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Édouard III

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Pour la pièce de théâtre que Shakespeare a tirée de la vie du présent monarque, voirÉdouard III (Shakespeare).

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Pour les articles homonymes, voirÉdouard Plantagenêt.

Édouard III
Illustration.
Gisant d'Édouard III d'Angleterre à l'abbaye de Westminster.
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande

(50 ans, 4 mois et 27 jours)
Couronnement en l'abbaye de Westminster
PrédécesseurÉdouard II
SuccesseurRichard II
Duc d'Aquitaine

(36 ans, 10 mois et 9 jours)
PrédécesseurÉdouard II
SuccesseurÉdouard de Woodstock

(4 ans, 8 mois et 15 jours)
PrédécesseurÉdouard de Woodstock
SuccesseurRichard II
Comte de Ponthieu

(11 ans, 8 mois et 22 jours)
PrédécesseurÉdouard II
SuccesseurConfiscation du titre

(9 ans, 1 mois et 6 jours)
PrédécesseurJacques Ier de Bourbon
SuccesseurConfiscation du titre
Comte de Chester

(14 ans, 2 mois et 1 jour)
PrédécesseurÉdouard II
SuccesseurÉdouard de Woodstock
Prétendant au trône de France
Biographie
DynastiePlantagenêt
Date de naissance
Lieu de naissanceChâteau de Windsor (Berkshire,Angleterre)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décèsPalais de Sheen (Richmond,Angleterre)
SépultureAbbaye de Westminster
PèreÉdouard II
MèreIsabelle de France
ConjointPhilippa de Hainaut
EnfantsÉdouard de Woodstock
Isabelle d'Angleterre
Jeanne d'Angleterre
Lionel d'Anvers
Jean de Gand
Edmond de Langley
Marie d'Angleterre
Marguerite d'Angleterre
Thomas de Woodstock
John de Southeray(illégitime)
HéritierJean d'Eltham
(1327-1330)
Édouard de Woodstock
(1330-1376)
Richard de Bordeaux
(1376-1377)

Image illustrative de l’article Édouard III
Monarques d'Angleterre
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Édouard III d'Angleterre, également connu sous le nom de « Édouard de Windsor », né le auchâteau de Windsor (Berkshire) et mort le aupalais de Sheen (Richmond upon Thames,Surrey[1]), estroi d'Angleterre etseigneur d'Irlande du à sa mort.

Il est égalementduc d'Aquitaine à compter du, avant de céder ce titre à son fils aîné,Édouard, en 1362. Il règne pendant une période charnière, dans une Europe en crise économique et sociale, qui bascule dans laguerre de Cent Ans et subit les ravages de lapeste noire.

Édouard est couronné en l'abbaye de Westminster, àLondres, le, à l'âge de14 ans, en raison de la destitution de son père,Édouard II, le précédent. Alors qu'il est à peine âgé de dix-huit ans, il fait juger et exécuter, le,Roger Mortimer, commanditaire présumé de l'assassinat de son père et concubin de sa mère,Isabelle de France, à qui cette dernière avait confié le gouvernement.

Édouard III commence ainsi son règne personnel. Ayant restauré l'autorité royale, après le règne désastreux de son père, il fait duroyaume d'Angleterre la première puissance militaire d'Europe. Après avoir défait, mais non soumis leroyaume d'Écosse, il s'attaque auroyaume de France, avec lequel son royaume est en conflit larvé du fait de l'emprise économique de l'Angleterre sur toute sa partie occidentale, desFlandres françaises à l'Aquitaine, et de l'alliance franco-écossaise.

Ces contentieux sont doublés par le problème de la souveraineté sur laGuyenne,fief pour lequel il estvassal duroi de France, qui peut, à ce titre, annuler toutes ses décisions de justice. Le, il se déclare l'héritier légitime du trône de France (en tant que petit-fils dePhilippe IV le Bel, par sa mère), ce qui déclenche laguerre de Cent Ans.

Après quelques revers, Édouard parvient à faire voter des impôts par le Parlement qui lui donne les moyens de maintenir une armée de métier, ce qui le conduit à la victoire. Les batailles deCrécy puis dePoitiers, lors de laquelle le roi de FranceJean II est capturé, ainsi que la prise deCalais, lui permettent d'étendre son royaume sur le tiers de la France continentale en vertu dutraité de Brétigny, signé le.

Cependant, à compter de cette époque, il se heurte àCharles V qui renverse la tendance. Celui-ci modernise en effet l'économie et l'armée françaises et fait accepter les impôts quand le Parlement anglais se met à rechigner à financer la guerre. Les dernières années d'Édouard sont difficiles : elles sont marquées par des revers sur le plan stratégique, avec notamment la perte de pratiquement toutes ses conquêtes, et par des troubles intérieurs, que l'on peut largement attribuer à son apathie et sa très mauvaise santé.

Hautement vénéré à son époque et pendant des siècles, Édouard est dénoncé plus tard comme un aventurier irresponsable par des historienswhigs. Cette vision est maintenant dépassée et l'historiographie moderne le crédite de nombreux accomplissements. Durant son long règne de 50 ans, il enclenche la transformation de l'Angleterre en puissance manufacturière maîtrisant toute la chaîne textile. Son règne voit des progrès primordiaux dans la législature et le gouvernement, dont en particulier l'évolution duParlement anglais.

Jeunesse

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Enfance

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Couronnement d'Édouard III. Miniature deLoyset Liédet,Chroniques de Froissart, Paris,BnF,département des Manuscrits,ms. Français 2643,XVe siècle.

Édouard naît àWindsor le. Le règne de son père est marqué par des défaites militaires, des rébellions dans la noblesse et la corruption des courtisans, mais la naissance d'un héritier mâle en 1312 renforce temporairement la position d'Édouard II sur le trône[2].

Ainsi, dans ce qui est probablement une tentative de son père de restaurer l'autorité royale après des années de mécontentement, Édouard est proclamécomte de Chester à seulement 12 jours, et moins de deux mois plus tard, son père lui donne un ensemble de servants pour sa cour. Il a ainsi une certaine autonomie et peut vivre en prince[3]. Comme tous les rois d'Angleterre depuisGuillaume le Conquérant, il est élevé enfrançais et ne connaît pas l'anglais[4].

Destitution d'Édouard II

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Articles détaillés :Invasion de l'Angleterre (1326) etParlement de 1327.

En 1325, la reineIsabelle de France, dont les relations avec son mari se sont considérablement détériorées, est envoyée en France auprès de son frère le roiCharles IV le Bel, afin d'y négocier la paix en Gascogne. Les négociateurs arrivent à s'entendre, mais le roi d'Angleterre doit venir en France prêter allégeance pour ses terres gasconnes auprès du roi de France. Peu soucieux de traverser la Manche, Édouard II envoie son fils aîné, auquel il a donné laGascogne, prêter allégeance. Le jeune Édouard est alors âgé de quatorze ans[5].

Peu après, la reine et son amant,Roger Mortimer, prennent la tête d'une révolte baronniale contre Édouard II. Le, après avoir rallié à leur cause lecomte de Hainaut, sa fillePhilippa étant fiancée à Édouard, ils débarquent en Angleterre[6]. Presque sans soutien, le roi est capturé et contraint à l'abdication le, en faveur de son fils. Il sera assassiné dans sa prison quelques mois plus tard. Édouard III est couronné le1er février en l'abbaye de Westminster à Londres parWalter Reynolds,archevêque de Cantorbéry, avec Isabelle et Mortimer comme régents. Mortimer devient de facto le dirigeant de l'Angleterre et soumet le jeune roi à un irrespect et une humiliation constants[7].

Prise de pouvoir

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Mortimer sait que sa position est précaire, et davantage lorsque Édouard et sa femme,Philippa de Hainaut, ont un fils, le[8]. Mortimer use de son pouvoir pour acquérir des propriétés et des titres de noblesse tels que celui decomte de March dans lepays de Galles, la plupart de ces titres ayant appartenu àEdmond FitzAlan, 2ecomte d'Arundel, resté loyal à Édouard II dans sa lutte face à Isabelle et Mortimer, et qui a été exécuté en[9]. Cependant, l'avidité et l'arrogance de Mortimer lui attire la haine des nobles. L'exécution d'Edmond de Woodstock, frère d'Édouard II, le soulève l'indignation de la noblesse et inquiète Édouard III qui se sent menacé[10].

Le, Mortimer et Isabelle dorment dans lechâteau de Nottingham. Profitant de la nuit, un groupe loyal à Édouard pénètre dans la forteresse par un passage secret, arrête Mortimer qui est emmené à la tour de Londres[11]. Dépouillé de ses terres et de ses titres, il est accusé d'avoir usurpé l'autorité royale en Angleterre. Sans procès, Édouard condamne Mortimer à mort un mois après son renversement. Ce dernier est pendu le. Alors que Mortimer est exécuté, Isabelle est exilée auchâteau de Castle Rising dans leNorfolk et Édouard prend la tête de l'Angleterre[12].

Roi d'Angleterre

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Début du règne

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Succession à la couronne de France

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Article détaillé :Succession de Charles IV le Bel.

Petit-fils dePhilippe IV le Bel, Édouard est pourtant évincé de la succession de France en 1328. Ceci se fonde sur un choix fait lors de la succession deLouis X en 1316. Ce dernier est mort sans héritier mâle : l'héritier direct du royaume de France se trouve donc être la fille mineure du roi défunt,Jeanne[13]. L'infidélité avérée de la reineMarguerite en 1314 et sa mort en prison l'année suivante risquent de mettre en cause la légitimité de la princesse et font craindre qu'un prétendant au trône prétexte d'une possible bâtardise de Jeanne pour légitimer ses revendications au trône[14].

