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Full text of "Paris sous les premiers Capétiens (987-1223); étude de topographie historique"

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* Digitized  by  the  Internet  Archive in  2016 https://archive.org/details/parissouslespremOOhalp V, 6 ‘ ^ . /'■OvxzS'  ' dL-  / ^<^Cc^y~~ / 7 A V O'A  O PARIS SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS BIBLIOTHÈQUE  D’HISTOIRE  DE  PARIS PUBLIÉE  SOUS  LES  AUSPICES  DU SERVICE  DE  LA  BIBLIOTHÈQUE  ET  DES  TRAVAUX  HISTORIQUES  DE  LA  VILLE PARIS (987-1223) ÉTUDE  DE  TOPOGRAPHIE  HISTORIQUE Louis  HALPHEN DOCTEUR  ÈS  LETTRES SECRÉTAIRE  DE  L’ÉCOLE  DES  CHARTES PARIS ERNEST  LEROUX,  ÉDITEUR 28,  RUE  BONAPARTE 1909 Fig.  1. Enceinte  de  Philippe  Auguste  : tout  10 Photographie  de  M.  E.  Pottier. AVANT-PROPOS Il  ne  faut  point  chercher  ici  une  histoire  complète  de  Paris  à l’époque  des  premiers  Capétiens  : l'histoire  politique  et  l’histoire administrative  ont  été  à dessein  exclues  de  cette  étude.  Comment s'est  formé  Paris  au  point  de  vue  territorial?  Quelles  transfor- mations la  ville  subit  elle  sous  les  premiers  Capétiens?  Comment doit-on  se  la  représenter  au  temps  de  Philippe  Auguste?  Telles sont  les  seules  questions  auxquelles  nous  ayons  tenté  de  répon- dre. Peut-être  cependant  jugera-t-on  que  ces  questions  méri- taient d’ètre  posées,  et  si  les  réponses  que  nous  y avons  faites ne  satisfont  qu'à  demi  la  curiosité  du  lecteur,  on  peut  espérer que  de  nouveaux  documents  permettront  quelque  jour  de  les compléter  et  de  les  corriger  ‘. Toute  œuvre  comme  celle-ci  se  heurte,  en  effet,  à un  double obstacle  : les  documents  utilisables  sont  si  rares  et  si  peu  expli- cites qu'on  risque,  pour  suppléer  à leur  silence,  de  bâtir  des hypothèses  trop  souvent  fragiles  et  fantaisistes;  ils  sont,  d'autre part,  si  disséminés  qu’on  ne  peut  se  flatter  de  n’en  avoir  pas laissé  échapper  d'essentiels.  Pour  la  période  antérieure  à Phi- lippe Auguste,  tous  les  textes  diplomatiques,  à bien  peu  près,  ont 1.  Ce  travail  était  écrit  et  prêt  à être  imprimé  quand  M.  Marcel  Poète  a publié,  sous  le  titre  : L'Enfance  de  l’avis;  formation  et  croissance  de.  la  ville des  origines  jusqu’au  temps  de  Philippe-Auguste  (Paris,  A.  Colin,  1908,  in-16), un  recueil  de  leçons  professées  par  lui  en  1906-1907  à la  Bibliothèque  histo- rique de  la  Ville  et  menant  l'histoire  de  Paris  jusqu’à  l’année  1180.  Sur  la plupart  des  points,  les  résultats  auxquels  nous  sommes  parvenus  indépen- damment l’un  de  l’autre  se  trouvent  eu  parfaite  concordance. I 2 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS été  réunis  par  M.  de  Lasteyrie,  dans  le  Cariulaire  général  dp. Paris ; mais,  pour  l’époque  suivante,  il  n’existe  aucun  recueil analogue.  En  dehors  des  cartulaires  inédits  ou  publiés,  nous avons  dépouillé  aux  Archives  nationales  toutes  les  séries  inven- toriées qui  pouvaient  contenir  des  actes  parisiens  pour  les  années 1180  à 1223;  mais  les  fonds  non  inventoriés  réservent  peut-être encore  plus  d’une  surprise  h Quelque  imparfait  qu’il  soit,  ce  petit  livre  n’aurait  cependant pu  être  écrit  sans  l’obligeant  concours  que  n’a  cessé  de  nous prodiguer  le  Service  de  la  Bibliothèque  et  des  Travaux  historiques de  la  ville  de  Paris.  On  nous  permettra  de  remercier  ici  spé- cialement le  chef  de  ce  service,  M.  Marcel  Poëte,  à l’instigation duquel  ce  travail  a été  entrepris  et  qui,  après  s’être  employé  à nous  en  faciliter  la  composition,  a obtenu  qu'il  inaugurât  la Bibliothèque  d'histoire  de  Paris.  Nous  tenons  également  à adresser nos  remerciements  à M.  Sellier,  conservateur-adjoint  du  Musée Carnavalet,  à qui  nous  sommes  redevable  de  plusieurs  rensei- gnements; à M.  Vi liai n , président  de  la  sous-commission  des fouilles  du  Vieux  Paris,  et  à M.  Vallet,  qui  nous  ont  permis  d’uti- liser la  carte  en  préparation  du  « relief  du  sol  antique  de  Paris  » ; 1.  Aucune  des  histoires  générales  de  Paris  publiées  jusqu’à  ce  jour  ne mérite  d’être  consultée  pour  l’époque  qui  fait  l’objet  de  cette  étude,  sauf  celle de  Félibien  et  Lobineau  {Histoire  de  la  ville  de  Paris , Paris,  1723,  S vol.  in-fol.J, à raison  des  documents  qu’elle  contient.  Pour  l’histoire  ecclésiastique,  1 His- toire de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris  de  Lebeuf  (éd.  Cocheris,  Paris, 1863-1870,  4 vol.  in-8°;  nouv.  éd.,  Paris,  1883,  5 vol.  in-8°,  suivie  d’un  volume de  Table,  Paris,  1893,  iu-8°,  et  de  Rectifications  et  additions  par  Fernand  Bour- non,  Paris,  1S90,  in-8°),  et,  pour  l’histoire  topographique,  les  Recherches  cri- tiques, historiques  et  topographiques  sur  la  ville  de  Paris  de  , Inillot  (Paris, 1772-1775,  3 vol.  in-8°)  restent  les  deux  ouvrages  essentiels.  11  y faut  joindre les  volumes  parus  de  la  'Topographie  historique  du  vieux  Paris  (col  1 . de l'Histoire  générale  de  Paris ) et  quelques  travaux  relatifs  à l’enc-eintc  de  Phi- lippe Auguste,  que  nous  aurons  l’occasion  d’indiquer  au  cours  de  notre travail.  Les  principaux  documents  publiés  sont  compris  dans  le  Cariulaire général  de  Paris  de  M.  R.  de  Lasteyrie  (t.  1er,  seul  paru,  528-1180  ; Paris,  1887, in-4-°,  col I . de  VHi.st.  générale  de  Paris),  dans  le  Cariulaire  de  Notre-Dame  de Paris  de  B.  Guérard  (Paris,  1850,  4 vol.  in-4®,  col  1 . des  Documents  inédits  sur l'hist.  de  France),  dans  le  Recueil  des  chartes  de  l'abbaye  de  Montmartre  de E.  de  Barthélemy  (Paris,  1883,  in-8°),  dans  le  Cariulaire  cl  censier  de  Saint- Merry  de  Paris  de  MM.  Cadier  et  Couderc  ( Mém . de  la  Société  de  l'hist.  de Paris  et.  de  l'He  de  France,  t.  XV1U,  1891,  p.  101-271),  dans  les  Archives  de VHÔtel-Dieu  de  Paris  de  MM  Brièle  et  Coyecque  (Paris.  1894,  in-4°,  coll.  des Documents  inédits),  dans  le  Charlularium  Universilalis  Parisiensis  de  MM.  Dé- ni Ile  et  Châtelain  (Paris,  1S89-97,  4 vol.  in-4°).  MM.  Depoin  et  Poupardin  doi- vent publier  prochainement,  le  premier  un  recueil  des  chartes  de  Saint-Mar- lin-dcs-Champs,  le  second  un  recueil  des  chartes  de  Saint-Germain-des-Prés, dont  ils  nous  ont  très  obligeamment  communiqué  les  manuscrits.  Ajoutons enfin  qu’on  trouve  dans  la  Bibliographie  générale  des  cartulaires  de  M.  11. Stem  (Paris,  1907,  in-8°)  l’indication  de  la  plupart  des  cartulaires,  inédits  ou non,  intéressant  l’histoire  de  Paris.  Pour  plus  amples  renseignements,  on  se reportera  à l 'Essai  de  bibliographie  critique  des  généralités  de  l'histoire  de Paris  (Paris,  II.  Champion,  1908,  in-S°)  que  M.  Marins  Barroux  a fait  paraître au  moment  même  où  notre  volume  allait  être  mis  sous  presse. A VANÏ-PHOPOS à la  Commission  du  Vieux  Paris,  qui  nous  a autorisé  à reproduire plusieurs  planches  insérées  dans  ses  Procès-verbaux  ; enfin,  à M.  L.-E.  Hochereau,  qui  a préparé  presque  toute  l’illustration  de ce  volume  et  a été  pour  nous  à plus  d’une  reprise  un  véritable collaborateur. CHAPITRE  PREMIER PARIS  A LA  FIN  DU  Xe  SIÈCLE A l'époque  carolingienne,  Paris,  délaissé  par  les  rois,  exposé  à plusieurs  reprises,  au  cours  du  ixe  siècle,  aux  dévaslations  des Normands,  s’élait  replié  sur  lui-même.  Lorsqu’en  883  les  pirates s’étaient  approchés  de  la  ville,  les  habitants  des  deux  rives s’étaient  en  hâte  réfugiés  dans  File  de  la  Cité,  dont  les  eaux  du fleuve  et  les  vieux  murs,  bâtis  par  les  Romains,  permettaient d’assurer  la  défense,  et  l’on  avait  abandonné  aux  envahisseurs les  faubourgs  et  leurs  églises.  La  sécurité  n’avait  pas  tardé  à renaître;  mais  l’extension  de  la  ville  avait  été  lente,  presque insensible . A la  lin  du  xe  siècle,  la  Cité  continuait  à constituer  à elle  seule la  ville  proprement  dite.  Avec  sa  cathédrale  mérovingienne, autour  de  laquelle  se  pressaient  les  petites  églises  SainL-Ëlienne- le-Vieux,  Saint-Christophe,  Sainl-Germain-le-Vieux,  le  cloître canonial  et  le  palais  épiscopal,  à la  pointe  orientale  avec  le palais  de  la  famille  capétienne,  à l’extrémité  opposée  -,  sur  la route  du  Grand  Pont;  avec  son  marché,  sur  la  route  du  Petit Pont  au  sud;  avec  ses  oratoires  de  Saint-Denis  et  Saint-Sym- phorien-de-la-Chartre,  de  Sainl-Pierre-aux-Bœufs  ; avec  son  quar- tier juif  et  sa  synagogue  au  cœur  même  de  la  ville,  Pile  de  la Cité  enfermait  en  elle-même  tout  Paris. Sur  la  rive  droite,  si  l’on  passait  le  Grand  Pont  de  pierre,  on  se 1.  Pour  la  topographie  de  cette  partie  de  la  Cité  au  début  de  la  période capétienne  voir  V.  Mortet,  Elude  historique  et  archéologique  sur  la  cathé- drale et  le  palais  épiscopal  de  Paris  du  VIe  au  XI I Ie  siècle  (Paris,  1888,  in-8°). 2.  En  ce  qui  concerne  l'emplacement  des  divers  édilices  mentionnés  au cours  de  ce  travail,  nous  renvoyons  une  fois  pour  toutes  à la  nomenclature que  nous  en  donnons  à l’Appendice  II. 8.  I)u  moins  supposons-nous  que  le  marché  Pain,  situé  à l’endroit  où  au xvmc  siècle  se  trouvait  encore  la  rue  du  Marché-Palu,  — c’est-à-dire  juste  à côté  du  Petit  Pont,  dans  l’île,  — était  à cette  époque  le  seul  marché  de  Paris  ; mais  ce  n’est  qu’une  supposition. 6 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS trouvait  bientôt  en  présence  de  vastes  prairies  marécageuses,  qui s’étendaient,  au  nord  jusqu’aux  hauteurs  de  Montmartre,  à l'ouest  jusqu'aux  coteaux  de  Villiers  et  de  Chaillot,  à l’est jusqu’à  ceux  de  Bellevi lie  et  de  Ménilmontant.  L’eau  qui  suintait de  partout  venait  s’accumuler  dans  la  dépression  formée  au  pied de  ces  collines  par  l’ancien  lit  de  la  Seine,  y constituant  une nappe  ruisselante  qu’on  ne  pouvait  franchir  qu’au  moyen  de petits  ponts Ces  vastes  prairies  marécageuses,  qui  pouvaient  tout  au  plus servir  à faire  paître  les  troupeaux 1  2,  étaient  traversées  du  nord au  sud  par  une  ancienne  route  romaine,  la  grand’route  de  Rouen par  Saint-Denis.  Cette  route,  qui,  primitivement,  franchissait  la Seine  dans  le  prolongement  de  la  route  du  Petit  Pont  devait,  par suite  du  déplacement  du  Grand  Pont,  reporté  légèrement  en aval,  obliquer  à l’ouest  un  peu  au  sud  de  l’église  Saint-Merri  pour venir  passer  sur  une  petite  éminence  sablonneuse  devant  l’église Saint-Jacques.  A cet  endroit,  elle  était  rejointe  par  la  roule romaine  de  Melun  et,  tout  près  de  la  Seine,  par  le  chemin  qui menait  à l’église  carolingienne  de  Sai n t-Ger mai n-1  'Au x er ro i s . Cette  dernière  église,  qui  avait  eu,  plus  que  toute  autre,  à souffrir  des  dévastations  des  Normands  3 et  qui  dépendait  de l’église  cathédrale,  desservait  la  paroisse  la  plus  étendue  peut- être  de  toutes  les  paroisses  suburbaines  : elle  avait  charge  d’àmes dans  toute  la  plaine  jusque  vers  Villiers  et  Chaillot  à l’ouest  et, au  nord,  jusqu’aux  abords  de  la  grand’route  de  Rouen  4.  Mais l’étendue  même  de  cette  paraisse  suffit  à en  indiquer  le  faible peuplement.  Sauf  sur  le  « monceau  » où  était  bâti  Saint-Germain- l’Auxerrois  et  sauf  peut-être  aussi  en  bordure  du  chemin  menant de  là  au  Grand  Pont  5,  les  habitations  devaient  être  rares  : la 1.  Nous  indiquerons  et  commenterons  au  chap.  ii,  p.  15,  les  textes  prin- cipaux relatifs  à ces  marais.  L’existence  à cette  époque  d’une  sorte  de  ruis- seau, en  forme  de  demi-cercle,  empruntant  l’ancien  lit  de  la  Seine,  au  nord, ii  l’est  et  à l’ouest  de  Paris,  sur  la  rive  droite,  est  démontré  amplement  par ce  fait  qu’il  y avait  autant  de  ponts  ou  ponceaux  que  de  routes  allant  de  Paris vers  la  campagne  : pont  de  Chaillot,  entre  Paris  et  Chaillot,  à l’endroit  ou se  trouve  aujourd'hui  la  place  de  l’Alma;  pont  du  Route,  entre  Paris  et  le Roule;  pont  Saint-Lazare,  entre  Paris  et  Saint-Lazare;  pont  Saint-Martin- des-Champs,  entre  Saint-Martin-des-Champs  et  Saint-Laurent  ; pont  Perrin, entre  Paris  et  Charonne,  à l’endroit  où.  se  trouve  aujourd’hui-  la  place  de  la Bastille  (voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  11,  aux  mots  Chaillot,  Roule, Saint-Lazare,  Saint-Martin  et  Perrin). 2.  Au 'milieu  du  xuu  siècle,  elles  servaient  de  pâturages  publics.  Voir  les textes  cités  au  chap.  n,  p.  15. :j.  Elle  ne  fut  restaurée  que  par  Robert  le  Pieux,  s’il  faut  en  croire  le  bio- graphe île  ce  roi  (Helgaud,  Vil.a  Uoberli.  § 31,  dans  tes  Hist.  de  Fr .,  t.  X,  p.  113). 4.  On  peut  consulter  sur  ce  point  l 'Histoire  de  la  ville  et  de  loul  le  diocèse de  Farts  de.  l’abbé  Lebeuf. ü.  Dés  S20,  il  est  question  dans  un  diplôme  de  Louis  le  Pieux  (R.  de  Las- PARIS  A LA  FIN  DU  X'  SIÈCLE 7 zone  marécageuse  était  déserte.  Cependant,  dans  le  prolongement du  Grand  Pont,  un  chemin  commençait  sans  doute  à se  frayer,  qui allait  plus  lard  devenir  la  grand'route  de  Saint-Denis  1 et  le long  duquel  déjà  deux  modestes  églises  ou  chapelles  avaient  été établies,  dédiées  à sainte  Opportune  2 et  à saint  Georges  3. Aux  abords  des  deux  grandes  routes  romaines,  quelques  grou- pements s’étaient  constitués.  Du  moins,  un  peu  au  nord  du  point o ii  ces  ileux  routes  se  joignaient,  s’élevait  la  petite  église  Saint- Merri,  et,  au  sud  de  la  route  de  Melun,  sur  une  petite  éminence, l'église  Sainl-Gervais.  Mais  plus  loin,  dans  les  deux  sens,  c’était de  nouveau  la  solitude  : au  nord,  de  l’église  Saint-Martin,  sur l’ancienne  roule  de  Saint-Denis,  il  ne  restait  plus  que  des  ruines  \ et  il  fallait  franchir  le  ruisseau  qui  croupissait  en  bas  de Montmartre,  pour  rencontrer  sur  la  roule  une  nouvelle  église, l’église  Saint-Laurent. La  rive  gauche,  avec  la  montagne  Sainte-Geneviève  descendant jusqu’à  la  Seine,  dans  un  sens,  et  jusqu’à  la  Bièvre,  à l’est, présentait  un  aspect  un  peu  différent.  Jadis,  à l’époque  gallo- romaine,  une  vraie  ville  avait  existé  de  ce  cédé  ; mais  seules  désor- mais les  ruines  du  palais  des  Thermes,  sur  le  versant  septen- trional, et  celles  des  arènes,  sur  le  versant  oriental,  rappelaient l’antiquité  disparue;  et  là  encore,  surtout  depuis  le  passage  des Normands,  la  solitude  avait  peu  à peu  regagné  : sur  la  grand’- route  romaine  d’Orléans,  qui,  à partir  du  Petit  Pont,  filait  droit au  sud  dans  le  prolongement  de  la  roule  de  la  rive  droite,  on  ne rencontrait  plus  que  l’église  déserte  de  Saint-Liienne  et  l’église  de Notre- Dame-des-Champs.  Plus  à l’est,  le  long  de  la  route  qui,  se détachant  de  la  précédente,  gravissait  la  colline  en  pente  douce teyrie,  Carlul.  général  de  Paris.  n°  32  de  la  rue  Saint-Germain-l’Auxerrois et  des  rues  qui  y aboutissent,  ce  qui  suppose  un  centre  d'habitation  ; mais l'acte  nous  semble  des  plus  suspects. 1.  On  suppose  d’ordinaire  que  cette  route  date  de  l’époque  carolingienne; mais  nous  verrons,  au  chap.  n,  p.  f i,  qu’elle  n’a  commencé  à prendre  de l’importance  que  beaucoup  plus  tard. 2.  Les  Miracles  de  sainte  Opportune,  par  Alleaume,  évêque  de  Seez  au îv  siècle,  semblent  bien  prouver  l’existence  d’une  chapelle  Sainte-Opportune dès  l’époque  carolingienne  (Mabillon,  Acla  sauctorumordinis  Sancti  lienedicti , saec.  III,  pars  2,  p.  237,  § 12,. 3.  S’il  faut,  du  moins,  identifier  la  chapelle  Saint-Georges  mentionnée  à la fin  du  ixe  siècle  lt.de  Lasteyrie,  Curial,  général  de  Paris,  n®  54)  avec  la chapelle  Saint-Georges  et  Saint-.Magloire,  citée  en  1111  ( ibiil .,  n"  175)  et  qui fut  connue  dans  la  suite  sous  le  nom  de  Saint-Magloire. 4.  En  1060,  Henri  1er,  restaurant  cette  église,  s’exprime  en  ces  termes  : « f’orro,  ante  Parisiace  urbis  portam,  in  honore  confessons  Christi  Martini abbatia  fuisse  dignoscebatur,  quam  tyrannica  rallie,  quasi  non  fuerit,  otnnino deletam,  ab  integro  ampliorcm  restitui . . . » i ll.de  Lasteyrie,  Cariai,  général de  Paris.  n°  96  . 8 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS pour  redescendre  ensuite  sur  la  Bièvre,  on  apercevait  la  petite église  Saint-Julien,  déserte  elle  aussi  1 . Au  sommet,  l’église Sainte-Geneviève;  puis,  en  redescendant  la  colline,  et  après  avoir franchi  la  Bièvre,  l’église  Saint-Marcel.  A l’ouest  de  la  route  d’Or- léans, sur  le  chemin  qui  menait  aux  Thermes  et  de  là  vers  Issy, l’église  Saint-Séverin,  à l’abandon  2;  enfin,  plus  à l'ouest  encore, faisant  pendant  à Saint-Germain-l’Auxerrois,  l’abbaye  de  Saint- Germain-des-Prés,  reliée  par  un  chemin  spécial  au  Petit  Pont  et qui,  depuis  la  fin  des  invasions  normandes,  avait  dû  commencer à retrouver  quelque  prospérité. En  somme,  quoique  les  deux  rives  de  la  Seine  ne  fussent  pas toul  à fait  désertes,  il  ne  semble  pas  qu’il  y eût  là  de  faubourgs importants.  Sur  la  rive  droite,  ce  ne  sont  guère  que  quelques groupes  d’habitations,  tout  à fait  aux  abords  du  Grand  Pont, et  l’église  Saint-Laurent,  perdue  au  loin  dans  la  campagne; sur  la  rive  gauche,  le  monastère  de  Saint-Germain-des-Prés, l’église  Sainte-Geneviève,  et  fort  loin  aussi  dans  la  campagne,  de l’autre  côté  de  la  Bièvre,  l’antique  église  Saint-Marcel,  au  berceau même  du  christianisme  parisien. 1.  Vers  1045,  Henri  Ier  parle  des  églises  « Sancti  Stephani  scilicet,  Juliani martyris,  Severini  solitarii  neenon  et  Sancti  Bacchii,  quaruui  quædam  olitn abbatiâruin  nomme  sublimatæ...  sed  propter  regni  perturbationem  rebus concessis  spoliatæ,  sulitudini  vacantes  » (R.  de  Lasteyriepop.  ci/.,  n°  94). 2.  Voir  le  texte  cité  à la  note  précédente. CHAPITRE  II EXTENSION  DE  PARIS  SUR  LA  RIVE  DROITE DE  LA  SEINE L’avènement  de  la  dynastie  capétienne  eut  sur  le  développe- ment de  Paris  les  plus  heureux  résultats  : Paris,  en  effet,  capi- tale des  domaines  capétiens  avant  l'élection  de  Hugue  Capet  à la  royauté,  remplaça  aussitôt  Laon  comme  capitale  du  royaume. Le  souverain  y lit  des  séjours  de  plus  en  plus  fréquents,  ses  libé- ralités allèrent  de  plus  en  plus  aux  églises  et  aux  monastères  qui y étaient  établis  et  il  s’intéressa  directement  aux  progrès  d'une ville  dont  la  prospérité  était  désormais  liée  à la  sienne  propre. L’extension  de  Paris  fut  telle  pendant  le  xie  et  le  xuc  siècles  et pendant  les  premières  années  du  xme  que  Pile  de  la  Cité  était déjà,  quand  mourut  Philippe  Auguste,  éclipsée  par  les  quartiers de  la  rive  droite. C'est  sur  celte  rive,  en  effet,  quelque  inhospitalière  qu’elle  pût paraître  au  premier  abord,  que  la  ville  devait  surtout  se  déve- lopper. Le  long  des  deux  grandes  routes  du  nord  et  de  l'est,  au \i  siècle,  le  peuplement  se  fait  peu  à peu.  Dès  1060,  nous  voyons le  roi  Henri  Ier  se  préoccuper  de  relever  de  ses  ruines  l’ancienne abbaye  de  Saint-Martin-des-Champs,  à mi-distance  entre  Sainl- Merri  et  Saint-Laurent,  et  lui  assurer  la  possession  et  la  culture des  terres  contiguës  à l’église1.  Dix  ans  plus  lard,  ce  domaine apparaît  entouré  d'une  enceinte. .(munilio),  — simple  palissade sans  doute,  flanquée  peut-être  d’un  fossé,  comme  on  en  voyait 1,  R.  de  Lasleyrie,  Carlul.  général  île  Paris,  n"  96 lo PAHIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS alors  autour  de  presque  toutes  les  bourgades  suburbaines C’en  était  assez  pour  attirer  les  paysans,  et  en  cette  même  année, nous  voyons  le  roi  Philippe  Ier  autoriser  les  moines  à livrer  à la culture  un  ancien  chemin  qui  contournait  leur  clos 1  2.  Consti- tuant désormais  une  paroisse  3 4 5,  devenu  un  centre  d’exploitation rurale,  fréquenté  enfin  par  les  pèlerins  et  les  voyageurs,  aux- quels l’abbaye  pouvait  offrir,  presque  aux  portes  de  Paris,  un logement,  la  nourriture  et  les  soins  en  cas  de  maladie  /f,  le  vil- lage de  Saint-Martin-des-Champs  ne  devait  plus  cesser  de  s’ac- croître et  de  se  développer. Mais  c’est  plus  près  du  Grand  Pont,  entre  le  fleuve,  la  route  de Melun  et  celle  de  Saint-Martin,  que  se  forma  le  vrai  faubourg  de la  rive  droite.  Autour  des  églises  Saint-Merri  et  Saint-Gervais, dès  l’époque  carolingienne,  des  habitants  étaient  venus  se  grou- per. Au  xi°  siècle,  le  mouvement  se  continua.  Nous  en  saisissons fort  mal  le  détail;  mais  c’est  vers  cette  époque,  sans  doute, qu’entre  les  deux  églises,  en  contrebas  du  monceau  Saint-Gervais, nous  voyons  s’établir  un  marché  s : situé  en  bordure  de  la Seine,  le  long  delà  « grève  » oii  les  bateaux  pouvaient  facilement atterrir,  le  marché  « de  Grève  » détrôna  le  marché  de  la  Cité  et devint  le  grand  marché  parisien . Voilà  tout  ce  que  nous  savons  de  positif  sur  le  peuplement  de la  rive  droite  pendant  le  \ie  siècle.  