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Ébionisme

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Lesébionites (engrec :Ἐβιωναῖοι,tr.Ebionaioi  ; dérivé de l'hébreuאביוניםebyonim : « pauvres ») formaient un groupe religieuxjudéo-chrétien marginal attesté, à partir de la seconde moitié duIIe siècle, par les écrits d'Irénée de Lyon et d'Hippolyte de Rome. Plusieurshérésiologueschrétiens, dontÉpiphane de Salamine, continuent à en parler jusqu'auVe siècle, sans obligatoirement avoir eu un contact direct avec eux.

Pour certains chercheurs, il s'agit du même groupe que lesnazôréens duIVe siècle décrits par Épiphane mais ce point est contesté par des spécialistes tels queSimon Claude Mimouni. Contrairement aux nazôréens, qui croient en la divinité deJésus de Nazareth, les ébionites embrassent unechristologie de typeadoptianiste : pour eux, Jésus est simplement un homme qui, en raison de son observance de laTorah, a été choisi par Dieu pour être le dernier et véritableprophète qui annonce leRoyaume de Dieu.

Les découvertesarchéologiques semblent confirmer les écrits desPères de l'Église, qui auIVe siècle situent des ébionites en plusieurs endroits deTransjordanie. Ils disparaissent de cette région au cours duVe siècle, sans doute victimes des mesures de rétorsion queleur[pas clair] inflige le pouvoir romain[1].

Étymologie

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« Le mot « ébionite » vient dulatinebionaei, qui est unetranslittération dugrec ancienebionaoi, que l'on trouve pour la première fois dans les écrits d'Irénée de Lyon[2]. » Il est lui-même une translittération de l'araméen'ebyônâyê, dérivé de l'hébreu'ebyônim (אביונים), qui signifie « les pauvres »[2]. La possibilité que ce nom vienne d'un personnage appelé Ebion, qui aurait été leur chef[3], thèse qui existait encore au début duXXe siècle, n'est quasiment plus soutenue aujourd'hui.'Ebyon veut dire « pauvre » et« n'est pas le nom du fondateur du mouvement, mais plutôt une raison socialehérésiologique[4]. »

Le nom d'ébionite pourrait venir du fait que les membres du mouvement pratiquaient une certaine communauté de la propriété, et que donc les membres les plus riches se rendaient volontairement pauvres. PourSimon Claude Mimouni, ce nom« a dû indubitablement désigner les premiers chrétiens d'origine juive, qui s'appliquaient à n'avoir aucun bien et à vivre dans la pauvreté et avec détachement, suivant ainsi le conseil donné parJésus enMatthieu 10,9[5]. »

Origène etEusèbe de Césarée« tournent en dérision le nom que se donnent les ébionites[6] ». Il est donc difficile de penser« que ce nom leur aurait été donné par leurs adversaires et n'aurait pas été utilisé par eux[6]. »

L'hébreuebyon et son plurielebyonim apparaissent fréquemment dans l'Ancien Testament, souvent associés à divers synonymes : vingt-et-une fois dans les Psaumes, par exemple en Psaume 69:34[7]« Car l’Éternel écoute les pauvres ». Dans le Nouveau Testament, on cite l'Épître de Jacques[8] et l'Évangile selon Luc, qui comprend l'une desbéatitudes les plus connues de Jésus :« Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume des cieux vous appartient ! » (Luc 6:20, voir aussi Matthieu 5:3)[9]. L'appellation « pauvre » est utilisée à plusieurs reprises dans lesManuscrits de la mer Morte[10], pour désigner des membres duyahad (unité, alliance), un mouvement identifié auxesséniens (peut-être trop rapidement) par plusieurs chercheurs et théologiens duXXe siècle[11]. PourAndré Paul, ces mentions despauvres rappellentJésus de Nazareth[12].

L'appellation « pauvre » semble être aussi utilisée pour désigner Jésus dans une lettre authentique de l'apôtrePaul, datant des années50. Paul écrit en effet que « Christ s'est fait pauvre, de riche qu'il était » (2 Co 8,9). Les pauvres sont exaltés dans l'épître de Jacques (2,5)).[réf. nécessaire]

Ébionites et nazaréens

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Article détaillé :Nazôréens (secte).

Certains auteurs[Qui ?] estiment que les ébionites n'étaient autres que desnazôréens et qu'ils constituaient la première communauté connue de disciples deJésus de Nazareth, celle deJérusalem. Celle-ci est évoquée dans lesActes des Apôtres et dans certaines lettres authentiques de l'apôtrePaul. Les nazôréens (nosrim enHébreu) sont les représentants les plus importants de laqehila (communauté) deJérusalem, au moins jusqu'à la destruction duTemple en70[13].

PourSimon Claude Mimouni, les nazôréens sont considérés comme « orthodoxes » par leshérésiologues chrétiens anciens, alors que les ébionites sont considérés comme hétérodoxes, essentiellement parce qu'ils n'acceptent de reconnaître que lamessianité deJésus, refusant la divinité duChrist[14]. « De plus, comme tous les hétérodoxesjudéo-chrétiens, ils se caractérisent par un antipaulinisme affirmé et virulent[15]. »

Toutefois, ceux qui affirment que « nazôréens » et « ébionites » sont deux appellations du même groupe, comme J.M. Magnin[16], font remarquer qu'Épiphane avance qu'il ne sait pas si les nazôréens pensent que Jésus est simplement un être humain ou s'« il est né deMarie par l'opération de l'Esprit-Saint »[17].

Pour J.M. Magnin, « les membres de la première communautéhiérosolymitaine, que leurs compatriotes juifs appelaientnazaréens, ont très bien pu se donner à eux-mêmes le nom d'ébionites » — c'est-à-dire « les pauvres »[18]. La thèse remonte àA. Gelin, qui le premier « a proposé de voir dans « les pauvres » mentionnés dans l'Épître aux Galates dePaul de Tarse (saint-Paul)[19] une désignation de l'Église deJérusalem, à savoir l'« Église des pauvres »[20],[18]. » La phrase de Paul de Tarse qui dit que Jésus « s'est fait pauvre, de riche qu'il était »[21], semble indiquer que les premières communautés auraient pu pratiquer une mise en commun des biens de leurs membres, comme cela est d'ailleurs décrit au début des Actes des Apôtres.

