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Âge sombre

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Pour les articles homonymes, voirÂge sombre (homonymie).

L'expression « Âge sombre », « Âges obscurs » ou « Siècles obscurs » est employée par l'historiographie, en particulierdans le monde anglophone au travers de l'expressionanglaiseDark Ages pour désigner toute période pour laquelle les sources archéologiques ou historiques sont rares ou manquantes, avec une connotation funeste ou négative de l'histoire d'un peuple ou d'un pays. Cette connotation ainsi que l'expression elle-même sont très critiquées[1], de même que le concept opposé d'« Âge d'or ».

Antiquité méditerranéenne

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Article détaillé :Siècles obscurs.

Pour laGrèce, l'expression« Siècles obscurs » désigne la période approximativement duXIIe au VIIIe siècleav. J.-C., suivant lacivilisation mycénienne et précédant l'Époque archaïque de laGrèce antique. Elle est parfois étendue à l'ensemble de la période de crise de l'effondrement de l'âge du bronze marquée par la chute de la plupart des États de la Grèce mycénienne, d'Anatolie et duProche-Orient. Cette rupture est expliquée par une combinaison de facteurs dechangement climatique, des bouleversements sociaux et de rupture des circuits commerciaux[2].

Moyen Âge occidental

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L'« Âge sombre » est un terme populaire employé pour décrire la période duMoyen Âge. Cette notion trouve son origine dans les sonnets dePétrarque (1304-1374) mais elle était déjà employée parsaint Bonaventure auXIIIe siècle. Depuis que ces deux auteurs ont employé le terme « Medium tempus » dans leur tripartition du temps pour souligner une rupture entre le passé ancien (l'Antiquité) et le passé récent (qualifié par la suite deRenaissance), ses connotations péjoratives se sont répandues dans le public, et sont entrées dans l'historiographie à travers l'humanisme italien[3] .

LeMoyen Âge a souvent été présenté par les historiens duXIXe siècle, notammentJules Michelet[N 1], comme un âge sombre de l'Europe depuis son commencement jusqu'à l'avènement de ce qu'il était convenu d'appeler la Renaissance auXVIe siècle.

L'historien américainCharles H. Haskins provoqua une grande polémique lorsqu'il publia en 1927 son ouvrage le plus connu,The Renaissance of the Twelfth Century, identifiant uneRenaissance du XIIe siècle[4]. Cette vision négative et sans nuances est aujourd'hui remise en cause par tous lesmédiévistes.

L'Antiquité tardive est fréquemment présentée comme un « âge sombre », particulièrement entre les années 550 et 750, au moment où lacivilisation antique passe pour avoir été détruite par lesGrandes invasions. L'adoptionen 380 du christianisme comme religion d'État de l'Empire romain a été un motif de filtrage, voire de mise à l'index d'un certain nombre d'écrits des penseurs de l'Antiquité dont les textes furent jugés incompatibles avec la nouvelledoctrine. D'autre part, il y eut effectivement des pertes de certains manuscrits antiques par grattage, par des copistes dans les monastères (voirscriptorium) parce qu'ils avaient besoin de parchemins « neufs », très difficiles à se procurer à l'époque, et parce qu'ils ne trouvaient plus d'utilité auxtextes anciens ainsi effacés (voirPertes de livres pendant l'Antiquité tardive).

Cette vision péjorative occulte des renaissances locales comme la périodemauricienne de l'Empire romain d'Orient et de sesexarchats deRavenne et deCarthage, ou encore la période isidorienne dans l'Espagne wisigothique et la prospériténorthumbrienne enGrande-Bretagne, pour ne retenir que larenaissance carolingienne. Mais celle-ci est suivie par un nouvel « âge sombre » dû aux invasionsvikings,sarrasines et hongroises, entre 820 et 920 environ, qui aboutit à la dissolution de l'empire carolingien et à la désorganisation des monastères[5].

Cet « âge sombre » traduit surtout la vision des chroniqueurscatholiques, seuls détenteurs de l'écrit en leur temps et pour lesquels l'Empire romain d'Orient, l'Espagne wisigothique, byzantine puis musulmane, ou encore les marges encore semi-païennes de l'Europe du Nord ne font plus ou pas encore partie de la « civilisation européenne ».[réf. nécessaire]

Article détaillé :Occident chrétien.

L'historiographie des années 1990, notammentDominique Barthélémy a remis en cause cette vision : l'effectivité des destructions vikings hors des abbayes, l'idée d'une disparition de la notion deRes Publica et de la mémoire des auteurs antiques dans l'empire byzantin ou lors de l'éclatement de l'empire carolingien, sont à nuancer.

Après larenaissance ottonienne (920–1050) et larenaissance duXIIe siècle, leXIVe siècle apporte encore son lot de malheurs entre 1340 et 1450 avec lagrande peste et laguerre de Cent Ans.