Mais  il  est  certains  détails indiqués  par  des  textes  postérieurs  dont  l’explication  doit  sans doute  être  recherchée  dans  les  faits  de  cette  époque  : nous  pen- sons surtout  à ceux  qui  semblent  se  rapporter  à l’établissement d'une  enceinte  destinée  à protéger  les  faubourgs  situés  sur  celte rive  du  fleuve. De  cette  enceinte,  dont  parlent  avec  assurance  la  plupart  des 1.  Ibid.,  n°  99,  et  M.  Prou,  Recueil  des  actes  de  Philippe  1er  roi  de  France, n°  53.  Philippe  1er  interdit  île  construire  « in  toto  procinctu  munitionis Sancti  Martini  » un  autre  four  que  le  four  concédé  à l’hôpital  monastique. 2.  Acte  cité  à la  note  précédente. 3.  Vers  1080.,  on  spécifie  les  devoirs  envers  l’Église  de  Paris  du  « sacerdos qui  parochiæ  preerit  » et  qui  devra  recevoir  de  l’évêque  et  de  l’archidiacre  la « cura  animarum  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  103). 4.  Voir  le  diplôme  de  Philippe  Ier  cité  à la  note  1. 5.  Voir  le  diplômé  par  lequel,  en  1141-1142,  Louis  VI!  promet  aux  bourgeois de  la  Grève  et  du  monceau  Saint-Gervais  qu’il  ne  sera  rien  construit  sur « planitiem  ilium  prope.  Secanam  que’Grevia  dicitur,  ubi  vêtus  forum  extitit  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  289). EXTENSION  DE  PARIS  SUR  LA  RIVE  DROITE 11 érudits  modernes  ',  eL  qu’on  fait  même  parfois  remonter  à l’époque  carolingienne,  en  la  supposant  élevée  par  mesure  de protection  contre  les  Normands,  il  n’a  jamais  été  retrouvé  sous le  sol  la  moindre  trace;  mais  il  est  fréquemment  question  dans les  textes  de  deux  portes  de  la  ville,  situées  très  en  arrière  de l’enceinte  établie  plus  tard  par  Philippe  Auguste,  et  qui  semblent, par  suite,  révéler  l’existence  d'une  clôture  antérieure  à cette enceinte.  L’une  de  ces  deux  portes  était  placée  sur  la  route  de Melun,  vers  le  versant  nord-est  du  monceau  Saint-Gervais,  sur la  place  même  qui  en  garde  encore  le  nom  : c’est  la  porte  Bau- dover,  qu’on  trouve  citée  depuis  l’an  1157.  L’autre  porte  était située  sur  la  route  de  Saint-Martin,  à côté  de  l’église  Saint-Merri, et.  était  appelée,  pour  cette  raison,  porte  Saint-Merri.  Bien  qu’elle fût  attenante  au  cloître  de  cette  église,  c’étail  bien  une  porte  de ville;  du  moins  était-elle  placée  en  travers  de  la  route  et  fallait-il la  franchir  quand,  de  Paris,  on  se  rendait  à Saint-Martin 1  2. C’est  sans  doute  à cette  porte  que  Suger  fait  allusion  quand  il  dit que,  sous  son  abbatial  1122  1151),  les  moines  de  Saint-Denis achetèrent  une  « maison  située  au  dessus  de  la  porte  de  Paris,  du côté  de  Saint-Merri  » 3.  Deux  siècles  plus  tard,  Raoul  de  Presles, décrivant  la  capitale,  déclare  que  Paris  « lu  habité  et  fermé jusques  au  lien  que  len  dit  a l’archet  Saint-Merry,  ou  il  appert encores  le  costé  d’une  porte  » 4 * * * * * : 1’  « archet  Saint-Merri  » pas- sait donc  à cette  époque  aux  yeux  des  Parisiens  pour  un  témoi- gnage d une  clôture  disparue. Et,  à vrai  dire,  il  nous  paraît  difficile  d’expliquer  autrement la  présence  de  ces  deux  portes.  Mais  doit-on  en  induire  l’existence d une  muraille,  proprement  dite?  On  sait  que  vers  le  xi°  siècle l’usage  s’établit  un  peu  partout  en  France  de  protéger  les  lau- 1.  Le  premier  érudit  qui  ait  parlé  de  cette  enceinte  avec  grande  abondance île  preuves  a I appui  est  Delainare,  dans  son  Traité  de  la  police,  t.  I,  p.  12. Ses  arguments  ont  été  repris  par  A.  Berty,  dans  une  dissertation  intitulée  : De  I.  enceinte  du  faubourg  septentrional  de  Taris  antérieure  à celle  de  Philippe A ugusle  el  de  la  possibilité  d en  retrouver  des  fragments  Hevue  archéologique , t.  XI.  183-1,  l10  partie,  p.  513-319).  Entre  temps,  Bonuardot  avait  examiné la  question  dans  ses  Dissertations  archéologiques  sur  les  anciennes  enceintes de  Paris  (Paris,  1852,  in-4°),  p.  9-23. 2.  Les  textes  relatifs  à ces  deux  portes  sont  réunis  dans  la  Nomenclature de  1 Appendice  II,  aux  mots  Baudoyer  et  Saint  Merri. 3.  De  rebus  in  administralione  gestis,  dans  Lecoy  de  La  Marche,  Œuvres  de Suger  Soc.  de  1 hist.  de  France),  p.  138  : <■  Dommn  quae  superest  portae  Pari- siensi  versus  Sanctum  Medericum  emiinus  mille  sotidis,  quoniam,  cuni  fré- quenter interessemus  negociis  regni,  nos  et  equos  nostros  sed  et  successores nostros  ibidem  bonestius  hospitari  dignum  duximus.  De  porta  vero  Parisiensi, quae  solebat  reddere  duodecim  libras,  quinquaginta  nobis  reddit;  ubi  incre- mentum  est  triginta  octo  librarum.  » 1.  Tisserand  et  Leroux  de  Liacy,  Paris  et  ses  historiens  (coll.  de  l'Histoire générale  de.  Paris),  p.  108. 12 PARIS  SOLS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS bourgs  qui  s’élevèrent  aux  portes  des  anciennes  cités  en  les entourant  de  fossés  ou  de  palissades  ou  en  combinant  ces  deux moyens  de  défense  Aux  abords  de  Paris,  cet  usage,  dont  les Normands  avaient,  dès  la  fin  du  ixe  siècle,  donné  l’exemple  quand ils  s’étalent  installés  à Saint-Germain-l’Auxerrois  -,  esL  attesté à maintes  reprises  pour  une  époque  un  peu  postérieure  : ainsi,  au début  du  xiie  siècle,  nous  voyons  que  des  fossés  sont  établis  au faubourg  des  Champeaux1 2 3;  quelques  années  plus  tard,  il  est question  dans  un  acte  du  fossé  qui  avoisine  Notre-Dame-des- Champs  4 5;  au  début  du  xme  siècle,  il  en  est  encore  de  même  à Saint-Germain-l’Auxerrois  8 9 ; nous  avons  vu  enfin  que,  dès  1070, le  domaine  de  Saint-Martin-des-Champs  était  entouré  d’une munitio  6.  Or,  si  aucun  fossé  n’est  mentionné  du  côté  des  portes Baudoyer  et  Saint-Merri,  nous  voyons  par  contre,  qu’en  1152  ou 1153,  donation  est  faite  aux  Templiers  par  Mathieu,  comte  de Beaumont,  d’une  maison  sise  « ante  Barras  » 7;  une  charte  du début  du  xuie  siècle  signale  également  une  propriété  de  l’Hô- lel-Dieu  située  à Paris,  rue  de  la  Mortellerie,  « prope  Bar- ras ». 8.  Ces  « barres  »,  au  surplus,  ont  laissé  jusqu’à  nos  jours lin  souvenir  dans  le  nom  de  la  rue  des  Barres,  qui  va  de  la  Seine (en  face  du  pont  Louis-Philippe)  à la  rue  François  Miron,  tout  à côté  de  la  place  Baudoyer.  Celte  rue  n’occupe-t-elle  pas  approxi- mativement l’emplacement  d’une  barrière  ou  d’une  palissade  qui aurait  de  ce  côté  enclos  le  faubourg  Saint-Gervais ? Ce  n’est  là qu’une  hypothèse,  mais  une  hypothèse  à laquelle  le  sens  du  mot latin  « barra  » se  prêterait  fort  bien  ,J. Il  n’est  pas  impossible  cependant  qu’il  y ait  eu  là  une  muraille véritable  : un  texte  de  la  fin  du  xme  siècle,  qui  mentionne  une maison  contiguë  à la  porte  Baudoyer  en  un  lieu  « où  passaient autrefois  les  vieux  murs  de  Paris  » 10,  et  surtout  un  texte  de  l’an 1.  Voir  notamment  Jacques  Flach,  Les  origines  de  l'ancienne  France , t.  II, p.  240. 2.  Voir  E.  Favre,  Eudes,  comte  de  Paris  et  roi  de  France  (Bibl.  de  l’École des  hautes  études,  sciences  philol.  et  histnr.,  fasc.  99),  p.  39. 3.  En  1137,  le  roi  Louis  VI  et  l’évêque  Étienne  se  partagent  la  propriété  du « fossatum  » de  ce  lieu  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  264). 4.  Un  accord  a lieu,  en  1151-1132,  entre  les  églises  Saint-Marcel  et  Notre- l>ume-des-Champs  touchant  la  possession  de  quelques  biens.  11  est  décidé que  Notre-Dame  aura  « très  a.rpennos  terre  et  ortum  usque  ad  fossatum  » (R.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  n°  372). 5.  En  1211,  le  chapitre  de  Saint-Germain-l’Auxerrois  acense  à l’un  des siens,  le  chanoine  Robert  de  Bourges,  une  maison  sise  « in  fossato  Sancti Germani  » (copie  du  xm°  s.,  Bibl.  nat. , ms.  lat.  10400,  fol.  42). (i.  Voir  ci-dessus,  p.  9. 7.  R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n"  37  4. H.  Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l’ Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  290. 9.  Cf.  Du  Cange,  Glossarium,  éd.  Ilenschel,  v°  barra. 10.  Acte  de  Philippe  111,  du  mois  d’août  1280,  délimitant  le  territoire  sur EXTENSION  DE  PARIS  SRU  LA  RIVE  DROITE 13 1353,  relatif  à un  terrain  « sis  à Paris,  à la  porte  Baudoyer,  joignant les  murs  du  roi  et  à l’intérieur  desdits  murs  » ',  semblent  même l’indiquer  d'une  manière  précise.  Toutefois,  l’on  ne  saurait,  faute de  textes  plus  anciens,  être  très  affirmatif  sur  ce  point,  et  tout ce  qu'on  peut  avancer,  c’est  que  les  faubourgs  Saint-Gervais  et Sainl-Merri  ont  dû,  au  xi°  siècle,  être  enfermés,  chacun  ou tous  deux  conjointement,  dans  une  enceinte,  percée  de  deux portes  sur.  le  passage  des  deux  grandes  routes;  une  autre  porte, dite  Porte  de  Paris  et  indépendante  peut-être  de  toute  enceinte, défendait  l’entrée  du  Grand  Pont  2.  Quant  à Sainl-Germain- l'Auxerrois,  qu'on  suppose  quelquefois  englobé  dans  cette  en- ceinte primitive  3,  il  devait  être  entouré  d’une  clôture  propre  4, analogue  à celle  qui  est  attestée  autour  de  Saint-Martin-des- Chainps. Dans  les  premières  années  du  xne  siècle,  au  temps  du  roi Louis  VI,  une  nouvelle  orientation  dans  le  peuplement  de  la  rive droite  commence  à se  marquer. Nous  avons  déjà  vu  5 qu'un  chemin  avait  dû,  dès  le  xc  ou  le \ic  siècle  au  plus  tard,  se  former  dans  le  prolongement  du  Grand Pont,  parallèlement  à la  route  Saint-Martin.  Mais  celte  dernière, qui  est  la  seule  dont  il  soit  question  dans  les  textes,  la  seule  aussi oii  une  hôtellerie  apparaisse,  continuait  à être  la  grand'route suivie  par  les  pèlerins,  les  voyageurs  et  les  marchands  qui venaient  de  Saint-Denis  : c’est  à côté  de  Sainl-Merri  qu’au  temps de  Suger  encore  les  moines  de  cette  abbaye  trouvaient  bon d’acquérir  une  maison  pour  remiser  leurs  chevaux  et  loger  quand leurs  affaires  les  appelaient  à Paris  6 ; et,  craignant  évidemment lequel  s'étend  la  justice  du  prieuré  de  Saint-Eloi  de  Paris,  « infra  terminos  qui secuntur,  videlicet  in  territorio  Sancti  Pauli,  juxta  venditores  piscium,  prôpe portaiu  Rauderii,  a doino  Johannis  des  Carniaux,  que  est  de  dicto  territorio Sancti  Eligii,  per  quam  mûri  veteres  Paris(ienses)  ire  solebant  continue  a parte sinistra  usque  ad  dornuni  Guillelmi  d’ Arches  » (copie  du  xive  siècle,  Censier  de Saint-Eloi,  Arch.  nat.,  1,1.  75,  fol.  7). 1.  Accord  entre  l'abbé  des  Fossés,  représentant  le  prieuré  de  Saint-Eloi  de Paris,  et  la  maison  du  Temple  de  Paris  <•  super  quodam  proprisio  continente duas  masuras,  sito  Parisius  ad  portam  Balderii,  contiguo  mûris  dotuini  regis, intra  muros  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 5079  U,  n°  25). 2.  Les  textes  relatifs  à cette  porte  sont  rassemblés  dans  la  Nomenclature l’Appendice  II,  au  mot  Porte  de  Paris. T Voir,  en  dernier  lieu,  Aug.  Longnon,  dans  Schradcr,  Atlas  de  qéoflraphie historique , texte  de  la  carte  n"  20. 4.  Nous  avons  vu  ^p.  12)  qu'au  xiue  siècle  il  était  entouré  d'un  fossé. 5.  Ci-dessus,  p.  7. 0.  Voir  le  texte  cité  p.  11,  n.  3. il  PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS que  l'importance  croissante  de  la  capitale  ne  détournât  de  chez eux  les  commerçants  et  les  paysans,  ils  obtenaient,  en  1122,  du roi  Louis  VII  un  acte  aux  termes  duquel  il  était  interdit  doréna- vant de  bâtir  le  long  de  la  « route  royale  » entre  le  bourg  du Landit  (à  côté  de  Saint-Denis)  et  l’église  Saint-Laurent,  « près  le ponceau  de  Saint-Martin-des-Champs  » Point  de  doute  que  la « route  royale  » ainsi  désignée  ne  soit  la  route  de  Saint-Martin  et, par  suite,  qu’à  cette  date  ce  ne  fût  là  encore  la  grand’route  de Saint-Denis  à Paris. Mais,  dans  ce  même  acte  de  1122.  le  roi  ajoute  qu’il  est  éga- lement interdit  de  construire  « de  l’autre  côté  de  la  route  entre ledit  village  de  Saint-Denis  et  l’autre  pont  situé  près  de  Paris  à côté  de  la  maison  des  lépreux  ».  Cette  phrase  nous  révèle  l’exis- tence à la  fois  de  la  léproserie  de  Saint-Lazare,  dont  il  est  impos- sible de  préciser  l’origine,  et  d’un  chemin  menant  directement de  cette  léproserie  vers  Paris. D’autre  part,  dans  le  premier  quart  du  xil8  siècle,  on  voit  suc- cessivement se  marquer  toute  une  série  iLe  jalons  intermédiaires entre  Saint-Lazare  et  le  Grand  Pont,  qui  reliait  la  Cité  à la  rive droite  : c’est,  en  1108,  l’église  Sainte-Opportune  -,  d’origine carolingienne 1 2  3,  mais  qui  jusqu’alors  végétait  dans  la  misère; c’est,  en  1117,  la  chapelle  Saint-Georges  et  Saint-Magloire,  qui remontait  sans  doute,  elle  aussi,  à l’époque  carolingienne  4, mais  où  les  moines  de  Sain  t-Magloire-en-la-Ci  té  trouvent  bon  alors d’envoyer  deux  desservants  B.  Peu  à peu,  on  voit  ainsi  se,  pré- ciser le  chemin  de  Paris  à Saint-Lazare  et  de  là  à Saint-Denis. Quelques  années  enfin  avant  1137,  un  fait  significatif  se  pro- duit : le  grand  marché  de  Paris,  que  nous  avons  vu  s’installer  à la Grève,  est  transféré  parle  roi  Louis  VI  dans  la  région  des  Pelits- Chatnps  ou  Champeaux,  tout  à côté  de  l’église  Sainte-Opportune  e. Pour  que  le  marché  fût  ainsi  reporté  le  long  du  chemin  de  Paris  à Saint-Lazare,  il  fallait  que  ce  chemin  commençât  à prendre  une importance  que  le  déplacement  même  du  marché  devait  naturel- lement contribuer  à accroître. Bientôt,  en  effet,  on  voit  aux  Champeaux  se  former  un  grou- 1.  II.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  193. 2.  Ibid.,  n°  149. 3.  Voir,  ci-dessus,  p.  7. 4.  Voir  ci-dessus,  p.  7,  n.  3. !i.  R.  de  Lasteyrie,  op.  cil.,  n"  17o. fi.  Eu  1137,  il  est  question  d’un  four  établi  « Parisius,  in  foi'o  novo,  in  loco Videlicct  qui  in  suburbio  Parisiénsi  Campellus  appellatur  » (R.  de  Lasteyrie, n)).  cil.,  n°  2G7)  et  en  1138  Louis  VII  parle  de  la  terre  « que  est  in  CampcauSj iu  qua  pater  meus  stabili vit  novuni  forum,  ubi  habent  locutn  venditores  nier-* duin  et  pars  cambiatorum  » ( ibul .,  n°  271), EXTENSION  DE  PARIS  SLR  LA  RIVE  DROITE lü pemenL  d’habitants,  qui  nécessite,  vers  1130,  la  création  d'une église  et  d’une  paroisse,  ce  le  des  Saint-Innocents  L Puis,  précisé- ment à la  même  époque,  voici  que,  plus  au  nord,  de  l’autre  côté du  ruisseau  qui  marque  la  fin  des  marais  de  la  rive  droite,  la léproserie  de  Saint-Lazare  prend  peu  à peu  de  l'importance  et que  le  roi  l’autorise  à tenir  tous  les  ans,  au  chevet  de  son  église, une  foire  d’une  durée  de  huit  jours 1  2. Celte  foire  Saint-Lazare,  ce  marché  des  Champeaux  nous révèlent  clairement  que  le  commerce  se  détourne  de  la  route Saint-Martin  pour  se  reporter  sur  le  chemin  qui  aboutit  au  Grand Pont,  là  même  où,  nous  le  verrons,  se  tiennent  les  bouchers, les  boulangers,  les  marchands  de  poissons,  les  changeurs.  El  si, dans  un  acte  délivré  en  1143  ou  1 144.  le  roi  Louis  Vil,  confir- mant les  privilèges  de  l’abbaye  de.  Saint-Denis,  répète  encore  la formule  aux  termes  de  laquelle  il  est  interdit  de  bâtir  entre  le Landit  et  Saint-Laurent,  le  long  de  la  route  royale  3,  il  ne  faudra plus  attendre  de  longues  années  pour  voir  dans  les  textes  paraître la  « chaussije^Sai ut-Lazare  » 4 * (future  rue  Saint-Denis),  qui  cou- pera en  droite  ligne  à travers  les  marais  par  Sainte-Opportune, les  Champeaux,  Saint-Magloire,  et  qui  sera  dès  la  lin  du  xue  siècle, la  route  suivie  régulièrement  par  les  moines  de  Saint-Denis  lors- qu’ils se  rendront  à Paris  \ Mais  avant  celte  époque,  les  chanoines  de  Sainte-Opportune avaient  pris  une  mesure  qui  avait  profondément  modifié,  de  ce côté,  les  abords  de  la  capitale. Nous  avons  vu  que  dans  toutes  les  directions,  sur  la  rive  droite, quand  on  allait  vers  les  collines  de  Bellevi lie,  de  Ménilmontant, de  Montmartre,  de  Vi Hiers  ou  de  Chaillot,  on  se  heurtait  à des prairies  marécageuses.  Ces  prairies  appartenaient,  au  vu-  siècle, aux  chanoines  de  Sainte-Opportune  et  servaient  de  pâturages publics  6.  A l’ouest  et  au  nord,  elles  ne  commençaient  sans 1.  La  première  charte  où  il  soit  question  de  cette  église  est  de  1150  environ (R.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  n°  368). 2.  U.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  n°  236(1131-1137). 3.  Ibid.,  n°  302. 4.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  au  mot  Saint-Lazare. 3.  Itigord,  un  des  leurs,  raconte  qu’en  1191,  les  moines  de  Saint-Denis  se rendirent  processionnellement  à l'église  Notre-Dame  : leur  première  station lut  à l’église  Saint  Lazare  Rigord,  Gesla  l'hil.,  § 77,  éd.  Delaborde,  Œuvres de  Rir/ord  et  de  Guillaume  le  Breton,  t.  I,  p lit). 6.  Charte  de  1153-1134  : « Ab  antiquis  siquidem  temporibus  æcclesia  Sanclae Oportuna:  in  jure  suo  habebat  totum  marisium  qui  a septentrione  Parisius 16 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS doule  qu'assez  loin  du  Grand  Pont  : ni  les  Champeaux,  ni  l’église Saint-Martin-des-Champs,  — autour  de  laquelle,  dès  le  début  du règne  de  Philippe  1er,  la  culture  avait  fait  sa  réapparition  *,  — ne semblent  y avoir  alors  été  englobés.  Mais,  à l’est,  elles  touchaient aux  faubourgs  Saint-Merri  et  Saint-Gervais;  car  la  maison d'Étienne  Barbette,  voisine  de  l’enceinte  de  Philippe  Auguste  et située  probablement  dans  la  rue  Vieille  du  Temple,  était  consi- dérée encore  en  12:29  comme  « contiguë  au  marais  » 2. Or,  au  milieu  du  xne  siècle,  « sur  le  conseil  du  roi  et  de l’évêque  »,  « dans  l’intérêt  de  la  ville  et  dans  leur  propre intérêt  »,  les  chanoines  de  Sainte-Opportune  décidèrent  d’as- sécher ces  prairies  et  d’en  mettre  la  partie  occidentale  en  cul- ture 3.  La  terre  fut  distribuée  par  petits  lopins  à raison  d’un  faible cens  annuel  de  douze  deniers  par  arpent  '*  ; et  les  « hôtes  » circuit,  in  quo  tantum  communia  habcbantur  pascua  » (R.  de  Lasteyrie, Cariai,  général  de  Paris , n°  378).  Diplôme  de  Louis  VII,  en  1154  : « Secus eamdem  civitatem  aquosa  quedam  terra  est,  quam  mariscos  vocant,  in  usum communia  pascue  constituta  et  Sanctæ  Oportunæ  propria»  ( ibid .,  n°  385). D’autres  textes  précisent  l'étendue  de  ce  marais  en  disant  qu’il  est  situé « inter  Parisius  et  Montem  Martirum  et  protenditur  a ponte  Petrino  » (le  pont Perrin)  « usquc  subtus  villam  que  appellatur  Chailloel  »,  c’est-à-dire  Chaillot {ibid.,  nos  538,  539,  541). 1.  Voir  ci-dessus,  p.  9. 2.  Le  7 mai  1229,  Guillaume,  évêque  de  Paris,  considérant  qu’Étienne,  curé de  l’église  Saint-Paul,  revendiquait  au  nom  de  son  église  contre  les  chanoines de  Sainte-Opportune  « décimas  omnes  novalium  marisci  jacentis  inter  pontem Pelrinum  et  domuin  Stephani  Barbete,  peteret  etiam  décimas  quatuor  arpen- norum  terre  site  in  parrochia  Sancti  Pauli  extra  dictum  mariscum  inter pontem  Petrinum  et  crucem  per  quam  itur  apud  Charronem  »,  considérant, d’autre  part,  que  les  dîmes  du  marais  « qui  jacet  inter  Parisius  et  Montem Martyrum  et  protenditur  a ponte  Petrino  usque  subtus  villam  que  appellatur Chailloel  » appartiennent  à Sainte-Opportune,  décide  que  les  chanoines  res- teront en  possession  de  leur  droit,  mais  paieront  à l’église  Saint-Paul  une redevance  annuelle  de  quatre  setiers  de  blé  et  deux  setiers  d’avoine  (copie du  xme  s.,  Cartul.  de  , Sainte-Opportune,  Arch.  nat.,  LL  584,  loi.  33,  ancien fol.  4).  Cette  maison  d’Étienne  Barbette  devait  se  trouver  à côté  de  la  porte dite  porte  Étienne  Barbette  ou  porte  Barbette  du  nom  de  ce  même  person- nage. 3.  Les  chartes  relatives  à cette  opération  ont  été  réunies  par  M.  de  Lastey- rie, Cariai,  général  de  Paris,  n09  378,  385,  538-541,  576.  On  y voit  que  ce  qui est  mis  en  culture,  c’est  d’abord  seulement  » medietatem  uiarisii  ut  in  longi- tudinem  protenditur  » (n°  378),  c'est-à-dire  la  moitié  de  l'intervalle  compris entre  Chaillot  et  le  pont  Perrin.  Or  il  semble  ressortir  des  textes  que  la  der- nière fraction  de  marais  qui  ait  été  mise  en  culture  fut  celle  qui  avoisinait l’église  Saint-Paul.  Outre  la  charte  de  1229,  citée  à la  note  précédente, . on peut  invoquer  à l’appui  de  cette  manière  de  voir  une  charte  de  février  1225 (1226,  n.  st.)  relatant  un  premier  accord  intervenu  entre  Gui,  curé  de Saint-Paul  et  les  chanoines  de  Sainte-Opportune  au  sujet  des  mêmes  dîmes « quorumdam  novalium,  videlicet,  marisiorum  sitorum  juxta  pontem  Petri- num »,  accord  en  vertu  duquel  ledit  Gui  r-enonce  aux  dîmes  « de  omnibus novalibus  que  modo  in  futurum  ad  culturam  redigentur  in  marisio  sito infra  mêlas  parrochie  Sancti  Pauli  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 617,  n"  17),  ce  qui prouve  qu’à  cette  date  encore  il  restait  de  ce  côté  des  terrains  à mettre  en culture.  