SiSimon Claude Mimouni tient pour fortement probable que l'appellation « ébionites/pauvres » a désigné les premiers chrétiens d'origine juive, il fait observer qu'il n'est pas du tout certain que les chrétiens de Jérusalem visés par Paul de Tarse dans l'épître aux Galates (Ga 2, 10) s'identifient avec les ébionites[5]. Ils pourraient tout simplement être les nécessiteux de la communauté (Rm 15, 26)[5]. Il note aussi que « nulle part, toutefois, il n'est rapporté de manière claire dans les sources que lesnazôréens se sont donné le nom d'ébionites[18]. »

À plusieurs reprises, dans lesmanuscrits de la mer Morte,« les membres duyahad se présentent comme les « pauvres » »[22]. De plus, le terme denosri (nazôréen) apparaît lui aussi plusieurs fois dans les textes du mouvement duyahad, notamment dans lesHymnes, où il symbolise la communauté de la Nouvelle Alliance[23]. PourAndré Paul, le sens du mot était « gardien », et associé àyahad (unité, alliance) il pouvait se traduire par « gardien de [la nouvelle] Alliance »[24]. C'est la formulation qu'utilise lechristianisme qui énonce qu'avec la venue de Jésus, une « NouvelleAlliance » a été formée avecDieu.

Simon Claude Mimouni, qui estime que les nazôréens et lesébionites appartenaient à deux groupes différents, ne comprend pas comment toute la communauté de Jérusalem aurait pu « adopter les positions doctrinales attribuées auxébionites », « d'autant que ces positions semblent antérieures à celles considérant le Messie comme un être à la fois humain et divin[18] ».

Hémérobaptistes chez les hérésiologues

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SelonSimon Claude Mimouni,« il est envisageable de considérer que le termegrec « hémérobaptiste » et le termearaméen « masbothéen », dont il est question dans certaines listeshérésiogiqueschrétiennes (Hégésippe,Éphrem, Épiphane et dans laConstitution apostolique), l'un étant la traduction de l'autre, aient été utilisés pour désigner les ébionites qui ont pour coutume de pratiquer des immersions quotidiennes[25]. »

« Cependant un problème se pose : les ébionites ne sont pas les seuls à avoir procédé à ce rite; on peut citer à titre d'exemple, lesElkasaïtes[25] » et les disciples deJean le Baptiste,« d'autant que dans un passage de lalittérature pseudo-clémentine, c'est Jean le Baptiste qui est qualifié d'« hémérobaptiste » (Homélie 2, 23)[25]. »

Origine du mouvement

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« Les chercheurs sont extrêmement divisés sur l'origine du mouvement ébionite[26]. Celui-ci ne présentant aucune uniformité, certains critiques ont proposé d'établir une distinction entre « ébionitespharisiens » et « ébionitesesséniens », ou entre « ébioniteshérétiques » et « ébionitesgnostiques », sans compter que parfois les « ébionites esséniens » sont considérés comme des « ébionitesbaptistes »[27]. » PourSimon Claude Mimouni,« de telles distinctions ne sont pas dépourvues de sens, mais il vaudrait mieux parler d'un mouvement ébionite pluriel dont certaines de ses composantes, toutes considérées comme hérétiques par leurs opposants, ont dû être proches du groupe pharisien et d'autres du groupe essénien — les unes et les autres ayant pu avoir des tendances gnostiques ou baptistes —[27] ».

AuXVIIIe siècle, les ébionites sont considérés comme des hérétiques juifs du premier siècle, tenant aux obéissances de cette religion tout en se disant disciples de Saint Pierre. Il rejetaient et calomniaient Saint Paul. Ils donnaient le baptême, consacraient l'eucharistie avec seulement de l'eau dans le calice et pensaient que le diable avait tout pouvoir sur le monde présent et le Christ pour les siècles futurs[3].

SelonSimon Claude Mimouni« le terme de « Nazoréen » convient pour la première communauté de Jérusalem, dirigée parJacques le Juste[28]. » Dans une période qu'il situe entre66-68 et135-150, les Ébionites se seraient séparés des Nazôréens à cause de divergences doctrinales[29], lorsque les Nazôréens« ont accepté à leur tour, de considérerJésus comme un être à la fois humain et divin[30] ».PourFrançois Blanchetière, auIIe – IIIe siècle le nazaréisme a éclaté en une multitude de courants que leshérésiologues duIVe siècle,Épiphane en particulier, ont englobé sous la désignation générique d'ébionisme[31].

Certains chercheurs modernes (notamment J. Tabor[32], R. Eisenman et J.M. Magnin) suivent la théorie deFerdinand Christian Baur, selon laquelle les ébionites seraient des disciples de la première heure de l'Église de Jérusalem et qui furent graduellementmarginalisés par les disciples dePaul de Tarse, en dépit du fait qu'ils pourraient avoir été fidèles aux authentiques enseignements duJésus historique[33],[34],[8],[35]. Les ébionites auraient donc été desJuifs disciples de Jésus qui s'étaient dépossédés de tout ou partie de leurs biens matériels et vivaient en communautés religieuses[32].

Ces opinions sont rejetées par quelques chercheurs comme J. Munck[36],[37] et R.A. Pritz, qui, à la suite des autorités ecclésiastiques, ne voient pas de lien direct entre l'église de Jérusalem et les « sectes ébionites » mentionnées par leshérésiologues chrétiens auxIIe et IIIe siècles[38].

SelonSimon Claude Mimouni,« il n'y aurait pas lieu de retenir comme vraisemblable l'indication d'Épiphane rapportant qu'Elkaï — le frère d'Elkasaï ou Elkasaï lui-même — ait joué un certain rôle dans les débuts du mouvement ébionite, en influant notamment sur la représentation deJésus commeMessie (Panarion, 19, 5, 5 et 53, 1, 3)[30]. » Pour lui, à l'évidence ces passages« relève[nt] du procédéhérésiologique consistant à établir des relations entre divers groupes afin de les confondre et de les renvoyer tous dans l'hétérodoxie[30]. »

Rapports entre ébionisme, essénisme et islam

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En se référant auxmanuscrits de la mer Morte, certains critiques ont souligné que lesEsséniens se sont donné le nom d'ebionim (ou « pauvres »), de même que certains judéo-chrétiens sont désignés sous l'étiquette « ébionites » par leshérésiologues chrétiens[39]. Même s'il est excessif de conclure que les « pauvres » esséniens et les « pauvres » chrétiens sont totalement identiques[39],Simon Claude Mimouni estime que« si l'on veut atteindre sous leur forme la plus primitive les traits communs à l'essénisme et au christianisme, c'est chez les Ébionites qu'on doit de préférence les rechercher du côté chrétien »[40]. Pour lui,« si des chrétiens d'origine juive avaient choisi de se désigner par le nom « pauvres », c'est qu'ils se considéraient comme les héritiers, à l'égal d'ailleurs des esséniens, d'une spiritualité qui proclame l'éminente dignité des pauvres et la vertu de la pauvreté »[41]. Pour Christian Grappe, le nom de « pauvre » est« un titre honorifique exprimant la conviction, pour le groupe qui l'adopte, d'être le « véritable Israël », comme cela a été le cas pour les esséniens »[42], et bien après« pour les chrétiens parmi lesquels la pauvreté a toujours été mise en avant »[40].

