Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Église orthodoxe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Cet article concerne les structures de l'Église orthodoxe en tant qu'institution. Pour sa religion et sa doctrine, voirChristianisme orthodoxe.

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirOrthodoxe etÉglise orthodoxe orientale.

Église orthodoxe
L'église de la Sainte-Trinité,Istanbul.
Présentation
Nature
Principales branches religieuses
Nom des pratiquants
Chrétien, Orthodoxe
Croyances
Type de croyance
Religion monothéiste et universaliste
Principales divinités
Principaux prophètes
Moïse,grands prophètes,petits prophètes,patriarches (Bible),Roi David,Saint Jean le Baptiste. Il existe également divers prophétesses dans l'Ancien Testament. LesDouze Apôtres ainsi quePaul de Tarse etLuc (évangéliste) peuvent être perçus de prestige similaire aux prophètes.
Personnages importants
Lieux importants
Principaux ouvrages
Pratique religieuse
Date d'apparition
Lieu d'apparition
Aire de pratique actuelle
Europe de l’Est,Moyen-Orient,Asie, hausse en Occident, notamment auxÉtats-Unis.
Nombre de pratiquants actuel

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

L'Église orthodoxe, aussi connue sous le nom d'Église des sept conciles[1] ouCommunion orthodoxe[2], est l'une des confessions duchristianisme. Elle compte plus de230 millions de fidèles dans le monde[3], ce qui en fait la troisième plus grande église chrétienne après l'Église catholique et l'ensemble des confessionsprotestantes.

L'Église orthodoxe consiste en une communion d'Églises autocéphales fondée sur les dogmes édictés par les sept premiersconciles œcuméniques chrétiens, sur le modèle de laPentarchie. Lechristianisme orthodoxe professe ainsidescendre directement des communautés fondées par lesapôtres deJésus dans lesprovinces orientales de l'Empire romain et être ce qu'il était avant laséparation des Églises d'Orient et d'Occident. Initialement au nombre de cinqpatriarcats, puis quatre après la séparation avec l'Église de Rome, les Églises autocéphales devinrent de plus en plus nombreuses, principalement car l'Église de Constantinople reconnut de nouvelles Églises autocéphales dans les États orthodoxes émergents.

On dénombre aujourd'hui seize Églises autocéphalescanoniques et dix-neuf Églises orthodoxes autonomes. S'y ajoutent desÉglises orthodoxes indépendantes dites « non canoniques ».

L'Église orthodoxe s'est répandue dans le monde à travers ladiaspora des communautés d'origine et par le biais de la conversion. Elle est principalement présente dans l'antique zone deculture grecque, c'est-à-dire dans lazone orientale du bassin de lamer Méditerranée (Grèce,Chypre,Turquie,Syrie,Liban,Israël,Palestine,Jordanie,Arménie,Géorgie), dans les zones de peuplement slave (Russie,Ukraine,Biélorussie,Bulgarie,Serbie,Monténégro,Macédoine du Nord), enRoumanie etMoldavie, mais aussi dans certaines zones excentrées, comme lapéninsule d'Alaska.

Définition

[modifier |modifier le code]
Articles détaillés :Christianisme orthodoxe etChristianisme orthodoxe par pays.

L'« Église orthodoxe » (ou « Communion orthodoxe ») est le nom officiel d'un corps ecclésial fondé par les apôtres et organisé par lesPères de l'Église, leurs successeurs depuis les premiers temps du christianisme. L'instance suprême de cettecommunion est leconcile œcuménique, seul habilité à décider des formulations dogmatiques. L'instance immédiatement inférieure est le synode des primats qui se réunit pour s'adresser aux autres communautés chrétiennes. Puis viennent lesÉglises autocéphales dirigées chacune par un synode présidé par le primat.

Porte de la chapelle dumonastère Notre-Dame de Seidnaya (Syrie).
Uneéglise orthodoxe en bois deMaramureș.