On  sait  d’ailleurs  que  le  nom  de  Marais  est  resté  jusqu’à  nos  jours pour  désigner  le  quartier  situé  au  nord-est  du  monceau  Saint-Gervais. 4.  Noir  les  chartes  indiquées  à la  note  précédente,  notamment  le  n"  385 du  Cariai,  général  de  Paris  de  R.  de  Lasteyrie,  où  il  est  dit  que  les  chanoines ËXÏEiNSION  DE  t’AHlS  SUR  LA  RIVE  DROITE 17 accoururent  en  si  grand  nombre  que,  dès  1177,  le  pape  dut  inter- venir pour  contraindre  les  chanoines,  qui  prétendaient  vivre grassement  de  ces  revenus  supplémentaires,  à créer,  pour  les  uti- liser, de  nouvelles  prébendes  dans  leur  église  1 et  que  l’évèque s'empressa  d'imiter  cet  exemple,  en  faisant  défricher  les  terres qu’il  possédait  au  delà  de  Saint-Germain-l’Auxerrois  : ce  fut  l’ori- gine de  la  « couture  » ou  « culture  l’Évèque  » Le  peuplement  de  la  campagne  parisienne  dans  la  direction  de Chaillot  eut  pour  conséquence,  semble-t-il,  de  déplacer  en  partie vers  l'ouest,  le  centre  d’attraction  de  Paris.  Jusqu'alors,  en  effet, sur  la  rive  droite  de  la  Seine,  les  Parisiens  n'avaient  guère  été en  rapports  constants  qu'avec  le  village  groupé  autour  de  Saint- Denis.  Aussi  n’était-il  point  surprenant  que  la  grande  foire  de Paris  se  tint  à mi-chemin,  au  chevet  de  l'église  Saint-Lazare.  Du jour,  au  contraire,  où  les  prairies  de  l'ouest  étaient  transformées en  terrains  de  culture,  les  paysans  établis  dans  ces  parages,  de Paris  à Chaillot,  et  même,  par  delà  Chaillot,  jusqu'à  Passy, Auteuil,  et,  plus  au  nord,  jusque  vers  Cliehy,  allaient  nécessai- rement entrer  en  contact  direct  avec  les  habitants  de  la  ville. Sans  qu'aucun  fait  précis  vienne  l’établir,  certains  indices paraissent  révéler  qu’il  en  fut  bien  ainsi  : c’est  peu  avant  le début  du  xme  siècle  qu'on  trouve  citée  pour  la  première  fois  une grand'route  menant  de  Paris  à Cliehy  3,  et  c'est  sans  doute  à la jonction  de  cette  route  et  de  celle  de  Saint-Denis  que,  dès  1188, apparaît,  à côté  de  l’église  Sainte-Opportune,  un  « hôpital  » ou hôtellerie  pour  héberger  les  pèlerins  4,  pendant  qu'à  quelque distance  de  Saint-Germain-l’Auxerrois,  sur  la  roule  de  Chaillot, se  fonde  l’hôpital  Saint-Thomas  du  Louvre,  destiné  au  logement de  pauvres  écoliers  s. livrent  la  moitié  du  marais  « culturæ  et  curticulis  faciendis  » moyennant  un cens  annuel  de  12  deniers  par  arpent. 1.  H.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  548,  et  cf.  ibid.,  n"  540. 2.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II,  au  mot  Couture-l’Évêque.  - - Des vignes  et  un  verger  existent  à la  même  époque  (en  1189)  sur  remplace- ment où  est  fondé  alors  Saint-Thomas  du  Louvre.  Voir  la  bulle  de  Clément  III confirmant  aux  chanoines  du  lieu  « partent  virgulti  inter  hospitale  canonicos attingentis,. . . vineam  etiam  et  arpentum  terrae  quae  jacent  extra  muros praedicti  loci  Sancti  Thomae  » (Félibien,  Hist.  de  Paris , t.  111,  p.  75). 3.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  au  mot  Cliehy. 4.  Voir  ibid.,  au  mot  Sainte-Catherine. 5.  Voir  ibid.,  au  mot  Saint-Thomas.  Quelques-uns  des  textes  les  plus importants  relatifs  à la  fondation  de  Saint-Thomas  du  Louvre  ont  été  publiés par  MM.  DeniUe  et  Châtelain,  Char  lui.  Universitatis  Parisiensis , t.  1.  Ajoutons- y deux  textes  qui  semblent  indiquer  l'existence  de  relations  entre  Paris  et  les i 18 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS Ceci  explique  que,  dès  sou  avènement,  Philippe  Auguste  ait éprouvé  le  besoin  de  racheter  aux  lépreux  de  Saint-Lazare  la foire  fondée  par  Louis  VI  et  devenue  d’ailleurs  si  prospère  depuis lors  qu’il  avait  fallu  en  doubler  la  durée  \ et  l'ait  transportée aux  Champeaux  2,  là  même  où  son  grand-père  avait  installé le  nouveau  marché  de  Paris. Philippe  Auguste  contribua  enfin  largement  à assurer  la prospérité  de  ce  faubourg  en  y faisant  édifier,  en  1183,  deux grandes  halles  protégées  par  un  muret  où  les  marchands  pour- raient désormais  vendre  à l’abri  et  laisser  la  nuit  leurs  marchan- dises sans  crainte  des  voleurs  3.  Trois  ans  après,  il  faisait  assainir le  cimetière  établi  autour  des  Saints-Innocents'en  le  garantissant contre  la  stagnation  des  eaux  de  pluie  et  en  l’enfermant  dans  des murailles  de  pierres •k * * Une  autre  mesure  prise  par  Philippe  Auguste  assura  d’une manière  plus  décisive  encore  le  développement  urbain  des  fau- bourgs de  la  rive  droite,  non  seulement  au  nord-ouest,  mais villages  de  l’ouest.  En  1182,  Philippe  Auguste  notifie  que  Simon  de  Sainl- Denis,  « qui  prebendam  Sanclæ  Genovefe,  eujus  canonicus  erat,  apud  Autho- liutn  (Auteuil)  habebat  »,  a fait  abandon  à Sainte-Geneviève  de  ce  qu’il  avait acquis  en  ce  lieu  et  a renoncé  en  faveur  de  son  neveu  à ses  droits  sur  son moulin  de  Sèvres  et  sur  « prata  sua  quæ  habebat  in  marisco  Sancle  Opor- tunæ  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S i G 1 0,  n°  2).  En  11Ü0,  H.  de  Chaumont donne  à l’hôpital  Saint-Thomas  du  Louvre  dix  arpents  de  terre  sis  « a Chailloel  super  montem  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 615,  n°  3). 1.  En  1166,  Louis  VU.  confirmant  la  fondation  de  cette  foire,  avait  déclaré  : « Volumus  etiam  ut  per  quindecim  dies  continuatim  duret...  » R.  de  Las- teyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  46(1).  Cf.  un  diplôme  du  même  en  1176- 1 1 77,  ibid.,  n"  544. 2.  En  1181,  Philippe  Auguste  notifie  qu’il  a racheté  aux  lépreux  « nundinas Sancti  Lazari  » que  Louis  VI  leur  avait  octroyées  et  que,  « Parisius  eas  addu- centes  »,  il  a donné  en  compensation  aux  lépreux  300  livres  é prendre  sur les  revenus  de  la  prévôté  de  Paris  (copie  du  xm1  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare, Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  1,  publiée  par  Boullé,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  d'hisl. de  Paris  et  de  Vile  de  France , t.  III,  1876,  p.  171  = Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste,  il"  27).  Rigord  (Gesla  Phil.,  § 20)  rappelle  ie  fait  a propos  de  la  construction  des  halles  en  1183  [OEuvres  de  Rigord  et  de  Giril- laume  le  lifte  ton,  éd.  Delaborde,  t.  I,  p.  34), 3.  Rigord,  loc.  cil.  : « ...duas  magnas  domos,  quas  vulgus  bains  vocal, edilicari  focit  in  quibus  tempore  pluvial  i onmes  mercatores  inerces  suas imindissime  venderent  et  in  nocte  ab  incursu  latronum  fuie  custodirent.  Ad niajomn  etiam  cautelam,  circa  easdem  halasjussit  in  circuitu  muruin  edili- cari,  portas  sullicienler  ficri  precipiens,  que  in  nocte  sevnper  clauderentur,  et inter  muruin  extefiorem  et  ipsas  lialas  mercatorum  stalla  fecit  erigi  desuper operta  ne  mercatores  tempore  pluvioso  a mercatura  cessarentet  sic  damnum incurrerent  ». 4.  Rigord,  ibid. , § 47,  éd.  Delaborde,  OEuvres  de  Rigord  et  de  Guillaume  le Itrelon,  t.  1,  p.  70,  sans  date  d'année;  Guillaume  le  Breton,  Liber.  § 34,  éd. Delaborde,  p.  34,  avec  la  date  de  1186;  Guillaume  le  Breton,  Philippide,  !, v.  436,  éd.  Delaborde,  t.  Il,  p.  23. EXTENSION  UE  PA1US  SElt  I.A  1UVE  DUOITE 19 même  dans  les  autres  directions  : la  construction  d'une  enceinte, décidée  en  1190. A cette  date,  en  effet,  le  roi,  s’apprêtant  à partir  pour  la  Terre Sainte  et  voulant  peut-être  protéger  la  capitale  contre  un  coup  de mains  des  Anglais,  maîtres  de  Gisors  \ ordonna  aux  bourgeois de  Paris  d’enclore  les  faubourgs  de  la  rive  droite  d’une  solide muraille,  garnie  de  tours  et  percée  de  portes 1  2.  Le  travail, exécuté  aux  frais  des  bourgeois  eux-mêmes  et  sous  la  surveillance de  sept  d’entre  eux  3,  fut  rapidement  mené.  L’enceinte,  très vaste  4,  englobait  non  • seulement  tous  les  faubourgs  propre- inents  dits,  à l’exception  de  celui  de  Saint-Martin-des-Champs, mais  aussi  des  terrains  vagues,  des  champs  et  des  prés,  comme ceux  qui  s’étendaient  au  nord-ouest  des  Champeaux  ou  au  nord- est  de  Saint-Gervais. Sans  doute,  ces  prés  et  ces  champs  répondaient  à une  néces- sité, puisqu’en  cas  de  siège,  ils  pouvaient  faciliter  l’approvision- nement et  permettre  de  faire  pâturer  les  chevaux  el  les  bestiaux. Mais  de  tout  temps  l'établissement  d une  enceinte  a eu  pour résultat  de  hâter  et  de  canaliser  le  mouvement  de  constructions. Nous  savons  du  reste  d'une  manière  formelle  qu’une  vingtaine d'années  plus  lard,  quand  fut  bâtie  sur  la  rive  gauche  une enceinte  similaire,  le  roi  prescrivit  de  garnir  de  maisons  l’espace qu  elle  enfermait,  afin,  dit  Guillaume  le  Breton,  « que  toute  la cité  en  parût  pleine  jusqu’aux  remparts  » \ Nous  constatons  effectivement,  peu  après  rétablissement  de 1.  C'est  à celte  hypothèse  que  s'est  arrêté  M.  Alex.  Cartellieri,  Philipp  11 August,  Kônig  von  Frankreich,  t.  Il,  p.  100. 2.  Rigord,  Gesta,  Phil.,  § ~ 1 , éd.  Delaborde,  Œuvres  de  H Igor  d el  de  Guillaume le  Breton,  t.  I,  p.  105  : « Precepit  etiam  civjbus  Parisiensibus  quod  civitas  Pari- sii,  quam  rex  multum  diligebat,  mnro  optimo  cmn  tornellis  decenter  aptatis et  portis  diligentissime  clauderetur;  quod  brevi  temporis  elapso  spatio completnm  vidimus.  » Cuillaume  le  Breton,  Biffer,  § 52,  éd.  Delaborde,  t.  1, p.  DM,  reproduit  ce  renseignement  en  le  précisant  : « Eodem  tempore,  de mandato  regis  Philippi,  quod  recessu  suo  dederat,  erecti  sont  mûri  in  cir- cuitu  civitatis  Parisiace  a parte  boreali  usque  ad  tluvium  Sequanecuin  turel- lis  et  portis  decentissime  aptatis.  » 3.  C'est  du  moins  ce  qu’on  lit  dans  le  manuscrit. 20 1 7 de  la  Bibl.  Mazarinc, qui  contient  divers  fragments  empruntés  à des  notes  rédigées  au  jour le  jour  par  les  moines  de  l'abbaye  de  Saint-Denis:  « Quod  opus  septem  qui- bus  regimen  ville  commiserat,  qui  scabini  vocantur,  de  substantia  civimn, brevi  temporis  spatio  elapso,  diligentissime  compleverunt  » (A.  Cartellieri, Philipp  II  August,  Kônig  von  Frankreich,  t.  Il,  p.  283). 4.  Nous  en  indiquerons  exactement  le  tracé  au  chap.  iv. • i.  Guillaume  le  Breton,  l.iher , § 100,  éd.  Delaborde,  Œuvres  de  liigord  el  de Guillaume  le  Breton , t.  I.  p.  240  : « Anno  eodem,  Philippins  rex  magnanimus totuin  Parisius  in  circuitu  circumsepsit  a parte  australi  usque  ad  Sequanam tluvium  ex  utraque  parte,  maximain  terre  amplitudinem  infra  murorum ambitum  coneludens.  et  possessores  agrorum  et  vinearum  compellens  ut terras  et  vineas  ad  ediüeandum  in  eis  novas  dornos  habitatoribus  locarent  vel ipsimet  novas  ibidem  domos  constituèrent,  ut  tota  civitas  usque  ad  muros plcna  domibus  viderctur.  » 20  PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS l’enceinte,  que  les  divers  faubourgs  qu'elle  englobait  tendent  de plus  en  plus  à se  rejoindre,  que  partout  les  espaces  vides  tendent à se  remplir.  Des  rues  se  tracent  qui  relient  les  unes  aux  autres les  routes  voisines  1 : la  rue  Thibaud-aux-Dés,  la  rue  du  Cerf, entre  la  route  de  Clichy  et  la  rue  populeuse  qui  du  Grand  Pont mène  à Saint-Germain-l’Auxerrois  ; la  rue  de  la  Chanvrerie,  la rue  de  la  Tonnellerie,  la  rue  du  Cygne,  la  rue  Maudétour,  au nord  des  halles,  entre  la  route  de  Clichy  et  celle  de  Saint-Denis. De  ce  côté,  c’est  tout  un  quartier  qui  se  développe,  et,  avant même  la  lin  du  règne  de  Philippe  Auguste,  il  y faut  créer  une nouvelle  église  et  une  nouvelle  paroisse,  sous  le  vocable  de Saint-Eustache  2. Entre  les  routes  Saint-Denis  et  Saint-Martin  un  réseau  de  rues apparaît  aussi  : la  rue  Quincampoix,  la  rue  Aubri-le-Boucher,  la rue  Troussevache ; puis,  de  l’autre  côté  de  la  route  Saint-Martin, la  rue  des  Jongleurs,  la  rue  Neuve  Saint-Merri. A l'est,  se  forme  le  Bourg  Tiboud,  fondé  par  un  riche  bourgeois de  la  ville,  et  l’action  exercée  par  l’enceinte  ressort  nettement d’un  acte  de  l’an  1214  où  il  est  parlé  d’un  terrain  qu’elle  partage en  deux  parties,  dont  l’une,  située  eu  dehors,  reste  plantée  de vignes,  tandis  que  l’autre,  située  à l’intérieur,  va  être  livrée  aux maçons  3.  Aussi  ne  faut-il  pas  s’étonner  si  l'église  Saint-Gervais ne  suffit  plus  aux  besoins  des  habitants  et  si,  en  1213,  l’évêque  de Paris  se  voit  obligé  de  dédoubler  la  paroisse  en  installant  à Saint-Jean  de  Grève  un  second  curé  4. De  longues  années  devaient  s'écouler  encore  avant, que  tout 1 espace  compris  dans  l’enceinte  de  la  rive  droite  fût  couvert  de maisons.  Mais  il  est  certain  que  les  petits  faubourgs  disséminés 1.  On  trouvera  dans  la  Nomenclature  de  l'appendice  11  toutes  les  références relatives  à ces  rues. 2.  Voir  ihid. , au  mot  Saint-Eustache. 3.  Charte  par  laquelle  Geotfroi,  abbé  de  Tiron,  considérant  que  l’église Notre  Dame  de  Paris  paie  k son  abbaye  douze  deniers  de  chef-cens  annuel par  arpent  pour  une  terre  sise  « in  valle  Parisius,  scilicet  extra  muros,  que adlmo  est  in  vineis,  et  infra  muros,  in  qua  jam  vinee  non  sunt  »,  consi- dérant, en  outre,  que  « dicta  ecclesia  Parisiensis  terrain  illam  que  est  infra muros,  videlicet  1res  arpennos  et  dimidium  quarterium,  vellet  tradere  ad domos  editicandas  ».  décide  que  l'accroissement  de  cens  qui  en  résultera  sera au  bénéfice  de  l’église  (chyrographe  orig.,  Arch.  nat.,  S 58,  n°  39). 4 . I.  installation  de  ce  second  curé  est  décidée  par  l'évêque  Pierre  dans charte  de  janvier  1212(1213,  n.  st.),  parce  que,  dit-il,  l'église  paroissiale Sainl -Cervais  « in  tantum  excrevisset  tam  multitudine  parrochianorum  quain rnldilibus  ampliata  quod  ibidem  non  pussent  ab  uno  curato  divina  salubriter uiinislrari  » (Eélibicn,  llit.  de  l’avis,  t.  111,  p.  94). EXTENSION  DE  PARIS  SIR  LA  RIVE  DROITE 21 à la  fin  du  xn°  siècle  aux  approches  du  Grand  l’ont  ne  formaient plus  désormais  qu’un  seul  bloc,  orienté  suivant  trois  axes  : les routes  de  Saint-Lazare  et  de  Saint-Martin  au  nord,  celles  de  Clichy et  de  Saint-Germain-l’Auxerrois  à l'ouest,  et  les  rues  de  la  porte Baudoyer  et  de  la  Mortellerie  à l’est. Dans  ces  Irois  directions,  une  fois  l’enceinte  franchie,  de  nou- veaux faubourgs  recommençaient  dont  la  construction  même  de l’enceinte  avait  provoqué  on  hâté  l’épanouissement  au  débouché de  chaque  porte.  A l’est,  le  marais  avait  été  défriché  : dès  le début  du  .\me  siècle,  des  vignobles  y apparaissent  1 aux  abords de  l’église  Saint-Paul,  fondée  avant  le  règne  de  Louis  VII  2.  Au nord,  pendant  qu'à  l'écart  une  ville  neuve  se  crée  autour  de  la maison  du  Temple,  fondée  au  milieu  du  xne  siècle  3,  le  faubourg de  Saint-Martin-des -Champs  progresse  à ce  point  qu’au  début du  xme  siècle  le  cimetière  monastique  ne  peut  plus  suffire et  qu’il  en  faut  ouvrir  un  second  dans  le  voisinage,  à l’église paroissiale  de  Saint-Nicolas  4.  Sur  la  route  menant  à Saint- Lazare,  des  maisons  se  sont  bâties  à quelques  pas  de  la  porte de  Paris  avant  1190  5,  et  c’est  au  milieu  d’elles,  en  face  de la  « Croix  de  la  Reine  » qu’est  fondée  alors  l’hôtellerie  de  la Trinité,  destinée  à héberger  les  pèlerins  à l’entrée  de  la  ville  6 7.  A l'ouest  enfin  quelques  maisons  commencent  à s’élever  à côté de  l’hôpital  Saint-Thomas  et  du  château  du  Louvre  \ récemment 1.  Voir,  entre  autres,  la  charte  de  Geoffroi,  abbé  de  Tiron,  citée  p.  20,  n.  3 fann.  1214).  Cf.,  pour  la  culture  en  général,  les  chartes  de  1226  et  1229  citées plus  haut,  p.  10,  n.  2 et  3. 2.  Elle  est  citée  pour  la  première  fois  en  1136  (11.  île  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris,  n"  260). 3.  Sur  cette  ville  neuve,  voir  II.  de  Curzon,  La  maison  du  Temple  de  Paris , p.  14. 4.  En  mars  1220  1221,  n.  s t.),  en  effet,  Guillaume,  éveque  de  Paris  consi- dérant que  l'église  Saint-Nicolas-des-Champs  n’a  d’autre  cimetière  pour  ense- velir les  morts  de  sa  paroisse  que  la  cour  («  curia  »)  de  l’abbaye  de  Saint- Marlin-des-Champs  « tantumque  excrevisset  populus  illius  parrochie,  quod locus  ille  jam  non  sufficeret  ad  recipienda  onmia  corpora  in  dicta  parrochia morientium  »,  autorise  ladite  église  à aménager  un  cimetière  double  orig., dont  un  scellé,  Arch.  liât.,  I.  688,  n"  3,  et  S 1433,  n°  2;  publ'.  par  Dubois, llist.  ecclesiae  Parisiensis , t.  II,  p.  240,  et  par  F.  liournon,  dans  Lebeuf,  llist. de  la  ville  et  de  ton t le  diocèse  de 'Paris:  rectifications  el  additions , p.  137). 3.  Entre  1183  et  1196,  Jean  de  Drancy  («  de  Derentiaco  »)  lègue  à Saint- Martin-des-Champs  13  sous  « in  quibusdam  domibus  de  calcea  ante  erucem regine  assignâtes  » (copie  du  xiïi«  s..  Liber  testamentoram  S.  Martini  de  Cam- pis,  Bibl.  nat  , ms.  lat.  10977,  fol.  63  v°). 6.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  au  mot  Trinité. 7.  Ainsi,  en  janvier  1209  (1210,  n.  s t.),  Philippe  Auguste  donne  à l'évêque de  Paris  onze  deniers  de  cens  à prendre  sur  la  maison  de  Roger  l’Anglais  en échange  d'un  autre  cens  de  onze  deniers  « quos  dictais  episcopus  habebat propc  Sanctum  Thomam  de  Lovre  in  masuris  que  modo  sunt  infra  ambituin nnvorum  murorum  nove  turris  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1082  A,  n”  7 ; Guérard, Cartul.  de  Nul re-Dame  de  Pans , t.  I,  p.  68,  n"69  = Delisle,  Catalogue  des  actes de  Philippe  Auguste,  n°  1187). 22 PARIS  sors  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS construit  par  Philippe  Auguste  le  long  tlu  mur  d'enceinte  \ et à côté  de  l'église  Saint-Honoré 1  2,  fondée  vers  120i-  tout  près  de là,  sur  la  roule  de  Glichy  3. 1.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  au  mot  Louvre. 2.  Dès  1204,  Etnle  évêque  de  Paris,  notifie  que  Renoud  Chereins  a concédé au  prêtre  de  la  future  église  Saint-Honoré  « novem  arpennos  terre  sitos prope  muros  Parisienses  super  viam  que  tendit  ad  Clicbi...  ita  quod  lient,  ibi masure  » (double  orig.,  Avch.  nat,,  L 612,  n°  1,  et  S 1822,  il0  90;  Félibien., llist.  de  Paris , t.  111,  p.  76). 3;  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  au  mot  Saint-IIonoré, CHAPITRE III EXTENSION  DE  PARIS  SUR  LA  RIVE  GAUCHE DE  LA  SEINE Sur  la  rive  gauche  de  la  Seine,  l’extension  de  la  ville  avait  été beaucoup  plus  lente.  Nous  avons  vu  qu'à  la  fin  du  xfi  siècle,  la montagne  Sainte-Geneviève  et  ses  abords  présentaient  un  aspect presque  champêtre.  Pendant  plus  d’un  siècle,  il  en  devait  être ainsi.  Partout,  de  ce  côté,  il  est  question  de  culture  et  surtout  de culture  de  la  vigne  : vers  Notre-Dame-des-Champs  vers  Saint- Étienne-des-Grès 1  2,  vers  Saint-Hilaire  3,  vers  les  Thermes  4 5.  Sur les  flancs  de  la  colline,  de  grands  clos  de  vignes  apparaissent  : les  vignes  de  Laas  à l’ouest,  e L,  plus  à l’est,  les  clos  Mauvoisin, Bruneau  et  Garlande  6 ; plus  à l’est  encore,  le  Chardonnet  est tout  couvert  de  vignes  7.  Il  n’y  a là  vraiment  jusqu’alors  rien qui  indique  une  ville  : c'est  uniquement  sur  la  rive  droite  que  se fait  l’accroissement  de  Paris. Peut-être  cependant,  dès  cette  époque,  quelques  maisons 1.  Par  exemple,  vers  1124,  cession  à l'abbaye  de  Marmoutier  de  « très quartas  vineæ  qu;r  aput  Parisium  sunt  in  territorio  Beatæ  Mariœ  de  Campis  » (R.  de  La9teyrie,  Car  lui.  général  de  l'aris,  n°  207);  en  1132,  don  par  Louis  VI au  chapitre  Notre-Dame  d au  très  vignes  près  Notre-Dome-des-Champs  (indiqué ibid. . n”  218.  > t dans  Luchaire,  l.onis  VI  le  Gros,  Annales,  n"  503). 2.  En  1 183,  Eléonore  de  Beaumont  donne  à Robert  de  Chartres  cinq  arpents et  demi  de  vignes  prés  Saint-Eticnne-des-Grès  (Delisle,  ('dialogue  des  actes  de Chilippe  Auguste,  n°  135  ; en  mars  1185  (1186,  n.  st.  , Philippe  Auguste  donne à Roger,  batteur  d’or,  quatre  autres  arpents  de  vignes  sises  près  de  la même  église  {ibid.,  n°  153). 3.  Ainsi,  en  1179,  vente  est  faite  de  trois  quartiers  de  vignes  près  de  Saint- Hilaire  It.  de  Lasteyrie,  Cariai  général  de.  Caris,  n°  570). 1.  Par  exemple,  entre  1160  et  1177,  don  d’un  demi  arpent  de  vigne  sis  aux Thermes  ibid.,  n°  470);  en  1186,  don  par  Philippe  Auguste  à Roger,  batteur d'or,  de  vignes  sises  aux  Thermes  (Delisle.  