Pour les articles homonymes, voirSeuil.
| Éditions du Seuil | ||
![]() | ||
| Repères historiques | ||
|---|---|---|
| Création | 1935 | |
| Dates clés | : immatriculation de la société actuelle 2004 : rachat par le groupeLa Martinière2018 : rachat du Seuil et du groupe La Martinière par Média Participations | |
| Fondée par | Jean Bardet,Paul Flamand[1] | |
| Fiche d’identité | ||
| Forme juridique | Société par actions simplifiée SIREN 442 057 724 | |
| Statut | Éditeur élément d'un groupe d'édition | |
| Siège social | Paris (France) | |
| Dirigée par | Coralie Piton | |
| Spécialités | Littératures,sciences humaines | |
| Collections | Point Seuil | |
| Titres phares | Petit Livre rouge,Don Camillo,La Familia grande | |
| Langues de publication | Français | |
| Société mère | Média Participations | |
| Site web | www.seuil.com | |
| Préfixe ISBN | 978-2-02 978-2-7578 | |
| Données financières | ||
| Chiffre d'affaires | comptes non disponibles | |
| Environnement sectoriel | ||
| Principaux concurrents | Editis,Hachette,Gallimard | |
| modifier | ||
Leséditions du Seuil sont unemaison d'éditionfrançaise créée en 1935 et appartenant au groupeMédia participations depuis 2017.
Créée peu avant laSeconde Guerre mondiale par un groupe d'inspirationcatholique réuni autour de l'abbéPlaquevent[2], la maison d'édition va jouer un rôle majeur dans la production littéraire et intellectuelle en France à partir de l'après-guerre, sous la direction deJean Bardet etPaul Flamand[3]. Elle doit son nom à cet objectif : « Le seuil, c'est tout l'émoi du départ et de l'arrivée. C'est aussi le seuil tout neuf que nous refaisons à la porte de l'Église pour permettre à beaucoup d'entrer, dont le pied tâtonnait autour. » (lettre de l'abbéPlaquevent, du)[3].
Le Seuil a particulièrement développé la publication delittérature internationale et d'essais ensciences humaines et sociales.
Parmi les succès éditoriaux on peut citer, entre autres, la série desDon Camillo,Le Guépard, et lePetit Livre rouge deMao Zedong, dont les très grosses ventes ont permis de publier des titres à petits tirages, notamment ensciences humaines, avec la publication des œuvres deJacques Lacan,Roland Barthes,Philippe Sollers (première période) ou plus tardEdgar Morin,Maurice Genevoix ouPierre Bourdieu.
De même, le développement de relations de confiance avec les libraires lui permirent très tôt d'asseoir une activité dedistribution importante, en assurant par exemple la diffusion deséditions Odile Jacob,éditions de Minuit,José Corti,Payot et Rivages,Les Empêcheurs de penser en rond,La Découverte.
En 1992 est créé Seuil jeunesse[4].
À partir de 2024, les éditions du Seuil prévoient également d'éditer des genres tels que la romance, la science-fiction ou les thrillers, abrités au sein d'un label dédié[5].
Les éditions du Seuil sont restées fidèles à leur toute première vocation de publication delittérature d'enfance et de jeunesse, et Seuil jeunesse est créé en 1992[4], avec Jacques Binsztok et Brigitte Morel comme responsables éditoriaux. Paraissent alors des ouvrages deKvěta Pacovská ou deThierry Dedieu.
En 2009, Françoise Mateu devient responsable éditoriale, puis en 2011, Le Seuil Jeunesse etLa Martinière Jeunesse sont réunis dans un mêmepôle, sous la direction de Béatrice Decroix jusqu'en 2017, puis Séverin Cassan est responsable[4].
Parmi les auteurs publiés figurentChristophe Léon,Claire Mazard,Bertrand Solet,Jo Witek,Henning Mankell,Luc Blanvillain,Arthur Ténor,Mikaël Ollivier ouAhmed Kalouaz.
Les éditions du Seuil jeunesse sont les premières, en2005, à inclure dans les albums desfilms d'animation, réalisés par les artistes eux-mêmes (À Quai deSara,Promenade d'un distrait deBeatrice Alemagna, sur un texte deGianni Rodari).
En nombre de prix littéraires, les éditions du Seuil se classent au troisième rang des maisons d'éditions françaises avec 58 prix, derrièreGallimard etGrasset[6]. Cette suprématie a valu à ces maisons le sobriquet ironique deGalligrasseuil, initialement forgé par le journaliste québécoisLouis-Bernard Robitaille, souvent repris depuis, en particulier parLe Canard enchaîné.
La première consécration du Seuil dans ces palmarès vient du prixRenaudot en1947, mais c'est son premier prixGoncourt en1959 pourLe Dernier des Justes, d’André Schwart-Bart qui assure au Seuil une immense notoriété. S’ensuivront 57 récompenses, dont 13 prix Renaudot, 12 prixMédicis et 5 nouveaux prix Goncourt. En 1980, Le Seuil a obtenu quatre Prix (Medicis, Renaudot,Académie etFrance Inter), et trois en 2014 (Médicis, Goncourt etDécembre).
Du fait de son intérêt pour la littérature internationale, Le Seuil est en outre l'éditeur en France de plusieursPrix Nobel de Littérature, qu'il a souvent contribué à faire découvrir :T. S. Eliot (1948),Alexandre Soljenitsyne (1970),Heinrich Böll (1972),Gabriel García Márquez (1982)José Saramago (1998),Günter Grass (1999),J.M. Coetzee (2003),Elfriede Jelinek (2004),Mo Yan (2012),Alice Munro (2013).

La première ébauche de ce qui deviendra les éditions du Seuil a été lancée le, par le publicitaireHenri Sjöberg, à l'instigation de l'abbéJean Plaquevent qui avait également fondé la «Société de Saint Louis», regroupant des jeunes gens catholiques. Ceux-ci, dontPaul Flamand etJean Bardet, vinrent d'abord en soutien à Henri Sjöberg et son épouse. En 1937, sous l'arbitrage de Jean Plaquevent, Jean Bardet racheta la petite maison d'édition dont il devint le directeur commercial, associé à Paul Flamand le directeur littéraire, Henri Sjöberg restant lui-même conseiller technique[7].
Après avoir publié, avant guerre, des ouvrages destinés à l'édification de la jeunesse, la maison d'édition renaît à laLibération, d'abord en étroite relation avec la revueEsprit d'Emmanuel Mounier, puis prend son propre essor dans le contexte du renouvellement intellectuel de l'après-guerre, au cœur deSaint-Germain-des-Près.
Dès la fin des années1940, Jean Bardet et Paul Flamand s'engagent pour le rapprochement avec la « nouvelle Allemagne » et laconstruction européenne. Le caractère innovant à cette époque de la publication d'une littérature allemande contribuera à élargir l'audience du Seuil. En1972,Heinrich Böll recevra le premierprix Nobel couronnant un ouvrage publié au Seuil, suivi parGünter Grass en1999.
L'engagement en faveur de ladécolonisation devient crucial dès le début des années1950, avec la publication d'auteurs d'Afrique du nord etsubsaharienne, ou d'essais dénonçant la torture au cours d'affrontements alors contemporains (Seconde Guerre mondiale, guerres d'Indochine et d'Algérie)[3]. Le Seuil publiera à cette époque les écrits deFrantz Fanon et d'Edouard Glissant.
Dans lesannées 1960, l'éditeur va confirmer son ouverture vers lessciences humaines et sociales, la littérature internationale et d'avant-garde. Des innovations dans le mode de distribution et le public visé amèneront notamment à créer la collection de pochePoints[3].
La tentative de développement d'une filiale audiovisuelle s'avérera cependant un échec[8],[9].
En1979, Jean Bardet et Paul Flamand prennent leur retraite en même temps. Ils choisissent de confier la maison à leur directeur général,Michel Chodkiewicz[3], philosophe spécialiste de l'Islam, auquel il s'est converti. Les directeurs littéraires sontFrançois Wahl pour la psychanalyse et les sciences,Jean-Marie Borzeix pour la littérature,Jean-Claude Guillebaud pour les essais[8].
À partir de 1989, la direction est assurée parClaude Cherki, qui, pendant ses quinze années à la tête des Éditions du Seuil s'applique à développer en particulier les secteurs « jeunesse », « poche » et « image ».
Le,Claude Cherki organise le rachat des éditions du Seuil parLa Martinière. Six mois plus tard, il démissionne en raison d'unconflit d'intérêts lié à cette opération. Il est remplacé par Pascal Flamand[10] (PDG) etOlivier Cohen, qui fonde la filialeL'Olivier. À la suite du rachat, la société de distribution Volumen est créée, mais des problèmeslogistiques conduisent plusieurs éditeurs à quitter le groupe.
En,Laure Adler est nommée responsable du secteur littéraire du Seuil, tandis qu'Olivier Cohen reprend L'Olivier. La collectionPoints, filiale poche du Seuil, devient un éditeur indépendant. Le groupe continue sa politique de croissance et intègre notamment les éditions Danger Public etPetit à Petit. Des tensions apparaissent au sein de la maison, et en, l'éditeurHervé Hamon quitte Le Seuil, exprimant son désaccord avec la direction de la maison.
En,Denis Jeambar, journaliste et écrivain, est nommé directeur général du Seuil. Il a été ancien directeur adjoint de la rédaction du magazineLe Point, ancien président du groupeL'Express-L'Expansion et directeur de la rédaction deL'Express. Fin 2006, Laure Adler quitte la maison. Au printemps 2010, Le Seuil déménage de ses locaux historiques du 27,rue Jacob, dans lequartier Saint-Germain-des-Prés, pour s'installer à laporte d'Orléans, àMontrouge, tout en conservant son siège dans le14e arrondissement de Paris[11].Olivier Bétourné devient PDG, puis est remplacé parHugues Jallon en[12].
Le groupeMédia-Participations rachète La Martinière, incluant les éditions du Seuil, en 2017[13]. En,Coralie Piton prend la présidence du Seuil[14].
Leséditions Points sont, depuis2006, une filiale autonome du groupeLa Martinière.
| Édition |
| ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Presse |
| ||||||
| BD & mangas |
| ||||||
| Audiovisuel |
| ||||||
| Vidéoludique | |||||||
| Services |
| ||||||
| Autres |
| ||||||
| Anciennes filiales | |||||||