241
OBSERVATIONS SUR LE RITUEL LE PLUS RÉCENT
DES FRÈRES ARVALES, PAR M. ANDRÉ PIGANIOL, MEMBRE DE L'ACADÉMIE.
Les Actes des Arvales nous conservent une des plus belles liturgies païennes que nous possédions. Les procès- verbaux de la fête de mai sont de plus en plus détaillés à mesure qu'on approche de la grande crise du me siècle, ou plus exactement les Arvales ont utilisé successivement plusieurs types différents de procès-verbaux, types très peu nombreux, et les plus développés sont les plus récents.
Au temps d'Auguste, peut-être ne mentionnaient-ils que Yindiciio, faisant connaître seulement la date de la fête1. En tout cas, ils ne tardèrent pas à mentionner l'acte le plus solennel de la cérémonie publique, le sacrifice de Yagna opima. Une forme plus complète du procès-verbal apparaît sous Domitien, dès la rédaction de la dernière fête célébrée au temps de Titus ; la forme définitivement adoptée nous est connue à partir de 87 ; on y insiste sur les nombreux repas communs du collège. C'est ce type fixé sous Domitien qui demeure en usage pendant tout le 11e siècle, avec des variantes de style assez légères "2.
Brusquement, à l'occasion de la fêté de 218, apparaît le procès-verbal très développé qui nous a conservé le chant des frères Arvales. La fête de 218 avait eu lieu dans des circonstances dramatiques. La présidence du collège appartenait alors, semble-t-il, à l'empereur Macrin, qui se trouvait sur le front d'Orient ; les cérémonies furent présidées par par un promagisier. La révolte des troupes au nom d'Ela- gabal eut lieu le 16 mai ; on ignorait assurément cet événement lorsqu'on célébra au bois des Arvales la fête du
1. En ce sens, E. Hula, Zur Geschichte des Collegiums der Arv&lbrii- der {Arch. epigr. Mitt. aus Oeslerreich-Ungarn, 1892, 23).
2. Pour le rituel de la fête du second jour, qui importe surtout ici, G. Henzen, Acta fratrum Arvalium (Berlin, 1874), 18 sq.
194 ») 16