Catalogue  cité,  n°  155 5.  Voir  la  S omenc.lature  de  l'appendice  II.  au  mot  Laas. 6.  Voir  ci-dessous,  p.  24,  20  et  27. 7.  Noir  les  textes  indiqués  dans  la  Somcnclalure  de  l'appendice  II,  au  mot Chardonnet. 24 PARIS  SOUS  UES  PREMIERS  CAPÉTIENS avaient-elles  commencé  à se  grouper  devant  le  Petit  Pont;  mais ce  groupement  devait  être  bien  peu  important,  car  les  textes n’en  parlent  point.  D’ailleurs,  les  clos  de  vignes  s’étendaient jusqu’aux  abords  mêmes  de  la  grand’route  d’Orléans  : pour  que Paris  pût  s’accroître  dans  cette  direction,  il  fallait  que  la  culture cédât  la  place  aux  maisons.  C’est  à cette  nécessité  que  répondent toute  une  série  de  mesures  qui  remplissent  le  xne  siècle  et  dont la  première  fut  la  disparition  du  clos  possédé  par  la  riche  famille de  Garlande  1 au  sud  de  l’église  Saint-Julien.  Avant  1134,  les vignes  en  avaient  été  arrachées  ; des  maisons  s’v  élevaient  peu à peu  2, ★ ♦ * Ce  n’était  là  qu’une  première  amorce,  et  il  eût  fallu  sans  doute attendre  encore  longtemps  avant  qu’un  faubourg  de  quelque importance  se  constituât  sur  la  rive  gauche  si  les  abbayes  qui  s’y étaient  établies  n'avaient  été,  là  comme  partout  ailleurs,  des points  de  ralliement  pour  les  populations. Au  xu''  siècle,  nous  voyons  que  des  bourgs  existent,  en  effet, autour  de  Saint-Gerpaain-des-Prés  3 et  de  Saintc-Gene.viève  4 5. Vers  la  fin  du  règne  de  Louis  VII,  celui  de  Saint-Germain-des- Prés,  qui  compte  alors  au  moins  cent-vingt  à cent-vingt-cinq  mai- sons 6,  obtient  de  l’abbé  une  charte  d’affranchissement  6,  ce qui  paraît  dénoter  une  certaine  vitalité,  et  nous  voyons  qu’une  foire s'y  tient  annuellement  quinze  jours  après  Pâques  7.  Plus  loin, dans  la  campagne,  autour  des  églises  Saint-Médard  8,  Saint- 1.  Déjà  on  1124  il  est  question  du  clos  possédé  en  ce  lieu  par  Guillaume de  Garlande,  sénéchal  de  Louis  VI  (IL  de  Lasteyrie,  Carlul.  général  de  Paris, n°  206). 2.  A cette  date  de  1134,  Louis  VI  concède  au  chapitre  de  Notre-Dame  de Paris  « terrain  Stephani  Garlandensis  in  qua  vineæ  ejus  habebantur  quando eas  extirpari  fecimus  » (R.  de  Lasteyrie,  op.  cil;.,  n°  257).  Pour  les  maisons bâties  en  ce  lieu,  voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  11,  au  mot  Garlande (rue  de). 3.  Il  en  est  question  notamment  dans  presque  tous  les  privilèges  pontifi- caux confirmant  les  possessions  de  l’abbaye.  Voir,  par  exemple,  celui  d’Alexan- dre 111,  du  7 juillet  1162  (orig.,  Arch.  nat.,  L 230,  n°  8 = Jaffé- Wattenbach, liegesta  pontif.  Romanorum , n°  10738). 4.  Ainsi,  en  1163,  le  pape  Alexandre  111  confirme  à l'abbaye  la  possession du  « burgum  Sancte  Genovefe  » (R.  de  Lasteyrie,  Carlul.  général  de  Pains, n°  438  = Jaffé- Wattenbach,  Regesla,  n°  10855). 5.  Voir  l’état  des  cens  perçus  dans  le  bourg  par  l’abbaye  vers  1180,  publié dans  R.  de  Lasteyrie,  op.  rit.,  n»  585. 6.  R.  de  Lasteyrie,  op.  cil.,  n°  489. 7.  Iltid.,  n“  543. 8.  La  « villa  Sancti  Medardi  » est  mentionnée  dès  1163  (R.  de  Lasteyrie, op.  cil.,  n°  438). EXTENSION  DE  PARIS  SUR  LA  RIVE  GAUCHE 2o Marcel  1 et  sans  doute  aussi  autour  de  l’abbaye  de  Saint-Victor, de  petits  villages  se  forment;  mais  plusieurs  siècles  s’écouleront encore  avant  que  leur  développement  puisse  influer  sur  celui  de Paris.  Au  contraire,  les  bourgs  Saint-Germain  et  Sainte-Geneviève vont  aller  croissant  et,  par  une  poussée  toute  naturelle,  vont tendre  à rejoindre  les  maisons  bâties  à la  tète  du  Petit  Pont.  Celle poussée  est  sensible  dès  le  dernier  quart  du  xiF  siècle. Plie  se  manifeste  tout  d'abord  au  bourg  Saint-Germain,  dont  la situation,  en  contre-bas  de  la  colline,  facilitait  l'épanouissement, et  elle  a pour  conséquence  la  disparition  progressive  de  toutes les  vignes  de  Laas.  La  première  étape  dans  ce  sens  fut  l'achat conclu  par  l’abbé  de  Saint-Germain  Hugue  de  Monceaux,  vers 1179,  des  vignes  appartenant  à Evrard  de  Grève,  qu’il  accusa aussitôt  « pour  y faire  des  bêtises  et  y édifier  des  maisons  » 2. Quelques  années  plus  tard,  sous  l'abbé  Foulque,  successeur  de Hugue  de  Monceaux,  un  des  tenanciers  de  l’abbaye  acensa  une autre  partie  des  vignes  de  Laas  à quelques  « hôtes  » qui  y construi- sirent de  nouvelles  maisons  3 4 *.  Le  mouvement  ne  devait  point s’arrêter  : arpent  par  arpent,  toutes  les  vignes  devaient  être  arra- chées et  les  champs  livrés  aux  maçons.  En  1211,  il  est  question des  « domaines  de  Saint-Germain-des  Prés,  bâtis  ou  à bâtir  », qui  s’étendent  entre  Saint-Séverin  et  le  bourg  de  l’abbaye;  on décide  que  les  moines  n'y  pourront  élever  plus  de  deux  églises paroissiales  ;.  Et,  neuf  ans  après,  de  ces  deux  églises  prévues, l'une  apparaît,  l'église  Saint-André,  alors  toute  nouvelle  s.  pen- dant qu’au  sud  de  Saint-Germain-des-Prés,  le  bourg  même  du monastère  se  développe  lui  aussi  et  qu’on  voit  se  fonder  l’église Saint-Sulpice  6. 1.  En  1158,  te  pape  Adrien  IV  confirme  au  chapitre  Saint-Marcel  « burgum... in  quo  ccclesia  sita  est  » (H.  de  Lasteyrie,  op.  cil .,  n"  405). 2.  L'abbé  Hugue  le  rappelle  lui-même  dans  deux  chartes  publiées  par It.  «le  Lasteyrie,  op.  cil.,  n°s  568  et  583. ■'!.  L'abbé  Foulque  (1182-1192)  notifie  que  Pierre,  convers,  qui  tenait  du trésorier  de  Saint-Germain-des-Prés  une  vigne  sise  à « Laas  »,  en  ayant  con- cédé une  partie  « quibusdam  hospitibus  » et  prélevant  sur  ces  derniers  un  cens pro  domihus  ibidem  edifieatis  »,  ledit  trésorier  lui  a racheté  ce  cens  (orig., Arch.  nat.,  L 782,  n°  56). 4.  Sentence  arbitrale  de  janvier  1210  (1211,  n.  si.)  « super  jure  episcopali et  jure  parrochiali  spirituali  in  territorio  Sancti  Germani  de  Pratis  ultra  Par- vum  pontem.  sive  sit  aedificatum  sive  aedificandum  usque  ad  burgum  Sancti Germani  » (Félibien,  lli.it.  de  Paris,  t.  III,  p.  91  ). En  juin  1220,  Louis,  abbé  de  Saint-Magloire,  et  Étienne,  archidiacre  de Paris,  notifient  que  le  clerc  Marcel  et  son  neveu  Pierre  ont  confirmé  aux  moines de  Saint-Germain-des-Prés  le  don,  qui  leur  avait  été  fait  par  l'eu  Gautier  Cha- peron. père  dudit  Pierre,  d'une  rente  annuelle  de  20  sous  à percevoir  » in  terra Sancti  Germani  de  Pratis,  en  Laos,  super  quadarn  domo  sita  prope  ecclesiant Sancti  Andree  de  novo  constructam  » (copie  du  xm1' siècle,  Cartul.  AD  de Saint-Germain-des-Prés,  Arch.  nat.,  LL  1027,  fol.  108). 0.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  au  mot  Saint  Sulpire. 2G PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS Du  bourg  de  Sainte-Geneviève,  une  poussée  analogue  vers  le Petit  Pont  se  marque  dès  les  toutes  premières  années  du xiiP  siècle.  Le  spectacle  ne  semble  point  cependant,  de  ce  côté, avoir  été  tout  à fait  le  même.  Le  bourg  de  Sainte-Geneviève  était, en  effet,  moins  un  bourg  proprement  dit,  c’est-à-dire  une  agglo- mération de  maisons  pressées  autour  de  l'abbaye,  qu’un  vaste domaine  où  les  vignes  et  les  champs 1  2 alternaient  avec  les demeures  de  paysans.  Ayant  à sa  tète  un  « maire  » 2,  comme tous  les  domaines  ruraux,  ce  bourg  s’étendait,  au  sud,  jusqu’à  la Bièvre,  et,  à l’ouest,  jusqu’à  la  route  d’Orléans;  au  nord,  il  des- cendait jusqu'à  la  place  Maubert  et  jusqu’à  l’église  Saint-Julien, englobant  les  vignes  des  clos  Brun-eau  et  Garlande  3 4.  Malgré  cette étendue  considérable,  les  habitants  y étaient  assez  clairsemés pour  qu’en  1202  l’évêque  Eude  pût  trouver  opportun  d’ « accroître la  paroisse  » dépendant  de  Sainte-Geneviève  en  faisant  arracher ses  vignes  du  clos  Bruneau  et  en  y appelant  des  « hôtes  » L Comme  sur  la  terre  de  Laas,  cette  mesure  devait  avoir  pour résultat  immédiat  la  construction  de  maisons,  assez  rapprochées 1.  Les  mentions  de  vignes  sur  la  montagne  Sainte-Geneviève  sont  innom- brables : on  en  trouve  près  de  l’église  Saint-IIilaire  en  1179-1180  (R.  de  Las- teyrie,  Carlul.  général  de  Paris , n°  570),  aux  Sept- Voies,  en  mars  1186  (voir la  Nomenclature  de  l’appendice  11  au  mot  Sept- Voies);  en  1189,  l’évêque  de Paris  Maurice  notilie  que  Guillaume  et  sa  femme  Vilaine  ont  donné  à l’église Saint-Victor  trois  arpents  de  vigne  « in  monte  Sancte  Genovefe  sitos,  in  censu llospitalis  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 894,  n°  44),  etc.  En  juin  1202,  un  accord intervient  entre  les  abbayes  de  Saint-Victor  et  de  Sainte-Geneviève  au  sujet de  la  dîme  de  la  montagne  Sainte-Geneviève  « tam  in  vino  quam  in  blado  » (orig.  scellé,  ibid.,  L 892,  n°  2). 2.  En  juin  1202,  un  accord  intervient  entre  l’évêque  de  Paris  et  l’abbaye  de Sainte-Geneviève  au  sujet  de  la  juridiction  ecclésiastique  de  l’évêque.  Vingt- six  serviteurs  de  l’abbaye  en  sont  exemptés,  mais  il  est  stipulé  qu'aucun  d’eux ne  pourra  être  ni  voyer  ni  « major  burgi  » (les  chartes  originales  relatives  a cet  accord  sont  aux  Arch.  nat.,  L 422,  n°  4°  ; L 882,  n°  3:  I.  884,  n°  1 ; publ.  par Guérard,  Carlul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  60,  n°  58).  En  décembre  1223, Henri,  abbé  de  Sainte-Geneviève,  concède  viagèrement  à Guillaume,  fils  de Guibert,  « majoriam  nostram  de  Monte  » (copie  du  xine  siècle,  Carlul.  de Sainte-Geneviève,  B i b 1 . Sainte-Geneviève,  ms.  336,  p.  265). 3.  En  1163,  le  pape  Alexandre  III  confirme  à l’abbaye  « burgum  Sancte Genovefe  a domo  Barlholomei  usque  ad  pontem  Sancti  Medardi  et  usque  ad stratam  regiam  juxta  ecclesiarn  Sancti  Stephnni  » (11.  de  Lasteyrie,  Carlul. général  de  Paris , n°  438)  En  1202,  Mathieu  de  Montmorency,  seigneur  de Mari  y,  cl.  sa  femme  Mathilde,  du  consentement  de  l’abbé  de  Sainte-Geneviève de  qui  ils  la  tenaient,  donnent  « hospilibus,  ad  hostitias  faciendas  »,  leur vigne.  « que.  dicebatur  Clausus  Mali  Vieilli  » et  renoncent  à leur  droits  « in strata  ilia  qua  i tu  r per  vicum  Garlande  usque  ad  gressum  Sancti  .luliani,  qui est  meta  burgi  Sancte  Genovefe»  (Denifle  et  Châtelain,  Cliarlul.  Universitalis Parisiens is,  t.  I,  p.  fit,  n°  2). 4.  Charte  de  juin  1202,  portant  accord  entre  l’évêque  et.  l’abbaye,  déjà  citee ci-dessus,  n.  2 : « ln  augmentum  vero  predicte  parochie  (de  Monte),  dédit episcopus  ad  habitandum  vineam  suam  de  Brunello.  » EXTENSION  DE  PARIS  SUR  LA  RIVE  GAUCHE 27 les  unes  des  autres,  et  qui  allaient  ainsi,  en  rejoignant  celles  de l’ancien  clos  de  Garlande,  élevées  depuis  plus  de  soixante  ans,  for- mer un  noyau  compact  entre  Sainte-Geneviève  et  le  Petit  Pont  f. L’élan  était  donné.  Dans  l'acte  même  par  lequel  l’évêque ordonne  de  transformer  le  clos  Bruneau  en  un  quartier  d’habita- tion, il  prévoit  le  cas  où  cet  exemple  viendrait  à être  suivi  dans le  clos  contigu,  dit  clos  Mauvoisin  Et  effectivement,  quelques semaines  plus  tard,  Mathieu  de  Montmorency,  seigneur  de  Marty, et  sa  femme  Mathilde,  qui  le  tenaient  de  l’abbé  de  Sainte-Gene- viève, y appelèrent  des  « liâtes  »  1 2  3 ; et  là  encore  les  maisons  ne tardèrent  point  à remplacer  la  vigne  4. 11  est  dès  lors  fréquemment  question  dans  les  textes  du  « bourg du  Petit  Pont  » 5.  Une  boucherie  s’y  établit  6 ; des  rues  s'y tracent,  qui  viennent  se  souder  à la  fois  à l'extrémité  inférieure  du bourg  Sainte-Geneviève  et  à l’extrémité  orientale  du  quartier  de Laas  7;  en  1222,  enfin,  la  population  de  la  paroisse  dépendant  de Sainte-Geneviève  a augmenté  à tel  point  que  l’église  paroissiale  ne suffit  plus  à la  contenir  et  qu’il  en  faut  construire  une  seconde  8. Mais,  entre  temps,  s’était  produit  un  fait  important  : Philippe Auguste  avait,  vers  1200,  au  plus  Lard,  fait  enceindre  d’une 1.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  11  au  mot  Bruneau. 2.  Charte  de  juin  1202,  portant  accord  entre  l'évêque  et  l'abbaye,  citée  ci- dessus,  p.  2G,  n.  2 : «...  in  clauso  quod  dicitur  Mali  Vicini,  si  quando  illud inhabitari  contigerit...  » 3.  Charte  citée  ci-dessus,  p.  26,  n.  3. 4.  Dès  le  28  août  1224,  Philippe  de  Bis,  bourgeois  de  Paris,  est  accusé  d'avoir resserré  la  voie  publique  « ante  doinuin  suani  in  clauso  .Mali  Vicini  » (orig., Arch.  nat.,  S 1508A,  n»  46). .').  Par  exemple,  en  avril  1201,  Simon  de  Poissy  fait  remise  à l'évêque  de Paris  d'un  cens  d'un  denier  qu'il  possédait  sur  la  maison  de  Garnier  de  Saint- l.azare,  sise  « in  burgo  Parvi  ponlis,  ante  Sanction  Julianum  Pauperem,  que se  extendit  usque  in  magnum  vicum  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 3518,  liasse  14, n°  3 . En  décembre  1212,  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  que  Roger  fils  de Guillaume,  huissier  de  Philippe  Auguste,  et  sa  femme  Jeanne  ont  renoncé  en faveur  de  l'église  Saint-Marcel  de  Paris  à leurs  prétentions  sur  une  maison dite  h maison  de  Gautier  le  chambrier  » et  sise  « in  burgo  Parvi  ponlis  » (orig..  Arch.  nat.,  S 1925A,  n"  45). 6.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  11  au  mot  Boucherie  du  Petit  Pont. '.  Les  rues  Garlande,  Zacharie,  Saint-Séverin,  des  Écrivains,  Servonde,  îles Thermes.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  à ces  mots. 8.  Voir  une  bulle  d'Ilonorius  111  du  2U  juin  1222  déclarant  que  l'abbé  et  le couvent  de  Sainte-Geneviève  « nobis  hmniliter  supplicarunt  ut,  cum  in  paro- chia  eorumdem  adeo  sit  populus  augmentâtes  quod  in  parrochiali  ecclesia ad  audienda  divina  nequeant  convenire,  construendi  aliam  ecclesiam  in  eadem parrochia  et  serviendi  per  canonicos  proprios  in  eadem,  secundum  quod  in corum  privilegio  continetur,  sine  alieni  juris  prejudicio,  eis  licentiam  con- cedere  dignaremur  ».  Le  pape  fait  droit  à cette  demande  (orig.  scellé  de  la bulle  de  plomb.  Arch.  nat..  L 884,  n°  55;  édité  partiellement  par  F.  Bournou, dans  Lebcuf,  llist.  de  la  cille  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris;  additions , p.  193). 28 PARIS  SOIS  UES  PREMIERS  CAPÉTIENS muraille  la  plus  grande  partie  de  la  montagne  Sainte-Geneviève et  ses  pentes  orientales  et  occidentales  jusqu’à  la  Seine,  ordon- nant d’élever  des  maisons  dans  tout  l’espace  ainsi  délimité  1 . Cette  mesure,  dont  les  conséquences  devaient  surtout  se  faire •sentir  à l’époque  de  Louis  VIII  et  de  Louis  IX,  était  le  complé- ment des  travaux  analogues  entrepris  sur  la  rive  droite  quelques années  auparavant.  Un  rempart  continu  enserrait  désormais Paris  sur  les  deux  rives. De  ce  rempart,  qui  devait,  plus  ou  moins  modifié,  marquer,  sur la  rive  droite  jusqu’à  Charles  V,  et  sur  la  rive  gauche  jusque dans  le  cours  du  xvne  siècle,  la  limite  de  la  capitale,  quelques fragments  subsistent  encore  ; d’autres,  démolis  au  cours  des grands  travaux  de  construction  et  de  voirie  exécutés  depuis  le milieu  du  xu\e  siècle,  ont  été  dessinés  et  relevés  surtout  par  l’ar- chitecte Théodore  Vacquer  qui,  à partir  de  1806,  fut  officielle- ment chargé  de  la  surveillance  archéologique  des  fouilles  et démolitions  dans  Paris,  et,  depuis  1898,  par  M.  Ch.  Sellier,  pour le  compte  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris.  Grâce  aux papiers  et  aux  rapports  manuscrits  du  premier,  conservés  par  le Service  de  la  Bibliothèque  et  des  travaux  historiques  de  la  ville  2, 1.  Guillaume  le  Breton,  Liber,  § 160  : « Anno  eodem  (MCCXI),  Philippus  rex magnanimus  totum  Parisius  in  circuitu  circmnsepsit  a parte  australi  usque ad  Sequanam  fluvium  ex  utraque  parte,  inaximam  terre  amplit.udinem  infra murorum  ambitum  concludens  et  possessores  agrorum  et  vinearum  compel- lens  ut  terras  illas  et  vineas  ad  edificandum  in  eis  novas  domos  habitatoribus locarent  vel  ipsimet  novas  ibidem  domos  constituèrent  ut  tota  civitas  usque ad  muros  plena  domibus  videretur  » (Delabnrde,  Œuvres  de  Rigord  et  de Guillaume  le  Breton,  t.  1,  p.  240).  La  date  indiquée  par  Guillaume  le  Breton est  certainement  erronée,  puisque  dès  janvier  1211,  dans  un  acte  d’arbitrage fixant  les  limites  de  la  paroisse  Saint-Séverin  (Félibien,  tlist.  de  Paris,  t.  III, p.  91),  il  est  question  à plusieurs  reprises  du  mur  d'enceinte  de  Paris  entre l'église  Saint-Séverin  et  l’abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  et  que,  d’autre part,  nous  voyons  en  1209-1210  Philippe  Auguste  concéder  aux  moines  de  cette abbaye  « posternnm  murorum  nostrorum  Parisiensium  que  est  in  via  Sancti Germani  de  Pratis  » à la  condition  de  la  tenir  en  bon  état  « quando  cons- trurta  fucrit  » (Malingre,  Les  antiquités  de  la  ville  de  Paris,  p.  215  = Delisle, Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  1113).  Ce  dernier  acte  prouve  en même  temps  qu'en  1209-1210  la  construction  de  l'enceinte  n’était  pas  ter- minée. — Le  devis  dressé  pour  cette  construction  se  trouve  au  fol.  93  v°  du Itegistre  A de  Philippe  Auguste  (Bibl.  du  Vatican,  ms.  Ottoboni  2196;  fac- similé  publ.  par  M.  L.  Delisle,  Le  premier  registre  de  Philippe-Auguste,  Paris, 1883)  : « Taschia  murorum  Parisiensium  : circuitns  ville  ex  parte  Parvi  pontis habet  XIIe  tesias  et  LX,  — et  pro  una  queque  tesia  c solides,  — cum  tornellis de  spissitudine  veteris  mûri  ex  parte  Magni  pontis  » (le  mur  de  la  rive  droite, bâti  eu  1190)  « et  tribus  pedibus  altitudinis  grossi  mûri  et  desuper  arp karnellum  et  sex  porte,  et  una  quaque  porta  debet  constare  Vlxx  libras. Summa  : VIIM  libras  et  XX  libras  ».  — Un  autre  devis  pour  la  construction d'une  enceinte  « ultra  parvum  pontem  » ( i b i d . , fol.  92  r°)  ne  semble  pas  se rapporter  à Paris. 2.  Les  « papiers  Vacquer  » forment  un  ensemble  de  10,000  pièces  environ groupées  en  99  dossiers  et  conservées  à la  Bibliothèque  historique  de  la  ville. On  y conserve  aussi  quelques-uns  des  rapports  de  service  rédigés  chaque semaine  par  Vacquer.  On  ignore  ce  que  sont  devenus  les  rapports  manquant. EXTENSION  DE  l'AKtS  SU!  EA  UIVE  GAUCHE 2\) grâce  aux  publications  de  son  successeur  grâce  aussi  parfois aux  anciens  plans  qui,  contrôlés  les  uns  par  les  autres,  oui  servi de  base  aux  Dissolutions  archéologiques  sur  les  anciennes  enceintes de  Paris  de  A.  Bonnardot  2,  il  est  possible  aujourd'hui  d indiquer avec  une  précision  suffisante  les  points  par  où  le  mur  passait  et de  se  rendre  à peu  près  compte  de  la  manière  dont  il  était  bàli. C’est  ce  que  nous  tenterons  de  faire  dans  les  pages  qui  vont  suivre. Ces  divers  papiers  ont  lait  l'objet  d un  inventaire  de  MM.  de  Pachtere  et  Sellier qui  doit  paraître  dans  le  Bulletin  de  lu  Bibliothèque  et.  îles  Travaux  historiques. 1.  Dans  les  Procès-verbaux  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris. 2.  Paris,  1832,  in-4°;  et  du  même.  Appendice  aux  éludes  archéologiques  sui- tes anciens  plans  de  Paris  et  aux  dissertations  sur  les  enceintes  de  Paris, Paris,  1877.  in-4°.  — Il  faut  ajouter  à ces  publications  et  à ces  notes  manus- crites, les  dessins  de  M.  E.  Hochereau  reproduits  dans  des  volumes  de  la  Topo- graphie historique  du  vieux  Paris  consacrés  à la  région  du  Louvre  et  des  Tui- leries t.  11,  1808)  et  à la  Région  occidentale  de  l’Université  (1887);  les  dessins et  plans  manuscrits  du  même  conservés  à la  bibliothèque  historique  de  la  ville de  Paris  dossier  E,  39532)  ; enlin,  des  gravures  exécutées  anciennement  par M.  Sulpis  d'après  des  relevés  de  hennir  et  dont  une  partie  se  trouve  publiée, dans  l'album  de  planches  joint  à notre  volume. CHAPITRE  IV L’ENCEINTE  DE  PIIILIPPE'AUGUSTE C’est  du  côté  de  l’est  quejse  sont  conservés  les  fragments  les plus  importants  de  1 enceinte  de  la  rive  droite  1 . Entre  la  rue Fig.  2. Plan  de  lotissement  de  l'ancienne  caserne  de  l'Are  Maria Dessin  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris. de  l Ave-Maria  cl  la  rue  Saint-Antoine,  on  peut  la  suivre  presque sans  interruption  le  long  du  lycée  Charlemagne,  dont  elle  forme la  limite  orientale.  Les  morceaux  les  mieux  conservés  flanquent les  batiments  du  Petit  Collège  Us  sont  malheureusement  dis- I-  Voir  le  plan  général  de  l'enceinte  que  nous  donnons  dans  l’album  oui accompagne  ce  volume. 2.  