Cependant, la reineClémence, épouse en secondes noces du feu roi, est enceinte. Le frère du défunt roi, le puissantPhilippe, comte de Poitiers, chevalier aguerri et formé par son père au métier de roi, s'impose comme régent. La reine accouche d'un fils nommé Jean. La dynastie est sauvée mais le nourrisson, roi sous le nom deJean Ier de France, meurt quatre jours après sa naissance[15],[16].

Philippe de Poitiers est considéré par les grands comme le plus apte à gouverner et se fait sacrer roi de France, consacrant l'éviction de Jeanne[13]. Après le court règne dePhilippe V, mort en 1322 sans héritier mâle[17], c'est son plus jeune frère,Charles IV, qui, bénéficiant du précédent de son aîné, ceint à son tour la couronne de 1322 à 1328[18].

Généalogie de la Guerre de Cent Ans
Généalogie de la Guerre de Cent Ans

Édouard III pourrait être candidat au trône, mais c'estPhilippe VI de Valois qui est choisi[19]. Il est le fils deCharles de Valois, l'aîné des frères cadets de Philippe le Bel, et descend donc par les mâles de la lignée capétienne. Il s'agit d'un choix géopolitique et une claire expression d'une conscience nationale naissante : le refus de voir un éventuel étranger épouser la reine et diriger le pays[20]. Les pairs de France refusent de donner la couronne à un roi étranger, suivant la même logique de politique nationale que dix ans auparavant[21].

La nouvelle ne surprend pas en Angleterre : seule Isabelle de France, qui est fille de Philippe le Bel, proteste de cette décision qui prive son fils de la couronne et envoie deux évêques à Paris, sans que ceux-ci soient reçus. LeParlement anglais réuni en 1329 déclare d'ailleurs qu'Édouard n'a pas de droit à la couronne et doit prêter l'hommage pour l'Aquitaine[22].

Hommage pour la Guyenne

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Hommage àPhilippe VI pour laGuyenne en 1329. Miniature desGrandes Chroniques de France de Charles V, BNF, Fr.2813.

Édouard se soumet et rendhommage le à lacathédrale d'Amiens mais il refuse de joindre les mains devant Philippe, ce qui signifie qu'il rend l'hommage simple et non l'hommage lige (il reconnaît Philippe comme son seigneur et non comme son suzerain suprême). Son porte-parole, l'évêque de LincolnHenry Burghersh, fait un discours de protestation présentant la liste des arguments juridiques contre l'hommage lige[23].

Philippe donne à Édouard jusqu'au pour revenir lui prêter l'hommage lige en bonne et due forme : les Anglais réclament que les territoires saisis pendant laguerre de Saint-Sardos leur soient rendus. Philippe refuse catégoriquement et fixe une nouvelle date butoir : le. Devant un nouveau refus, le roi de France charge son frèreCharles II d'Alençon de s'emparer deSaintes qui est pillée. Mais Édouard renverseMortimer et prend en main les affaires. Il envoie une ambassade à Philippe en et fait amende honorable, demandant que son hommage puisse être considéré comme un hommage lige. Philippe se montre conciliant : il accepte la proposition, retire son armée de Saintes et promet une indemnisation pour le sac de la ville[24].

Guerre d'Écosse

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Tous ces efforts d'apaisements sont ruinés quandÉdouard Balliol, le fils de l'ancien roiJohn Balliol, favorable aux Anglais, débarque à la tête d'une armée privée le dans le comté deFife, dans l'Est de l'Écosse, ravivant ainsi leconflit anglo-écossais[24]. Depuis 1296, profitant de la mort d'Alexandre III d'Écosse sans héritier mâle et d'une tentative de prise de contrôle par mariage, l'Angleterre considère l'Écosse comme un État vassal. Cependant, les Écossais ont contracté avec la France laAuld Alliance le, et Robert Bruce (futurRobert Ier d'Écosse) écrase, lors de labataille de Bannockburn en 1314, la chevalerie anglaise, pourtant très supérieure en nombre, grâce à sespiquiers qui, en fichant leurs lances dans le sol, peuvent briser les charges de cavalerie comme l'ont fait les Flamands contre les Français à labataille de Courtrai[25].

Ces formations de piquiers peuvent être utilisées de manière offensive à la manière desphalanges grecques (la formation serrée permet de cumuler l'énergie cinétique de tous les combattants qui peuvent renverser l'infanterie adverse) et ont disloqué les rangs anglais, leur infligeant une sévère défaite. En 1328,Robert Bruce est reconnu roi d'Écosse par letraité de Northampton. Mais à sa mort en 1329,David II d'Écosse n'a que huit ans, ce qui donne l'occasion à Édouard Balliol de réclamer la couronne[24].

Après la défaite de Bannockburn, les Anglais prennent acte de la fin de la supériorité de la chevalerie sur les champs de bataille et mettent au point de nouvelles tactiques. Le roiÉdouard Ier d'Angleterre instaure ainsi une loi qui incite les archers à s'entraîner le dimanche en bannissant l'usage des autres sports ; les Anglais deviennent alors habiles au maniement de l'arc long (long bow). Les Anglais adaptent leur manière de combattre en diminuant la cavalerie mais en utilisant plus d'archers et d'hommes d'armes à pied protégés des charges par des pieux plantés dans le sol, ces unités se déplacent à cheval mais combattent à pied[26],[27].

Utilisant un schéma tactique qui préfigure labataille de Crécy, avec des hommes d'armes retranchés derrière des pieux fichés dans le sol et des archers disposés sur les flancs pour éviter que les projectiles ne ricochent sur lesbassinets et armures profilés pour dévier les coups portés de face, Édouard Balliol écrase les Écossais pourtant supérieurs en nombre, le, à labataille de Dupplin Moor. Édouard Balliol est couronné roi d'Écosse àScone en. Édouard n'a pas participé à la campagne mais, en laissant faire, il n'ignore pas que le résultat lui est très favorable : il a un allié à la tête de l'Écosse[24].

Édouard III devant Berwick. Miniature deLoyset Liédet,Chroniques de Froissart, BNF, Fr.2643.

Dans l'intention de regagner ce que l'Angleterre avait concédé, il assiège et reprend le contrôle de Berwick, puis il écrase l'armée de secours écossaise à labataille de Halidon Hill en utilisant exactement la même tactique qu'à Dupplin Moor. Il fait preuve d'une extrême fermeté : tous les prisonniers sont exécutés[28]. Édouard III est alors en position de remettreÉdouard Balliol sur le trône d'Écosse. Ce dernier prête hommage au roi d'Angleterre en àNewcastle et lui cède 2 000 librates de terrains dans les comtés du Sud : les Lothians, le Roxburghshire, le Berwickshire, leDumfriesshire, le Lanarkshire et le Peebleshire[28].

Ces succès contrarient la politique dePhilippe VI de France car il comptait lancer une croisade en y emmenant Édouard III. Il accueilleDavid II d'Écosse en et l'installe avec sa cour à Château Gaillard[29]. Édouard tente d'apaiser le roi de France et d'obtenir rétrocession des terres saisies par Charles IV en Aquitaine, mais Philippe exige en échange le rétablissement de David II : les questions de Guyenne et d'Écosse sont désormais liées. En dépit des défaites de Dupplin et Halidon, les forces de David Bruce commencent bientôt à se ressaisir : dès,Édouard Balliol doit fuir à Berwick et demander l'aide d'Édouard III. Grâce à une taxe obtenue du Parlement et à un emprunt auprès de labanque Bardi, il relance une campagne écossaise[29].

Il lance unechevauchée dévastatrice mais les Écossais évitent les batailles rangées en lui opposant la tactique de laterre déserte. L'occupation des Plantagenêts est mise en danger et les forces de Balliol perdent rapidement du terrain. Édouard lève alors une armée de 13 000 hommes qui s'engage dans une deuxième campagne stérile. Les Français envoient un corps expéditionnaire de 6 000 hommes et livrent uneguerre de course dans la Manche[30]. Fin 1335, ils livrentbataille à Culblean contre un partisan de John Balliol. Ils feignent de fuir et les Anglais, qui chargent en quittant leurs positions défensives, subissent un assaut de flanc et se débandent.Vers cette époque, en 1336, le frère d'Édouard III,Jean d'Eltham,comte de Cornouailles, meurt[31].

Bien qu'Édouard III alloue une large armée aux opérations écossaises, la grande majorité de l'Écosse a été reconquise par les forces deDavid II d'Écosse en 1337, laissant uniquement quelques châteaux tels que ceux d'Édimbourg, deRoxburgh et deStirling aux mains des Plantagenêts. Une médiation papale tente d'obtenir la paix : on propose que Balliol reste roi jusqu'à sa mort et qu'il soit ensuite remplacé par David Bruce. Ce dernier refuse à l'instigation dePhilippe VI de France[30].

Les quelques places fortes encore sous contrôle sont insuffisantes pour imposer la loi d'Édouard et, dans les années 1338-1339, il passe d'une stratégie de conquête à une stratégie de défense des acquis. Édouard doit faire face à des problèmes militaires sur deux fronts, en Écosse et en France. Les Français représentent un problème dans trois domaines. Premièrement, ils pourvoient un support constant aux Écossais par le biais de l'alliance franco-écossaise. Ensuite, les Français attaquent régulièrement plusieurs villes côtières anglaises, initiant les rumeurs d'une invasion massive en Angleterre[32]. En effet,Philippe VI de France monte une expédition de 20 000 hommes d'armes et 5 000 arbalétriers. Mais pour transférer une telle force, il doit louer des galères génoises. Édouard III, renseigné par ses espions, empêche le projet en payant les Génois pour neutraliser leur flotte : Philippe VI n'a pas les moyens de surenchérir[30]. Enfin, les possessions du roi d'Angleterre en France sont menacées. En 1336, il interdit l'exportation des laines anglaises vers laFlandre (possession de la couronne de France). Cette provocation économique, défi de l'Angleterre à la France, est une des causes profondes du déclenchement de laguerre de Cent Ans[33].