La médiévisteRégine Pernoud en particulier s'est attaquée à ce mythe tenace[6].Pierre Riché s'est attaqué plus particulièrement au mythe desTerreurs de l'an mille[7]. En résumé, lerenouveau de l'historiographie médiévale depuis leXXe siècle remet en cause la vision d'un âge sombre global pour le Moyen Âge généralement présentée par l'historiographie duXIXe siècle.

L'image du Moyen Âge comme « âge sombre », bien que démentie par la recherche historique, reste vivace dans le langage courant avec des connotations négatives d'obscurantisme, injustice brutale,féodalisme etchasse aux sorcières[8].

Haut Moyen Âge oriental

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Articles détaillés :Histoire de l'Empire byzantin,Histoire des Balkans,Slaves etRous' de Kiev.

Pour l'Europe centrale etdu sud-est l'expression« dark ages/âge sombre » désigne l'Antiquité tardive et le haut-Moyen Âge, à cause de la pénurie de sources écrites duIIIe siècle auXIIIe siècle, mais les historiens locaux préfèrent nommer ces périodes « âgepastoral » en référence à la principale occupation (et moyen de subsistance) des habitantsthraces puisslaves en voie dechristianisation durant lesgrandes invasions et pendant l'installation desAvars, desproto-Bulgares puis desMagyars dans le bassin du moyen-Danube et lesBalkans, jusqu'à la stabilisation auXIIIe siècle des principaux états de ces régions (royaume de Hongrie,principautés danubiennes,tsarats serbes etbulgares,empire ottoman), qui commencent à produire les documents nécessaires aux historiens pour retracer leur évolution en détail.

En raison des instrumentationsnationalistes des temps modernes, l'« âge sombre » de l'Europe orientale etdu Sud-Est donne lieu à des récits historiques antagonistes, incompatibles, et à des biais historiographiques où chaquenation moderne se« rétroprojette » dans le passé[9][réf. non conforme] en niant lemulticulturalisme et le pluri-ethnisme des royaumes médiévaux comme l'Empire byzantin, laHongrie médiévale, lesprincipautés danubiennes, laDobrogée ou leroyaume bulgaro-valaque.

Cela crée desparadoxes : ainsi, comme ni les historiens serbes ou bulgares[10], ni les historiens hongrois[11],[12] n'admettent qu'en arrivant dans la région les premiersSlaves méridionaux, les premiersProto-Bulgares et lespremiers Magyars ont pu y trouver des populations delangues romanes orientales[13], leslocuteurs de celles-ci sont censés avoir tout simplement disparu pendant un millénaire, duIIIe siècle auXIIIe siècle[14].

Les historiens en question admettent que durant ces dix siècles, lespeuples germaniques, lesAvars, lesAlains, lesSlaves, lesProto-Bulgares, lesMagyars, lesPétchénègues et lesCoumans ont tous pu franchir lesCarpates, leDanube et lesBalkans, mais pas les locuteurs des langues romanes orientales (ditsValaques), au mépris des chroniques byzantines[15] et des travaux deslinguistes[16] qui soulignent que lepastoralismetranshumant était la principale occupation de ces populations de langue romane[17].

Europe médiévale et moderne

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Article détaillé :Histoire de l'Europe.

Grande-Bretagne

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Article détaillé :Histoire de l'Angleterre anglo-saxonne.

L'expression désigne la période où l'île de Bretagne fut laissée sans souverain central, à compter du départ desRomains. C'était l'époque du doute et de la perte progressive de l'unité desCeltes britanniques, celle des incursions des violentes tribus du nord, lesPictes et lesScots, que les murs romains d'Hadrien et d'Antonin ne retenaient plus ; enfin, celle de l'arrivée successive desAngles,Saxons sur les terres de l'Est (voirheptarchie), ainsi que desVikings àYork.

Dans le monde anglo-saxon, cette définition prévaut ainsi (Dark Age), et est à l'origine de deux lignes de légendes :

Péninsule ibérique

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Article détaillé :Chroniques mozarabes.

Leschroniques mozarabes traduisent la vision pessimiste des clercs chrétiens sous la domination ducalifat de Cordoue (756-1031). Du point de vue des musulmans d'Al-Andalus, c'est la chute de ce califat en 1031 qui ouvre une période de morcellement et de confusion, la période des taïfas.

Tchéquie

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Articles détaillés :Royaume de Bohême etGuerre de Trente Ans.

LesTchèques appellent « âge sombre » la période qui va de 1620 environ à la fin duXVIIIe siècle, marquée par les dévastations de laguerre de Trente Ans et de l'invasion turque, la persécution desprotestants, les famines et les épidémies[18].

Dans la peinture

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Pour la France, l'expression désigne une vision, aujourd'hui reconnue comme erronée, des amateurs d'art duXIXe siècle qui observèrent les peintures de laRenaissance desXIVe et XVe siècles dans l'état où elles se trouvaient à leur époque, sans les techniques derestauration disponibles aujourd'hui.