Édouard-Marie Gallez analyse les manuscrits de la mer Morte et estime qu'ils reflètent une parenté avec les idées développées dans leCoran[43]. Pour lui, cette famille de pensée « messianiste » et « eschatologico-guerrière » a continué d'exister après lagrande révolte juive (66-74). On la retrouve à la naissance de l'islam sous l'appellation « naçârâ » du texte coranique[43]. Pour Simon Claude Mimouni, le groupe ébionite est sans doute à l'origine du mahométisme[44].

Caractéristiques principales

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« Les ébionites, bien attestés auIIe siècle, refusent la divinité duChrist et présentent lebaptême de Jésus comme le moment de son adoption divine[28]. »Irénée de Lyon est le premier à mentionner ce nom (fin duIIe siècle)[45]. Ils reconnaissent le vrai Dieu comme créateur universel, mais n'utilisent que l'évangile de Matthieu, et récusentPaul parce qu'il a rejeté la loi (Torah). Ils « commentent les prophéties avec une minutie excessive » et « persévèrent dans les pratiques et coutumes juives », au point de prier en direction deJérusalem[45], ce qui provoque une réflexion polémique d'Irénée.

« Même s'il n'est pas possible de transporter auxIIe – IIIe siècles les données fournies parOrigène,Jérôme ouÉpiphane, l'ébionisme semble cependant caractérisé par une fidélité à laTorah et auxmizvot, par la primauté donnée àJacques, frère du Seigneur, par l'affirmation que Jésus est le fils deJoseph etMarie, par une hostilité farouche àPaul et par le recours à l'hébreu dans laliturgie[31] ». Leur pratique répétée des bains les apparente aux courantsbaptistes[31].

Les pratiques

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Épiphane de Salamine nous apprend que les ébionites sont restés fidèles« aux prescriptions de la Loi juive, tant pour le sabbat que pour la circoncision et les autres observances (Panarion 30, 2, 2)[46]. » Il signale aussi que les ébionites pratiquent de nombreuses ablutions. En plus dubaptême d'initiation, ils procèdent à de quotidiennes immersions,« en vue de recouvrer la pureté intérieure et obtenir le pardon des fautes (Panarion 30, 21, 1-2)[47] ». Ils justifient cette pratique en disant qu'ils imitent l'apôtrePierre (Panarion 30, 15, 1)[48]. On retrouve cette insistance« dans les parties ébionites de lalittérature pseudo-clémentine dans laquelle Pierre est montré comme prenant un bain quotidien où qu'il se trouve, le matin dès le lever et le soir avant le repas (HoméliesVII, 2 ;IX, 23 ;X, 1, 26 ;XI, 1)[48]. » Ils s'abstiennent de manger non seulement les viandes déclarées impures par laTorah mais toute nourriture carnée (Panarion 30, 15, 3) : ils sont doncvégétariens[48]. Ils justifient là encore cette pratique par l'imitation de l'apôtre Pierre[48]. Ils déclarent aussi que les sacrifices sont abolis. Ils sont remplacés par de nombreux rites d'eau essentiels pour la rémission des péchés (Panarion 30, 15, 3)[48]. La suppression des sacrifices a été« la mission propre deJésus par laquelle il s'est manifesté comme le « Prophète véritable » : en conséquence malgré sa fidélité et son observance de la Torah sur tous les autres points, c'est lui qui a conduit à l'abolition de la Torah sacrificielle[49]. » Les ébionites ne célèbrent l'eucharistie qu'une fois par an avec du pain non levé et de l'eau, à l'exclusion de tout vin (Panarion 30, 16, 1). Ils rejettent fortement toute démarche de continence sexuelle ou de virginité. Ils prohibent le célibat et proclament la nécessité du mariage (Panarion 30, 2, 6 ; 15, 2)[49].

Christologie

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Pour les Ébionites,Jésus est consacré commeMessie de Dieu et revêtu de la force divine par l'adoption de l'Esprit saint présent dans l'eau de sonbaptême parJean le Baptiste[50]. Il est une« réincarnation d'Adam, venu pour mettre un terme aux sacrifices (Épiphane de Salamine,Panarion, 30, 3, 4-6)[50]. » Pour eux, Jésus est un « Juste »,« le seul homme ayant accompli parfaitement la Loi[50]. » Il est aussi le « Prophète de Vérité » semblable àMoïse annoncé dans leDeutéronome 18, 15[51],« ce qui permet d'établir un parallèle complet entre les deux personnages[51]. » Ils en attendent l'ultime manifestation sur la terre[52]. Cette thématique du Vrai prophète (Verus Propheta) est abordée de multiples fois dans lalittérature pseudo-clémentine, notamment lesHomélies et lesReconnaissances[51].

Les deux sortes d'ébionites

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Article détaillé :Elkasaïtes.

Origène (ainsi qu'Eusèbe de Césarée (HEIII, 27, 3) mentionne l'existence de deux sortes d'Ébionites[53]. Dans toute son œuvre, Origène ne mentionne explicitement les Elkasaïtes qu'une seule fois. Gilles Dorival estime toutefois qu'on peut s'interroger :« les Elkasaïtes ne sont-ils pas une des deux formes des Ébionites, dont il est question dans leContre Celse[54] ? » D'après Origène, ces deux groupes divergeaient« sur la question de la naissance virginale de Jésus : or si l'on suit l'Elenchos, il semble bien qu'Alcibiade ou les disciples d'Elkasaï affirmaient que Jésus était né d'une vierge[54]. » Selon l'Elenchos,« Alcibiade dit que le Christ a été un homme comme les autres, mais que ce n'est pas aujourd'hui pour la première fois qu'il est né d'une vierge, mais auparavant[55]. » ; ou encore« [les Elkasaïtes] reconnaissent comme nous que les principes de l'univers ont été faits parDieu, mais ne reconnaissent pas que leChrist est un, mais que si le Christ en haut est un, il a été transvasé dans des corps multiples souvent et aujourd'hui même en Jésus, que tantôt il est né de Dieu comme nous le disons, tantôt il a été esprit, tantôt il est né d'une vierge, tantôt non[56]. » Gilles Dorival y voit« un argument fort pour identifier [les Elkasaïtes] à ceux des Ébionites qui admettent la naissance virginale de Jésus[57]. » Il précise toutefois qu'il« faut se garder de conclure trop nettement[57] » car« pour confirmer cette identification, il faudrait que les Elkasaïtes aient partagé la même christologie que les Ébionites partisans de la naissance virginale[57]. » Or, les« sources ne disent rien de tel[57]. »

PourSimon Claude Mimouni,« il y a lieu de distinguer entre l'ébionisme et l'elkasaïsme, même si ces deux mouvements entretiennent des relations tant sur le plan de leurs pratiques que sur celui de leurs croyances. L'un et l'autre remontent assurément au groupenazôréen et à la communauté chrétienne deJérusalem[58]. »

État des sources

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Les attestations des « Pères de l'Église »

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Les éléments archéologiques trouvés, peu nombreux, sont de naturejudéo-chrétienne, sans qu'on puisse les attribuer spécifiquement aux Ébionites ou auxNazôréens, pour autant que cette distinction ait un sens. L'essentiel de ce que nous connaissons à leur sujet provient de références critiques rédigées par lesPères de l'Église, qui les considéraient comme des « judaïsants » et des « hérétiques »[59].