Voir  le  plan  du  lotissement  de  l'Ave-Maria  reproduit  ici  (fig.  2)  d'après 32 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS simulés  sous  un  enduit  moderne;  mais  on  peut  encore  pénétrer d’une  des  cours  dans  une  demie  tour  cylindrique  (tour  n°  2) qui  s’élève  jusqu'à  la  hauteur  des  toits  voisins,  à mi-distance environ  entre  la  rue  de  l’Ave-Maria  et  la  rue  Charlemagne.  Celte dernière  rue  coupe  une  seconde  tour  (tour  n°  2 bis)  dont  un  quart seul  subsiste  vers  le  sud,  englobé  dans  les  bâtiments  du  Petit Collège.  Entre  la  rue  Charlemagne,  enlin,  et  la  rue  Saint-Antoine la  partie  basse  du  rempart,  sur  une  longueur  d’une  quinzaine  de mètres,  se  distinguait  encore  nettement  il  y a quelques  années  à droite  du  passage  qui  sert  d’accès  au  lycée. De  l'autre  côté  de  la  rue  Saint-Antoine,  les  fragments  subsis- tant sont  plus  rares.  En  juillet  1850,  la  démolition  de  quelques maisons  comprises  entre  la  rue  Malher  et  la  rue  de  Sévignô  en fit  apparaître  quelques-uns  2. Plus  loin,  le  rempart  change  de  direction,  et  les  fouilles  per- mettent de  le  retrouver  par  morceaux  derrière  les  maisons  de la  rue  des  Francs-Bourgeois  : de  chaque  côté  de  la  rue  des  Hos- pital i è res-Sai n t-Ger vais , où  Bonnardot  pouvait  encore,  en  1852, le  voir  surgir  de  terre  à la  hauteur  d'environ  deux  mètres  et demi  3;  puis,  rue  du  Marché  des  Blancs-Manteaux  4;  rue  des Guillemites,  où  il  apparut,  ainsi  qu’une  tour  (tour  n°  9),  en 1899,  à une  très  faible  profondeur3;  au  Mont-de-Piété,  enfin, où  Vacquer  6 put  l'observer  sous  le  sol,  flanqué  de  deux  tours tours  nos  9 bis  et  10),  dont  l’une  (tour  n°  10)  se  dresse  encore les  Procès-verbaux  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris,  1898, n"  8.  — Cf.  ibid.,  1902,  p.  150,  un  rapport  de  M.  Ch.  Sellier  sur  des  fouilles exécutées  au  petit  lycée  Charlemagne. 1.  Pour  éviter  toute  confusion,  nous  adoptons  la  numérotation  des  tours donnée  par  Bonnardot  dans  ses  Dissertations  archéologiques  sur  les  anciennes enceintes  de  Paris,  sauf  à indiquer  sous  un  numéro  bis  les  tours  que  nous  croi- rons devoir  ajouter  ou  à sauter  les  numéros  des  tours  que  nous  croirons devoir  supprimer. 2.  Bonnardot,  Dissertations  archéologiques  sur  les  anciennes  enceintes  de Paris,  p.  79.  — On  a pris  pour  une  tour  de  Philippe  Auguste  un  réduit  cir- culaire, en  forme  de  tronc  de  cône  renversé,  situé  dans  la  cave  d'un  immeu- ble (rue  de  Sévignô,  n°  9)  qui  sert  actuellement  de  caserne  à des  sapeurs- pompiers  (voir  deux  notes  de  M.  Ch.  Sellier,  dans  les  Procès-verbaux  de  la Commission  du  Vieux  Paris,  ann.  1901,  p.  86  et  102).  C’est,  en  réalité,  un travail  de  maçonnerie  moderne  (probablement  une  glacière  abandonnée) établi  tant  bien  que  mal  dans  une  galerie  voûtée  eu  berceau. 8.  Bonnardot,  op.  cil.,  p.  81. 4.  Pouilles  de  1900  ; rapport  de  M.  Ch.  Sellier  dans  les  Procès-verbaux  de la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris,  1900,  p.  160-161,  avec  un  plan, reproduit  ici,  fig.  4. 5.  Rapport  de  M.  Ch.  Sellier,  ibid.,  1899,  p.  266-267,  avec  un  plan,  reproduit ici,  lig.  5.  Voir  aussi,  üg.  8,  une  photographie  des  fouilles  tirée  du  même volume. 6.  Bibliothèque  historique  de  la  ville  de  Paris,  papiers  Vacquer,  vol.  22, fol.  28  et  suiv.  Cf.  Bonnardot,  dans  le  Bulletin  de  la  Société  de  l'histoire  de Paris  et  de  Vite  de  France,  t.  V,  p.  1GS.  Voir  le  plan  reproduit  ici,  fig.  3. Fig.  3. Enceinte  de  Philippe  Auguste  : tour  9 (Fouilles  de  1899) Photographie  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris. L-E  N CEINTE  DÉ  PHILIPPE  AEG  ESTE dans  une  petite  cour,  en  lace  des  Archives  nationales,  à quelques pas  seulement  de  la  rue  des  Francs-Bourgeois Près  de  là,  le mur  a été  reconnu sur  une  longueur de  plus  de  vingt mètres  au  fond d'une  cour  de  la rue  lia  m bute  a u |°  20)  2.  Aux abords  de  la  rue Saint-Denis,  il réapparaîtpar  pla- ces dans  les  fouil- les : en  1866,  Vac- quer  le  reconnaît de  chaque  côté  de celte  rue,  à l’angle de  la  rue  ’lmrÏÏTgo et  à l'angle  de  l'im- passe des  Pein- tres 3 ; en  1867,  il en  relève  la  trace sous  la  chaussée de  la  rue  Fran- chise A Enfin,  entre  cette  rue  et  la  rue  Turbigo,  deux  tours onnqe  signalées  dont  l'une  (tour  n°  20)  fut  encore  visible  vers m ans  les  fondations  d'un  bâtiment  alors  en  construction  s et  dont  l’autre  (tour  n"  21)  subsiste  encore  dans  les  substruc- mns  de  1 ancien  hôtel  construit  au  xve  siècle  par  les  ducs  de ourgogne.  On  y pénètre  par  le  rez-de-chaussée  de  la  grande tour  rectangulaire  du  xv'  siècle,  dite  « Topr  de  Jean  Sans-Peur  », Fig.  4. Restes  de  l'enceinte  de  Philippe  Auguste (1900) Dessin  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris. t.  Voir  fig.  l. vie r 1*850'  u' \t  * ’ F ° ’ P-'  ?voir  vu  distinctement  ce  mur  eu  jan- sur  une  longueur de or,t  reconnu  ce adminislr.  de  la  France! t.  V,  !899,Dp.1l39nS  DlctW™aire  géogr.  et p 1 an * e t * "il  id  1 Ufn I * ' *7  î ' Pe  la  Vlll()  Je  Pais,  papiers  Vacquer,  vol.  22,  fol.  58 touille.  ’ note  de  ücrty  cJu  7 décembre  1866,  relative  à cette 5’  r<w" IV01'  ?8,  fo1'  * F rapport  du  23  mars  1867. «WÆ'ê  ’îga5SSS,3«;<Krti% 3 34  PARIS  SORS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS En  Ire  la  rue  Montorgueil  el  la  rue  Montmartre,  derrière  le Fig.  5. Restes  de  l’enceinte  de  Philippe  Auguste (1899) Dessin  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris. n°  37  de  la  rue  Étienne  Marcel,  la  partie  inférieure  d'une  tour (tour  n°  24),  dégagée  en  1884,  a disparu  il  y a une  quinzaine d'années  *.  Plus  loin,  on  a pu  reconnaître  le  mur  derrière  le  n°  7 de  la  rue  Coquiliière  2,  et,  de  quelques  fenêtres  de  derrière  d’une maison  sise  rue  du  Jour,  n°  9,  on  peut  voir  se  dresser  à la  hau- teur du  deuxième  étage  une  partie  d’une  tour  (tour  26),  dont  au de  M.  Gustave  lluillard,  en  date  de  1817,  exposé  dans  le  préau  de  l’école  pri- maire contiguë  à la  Tour  de  Jean  Sans-Peur). 1.  Fouille  du  IG  mai  1884.  Croquis  et  plans  de  la  fouille  par  M.  E.  Iloche- reau,  à la  Bibliothèque  hist.  de  la  ville  de  Paris,  dossier  E 39532.  La  tour  était située  dans  une  maison  de  l’impasse  de  la  Bouteille,  disparu  depuis  lors. Voir  la  üg.  7 . 2.  Suivant  MM.  E.  Beaurcpaire  et  E.  de  Ménorval,  dans  Joanne,  Diction- naire f/éor/r.  et  administr.  de  la  France,  1.  V,  p.  3391.  Vacquer  put  observer cette  partie  du  mur,  « montant  jusqu’au  niveau  du  dessous  des  linteaux  du troisième  étage  du  n°  7 » de  la  rue  Coquiliière  (Bibl.  hist.  de  la  ville  de  Paris, papiers  Vacquer,  vol.  22,  loi.  12). L’ENCEINTE  UE  PHILIPPE  AUGUSTE  3$ milieu  du  xvme  siècle  1 un  fragment  plus  important  subsistait. A côté  de  la  Bourse  du  Commerce,  une  autre  tour  (tour  28i  fut Fig.  0. Plan  de  la  tour  21 Adaptation  d'un  relevé  de  M.  Huillard. dégagée  en  1753,  dans  des  I o u i lies  exécutées  à l’occasion  d’un procès  relatif  aux  fossés  de  la  ville  ».  Enfin,  à la  partie  postérieure dune  maison  située  rue  Jean-Jacques  Rousseau,  n°  20,  reste accolé  un  quart  environ  d’une  troisième  tour  (tour  29),  dont  la face  interne  est  très  nettement  visible  de  la  rue  du  Louvre. Quelques  vestiges  du  mur  ont  été  reconnus  encore  entre  les 1.  Bonnardot  op.  cil.,  p.  98.  Bonnardof,  qui  avait  vu  ccttc  tour  en  1839, lova  t en  18o2  qu  il  n en  subsistait  plus  rien. 2.  Ibid.,  p.  100. PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS 36 nos  148  et  150  de  la  me  Saint-Honoré  1 . Au  sud  de  cette  rue,  à quelques  pas  du  Louvre,  un  pan  de  muraille,  long  de  près  de quatorze  mètres,  et  une  tour  (tour  n°  32),  qui  subsistaient  au _ COUPE.  AB— Fig.  7. Plan  de  la  tour  24 (Fouilles  de  1884). milieu  du  xvnie  siècle  2 3,  disparurent  dans  le  percement  de  la place  de  l'Oratoire  (aujourd'hui  jardin  de  l'Oratoire),  pendant  que les  fondations  d’une  autre  tour  (tour  n°  33)  restaient  intactes  sous le  sol  de  la  cour  même  du  Louvre  : elles  ont  été  retrouvées  en 1866  A C’est  le  dernier  jalon  connu  de  l’enceinte  de  la  rive  droite. Les  plans  dont  Bonnardot  a fait  une  étude  approfondie,  dans ses  Dissertai  ions  archéologiques  sur  les  anciennes  enceintes  de  Paris , ne  fournissent  guère  de  jalons  complémentaires.  On  ne  saurait, en  effet,  se  fier,  comme  l’a  fait  souvent  Bonnardot  lui-même,  aux plans  gravés  du  xvi°  siècle,  sur  lesquels  l’enceinte  a été  figurée d’une  manière  très  approximative  et  flanquée  d’un  nombre  de tours  tout  à fait  arbitraire  : ces  documents  sont  trop  fréquem- ment contredits  par  les  fouilles  pour  qu’on  puisse  s’en  inspirer, el,  comme  ils  se  copient  les  uns  les  autres,  leur  accord  sur  cer- tains points  n’est  convaincant  qu’en  apparence. 1.  Suivant  MM.  E.  Beaurepaire  et  E.  de  Ménorval,  dans  Joanne  Diction- naire f/éogr.  et  administ.  de  la  France,  t.  V,  p.  83111. 2.  Voir  Bonnardot,  op.  cit. , p.  101. 3.  Voir  II.  Legrand,  dans  la  Topographie  historique  du  vieux  Paris;  région du  Louvre  et  des  Tuileries,  t.  Il,  p.  132  et  pl.  des  p.  130  et  132.  Nous  donnons ici  même  (üg.  8)  une  reproduction  de  ces  planches. Restes  de  la  tour  33 (Fouilles  de  1S6G). 3$ PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS Les  données  les  moins  incertaines  sont  celles  qui  sont  fournies par  un  plan  dressé  entre  1767  et  1771,  sur  l'ordre  d’Armand- Jérùme  Bignon,  prévôt  des  marchands,  des  maisons  « chargées de  renies  et  redevances  envers  les  fiefs  des  Parloir-aux-bourgeois et  Franc-Rosier  »,  avec  le  relevé  des  fragments  d’enceintes  sub- sistant L Ce  plan  indique  comme  étant  encore  debout  en  1771 le  mur  compris  entre  la  rue  Charlemagne  et  la  rue  Saint-Antoine, avec  une  tour  (tour  n°  3)  à peu  près  à égale  distance  de  ces  deux rues,  ainsi  que  des  vestiges  du  mur  dans  tout  l’espace  compris entre  la  rue  Montorgueil  et  la  rue  Montmartre  (aux  abords  de  la tour  24). Il  y a peut-être  lieu,  également,  de  suppléer  une  tour  (tour n°  o)  à soixante  mètres  au  nord-ouest  de  la  tour  4 et  deux  tours (tours  nos  12  et  13)  entre  la  rue  du  Temple  et  la  rue  Beaubourg. Mais  ces  dernières  indications,  fournies  par  deux  plans  manus- crits du  xvi°  siècle 1  2,  sont  loin  d’être  sûres. D’autres  tours  sont  citées,  mais  d'une  manière  imprécise,  dans des  textes  du  xvn°  ou  du  xviii0  siècle  3,  et  le  plus  souvent  rien  ne permet  d'affirmer  qu’elles  soient  distinctes  de  celles  dont  les fouilles  ont  révélé  l’existence. Pour  compléter  le  tracé  de  l’enceinte,  sur  la  rive  droite,  il  faut donc,  provisoirement  au  moins,  avoir  recours  à la  conjecture.  Au surplus,  pour  le  tracé  proprement  dit,  les  jalons  découverts  dans le  sol  sont  presque  partout  suffisants.  Il  est  facile,  en  effet,  de  se convaincre,  au  simple  examen  des  fragments  retrouvés,  que  l’en- ceinte ne  décrivait,  en  principe,  aucune  courbe  : pour  compléter les  données  des  fouilles,  il  n’y  a donc  qu'à  joindre  par  des  lignes droites  les  points  de  repère  que  nous  avons  indiqués.  On  obtient ainsi  un  tracé  qui  ne  peut  s’écarter  de  la  réalité  que  dans  une très  faible  mesure  et  qui  d’ailleurs  concorde  à peu  de  chose près  avec  celui  de  Bonnardot. 1.  Archives  nationales,  N I 5 (Seine).  Un  plan  complémentaire,  relatif  aux maisons  situées  sur  la  rive  gaurhe  de  la  Seine  se  trouve  ibid.,  N 44  (Seine). Une  reproduction  réduite  de  ces  plans  a été  publiée  par  M.  Alfred  Lamou- rouxà  la  suite  de  son  Rapport  au  Conseil  municipal  de  Paris  sur  le  domaine de  la  ville  (annexe  au  procès-verbal  de  la  séance  du  5 décembre  1884). 2.  Plan  de  l’an  154i>,  reproduit  par  Bonnardot,  op.  cit.,  pl.  Vil,  fig.  1;  plan de  l’an  13ü0,  reproduit  par  Bonnardot,  Éludes  archéologiques  sur  les  anciens plans  de  l'avis,  planche  de  la  p.  28. Ou  en  trouvera  un  certain  nombre  dans  Bonnardot,  Dissertations  archéo- logiques sur  les  anciennes  enceintes  de  Davis : L ENCEINTE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE 39 Le  seul  point  délicat  est  l'emplacement  des  tours.  Encore  faut- il  remarquer  qu’il  devait  y en  avoir  une  à chaque  angle  : il  y avait là  une  nécessité  de  défense  qui  ne  pouvait  être  éludée  L 11  faut remarquer,  en  outre,  que  là  où  les  fouilles  ont  permis  de  retrou- ver une  longue  suite  de  murailles,  les  tours  y sont  apparues espacées  de  soixante  mètres,  ou  environ  : c’est  l’espacement observé  entre  les  tours  2 et  2 bis,  9,  9 bis  et  10,  32  et  33.  Seules, des  raisons  pratiques,  comme  le  percement  d’une  porte  ou  le changement  de  direction  de  l’enceinte,  ont  dé  motiver  des  excep- tions à cette  règle. Enfin,  si  les  fouilles  n’ont  permis  de  retrouver  de  ce  côté  de Paris  aucune  porte  de  l’enceinte,  on  peut  supposer  qu’il  a dû  y en  avoir  primitivement  cinq  ou  six  eu  tout.  Pour  quatre  de  ces portes,  le  doute  n’est  pas  possible  : il  y en  avait  certaine- ment une  sur  chacune  des  quatre  grandes  routes  Saint-Antoine, Saint-Martin,  Saint-Denis,  Saint-Honoré.  Seule  de  ces  quatre portes,  la  porte  Saint-Honoré  est  attestée  à l’époque  de  Phi- lippe Auguste 1  2;  mais  la  porte  Saint-Denis  l’est  à une  date  très peu  postérieure  3.  Une  cinquième,  la  porte  Barbette,  livrait passage  à la  route  du  Temple  (rue  Vieille-du-Temple)  4;  une sixième  enfin  devait  livrer  passage,  au  sud  du  Louvre,  à la route  de  Chaillot. On  peut,  pour  la  rive  gauche,  arriver  à des  résultats  plus complets  et  plus  précis.  La  muraille  de  Philippe  Auguste  ayant, de  ce  côté,  continué  à jouer  un  rôle  jusque  dans  le  cours  du xvne  siècle,  on  doit  s’attendre  à en  retrouver  de  nombreux  frag- ments. Et,  en  effet,  il  en  a été  déjà  signalé  beaucoup. Bien  qu’entre  la  Seine  et  le  boulevard  Saint-Germain,  on  con- naît quatre  tours  et  de  longs  morceaux  de  la  muraille.  Un  pan  en a été  retrouvé  en  1838,  sous  les  bâtiments  de  l’Institut,  en  partie masqué  par  des  contreforts  qui  avaient  été  plaqués  après  coup contre  l’ancienne  maçonnerie,  pour  étayer  les  bâtiments  de  l’hôtel de  Nesle  L 1.  Quelquefois,  bien  entendu,  ce  n'est  pas  une  tour,  mais  une  porte  flan- quée de  deux  tours,  qui  se  trouvait  à un  angle  de  la  muraille. 2.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  11  au  mot  Saint-Honoré  (porte). ;i  Dès  1226  (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de.  l' Hôtel-Dieu,  n°  217). i.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  au  mot  Barbette  (porte), a.  Voir  la  pl.  1 de  l’Album. 40 PARIS  SOLS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS Fig.  0. Plan  de  la  tour  E (1886). Des  fragments  bien pins  importants  ont été  reconnus  dans l’espace  compris  en- tre l'impasse  de  Ne- vers  et  le  passage Dauphine  : la  mu- raille y subsiste,  en partie  au-dessus  *,  en partie  au-dessous  du sol,  sur  une  longueur de  plus  de  quarante mètres,  et  toute  la partie  inférieure d’une  tour  (tour  D), dans  un  bon  état  de conservation,  se  voit encore  au  rez-de- chaussée  et  à la  cave de  la  maison  qui  fait l’angle  de  la  rue  de Nesle  et  de  l’impasse de  Ne  vers 1  2. À soixante  mètres au  sud  de  cette  tour, on  en  peut  voir  une seconde  (tour  E)  dans la  cave  du  n°  3i  de  la rue  Dauphine  3.  La muraille  avoisinante subsiste  partielle- ment, et  on  en  a retrouvé  un  long 1.  Elle  est  très  facilement  reconnaissable  et  fort  bien  conservée  entre  la tour  D et  1 impasse  de  Nevers,  dans  une  sorte  de  petit  corridor  attenant  à la maison  qui  fait  l’angle  de  la  rue  de  Nesle. 2.  Nous  en  connaissons  un  relevé  d’A.  Lenoir,  daté  de  1838  et  reproduit  dans notre  Album  (pl.  2),  et  un  autre,  exécuté  en  décembre  1885  par  M.  E.  Iloche- reau  (Bibliothèque  hist.  de  la  ville  de  Paris,  dossier  E 39532)  d'où  a été  tirée  la planche  publiée  dans  la  Topographie  historique  du  vieux  Paris:  région  occi- dentale de  l’Université,  p.  3b  et  reproduite  dans  notre  Album  (pl.  3). 3.  Nous  en  connaissons  également  un  relevé  d’A.  Lenoir,  daté  de  1838  et reproduit  dans  notre  Album  (pl.  4),  et  un  relevé  de  ,\l.  E.  Ilochereau  (toc.  cit.) d'où  a été  tirée  la  planche  publiée  dans  la  Topographie  historique  du  vieux Paris;  région  occidentale  de  l'Université,  p.  28-29,  De  cette  dernière  planche ont  été  tirés  les  éléments  de  notre  fig.  9, L ENCEINTE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE morceau  dans  des  démolitions  effectuées  pendant  l’année 1903  ». De  chaque  côté  de  la  cour  de  Rohan  et  jusqu’au  boulevard Saint-Germain,  elle  a été,  avec  deux  tours  qui  la  flanquaient (tours  G et  H),  mise  à nu,  à diverses  reprises,  à peu  près  d’un Itou t à l’autre.  La  tour  la  plus  méridionale  (H)  a été  démolie  en 1873  : il  n'en  restait  alors  qu’un  tronçon  délabré,  de  3 mètres  de hauteur,  à 1 m.  30  ou  1 m.  30  en  contre-bas  du  boulevard  et  à 2 m.  30  en  arrière  de  l’alignement.  2.  L’autre  tour  (G)  existe encore  3.  Elle  est  englobée  dans  un  atelier  de  serrurier  établi  à l’angle  de  la  cour  de  Rohan  et  de  la  cour  du  Commerce.  La  mu- raille elle-même  a été  reconnue  dans  les  propriétés  voisines,  et un  morceau  en  était  visible  il  y a quelques  années  dans  une  mai- son contiguë  à la  tour  b Entre  le  boulevard  Saint-Germain  et  le  boulevard  Saint-Michel, les  fouilles  n’ont  mis  au  jour  qu’un  pan  de  muraille,  de  quarante- cinq  mètres  de  long  environ,  sous  les  bâtiments  de  l’École  prati- que de  médecine  5. Entre  le  boulevard  Saint-Michel  et  la  rue  Saint-Jacques,  l’en- ceinte a été  repérée  d’une  extrémité  à l’autre,  et,  jusqu’à  une époque  récente,  on  put  la  voir,  sur  la  moitié  de  son  parcours,  — entre  le  boulevard  Saint-Michel  et  la  rue  Victor  Cousin  actuelle, — flanquée  de  deux  tours  (O  et  Pï,  se  dresser  au-dessus  du  sol  jus- qu'à huit  mètres  de  hauteur  6.  Le  tout  disparut  au  cours  des t.  Rapport  de  M.  Stdlierdans  les  Procès-verbaux  de  la  Commission  munici- pale du  vieux  Caris,  1903,  p.  81-82.  Tout  récemment  encore  une  partie  de  la muraille,  entre  la  rue  Dauphine  et  le  passage  Dauphine,  a été  mise  à nu  dans les  fondations  d'une  maison  du  passage  Dauphine.  Voir  un  rapport  de  M.  Ch. Sellier,  dans  les  Procès-verbaux  de  la  Commission  du  vieux  l’avis,  7 fé- vrier 1908. 2.  Note  de  Yacquer  du  2"  novembre  1873,  Bibliothèque  de  la  ville  de  Paris, papiers  Yacquer,  vol.  22,  fol.  66.  Cf.  une  note  du  même  dans  le  Bulletin  de la  Société  historique  de  Paris  et  de  l'ile  de  France , 1875,  p.  165.  Nous  donnons, en  outre,  dans  l’Album  qui  accompagne  ce  volume  (pl.  31,  un  relevé  de  la tour  exécuté  en  1838. 3.  Voir  la  fig.  10  et  la  pl.  5 de  l’Album.  Cf.  Topogr.  histor.  du  vieux  Paris; rég . uccicf.  de  l'Université,  p.  28-29. 4.  Voir  le  dessin  de  M.  E.  Ilochereau  dans  le  volume  indiqué  de  la  Topogr. histor.,  planche  des  p.  28-29.  La  partie  supérieure  du  mur  (désigné  sur  la  plan- che par  la  lettre  K)  est  postérieure  au  xm«  siècle,  ainsi  que  le  prouve  le  profil des  corbeaux  qui  y sont  adaptés. 5.  Relevé  de  Yacquer,  Bibliothèque  hist.  de  la  ville  de  Paris,  papiers  Vae- quer,  vol.  22,  fol.  8 v°. 0.  Voir  l’Album,  pl.  6 et  7,  relevés  de  1838.  Bonnardot  a donné  un  dessin  de cette  partie  du  mur  dans  son  Appendice  aux  études  archéologiques  sur  les anciens  plans  de  Paris  et.  aux  dissertations  sur  les  enceintes  de  Paris,  pl . Il, p.  30.  Son  dessin  est  de  l'année  1841.  Yacquer  a relevé  la  tour  O (papiers  Vac- qucr,  vol.  22,  fol.  63  et  carton  de  plans,  dessin  exécuté  pour  la  Topogr.  histor. du  vieux  Paris)  : son  plan  ne  concorde  pas  avec  le  relevé  de  Lenoir  que nous  reproduisons,  pl.  6. 42 PARTS  SOIS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS grands  travaux  de  voirie  exécutés  au  milieu  du  xixe  siècle  l.  Quant à la  partie  du  mur  qui  était  située  entre  la  rue  Victor  Cousin  et la  rue  Saint-Jacques,  on  en  a retrouvé  les  fondations  sous  le  sol de  la  rue  Soutïlot  2. Au  delà  de  la  rue  Saint-Jacques,  le  mur  a été  retrouvé  sous  la PLAN  DU  REZ-DE-CHAUSSEE Boutique ■rm Passage  du  Commerce  S'  André Cour  de  Rouen PLAN  AU  NIVEAU  DES  CAVES Echelle  de  o.oo3 ■ 2 _3  4 5 io  Mètres £ Jfochercau.  rest  c£  cUl Fig.  10. Plan  de  la  tour  G (1886). mairie  du  vc  arrondissement  3;  mais  de  cet  endroit  à la  rue Descartes,  aucun  fragment  n’a  élé  mis  au  jour  : c’est  la  lacune  la plus  grave  que  nous  ayons  à signaler  sur  la  rive  gauche. 1.  