L'Église orthodoxe est l'ensemble des Églises des sept conciles qui se trouvent en communion les unes avec les autres. La communion est matérialisée de plusieurs manières et en particulier par la communauté eucharistique, la communion de foi et par les concélébrations des membres du clergé, par lesdiptyques et par l'ordre honorifique de chacune des Églises autocéphales. Cependant, elles ne sont pas indépendantes les unes des autres, même en l'absence voulue d'un chef terrestre absolu comme lepape et d'une administration centralisée comme leVatican.

L'Église orthodoxe considère ne former qu'un seul Corps dont le chef n'est autre que le Christ lui-même, et c'est la communion de foi qui prévaut et rend inutile une administration commune.

Au début duXXIe siècle on dénombre environ 220 millions d'orthodoxes, soit environ 10% des chrétiens[4],[5]. La majorité d'entre eux (177 millions) vit en Europe de l'Est, dont plus de110 millions en Russie[6].

Histoire

[modifier |modifier le code]

Premiers schismes entre l'Orient et l'Occident

[modifier |modifier le code]

Les raisons de cette rupture progressive sont à chercher tant du côté des divergences doctrinales et liturgiques qui couvaient entre l'Église d'occident et celles d'orient depuis leVIIIe siècle, que du côté des rivalités politiques entre les États occidentaux qui commencent à s'affirmer, et l'Empire byzantin dont la puissance décline auXIIe siècle. Selon la plupart des auteurs, les premiers schismes, en 787 et 863, ont deux causes principales :

Du temps des dominations de l'Empire mongoljochides, la hiérarchie orthodoxe russe s'est montrée très conciliante ce qui lui a valu d'être protégée, avec de substantiels avantages financiers,fonciers et d'accéder au titre de tarkhan[8].

Église orthodoxe de Sanremo en Italie

Principes fondamentaux

[modifier |modifier le code]

L'Église orthodoxe se comprend comme l'Église chrétienne des origines et revendique lasuccession apostolique ainsi que lacatholicité (au sens d'« universalité »).

Succession apostolique des évêques

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Succession apostolique.
Synaxe desdouze apôtres, icône duXIVe siècle,musée Pouchkine,Moscou.

Pour les orthodoxes, l'épiscopat est le plus haut rang de la hiérarchie ecclésiastique : l'évêque possède la plénitude du sacerdoce chrétien, il est en cela une image du Christ, le seul grand prêtre et le seul sacrificateur de la Nouvelle Alliance. Chaque évêque est successeur de l'ensemble des douzeapôtres et cette succession est matérialisée par lasuccession apostolique, par la consécration de tout évêque par d'autres évêques, eux-mêmes consacrés par des lignées d'évêques qui remontent, à travers les siècles, jusqu'à un apôtre.

Monastère de Varlaam,Météores (Grèce).

L'Église orthodoxe ne confond pas cette tradition sacramentelle, inhérente à la dignité épiscopale, avec les différents usages honorifiques destinés à rappeler l'ancienneté et l'origine apostolique de telle ou telle Église particulière. On dit en effet que le pape deRome ou celui d'Alexandrie sont successeurs respectivement dePierre ou deMarc, que l'évêque d'Antioche est également successeur de Pierre : ce sont de simples formules de politesse, des souvenirs historiques, certes importants, mais qui n'enlèvent rien à la dignité des autres évêques.

Territorialité

[modifier |modifier le code]
Croix orthodoxe.

Traditionnellement, les Églises orthodoxes sont territoriales, concept qui n'a pas de caractère ethnique : les titulatures des évêques ne renvoient pas à des peuples mais à des lieux. Lepremier concile de Nicée a affirmé ce principe déjà largement appliqué depuis les apôtres, qu'en un lieu donné, un évêque et un seul, est garant à la fois de l'unité et de la communion de tous les chrétiens du lieu ainsi que de l'unité et de la communion avec les Églises des autres lieux. Chaque Église locale, rassemblée autour de son évêque, est en communion avec les Églises des autres lieux. Par exemple, il n'y a pas d'Église« finnoise » mais uneÉglise orthodoxe de Finlande qui rassemble les orthodoxes du lieu, qu'ils soient Finnois, Russes ou Suédois. De la même manière, il existe uneAssemblée des évêques orthodoxes de France qui rassemble des paroisses de nationalités différentes : laparoisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris, créée en1929 par des réfugiés politiques, lui est rattachée.