Irénée de Lyon

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Concernant la notice d'Irénée de Lyon sur les ébionites,François Blanchetière rappelle que c'est la première mention de ce nom (fin duIIe siècle) et « retient que selon Irénée ils :

  • reconnaissent le vrai Dieu comme créateur universel ;
  • n'utilisent que l'évangile de Matthieu ;
  • récusentPaul, parce qu'il a rejeté la loi (Torah) ;
  • « commentent les prophéties avec une minutie excessive » ;
  • « persévèrent dans les pratiques et coutumes juives au point d'aller jusqu'à adorerJérusalem comme étant la maison de Dieu »[60]. »

Cette dernière indication fait écrire àFrançois Blanchetière qu'Irénée semble « mal renseigné » et qu'il « commet une sérieuse bévue. Une autre traduction possible serait : « ils prient aussi tournés vers Jérusalem, comme si c'était la maison de Dieu », pratique dont témoigne déjà lelivre de Daniel[61],[60] » pour lejudaïsme en général[62].

Origène

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Origène mentionne les ébionites quatorze fois, dans des passages appartenant à dix œuvres différentes[63]. Il « les appelle les Ebioniens (Ἐβιωναῖοι)[64] » et connaît l'étymologie du mot (pauvre enHébreu). Mais « fidèle à lui-même, il donne à ce mot un sens spirituel : les ébionites ne sont pas des pauvres au sens matériel du terme, mais au sens intellectuel[63] », des « pauvres en intelligence ». Il est difficile de ne pas entrevoir un sens péjoratif dans cette réflexion d'Origène, même si c'est aussi une référence à l'évangile selon Matthieu, qui parle de « pauvres en esprit ». Origène nous fait connaître l'exégèse que les ébionites donnaient de la phrase de Jésus : « Je n'ai été donné qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël[65] ». Pour eux, ces « brebis perdues » étaient « à titre principal lesjuifs; nous pouvons en conclure que pour eux, leChrist était venu sauver à titre secondaire lespaïens[63] ».« Origène ne reprend pas la citation stéréotypée des ébionites avecCérinthe etCarpocrate[53]. » Il note que « maintenant encore », les ébionites rejettent l'apôtrePaul[53]. Il est le premier à nous faire connaître ce que les ébionites racontaient sur la vie de Paul[66]. À la suite d'autres, il dit que les ébionites observent laLoi juive, lacirconcision, les interdits alimentaires et laPâque[53]. Il précise leur argument pour procéder ainsi : imiter le comportement de Jésus lui-même[67]. L'étude des passages où Origène fait référence à l'évangile de Matthieu« montre que leur Évangile n'était pas identique au Matthieu actuel[66] », notamment il ne comportait pas« le récit de la naissance virginale[66]. » Il mentionne deux sortes d'ébionites[53] [Lesquels ?].

Hippolyte et Épiphane

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LePanarion d'Épiphane de Salamine suit leSyntagma d'Hippolyte de Rome (début duIIIe siècle) et leContre les hérésies (Adversus haereses) d'Irénée (fin duIIe siècle).

Les connaissances des uns ne sont pas obligatoirement indépendantes des écrits des autres : ainsi, pour les cinq premières notices sur les 80 hérésies qu'il recense, Épiphane reproduit exactement la liste d'Hippolyte[68]. Bien qu'il ait fait un voyage àJérusalem, il est tout à fait possible qu'Épiphane n'ait jamais rencontré un ébionite ou unnazoréen.

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Les témoignages rabbiniques

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La littérature rabbinique ne fait pas de distinction entre les groupes judéo-chrétiens, qu'ils soientnazôréens, ébionites,elkasaïtes ou autres[69],[70]. Les ébionites sont probablement visés avec les autresminim (hérétiques) dans laBirkat haMinim.Marcel Simon estime toutefois que« la qualification dePorse Israel (dissidents) pourrait renvoyer aux Ébionites[71]. » Les judéo-chrétiens sont en général désignés par les termesmin,notsrim ou adeptes deJésus ben Pandera. Il existe peut-être une exception dans un des manuscrits duTalmud de Babylone (Shabbat 115b-116a)[72]. Dans ce passage,Rabbi Tarfon (fin duIer début du IIe siècle) dit que« si un homme est poursuivi par un criminel qui veut le tuer ou par un serpent qui veut le mordre », il lui est recommandé« de se réfugier dans une maison des idolâtres ou des Ébionites plutôt que dans leur maison [la maison des hérétiques] »[72]. Dans les autres manuscrits connus, seule l'expression « maison des idolâtres » figure et non pas « maison des ébionites »[71]. C'est aussi cette expression que l'on trouve dans l'édition imprimée communément reçue[71]. Toutefois, selonSimon Claude Mimouni,« la lecture « maison des Ébionites » n'est pas sans problème[71]. »

Articles détaillés :Jacob l'hérétique etLes autresmin judéo-chrétiens du Talmud.

LeTalmud parle à plusieurs reprises de judéo-chrétiens qualifiés deminim (hérétiques), dont plusieurs s’appellent Jacob[73]. Le premier d'entre eux aurait vécu auIer ou début du IIe siècle et serait de la ville deKefar Sikhnaya[74]. Il n'est en général pas possible à partir de ces passages de distinguer à quel groupe judéo-chrétien ces personnages se rattachent[69]. Toutefois, Simon Claude Mimouni estime que leQohelet Rabba (7, 26) parle d'un autre Jacob, celui-là deKefar Nabouriya enGalilée qui lui est assez clairement identifiable à un Ébionite[69].« Il est vrai qu'il a vécu auIVe siècle, époque où les clivages doctrinaux jouent un rôle déterminant[69]. »

Les témoignages islamiques

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« Dans un texte arabe duXe siècle, leTathbit Dala' il Nubunwat Sayyidina Muhammad de l'écrivain musulman 'Abd al-Jabbar al-Hamadani (ca. 935-1025),Shlomo Pinès, constatant que de nombreux éléments qui s'y trouvent incorporés ne peuvent en aucun cas être d'origine islamique, a pensé pouvoir y retrouver les traces d'un traité de polémique antichrétienne[75]. »