Première phase de la guerre de Cent Ans

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Article détaillé :Guerre de Cent Ans.

Sous le prétexte qu'il refuse de lui livrerRobert d'Artois, ennemi déclaré de la couronne de France, le roiPhilippe VI de Valois confisque au roi d'Angleterre laGuyenne le. Si le roi d'Angleterre est l'égal du roi de France, il est aussi duc de Guyenne depuis le mariage d'Henri II Plantagenêt avecAliénor d'Aquitaine. Il est donc, à ce titre,vassal du roi de France et lui doit obéissance et fidélité. Au lieu de chercher une solution pacifique au conflit, Édouard revendique la couronne de France en tant que seul descendant mâle encore vivant de son défunt grand-père maternel,Philippe IV le Bel[34].

Cependant, les Français invoquent laloi salique et dénigrent ses revendications en reconnaissant le neveu de Philippe IV,Philippe VI, de laMaison de Valois, comme véritable héritier. En réponse, Édouard se déclare, en à Gand, lui-même roi d'Angleterre et de France. En incorporant ses propresarmoiries anglaises, les trois léopardd'or sur champ de gueules, aux armoiries de la France, les trois lys,d'or sur champ d'azur, il présente un nouveau blason personnel, marquant sa revendication des deux royaumes[35], et date alors ses actes « de la quatorzième année de (son) règne en Angleterre et de la première en France »[36]. Pour faire valoir ses droits, il entre en conflit armé avec la France, marquant ainsi le début de laguerre de Cent Ans[19],[37].

La chevauchée de 1339

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Le roi d'Angleterre passe l'hiver en Brabant à négocier avec ses créanciers[38]. Il laisse les mains libres au roi de France en Aquitaine, dont l'offensive française menée par une force équipée de bombardes enchaîne les succès : les places fortes de Penne, Castelgaillard, Puyguilhem, Blaye et Bourg sont prises[39].

Première phase de la guerre de Cent Ans.

Au cours de l'été 1339, constatant les progrès français en Aquitaine et étant sous lamenace d'un débarquement français en Angleterre, Édouard III décide de porter la guerre en Flandre[40].

Pour réaliser ses objectifs, Édouard III, lors de sa première chevauchée de 1339, débarque sur le continent avec 10 000 à 15 000 hommes dont 1 600 hommes d'armes (cavalerie lourde), 1 500 archers montés, 1 650 archers à pied et800 hommes recrutés aux Pays-Bas et en Germanie[41]. Divisés en trois groupes avançant en parallèle sur dix à vingt kilomètres par jour dans un couloir d'environ vingt kilomètres, selon un circuit où les villes peu ou pas fortifiées sont les premières visées[41], ses armées pillent méticuleusement les terres en prenant soin de détruire le bétail et les instruments de production comme les fours ou les moulins. Finalement, cette chevauchée de 1339 ravage plus de200 villages[42]. Six ans plus tard en 1345, la chevauchée menée par Édouard III s'avère encore plus productive du côté anglais mais aussi plus destructrice pour les Français jusqu'à ce que finalement les deux armées se rencontrent àCrécy le.

La chevalerie française, qui comptait se financer sur les rançons demandées aux éventuels prisonniers faits au cours des combats, gronde et accuse Philippe VI de« renardie »[43].

La pression fiscale, causée par les alliances coûteuses d'Édouard, conduit à un mécontentement de la population en Angleterre. En réponse à cela, le roi revient au pays le et trouvant les affaires du royaume en désordre, il purge l'administration royale[44].

Édouard, auParlement d'Angleterre d', est forcé d'accepter des limitations à ses prérogatives financières et administratives. Cependant, en octobre de la même année, le roi répudie ce statut, et l'archevêqueJean de Stratford est politiquement ostracisé. Les circonstances du parlement de 1341 ont forcé le roi à se soumettre mais, les pouvoirs du roi dans l'Angleterre médiévale sont illimités, et Édouard en tire avantage[45].

Campagne d'Henri de Lancastre en Aquitaine

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Mettant à profit latrêve de Malestroit, Édouard réussit à convaincre le parlement qu'il n'est pas possible de remporter cette guerre sans envoyer des forces considérables contre l'ennemi[46]. Il déploie d'importants efforts de propagande convainquant la population de la menace que fait peser sur elle le roi de France[47]. Début, Henri de Lancastre débarque à Bordeaux avec500 hommes d'armes, 1 000 archers et500 fantassins gallois. Il a le titre de lieutenant pour l'Aquitaine et toute liberté d'action. Son premier objectif : neutraliser Bergerac d'où partent régulièrement des raids dévastateurs. La ville est prise dès le mois d'août. Il y fait des centaines de prisonniers qui sont mis à rançon. Renforcé de troupes gasconnes et des troupes de Stafford (son armée compte 2 000 hommes d'armes et 5 000 archers et fantassins) il assiège Périgueux[48].Jean le Bon, chargé de la défense de l'Aquitaine, envoie Louis de Poitiers avec 3 000 hommes d'armes et 6 000 fantassins secourir la ville mais, à quinze kilomètres de Périgueux, celui-ci s'arrête pour assiéger lechâteau d'Auberoche. Il y est surpris par Henri de Lancastre le : l'armée française est défaite et les Anglais font de nombreux prisonniers[49]. Fort de ce succès, Henri prend plusieursbastides, nettoyant de ses garnisons françaises l'espace compris entre la Dordogne et la Garonne, puis il met le siège devant la Réole. La ville est prise dès le, mais la citadelle résiste : elle promet de se rendre si aucun secours n'arrive dans les cinq semaines[50]. Jean le Bon ne bouge pas : une grande partie de son armée a été défaite à Auberoche et il a licencié le reste. Par conséquent, La Réole capitule puis Langon et Sainte-Bazeille font de même, en. Cela a un effet catastrophique : devant l'inertie des Français, de nombreux seigneurs gascons changent de camp, comme les puissantes familles Durfort et Duras ; les communautés locales organisent leur propre défense et refusent donc de payer les impôts royaux[50].

De ce fait, la souveraineté française sur l'Aquitaine recule, laissant place à l'action de compagnies et aux guerres privées, ce qui accentue le phénomène. De plus, les prisonniers de Bergerac et d'Auberoche rapportent près de70 000 livres de rançon à Henri de Lancastre et ses lieutenants ne sont pas en reste : on prend conscience, en Angleterre, que la guerre en France peut être rentable, ce qui suscite nombre de vocations[50]. Aiguillon chute début 1346,Philippe VI de Valois se décide enfin à agir : il doit trouver des finances pour monter une armée. Il obtient avec grande difficulté des finances desétats de langue d'oïl et de Languedoc, il emprunte aux banques italiennes de Paris et il reçoit surtout le soutien du pape qui l'autorise à prélever 10 % des revenus ecclésiastiques du royaume et lui prête 33 000 florins[51].

Le roi recrute des mercenaires en Aragon et en Italie. Jean se retrouve à la tête de 15 000 hommes dont 1 400 Génois[51]. Il commence la Campagne d'Aquitaine en assiégeant Aiguillon le[51]. La place, au confluent de la Garonne et du Lot, est extrêmement bien fortifiée et tenue par une solide garnison de600 archers et300 hommes d'armes[47]. Jean fait le serment de ne pas quitter les lieux avant d'avoir pris la ville. Il emploie les grands moyens : réseaux de tranchées pour protéger l'approche et les arrières, construction de ponts sur la Garonne et le Lot pour bloquer le ravitaillement de la ville. Mais le siège piétine et ce sont bientôt ses propres forces qui se retrouvent affamées, d'autant que les assiégés ont fait main basse sur le ravitaillement des assiégeants au cours de sorties audacieuses. Fin, il doit lever le siège : Édouard III a attaqué au nord du royaume etPhilippe VI de Valois a besoin de lui[47].

Victoires anglaises

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Bataille de Crécy. Miniature de Loyset Liédet,Chroniques de Froissart, BNF, Fr.2643, f.165v.

Après maintes campagnes infructueuses en Europe continentale, Édouard décide delancer une offensive majeure en 1346, embarquant pour la Normandie avec une force de 40 000 hommes[52]. Son armée pille la cité deCaen et marche à travers le nord de la France. Le, il rencontre les forces du roi de France lors de la bataille rangée deCrécy au cours de laquelle l'organisation de son armée prend le dessus sur les charges de la chevalerie française qui s'effondre sous une pluie de flèches décochées par lesarchers gallois abrités par une forêt de pieux[53].

En 1348, lapeste noire touche l'Europe de plein fouet, tuant un tiers ou plus de la population anglaise[54]. Cette perte de main d'œuvre et, par conséquent, de revenus, signifie l'arrêt d'une campagne majeure. Les grands propriétaires fonciers doivent faire face au manque de travailleurs et à l'inflation du coût du travail en résultant. Tentant de limiter les salaires, le roi et le parlement répondent avec l'ordonnance des Travailleurs (1349) et lestatut des travailleurs (1351). Toutefois, la peste ne conduit pas à une rupture complète dans le gouvernement et la société, et le rétablissement est rapide[55].

L'influence de Charles II de Navarre

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En,Charles II de Navarre, excédé des faveurs dont le connétableCharles de la Cerda fait l'objet de la part du roi Jean II, fait assassiner le favori. Menacé par le roi de France, il demande l'aide d'Édouard III, qui la lui promet[56]. Mais celui-ci n'a pas le temps d'intervenir en France, car Charles II de Navarre a entretemps signé letraité de Mantes le[57].

Ce n'est que partie remise. Le, Jean II fait arrêter Charles II de Navarre au château de Rouen et le jette en prison.Philippe de Navarre, frère de Charles II, envoie un défi au roi de France et se tourne vers le roi d'Angleterre[58]. Philippe de Navarre lance en unechevauchée en Normandie, et le fils aîné d'Édouard, lePrince Noir, fait de même en enGuyenne[59].