Ce principe s'accommode traditionnellement de trois exceptions, tolérables parce que mineures et très particulières :

  • le statut d'extraterritorialité desmétoques des monastères,
  • le statut destavropégie de certains monastères (exempts),
  • le statut d'extraterritorialité des exarcats (représentations de certains primats dans des grandes villes relevant de la juridiction d'un autre primat).

Ce principe connaît toutefois de nos jours plusieurs entorses importantes.

C'est le cas de la quasi-totalité des Russes qui ont fui la révolutionbolchévique. Les Églises et communautés religieuses orthodoxes russes (des sept conciles) enFrance et en règle générale dans la diaspora, dépendaient selon les cas, duPatriarcat de Moscou ou de celui deConstantinople. L'Église orthodoxe russe hors frontières s'était séparée de l'Église orthodoxe russe après larévolution d'Octobre. Elle constituait une dissidence jusqu'à ce que la communion eucharistique et l'unité canonique soient rétablies à Moscou le.

C'est aussi le cas, après la chute de l'Union soviétique, avec les paroisses hors territoire créées par certaines Églises orthodoxes : par exemple, en 2009, laparoisse orthodoxe géorgienne Sainte-Tamar de Villeneuve-Saint-Georges est créée et rattachée à l'Église orthodoxe de Géorgie et non à l'Assemblée des évêques orthodoxes de France.

Lalaure des Grottes de Kiev (Ukraine).
  • Depuis la chute de l'Union soviétique en 1990, il y a, dans plusieurs pays de l'Europe de l'Est (Pays baltes,Moldavie,Ukraine) desdoubles, voire triples appartenances juridictionnelles, les orthodoxes locaux revendiquant pour eux-mêmes le principe de la territorialité dans les frontières de leurs états nouvellement ou à nouveau indépendants, tandis que lepatriarcat de Moscou continue à se référer à la territorialité de l'ancienne Union soviétique.

Avec ces paroisses qui, dans une même ville ou un même pays, relèvent ici d'un évêque et là d'un autre, voire d'une autre Église autocéphale, l'Église orthodoxe se trouve confrontée à un vrai défi. Ou bien l'approche politique l'emporte et elle se figera dans une situation de contradiction par rapport à ses principes fondateurs, ou bien l'approche spirituelle reprend le dessus et elle maintient une certaine traditionnalité pour trouver des solutions acceptables et adaptées aux diverses situations pastorales.

Organisation

[modifier |modifier le code]
Carte en anglais présentant les Églises orthodoxes et leurs territoires en 2022
L'église Saint-Sava de Belgrade (Serbie).

L’Église orthodoxe est une communion d’Églises indépendantes sur le plan de l'organisation et de la discipline et intimement liées entre elles sur le plan dogmatique. Chacune d’elles est autocéphale, c’est-à-dire dirigée par son propresynode habilité à choisir son primat. Elles partagent toutes une foi commune, des principes communs de politique et d’organisation religieuses ainsi qu’une tradition liturgique commune.

Outre les langues employées lors du culte, seules des traditions mineures diffèrent en fonction des pays. Les évêques primats à la tête de ces Églises autocéphale peuvent être appelés patriarches, métropolites ou archevêques. Ces primats président les synodes épiscopaux qui, dans chaque Église, constituent l’autorité canonique, doctrinale et administrative la plus élevée.

Lacathédrale Saint-Alexandre-Nevski de Sofia (Bulgarie).

