Ne doit pas être confondu avecÉdouard Chatton.
Pour les articles homonymes, voirCharton.
| Sénateur de l'Yonne | |
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| Député de l'Yonne Assemblée nationale | |
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| Préfet de Seine-et-Oise | |
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| Membre de l'Assemblée constituante de 1848 Yonne | |
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| Parentèle | Edmond Saglio (gendre) |
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Édouard Charton, né àSens le et mort àVersailles le, est un journaliste, directeur de publications ethomme politiquefrançais.
Reçu avocat, Édouard Thomas Charton s’inscrit aubarreau de Paris en 1827, mais n’exerce pas la profession pour laquelle il semble avoir eu une véritable aversion et continue à collaborer, comme au temps de ses études, aux bulletins de deux sociétés, la Société pour l’Instruction élémentaire et la Société de la Morale chrétienne.
C’est au sein de cessociétés philanthropiques qu’il comprend l’importance de l’instruction, découvre les problèmes de société et acquiert des convictions qu’il conservera toute sa vie. En 1829, il rejoint les rangs dessaint-simoniens et, après un passage à la rédaction du journalle Globe, devenu, en 1830,le Journal de la doctrine deSaint-Simon, sous la direction deMichel Chevalier, il parcourt laBretagne et laVendée pour prêcher les idées saint-simoniennes. Lors du schisme de 1831 qui voit le départ des saint-simoniens républicains, il rompt, comme ses amisHippolyte Carnot etJean Reynaud, avecProsper Enfantin.
Il débute en 1833 avecLe Magasin pittoresque, hebdomadaire illustré lancé par l’imprimeur saint-simonien Lachevardière sur le modèle duPenny Magazine britannique, une fructueuse carrière de directeur de publication. Infatigable directeur de ce premier magazine populaire illustré jusqu’en 1888, il réussit à mobiliser, pour la cause de l’instruction et du« divertissement utile », non seulement ses amis saint-simoniens mais aussi savants et écrivains de renom. Pendant plus de cinquante ans, les articles ne sont pas signés mais on sait par exemple queGeorge Sand y a contribué ou queCamille Flammarion y a fait ses débuts de vulgarisateur en 1864, à l’âge de 22 ans.
Persuadé que l’illustration est indispensable à la compréhension et à l’agrément, il est à l’origine du renouveau de la gravure sur bois en France et a favorisé les débuts de carrière de plusieurs illustrateurs de renom. Édouard Charton est à l’origine en 1843 avecJoanne, Paulin etDubochet du lancement del'Illustration, autre hebdomadaire à succès, dont il quitte rapidement la direction.

À la chute deLouis Philippe enfévrier 1848, il est appelé au secrétariat général duMinistère de l’Instruction publique par son amiHippolyte Carnot, ministre du gouvernement provisoire. Député de l’Yonne puis Conseiller d’État, il proteste contre lecoup d’État du 2 décembre 1851 avant de se démettre de ses fonctions. Son attitude à l’occasion de ces événements est rapportée parVictor Hugo dansHistoire d’un crime. Sous leSecond Empire, Charton se présente sans succès comme candidat de l’opposition républicaine dans sa ville natale, en 1857 et 1863.
Il publie en 1859, avecHenri Bordier, uneHistoire de la France illustrée qui est saluée en termes élogieux pour le choix de ses illustrations dans le bulletin de la bibliothèque de l’École des chartes.
Après avoir fait paraître, de 1853 à 1855, les quatre volumes de l’Histoire des voyageurs anciens et modernes, il s'intéresse aux récits des voyageurs contemporains et lance, en 1860, la revueLe Tour du monde, nouveauJournal des voyages qui marque ses débuts chezHachette et qui paraîtra jusqu'en 1914.
Installé àVersailles en 1863, il y fonde une bibliothèque populaire en 1864, et créeLa Bibliothèque des Merveilles, collection de petits ouvrages de vulgarisation. Là aussi, Charton sait convaincre pour s’assurer le concours des meilleurs spécialistes (« hommes spéciaux »).
Il devient membre correspondant de l’Institut de France en 1867.
Lachute de l’Empire marque son retour à la politique. Le, il est nommé préfet deSeine-et-Oise par le gouvernement de défense nationale. Élu républicain de l’Yonne en, il siège à l’Assemblée nationale. À partir de 1876, il représente sans interruption, jusqu’à sa mort en 1890, son département d’origine auSénat.
Ses interventions dans les assemblées sont toutes marquées du souci de promotion du peuple par l’éducation et l’instruction. Il souligne l’importance de l’enseignement artistique et défend l’idée d’une politique culturelle. Il participe à la création dumusée d’ethnographie du Trocadéro, ancêtre dumusée de l'Homme. Il est élu en 1876 à l’Académie des sciences morales et politiques à la place laissée vacante par la mort d’Auguste Casimir-Perier.
La ville de Sens a donné, de son vivant en 1888, son nom à la rue où se situe sa maison natale. Versailles a donné son nom àla rue où il a vécu et son buste figure dans le hall de l’hôtel de ville.
Sa fille aînée Julie est l'épouse de l'archéologueEdmond Saglio et la mère du peintreAndré Saglio. Sa fille cadette, Juliette, mariée à Paul Lafitte, conseiller municipal de Versailles, est la grand-mère de l'archéologuePaul-Marie Duval.
Sa tombe se trouve aucimetière Saint-Louis de Versailles. Lemusée de Sens conserve son buste, œuvre du sculpteurHenri Chapu.
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