Il fait partie des principaux écrivains de marine français de la première moitié duXXe siècle[1], et ayant eu une réelle expérience professionnelle maritime préalable dans les marines marchande et militaire, avecClaude Farrère (nom réel Frédéric-Charles-Pierre-Edouard Bargone) etBernard Poulailler (nom de plume: Bernard Frank).
Édouard Peisson est le second fils de Marius Peisson, plus connu sous son nom de journaliste auPetit Marseillais : Odysse Richemond. Enfant, il passe ses vacances àVentabren, village dont sa mère est originaire. Il est élève du Petit Séminaire qu'il quitte pour l'école Saint-Joseph, où il passe son brevet.
Il se sent très tôt attiré par la mer, d'abord en écoutant les récits de son grand-père qui a un peu navigué autrefois, ensuite par ses lectures, comme « les Aventures de Gordon Pym » d'Edgar Poe ou « Pirate » deWalter Scott. À 17 ans, il rencontre la famille de marins-armateurs de son ami Jean-Pierre Mattei. À la fin de l'hiver 1914, alors qu'il n'a que 18 ans, il embarque en qualité de pilotin sur leMadonna, un paquebot transatlantique.
Peisson, en tant que radio-télégraphiste, puis capitaine de la marine marchande, navigue pour le compte des compagnies de transports maritimesPaquet etTransatlantique. Il parcourut ainsi la Méditerranée, la ligne de l'Atlantique vers les États-Unis et la mer Blanche, les mers du Sud, sur divers cargos et paquebots[2]. Pendant laPremière Guerre mondiale, il sert sur des transports de troupes et de munitions. En, la traversée qu'il effectue d'Alger à Rouen dans une tempête se fait à voile sur une goélette à cinq mats et machines auxiliaires[3], une expérience qui inspira en partie un de ses romans maritimes,Gens de mer (1934). Ses navigations se font plutôt sur des navires à vapeur. Il connait les premiers navires équipés de la chauffe au mazout (en remplacement du charbon), notamment sur le paquebotLamoricière, sur lequel il embarque en 1921, et dont le naufrage, en 1942, a pu inspirer sa trilogieLe Sel de la mer.
En 1922, un décret ministériel[4] a pour effet de réduire de manière drastique les effectifs de la marine marchande et entraîne le désarmement de nombreux navires. En 1924, Peisson se retrouve sans travail. Il passe un concours de rédacteur à la Préfecture des Bouches-du-Rhône, mais il n'apprécie guère son nouveau métier qu'il trouve absurde et ennuyeux. C'est alors qu'il commence à écrire.
En 1936, il démissionne de son emploi préfectoral pour se consacrer uniquement à la littérature. Il quitte Marseille pour s'installer àLuynes dont il ne s'absente que pour de brefs séjours à Paris.
Élu membre de l'Académie de Marseille en 1939, Peisson s'y rend depuis Luynes pour en suivre régulièrement et avec plaisir les séances. L'Académie française lui décerne lePrix Paul-Flat en 1933 pourParti de Liverpool, leprix Vitet en 1937 et legrand prix du roman en 1940 pourLe voyage d'Edgar. Il se lie àBlaise Cendrars, réfugié à Aix-en-Provence de 1940 à 1944, qui évoque dansL'Homme foudroyé le soutien que Peisson lui a apporté pour recommencer à écrire.
ÀVentabren et àLuynes[6], un groupe scolaire porte le nom d'Edouard Peisson.
↑Les voyages effectués dans les zones de guerre, comme ceux d'Arkhangelsk ou deRio de Janeiro s'avéreront particulièrement dangereux car « les navires de la marine marchande ne sont que des proies et des victimes », ce qui fera écrire à Édouard Peisson dans « la Mer est un pays secret » : « la mer est la Grande Pitié de la marine marchande », cité par René Moniot Beaumont dansHistoire de la littérature maritime, p. 287.
Olivier Boura,Dictionnaire des écrivains marseillais, Gaussen, Marseille, 2017.
Marie-Jeannine Salé,Édouard Peisson : Homme de mer et Romancier, La Pensée, 1977.
René Moniot Beaumont, « Édouard Peisson (1896-1963) : Le Conrad français », dansHistoire de la littérature maritime, La Découvrance, 2008(ISBN978-2-84265-590-7),pp. 285 et suiv.(Extrait. Consulté le.)
Académie de Marseille,Dictionnaire des marseillais, Edisud, Marseille, 2003,p. 261(ISBN2-7449-0254-3)