Pendant cette chevauchée, Édouard de Woodstock remporte une victoire à labataille de Poitiers. Les forces inférieures en nombre des Anglais n'ont pas seulement mis en déroute l'armée française mais aussi capturé le roi de France,Jean II le Bon. Après une succession de victoires, les Anglais acquièrent de nombreuses possessions en France, le roi français est en détention et le gouvernement central est presque totalement effondré. De plus, le pays est ravagé par des troubles intérieurs (jacqueries,Étienne Marcel,Charles le Mauvais)[60]. Il impose letraité de Londres à Jean le Bon, par lequel il accapare la moitié du territoire français et réclame une rançon de quatre millions delivres[61].

Charles II de Navarre s'alliera à plusieurs reprises avec Édouard III, allant jusqu'à traiter du partage du royaume de France en cas de conquête[62]. Mais à l'été 1358, Charles II ne parviendra pas à s'allier avec les Anglais, alors qu'il était sur le point de s'emparer de la couronne de France, et cet appui lui fera grandement défaut. Navarrais et Anglais mettront à sac la France jusqu'en 1359[63].

Revers et tactique française de la terre déserte

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Capture deJean II le Bon à laBataille de Poitiers (1356). Miniature duMaître de Bedford tirée d'un manuscrit duDes cas des nobles hommes et femmes deBoccace, BNF, Fr.226, f.274r.

Jean II le Bon est incarcéré à Bordeaux avec tous les honneurs. Il peut librement y organiser une cour. Mais, en son absence, le parti réformateur mené par Étienne Marcel et les proches de Charles de Navarre tente d'instaurer une monarchie contrôlée par lesétats généraux. En,Charles de Navarre, libéré, est en mesure de prendre le pouvoir (il est considéré par beaucoup comme plus apte à combattre l'ennemi anglais et plus légitime que le chétif dauphin[64]). Voyant la situation évoluer vers une monarchie contrôlée avec Charles de Navarre à sa tête, Jean le Bon décide de précipiter les négociations qui doivent avoir lieu de roi à roi. De ce fait il est transféré de Bordeaux à Londres. Ses conditions d'incarcération sont royales : il est logé avec sa cour de plusieurs centaines de personnes (proches capturés avec lui à Poitiers et d'autres venus de leur plein gré), a la liberté de circulation en Angleterre et l'hébergement à l'hôtel de Savoie. Il accepte le premiertraité de Londres qui prévoit que l'Angleterre récupère l'ensemble de ses anciennes possessions d'Aquitaine et une rançon de quatre millions d'écus sans renonciation à la couronne de France[65].

Cet accord provoque un tollé dontÉtienne Marcel, leprévôt de Paris, profite pour prendre le pouvoir dans la capitale française.Le 22 février 1358, il déclenche une émeute et 3 000 hommes en armes envahissent lePalais de la Cité pour affronter le Dauphin[66] qui a fait monter une armée d'un millier d'hommes pour faire pression sur les Parisiens et empêcher son éviction en faveur du Navarrais. Étienne Marcel fait assassiner sous ses yeux les chefs de cette armée : le maréchal de ChampagneJean de Conflans et le maréchal de NormandieRobert de Clermont[67].

Croyant maîtriser le Dauphin qu'il a terrorisé, il le fait nommer régent et tient Charles le Mauvais à l'écart de Paris. Le Dauphin réagit, monte la noblesse horrifiée par le meurtre des maréchaux contre Étienne Marcel et organise le siège de la capitale[68]. Étienne Marcel contre-attaque en utilisant lajacquerie pour s'assurer de l'accès nord à la capitale qui lui permet de garder le contact avec les villes des Flandres et du nord auquel il est allié. Charles de Navarre, se sentant évincé par le prévôt de Paris, reprend l'initiative en prenant la tête de la noblesse et en écrasant les Jacques[69]. Étienne Marcel n'a d'autre choix que de composer avec lui : il lui ouvre les portes de Paris et du pouvoir[70].

Néanmoins, la plus grande partie de la noblesse ne suit pas le Navarrais et rallie le camp du Dauphin qui assiège Paris. Une alliance avec Étienne Marcel est impossible depuis le meurtre des maréchaux. Charles de Navarre compense ces défections par l'enrôlement de mercenaires anglais dont la présence dans Paris déclenche des émeutes[71], la nouvelle de l'arrivée d'autres troupes anglaises fait définitivement basculer les Parisiens[72] : Étienne Marcel est assassiné et Paris ouvre ses portes au régent le[73].

Royaume de France entre 1356 et 1363 :
Jacqueries etGrandes compagnies.

En, profitant du fait que le pouvoir semble échapper complètement à Jean le Bon, Édouard III augmente ses prétentions et lui impose des conditions de détention moins conciliantes. Il obtient ainsi un second traité encore plus contraignant[74] :

  • aux anciennes possessions d'Aquitaine desPlantagenêt, s'ajoutent toutes les terres qui ont autrefois été leurs fiefs : leMaine, laTouraine, l'Anjou et laNormandie ;
  • le roi d'Angleterre reçoit l'hommage du duc de Bretagne, réglant ainsi laguerre de Succession de Bretagne en faveur de Jean de Montfort, allié des Anglais ;
  • la rançon de quatre millions d'écus avec un échéancier plus bref.

Cela représente plus de la moitié du territoire et plusieurs années de recettes fiscales. Accepter ces conditions discréditerait définitivement les Valois et risquerait de faire sombrer le royaume dans une nouvelle guerre civile qui offrirait à Édouard III la couronne sur un plateau. Habilement, ledauphin etrégent Charles (le futurCharles V le Sage) convoque lesétats généraux qui refusent d'avaliser le traité, mettant ainsi son père prisonnier à l'abri de représailles. Letraité de Londres aurait définitivement discrédité les Valois et aurait probablement relancé la guerre civile au profit d'Édouard. Mais, en convoquant les états généraux contre ce traité inacceptable, le régent rassemble le pays contre les Anglais[75].

Articles détaillés :Chevauchée etTerre déserte.

Cettechevauchée tourne au fiasco pour les Anglais, harcelés, affamés, privés de montures (faute de fourrage). Pendant ce temps, des marins normands mènent un raid sur le port deWinchelsea (), déclenchant une panique en Angleterre[76].

Édouard III devant Reims. Miniature de Loyset Liédet,Chroniques de Froissart, BNF, Fr.2643.

Nombre d'entre elles ont lieu pendant lecarême et laSemaine sainte et, lorsque l'armée anglaise est décimée par un violent orage de grêle le lundi, nombre de chroniqueurs y voient la main de Dieu[77]. Édouard III se décide alors à négocier. Il signe la paix àBrétigny, où il dissout son armée de mercenaires[78]. Celle-ci, pour se solder, se livre au pillage en Bourgogne, seule région « ouverte », car, contrairement à la Champagne et l'Île-de-France, son arrivée n'y était pas prévue. Ces mercenaires forment l'embryon desGrandes compagnies[79].

Si le royaume de France exsangue, pressuré par les compagnies et l'énorme rançon deJean II le Bon, n'est plus un danger à court terme, ses élites ont beaucoup appris pendant la captivité du roi à Londres. En effet la cour a pu constater les bienfaits de la monnaie forte et de la décentralisation. À peine rentré, Jean le Bon crée le Franc et divise le royaume en apanages gérés par ses fils[80].

Perte des possessions françaises

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Guerre diplomatique

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Bataille de Nájera. Miniature de Loyset Liédet,Chroniques de Froissart, BNF, Fr.2643.

Ledauphin Charles fait traîner le versement de la rançon (suspendue à la mort de Jean le Bon en 1364). Édouard III est obligé de respecter la trêve, s'il veut prendre possession des territoires concédés à Brétigny[81]. Devenu roi en 1364, Charles V profite de ce répit pour débarrasser le pays des compagnies, grâce à des armées levées par ses frères dans chaque apanage[82].

Il met de son côté des alliés ayant tous de bonnes raisons d'en découdre avec l'Angleterre. Charles use les forces du fils d'Édouard, le Prince Noir, enCastille où une guerre fratricide fait rage entre les deux prétendants, l'un anglophile et l'autre francophile, au trône de ce pays. Il le fait en envoyantBertrand du Guesclin etGuillaume Boitel recruter les compagnies et le fait financer en grande partie par le pape sous couvert d'une soi-disant croisade contre l'Émirat de Cordoue[83].

Le pape accepte pour se débarrasser des compagnies qui rançonnent l'axe rhodanien ce qui a un impact direct sur l'économie d'Avignon où il réside. En aidantHenri de Trastamare à monter sur le trône de Castille, Charles bénéficie d'un solide allié qui possède ce que la France n'a pas encore : une flotte redoutable. Le prince de Galles est obligé de réagir, il rétablit Pierre le Cruel sur le trône de Castille en infligeant à Du Guesclin et à Henri de Trastamare une sévère défaite àNájera le, toujours grâce à la supériorité tactique conférée par lesarchers anglais[84]. Mais les effets de cette victoire sont de courte durée : l'argent promis par Pierre le Cruel pour financer l'armée anglaise n'existe pas et le Prince Noir, ruiné, doit la licencier et lever desfouages sur l'Aquitaine par ordonnance du : ces impôts sont directement à l'origine des appels gascons[85].

Article détaillé :Première guerre civile de Castille.
Marguerite III de Flandre, peinture duMusée de l'Hospice Comtesse, Lille.
Quart de noble d'or sous Édouard III frappé à Calais.

Parallèlement, Édouard III envisage de prendre le contrôle de la Flandre par mariage. Il compte unir son fils,Edmond de Langley, àMarguerite, héritière des comtés deFlandre, deNevers, deRethel et deBourgogne. Edmond recevrait en outre de son père Calais et le comté de Ponthieu ce qui, avec l'Artois, Rethel et la Flandre, constituerait une principauté anglaise équivalente à la Guyenne au nord de la France[86].