Il existe, entre les différentes Églises orthodoxes, une hiérarchie honorifique, déterminée en fonction de l’histoire plutôt que par leur force numérique actuelle. Les orthodoxes considèrent que lepatriarche de Constantinople a une prééminence honorifique sur les treize autresÉglises autocéphales orthodoxes, dont six bénéficient de patriarcats instaurés avant leVIe siècle (les six étant apostoliques) et sept bénéficient de patriarcats instaurés après leXIIe siècle (dont un est apostolique).

Ordinations et sacerdoce

[modifier |modifier le code]
À gauche : l'iconostase du catholicon dumonastère de Kykkos (Chypre) ; à droite : celle de lacathédrale de la Sainte-Trinité de Chicago (États-Unis).

Le patriarche, l'archevêque primat ou lemétropolite commeprimus inter pares, président les assemblées d'évêques, puis viennent les évêques (dugrec ancienἐπίσκοπος /epískopos, « surveillant, inspecteur »), prêtres (du grec ancienπρεσβύτερος /presbúteros, « ancien »), enfin les diacres (en grec ancienδιάκονος /diákonos, « aide, assistant »).

La hiérarchie compte aussi des sous-diacres, des lecteurs, des chantres ordonnés lecteurs ou sans sacrement spécifique et sans obligation particulière de discipline. Ces offices tirent leur origine des liturgies primitives ; et ceux qui ont reçu ces ordres exercent en partie d'autres fonctions que celles suggérées par leur nom. Les diaconesses appartiennent également au groupe des services sans ordination mais avec bénédiction spéciale de l'évêque. Elles sont principalement compétentes pour la préparation du baptême des femmes ; leur rôle est toutefois devenu insignifiant avec l'acceptation des baptêmes d'adultes, en sorte qu'elles disparaissent complètement dès la fin de l'Empire byzantin.

Les Orthodoxes n'ordonnent pas les femmes prêtres.

Conciles œcuméniques

[modifier |modifier le code]
L'empereurConstantin (au centre), avec les évêques du concile de Nicée (325), tenant anachroniquement le texte du « symbole de Nicée-Constantinople » dans sa forme liturgique grecque.
Article détaillé :Concile œcuménique.

Synode des primats

[modifier |modifier le code]

À certaines occasions, les primats orthodoxes se réunissent. C'est le cas en particulier quand il convient d'affirmer une position orthodoxe face aux autres confessions chrétiennes. Ce fut le cas en 1848. Les patriarches orthodoxes rédigèrent une encyclique mettant en garde la papauté romaine contre son projet de dogme sur« l'infaillibilité pontificale ».

Églises autocéphales et autonomes

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Liste des Églises orthodoxes.
Lemonastère Sainte-Catherine du Sinaï (Égypte).

Les Églisesautocéphales, d'un point de vue juridique et spirituel, sont complètement indépendantes et choisissent leur propreprimat. Elles peuvent avoir compétence sur d'autres Églises, dites seulementautonomes parce qu'elles ne désignent pas seules leur primat et peuvent avoir d'autres limitations.

Une Église autocéphale peut porter le titre depatriarcat, demétropole, ou d'archevêché ; elle est alors dirigée respectivement par un patriarche, un métropolite, ou un archevêque. À la tête d'une Église autonome, exerce un archevêque.

Dans les Églises orthodoxes, tous les évêques sont juridiquement et spirituellement égaux : un patriarche, un archevêque ou un métropolite n'ont pas plus d'autorité ni de droit juridictionnel que n'importe quel autre évêque dans leterritoire canonique d'un évêque voisin. Ils dirigent toutefois collégialement avec les évêques du synode, portant le titre deprimus inter pares (« premier entre les égaux ») et ils représentent l'Église à l'extérieur.

Les résolutions engageant une Église entière ne peuvent être prises que par la communauté des évêques lors d'unconcile ou unsynode. Dans son diocèse, chaque évêque exerce la juridiction épiscopale pleine et entière.