Pour Shlomo Pinès,« ce traité polémique vient certainement d'un milieu judéo-chrétien exprimant une hostilité à la « grande Église »[75]. » Il considère que l'ouvrage — postérieur auIVe siècle — conserve la trace de traditions judéo-chrétiennes pouvant remonter auxIer et IIe siècles[75]. Le document incorporé dans le texte arabe contient des attaques polémiques« contre des chrétiens qui ont abandonné les usages desjuifs et adopté les usages des païens[75]. » Les principales caractéristiques de cette communauté judéo-chrétienne sont les suivantes :« ses membres prient versJérusalem, gardent lacirconcision, observent leshabbat ainsi que la fête (Yom Kippour) et tiennent compte des interdits alimentaires. De plus, cette communauté, qui est attachée à l'hébreu dans laliturgie et est hostile àPaul de Tarse, considèreJésus comme unprophète et non pas comme le Fils de Dieu[75]. » Tels sont les éléments qui ont poussé Shlomo Pinès à rattacher cette communauté judéo-chrétienne au mouvement ébionite[75].

Le document judéo-chrétien dont il est question dans le texte arabe pourrait être originaire de la région deHarran[76] enTurquie (ancienneCarrhes de la région de Syrie). Il semble faire référence à un évangile rédigé originellement en hébreu, qui aurait contenu seulement les « Paroles de Jésus »[75]. Cette communauté ébionite semble extrêmement critique à l'égard des quatreévangiles canoniques qu'elle semble posséder dans une version traduite en hébreu[77].« Pour elle, les rédacteurs évangéliques ont transformé le recueil originel des Paroles de Jésus s'inspirant ainsi de laVie des prophètes[76]. »

PourSimon Claude Mimouni,« l'intérêt du document transmis par 'Abd al-Jabbar est de faire connaître l'existence de communautés judéo-chrétiennes, vraisemblablement de type ébionite, jusqu'auVIe siècle en Syrie[78]. Ce document permet d'établir par ailleurs que l'islam des origines a eu des contacts avec des communautés judéo-chrétiennes ébionites[26]. » Il lui parait toutefois difficile de remonter à partir de ce document aux communautés judéo-chrétiennes d'origine juives desIer – IIe siècles, bien que selon lui« la description des réactions à l'égard dePaul de Tarse qui y est donnée soit remarquable et suppose une véritable continuité entre elles et celles desVe – VIe siècles[26]. »

Les langues et cultures du mouvement

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En se fondant sur les témoignages desPères de l'Église et notamment celui d'Épiphane de Salamine[39], les critiques considèrent en général que les Ébionites sont de langue et de culturearaméenne,« or les textes nous sont parvenus engrec[51]. »

PourSimon Claude Mimouni,« on pourrait résoudre la difficulté en considérant que, si les Ébionites duIVe siècle étaient de langue et de culture araméennes, ceux duIIe siècle auraient très bien pu être de langue et culture grecques[39] », ou pour le moins certains d'entre eux. Toutefois, pour S. C. Mimouni, il s'agit là uniquement des conjectures fondées sur le raisonnement[39].

Histoire du mouvement ébionite

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L'histoire du mouvement ébionite est très difficile à retracer car on ne les connaît sous cette dénomination qu'à travers les écrits deshérésiologues chrétiens de la fin duIIe au IVe siècle. Les Ébionites n'ont apparemment jamais constitué une « église » centralisée et hiérarchisée, mais plutôt des communautés dispersées et autonomes qui semblent avoir été attachées à des rituels plutôt qu'à des dogmes — d'où certaines difficultés éprouvées par la recherche moderne pour les approcher et les identifier[79] —

Attitude vis-à-vis de Paul de Tarse

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À la fin duIIe siècle,Irénée de Lyon est le premier à utiliser la dénomination ébionite. Il est aussi le premier à parler de chrétiens d'origine juive qui« rejettent les écrits de l'apôtrePaul parce que, à leurs yeux, c'est unapostat de la Loi (Torah) (Contre les hérésiesI, 26, 2)[80]. »Origène mentionne aussi cette hostilité à l'égard de Paul, sans distinguer sur cette question, la position des deux sortes d'Ébionites (Contre CelseV, 65)[80]. D'aprèsÉpiphane de Salamine, pour les Ébionites Paul n'était qu'un païen converti aujudaïsme dans l'espoir d'épouser la fille dugrand-prêtre (Joseph Caïphe). Selon cette tradition, éconduit par le grand-prêtre il se serait mis à diffamer la Loi et lacirconcision (Panarion 30, 16, 8-9)[80]. Dans les écrits pseudo-clémentins, plusieurs passages antipauliniens seraient, selon certains critiques,« en continuité avec la communauté deJérusalem et les opposants du temps de Paul[80]. »

Un mouvement ésotérique

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Il ressort de laLettre de Pierre à Jacques qui sert d'introduction aux écrits pseudo-clémentins, que le mouvement ébionite était un groupe religieux ésotérique[80]. Dans celle-ci, il est recommandé de ne transmettre lesPrédications de Pierre — un écrit ébionite — qu'aux fidèles qui ont subi une épreuve[81]. Celle-ci est un serment pour initiés figurant en annexe à laLettre de Pierre à Jacques et décrite dans laDiamarturia ouContestatio[81].

Après leIVe siècle

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La littérature du mouvement

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Il y a très peu d'écrits — parmi ceux qui subsistent — que l'on puisse attribuer de façon certaine à la littérature ébionite[82].

Article détaillé :Évangile des Ébionites.

Sept courts extraits de l'Évangile des Ébionites sont connus à travers les citations qu'en faitÉpiphane de Salamine[83]. S'il faut en croire ce dernier, une ou des œuvres de lalittérature clémentine sont de provenance ébionite[82]. Toujours selon lui, ils utilisent lesItinéraires de Pierre et lesAscensions de Jacques qu'ils attribuent à Clément de Rome[46]. Ces écrits semblent avoir été intégrés, du moins pour le second,« de manière assez fragmentaire à la littérature pseudo-clémentine, notamment lesHomélies (en grec) et lesReconnaissances (enlatin etsyriaque)[46]. » Ils utilisent la traduction grecque de l'Ancien Testament effectuée parSymmaque l'Ébionite[46] et dont on connaît des passages grâce à l'Hexaples d'Origène.

Les Ébionites utilisent une autre version de laBible que celle que nous connaissons. Les hérésiologues chrétiens suggèrent qu'ils ont supprimé toutes lespéricopes jugées immorales par eux, notamment celles qui ont trait aux sacrifices se déroulant dans leTemple de Jérusalem[84]. Ils qualifient alors ces passages de laTorah de « fausses prophéties »[84]. De plus, pour eux, ce que l'on appelle les livres prophétiques de la Bible ne méritent aucune considération[84]. Ils répartissent lesProphètes en deux catégories.Abraham,Isaac,Jacob,Aaron,Moïse etJosué sont reçus par eux et qualifiés de « prophètes de vérité »[84].David,Salomon,Isaïe,Jérémie,Daniel,Ézéchiel,Élie,Élisée ne sont pas reçus, et sont appelés « prophètes de l'intelligence » (Panarion, 30, 18, 4-5)[84].