Les appels gascons

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Édouard III accorde la Guyenne à son fils Édouard de Woodstock, dit le Prince noir, 1362 (British Library, Londres,ms. latin Cotton Nero D.VIfo 31, fin duXIVe siècle).

Pour l'éviter, il fait appel à Édouard III qui répond négativement[87]. Il se tourne alors (en) vers Charles V : d'après le traité de Brétigny, le transfert de souveraineté ne doit se faire qu'une fois les territoires cédés et la rançon versée, ce qui est loin d'être le cas[88]. Dès lors, en acceptant de répondre à son appel, le, Charles V fait acte de souveraineté sur laGuyenne[85].

Les Anglais essayent de bloquer l'appel et de sauver la paix pour ne pas perdre tout l'acquis de Brétigny. Le temps gagné est occupé à fairetourner français les seigneurs gascons. Cela commence par les proches du comte d'Armagnac : dès, le mariage de son neveu, le comte d'Albret, est doté par le roi de France, qui lui accorde en outre une rente contre l'hommage lige[87].

Les villes, les évêques et les seigneurs périgourdins que Charles V séduit par sa diplomatie, rallient le camp français[89]. Légalement, rien ne s'oppose à la reprise du conflit. Le roi d'Angleterre se proclame de nouveau Roi de France le, Charles V prononce la confiscation de l'Aquitaine le 30 novembre de la même année. La guerre reprend[90].

Opérations militaires

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Charles V tourne le conflit à son avantage. Ayant en mémoire ladébâcle de Poitiers où la chevalerie a chargé de manière désordonnée sans attendre les ordres de son pèreJean le Bon, transformant une victoire facile en désastre, et considérant qu'il n'a pas de talent militaire, il décide de confier le commandement de petites armées formées de volontaires aguerris à des chefs expérimentés et fidèles (commeBertrand du Guesclin). Il renonce aux batailles rangées et les lance dans une guerre d'escarmouches et desièges, grignotant patiemment le territoire ennemi. Les Grandes Compagnies, qui, revenues d'Espagne en 1367, pillent le Languedoc, sont incorporées dès 1369 à l'armée française, ce qui soulage les territoires qui choisissent detourner français et met sous pression ceux qui restent fidèles au prince de Galles[91].

La reconquête par Charles V des territoires concédés au traité de Brétigny.

L'endettement du Prince Noir pose un réel problème. Du fait des appels gascons, l'impôt rentre mal. Il n'a pas les moyens de monter une armée pour s'opposer aux Français. Édouard III lui envoie donc130 000 livres tournois[92]. Mais le parlement rechigne à payer pour la Guyenne, qui semble coûter plus qu'elle ne rapporte. Il ne finit par y consentir qu'après acceptation qu'il ne soit plus obligatoire de faire transiter la laine par Calais (la taxe sur la laine est le principal revenu de la couronne à l'époque)[93].

Les revenus fiscaux sont diminués de 25 % en 1369, du fait de lagrande peste en Angleterre. Les Anglais ne sont pas en mesure de concurrencer les impôts - pouvant atteindre jusqu'à 1 600 000 francs par an - que Charles V fait accepter en France pour entretenir des armées permanentes équipées pour une guerre de siège dont les belligérants ne se transformeront pas en Grandes Compagnies à la première trêve. Les Anglais vont être soumis à une pression permanente sur tous les fronts pendant des années[94].

Au début, Jean de Gand débarque àCalais et lance unechevauchée jusqu'à Harfleur, oùPhilippe le Hardi est en train de préparer un débarquement franco-flamand en Angleterre[95]. On lui oppose la stratégie de laterre déserte et la chevauchée ne peut s'emparer de la ville. L'armée anglaise est harcelée par les troupes duduc de Bourgogne et, craignant d'être piégée, regagne Calais[95]. Les raids anglais, s'ils sont dévastateurs pour les campagnes, ne permettent pas de regagner le terrain perdu.

Grâce à sa gestion des appels gascons, Charles V a su se rallier une grande partie de l'Aquitaine. Le comte d'Armagnac tenant la majeure partie des forteresses sur ses terres, il ne reste à rallier que quelques villes craignant des représailles des sénéchaux anglais, mais toutes finissent par accepter les conditions de plus en plus avantageuses offertes par les envoyés du roi (Jean de Berry, Louis d'Anjou et la noblesse gasconne déjà ralliée qui bat le pays). En quelques mois, plus de soixante villes rallient les Français.Millau cède en dernier en décembre, après avoir obtenu du roi de France une exemption fiscale de vingt ans[96].

Quelques garnisons anglaises subsistent, mais leur isolement ne leur permet pas de tenir le terrain, Louis d'Anjou progresse en Guyenne pendant que Jean de Berry contient les Anglais enPoitou àla Roche-sur-Yon[97].

Pendant ce temps, au Nord, lePonthieu est repris en une semaine : le,Abbeville ouvre ses portes àHue de Châtillon (maître desarbalétriers), et les jours suivants les localités voisines reviennent sous l'autorité du roi de France, qui confirme leurs privilèges[97].

En 1370, les Anglais tentent de se ressaisir et font un exemple de Limoges qui a osé tourner française et que le duc de Berry a laissée peu défendue. Le prince de Galles fait payer très cher leur ralliement aux Limougeaux : le, après cinq jours de siège pendant lesquels les murailles sont sapées et minées, il reprend la ville, épaulé par les ducs de Lancastre et de Cambridge, et fait massacrer la population puis incendier la cité[98]. L'objectif est de faire un exemple dissuasif pour arrêter l'hémorragie de villestournant françaises, mais c'est l'effet inverse qui se produit : cette conduite encourage l'anglophobie et renforce le sentiment national naissant[99].

Au nord, Édouard III tente de lancer des chevauchées dont le but est de distraire les armées françaises de leur conquête méthodique de la Guyenne. Mais ce qui a fonctionné en 1346 est sans effet en 1370 :Robert Knowles, à la tête d'une chevauchée de 2 500 archers et 1 600 hommes d'armes, part deCalais fin et pille les campagnes contournantAmiens,Noyon,Reims etTroyes. Le calcul du roi de France est que les chevauchées ne permettent pas de tenir le terrain et attisent l'anglophobie dans les territoires pillés. Charles V continue de miser sur une guerre de siège et de propagande, qui lui permet de reprendre du terrain, ville après ville, le plus souvent sans combat[100].

Il renforce le prestige de la couronne de France par ces victoires, malgré les souffrances engendrées par la tactique de laterre déserte (il laisse les chevauchées anglaises piller les campagnes dont la population s'est réfugiée dans les forteresses qui ont été reconstruites dans tout le royaume) et par le retour de lapeste. Ainsi la chevauchée de Knowles est refoulée de Bourgogne. Elle passe deux jours devant les portes de Paris, pillant les faubourgs sous les yeux des Parisiens à l'abri derrière les murs de la capitale[101]. Pour faire bonne figure, le roi lâche Bertrand du Guesclin à ses trousses. Celui-ci se livre à une guerre de harcèlement et finit par le surprendre àPontvallain, alors qu'il s'apprête à franchir leLoir[102].

La flotte anglaise est détruite le à labataille de La Rochelle privant la Guyenne de soutien logistique. Chroniques deJean Froissart,Paris, Bibliothèque nationale de France.

La pression continue et les mauvaises nouvelles affluent à Londres. En 1371, le peu fiable alliéCharles le Mauvais, voyant que la situation tourne largement en faveur du roi de France, fait la paix et fait hommage à Charles V pour ses possessions normandes[103]. En 1372, la flotte castillane intercepte un corps expéditionnaire anglais àLa Rochelle le et l'anéantit le, usant de canons et de brûlots dérivants (les Castillans ont attendu la marée basse pour que leurs navires à faibles tirant d'eau aient un avantage sur les lourds bâtiments anglais gênés à la manœuvre par les hauts fonds sablonneux rochelais)[104]. C'est un désastre pour l'Angleterre, qui perd la maîtrise des mers.

Les barons poitevins qui ont massivement choisi le parti anglais (le Poitou exporte du sel vers l'Angleterre) ne peuvent plus compter sur son soutien[105]. Isolés et mis sous pression par l'offensive de l'armée royale lancée aussitôt après labataille de La Rochelle, ils négocient leur reddition et les villes de Poitou et de Saintonge sont reprises par les Français.

En 1373, Édouard III tente de diminuer la pression sur la Guyenne en réveillant le contentieux franco-breton. Le duc Jean IV a été éduqué à la cour d'Angleterre et est le gendre d'Édouard, mais la noblesse bretonne tend à la neutralité après le long conflit qui a déchiré le duché. En, c'est une véritable armée qui débarque àSaint-Malo : 2 000 hommes d'armes et 2 000 archers sous les ordres du comte de Salisbury[106].

Pour une telle opération, l'accord du duc est indispensable. C'est uncasus belli, et Charles V donne l'ordre d'attaquer. Son armée entre en Bretagne avec l'appui d'une bonne partie de la noblesse qui s'enrôle massivement sous la bannière de Bertrand du Guesclin. En deux mois, la quasi-totalité du duché est occupée : à la Saint-Jean, les Anglais ne tiennent plus queBrest,Auray,Bécherel et la forteresse deDerval[106]. Jean IV quitte la Bretagne pour l'Angleterre dès le[106].

Chevauchée du duc de Lancastre

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N'ayant pas les moyens logistiques et financiers de soutenir la guerre de siège que lui impose Charles V et qui semble conduire à la reconquête progressive de toute l'Aquitaine, Édouard III tente d'affaiblir l'effort français en Guyenne par l'ouverture de nouveaux fronts.

Jean de Gand, duc de Lancastre.
Vue d'artiste, collection particulière, fin duXVIe siècle.