L'organisation de l'Église orthodoxe en Grèce est particulièrement complexe.

Spiritualité

[modifier |modifier le code]

Sacrements

[modifier |modifier le code]
Table de prothèse disposée pour l'eucharistie.

Les Églises orthodoxes connaissent sept sacrements (bien que la notion des sept sacrements soit très tardive), plus exactement nommésmystères :

Les sept sacrements sont les mêmes que ceux de l'Église catholique, hormis quelques nuances rituelles (cependant les orthodoxes appellent chrismation le sacrement deconfirmation de l'Église romaine). L'Église orthodoxe n'a jamais arrêté dogmatiquement le nombre des sacrements, contrairement à l'Église catholique qui en a arrêté le nombre à sept auconcile de Trente. Ainsi, la délimitation n'est pas claire entresacrement etsacramental (p. ex. un enterrement, une bénédiction).

Contrairement à la plupart des religions du monde, les Églises orthodoxes ne célèbrent aucun rituel de transition de l'enfant à l'adulte ; mais beaucoup de traditions locales sont pratiquées par des jeunes et ressortissent à ce type de célébration : en Grèce, par exemple, plonger dans un fleuve ou dans la mer et en rapporter la croix que le prêtre y a jetée lors de la célébration duBaptême du Christ lors de la fête de laThéophanie (correspondant à l'Épiphanie), le.

Liturgie

[modifier |modifier le code]
La Mère de Dieu aux trois mains,icônebyzantine.
LaRésurrection du Christ, icône russe, 1678.

Avec l’orthros (matînes), les petites heures, les prières avant et après la communion, l'office dominical peut durer trois heures, ou plus les jours de fête. De plus, l'usage de l'agrypnie ou vigile nocturne s'est conservé, non seulement pour Pâques, comme en Occident, mais aussi pour d'autres fêtes et en particulier pour les fêtes patronales, votives ou panégyries. Dans certains grands monastères, la célébration de la fête patronale peut durer toute la nuit. De ce fait, tous les fidèles ne restent pas du début à la fin des célébrations. L'antienneKyrie eleison (Seigneur, prends pitié), fréquente, est typique tant de la prière liturgique que de la prière individuelle.

  • le chant possède une importance particulière dans la liturgie russe orthodoxe. Les chants sont compris commeprière à part entière ; ils ne doivent donc être produits que par les voix humaines. L'utilisation des instruments n'est pas admise dans les Églises russes orthodoxes parce que les instruments ne peuvent prier.

Dans les autres Églises orthodoxes, la musique instrumentale est rare. Une théorie, envisageant cette aversion contre la musique instrumentale, la rapproche des orchestres usuels dans lesjeux du cirque romains ; les chrétiens considèrent les jeux du cirque, dans lesquels ils étaient parfois les victimes, comme unculteidolâtre.

Dans la liturgie orthodoxe, on se signe chaque fois que laTrinité est mentionnée. Lesigne de croix se pratique selon un mouvement de droite à gauche : front, poitrine, épaule droite, épaule gauche. Le pouce, l'index et le majeur sont liés pour représenter la Trinité, tandis que l'annulaire et l'auriculaire sont repliés dans la paume pour signifier ladouble nature. On se signe aussi en admirant une icône avec ou sans prière et dans d'innombrables autres occasions, laissées à la discrétion du croyant.

Le fidèle est, en principe, debout à l'office ; beaucoup d'églises n'ont de sièges que le long des murs pour les personnes âgées ou affaiblies. La position à genoux est peu fréquente ; le dimanche, on connaît quelques grandes prosternations dans les Églises d'Europe centrale ou d'Égypte.

Calendrier

[modifier |modifier le code]

Voir le chapitre équivalent dans l'article :Calendrier liturgique orthodoxe.

Fêtes liturgiques

[modifier |modifier le code]

Voir le chapitre équivalent dans l'article :Calendrier liturgique orthodoxe

Saints

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Liste des saints de l'Église orthodoxe.

