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| Église Saint-André | |
Clocher et chevet de l’église Saint-André. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | catholique |
| Type | église |
| Début de la construction | XIIe siècle |
| Fin des travaux | XIXe siècle |
| Style dominant | roman,gothique,néoclassique |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | France |
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
| Département | Charente |
| Ville | Angoulême |
| Coordonnées | 45° 39′ 00″ nord, 0° 09′ 18″ est[2] |
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L’église Saint-André est une église paroissiale située dans le centre historique d’Angoulême, dans le département français de laCharente et lediocèse d’Angoulême.
Construite à partir duXIIe siècle, c’est une des plus anciennes églises de la cité, avec lacathédrale Saint-Pierre toute proche. Conservant une collection de tableaux desXVIe,XVIIe,XVIIIe et XIXe siècles, unretable et unechaire baroque en bois sculpté, elle fait l’objet d’une inscription au titre desmonuments historiques depuis1951[1].

Une première église Saint-André est mentionnée dans une charte datée de1020, mais il n’en subsiste plus aucun vestige[3]. La construction du sanctuaire actuel est entreprise auXIIe siècle, époque marquée par un épanouissement exceptionnel de l’architecture religieuse. De nombreuses églises sont construites ou reconstruites afin de répondre à la croissance de la population et, par conséquent, du nombre de fidèles. L’église primitive semble avoir été un édifice relativement modeste, attenant au palais des comtes Taillefer.
Sérieusement endommagée durant laguerre de Cent Ans, une grande campagne de modernisation est mise en œuvre dans la seconde moitié duXVe siècle. Dans sa partie orientale, le vaisseau unique se voit adjoindre deux bas-côtés, plusieurs chapelles sont édifiées (subsistent celles des Boissot et des De Paris), et des croisées d’ogives sont posées.
Victime de nouvelles déprédations au moment desguerres de Religion, en particulier lors de la prise de la ville par les troupes de Coligny en1568[4], elle est restaurée à partir de1585. La remise en état des voûtes (inspirées dustyle Plantagenêt) intervient à partir de1653 (année de la signature du contrat de maçonnerie entre Jean Thomasdes Bertonnières, curé de Saint-André, et Jean Ancelin, architecte). Les travaux avancent lentement, et les voûtes romanes de la nef ne sont pas relevées avant mars1668, soit un siècle après leur destruction[5].
En1825,Paul Abadie père édifie une nouvelle façade, dans un style sévère inspiré, comme nombre de ses œuvres (palais de justice d’Angoulême,église Saint-Jacques de l'Houmeau, hôpital de Beaulieu,lycée Guez-de-Balzac) par l’art antique[6].
L’église Saint-André se caractérise par son architecture hétéroclite, qui s’explique par son histoire mouvementée, duXIIe au XIXe siècle. La façade est la partie la plus récente, puisqu’elle ne date que de1825[7]. Caractéristique des tendances néo-classiques, chères à son architectePaul Abadie père, elle se rapproche, par certains aspects, des arcs de triomphe de l’Antiquité. Pilastres, chapiteaux ioniques et fronton triangulaire participent également à ce renouveau du vocabulaire stylistique antique. De part et d’autre du portail, deux niches accueillent des statues desaint André (patron de la paroisse) et desaint Paul (évocation d’une ancienne église paroissiale placée sous ce vocable et détruite pendant la Révolution[3]).
L’avant-nef (en réalité une partie de lanef de l’église médiévale) est au contraire la partie la plus ancienne, datant duXIIe siècle. Sesmurs gouttereaux sont rythmés de grandes arcades, et sa voûte enplein cintre, portée par desarcs doubleaux légèrement brisés, est caractéristique de l’architecture romane de cette époque. Le contraste avec la nef proprement dite, reconstruite auXVIe siècle, est d’autant plus frappant. Constituée de quatretravées couvertes de croisées d’ogives bombées (voûtes dites « angevines » ou « Plantagenêt »), bordée de bas-côtés et de deux chapelles couvertes de voûtes d’ogives à liernes et tiercerons et de clefs pendantes[8], dans la plus pure tradition dugothique flamboyant, elle est éclairée par une série de baies.
Plusieurs autres chapelles complétaient autrefois cet ensemble, telle la chapelle des Houlier (dite aussi Notre-Dame-de-l’Annonciation), fondée vers1613 et qui se trouvait dans la partie orientale du bas-côté sud, ou la chapelle des Corliot, située près du mur ouest, dans la partie romane de l’édifice. Elles ont aujourd’hui entièrement disparu. La chapelle Notre-Dame-des-Marchands (ou du Petit-Cimetière), qui s’élevait à proximité immédiate de l’église Saint-André, a connu un sort analogue[5].
Le clocher, modeste par ses dimensions, s’élève néanmoins à près de 35 mètres. Il abrite un carillon de sept cloches, dont un bourdon, fondu en1550, qui servit longtemps soit à signaler les réunions des échevins, soit à sonner letocsin en cas de péril (guerre, mais aussi incendies par exemple)[8].
À proximité immédiate de l'église, dans le square Saint-André, se dresse une supposéelanterne des morts duXIIe siècle[9]. Selon d'autres sources, il s'agirait d'une ancienne cheminée du palais Taillefer (XIIe siècle) récupérée et installée au chevet de l'église par la municipalité auXIXe siècle[10].
Le mobilier est notamment constitué d’une collection de tableaux allant duXVIe au XIXe siècle. Parmi les principales œuvres, un « Martyre de sainte Ursule » duXVIe siècle, une « Adoration des bergers », peinture de l’école italienne inspirée deBaroccio, une « Adoration des Mages », une « Sainte Isabelle de Hongrie donnant l’aumône aux pauvres » et une « Assomption de la Vierge », tableaux de l’école française datant duXVIIe siècle[3]. Se détachent également un « Saint Wolfgang apparaissant à saint Henri » deClaude Vignon (1593-1670) et un « Baptême du Christ » de François Nicollet (1762-1833)[8],[11].
Au fond de l’église, le maître-autel en marbre abrite des reliques de saint André. Le regard se porte vers le retable, don de Jean Dussieuxde Chabrefy, désireux de« laisser a la posteritte des marques de la piete, affection et charitte quit a tousjours heu pour sa parroisse et leglize de St Andre, ce que la fureur des heretiques avoient ruine[5] ». Réalisé par François et Mathurin Cazier en1669, il représente, au centre, la Vierge Marie, à droite, saint Jean et à gauche, saint André portant sa croix. Parfaitement représentatif de l’art baroque, il est encadré de colonnes torses, de tiges de vignes sculptées et est orné à sa base d’unecroix de saint André et des armes de la famille des De Paris de L’Épineuil[5]. Il est classémonument historique au titre d’objet depuis 1962[12].
Enfin, la chaire, chef-d’œuvre de l’art baroque, a été réalisée en1692 par Jacques Rogier. Elle se compose de quatre panneaux, où sont représentés les symboles des évangélistes : un bœuf (Luc), un ange (Matthieu), un aigle (Jean) et un lion (Marc) ; d’une rampe d’accès où sont représentés les symboles des apôtres : un bâton de pèlerin (Jacques), des clés (Pierre), un glaive (Paul) et une croix (André) ; et d’un abat-voix surmonté d’une couronne (qui serait celle des comtes Taillefer[7] ou du Christ-Roi[8]), porté par des Atlantes. Elle est classéemonument historique au titre d’objet depuis 1962[13].
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