Voir  Bonnardot,  ibicl.,  p.  31. 2.  Archives  du  service  des  travaux  historiques  de  la  ville  de  Paris, Rapports  Vacquer,  rapport  du  -Ie1’  septembre  1875  (découverte  de  la  hase  du rempart  dans  des  fouilles  pour  la  construction  d’une  maison  à l’angle  des rues  Soutïlot  et  Victor  Cousin)  ; ibid.,  rapport  du  3 mars  1877  (découverte  de vestiges  du  rempart  dans  des  fouilles  pour  la  construction  de  dix  maisons  de la  l'ue  Soulllot,  nos  12  à 18  et  11  à 21). 3.  Voir  pl.  8 de  l’Album,  relevés  de  1838. Fig.  11. Enceinte  de  Philippe  Auguste  : rue  Clovis (état  actuel) Photographie  de  M.  K.  Pottier. l'enceinte  DE  PHILIPPE  AUGUSTE « Par  contre,  à partir  de  la  rue  Descartes,  le  mur  peut  être  suivi presque  d’une  manière  continue  jusqu’à  la  Seine.  Entre  la  rue Descartes  et  la  rue  Clovis,  il  émerge  encore  du  sol  jusqu’à  une hauteur  de  plus  de  10  mètres  1 ; on  peut  l’observer  sur  ses  deux faces  entre  les  propriétés  de  la  rue  Descartes  et  celles  des  rues  du Thouin  et  du  Cardinal  Lemoine.  De  la  rue  Clovis,  on  en  voit  une tranche  imposante  dominant  de  haut  le  sol  de  la  chaussée  2.  On l’aperçoit  aussi,  un  peu  plus  au  nord,  entre  le  jardin  de  1 Ecole Polytechnique  et  la  rue  du  Cardinal  Lemoine,  puis,  au  fondjL’une cour,  dans  la  rue  d’Arras,  n°  9.  Les  fouilles,  en  outre,  le  ren- contrent de  ce  côté  à chaque  instant  : en  1869,  Vacquer  le  voit  à l’angle  de  la  rue  Monge  et  de  la  rue  d'Arras  sur  une  longueur  de Th  VACQUER  de!  , , , , ^ | Fig.  12. Flan  de  la  tour  IIII (1877). 24  mètres  et  il  y relève  l'entrée  d’une  tour  disparue  (tour  CC)  s; en  1877,  il  en  retrouve  un  autre  fragment  avec  une  tour  (HH) 1 . Voir  l’Album,  pi.  9. 2.  Voir  la  photographie  reproduite  à la  flg.  11. :i.  Bibiioth.  de  la  ville  de  Paris,  papiers  Vacquer,  vol.  28,  rapport  de  Vacquer du  7 avril  1809  ; relevés  du  même,  ibhl,  vol.  22,  fol.  8;  dessins  du  mur  en  CC par  le  même,  ibiil.,  carton  de  plans. 44 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS presque  à l’angle_de_la  rue  du  Cardinal  Lemoine  et  de  la  rue  des Chantiers  1 ; en  1883,  il  en  voit  un  nouveau  fragment  avec  une autre  tour  (EE),  au  nord  de  la  rue  des  Écoles,  au  28  bis  de  la  rue duv  Cardinal  Lemoine  2 ; en  1901,  M.  Ch.  Sellier  le  rencontre  un peu  plus  au  nord  encore,  sous  la  chaussée  de  la  rue  des  Chan- Fig.  13. Plan  de  la  tour  EE (1SS3). tiers  3 4.  Enfin  dès  1874,  Vacquer  en  avait  dégagé  l’extrémité  sep- tentrionale sur  le  quai  Saint-Bernard  ’. 1.  Ibid.,  carton  de  plans,  relevé  reproduit  ici  fig.  12  et  cf.,  pour  l’époque de  la  découverte,  .1.  Périn,  Le  mur  d'enceinte  de  Paris  dit  de  Philippe Au;/ usle  de  la  porte  Saint-Victor  à la  porte  Saint-Michel  dans  le  Bulletin  de la  Montagne  Sainte-Geneviève , t.  1,  1896,  p.  S2-97. 2.  Relevé  de  Vacquer  (carton  de  plans),  reproduit  ici  fig.  13  et  cf.  ses papiers,  vol.  22,  fol.  4 v".  Pour  la  date  de  la  découverte  voir  Ch.  Sellier,  dans les  Procès-verbaux  de  la  Commission  du  Vieux  Paris,  1905,  p.  72-73. 3.  Commission  du  Vieux  Paris,  1901,  p.  120. 4.  Rapport  de  Vacquer  du  21  juin  1874  aux  archives  du  service  des  travaux historiques  de  la  ville  de  Paris,  et  voir  la  photographie  (conservée  à la  Bibl. de  la  ville  de  Paris)  reproduite  ici,  fig.  14.  La  petite  tourelle  qui  est  placée  à l'extrémité  de  la  muraille  n’était  pas  une  tour  d’enceinte;  car  elle  ne  mesurait que  0 m.  GO  de  diamètre  intérieur  (voir  le  rapport  de  Vacquer). Restes  de  l'enceinte  de  Philippe  Auguste  : quai  Saint-Bernard (Fouilles  de  1874) Photographie  du  Service  historique  de  la  Ville. L ENCEINTE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE 4.) Les  plans  et  quelques  textes  permettent  ici  de  compléter  utile- ment les  résultats  fournis  par  l’inspection  des  lieux  et  par  les fouilles. Une  charte  de  l'an  1:211  nous  apprend  que  l'enceinte  se  termi- nait à l'ouest  sur  la  Seine  par  une  tour  appelée  « tour  Philippe Hamelin  » l,  du  nom  d'un  prévôt  de  Paris  2.  C’est  cette  tour  qui reçut  plus  tard  le  nom  de  tour  de  Nesle  et  qui,  entièrement remaniée,  ligure  sur  un  grand  nombre  d’estampes  et  de  plans  3. Parmi  ces  plans,  il  faut  citer  avant  tout  celui  qui  fut  dressé en  1(305  par  Louis  Le  Vau,  l'architecte  du  Collège  des  Quatre nations  (aujourd’hui  I Institut  : ce  plan  4 * donne  le  tracé  de l'enceinte  de  la  Seine  à la  rue  Dauphine  avec  toutes  les  adjonc- tions et  toutes  les  suppressions  qu’elle  avait  subies  depuis  le \ine  siècle.  On  y remarque  notamment  une  tour(C)  à une  soixan- taine de  mètres  au  nord  de  la  tour  D,  qui,  nous  l'avons  vu, existe  encore  aujourd'hui,  et  le  « plan  des  maisons  chargées  de renies  et  redevances  envers  les  tiefs  des  Parloir-aux-bourgeois et  Franc-Rosier  »,  dressé  en  1767-1771  et  que  nous  avons  déjà  eu l'occasion  de  citer  :i,  indique  comme  subsistant  à la  tin  du xvnr  siècle  toute  la  suite  des  murs  compris  entre  les  rues  Guéné- gaud  et  Dauphine  et  entre  la  tour  G et  la  rue  de  l’École  de  Médecine ancienne  rue  des  Cordeliers). Luire  le  boulevard  Saint-Germain  el  le  boulevard  Saint-Michel, un  texte  de  l’an  1646  permet  d’affirmer  l'existence  de  six  tours  6, dont  deux  (les  tours  L et  N)  sont  Lrès  exactement  indiquées  sur plusieurs  plans  du  \viue  siècle  et  en  particulier  sur  celui  de  Verni- quet. Grâce  aux  plans  du  xvne  et  du  xvine  siècle  7,  on  peut,  entre le  boulevard  Saint-Michel  et  la  rue  Saint-Jacques,  ajouter  une tour  Q)  aux  deux  tours  O et  P que  nous  avons  indiquées  précé- 1.  Acte  d'arbitrage  de  janvier  1210  1211,  n.  st.),  délimitant  les  paroisses Saint-Séverin  el  Saint-Germain-des-Prés,  et  rendu  par  Geotfroi,  évêque  de Meaux,  Michel,  doyen  de  Saint-Marcel  et  frère  Guérin.  Cet  acte  est  publié notamment  dans  Félibien,  Hist.  fie  Paris,  t.  III.  p.  91. 2.  Voir  la  liste  des  prévôts  de  Paris  dressée  par  M.  Léopold  Delisle  dans  la préface  du  t.  XXIV  du  llecueil  des  historiens  des'Gaulés  et  de  la  France,  p.  18. 3.  Voir  les  plans  et  estampes  reproduits  dans  la  Topogr.  liistor.  du  vieux Paris:  région  occid.  de  l Université,  p.  6-7,  14-15,  50-51,  56-57,  58-59. 4.  Nous  le  reproduisons  ici,  Dg.  15. o.  Voir  ci-dessus,  p.  38. 6.  Lettres  patentes  de  Louis  XIV  publiées  dans  Félibien,  Ilist.  de  Paris,  t.  V, p.  126. 7.  Ces  plans  sont,  pour  la  plupart,  reproduits  dans  l 'Allas  des  anciens plans  de  Paris  publié  dans  la  collection  de  1 Histoire  générale  de  Paris. 46 PARIS  SOL’S  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS les  bâtiments  actuels  de  l’Institut Relevé  de  Le  Vau  (IG6j). demment  : le  plan  de  Verniquet, étant  donné  son  exactitude  générale, est  sans  doute  celui  qui  la  situe  le plus  exactement. Au-delà  de  la  rue  Clotaire,  les  plans du  xvnc  siècle,  celui  de  Gomboust entre  autres,  fournissent  la  direction générale  de  l’enceinte,  et  on  peuL la  préciser  si  l’on  considère  comme un  reste  de  cette  enceinte  le  mur qui,  à la  fin  du  xvme  siècle,  soutenait vers  le  sud  la  terrasse  de  l’abbaye  de Sainte-Geneviève,  telle  qu’elle  est figurée  sur  le  plan  de  Verniquet.  Le « plan  des  maisons  chargées  de  renies et  redevances  envers  les  fiefs  des  Par- loir-aux-bourgeois  et  Franc-Rosier  » 1 indique,  en  outre,  comme  subsistant encore  en  1771  la  tour  T et  le  mur avoisinant. Entre  la  rue  Descartes  et  la  rue Clovis  un  plan  levé  en  1685  et  qu’a reproduit  Bonnardot  2 permet  de restituer  avec  cerlilude  une  tour  (Z) au  point  où  le  mur  encore  con- servé s'infléchit  légèrement  vers l’ouest;  et  plus  loin,  enfin,  le  plan  de 1767-1771,  déjà  plusieurs  fois  cité, donne  la  suite  complète  des  murs entre  les  rues  Descartes  et  Clopin,  la plus  grande  partie  des  murs  entre  les rues  Clopin  et  Saint-Victor  et  des fragments  importants  entre  cette  der- nière rue  et  le  quai  Saint-Bernard. Sauf  pour  la  portion  comprise  en- tre la  rue  d’Ulm  et  la  rue  Descartes, le  tracé  de  l’enceinte  sur  la  rive  gau- che est  donc  connu  d'une  manière 1.  Cité  ci-dcssus,  p.  88. -.  Dissertations  arckéol.  sur  les  anciennes  enceintes  de  Paris , pl.  XI. L ENCEINTE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE il relativement  très  complète,  et,  pour  ce  qui  est  des  tours,  on  peut restituer  par  analogie  celles  qui  manquent,  en  observant,  comme pour  l’enceinte  de  la  rive  droite,  que  chaque  angle  en  devait  être pourvu  et  que,  par  ailleurs,  elles  étaient,  en  principe,  espacées  de 60  mètres  ou  environ  1 : c'est  notamment  la  distance  qui  sépare les  tours  D et  E,  G et  H. Quant  aux.  portes,  nous  savons  d’une  manière  précise  2 qu’il y en  avait  six,  et  ces  six  portes  nous  sont  connues  : ce  sont  les deux  portes  Saint-Germain  3 — , dont  l’une  fut  plus  tard  appelée porte  de  Bussy,  — • la  porte  Gibard  4,  la  porte  Saint-Jacques  ou d'Orléans  5,  la  porte  Saint-Marcel  6 et  la  porte  Saint-Victor  7, les  deux  premières  menant  vers  Saint-Germain-des-Prés,  le bourg  Saint-Germain  et  Grenelle,  la  troisième  vers  Issv,  la  qua- trième ouvrant  sur  la  route  d’Orléans,  la  cinquième  sur  celle  de Saint-Marcel  et  la  sixième  sur  celle  de  Saint-Victor. 1.  Toutefois,  entre  la  tour  AA  et  le  quai  de  la  Tournelle,  il  semble  qu'elles aient  été  espacées  d’environ  15  mètres.  Voir  le  plan  dans  notre  Album. 2.  Par  un  devis  des  travaux  de  fortification  exécutés  sur  le  rive  gauche, inséré  dans  le  registre  A de  Philippe  Auguste,  fol.  93  v°.  On  y lit  que,  dans le  mur  d’enceinte,  de  ce  côté  de  la  Seine,  devront  être  pratiquées  « sex  porte et  unaqueque  porta  debet  constare  Vlxx  libras  » (voir  le  fac-similé  donné  par M.  L.  Delisle,  Le  premier  registre  de  Philippe  Auguste , Paris,  1883;. 3.  Dès  1209-1210,  Philippe  Auguste  avait  donné  aux  moines  de  Saint-Ger- main-des-Prés la  porte  des  murs  de  Paris  sise  sur  la  route  menant  à leur abbaye  (voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  11  au  mot  Saint-Germain-des- Prés  . 11  s’agit  évidemment  de  la  porte  appelée  plus  tard  Bussy.  Mais  l’autre porte  Saint-Germain  existait  avant  1240,  ainsi  que  l’a  établi  Tisserand  dans  la Topogr.  histor.  du  vieux  Paris  ; région  occid.  de  l'Université,  p.  93-97. 4.  Elle  est  attestée  dès  1230  dans  un  acte  du  Char  lut.  Universilatis  Parisien- sis,  éd.  Denitle  et  Châtelain,  t.  I,  p.  134,  n°  76  («  infra  muros  regis,  prope  por- tant de  Gibardo  »).  Cette  porte  s’appela  plus  tard  porte  Saint-Michel.  On  a retrouvé  sous  la  chaussée  du  boulevard  Saint-Michel  des  restes  de  travaux  de fortification  exécutés  longtemps  après  le  xine  siècle  en  avant  de  cette  porte. 5.  Elle  est  attestée  dès  1220  sous  le  nom  de  « porta  que  ducit  ad  Sanctam Mariant  deCampis  » (Chartul.  Universilatis  Parisiensis,  éd.  Denitle  et  Châtelain, t.  I.  p.  108,  rt°  al)  et  appelée  « porta  Aurelianensis  » en  1233  dans  un  récit relatif  à saint  Dominique  qui  a été  inséré  dans  les  Acta  sanvtorum  (éd. Palmé),  t.  ["’  d’août,  p.  634,  nu  29.  Elle  fut  ensuite  appelée  porte  Saint- Jacques. 6.  Citée  d’abord  en  1246  sous  le  nom  de  « porta  Sancte  Genovefe  » ( Charl . Universit.  Paris.,  t.  1,  p.  197,  n°  167). 7.  Désignée  en  1246  sous  le  nom  de  « porta  Parisiensis  perquam  itur  apud Sanctum  Victorem  » ( ibid .,  t.  I,  p.  193,  n°  166).  Une  plaque  posée  sur  le mur  du  ir  2 de  la  rue  des  Ecoles  indique  qu'on  retrouva  en  1866  les  substruc- tions  de  1 ancienne  porte  Saint-Victor  et  en  donne  même  un  plan.  Un  rap- port de  Vacquer  du  29  octobre  1866  (Bibl.  de  la  ville  de  Paris,  papiers  Vacquer, vol.  28,  n°  36)  indique  effectivement  qu’on  a,  dans  une  fouille  pour  le percement  d un  égoùt,  « rencontré  les  substructions  de  l’ancienne  porte qui  existait  en  cet  endroit  » ; mais  le  plan  dressé  par  le  même  Vacquer  et conservé  au  Musée  Carnavalet,  Estampes,  Carton  87  L) , permet  de  se  rendre compte  que  les  substructions  trouvées  devaient  être  informes  et  donner tout  au  plus  l’emplacement  de  la  porte,  et  non  son  tracé. 48 PARIS  SOL'S  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS Dans  les  parties  où  il  a été  conservé  intact,  le  mur  même  se présente,  dans  son  ensemble,  sous  un  aspect  à peu  près  uni- forme. Il  est  fondé  à une  profondeur  qui  ne  dépasse  guère un  mètre  1 et  se  compose  de  deux  parements  en  pierres  de moyen  appareil,  bien  dressées,  que  relie  un  blocage  de  menus matériaux  noyés  dans  du  mortier  2.  Les  pierres  qui  constituent le  parement  mesurent  en  moyenne  de  0 m.  30  à 0 m.  30  de  long sur  0 m.  20  à 0 m.  33  de  haut.  L’éjiaisseur  totale  du  mur  est d’environ  3 m.  à la  fondation  3 4 5 et  2 m.  30  à 2 m.  60  au  niveau du  sol  Près  de  la  rue  Dauphine,  en  un  endroit  où  il  mesurait exactement  3 m.  30  à la  fondation  et  2 m.  50  au  niveau  du  sol, on  a pu  observer  que  cet  amincissement  de  0 m.  80  était  obtenu par  une  série  de  retraits  de  0 m.  10  sur  les  deux  faces  3. L’amincissement  du  mur  se  poursuit  au-dessus  du  sol,  mais d une  manière  presque  insensible  et  la  face  tournée  vers  l’inté- rieur de  la  ville  restant  verticale  : entre  la  rue  Descartes  et  la rue  Clovis,  où  le  mur  se  dresse  aujourd’hui  jusqu’à  une  hauteur de  10  mètres,  l’épaisseur  est  encore  de  2 m.  30  au  sommet  6. 11  était,  là  comme  ailleurs,  couronné  par  une  ligne  de  cré- neaux 7,  dont  aucun  malheureusement  ne  nous  a été  conservé. Les  tours,  qui  le  flanquaient  à peu  près  tous  les  60  mètres, 1.  Du  moins  d’après  Yacquer  : 1 mètre,  1 m.  20,  1 m.  30,  entre  le  boule- vard Saint-Michel  et  la  rue  Victor  Cousin  (Bibl.  de  la  ville  de  Paris,  papiers Vacquer,  vol.  22,  fol.  12  v°)  ; 1 m.  environ,  à l’angle  des  rues  Monge  et  d’Arras (ibid.,  vol.  ,28,  rapport  du  S avril  1869).  Sur  la  rive  droite,  rue  Française, il  constate,  de  même,  que  les  fondations  sont  « très  peu  profondes  » (ibid., vol.  22,  fol.  14). 2.  On  l’a  constaté  sur  tous  les  points  où  le  mur  a été  retrouvé. 3.  2 m.  80  un  peu  au-dessus  de  la  fondation,  rue  du  Marché  des  Blancs- Manteaux  ( Commission  du  Vieux  Paris,  1900-,  p.  160;  ; 3 m.  30  aux  abords  de la  tourE  (ibid.,  1903,  p.  81);  3 m.  20  sous  la  rue  Clotaire  (voir  pl.  8)  ; 3 in.  60 rue  Clovis  (Commission  du  Vieux  Paris,  1905,  p.  72)  : 2 m.  90,  rue  des Chantiers  (ibid.,  1901,  p.  120). 4.  2 ni.  30  environ  au  petit  lycée  Charlemagne  (Commission  du  Vieux  Paris, 1902,  p.  150)  : 2 m.  55  sous  la  chaussée  de  la  rue  Française  (Bibl.  de  la  ville de  Paris,  papiers  Vacquer,  vol.  28,  fol.  14);  2 m.  00  aux  abords  de  la  tour  D (voir  pl.  2)  ; 2 m.  50  aux  abords  de  la  tour  E (Commission  du  Vieux  Paris, 1903,  p.  81);  2 m.  50  à 2 m.  60  aux  abords  des  tours  G et  H (voir  pl.  5)  et aux  abords  des  tours  O et  P (voir  pl.  6 et  7);  2 m.  30  aux  abords  des  tours  EE et  IIM  (Bibl.  histor.  de  la  ville  de  Paris,  papiers  Vacquer,  vol.  22,  fol.  4 v°,  et ici-même,  fig.  12  et  13). 5.  Rapport  de  M.  Sellier,  Commission  du  Vieux  Paris,  1903,  p.  81,  avec  une coupe  reproduite  ici  même,  üg.  16. 6.  Rapport  du  même,  ibid.,  1905,  p.  72. 7.  On  a conservé  dans  le  Cartulaire  A de  Philippe  Auguste,  fol.  93  y0,  le devis  de  construction  de  l’enceinte  méridionale  de  Paris.  On  y prévoit  les créneaux.  Voir  le  fac-similé  du  registre  publié  par  M.  L.  Delisle,  Le  premier registre  de  Philippe  Auguste,  Paris,  1883. L ENCEINTE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE 49 étaient  engagées  dans  la  maçonnerie  d’environ  les  2/5  de  leur masse  et  ne  faisaient  saillie  qu’à  l’extérieur.  Plus  fortes  sur  la COUPE  EN  AB  DU  PLAN Echelle  de  o ooS3 pour  huître Sol  de  la  Cour  côté  du  N°40 Légende  du  Plan ■MdedattwrA  I &nirj  ^ Musette elre/nilai Bâtunen/s. l ; Partie  du  mur  don/ le parement  si/pC - v ^3  seul  e/m/  otsdtle  dans  les  canes. 5 Partie  du  mur  en/ièrcme/U  mise  à I découvert par  les  Jouilles. Bemllai Le  ne  et  dresse  par  l Inspecteur des/builles  arcÀéoloytyues i Marne  verdâtre  glaiseuse  soussigné | IPcut  être  rapportée  / P<*™  le  a Alors  Ta  O J Mar  rte  Hanche  assez  compacte  Signe . Ch  Sel  li e r Fig.  16. Enceinte  de  Philippe  Auguste (Fouille  de  1903) Dessin  de  la  Commission  municipale  du  Vieux  Paris. rive  gauche  que  sur  la  rive  droite,  elles  y avaient,  en  général, 3 mètres  de  rayon  jusqu’au  nu  du  mur  extérieur,  soit,  en  moyenne, 50 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPETIENS 1 m.  30  de  rayon  intérieur  ët  1 m.  50  d’épaisseur  de  mur  *,  au lieu  que,  sur  la  rive  droite,  le  rayon  jusqu’au  nu  du  mur  extérieur ne  dépassait  guère  2 m.  50  à 2 m.  75 1  2.  On  y accédait,  au  rez- de-chaussée,  de  l’intérieur  de  la  ville,  par  un  étroit  couloir, large  d’à  peine  1 mètre,  ménagé  dans  l’épaisseur  de  la  mu- raille 3.  Le  rez-de-chaussée  était  voûté  et  surmonté  d’un  étage  4 5, qui  était  couvert  lui-même  d'une  toiture  B et  où  l’on  pouvait  vrai- semblablement monter  par  une  ouverture  pratiquée  dans  la voûte.  — Des  tours,  du  même  genre  sans  doule,  flanquaient  les portes  ménagées  par  places  dans  la  muraille  6. Tels  sont  les  seuls  détails  que  nous  croyons  pouvoir  donner  en toute  sûreté  sur  l’enceinte  de  Philippe  Auguste.  Il  faut  cependant ajouter  que,  si  aucun  fossé  n’est  attesté  en  avant  de  la  muraille* au  début  du  xtue  siècle  et  si  l’existence  d’un  fossé  continu  est même  inadmissible,  certains  textes  semblent  prouver  qu’il  y en eut  un  dès  l’origine  ou  peu  après  aux  abords  de  la  Seine,  tout au  moins  sur  la  rive  droite  et  du  côté  de  l’est,  entre  le  fleuve  et la  porte  Saint-Antoine  7 . 1.  Voir  les  plans  des  tours  D,  E,  G,  II,  O,  P,  EE,  que  nous  donnons  ici même,  üg.  9,  10  et  13,  et  dans  l’Album,  pl.  2,  4,  S,  6 et  7. 2.  La  tour  9 avait  un  diamètre  intérieur  de  4 m.  30  et  un  mur  de  0 m.  00 d’épaisseur,  ce  qui  donne  un  diamètre  total  de  5 m.  50  (rapport  de  M.  Sellier, Commission  du  Vieux  Paris,  1899,  p.  266-267).  La  tour  10  a 5 m.  10  de diamètre  jusqu’au  nu  du  mur  extérieur,  suivant  Vacquer  (Bibl.  hist.  de  la ville  de  Paris,  papiers  Vacquer,  vol.  22,  fol.  23  et  suiv.).  La  tour  24  avait  un  dia- mètre intérieur  de  4 m.  40  suivant  M.  E.  Hochereau  (même  Bibl.,  dossier  E 39532,  relevés  de  la  tour  de  l’impasse  de  la  Bouteille).  La  tour  33,  tour  d’angle, présentait  cette  particularité  qu’elle  était  plus  large  dans  un  sens  que  dans l'autre  (voir  la  fig.  8). 3.  Voir  les  fig.  9 et  12. 4.  Voir  la  fig.  9 et  les  pl.  2,  3 et  4 de  l’Album.  La  tour  G est  conservée actuellement  presque  jusqu’à  sa  partie  supérieure  : on  y remarque  une  sorte de  redan  qui  parait  annoncer  la  naissance  des  créneaux;  il  en  ôtait,  semble-t-il, de  même  à la  tour  H (voir  la  pl.  5). 5.  Voir  à la  Nomenclature  de  l’appendice  II  les  actes  relatifs  à la  porte  Saint- IIonoré  et  à la  porte  Saint-Germain. 6.  Nous  ne  le  savons  d’une  manière  expresse  que  pour  la  porte  Saint- Honoré  : en  1218,  le  roi  Philippe  Auguste  donna  à son  sergent  Foulque  de Compiègne  la  porte  Saint-Honoré  avec  les  deux  tours  qui  la  flanquaient (Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  1796). 7.  Dans  un  acte  du  mois  d’août  12S0,  il  est  dit  qu’on  va  de  la  porte Barbeau  (vers  la  tour  1)  à la  chaussée  Saint-Antoine  et  de  là  jusque  « ad fossata  regis  »,  en  revenant  vers  le  sud;  « item  ex  parte  altéra  a calceya  de ponte  Perrini  venendo  versus  fratres  de  Valle  Scolarium  a parte  dextra  a domo Guillelmi  le  Grant,  civis  Parisiensis,  contigua  fossatis  regis  » et  de  là  jus- qu’aux murs  du  roi  contigus  à la  maison  du  Val  des  Ecoliers  (copie  du  xive  s., Arch.  nat.,  LL  75,  fol.  7-9).  Mais  Bonnardot  a réuni  un  grand  nombre  de textes  d’où  il  ressort  que,  sur  la  plus  grande  partie  de  son  parcours,  la muraille  n’était  précédée  d’aucun  fossé  (Dissertations  arehéoL  sur  les  anciennes enceintes,  p.  66  et  suiv.,  et  p.  111-112). CHAPITRE  V PARIS  AU  DÉBUT  DU  XIIIe  SIÈCLE Le  Paris  de  Philippe  Auguste  ne  ressemblait  plus  guère  à celui des  derniers  Carolingiens.  