Différences avec les autres confessions chrétiennes

[modifier |modifier le code]

Filioque

[modifier |modifier le code]

L'Église orthodoxe n'ajoute pas aucredo le motFilioque.

Rupture en 1054

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Séparation des Églises d'Orient et d'Occident.

Larupture définitive en 1054 entre l'évêque deRome, à l'époqueLéon IX, et le reste de laPentarchie a pour origine :

  • la disparition de l'influence de l'Empire romain d'Orient en Italie, au profit desFrancs et desNormands, et le souci de laPapauté de renforcer son autorité spirituelle sur ces puissants voisins ;
  • la rivalité politique entreLéon IX et lepatriarche de ConstantinopleMichel Ier Cérulaire, le premier interprétant son statut dePrimus inter pares dans le sens d'une autorité canonique sur les autres Patriarches, le second réfutant cette interprétation ;
  • la volonté papale d'uniformiser dans le sens latin les rites dans la partie sud de l'Italie, récemment conquise par lesNormands sur lesByzantins, qui se heurte à l'opposition du mêmeMichel Cérulaire (Keroularios), tout aussi soucieux de les uniformiser dans le sens grec ; la pierre d'achoppement fut l'usage dupain azyme (dont la pâte n'a pas été levée) enOccident.

Il s'ensuivit un échange de lettres peu amènes dans lesquelles est discutée l'œcuménicité du patriarcat de Constantinople. L'intransigeance des deux protagonistes mène à la rupture, alors que l'empereurConstantin IX Monomaque est partisan d'une alliance avec Rome et se veut conciliant. Le papeLéon IX envoie àConstantinople leslégatsHumbert de Moyenmoutier,Frédéric de Lorraine (plus tard pape sous le nom d'Étienne IX) etPietro d'Amalfi. Humbert et Michel Cérulaire sont aussi susceptibles l'un que l'autre. Michel Cérulaire met en doute la validité du mandat des légats. Le débat tourne à l'échange de propos injurieux. Humbert soulève le problème duFilioque. Le, Humbert et les légats déposent labulle d'excommunication de Michel sur l'autel de la cathédraleSainte-Sophie, sortent et secouent la poussière de leurs chaussures[note 1]. Le, lesynode permanent byzantin (en) réplique enanathématisant les légats.

Toutefois, contrairement à ce qui est souvent affirmé, l'excommunication n'est pas réciproque entre Rome et Constantinople car le pape n'y est pas mis en cause (il était mort et remplacé quelque temps avant l'arrivée d'Humbert à Constantinople, rendant la mission de ce dernier caduque), et l'affaire n'est pas prise très au sérieux à l'époque, malgré l'excommunication, quelques années plus tard de l'empereurAlexisIer Comnène, d'ailleurs levée par le papeUrbain II. À la fin duXIe siècle, il n'est pas encore question de schisme. Ce n'est qu'auXIIIe siècle que les choses empireront, en raison principalement dusac de Constantinople par laquatrième croisade en 1204, qui choquera profondément et durablement les Orthodoxes.

Malgré ces divergences, les relations se sont partiellement détendues auXXe siècle dans un effort d'œcuménisme : les anathèmes ont été levés le par le papePaul VI et le patriarcheAthénagorasIer.

Églises autocéphales

[modifier |modifier le code]
Ligne du temps en anglais présentant du point de vue du christianisme orthodoxe les Églises autocéphales et leurs origines, jusqu'en 2022.

Sept Églisesautocéphales se réclament d'une fondation par un apôtre ou un évangéliste : auIer siècle, l'Église orthodoxe de Constantinople fondée par l'apôtreAndré, l'Église d'Alexandrie et de toute l'Afrique (Patriarcat orthodoxe d'Alexandrie) fondée parMarc l'évangéliste, l'Église d'Antioche et de tout l'Orient fondée par lesapôtresPierre etPaul, l'Église orthodoxe de Jérusalem fondée par l'apôtreJacques, l'Église de Géorgie fondée par l'apôtreAndré, l'Église orthodoxe de Chypre fondée par les apôtresPaul etBarnabé et l'Église orthodoxe de Grèce fondée par l'apôtrePaul.

