc Mélenchon,Emmanuel Macron mais aussi le président sortant,François Hollande.
Mélenchon, l'homme qui avançait à contre-courant,téléfilmdocumentaire deGérard Miller diffusé en 2017, basé sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il est diffusé en avril avant une publication surYouTube.
Mélenchon, la campagne d'un insoumis, téléfilm documentaire deGilles Perret diffusé en 2017
L'Insoumis, documentaire de Perret sorti en 2018, basé sur le précédent.
↑Bastien Bonnefous et CédricPietralunga, « Emmanuel Macron (enfin) candidat à l'élection présidentielle »,Le Monde.fr,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le).
↑« Présidentielle : François Bayrou et Emmanuel Macron feront "alliance" »,Le Point,(lire en ligne, consulté le).
↑« Le Drian soutient Macron : attendu et inéluctable [analyse] »,Ouest-France.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑Bastien Bonnefous et CédricPietralunga, « Valls choisit Macron, quitte à faire imploser le Parti socialiste »,Le Monde.fr,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le).
↑« L’ancien premier ministre Dominique de Villepin apporte son soutien à Emmanuel Macron »,Le Monde.fr,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le).
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↑Raphaëlle BesseDesmoulières, « Philippe Poutou (NPA) candidat à la présidentielle : « Le plus simple, c'est que ce soit moi qui y retourne » »,Le Monde.fr,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le).
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↑Innovation technologique qui fait partie de la théorie de contournement des médias traditionnels de Jean-Luc Mélenchon, l'hologramme était paradoxalement « fait pour les attirer et on a davantage parlé du gadget que du fond » selon Anaïs Theviot, chercheuse en Sciences politiques à l'Université Rennes 1. Cf.« La "com'" de Mélenchon, singulière et inédite », surfrancesoir.fr,.
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↑abc etdJean-BaptisteGarat, « Ni Le Pen, ni Macron : le vote blanc gagne du terrain chez les élus LR »,Le Figaro,(ISSN0182-5852,lire en ligne, consulté le).
↑Jeanne Cavelier et JoëlMorio, « Pourquoi TF1 lance « Elysée 2017 », une nouvelle émission politique en prime time »,Le Monde,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le).
↑a etbPatrickRoger, « Emmanuel Macron assure qu'« aucun centime » de Bercy n'a été utilisé pour En Marche ! »,Le Monde.fr,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le).
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