L’ile  de  la  Cité  qui,  au  xe  siècle,  résu- mait encore  à elle  seule  toute  la  ville,  n'en  représentait  plus,  au début  du  xme,  qu'une  faible  partie  : l’élément  le  plus  vivant  de la  population,  l’élément  industriel  et  commercial,  avait  presque tout  entier  émigré  sur  la  rive  droite  du  lleuve. Mais  l'ile  restait  le  séjour  du  roi.  C’est  là  que  s'élevait  son palais  ',  ce  palais  dont  un  clerc  de  l’époque  dit,  en  un  style un  peu  trop  imagé,  qu'il  « dresse  audacieusement  ses  épaules au-dessus  de  toutes  les  tètes  de  la  cité  »  1  2. A l’autre  bout  de  l’ile,  s’achevait  lentement  la  nouvelle  cathé- drale Notre-Dame,  deux  fois  grande  comme  l’ancienne,  symbole de  la  puissance  du  chapitre  et  de  l’évêque.  Car  si  la  pointe  occi- dentale appartenait  au  souverain,  l’extrémité  opposée,  avec  le palais  épiscopal  et  l’énorme  cloilre  canonial,  jusqu'à  l’église Saint-Aignnn,  au  nord,  était  sous  l’autorité  du  clergé  3. Aux  approches  de  Notre-Dame,  se  déroulait  d’ailleurs  tout  un chapelet  d'églises  et  d’oratoires  4 : Sainl-jean-le-Rond,  à gauche 1.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  an  mot  Palais  royal. 2.  Gui  de  Basoches,  Éloge  de  Paris,  dans  li.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général de  Paris,  n"  535  : « In  ejus  insuie  sinu  precclsa  palatii  regalis  altitudo  con- surgit,  que  totius  urbis  capitibus  humero  minatur  audaci.  » 3.  Voir  l’acte  par  lequel  Louis  VI  délimite  les  droits  de  justice  de  l’évêque, dans  R.  de  Lasteyrie,  op.  cil.,  n”  156,  et  le  commentaire  qu'en  a donné  M.  V. Mortet,  dans  son  Etude  historique  et  archéologique  sur  la  cathédrale  et.  le palais  épiscopal  de  Paris  (Paris,  1888,  in-8°),  p.  27-30;  voir,  en  outre,  l'accord conclu  en  1222  entre  Philippe  Auguste  et  l’évêque,  dans  Teulet,  Layettes  du Trésor  des  chartes , p.  554,  n°  1554.  Le  cloître  du  chapitre  cathédral  (voir  la Nomenclature  de  l’appendice  II  au  mot  Cloitre  Notre-Dame),  notamment,  était soustrait  à la  justice  royale. 4.  On  trouvera  dans  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  toutes  les  précisions nécessaires  sur  leur  emplacement  et  leur  fondation. 52 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS de  l’entrée;  Saint-Denis-du-Pas,  an  chevet;  Saint-Pierre-aux- Bœuls,  Sainte-Marine,  Saint-Landri,  Saint-Aignan,  sur  le  pour- tour du  cloître;  Sainte-Geneviève-la-Pelite  et  Saint-Christophe, en  avant  du  parvis;  plus  loin,  Sainte-Madeleine,  établie  dans l’ancienne  synagogue  des  juifs  expulsés;  Saint-Denis  et  Sainl- Symphorien-de-la-Chartre ; puis,  en  traversant  la  rue  du  Petit Pont,  Saint-Germain-le-Yieux,  Sainte-Croix,  Saint-Martial,  Sainl- Pierre-des-Arcis,  l’église  monastique  de  Saint-Éloi  et,  tout contre  le  palais  royal,  celle  des  saints  Barthélemi  et  Magloire. De  toutes  parts  enfin,  autour  de  Notre-Dame,  se  pressaient maîtres  et  écoliers  de  PUniversité  parisienne  naissante.  L’exode du  corps  enseignant  sur  la  rive  gauche  ne  devait  commencer que  tout  à la  fin  du  règne  de  Philippe  Auguste,  et  Pile  était  tou- jours ce  que  Gui  de  Basoches  Pavait  vue  quelques  années  plus tôt,  « la  demeure  de  la  Science  » et  « le  sanctuaire  des  Muses  » f. Deux  ponLs  de  pierre 1  2,  le  Grand  Pont,  au  nord,  le  Petit Pont,  au  sud,  reliaient  Pile  aux  deux  rives.  Il  faut  nous  repré- senter ces  ponts  chargés  de  maisons  3;  sous  presque  toutes  les 1.  Gui  de  Basoches,  Éloge  de  Paris,  dans  R.  de  Lasteyrie,  Car  lui. général  de  Paris,  n°  535  : « In  hac  insula  regale  sibi  solium  ab  antiquo  fil o- sofia  collocavit,  que  sola,  solo  comité  contenta  studio,  perhemnein  lucis  et imrnortalitatis  possidens  arcem,  victorioso  pede  calcat  mundi  jampridem senescentis  aridum  tlorem.  In  hac  insula  perpetuam  sibi  mansionem  septem pepigere  sorores,  actes  videlicet  liberales  et,  intonante  nobilioris  etoquentie thuba,  décréta  leguntur  et  leges,  etc.  » 2.  Voir,  par  exemple,  pour  le  Petit  Pont,  ce  vers  de  Geoffroi,  chanoine  de Saint-Victor  : « Cubicorum  lapidum  subest  quadratura  » (llisl.  de  Fr., t.  XVIII,  p.  79S,  n.  h).  Gui  de  Basoches  dit  également  d’une  manière  formelle que  les  deux  ponts  étaient  « lapidei  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de Paris,  n°  535).  Enfin,  dans  des  Miracles  de  Sainte-Geneviève  de  l’an  1206,  il  est question  du  pont  « lapideus  »,  qui,  « respectu  majoris  pontis  ejusdem  urbis, Parvus  appeliatur  » (llist.  de  Fr.,  t.  XVII 1,  p.  197). 3.  Les  textes  où  sont  mentionnées  les  maisons  des  deux  ponts  ne  sont  pas rares.  En  voici  quelques-uns:  en  1180-1181,  donation  aux  Hospitaliers  parla comtesse  de  Saint-Gilles  d’une  maison  « super  Magnum  pontem  sitam  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  578);  en  juillet  1225,  vente  par Roger  le  Boucher,  orfèvre,  et  sa  femme  Elisabeth  au  prêtre  Guillaume,  frère  de ladite  Elisabeth,  d’un  cens  sur  une  maison  qu’ils  possédaient  « supra  Magnum pontem  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 44,  n°  25).  — Pour  le  Petit  Pont  : entre  1192  et 1202,  Robert,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  notifie  que  Tiboud  le  Riche  a donné  aux  Minimes  de  Vincennes  la  maison  qu’il  avait  « super  Parvum pontem  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 797,  n°  40);  en  décembre  1206,  une  crue  de  la Seine  « très  arcus  Parvi  pontis  fregit  et  quamplures  domos  ibidem  evertit  » (Rigord,  Gesla  Phil.,  g 148,  éd.  Delaborde,  Œuvres  de  liig or d et  de  Guillaume le  Breton,  t.  I,  p.  165);  en  1217,  les  moines  de  Saint-Germain-des-Prés acensentà  Gautier  l’Épicier  une  maison  sise  « super  Parvum  pontem  » (copie du  xni°  s.,  Cartul.  AD  de  Saint-Germain-des-Prés,  Arch.  nat.,  LL  1027, fol.  109  v°j;  en  septembre  1221,  donation  à l'Hôtcl-Dieu  de  Paris  d'une  mai- son « supra  Parvum  pontem  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  V Hôtel- Dieu de  Paris,  n"  142). PARIS  AU  DÉRUT  DU  XI11°  SIÈCLE 53 arches,  des  rouas  de  moulins  ',  maintenues  entre  deux  li Les  de pieux  2;  au-dessus,  tout  un  bâti  de  perches,  sur  lesquelles  les maisons  souvent  débordent  en  encorbellement  3;  enfin,  au milieu  de  tout  cela,  des  instruments  de  pêche  4 : il  faut  faire rendre  tout  ce  qu’on  peut  à l’eau  qui  fait  tourner  le  moulin. Entre  les  files  des  maisons  se  presse,  au  Grand  Pont,  la  foule des  bourgeois  s : car  c'est  là,  dans  les  boutiques  qui  s’ouvrent de  chaque  côté,  que  se  tiennent  les  changeurs  6.  Le  roi,  au 1.  Les  textes  relatifs  aux  moulins  des  deux  ponts  sont  si  nombreux  qu'il est  à peine  besoin  d'en  citer.  On  pourra  voir,  en  particulier,  R.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris , nos  488  et  563;  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de Paris,  t.  Il,  p.  459,  n°  84,  etc.  Quelques  textes  indiquent  d’une  manière  pré- cise que  les  moulins  étaient  situés  sous  les  arches.  Ainsi,  en  1212,  Pierre, évêque  de  Paris,  concède  à Raoul  de  Passy  « in  aqua  nostra  apud  Parvum pontem,  ex  superiori  parte  ejusdem  pontis,  fichiam  unius  domus  ediflcande in  ilia  archa  in  gua  est  molendinus  Willelmi  de  Caméra,  ita  quod  ipse poterit  coinprehenuere  de  aqua  nostra  usque  ad  decem  tesias  in  longum  sicut dicta  archa  se  comportât  » (Guérard,  op.  cit.,  t.  1,  p.  141,  n°  165). 2.  En  1196,  un  accord  intervient  entre  le  chapitre  de  Notre-Dame  de  Paris et  les  moines  de  Saint-Germain-des-Prés  >>  super  fixura  palorum  ultra  men- suram  aree  molendini  sui  (canonicorum)  apud  Parvum  pontem  ».  11  est décidé  que  les  chanoines  paieront  aux  moines  un  cens  annuel  de  trois  sous « pro  fixura  ilia  palorum  que  molendini  sui  mensuram  excedit,  durante  edi- fieio  super  eandem  fixuram  constructo  » (t°  charte  de  Robert,  abbé  de  Saint- Germain-des-Prés,  notifiant  l’accord  : orig.,  Arch.  nat.,  S 87,  n"  12;  éd.  d’après une  copie,  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  II,  p.  459,  n°  84; 2°  charte  du  doyen  et  du  chapitre  de  Notre-Dame  notifiant  l’accord  : copies  du xine  s.,  Arch.  nat.,  LL  1025,  fol.  13  et  LL  1026,  fol.  29).  (In  autre  acte,  de  l'an 1187,  est  relatif  à un  second  moulin  du  Petit  Pont.  Foulque,  abbé  de  Saint- Germain-des-Prés  et  les  moines  de  ce  lieu  y déclarent  qu’ayant  construit  une maison  sur  le  moulin  qu'ils  ont  au  Petit  Pont,  les  chanoines  de  Sainte-Gene- viève se  sont  plaints  de  ce  que  « vigata,  que  ex  parte  molendini  ipsorum communis  nobis  et  ipsis  erat  et  suspendendo  funibus  utrique  molendino communiter  serviebat,  ultra  quam  debetur  super  aquam  ipsorum  extende- retur  »,  risquant  d’empêcher  leur  moulin  de  tourner,  ajoutant  que  « sicut  sus- pendendo molendino  suo,  predicta  vigata  solebat  et  debebat  communis  esse, ita  et  si  edificare  super  molendinum  suum  vellent,  ad  portandum  et  susti- nendum  edificium  suum  sicut  et  nostrum  deberet  communiter  deservire  ».  Il est  décidé  que  ladite  « vigata...  cum  pariete  super  imposito  » sera  commune  aux deux  églises  ainsi  que  l’aire  («  area  »)  du  moulin  « cum  utensilibus  suis, scilicet  gordana  et  instrumente  piscatorio  quod  dicitur  penchun  » (copie  du xme  s.,  Cartul.  de  Sainte-Geneviève,  Bibl.  Sainte-Geneviève,  ms.  356,  p.  198). 3.  Outre  les  textes  cités  aux  trois  notes  précédentes,  voir  un  acte  par  lequel Robert,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés  (1192-1202),  et  les  moines  de  ce lieu  notifient  que  Comtesse,  sœur  de  « Maltio  » sergent  du  roi  Philippe  a acquis  une  maison  sise  sur  le  Petit  Pont  « juxta  domum  nos  tram,  ita  quod domus  nostra  et  domus  ipsius,  ex  una  parte  contiguë,  super  unam  joeam sedent  que  ipsarum  domuum  est  communis  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 782,  n°  67), Pour  le  sens  du  mot  « joea  » [jouée),  voir  Du  Cange,  Glossar.,  éd.  llenschel. au  mot  fi  chia. 4.  Voir  le  texte  de  l'an  1187,  cité  à la  note  2.  Il  est  question  à maintes  re- prises dans  les  textes  des  pêcheries  sous  les  arches  des  ponts.  Ainsi,  en  1217, Philippe  Auguste  donne  à Eude  Arrode,  son  panetier,  la  pêcherie  d’une  arche de  Grand  Pont  et  celle  d’une  arche  du  Petit  Pont  (Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste,  n°  1709). 5.  Gui  de  Rasoches  décrit  ainsi  le  Grant  Pont  : « Pons  ille  qui  Magnus  dicitur densus,  dives,  emax,  fervet,  suspirat,  abundat  navigiis,  opibus,  mercibus  innu- meris,  navigiis,  opibus  suspirat  abundat  mercibus  « (It.  de  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris,  n°  535). 6.  Voir  dans  R.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  nos  286,  369,  434,  530,  quelques  actes relatifs  aux  boutiques  des  changeurs  sur  le  Grand  Pont.  On  y peut  joindre  une PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS milieu  du  xtte  siècle,  les  a astreint  à venir  tous  se  grouper  en  ce lieu  1 . La  tête  du  pont  est  barrée  par  une  solide  forteresse,  le  Grand Châtelet,  qui  sert  de  prison  royale  et  qui  marque  ce  qu’on  con- tinue à appeler  « la  Porte  de  Paris  » 2.  C'est  devant  cette  « porte  » que  s’entassent  les  étaux  des  bouchers,  des  marchands  de  pois- sons, des  boulangers  3.  Jusqu’au  milieu  du  xne  siècle,  les bouchers  n’ont  pu  vendre  leur  viande  ailleurs,  et  si  les  règlements se  sont  relâchés  depuis  lors,  si  quelques  membres  de  la  corpo- ration ont  pu,  â la  faveur  de  cette  liberté,  aller  s’établir  à la  tête du  Petit  Pont,  la  « Porte  de  Paris  » est  restée  le  siège  de  la « grande  boucherie  » 4. Plus  au  nord,  s’élèvent  les  halles,  construites  par  Philippe  Au- guste et  qui  comprennent  deux  grands  bâtiments  couverts,  ceints d’une  muraille  dont  on  ferme  les  portes  à la  tombée  de  la  nuit 8. Dans  le  voisinage,  presque  toutes  les  corporations  de  métiers sont  venues  se  grouper  : les  tonnelliers,  les  chanvriers,  les potiers  ; les  corroyeurs,  dans  la  rue  Troussevache  6 ; plus à l’est,  les  verriers  â côté  de  Saint-Merri  7.  Les  boulangers, dont  les  fours  sont  surtout  établis  rue  de  la  Juiverie,  près  delà halle  aux  blés,  sont  peut-être  les  seuls  qui  soient  restés  dans  la Cité  8. Le  long  de  la  Seine,  aux  abords  du  Grand  Pont  9,  c’est  lout un  mouvement  de  bateaux,  qui  amènent  le  sel  et  les  harengs  de Normandie,  les  vins,  les  bois  de  Bourgogne,  les  foins  et  les  blés, charte  de  l’an  1204  par  laquelle  le  chapitre  de  Notre-Dame  de  Paris  déclare tenir  quitte  une  certaine  Clarice  d’une  dette  de  131  livres  parisis,  contractée par  feu  Etienne,  son  époux,  moyennant  paiement  de  30  livres,  « ita  tamen  ut mensa  nummulariorum  que  est  super  Magnum  pontem,  que  ad  predicte mulieris  spectat  dotalicium,  post.  ipsius  obitum  pro  debito  predicti  S.,  mariti sui,  scilicet  Cl  libris,  nobis  in  pignore  relinquetur  » (orig.,  Àrch.  nat.,  S 44, n0  26  ; Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  Il,  p.  429,  n°  33). 1.  Acte  de  Louis  Vil,  de  l’an  1141  ou  1142,  dans  R.  de  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris,  n°  288. 2.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  aux  mots  Châtelet  et  Porte  de Paris. 3.  Voir  ihul. 4.  Voir  ibid.,  aux  mots  Boucherie  du  Grand  Pont  et  Boucherie  du  Petit Pont. 5.  Voir  ibid.,  au  mot  Halles. 0.  Voir  ibid.,  aux  mots  Tonnellerie,  Chanvrerie,  Poterie,  Courroirie. 7.  Arbitrage  de  décembre  1222  adjugeant  à Pierre,  chanoine  de  Saint- llonoré  de  Paris  « totalem  censutn  verreriorum  qui  sont  juxta  Sanctum  Mede- ricum  » '(copie  du  sm1  s„  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  10.400,  fol.  42;  copie  du  xive  s., Arch.  nat.,  LL  387,  fol.  71). 8.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  aux  mots  Halle  au  blé  et  Juiverie, 9.  Voir  le  texte  de  Gui  de  Basoches  cité  plus  haut,  p.  53,  n.  5, PARIS  AU  DÉBUT  DU  XIIl”  SIÈCLE nécessaires  à la  consommation  de  la  capitale  '.  Le  surplus  fait, matière  de  commerce  : car  Paris,  grâce  à sa  situation  exception- nelle, est  devenu  le  grand  entr&pût  de  la  France  du  nord.  Ses marchands  vont  jusqu’à  Auxerre  revendre  le  sel  apporté  de Rouen  2 ; par  toute  une  série  de  monopoles,  ils  se  sont  assurés le  trafic  de  la  Seine  moyenne  3.  Eux  seuls  ont  le  droit  de vendre  dans  la  ville  le  vin  apporté  par  les  Bourguignons  /f  ; la vente  du  sel  est  soumise  à leur  contrôle  : leurs  « mesureurs  » sont  là,  qui  attendent  au  port  l’arrivée  des  bateaux  5. Le  déchargement  se  fait  surtout  en  aval  du  Grand  Pont  6. Quelques  établissements  religieux  ont  leurs  ports  particuliers  : les  Templiers,  derrière  Saint-Gervais  7;  Sainte-Geneviève,  sur l'autre  rive,  au  Chardonnet  8;  les  chanoines  de  Notre-Dame,  à la  pointe  orientale  de  la  Cité9;  mais  c’est  qu'ils  ont  chacun  à 1.  Voir  notamment  un  acte  de  Philippe  Auguste,  de  janvier  1213  (1214,  n. st.),  où  est  énumérée  une  partie  des  marchandises  déchargées  à Paris  (Féli- bien.  Hist.  de  Paris , t.  I,  p.  xcvm,  n°  9;  Delisle,  Catalogue  des  actes  de Philippe  Auguste,  n°  1476).  Pour  les  marchandises  apportées  de  Normandie, cf.  Fréville,  Mémoire  sur  le  commerce  maritime  de  Rouen,  t.  I,  p.  122-124. 2.  En  l’an  1200,  Pierre,  comte  de  Tonnerre  et  d'Auxerre,  qui  avait  inter- dit aux  bourgeois  de  Paris  de  décharger  leur  sel  à Auxerre,  revient  sur  cette interdiction  forig.,  Arch.  nat.,  K 948,  n°  4 b,  et  acte  de  Philippe  Auguste  noti- fiant le  fait,  ibid  , n°  4c;  Félibien,  Hist.  de  Paris,  t.  I,  p.  xcvxi,  nos  6 et  7). 3.  Voir  sur  les  privilèges  de  la  Hanse  parisienne  la  brochure  de M.  Picarda,  Les  marchands  de  l'eau;  hanse  parisienne  et  compagnie  fran- çaise, fasc.  134  de  la  Bibl.  de  l’Ecole  des  hautes  études  ; sciences  histor.  et philologiques  (Paris,  1901,  in-8”). 4.  Voir  un  acte  de  Philippe  Auguste,  de  l’an  1192,  réglementant  le  commerce du  vin  à Paris  orig.,  Arch.  nat.,  K 930,  n°  31  a\  Félibien,  Hist.  de  Paris, t.  1,  p.  xcviii,  h»  3;  Fagniez,  Documents  relatifs  à l'Iiist.  de  l'industrie  et  du commerce  en  France,  t.  1,  n°  120  ; Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe Auguste,  n“  372). 3.  Voir  un  accord  de  janvier  1210  (Delisle,  op.  cit.,  n°  1180)  entre  les  mar- chands de  llouen  et  ceux  de  Paris  dans  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes, t.  I,  p.  343,  n°  913. 6.  C’est  bien  là,  semble-t-il,  que  se  trouvait  le  principal  port  de  Paris, puisque,  par  un  acte  de  janvier  1213  (1214,  n.  st. j,  Philippe  Auguste  autorise, en  vue  de  l'aménagement  d’un  nouveau  port,  les  bourgeois  de  Paris  à frap- per d’une  taxe  tous  les  navires  « de  qualibet  navata  vini  que  honerabitur ParisiuS  sub  ponte  » (Félibien,  Hist.  de  Paris,  t.  1,  p.  xdvm,  n“  9;  Delisle,  op. cil.,  n°  1 4 7 G . Voir  aussi  le  texte  de  Gui  de  Basoches  cité  plus  haut,  p.  53, n.  3. 7.  En  1152-1153,  Mathieu,  comte  de  Beaumont,  leur  avait  donné  « domum Frogerii  Asinarii,  ante  Barras  sitam...  et  portum  eidem  domui  adjacentem  » (B.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n“  374). 8.  Il  est  question,  au  milieu  du  xne  siècle,  de  vignes  appartenant  aux chanoines  de  Saint-Victor,  sises  au  Chardonnet  « juxta  portum  sanctæ  Geno- vefæ  » ( ibid .,  n°  290). 9.  C'est  sans  doute  de  ce  port  qu’il  est  question  dans  un  acte  de  septembre 1219  par  lequel  les  Templiers  vendent  au  chapitre  de  Notre-Dame  ce  qu'ils possédaient  au  Fumier  Saint-Landri  («  apud  Fimarium  »)  — voir  ce  mot,  à la Xomenclature  de  l’appendice  II  — « tain  in  domibus  quam  in  hostisiis  et  in portu  » (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  1,  p.  416,  n°  2).  En  jan- vier 1229,  le  port  Notre-Dame  est  nettement  désigné  dans  un  acte  où  ii  est fait  allusion  à des  maisons  appartenant  au  chapitre  cathédral  et  sises  entre les  maisons  des  chanoines  de  Saint-Denis-du-Pas  et  le  port  {ibicl.,  t.  1,  p.  402, n°  34). 56 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS proximité  leurs  moulins,  qui  moudront  les  grains  débarqués, leurs  boulangers,  qui  pétriront  la  pâte  et  la  feront  cuire  dans leurs  fours,  leurs  charpentiers,  qui  tailleront  les  bois,  de  vastes caves  pour  enfermer  les  vins  L Au  contraire,  c’est  à côté  du quartier  commerçant  que  sont  déchargées  les  marchandises  des bourgeois,  et  le  nombre  en  va  croissant  dans  de  telles  propor- tions qu’en  1214  le  roi  doit  autoriser  la  « hanse  parisienne  » à frapper  d’une  taxe  tous  les  bateaux  qui  arriveront  à Paris,  afin  de subvenir  aux  frais  d’aménagement  d’un  nouveau  port 1  2. Au  Petit  Pont,  le  spectacle  est  tout  autre.  Là,  disait  Gui  de Basoches  vers  la  tin  du  règne' de  Louis  VII,  vont  flâner  les  pro- meneurs ; là  vont  discuter  les  logiciens  3.  Les  maisons  sont moins  serrées  qu'au  Grand  Pont  : entre  elles,  écrit  vers  la  même époque  Geoffroi  de  Saint-Victor,  on  a ménagé  « des  exèdres  d’où l’on  peut  regarder  le  fleuve  » 4 5 * *.  Pas  de  navires  se  pressant aux  abords  des  arches  : les  baigneurs  peuvent  goûter  en  toute tranquillité  « les  plaisirs  de  la  natation  » 8. Il  est  vrai  que,  depuis  lors,  le  développement  du  faubourg  de la  rive  gauche,  la  turbulence  des  écoliers,  qui,  de  Notre-Dame, tendent  à émigrer  vers  Saint-Julien-le-Pauvre,  ont  dû  apporter  ici un  peu  d’animation.  Depuis  lors  aussi,  la  construction  par  le  roi Philippe,  à la  tête  du  pont,  d’un  « châtetet  » imposant,  destiné sans  doute  à en  remplacer  un  plus  petit  à demi  ruiné,  a dû  faire disparaître  une  partie  de  ce  charme  idyllique.  Nous  avons  con- servé le  devis  dressé  pour  la  construction  de  ce  châtelet  : « Le mur,  y est-il  dit,  aura  six  pieds  d’épaisseur  et  liuiL  toises  de 1 . Sur  les  artisans  attachés  spécialement  au  service  de  chaque  établisse- ment religieux,  on  peut  voir,  en  particulier,  pour  ce  qui  concerne  l’évêque,  la charte  d’accord  qu  il  conclut  en  1222  avec  Philippe  Auguste  (Delisle,  Cata- logue des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  2180)  et,  pour  ce  qui  concerne  l’ab- baye de  Sainte-Geneviève,  l'accord  conclu  par  cette  abbaye  avec  l’évêque  de Paris  en  juin  1202  (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  I,  p.  60,  nu  58). 2.  Orig. , Arch.  nat.,  K 948,  n°  7;  Félibien,  llist.  de  Paris,  t.  I,  p.  xcvm, n°  9 ; Delisle,  op . cit.,  n»  1476. 3.  « Pons  autem  Parvus  aut  pretereuntibus,  aut  spatiantibus,  aut  dispu- tantibus  logicis  didicatus  est  » (11.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris, n»  535). 4.  Vers  extraits  du  Fous  philosophiae  et  publiés  dans  les  llist.  