ÉgliseNotePrimatBlason ou monogramme
Patriarcat œcuménique de ConstantinopleFondée par André, son siège est situé àConstantinople et elle compte 3,5 millions de fidèles en Amérique, Europe et Asie.BartholoméeIeraucun
Église orthodoxe d'Alexandrie et de toute l'AfriqueFondée par Marc, son siège est situé àAlexandrie et elle compte 250 000 fidèles en Afrique.ThéodoreIIaucun
Église orthodoxe d'Antioche et de tout l'OrientFondée par Pierre et Paul, son siège fut transféré d'Antioche àDamas auXIVe siècle et elle compte 750 000 à1 million de fidèles au Moyen-Orient.JeanXaucun
Église orthodoxe de JérusalemFondée par Jacques, son siège est situé àJérusalem et elle a 130 000 fidèles en Palestine, Israël, Jordanie.Théophile IIIaucun
Église orthodoxe russeFondée vers 988, son siège est situé àMoscou et elle compte plus de90 millions de fidèles dans la CEI.Cyrilleaucun
Église orthodoxe serbeFondée entre 610 et 867, son siège est situé àBelgrade et elle a 9 millions de fidèles dans lesrépubliques yougoslaves.Porphyresans cadre
Église orthodoxe roumaineFondée par André auIer siècle (enScythie mineure), son siège est situé àBucarest et elle possède actuellement environ20 millions de fidèles.Danielaucun
Église orthodoxe bulgareFondée entre leVIIe siècle et 865, son siège est situé àSofia et elle possède 8 millions de fidèles.Néophyte
Église orthodoxe géorgienneFondée par André, son siège est situé àTbilissi et elle compte5 millions de fidèles.ÉlieIIaucun
Église de ChypreFondée par Paul et Barnabé, son siège est situé àNicosie et elle compte 450 000 fidèles.ChrysostomeIIaucun
Église de GrèceFondée en 1830 environ, son siège est situé àAthènes et elle compte environ10 millions de fidèles.HiéronymeIIaucun
Église orthodoxe d'AlbanieFondée en 1937, avec une période d'interdiction entre 1967 et 1991, son siège est situé àTirana et elle compte 160 000 fidèles.Anastaseaucun
Église orthodoxe de PologneFondée vers 1924, son siège est situé àVarsovie et elle compte 600 000 fidèles.Sabasaucun
Église orthodoxe des Terres tchèques et de SlovaquieFondée en 1951, elle compte 100 000 fidèles.Rostislav
Église orthodoxe en Amérique*Fondée en 1924, elle compte 1 million de fidèles.Tikhonaucun
Église orthodoxe d'Ukraine*Le, lePatriarcat œcuménique annonce son intention d'accorder l'autocéphalie à l'Ukraine[9], ce qui entraîne le une rupture de la communion de la part duPatriarcat de Moscou avec lePatriarat œcuménique et crée unschisme entre ces deux Églises[10].

Le, après unconcile tenu à Kiev (en), unenouvelle Église ukrainienne est créée et le MétropoliteÉpiphane est élu à sa tête[11]. Le, l'autocéphalie de l'Église orthodoxe d'Ukraine est reconnue par le Patriarcat œcuménique, le Patriarcat d'Alexandrie, l’Église de Grèce et l’Église de Chypre[12], considérée schismatique par le Patriarcat de Moscou, et non reconnue par d'autres Églises orthodoxes[13],[14].

Épiphaneaucun
Église orthodoxe macédonienneReconnue en juin 2022 par le Patriarcat de Serbie et le Patriarcat œcuménique.Stéphane
* Église dont l'autocéphalie n'est pas universellement reconnue.