Localisation géographique du mouvement

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Le foyer des Ébionites semble avoir été initialementJérusalem. Selon les écrivains chrétiens des premiers siècles, vers68, en pleinerévolte juive, la totalité ou seulement une partie de laqehila de Jérusalem se serait réfugiée àPella enDécapole. SelonSimon Claude Mimouni, il semble possible de retrouver la trace de cette migration dans lesAscensions de Jacques (ReconnaissancesI, 37syriaque ;I, 39,latin) où il est mentionné que, pour leur salut, la Sagesse de Dieu les a conduits en lieu sûr avant la ruine des juifs incroyants[85]. Il est probable qu'après la défaite et la destruction duTemple de Jérusalem (70), une bonne partie de ceux qui avaient migré soient revenus dans la ville. Cela semble être le cas pour deux dirigeants du mouvement :Siméon de Clopas, un parent deJésus qui aurait été nommé peu après 70, « évêque » de Jérusalem;et Théboutis, un autre dirigeant du mouvementnazaréen qui aurait développé des conceptions différentes du premier.

Selon Épiphane de Salamine

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AuIVe siècle, des lieux où se trouvent des Ébionites sont rapportés parÉpiphane de Salamine. À l'exception deBérée enSyrie (Alep), ces lieux sont les mêmes que ceux où sont mentionnés l'existence de groupesnazôréens. Il s'agit de : laDécapole autour de la ville dePella, laBasanitide autour du village deKhochab (18 km au sud-ouest deDamas), la Panéade autour de la ville de Baniyas, dans leGolan (appelée aussiCésarée de Philippe), laMoabitide et laNabatée[86]. Toujours selon Épiphane, les Ébionites auraient essaimé dans laprovince romaine d'Asie, àChypre et àRome[86],[81]. Pour l'Asie, il est possible que l'hérésiologue confonde les Ébionites et lesCérinthiens, deux groupes qui semblent différents, même si lePseudo-Tertullien prétend le contraire[87],[88].

On ne dispose pas d'autre témoignage que celui d'Épiphane; toutefois, deux autres documents permettent de localiser dessynagoguesjudéo-chrétiennes àNazareth ainsi que sur lemont Sion àJérusalem (IVe siècle).

Article détaillé :Nazareth#Histoire.
  • AuVIe siècle, unpèlerin anonyme de la ville dePlaisance décrit sa visite à la synagogue de Nazareth[91]. Des détails de son récit permettent d'identifier clairement cette synagogue comme judéo-chrétienne voire comme nazaréenne[92].

Le Golan

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Ruines de la cité fortifiée deGamala, siège du mouvementZélote où les familles de « babyloniens » deBathanée se réfugieront pendant laGrande révolte jusqu'à sa prise et destruction en automne67. (On entrevoit au fond, lelac de Tibériade.)

Outre la synagogue du mont Sion, des recherchesarchéologiques ont permis d'identifier une autre synagoguejudéo-chrétienne àFarj dans leGolan. Dans ce massif, indépendamment du site prestigieux deGamala, les ruines de nombreuses implantations juives présentes auIer siècle ont été identifiées, ainsi que dix-sept synagogues[93],[94]. De cet ensemble se dégagent les deux sites deFarj etEr-Rahmaniyye, habités semble-t-il par desNazôréens[95]. Selon toute vraisemblance, alors que données archéologiques et textes littéraires tendent à prouver une désolation de la région par les forces romaines après la chute de Gamala à l'automne67, une nouvelle implantation de population s'est produite après135. Il est probable qu'à la suite de la destruction deJérusalem et l'interdiction à tout juif d'y pénétrer (135), les habitants deJuda se replièrent vers le nord et s'implantèrent enGalilée et sur le Golan[1]. Ils disparaissent probablement au cours duVe siècle, victimes sans doute des mesures de rétorsion du courantcatholique, fort de l'appui du pouvoir impérial[1]. Une partie d'entre eux s'est probablement réfugiée enPersesassanide, où pourtant lesNazôréens et lesElkasaïtes étaient aussi soumis à de fortes pressions pour se convertir auzoroastrisme[96].

Kaukab « au pays de Damas »

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Il a été avancé l'idée que la communauté qui a rédigé le fameuxDocument de Damas - n'a pas résidé àDamas mais « au pays de Damas »[97] - aurait précisément vécu àKokaba/Kaukab près de Damas, du fait de la réminiscencemessianique dutoponyme en rapport avec le prophétie deBalaam[98] utilisée à plusieurs reprises dans les écrits de la secte duYahad, dont une cinquantaine d'écrits ont été retrouvés dans des grottes près deQumrân[99]. Ce serait selon cette hypothèse, parmi cesSadocites que se serait constituée uneqehila (communauté)nazôréenne dans les premières années qui suivirent la disparition duRabbiJésus. Dans la même ligne, certains y ont localisé la « conversion » dePaul. Les sources littéraires chrétiennes, en l'occurrenceJules l'Africain[100] etÉpiphane, évoquent le site deKokaba comme lieu d'habitation des parents de Jésus[1].

CeKokaba qu'Épiphane localise auprès deKarnaïm et d'Asteroth au pays deBachân[101] sur leplateau du Golan est probablement le lieu appelé aujourd'huiKaukab, à 18 km au sud-ouest deDamas. En effet, dans sonOnomasticon[102],Eusèbe cite le village deKauba près de Damas « où il y a des juifs appelés ébionites qui croient enJésus-Christ »[103].

Article détaillé :Minim.

Bagatti relève aussi dans la région de Damas, un certain nombre de villages dénommésMenim, toponyme qui pourrait renvoyer à des communautés deminim[104].Kaukab aurait constitué auxIer et IIe siècles une place forte des disciples deDosithée et deSimon le Mage[103].

Richard Bauckham fait remarquer que lesNazôréens se sont établis dans des lieux dont les noms possèdent des résonancesmessianiques :Nazareth en référence ànetzer[105] etKokhav qui veut dire étoile[106], évoque celle de la prophétie deBalaam[98] et doit être rapproché duleader de laseconde révolte,Shimeon bar Kokhba. Il rejoint ainsi ce qu'avait notéJean Daniélou pour plusieurs sites s'appelantKokhav et où les écrivains chrétiens semblent situer la présence deNazôréens ou d'Ébionites[107],[103].