Au bout de quatre siècles dans les salles principales des palais et châteaux des collectionneurs, ces peintures comportaient des couleurs passées, les ciels étaient noirs bien que remplis d'angelots et leur sujet empreint de thèmes religieux liés à la crise desschismes qui questionna le monde occidental chrétien.

Ces éléments donnèrent l'idée à ceux qui redécouvraient les peintures de la Renaissance que l'époque de leur création au sortir du basMoyen Âge, qui avait connu l'an mille, était parcourue de pessimisme transparaissant dans les peintures qu'ils contemplaient.

Depuis, la lumière fut faite sur l'époque et sur lesdites peintures ; elle trouva donc le nom plus évocateur deRenaissance aux yeux des historiographes.

Asie

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Inde

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Dans l'hindouisme, toute la période historique est considérée comme appartenant à un « âge noir » (Kali Yuga) caractérisé par la ruine des valeurs morales : sa durée est estimée à 432 000 ans.

Cambodge

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Dans la fiction

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Article détaillé :Science-fiction post-apocalyptique.

La notion d'Âge sombre est utilisée dans plusieurs œuvres descience-fiction, notamment dans leCycle de Fondation d'Isaac Asimov publié de 1942 à 1993. Dans ce cycle qui s'étend sur plusieurs millénaires, la chute du premierEmpire galactique est suivie par un « Âge sombre » : une élite de scientifiques, la Fondation, s'efforce de préserver et développer le savoir pour préparer l'avènement d'un nouvel Empire[19].

Notes et références

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Notes

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  1. Voir la section « controverses » de l'article qui lui est consacré

Références

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  1. (en)Terry Jones' Barbarians - Written by Terry Jones & Alan Ereira, BBC, 3 mars 2006.
  2. Sing C. Chew,The Recurring Dark Ages: Ecological Stress, Climate Changes, and System Transformation, Altamira Press, 2006[1]
  3. Hámori Nagy, Z. (2010). « Le temps des ténèbres ». La naissance de l’image négative du Moyen Age. Verbum – Analecta Neolatina, 12(1), 167–183.lire en ligne, consulté le 2 juilet 2025
  4. Charles H. Haskins,The Renaissance of the Twelfth Century, Cambridge Mass., 1927
  5. Georges Duby,Le Temps des cathédrales, introduction
  6. Régine Pernoud,Pour en finir avec le Moyen Âge, Seuil, 1977
  7. Pierre Riché,Les Grandeurs de l'an mille, Bartillat,p. 14
  8. Tommaso de Carpegna Falconieri,Médiéval et militant : penser le contemporain à travers le Moyen Âge, Éditions de la Sorbonne, 2019[2]
  9. « rétroprojection nationaliste » est une expression du Pr. Jean Ravenstein de l’université d'Aix-Marseille ; voir aussi Jean-Simon Legascon :L'Europe face au défi nationaliste dans les Balkans in :Guerres mondiales et conflits contemporainsno 217, janvier 2005, Presses universitaires de France.
  10. Roumen Daskalov et Aleksander Vezenkov,(en) Entangled Histories of the Balkans - Shared Pasts, Disputed Legacies, tome 3, Balkan Studies Library, Brill (Leyden, 2015),(ISBN 9004290362)
  11. (en) Alain Du Nay, André Du Nay et Árpád Kosztin,Transylvania and the Rumanians, Matthias Corvinus Publishing,, 337 p.(ISBN 978-1-882785-09-4,lire en ligne),p. 15.
  12. Béla Köpeczi,(hu)Erdély rövid története, Akadémiai Kiadó,(ISBN 963 05 5901 3).
  13. Eduard Robert Rössler,(de)Romänische Studien : untersuchungen zur älteren Geschichte Rumäniens, Leipzig 1871.
  14. Gheorghe Brătianu,(ro)O enigmă și un miracol istoric: poporul român, ed. Fundația Academia Civică, Bucarest 2019,(ISBN 9786068924069)
  15. Georges Cédrène,Théophane le Confesseur,Anne Comnène etAlexis Apokaukos, cités parNicolae Iorga dansHistoire des Roumains et de la romanité orientale, 10 vol., Bucarest, Imprimerie de l'État, 1945 etHistoire des Roumains de la Peninsule des Balkans, Bucarest, Impr. Cultura neamului romănesc, 1919.
  16. KristianSandfeld,Linguistique balkanique : problèmes et résultats, É. Champion,.
  17. Karl Strobel, « Die Frage der rumänischen Ethnogenese : Kontinuität – Diskontinuität im unteren Donauraum in Antike und Frühmittelalter »,Balkan-Archiv, 2005–2007,nos  30–32,p. 59–166.
  18. Deborah Kopka,Welcome to Czech Republic, Lorenz Educational Press, 2011, ch. « The House of Habsburg »[3]
  19. Lester Del Rey,The World of Science Fiction, 1926-1976: The History of a Subculture, Dissertations-G, 1975[4]

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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