LE NOMBRE DES CONCILES OECUMÉNIQUES
RECONNUS PAR L'ÉGLISE GRÉCO-RUSSE ET SES THÉOLOGIENS
Le titre de cet article surprendra sans doute plus d'un lecteur. N'est-il pas établi, dira-t-on, que l'Église gréco-russe reconnaît sept conciles œcuméniques, les sept premiers, et ces sept seulement? .N'est-ce pas là un des dogmes fondamentaux de cette Église, qui s'intitule parfois elle-même« l'Église des sept concjles », et peut-il y avoir quelque doute à ce sujet? Nous répondons à cette question par les trois affirmations suivantes :
i° L'Eglise gréco-russe a toujours reconnu dans le passé et reconnaît encore de nos jours au moins huit conciles œcuméniques;
2° D'après les documents officiels de cette Église et l'enseignement de ses meilleurs théologiens, il est impossible de savoir s'il n'y a que huit conciles œcuméniques ou s'il y en a davantage, les opinions les plus divergentes s'étant manifestées dans le passé et se manifestant encore de nos jours sur cette importante question;
3° II n'existe dans l'Église gréco-russe aucune autorité universellement reconnue qui puisse fixer le nombre exact des conciles œcuméniques.
La première proposition est facile à établir. Quand l'Église gréco- russe affirme qu'il y a au moins sept conciles œcuméniques, cela signifie toujours en fait « huit conciles œcuméniques ». En effet, depuis Photius, et même avant lui, l'Église orientale a toujours considéré comme œcuménique le fameux concile tenu à l'automne de 691, dans la grande salle à coupole du palais sacré., à Constantinople, et appelé pour cette raison concile in Trullo. Sommés à plusieurs reprises, de, donner leur approbation aux décisions de cette assemblée, les Papes ont toujours refusé, et ils avaient pour cela de bonnes raisons. Le concile in Trullo ne peut être, aux yeux d'un catholique, que ce qu'il a toujours été dans la réalité : un concile particulier de l'Église byzantine ou, plus exactement, un concile du patriarcat de Constantinople, qui a pris indûment le titre d'œcuménique, et que les Orientaux ont cousu avec du fil blanc, tantôt sur le sixième concile œcuménique tenu en 680 contre les Monothélites^ tantôt à la fois sur le cinquième concile œcuménique (553) et le sixième; d'où l'appellation bizarre de penthecte (πενθέκτη) ou quinisexte, qui lui a été donnée dans la suite. Réservant pour un prochain article la démonstration de
Echos d'Orient. — ι g* année. — N° ii5. Janvier igig.





