François Blanchetière conclut en rappelant « dans ce contexte ce verset de l'Apocalypse de Jean à forte colorationmessianique : « Je suis le rejeton-(nètzer) de la race de David, l'étoile-(kokhav) radieuse du matin[108] »[103]. »

Dans l'espace perse

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Article détaillé :Elkasaïtes.

Lors de l'invasion de l'Empire parthe parTrajan (114-116), un homme appeléElkasaï faisant état d'une révélation, fonde un nouveau mouvement qui joint la communauté auquel il appartenait (probablement desNazôréens ou desÉbionites) à une communauté d'« Osséens »[109] pour fonder un mouvement que leshérésiologues chrétiens appellentelkasaïte. Ce mouvement, qui naît dans le nord de laMésopotamie et couvre une aire géographique importante, indique que des communautésnazaréennes existaient dans l'espaceperse.

Plusieurs traditions rapportent que lesapôtresThaddée d'Édesse,Thomas, ou encoreBarthélemy, voireJésus lui-même après sacrucifixion, ont évangélisé ces régions, et en particulier le sud de l'Arménie, l'Adiabène (Edesse,Nisibe) et le nord de l'Empire parthe jusqu'àCtésiphon, dès les années30-40.

Dans la péninsule arabe

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Carte montrant la région duHedjaz (contours en rouge).

Shlomo Pines ainsi que d'autres chercheurs, soutiennent que lesjudéo-chrétiens (nazôréens ouébionites) ont survécu dans la péninsule arabique au-delà duXIe siècle. Ils s'appuient sur les textes de l'historienAbd al-Jabbar ibn Ahmad et les identifient à la secte que celui-ci y a rencontrée aux alentours de l'an1000[110].

C'est ce que semble confirmer au siècle suivant, leSefer Ha'masaot, un livre de voyages écrit parBenjamin de Tudèle (mort en1173), unrabbin d'Espagne qui rencontre encore ces communautés, notamment dans les villes deTayma et Tilmas[111].

L'historienmusulman duXIIe siècle,Muhammad al-Shahrastani mentionne des juifs vivant à proximité deMédine etHedjaz, qui acceptentJésus commeprophète et suivent les traditions dujudaïsme, rejetant les vues chrétiennes orthodoxes[112].

Certains savants soutiennent qu'ils ont contribué à l'élaboration de la visionislamique deJésus/Îsâ grâce aux échanges avec les premiers musulmans[113],[33]. PourSimon Claude Mimouni, il est possible que les chrétiens avec lesquelsMahomet et ses disciples ont été en contact auVIIe siècle dans le nord de l'Arabie aient appartenu au mouvement judéo-chrétien, peut-être de type ébionite[114]. Si c'est le cas,« il est envisageable de penser à une influence directe entre le judéochristianisme ébionite et l'Islam des commencements[114]. » Cette hypothèse fait penser à certains critiques que l'ébionisme peut avoir été un mouvement religieux important[58].

