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COMMUNICATION
COUP D'ŒBL SUR LES CONCEPTIONS DU GENRE GRAMMATICAL, PAR M. MICHEL ARRIVÉ
Le problème que je me propose d'aborder risque de paraître bien élémentaire. Elémentaire au sens le plus strict du terme : c'est à l'école primaire — et, je crois bien, précisément au cours élémentaire — qu'on nous a appris qu'une analyse correcte des noms avait à identifier leur genre et leur nombre. Et pourtant, en dépit de cet aspect apparemment élémentaire, la catégorie du genre grammatical est sans doute l'une de celles qui ont suscité le plus de curiosités, de toutes parts : philosophes, grammairiens, linguistes, psychanalystes ou simples observateurs du langage et des langues. On peut s'interroger sur les origines de cette curiosité spécifique. Cette question sera sous-jacente tout au long de ma communication, et je me hasarderai peut-être, en guise de conclusion, à proposer une hypothèse. Nous n'en sommes pas là : je me contente, pour l'instant, d'indiquer de quelle façon je vais aborder le problème.
Il me semble d'abord indispensable de procéder à une mise au point sommaire sur le fonctionnement de la catégorie du genre grammatical, en la distinguant, chemin faisant, de deux autres catégories nominales : d'une part celle de la classe, qui est d'une certaine façon la concurrente du genre en dehors du domaine indo-européen ; d'autre part celle du nombre grammatical, qui est associé au genre dans de très nombreuses langues, notamment indo-européennes. Cette brève mise au point nous permettra d'envisager avec plus de clarté le problème des conceptions du genre. On verra qu'elles se laissent aisément répartir en deux groupes : pour certaines théories, le genre serait une catégorie vide, dépourvue de tout contenu sémantique. Selon les autres théories, le genre ne fait pas exception au statut des autres catégories linguistiques : comme le nombre ou comme la personne, le genre est pourvu d'un contenu. C'est sur la nature de ce contenu que les théories divergent.
I. Genre grammatical et autres catégories nominales
Une première observation : les français et francophones « natifs », comme on dit, sont à ce point habitués à la répartition des noms,




