Édouard III tente une chevauchée censée ruiner la France dans ses forces vives. Le, il institue son fils, le duc de LancastreJean de Gand, lieutenant spécial et capitaine général dans le royaume de France[107]. Accompagné deJean IV de Bretagne, il conduit à travers la France une chevauchée des plus dévastatrices.

Mais celle-ci reste sous contrôle :Philippe le Hardi tient les ponts et les châteaux sur son aile droite, du Guesclin la suit et empêche tout repli vers Calais. Elle traverse la Picardie et le Vermandois mais, ne pouvant aller vers l'ouest, elle se dirige vers Reims, puis Troyes où elle trouve portes closes[108]. Battu par Clisson à Sens, le duc de Lancastre ne peut rejoindre la Bretagne, il tente donc de rallier la Guyenne en traversant le Limousin[108]. Ses hommes sont affamés, les chevaux épuisés (ou mangés), la fin de l'expédition se fait à pied et perd la moitié de ses effectifs (les défections sont nombreuses). Trop lourdes, les armures ont été jetées[108].

Elle est sauvée d'un désastre plus complet par les villes de Tulle, Martel et Brive qui ouvrent leurs portes sans coup férir. Mais le moral n'y est plus, la zizanie gagne les chefs : Montfort lâche la chevauchée[108]. L'arrivée piteuse des faibles troupes de Jean de Lancastre à Bordeaux brise le moral des fidèles au roi d'Angleterre : les Français avancent nettement, reprenant Tulle, Martel et Brive, mais surtout en entrant dans La Réole qui verrouille le bordelais et dont les bourgeois savent ne plus pouvoir compter sur aucun secours[109].

Au total, entre 1369 et 1375, les Français reprennent aux Anglais la quasi-totalité des concessions faites et des terres possédées par l'ennemi avant même le début de la guerre, exceptions faites deCalais,Cherbourg,Brest,Bordeaux,Bayonne, et de quelques forteresses dans leMassif central. Mais parvenu à ce point Charles V sait ne pouvoir reprendre plus de terrain, les Bordelais étant trop anglophiles du fait des liens commerciaux (ils exportent massivement leur vin vers l'Angleterre). Toute sa stratégie étant basée sur la reconquête des cœurs avant celle des territoires, il ne souhaite pas s'encombrer d'une ville prête à se rebeller à la première occasion[109].

Tout est ouvert pour finalement négocier, àBruges, un traité mettant fin à la guerre en reconnaissant la souveraineté des Français sur les territoires reconquis[110].

En 1375,Jean IV débarque à Saint-Mathieu-de-Fineterre avec 6 000 hommes sous le commandement du comte de Cambridge[111]. Succès rapide mais éphémère : à peine latrêve de Bruges est-elle signée entre Français et Anglais que les troupes anglaises quittent la Bretagne et que les places bretonnes redeviennent françaises[111]. Jean IV retourne en Angleterre.

Article détaillé :Trêve de Bruges.

Sous l'influence deGrégoire XI, les belligérants signent le unetrêve qui dure jusqu'en. À la signature de latrêve de Bruges, les Anglais ne possèdent plus en France qu'une Guyenne étriquée et Calais ; la France récupère leduché de Bretagne[110].

Fin du règne et mort

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Alors que les premières années de règne d'Édouard avaient été énergiques et pleines de succès, ses dernières années au pouvoir sont marquées par une certaine apathie, des échecs militaires et des troubles politiques. Les affaires journalières de l'État avaient moins intéressé Édouard que ses campagnes militaires. Ainsi, durant les années 1360, Édouard compte de plus en plus sur l'aide de ses subordonnés, en particulierWilliam Wykeham. Wykeham, un parvenu, est faitLord du sceau privé en 1363 etlord chancelier en 1367, même si le Parlement le force à renoncer à la chancellerie en 1371 à cause de ses difficultés politiques liées à son inexpérience[112],[113].

Le second fils du roi,Lionel d'Anvers, tente de soumettre par la force les seigneurs anglo-irlandais d'Irlande, largement indépendants. La tentative échoue et la seule marque qu'elle laisse réside dans les répressifsstatuts de Kilkenny de 1366[114].

Les déboires militaires à l'étranger et la pression fiscale associée aux campagnes mènent à un mécontentement politique à l'intérieur. Les problèmes arrivent à leur apogée au parlement de 1376, surnommé leBon Parlement. Le parlement a été rassemblé pour définir l'imposition mais laChambre des communes saisit cette occasion pour présenter des revendications spécifiques. Les critiques sont en particulier dirigées à l'encontre des plus proches conseillers du roi. Le Lord Chambellan,William Latimer, et le Lord Intendant,John Neville,3e baron Neville de Raby, sont démis de leurs fonctions. La maîtresse du roi,Alice Perrers, qui est perçue comme trop influente sur le roi vieillissant, est bannie de la cour[115],[116].

Cependant, le réel adversaire de la Chambre des Communes, soutenu par des hommes puissants tels que Wykeham et Edmond de Mortimer, est Jean de Gand. En ce temps-là, le roi et le Prince Noir sont tous deux affaiblis par la maladie, laissant à Jean de Gand les rênes du gouvernement. Celui-ci est forcé d'accepter les demandes du Parlement mais, à sa nouvelle convocation en 1377, la plupart des réalisations du Bon Parlement sont annulées[117].

Cependant, Édouard lui-même n'est pas particulièrement intéressé par cette question. Après 1375, il joue un rôle limité dans le gouvernement[118]. Autour du, il tombe malade, souffrant d'un abcès important. Après une brève période de convalescence en février, le roi meurt d'une congestion cérébrale (certaines sources parlent toutefois d'unegonorrhée[119]) àShene le[118].

Son petit-fils de 10 ans lui succède : c'est le roiRichard II d'Angleterre, fils du Prince Noir, ce dernier étant lui-même décédé le. En 1376, Édouard avait signé deslettres patentes sur l'ordre de succession au trône, qui citaient en deuxième position Jean de Gand, né en 1340, mais ignoraientPhilippa de Clarence, fille de Lionel d'Anvers, né en 1338. L'exclusion de Philippa divergeait d'une décision d'Édouard Ier en 1290, qui reconnaissait le droit des femmes à hériter de la couronne et à la passer à leurs descendants[120]. Ce droit des femmes avait généralement été respecté auparavant, et deviendra la norme à partir de la fin de laguerre des Deux-Roses (1485)[121]. L'ordre de succession déterminé en 1376 plaça sur le trône en 1399 laMaison de Lancastre (Jean de Gand était duc de Lancastre), alors que la règle décidée par Édouard Ier aurait été favorable aux descendants de Philippa, dont laMaison d'York, à partir deRichard Plantagenêt, son arrière-petit-fils[120].

Édouard est inhumé en la chapelle de Saint-Édouard dans l'abbaye de Westminster àLondres.

Bilan du règne

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Législation

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Le milieu du règne d'Édouard est une période d'activité législative significative. La mesure la mieux connue est peut-être leStatut des travailleurs de 1351, qui cherche à résoudre le problème de pénurie de travailleurs lié à la peste noire. Le statut fixe les salaires à leur niveau d'avant la peste et contrôle la mobilité des paysans en déclarant que les seigneurs ont la priorité pour s'assurer des services de leurs hommes. En dépit d'efforts concertés pour conserver le statut, il n'aboutit finalement pas à cause de la compétition entre les propriétaires fonciers pour les travailleurs[122].

La loi était décrite comme une tentative de « légiférer à l'encontre de la loi de l'offre et la demande », ce qui la vouait à l'échec[123]. Néanmoins, la pénurie de main d'œuvre a créé une communauté d'intérêt regroupant petits propriétaires fonciers de la Chambre des Communes et grands propriétaires de laChambre des lords. Les diverses tentatives portant préjudice à la main-d'œuvre qui en résultent rendent les paysans furieux, ce qui engendre larévolte des paysans de 1381[124].

Un autre problème lié aux dégâts de la peste noire est le besoin en recrues aptes au service des armes, avivé par la nécessité de reconstituer des effectifs décimés. Le roi s'oppose avec une particulière netteté aux activités physiques traditionnelles qui détournent ses sujets des exercices guerriers, et notamment du tir à l'arc. Un décret de 1363 interdit ainsi, sous peine d'emprisonnement, les jeux de lancer ; « le handball, le football ou le hockey ; la course et les combats de coq, ou tout autre jeu inutile »[125].

Lesstatutes of provisors etstatutes of praemunire, respectivement de 1350 et 1353, visent à modifier cela en interdisant les profits du Pape, mais aussi en limitant les pouvoirs de la cour papale sur les sujets anglais[126]. Cependant, les statuts ne coupent pas les liens entre le roi et le Pape, qui sont dépendants l'un de l'autre. Le roi nomme les évêques, le Pape n'intervenant que pour entériner les nominations[127]. Ce n'est pas avant legrand schisme de 1378 que la couronne anglaise s'est libérée complètement de l'influence d'Avignon.

Une autre législation importante incluait leTreason Act de 1351, concernant l'acte de trahison. C'est précisément l'harmonie du règne qui a permis un consensus sur la définition de ce crime controversé[128]. Cependant la réforme législative la plus significative est certainement celle concernant laJustice de paix. Cette institution a commencé son activité avant le règne d'Édouard III mais, en 1350, elle se voit offrir non seulement le pouvoir d'investigation lors de crimes et celui de procéder à des arrestations, mais aussi celui de juger des affaires, incluant les cas defélonie. Avec cela, un support persistant dans l'administration de la justice locale anglaise est créé[129].

Parlement et taxation

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LeParlement (Lords etCommunes. Communes élues au vote censitaire avec un seuil très élevé. Jusqu'auXVIe siècle seuls votent 10 % de la population. Le suffrage universel n'interviendra qu'en 1918), - le Parlement en tant qu'institution "représentative" est déjà bien établi au temps d'Édouard III, mais son règne est néanmoins central dans son développement. Pendant cette période, l'appartenance à labaronnie anglaise, originellement un groupe quelque peu indistinct, devient réduite à ceux recevant une convocation officielle au parlement[130].