Églises autonomes

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Liste des Églises orthodoxes#Églises autonomes.

Les Églises autonomes sont soumises sur certains points à l'autorité des Églises autocéphales. L'autonomie de certaines de ces Églises n'est pas unanimement reconnue.

Églises indépendantes

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Liste des Églises orthodoxes#Églises indépendantes non reconnues.

La non-reconnaissance canonique de ces Églises peut tenir à des conflits territoriaux (création d'une nouvelle Église sur le territoire canonique traditionnel d'une Église établie sans son accord) ou à des conflits disciplinaires ou doctrinaux (non acceptation de décision(s) d'une Église établie, par exemple dans le cas desVieux-croyants). Elles peuvent être considérées par les Églises canoniques comme étantschismatiques.

Mouvements sortis de la théologie orthodoxe

[modifier |modifier le code]

Tous ces mouvements sont issus de scissions dans l'Église orthodoxe russe, et sont considérés par les Églises dominantes comme des mouvementshérétiques :

Notes et références

[modifier |modifier le code]

Notes

[modifier |modifier le code]
  1. Il s'agit d'une allusion à un passage de l'Évangile selon Luc (9:6) : « Et, si les gens ne vous reçoivent pas, sortez de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. » (traductionLouis Segond)

Références

[modifier |modifier le code]
  1. MartinJugie, « Le nombre des conciles œcuméniques reconnus par l'Église gréco-russe et ses théologiens »,Revue des études byzantines,vol. 18,no 115,‎,p. 305-320(DOI 10.3406/rebyz.1919.4213) :

    « N'est-ce pas là un des dogmes fondamentaux de cette Église, qui s'intitule parfois elle-même « l'Église des sept conciles », et peut-il y avoir quelque doute à ce sujet ? »

  2. Paul Poupard (dir.),Dictionnaire des religions, Presses universitaires de France,(ISBN 2-13-037978-8,978-2-13-037978-2 et2-13-038907-4,OCLC 10588473), « Églises chrétiennes orientales »,p. 494
  3. Pew Research Center, « Orthodox Christianity in the 21st Century »Accès libre,
  4. (en) « Orthodox Christianity in the 21st Century »,.
  5. (en)Pew Research Center, « Global Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population », surpewforum.org,(consulté en),p. 28
  6. Antoine Arjakovsky,Qu'est-ce que l'orthodoxie ?,coll. « Folio essais », 2013,p. 63sq.
  7. Catéchisme de l'Église catholique, 246–248
  8. Marie Favereau :La Horde, 2023, Éd. Perrin,(ISBN 978-2262099558)
  9. « Pour l’Église orthodoxe ukrainienne, l’autocéphalie au bout des doigts », surLa Croix,(consulté le)
  10. « L'Église orthodoxe russe annonce rompre ses liens avec le Patriarcat de Constantinople », surLa Croix,(consulté le)
  11. « En Ukraine, un concile orthodoxe crée une Église indépendante », surLa Croix,(consulté le)
  12. « L'Église d'Ukraine officiellement créée par le patriarche Bartholomée », surLa Croix,(consulté le)
  13. « Entre Moscou et Constantinople, le monde orthodoxe divisé », surLa Croix,(consulté le)
  14. « La question ukrainienne fracture le monde orthodoxe », surLa Croix,(consulté le)

Voir aussi

[modifier |modifier le code]
Unecatégorie est consacrée à ce sujet :Église orthodoxe.

Bibliographie

[modifier |modifier le code]
Orthodoxie byzantine
Orthodoxie contemporaine

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

v ·m
(Église des sept conciles)
Liste des Églises orthodoxes
Églises autocéphales
Patriarcats anciens
Autres patriarcats
Archevêchés et métropoles
Églises autonomes
Églises semi-autonomes
Principales Églises indépendantes non reconnues
Mouvements indépendants
Histoire
Liturgie
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Église_orthodoxe&oldid=231773171 ».
Catégorie :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp