Pour les articles homonymes, voirL'Atelier etAtelier (homonymie).
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| Repères historiques | ||
|---|---|---|
| Création | 1929 | |
| Dates clés | immatriculation de la société le, changement de nom en 1993 | |
| Fiche d’identité | ||
| Forme juridique | SA à conseil d'administration SIREN 552 140 808 | |
| Statut | éditeur indépendant | |
| Siège social | Ivry-sur-Seine (France) | |
| Dirigée par | Lola Mehl | |
| Spécialités | Justice sociale,politique,société | |
| Titres phares | Le Maitron | |
| Site web | editionsatelier.com | |
| Préfixe ISBN | 978-2-7082 | |
| Données financières | ||
| Chiffre d'affaires | 1 276 300 € en 2015 comptes récents non disponibles[1] | |
| Résultat net | 576 500 € en 2022 comptes récents[2] | |
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LesÉditions de l'Atelier - Éditions Ouvrières est unéditeur indépendant qui existe sous ce nom depuis 1993. Il publie principalement dans le domaine dessciences humaines et sociales et dans celui dureligieux.
Depuis 2011, il limite sa production à une trentaine de titres par an. Parmi sa production figure leMaitron, ensemble de dictionnaires biographiques du mouvement ouvrier, de renommée scientifique internationale.
Il ne faut pas confondre cet éditeur avec les Éditions de l'Atelier créées parJean Mulatier, qui furent actives entre 1980 et 1982.
Les Éditions de l’Atelier sont les héritières de deux maisons d'édition : la Librairie de la Jeunesse ouvrière et les Éditions ouvrières. La Librairie de la Jeunesse ouvrière, créée en 1929 au 12avenue de la Sœur-Rosalie àParis 13e, à l’initiative de laJeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Ce mouvement d’éducation populaire, en plein essor dans lesannées 1930, éditait des livres et des brochures pour ses membres[3].
Les Éditions ouvrières succèdent à la Librairie de la Jeunesse ouvrière, dans les mêmes locaux. En 1947-1948, la direction en est assurée par deux hommes : Roger Cartayrade etAndré Villette[4]. Tous deux ont un parcours comparable : issus de laJeunesse ouvrière chrétienne (JOC), syndiqués à laConfédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), l'un né en 1915, l'autre en 1917, ils sont impliqués dans lechristianisme social et laRésistance. Ce duo dirige la maison d'édition jusqu'en 1982.
Parallèlement à ses activités éditoriales, André Villette occupa des fonctions électives àFresnes, dans leVal-de-Marne[5]. Quand il prend sa retraite, en 1982, c'est à nouveau dans le vivier des militants de la JOC et de l’Action catholique ouvrière (ACO) que les Éditions ouvrières trouvent leur directeur. Le choix n'est pas commun avecDaniel Angleraud (1937-1993), qui vient juste de quitter son poste d'administrateur duCCAS d'EDF, où il représente laCGT dont il est militant depuis 1954. Daniel Angleraud ne reste que trois années à la direction de la maison d'édition, toujours installée alors dans son siège historique, près de la place d'Italie,avenue de la Sœur-Rosalie (Paris,13e). En 1987, en effet, il est élu membre dubureau confédéral de la CGT.
Les Éditions ouvrières ont ensuite comme directeursAndré Jondeau etDaniel Prin.
À partir de, la revueMasses ouvrières éditée par Les Éditions ouvrières devientLes Cahiers de l'Atelier, revue trimestrielle d'approfondissement par les sciences humaines de questionnements qui traversent la société et l’Église catholique.
Les Éditions ouvrières connaissent des difficultés financières au début desannées 1990, consécutives à l'échec de la tentative de se lancer dans la distribution de leurs ouvrages. Contraintes à s'engager dans une procédure dedépôt de bilan en 1992, elles réussissent à redresser leur situation financière et entament une seconde vie en sous un nouveau nom. Devenues les Éditions de l'Atelier, elles poursuivent l'aventure éditoriale duMaitron, dont elles sont l'éditeur historique.
Le changement de nom, en 1993, marque aussi une nouvelle période. Les Éditions de l'Atelier abandonnent les locaux « historiques » du13e arrondissement parisien pour s'installer dans la proche banlieue sud de Paris àIvry-sur-Seine. Elles élargissent leur production en publiant, par exemple, des ouvrages largement illustrés de photographies. Elles gardent toutefois leur spécificité de publication dans le domaine social, en prise avec l'actualité. Elles sont diffusées en France, en Belgique et en Suisse par laSofedis et sont distribuées par laSodis[6].
Comme les Éditions ouvrières, les Éditions de l'Atelier poursuivent jusqu'en 2007 la publication d'une revue de recherches historiques,Le Mouvement social, en liaison avec l'université Paris 1 et leCentre d'histoire sociale duXXe siècle. Cette revue[7] avait été créée en 1960 parJean Maitron.
Le directeur général et littéraire est, depuis 1993,Bernard Stéphan.
Pour les professionnels comme pour les amateurs d'histoire sociale et ouvrière, les Éditions ouvrières sont connues pour être l'éditeur duDictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (dit « leMaitron »), devenu, depuis 2006, leDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social.
C'est en 1958 que les Éditions ouvrières prirent la décision de soutenir le projet deJean Maitron. Rien n'était moins prévisible que la rencontre du chercheur, auteur d'une thèse sur l'anarchisme, fils d'un instituteur laïque et syndicaliste, avec le directeur de la maison d'édition catholique,André Villette. C'est à ce titre que l'histoire sociale lui doit d'avoir assumé le pari de la publication d'unDictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dont l'historien Jean Maitron lui avait présenté le projet. Cette entreprise de longue haleine débute en 1964 par la parution aux Éditions ouvrières d'un premier volume. Elle résulte de travaux de recherche et de constitution d'équipes de chercheurs menés par Jean Maitron, puis parClaude Pennetier.
Ses recherches, Jean Maitron les mène tout d'abord hors du cadre universitaire institutionnel. Il les poursuit à l'université Paris I, dans le cadre d'un institut d'histoire des mouvements sociaux, structure au sein de laquelle travaillent ses successeurs,Claude Pennetier etMichel Dreyfus. Au fil des années, leDictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, a pris une ampleur éditoriale rarement atteinte : 44 volumes permettent de suivre plus de 100 000 militants, sur une période allant de laRévolution française à 1939.
Le papier, attribut essentiel des dictionnaires, tend à céder le pas à l'édition sur CD-ROM puis en ligne. En 1998, les 43 volumes, qui occupaient 1,50 mètre d'étagère, sont réédités et enrichis de compléments en un seul CD-ROM. Plus de 600 chercheurs de différents pays ont participé à ce travail. Plusieurs historiens spécialisés ont contribué à faire paraître des volumes sur :
Des volumes thématiques, centrés sur les militants d'un milieu professionnel, ont été réalisés :
En 2016, les éditions de l'Atelier portent plainte pour contrefaçon contre les producteurs du filmNous trois ou rien, demandant 120 000 euros dedommages et intérêts. Réalisé parKheiron, le film s'inspire de la vie d'Hibat Tabib (le père du réalisateur), qui a fui l'Iran lors de laRévolution iranienne de 1979. En 2007, Hibat Tabib avait écrit avec Nathalie Dolle le livreTéhéran-Paris : opposant politique en Iran, innovateur social en France, publié aux éditions de l'Atelier. À l'époque, le livre s'écoule à 419 exemplaires, dont 50 achetés par Hibat Tabib lui-même, et les auteurs touchent 218 euros chacun de droits d'auteur. Letribunal de grande instance de Paris se retrouve devant un casse-tête inédit, car il est évident que le film et le livre racontent la même histoire, qui évoque la vie d'Hibat Tabib. Kheiron déclare avoir« basé son scénario, non sur le livre, mais sur les récits de son père, ses souvenirs, et sur plusieurs articles consacrés à son père », ajoutant que son« père a écrit un livre historique et sociologique », tandis qu'il a fait« un film humoristique et émouvant ». En, le tribunal condamne finalement les producteurs du film à verser aux éditions de l'Atelier, 15 000 € de dommages et intérêts, plus 5 000 € de frais de procédure[9],[10].
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