Cela peut représenter de fortes sommes d'argent, mais chaque levée doit être approuvée par le parlement, et le roi doit prouver sa nécessité[131]. C'est pourquoi les douanes apportent un supplément bienvenu, en tant que source de revenu stable et fiable. Une taxe sur l'exportation de la laine existait depuis 1275. Édouard Ier avait essayé d'ajouter une taxe supplémentaire sur la laine, mais l'idée de cette « injuste extorsion » fut très tôt abandonnée. Ensuite, une série de plans visant à augmenter les revenus royaux à partir de l'exportation de laine sont introduits. Après problèmes et mécontentements initiaux, on accepte à travers lesstatutes of the Staple de 1353 que les nouvelles douanes doivent être approuvées par le parlement, bien qu'en réalité elles deviennent permanentes[132].

Au travers de la lourde taxation du règne d'Édouard III, le parlement – et en particulier la Chambre des Communes – gagne de l'influence politique. Un consensus apparaît, indiquant que pour qu'une taxe soit considérée comme juste, le roi devait prouver sa nécessité et qu'elle devait être allouée à la communauté du royaume et au bénéfice de celle-ci. De cette façon, le système est bénéfique pour tout le monde. En plus de gérer la taxation, le parlement possède undroit de pétition pour faire contrepoids avec les doléances du roi, le plus souvent concernant un mauvais gouvernement par des hommes du roi. À travers ce processus, les membres de la Chambre des Communes et la communauté qu'ils représentent, gagnent progressivement en conscience politique et les fondations de la monarchie constitutionnelle anglaise sont établies[133].

Économie

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Guyennois d'Édouard III.

L'arrêt répété du trafic transmanche influence fortement l'industrie textile flamande qui, au début du conflit, importe de la laine anglaise. Pour combler ce manque, Édouard III essaie de rendre son royaume moins dépendant économiquement des Flandres en aidant à la création d'une industrie textile transformant directement la laine en vêtements[134].

Dès 1337, il accorde de larges privilèges à tout ouvrier étranger s'établissant dans les villes anglaises tout en interdisant l'exportation de laine vers les Flandres et l'importation de draps[135]. Enfin, l'insécurité des routes est néfaste pour l'économie des Flandres et de la France : les Flamands désertent lesfoires de Champagne qui périclitent. Le commerce du textile se fait par voie maritime en contournant la péninsule ibérique, ceci au bénéfice des marchands italiens. Cela contribue à ce que l'Angleterre devienne une puissance textile au détriment des Flandres.

Face à cette situation, de nombreux tisserands flamands itinérants viennent tenter leur chance en Angleterre, d'autant qu'avec lagrande peste, les Flandres subissent une crise démographique qui entraîne une forte émigration[136].Édouard III a initié la mutation de l'économie anglaise d'une économie agricole à une économie industrielle.

Chevalerie et identité nationale

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Sceau d'Édouard III, employé de 1327 à 1340,Oxford,Ashmolean Museum.

Au centre de la politique d'Édouard III était la confiance dans la haute noblesse pour ce qui est de la guerre et de l'administration. Tandis que son père était régulièrement en conflit avec ses pairs, Édouard III développa un esprit de camaraderie entre lui et ses plus grands seigneurs. Édouard Ier et Édouard II avaient tous deux conduit une politique de limitation, ne permettant la création que de quelques nobles durant les 60 ans précédant le règne d'Édouard III.

Le jeune roi inverse cette politique quand, en 1337, se préparant pour la guerre imminente, il nomme 6 nouveauxcomtes le même jour[137]. Dans le même temps, Édouard élargit la gamme des degrés de noblesse vers le haut en introduisant le titre deduc pour des parents proches du roi.

En outre, Édouard encourage le sens de communauté au sein de ce groupe en créant l'Ordre de la Jarretière, probablement en 1348. Le projet qu'il eut en 1344 de rétablir laTable ronde duroi Arthur n'aboutit jamais, mais le nouvel ordre évoque cette légende par la forme circulaire de la jarretière.Polydore Virgile raconte comment la jeuneJeanne de Kent, comtesse de Salisbury – la cousine et favorite du roi en ce temps – fit accidentellement tomber sa jarretière à un bal à Calais. Le roi Édouard répondit à la foule en attachant la jarretière à son propre genou en prononçant ces mots : « honi soit qui mal y pense »[138].

Le renforcement de l'aristocratie peut être perçu comme lié à la guerre en France, tout comme l'émergence du sens de l'identité nationale. De même qu'il en a été avec la guerre en Écosse, la peur d'une invasion française aide à renforcer l'unité nationale et provoque une nationalisation de l'aristocratie qui était largement anglo-française depuis laconquête normande. Depuis le temps d'Édouard Ier, un mythe populaire suggère que l'usage du français allait conduire à l'extinction la langue anglaise, et comme son grand-père l'a fait avant lui, Édouard tire au mieux profit de cette peur[139].

Il en résulte une forte recrudescence de la langue anglaise ; en 1362, leStatute of Pleading rend l'usage de la langue anglaise obligatoire dans les cours de justice[140] et, l'année suivante, le parlement est pour la première fois ouvert en anglais[141]. Dans un même temps, la langue vernaculaire se voit revivre en tant que langue littéraire, à travers les travaux deWilliam Langland,John Gower et particulièrement dansLes Contes de Canterbury deGeoffrey Chaucer.

Cependant, l'ampleur de cette anglicisation ne doit pas être exagérée. Le statut de 1362 était en fait écrit en français et n'a eu qu'un effet immédiat limité, et le parlement n'a pas été ouvert en anglais avant 1377[142]. L'Ordre de la Jarretière, bien qu'institution spécifique à l'Angleterre, incluait aussi des étrangers tels queJean IV,duc de Bretagne et sir Robert deNamur[143],[144]. Édouard III – lui-même bilingue – se voyait comme le roi légitime de l'Angleterre et de la France et ne pouvait donc pas montrer de traitement préférentiel pour une de ces langues.

Noble d'or sous Édouard III frappé à Londres.

Appréciation et caractère

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Vue d'artiste d'Édouard III, Londres,National Portrait Gallery, fin duXVIe siècle[145].

Édouard III connut de son vivant une popularité sans précédent, et même les troubles de la fin de son règne n'ont pas été reprochés au roi lui-même[146].Jean Froissart, un contemporain d'Édouard, écrit dans sesChroniques que « Telle chose n'avait pas été vue depuis le temps du roi Arthur »[147].

Cette vision persista un moment mais, avec le temps, l'image du roi changea. Les historienswhigs plus contemporains préfèrent les réformes constitutionnelles aux conquêtes étrangères et critiquent Édouard pour avoir ignoré ses responsabilités envers sa propre nation. Voici les mots de l'évêqueWilliam Stubbs :

« Édouard III n’était pas un homme d’État, bien qu’il possédât quelques qualifications qui auraient pu le faire briller dans ce rôle. C’était un guerrier, ambitieux, sans scrupule, égoïste, dépensier et orgueilleux. Ses obligations royales l’intéressaient peu. Il ne se sentait pas tenu par son devoir, que ce soit de maintenir la théorie de la suprématie royale ou de suivre une politique qui serait bénéfique à son peuple. Comme Richard Ier, il considérait l’Angleterre essentiellement comme une source d'approvisionnement. »

— Traduction libre de : William Stubbs,The Constitutional History of England[148]

Influent comme l'était Stubbs, il fallut longtemps avant que cette vision soit contestée. Dans un article de 1960 titréÉdouard III et les historiens, May McKisack souligne la naturetéléologique du jugement de Stubbs. Un roi médiéval n'était pas censé travailler pour l'idéal futur de monarchie parlementaire ; son rôle était plus pragmatique – maintenir l'ordre et résoudre les problèmes lorsqu'ils apparaissaient. En cela, Édouard III excellait[149].

Le roi fut également accusé d'avoir été trop généreux avec ses fils cadets et engendré ainsi un conflit dynastique qui culmina lors de laguerre des Deux-Roses. Mais cela fut rejeté par K.B. McFarlane, considérant qu'en plus d'être une politique commune à cette époque, il s'agissait de la meilleure[150]. Des biographies plus récentes du roi telles que celles de Mark Ormrod et Ian Mortimer ont suivi cette tendance historiographique. Cependant, la vision préalable n'a pas été totalement négligée et, en 2001,Norman Cantor décrivait Édouard III comme un « voyou avare et sadique » et une « force destructrice et sans pitié »[151].

De ce que nous savons du caractère d'Édouard, il pouvait être impulsif et lunatique, comme on peut le voir dans ses actions contre Stratford et les ministres en 1340-1341[152]. Dans le même temps, il était reconnu pour sa clémence ; le petit-fils de Mortimer ne fut pas seulement innocenté mais il vint à jouer un rôle important dans les guerres contre la France et fut finalement fait chevalier de l'Ordre de la Jarretière[153]. Dans sa vision de la religion comme dans ses intérêts, il était un homme conventionnel. Son principal loisir était l'art de la guerre et, en cela, il était conforme à la vision médiévale du bon roi[154],[155].

En tant que guerrier, il fut si brillant qu'un historien de l'histoire militaire moderne l'a décrit comme « le plus grand général de l'histoire anglaise »[156]. Il semble avoir été dévoué à sa femme, la reinePhilippa. Beaucoup de choses ont été dites sur le libertinage sexuel d'Édouard, mais il n'y a aucune preuve d'infidélité de la part du roi avant qu'Alice Perrers ne devienne son amante, et, à ce moment, la reine était déjà condamnée par la maladie[157]. Il est d'ailleurs assez singulier parmi les rois de l'Angleterre médiévale qu'il n'ait pas d'enfant illégitime connu. Cette dévotion s'étendait au reste de sa famille ; contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs, Édouard n'a ainsi jamais connu d'opposition de la part de ses cinq fils[158].