Notes et références

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  1. abc etdFrançois Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,p. 122.
  2. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Éd. Albin Michel, Paris, 2004,pp. 172.
  3. a etbDictionnaire des cultes religieux, Paris, Vincent, Imprimeur-Libraire, rue S. Séverin. Avec approbation, et privilège du roi.,
  4. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Éd. Albin Michel, Paris, 2004,p. 173.
  5. ab etcSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Éd. Albin Michel, Paris, 2004,p. 174.
  6. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Éd. Albin Michel, Paris, 2004,p. 176.
  7. références dansSefarim
  8. a etb(en) Eisenman Robert,James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, 1992, Viking(ISBN 1842930265).
  9. Miller, Robert J.,The Complete Gospels: Annotated Scholars Version, Polebridge Press, 1994(ISBN 0-944344-49-6).
  10. Eisenman, Robert & Wise, Michael,The Dead Sea Scrolls Uncovered, 1992, Spring(ISBN 1852303689).
  11. André Paul,in Qumrân, Le secret des manuscrits de la mer Morte', BNF, Paris, 2010,p. 73(ISBN 978-2-7177-2452-3).
  12. cf. par exemple4Q171 dans lequel« les membres duyahad se présentent comme les « pauvres », dont il est dit qu'ils « posséderont la terre ». On croirait entendreJésus de Nazareth (selon Mt. 5, 3-4) »,André Paul,La Bible avant la Bible, Cerf, Paris, 2005,p. 155-156.
  13. Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne duIIe au VIe siècle », in S. C. Mimouni et P. Maraval,Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F./Nouvelle Clio,pp. 279-285
  14. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,pp. 161-162.
  15. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 162.
  16. Voir J.M. Magnin,Notes sur l'ébionisme, dansProche-Orient chrétien,no 23 (1973),pp. 263-265 ;no 24 (1974),pp. 225-250 ;no 25 (1975),pp. 245-273 ;no 26 (1976),pp. 293-318 ;no 27 (1977),pp. 250-276 ;no 28 (1978),pp. 240-248.
  17. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 149.
  18. abc etdSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 163.
  19. Nouveau Testament,Paul de Tarse,Épître aux Galates, 2, 10.
  20. Voir A. Gelin,Les pauvres de Yahvé, Paris, 1953,pp. 96-97 (Les pauvres que Dieu aime, Paris, 1967,p. 90).
  21. Nouveau Testament,Paul de Tarse,Deuxième épître aux Corinthiens, 8, 9.
  22. André Paul,La Bible avant la Bible, Cerf, Paris, 2005,p. 155-156.
  23. André Paul,Encyclopædia Universalis,Article « Nazaréens, religion ».
  24. André Paul,Qumran et les Esséniens. L’éclatement d’un dogme, Cerf, 2008.
  25. ab etcSimon Claude Mimouni,Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel,p. 176.
  26. ab etcSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 171.
  27. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 172.
  28. a etbP. Édouard Cothenet, surSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Éd. Albin Michel, coll. « Présence du judaïsme poche », 2004.
  29. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 177-178.
  30. ab etcSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 178.
  31. ab etcFrançois Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,p. 239.
  32. a etbTabor, James D.,Ancient Judaism: Nazarenes and Ebionites, The Jewish Roman World of Jesus, Department of Religious Studies, University of North Carolina at Charlotte, 1998. Consulté le 30 septembre 2006.
  33. a etb(en) Hans-Joachim Schoeps,Jewish Christianity : Factional Disputes in the Early Church. Translation Douglas R. A. Hare, Fortress Press,
  34. Maccoby, Hyam,The Mythmaker: Paul and the Invention of Christianity, Harper & Collins, 1987(ISBN 0062505858).
  35. Tabor, James D.,The Jesus Dynasty: A New Historical Investigation of Jesus, His Royal Family, and the Birth of Christianity, Simon & Schuster, 2006(ISBN 0743287231).
  36. J. Munck,Jewish Christianity in Post-Apostolic Times, dansNew Testament Studies 6 (1960),pp.  10-116.
  37. J. Munck,Primitive Jewish Christianity and Later Jewish Christianity: Continuation or Rupture ?, dansAspect du judéo-christianisme Strasbourg, 1965,pp.  77-91.
  38. Antti Marjanen, Petri LuomanenA companion to second-century Christian "heretics" 2008p. 276
  39. abcd eteSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 188.
  40. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 189.
  41. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 188-189.
  42. Voir Christian Grappe,D'un Temple à l'autre. Pierre et l'église primitive de Jérusalem., Paris, 1992,p. 126-127« qui se fonde sur les textes esséniens où les membres sont désignés par le terme pauvres » (1QH 5, 22 ; 1QM 11, 9 ; 13, 14 ; etc.), et sur un texte en particulier où le groupe est désigné comme la congrégation des pauvres (4QpPs 37 2, 10 ; 3, 10).cf.Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 250, noteno 23.
  43. a etbMarie-Thérèse Urvoy, au sujet du livre d'Édouard-Marie Gallez,Le Messie et son prophète, Aux origines de l’Islam, 2 tomes, éd. de Paris, 2005recension
  44. Simon Claude Mimouni,Le judaïsme ancien et les origines du christianisme, éd. Bayard, 2017, p. 278.
  45. a etbFrançois Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,p. 144-145.
  46. abc etdSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 183.
  47. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 183-184.
  48. abcd eteSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 184.
  49. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 185.
  50. ab etcSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 186.
  51. abc etdSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 187.
  52. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 186-187.
  53. abcd eteGilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 273.
  54. a etbGilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 278.
  55. Elenchos,IX, 14, cité par Gilles Dorival,op. cit.,p. 278.
  56. Elenchos,X, 29, cité par Gilles Dorival,op. cit.,p. 278.
  57. abc etdGilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 279.
  58. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 193.
  59. Klijn A.F.J. & Reinink, G.J.,Patristic Evidence for Jewish-Christian Sects, Brill, 1973(ISBN 9004037632).
  60. a etbFrançois Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,pp. 144-145.
  61. Bible,Livre de Daniel, 6, 11.
  62. Cette pratique, après avoir été précisée par latraditionrabbinique demeure en usage jusqu'à notre époque.cf Marcel Simon, 1964,, 28, n. 5.
  63. ab etcGilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 260.
  64. Gilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 259.
  65. Nouveau Testament,Évangile selon Matthieu, 15, 24.
  66. ab etcGilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 274.
  67. Gilles Dorival,Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, inLe judéo-christianisme dans tous ses états -Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir.Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001,p. 273-274.
  68. Aline PourkierL'hérésiologie chez Épiphane de Salaminep. 103 1992 - "Ébionites Dans cette partie de son ouvrage, Épiphane suit leSyntagma d'Hippolyte en gardant un œil sur l'Adversus haereses d'Irénée. Pour les cinq premières notices de ce groupe, il reproduit exactement la liste d'Hippolyte"
  69. abc etdSimon Claude Mimouni,Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 117.
  70. Simon Claude Mimouni,Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004,p. 130-131.
  71. abc etdSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,pp. 168.
  72. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,pp. 167.
  73. Voir à ce sujet:Simon Claude Mimouni,Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 102-118.
  74. Simon Claude Mimouni,Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 102.
  75. abcdef etgSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 169.
  76. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 170.
  77. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 169-170.
  78. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 170-171.
  79. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 178-179.
  80. abcd eteSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 179.
  81. ab etcSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 180.
  82. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 181.
  83. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 189 et 192.
  84. abcd eteSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 182.
  85. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 177.
  86. a etbÉpiphane de Salamine,Panarion, 30, 18, 1.
  87. Pseudo-Tertullien,Contre tous les hérétiques, III[lire en ligne].
  88. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 180-181.
  89. Simon Claude Mimouni,Le judéo-christianisme ancien, Paris, 1998,pp. 161-168.
  90. Simon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 143.
  91. Plus précisément entre 560 et 570.cf.François Blanchetière,op. cit.,p. 264.
  92. cf. par exempleSimon Claude Mimouni ouFrançois Blanchetière: « Cette « Synagogue » n'est pas juive, mais « nazaréenne » puisque les « juifs » ne peuvent déplacer la poutre (sur laquelle Jésus est censé s'être assis lors de son enfance), opération que seuls les chrétiens peuvent accomplir »,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Cerf, Paris, 2001,p. 264.
  93. MA'OZ, 1993, 536, voir carte.
  94. François Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,pp. 121-124.
  95. Claudine Dauphin, 1984 et 1993a.
  96. Une mention des « nazôréens » dans une des quatre inscriptions deKartir et qui remonte au règne deVahram II (277-293), est en général considérée comme faisant référence à la fois auxnazôréens et auxelkasaïtes.
  97. CD-A 8, 21 ; CD-B 20, 12.
  98. a etbBible,Nombres, 24, 17.
  99. North, 1959 ; Philonenko, 1960, 8-12.
  100. Eusèbe de Césarée,Histoire ecclésiastique, 1, 7, 14.
  101. Épiphane de Salamine,Panarion, 29, 7-8.
  102. Eusèbe de Césarée,Onomasticon, 172, 1.
  103. abc etdFrançois Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,p. 123.
  104. BAGATTI, 1966, 21.
  105. Bible,Isaïe,Is 11. 1
  106. Kokhav ou Kochab veut dire étoile et ce nom a d'ailleurs été donné àBeta Ursae Minoris.
  107. BAUCKAM, 1990, 62-70 ; DANIELOU, 1961a, 123-127.
  108. Nouveau Testament,Apocalypse de Jean, 22, 16.
  109. L'appellation de ce groupe varie selon les manuscrits et son identification est incertaine : certains y voient la survivance de communautés esséniennes après la restructuration pharisienne du judaïsme après ladestruction du Temple de 70 ; cf.Simon ClaudeMimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité,Albin Michel,coll. « Présence du judaïsme »,, 261 p.(ISBN 978-2-226-15441-5),p. 254
  110. (en) Shlomo Pines,The Jewish Christians Of The Early Centuries Of Christianity According To A New Source, Proceedings of the Israel Academy of Sciences and Humanities II, No. 13,
  111. (en)Marcus N. Adler etPhillip Feldheim (éditeur),The Itinerary of Benjamin of Tudela : Critical Text, Translation and Commentary,,p. 70–72
  112. (en)Muhammad al-Shahrastani,Kitab al–Milal wa al-Nihal,William Cureton edition, page 167, Gorgias Press,
  113. O. Cullmann, "Ebioniten", in:Religion in Geschichte und Gegenwart,p. 7435 (vol. 2)
  114. a etbSimon Claude Mimouni,Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004,p. 194.

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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