Édouard III dans la culture

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Édouard est le principal personnage de la pièceÉdouard III que l'on attribue àWilliam Shakespeare[159]. Il apparaît également enfant dansÉdouard II deChristopher Marlowe[160].

Édouard III a rarement été représenté à l'écran. Il a été représenté parCharles Kent dans un court-métrage muetThe Death of King Edward III (1911), par Michael Horden dansL'Armure noire (1955)[161], à propos du fils d'Édouard, le Prince Noir, et enfant par Stéphane Combesco dans l'adaptation française télévisée de la pièce de MarloweÉdouard II (1982) et par Joby Graber dans la version deDerek Jarman d'Édouard II (1991)[162].

Édouard III est un personnage important de la série romanesqueLes Rois maudits deMaurice Druon, présent dans les tomes 5 et 6, intitulésLa Louve de France etLe Lis et le Lion. Il a été incarné parJean-Louis Broust dansl'adaptation télévisée de 1972[163] et parAurélien Wiik danscelle de 2005[164].

Dans le feuilleton téléviséUn monde sans fin, tiré du roman éponyme deKen Follett et réalisé parMichael Caton-Jones, son personnage est interprété parBlake Ritson[165].

Armes

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Comme pour son père et son grand-père avant lui, les armes d'Édouard en tant qu'héritier de la couronne anglaise se différencient par la présence d'un bandeau bleu à trois branches, qu'il perd ensuite lors de son accession au trône[166]. En 1340, il modifie ses armes en y adjoignant les armes françaises, signalant ainsi sarevendication du titre de roi de France.

  • Armoiries en tant que prince héritier.
    Armoiries en tant que prince héritier.
  • De gueules aux trois léopards d'or (jusqu'en 1340).
    De gueules aux trois léopards d'or (jusqu'en 1340).
  • Écartelé, en 1 et 4 d'azur semé de lys d'or, en 2 et 3, de gueules aux trois léopards d'or.
    Écartelé, en 1 et 4 d'azur semé de lys d'or, en 2 et 3, de gueules aux trois léopards d'or.

Ascendance

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Ascendance d'Édouard III d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
32.Henri II d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
16.Jean d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
33.Aliénor d'Aquitaine
 
 
 
 
 
 
 
8.Henri III d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
34.Aymar d'Angoulême
 
 
 
 
 
 
 
17.Isabelle d'Angoulême
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
35.Alice de Courtenay
 
 
 
 
 
 
 
4.Édouard Ier d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
36.Alphonse II de Provence
 
 
 
 
 
 
 
18.Raimond-Bérenger IV de Provence
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
37.Garsende de Sabran
 
 
 
 
 
 
 
9.Éléonore de Provence
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
38.Thomas Ier de Savoie
 
 
 
 
 
 
 
19.Béatrice de Savoie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
39.Marguerite de Genève
 
 
 
 
 
 
 
2.Édouard II d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
40.Ferdinand II de León
 
 
 
 
 
 
 
20.Alphonse IX de León
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
41.Urraque de Portugal
 
 
 
 
 
 
 
10.Ferdinand III de Castille
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
42.Alphonse VIII de Castille
 
 
 
 
 
 
 
21.Bérengère Ire de Castille
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
43.Aliénor d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
5.Éléonore de Castille
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
44.Alberic III de Dammartin
 
 
 
 
 
 
 
22.Simon de Dammartin
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
45.Mahaut de Clermont
 
 
 
 
 
 
 
11.Jeanne de Dammartin
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
46.Guillaume II de Ponthieu
 
 
 
 
 
 
 
23.Marie de Ponthieu
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
47.Adèle de France
 
 
 
 
 
 
 
1. Édouard III d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
48.Louis VIII de France
 
 
 
 
 
 
 
24.Louis IX de France
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
49.Blanche de Castille
 
 
 
 
 
 
 
12.Philippe III de France
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
50.Raimond-Bérenger IV de Provence
 
 
 
 
 
 
 
25.Marguerite de Provence
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
51.Béatrice de Savoie
 
 
 
 
 
 
 
6.Philippe IV de France
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
52.Pierre II d'Aragon
 
 
 
 
 
 
 
26.Jacques Ier d'Aragon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
53.Marie de Montpellier
 
 
 
 
 
 
 
13.Isabelle d'Aragon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
54.André II de Hongrie
 
 
 
 
 
 
 
27.Yolande de Hongrie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
55.Yolande de Courtenay
 
 
 
 
 
 
 
3.Isabelle de France
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
56.Thibaut III de Champagne
 
 
 
 
 
 
 
28.Thibaut Ier de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
57.Blanche de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
14.Henri Ier de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
58.Archambaud VIII de Bourbon
 
 
 
 
 
 
 
29.Marguerite de Bourbon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
59.Alix de Forez
 
 
 
 
 
 
 
7.Jeanne Ire de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
60.Louis VIII de France
 
 
 
 
 
 
 
30.Robert Ier d'Artois
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
61.Blanche de Castille
 
 
 
 
 
 
 
15.Blanche d'Artois
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
62.Henri II de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
31.Mathilde de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
63.Marie de Souabe
 
 
 
 
 
 
 

Descendance d'Édouard III

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Armes d'Édouard III et ses enfants,Trinity College,Cambridge.

En la cathédrale d'York le, il épouse sa cousine issue de germain[167]Philippa de Hainaut (1314-1369), fille deGuillaume de Hainaut,comte de Hollande et deZélande et deJeanne de Valois (1294-1352). Ils ont 12 enfants dont deux — Jean de Gand, duc de Lancastre etEdmond de Langley, duc d'York — seront à l'origine de la guerre civile, plus connue sous le nom de laguerre des Deux-Roses.

  1. Édouard de Woodstock, dit lePrince Noir (1330-1376),prince de Galles. En 1361, il épouseJeanne de Kent (1328-1385). Ils sont les parents deRichard II d'Angleterre, successeur d'Édouard III ;
  2. Isabelle, ditede Woodstock (1332-1379), épouse en 1365Enguerrand VII de Coucy (1340-1397)[168] ;
  3. Jeanne, ditede la Tour (1333/4-1348)[168];
  4. Guillaume de Hatfield (1337-1337)[168];
  5. Lionel d'Anvers (1338-1368),duc de Clarence. En 1352, il épouse la comtesseÉlisabeth de Bourg (1332-1363). En 1368, il se remarie avecViolante Visconti (1354-1389) ;
  6. Jean de Gand (1340-1399),duc de Lancastre. En 1359, il épouseBlanche de Lancastre (1342-1368). En 1371, il se remarie avecConstance de Castille (1354-1394), fille dePierre Ier de Castille. En 1396, il se remarie avecKatherine Swynford (1350-1403). Jean de Gand est le père d'Henri IV, roi d'Angleterre, et est à l'origine de laMaison de Lancastre ;
  7. Edmond de Langley (1341-1402),duc d'York. En 1372, il épouseIsabelle de Castille (1355-1392), fille de Pierre Ier de Castille. En 1393, il se remarie avecJeanne Holland (1380-1434). Edmond de Langley est à l'origine de laMaison d'York ;
  8. Blanche, ditede la Tour (1342-1342)[168];
  9. Marie, ditede Waltham (1344-1361), épouse en 1361Jean IV (1339-1399),duc de Bretagne ;
  10. Marguerite, ditede Windsor (1346-1361), épouse en 1359Jean de Hastings (1347-1375),2ecomte de Pembroke ;
  11. Guillaume de Windsor (1348-1348) ;
  12. Thomas de Woodstock (1355-1397),duc de Gloucester. En 1376, il épouseÉléonore de Bohun (1366-1399).

Notes et références

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  1. Aujourd'hui, il s'agit duborough londonien de Richmond upon Thames.
  2. (en) Pour un compte-rendu sur les dernières années de règne d'Édouard II, voir Natalie Fryde,The Tyranny and Fall of Edward II, 1321–1326, Cambridge, Cambridge University Press, 1979(ISBN 0-521-22201-X).
  3. (en) Ian Mortimer,The Perfect King - The Life of Edward III, Father of the English Nation, Random House, 2010.
  4. François Pitti Ferrandi, LE FRANÇAIS, LANGUE DIPLOMATIQUE.
  5. Doherty2003,p. 81.
  6. Fryde2003,p. 185.
  7. Fryde2003,p. 207.
  8. Ormrod 1990,p. 6.
  9. Mortimer2006,p. 246.
  10. Given-Wilson1996,p. 33.
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Annexes

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Liens externes

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Bibliographie

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Ouvrages généraux sur la guerre de Cent Ans

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Roi

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Règne

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Guerre

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Noblesse et chevalerie

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Parlement, justice et administration

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Édouard III
Précédé parSuivi par
Édouard II

Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande
1327-1377
Richard II
Duc d'Aquitaine
1325-1362
1372-1377
Édouard de Woodstock
Édouard de Woodstock
Richard II
Édouard II
Comte de Ponthieu
1325-1337
1360-1369
Confiscation du comté parPhilippe VI
Jacques Ier de Bourbon-La Marche
Confiscation du comté parCharles V
Édouard II
Comte de Chester
1312-1327
Édouard de Woodstock
v ·m
Wessex etJelling
(924-1066)
Normands etBlois
(1066-1154)
Plantagenêt
(1154-1485)
Tudor
(1485-1603)
Stuart
(1603-1707)
En 1707, Anne devient la premièrereine de Grande-Bretagne.
v ·m
Liste des batailles et des sièges de la guerre de Cent Ans
Souverains français
Souverains anglais
Ducs de Bourgogne de la maison de Valois
Chefs militaires
Guerres
Liste des traités de paix de la guerre de Cent Ans
v ·m
Leaders anglais
Leaders écossais
Batailles (1296-1328)
En Irlande (1315-1318)
Batailles (1332-1357)
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