de  Fr., t.  XV11I,  p.  798,  n.  6 : Sed  cl  liabel  exedras  per  quas  speculantur El  latentem  fluminis  fundum  perscrutantur. 5.  Geoiïroi  de  Saint-Victor,  ibid.  : Alii  nalalibus  quoque  deleclantur El  aeslivis  solibus  usti  recrcanlur. PAIÎIS  AU  DÉRUT  DU  XIIIe  SIÈCLE 57 hauteur  du  pavé  de  la  chaussée  au  chemin  de  ronde,  et  il  y aura deux  murs  percés  de  portes.  Le  tout  sera  fourni  de  passages  et de  deux  paires  de  portes  et  d'une  poterne  pour  entrer  dans  la forteresse.  Le  tout  sera  aussi  fourni  de  solives  et  de  merrain  et couvert  de  tuiles.  Une  prison  à trois  étages  sera  ménagée  : le premier  étage  sera  garni  de  barreaux  de  fer,  et  il  y aura  au-des- sus de  chaque  étage  un  dallage  et  deux  réduits.  Cela  fera  un total  de  soixante  et  onze  toises,  qui  seront  payées  cinq  cent  livres parisis  » ’. Quand  on  avait  franchi  le  seuil  de  cette  redoutable  forteresse, on  se  trouvait  au  « bourg  du  Petit  Pont  »  1  2.  A la  fin  du  règne de  Philippe  Auguste,  ce  quartier  était  en  passe  de  devenir  un  des plus  animés  de  Paris  : maîtres  et  écoliers  avaient  commencé  à s’y  installer  depuis  les  contlits  qui,  de  121!)  à 1222,  les  avaient mis  aux  prises  avec  le  chancelier  de  Notre-Dame  3. Mais  cette  animation  cessait  bientôt  : comme  nous  l'avons  vu, le  caractère  rural,  de  ce  côté  de  la  Seine,  ne  s’effacait  que  lente- ment. L’ancien  palais  des  Thermes  avait  toutes  les  apparences d'une  grande  ferme,  avec  son  pressoir  et  ses  vignobles  4.  Sur  le versant  oriental  de  la  colline,  c’est  d’un  massif  de  vignes  qu’émer- geaient les  ruines  des  arènes  romaines  5.  Les  vignes  couvraient encore,  au  Chardonnet,  les  rives  du  canal  de  Bièvre  G,  et  il  fallait, à l’ouest,  franchir  le  rempart  pour  retrouver  autour  de  Sainl- Germain-des-Prés  l'animation  de  la  ville. Si  nous  voulons  nous  faire  une  idée  de  ce  que  sont  alors  les rues  de  Paris,  c’est  donc  surtout  vers  la  Cité  et  la  rive  droite qu'il  nous  faut  aller. De  ces  rues,  nous  ne  savons  d’ailleurs  pas  grand’chose.  Celles 1.  Voir  le  texte  de  ce  devis  dans  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  au  mot Châtelet  du  Petit  Pont. 2.  Voir  ci-dessus,  p.  27. 3.  Cf  Luchaire,  L’Université  de  Paris  sous  Philippe  Auguste,  Paris,  1899, in-8°,  et  le  même,  dans  l’ Histoire  de  France  de  Lavisse,  t.  III,  lre  partie, p.  332  et  suiv. 4.  En  mars  1219  (1220,  n.  st.),  Philippe  Auguste  donne  à son  chambellan Henri  « palatium  de  Terminis,  quod  fuit  Simonis  de  Pissiaco,  cum  pressorio quod  erat  in  eodem  palacio  » (Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste, n‘  1888).  Sur  les  vignes  avoisinant  les  Thermes,  voir  la  Nomenclature  dé  l'ap- pendice II  au  mot  Thermes. .3.  Voir  la  Nomenclature  de  l'appendice  II  au  mot  Arènes. fi.  Voir  ibid.,  au  mot  Chardonnet,  et  sur  le  canal  de  Bièvre,  ibûl . , au  mot Bièvre. 58 PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS qui  empruntaient  le  tracé  des  grandes  voies  romaines  \ comme la  rue  Saint-Martin,  sur  la  rive  droite,  ou  la  Grand’rue,  sur la  rive  gauche,  en  avaient  conservé  la  rectitude  et  peut-être aussi  à peu  près  la  largeur,  c'est-à-dire  de -8-àr-9-raMres.  Mais c’étaient  là,  en  tout  cas,  des  dimensions  exceptionnelles  : même un  chemin  important,  comme  celui  de  Chaillot,  n’avait,  à la  sortie de  Paris,  que  18  « pieds-mains  » de  large 1  2,  ce  qui  ne  corres- pond certainement  pas  à plus  de  5 mètres  à 5 m.  50.  Et,  dans l'intérieur  de  la  ville,  dans  la  Cité  surtout,  les  rues  étaient  beau- coup plus  étroites  : celles  de  l’époque  gallo-romaine  qui  y ont été  retrouvées  mesuraient  d’ordinaire  3 mètres  de  large;  l’une d’elles  n’avait  même  que  1 m.  50.  On  peut,  d’après  ces  données, juger  de  la  largeur  maxima  de  celles  du  xm'  siècle. De  ces  rues,  aucune  n’a  pu  être  exactement  repérée.  Des fouilles  exécutées  en  1847  devant  l’Hôtel-Dieu  actuel  3 * n’ont révélé  que  très  imparfaitement  quelques  traces  de  la  rue  Neuve Notre-Dame,  percée  au  xnc  siècle  par  les  chanoines  en  face  de  la cathédrale  \ et  l’on  ne  peut  guère  espérer  que  de  nouvelles fouilles  apportent  sur  ce  point  des  précisions  suffisantes  5. Les  rues  principales  étaient  pavées.  Dès  l’époque  romaine,  il en  avait  été  ainsi;  mais  presque  partout,  tant  dans  la  Cité  que sur  les  deux  rives  du  fleuve,  le  sol  s’était  exhaussé,  et  les  dalles de  grès  s’étaient  trouvées  recouvertes  de  terre  et  de  détritus,  par dessus  lesquels,  au  bas  Empire,  on  avait' souvent  tant  bien  que mal  réaménagé  des  rues  nouvelles,  grossièrement  empierrées  à l’aide  de  fragments  d’édifices,  de  vieilles  meules  et  de  cailloux. Cet  empierrement  même,  qui,  dans  la  Cité,  se  retrouve  d’ordi- naire à plus  d’un  mètre  au-dessous  du  sol  moderne,  avait,  à son tour,  été  recouvert  par  de  nouvelles  terres  et  de  nouveaux  détritus. Aussi  les  rues ■ étaient-elles  souvent  devenues  de  véritables bourbiers,  et  les  contemporains  de  Philippe  Auguste,  en  quête 1.  Tous  les  renseignements  qui  suivent,  relatifs  aux  voies  romaines  de Paris,  nous  ont  été  obligeamment  communiqués  par  M.  de  Pachtere,  qui  doit publier  prochainement  une  étude  sur  Paris  à l'époque  gallo-romaine.  Il  les  a lui-même  empruntés  pour  la  majeure  partie  aux  papiers  de  Vacquer  et  aux relevés  de  M.  Ch.  Sellier. 2.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  au  mot  Chaillot  (route  de).  Voir aussi  ibid.,  au  mot  Bièvre  (rue  de),  l’indication  d’un  acte  de  l’an  1224  stipu- lant que  la  rue  de  Bièvre  devra  avoir  une  largeur  de  1Ü  pieds  et  demi. !l.  Voir  la  planche  XVII  de  la  Statistique  monumentale  de  Paris  publiée par  Albert  Lenoir,  Atlas , t.  Ier  (1867). 4.  Voir  la  Nomenclature  de  l’appendice  II  au  mot  Neuve  Notre-Dame (rue). 3.  Berty,  dans  une  note  sur  Les  rues  de.  l'ancien  Paris , avance  que  la  rue Neuve  Notre-Dame  avait  environ  7 mètres  de  largeur  ( Revue  archéologique, t.  XIV,  1837,  p.  263).  Mais  cette  évaluation  est  tout  à fait  hypothétique. PARIS  AU  DÉBUT  DU  XIIIe  SIÈCLE 89 d’étymologies,  pouvaient  croire  sans  peine  que  Lulèce  était  « la cité  de  la  boue  » ' . On  se  rappelle  l’anecdote  rapportée  par  Rigord  : le  roi  Phi- lippe s’approchant  un  jour  des  fenêtres  de  son  palais,  dans  la Cité,  pour  se  distraire  en  regardant  couler  la  Seine;  des  chariots viennent  à passer,  donL  les  roues,  remuant  la  boue,  soulèvent « une  odeur  intolérable  ».  Le  roi,  incommodé,  décide  de  remé- dier à cet  inconvénient,  convoque  son  prévôt  et  les  bourgeois  et ordonne  « de  paver  toutes  les  routes  et  toutes  les  rues  de  la  ville de  grandes  et  fortes  pierres  » 2, Toutes  les  rues  en  étaient-elles  pourvues  au  début  du  xme  siè- cle? En  dépit  de  l'assertion  de  Rigord,  il  est  permis  de  penser  le contraire  : car  Guillaume  le  Breton,  qui  écrivait  vers  1220,  ou tout  au  moins  un  de  ses  contemporains,  révisant  sa  chronique,  a pris  soin  de  préciser  que  la  mesure  prise  par  le  roi  ne  s’appli- quait qu’aux  rues  les  plus  fréquentées,  à celles  qui,  au  moment où  il  écrivait,  menaient  aux  portes  de  la  ville  3. Ces  rues  n’avaient  point  de  noms  olïiciels  ni  même  absolument immuables  : suivant  qu’on  en  considérait  un  tronçon  plutôt t.  Rigord,  Gesta  Phil.,  § 37,  après  avoir  raconté  que  Philippe  Auguste  fit paver  les  rues  de  Paris,  ajoute  : « Ad  hoc  enim  christianissimus  rex  cona- batur  quod  nomen  antiquum  auferret  civitati  : Lutea  enim  a luti  fetore  prius dicta  tuprat  » (Delaborde,  Œuvres  de  Rigord  et  de  Guillaume  le  Breton , t.  I, p.  .34).  Dans  sa  Philippide  (I,  lût,  éd.  Delaborde,  t.  II,  p.  H)  et  dans  son Liber,  § 3 (éd.  Delaborde,  t.  I,  p.  170),  Guillaume  le  llreton  reprend  à son compte  cette  étymologie. 2.  Rigord,  Liber,  § 37  (éd.  Delaborde,  t.  1,  p.  33-34)  : « Factum  est  autcm post  aliquot  dies  quod  Philippus  rex  semper  angustus,  Parisius  aliquantulam uio ratn  faciens,  dum  sollioitus  pro  negotiis  regni  agendis  in  aulam  regiain deambularet,  veniens  ad  palatii  fenestras,  unde  fluvium  Sequane  pro  reerea- tione  animi  quandoque  inspicere  consueverat,  rhedfe  equis  trahentibus  per civilatem  transeuntes  fetores  intolerabiles  lutum  revolvendo  procreaverunt; quos  rex  in  aula  deàmbiilans  ferre  non  sustinens,  arduum  opus  sed  valde necessarium  excogitavit.  quod  omnes  predecessores  sui  ex  nimia  gravitate et  operis  impensa  aggredi  non  presumpserant.  Convocatis  autem  burgensibus cum  preposito  ipsius  civitatis,  regia  auctoritate  precepit  quod  omnes  vici  et vie  totius  civitatis  Parisiis  duris  et  fortibus  lapidibus  sternerentur  ».  On  a cru  en  1844  retrouver  plusieurs  échantillons  de  ce  pavé  rue  Saint-Jacques  à côté  du  Petit-Pont.  C'étaient  des  blocs  de  grès  d’une  épaisseur  moyenne  de 30  à 40  centimètres  et  mesurant  jusqu'à  1 m.  30  carré.  (Voir  Gilbert,  Décou- verte d'une  chaussée  romaine  à Paris  et  de  l'ancien  pavé  de  Paris  faite  en juillet  1842,  dans  la  Revue  archéologique,  t.  I,  1844,  p.  188-191).  Mais  c’est sans  la  moindre  preuve  qu'on  a attribué  ce  pavé  au  xm“  siècle.  Tout  nous semble,  au  contraire,  le  rapprocher  du  pavé  de  l’époque  romaine  dont  de très  nombreux  échantillons  similaires  ont  été  retrouvés  en  divers  points de  Paris. 3.  Guillaume  le  Breton,  Liber,  S 33  (éd.  Delaborde,  t.  I,  p.  184)  : « Circa eadem  tempora,  Philippus  maguanimus,  pia  et  regali  indignatione  super intolerantiam  luti  vicorum  Parisiace  civitatis  motus,  fecit  omnes  vicos  por- tarum  quadratis  lapidibus  pavimentari  ».  I.e  mot  porlarum  a été  ajouté  dans le  ms.  lat.  619  du  fonds  de  la  reine  Christine,  au  Vatican,  par  un  scribe du  début  du  xine  siècle,  auquel  on  est  redevable  de  toute  une  série  de corrections. GO PARIS  SOUS  LES  PREMIERS  CAPÉTIENS qu’un  autre,  on  pouvait,  préférer  une  appellation  à une  autre, appelant,  par  exemple,  la  chaussée  Saint-Lazare  (rue  Saint- Denis)  chaussée  Saint-Magloire  dans  un  acte  relatif  à des  fours voisins  de  cette  église  b Mais,  en  général,  on  avait  atteint  à une  fixité  relative. Beaucoup  de  noms  de  rues  provenaient  des  métiers  qu’on  y exerçait  ou  de  la  classe  d’habitants  qui  y demeurait  : rue  de  la Chanvrerie,  rue  de  la  Tonnellerie,  rue  de  la  Mortellerie,  rue  des Ménétriers,  rue  de  laJuiverie,  rue  de  la  Truanderie.  D’autres  rues portaient  le  nom  d’un  bourgeois,  d’un  seigneur  qui  y possédait quelque  bien  : la  rue  Aubri-le-Boucher,  la  rue  Thibaud-aux-Dés, la  rue  Perrin  Gasselin,  la  rue  Garlande,  la  place  Maubert. D’autres,  en  grand  nombre,  devaient  leur  nom  à l'édifice  auquel elles  menaient*  à une  particularité  du  terrain,  à leur  tracé  : la rue  des  Thermes,  la  rue  Saint  Séverin,  la  rue  Saint-Landri,  la  rue Saint-Pierre-aux-Bœufs,  la  rue  Sainte-Marine,  la  rue  Neuve  Notre- Dame,  la  rue  Saint-Germain-l’Auxerrois,  la  rue  Saint-Martin,  la rue  Maudétour,  la  rue  du  Sable  ou  des  Sablons.  Certains  noms enfin,  comme  ceux  des  rues  du  Cerf,  du  Cygne,  du  Serpent  (ou rue  Serpente)  provenaient  sans  doute  de  quelque  enseigne. Il  y en  avait,  en  effet,  dès  cette  époque  : en  1210,  on  trouve mention  d’une  maison  dite  du  Chien,  rue  Saint-Germain-l’Auxer- rois 1  2 ; en  1212,  d’une  autre,  « anciennement  dite  de  l’Aigle  », près  le  cloître  Notre-Dame  3;  en  1222,  d’une  deuxième  maison dite  de  l’Aigle  près  de  la  porte  Baudoyer  4.  Ces  enseignes devaient  être,  comme  presque  toutes  celles  qu’on  a retrouvées ailleurs,  sculptées  ou  peintes  sur  la  façade  ou  au  tympan  de  la porte  d’entrée;  mais,  pas  plus  que  les  maisons  elles-mêmes, aucune  d’entre  elle  ne  nous  a été  conservée. Seules,  quelques  églises  sont  là,  avec  les  restes  de  l’enceinte, pour  rappeler  les  temps  disparus.  C’est  Notre-Dame,  dont  la façade  commençait  alors  à s’élever  ; c’est  la  petite  église  Sainl- 1.  Pour  la  chaussée  Saint-Lazare  et  pour  toutes  les  rues  suivantes,  se reporter  à la  Nomenclature  qui  forme  l’appendice  II  de  ce  travail. 2.  Cession  à l'Église  de  Paris  d’un  cens  sur  la  maison  « quae  dicitur  domus Canis,  sita  super  Secanain  in  vico  Sancti  Germani  Autissiodorensis  » (Guérard, Cariai,  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  Il,  p.  516,  n°  10). 3.  Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris,  n"  109  : maison de  Ilugue  Clément,  doyen  de  Paris,  sise  dans  le  cloître  Notre-Dame  « juxta domina  que  dicitur  aritiquo  nomine  Aquileia  ».  La  même  maison  est  men- tionnée à la  même  époque  dans  l’obituaire  de  Notre-Dame  (Molinier,  Obi- luaires  de  la  province  de  Sens,  t.  1,  p.  96). 4.  Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l'Hôlel-Dieu  de  Paris,  n°  137  : donation par  Nicolas,  moine  de  Saint-Maur-des-Fossés,  à son  monastère  de  la  maison « que  appelatur  ad  Aquilam  ».  Pour  la  situation  de  cette  maison,  cf.  ibkl., n°  631. paris  au  dû  but  du  xih°  siècle 61 Àignan,  dont  l'édifice  ruiné  de  l’époque  romane  se  voit  encore dans  une  maison  de  la  rue  des  Ursins  1 2 ; c’est,  sur  la  rive gauche,  Saint-Julien-le-Pauvre,  bâti  vers  la  fin  du  règne  de Louis  Vil;  et,  dans  les  faubourgs,  Saint-Germain-des-Prés, commencé  au  temps  du  roi  Robert,  Saint-MarLin-des-Champs, avec  sa  tour  et  son  abside  du  xne  siècle. Du  château  du  Louvre,  élevé  par  Philippe  Auguste  au  sud  de la  porte  Saint-Honoré,  quelques  débris  aussi  ont  été  retrouvés dans  le  sol  : un  grand  donjon,  entouré  d’un  fossé  et  d’une <'  chemise  » de  pierre  et  de  quatre  corps  de  bâtiments  défendus par  des  tours  C'en  est  assez  pour  se  figurer  cette  redoutable forteresse,  qui,  avant  de  devenir  la  résidence  de  souverain,  était destinée,  avec  la  muraille  contre  laquelle  elle  était  presque adossée,  à tenir  l’ennemi  en  respect  et  à protéger  contre  toute surprise  la  ville  qui  de  plus  en  plus  s’affirmait  comme  la  vraie capitale  de  la  France. 1.  Hue  îles  Ursins,  n°  19.  Elle  sert  d écurie. 2.  Voir  le  résultat  des  fouilles  de  1866  dans  la  Topographie  historique  du vieux  Paris  ; région  du  Louvre  et  des  Tuileries,  t.  II,  par  Berty  et  Legrand. De  nouvelles  fouilles,  pratiquées  en  1882,  ont  permis  de  retrouver  sous  la salle  des  cariatides  des  restes  d’un  corps  de  bâtiment  de  l’époque  de  Phi- lippe Auguste.  Voir  deux  brèves  communications  de  M.  H.  de  Lasteyrie dans  le  Bulletin  de  In  Société  de  l'hist.  de  Paris  et  de  Vile  de  France,  t.  IX, 18S2,  p.  163,  et  t.  X,  1883,  p.  34. APPENDICES APPENDICE  PREMIER UNE  PRÉTENDUE  ENCEINTE  DE  PARIS  SUR  LA  RIVE  GAUCHE DE  LA  SEINE  AVANT  LE  RÈGNE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE Nous  avons  vu,  au  chapitre  n,  qu’une  enceinte  avait  dû,  dès  le xic  ou  le  xiie  siècle,  exister  sur  la  rive  droite  de  la  Seine.  Sans être  formels,  les  témoignages  que  nous  avons  cités  sont  relative- ment nombreux  et  s'accordent  avec  l’idée  générale  que  nous  pou- vons nous  faire  de  l’état  des  faubourgs  situés  de  ce  côté  du  fleuve. Nous  avons  vu  qu'au  contraire  il  fallait  descendre  jusqu’au  règne de  Louis  VII  pour  voir  un  faubourg  de  quelque  importance  se constituer  sur  la  rive  gauche,  au  débouché  du  Petit  Pont.  Il  sem- blerait donc  tout  à fait  invraisemblable,  de  prime  abord,  qu’une enceinte  eût  été  établie  dans  ces  parages  au  xie  siècle,  ou  même auparavant,  en  dehors  des  palissades  et  des  fossés  qui  pouvaient entourer  de  grandes  abbayes  comme  Saint-Germain-des-Prés  et peut-être  aussi  Sainte-Geneviève. Et  cependant  on  a soutenu,  en  invoquant  des  arguments  d’iné- gale valeur,  mais  dont  quelques-uns  sont  au  moins  spécieux, que  l'enceinte  de  Philippe  Auguste  n’avait  fait,  sur  cette  rive  de la  Seine  comme  sur  l’autre,  que  remplacer  une  enceinte  moins vaste. Le  dernier  auteur  qui  ait  soutenu  celle  théorie  est  M.  Fernand Bournon  ',  et  les  textes  qu’il  a produits  sont  les  suivants  : 1°  Dans  une  rédaction  de  la  Vie  de  sainte  Geneviève,  postérieure au  vme  siècle,  mais  connue  par  un  manuscrit  du  xe  ou  du  début  du xie  siècle 1  2,  il  est  dit  que  la  sainte  fut  ensevelie  « in  basilica,  in 1.  Fernand  Bournon,  De  l’enceinte  du  faubourg  méridional  de  Paris  anté- rieure à celle  de  Philippe  Auguste , dans  la  Bibliothèque  de  l'Ecole  des  chartes, t.  XLVII,  1886,  p.  418-424;  du  môme,  I)e  quelques  anciennes  enceintes  de  Paris, dans  le  Journal  des  Débats,  numéro  du  lundi  1!)  novembre  1906. 2.  Biblioth.  Sainte-Geneviève,  ms.  3018  du  catalogue  de  \I.  Kohler  (ancien H.  1.,  in-8°,  2.) 5 66 LISE  PRETENDUE  ENCEINTE  SDK  LA  1UVE  GAUCHE monte  sita  juxta  nove  [sic]  menia  Parisii  nomine  Lucoli- cio  » i. 2°  Dans  un  diplôme  du  roi  Philippe  Ier,  daté  de  l'an  1061,  le village  de  Bagneux  est  dit,  situé  « prope  moenia  Parisiacæ urbis  » 2. 3°  Par  lettres-patentes  du  mois  d’août  1286,  Philippe  le  Bel accorde  « usum  nostrorum  murorum  et  turricularum,  sitorum Parisius  in  Cardineto,  prout,  protenduntur  ah  aqua  Bievre  versus Sequanam  usque  ad  viam  publicam  » 3. 4°  Le  16  septembre  1387,  concession  est  faite  à Guillaume Blanchart  d"  « une  place  joignant  des  grans  degrez  qui  sont  au bout  de  la  rue  de  Bievre  en  venant  de  Saint-Bernart  a la  riviere du  Saine  du  costé  devers  les  murs  anciens  de  la  ville  de  Paris  » 4. 5°  Le  30  juillet  1493,  Jean  Feron,  boulanger,  reconnaît  avoir, le  3 septembre  1492,  reçu  à titre  de  rente  perpétuelle  du  prévôt des  marchands  et  des  échevins  de  Paris  « une  place...  assise  en ladite  rue  Saint-Victor,  faisant  le  coing  de  la  rue  des  Bernardins, aboutissant  sur  l’ancien  cours  de  la  riviere  de  Bievre  pour  en icelle  place,  qui  est  sur  l'ancien  mur,  faire  ediffier  par  ledit Feron  » 15 . De  ces  cinq  textes,  le  deuxième  peut  de  suite  être  écarté  : Bagneux  étant  à plusieurs  kilomètres  de  Paris,  rien  ne  prouve qu’il  s’agisse  d’une  enceinte  de  la  rive  gauche  plutôt  que  des vieux  murs  de  la  Cité.  Les  lettres-patentes  de  Philippe  le  Bel  ne sont  pas  plus  décisives  : les  murs  du  Chardonnet,  allant  de  la Bièvre  à la  Seine,  peuvent  être  aussi  bien  et  même  mieux  ceux de  Philippe  Auguste,  de  la  porte  Saint-Victor  à la  tournelle  du quai  Saint-Bernard,  que  des  murs  qui  passeraient  rue  de  Bièvre, parallèlement  au  canal  de  la  Bièvre,  ainsi  que  le  veut  M.  Bournon. De  même,  la  charte  de  l’an  1493  n’est  concluante  qu’en  appa- rence : car  il  faudrait  établir  que  F « ancien  mur  » en  question est  bien  un  mur  d’enceinte  de  Paris. L’acte  de  1387  est  plus  embarrassant;  mais  est-il  plus  convain- cant? Nous  ne  le  croyons  pas  : si  l’emplacement  des  Grands Degrés  0 est  certain,  on  ne  dit  point  cependant  dans  l'acte  que 1.  Ch.  Kohler,  Etude  critique  sur  le  texte  de  la  vie  latine  de  sainte  Gene- viève de  Paris  (LSiblioth . de  l’Ecole  des  hautes  études,  sciences  histor.  et  phi- lo!., fuse.  48),  p.  71 . 2.  AI.  Prou,  Recueil  des  actes  de  Philippe  Ier,  roi  de  France , n“  XIII,  p.  41, 3.  Copie  du  xvni'’  s.,  Arch.  nat.,  Q1  1351. 4.  Copie  d'n n vidimus  de  Eau  1388,  Arch.  nat.,  JJ  132,  fol.  173. 3.  Ori".,  Arch.  nat.,  Q1  1348. 0.  Sur  l'emplacement  du  quai  actuel  de  Alontebello,  au  débouché  de  la  rue de  Bievre. UNE  PRÉTENDUE  ENCEINTE  SUR  LA  RIVE  GAUCHE 67 les  « murs  anciens  de  la  ville  » y sont  contigus.  On  dit  seulement que  la  « place  >>  concédée  à Guillaume  Blanchart  est  située  « du costé  devers  les  murs  anciens  de  la  ville  » quand  on  aboutit  au Grand  Degré  en  venant  de  Saint-Bernard,  c’est-à-dire  que  cette « place  » est  à l'est,  et  non  à l'ouest. Reste  donc  uniquement,  en  dernière  analyse,  le  passage  de  la Vie  de  sainte  Geneviève.  Il  est  loin  d’être  clair.  M.  Bournon, après  bien  d'autres,  l’interprète  : « la  basilique  sise  sur  le  mont Lucotitius  près  des  nouveaux  murs  de  Paris  » ; mais  le  texte  est évidemment  altéré,  « nove  » ne  pouvant  s’accorder  avec  « menia  » et  la  construction  de  la  phrase  étant  au  moins  étrange.  Pourquoi, en  tout  cas,  rapporter  « nove  » à « menia  » plutôt  qu’à  « Parisii  »? — Fonder  une  théorie  sur  un  texte  semblable,  c’est  bâtir  sur  le sable. APPENDICE  II NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS DE  PARIS  A L’ÉPOQUE  DE  PHILIPPE  AUGUSTE  ' André  « de  Macuolio  » (rue).  — Rue  sise  près  de  l’église  Saint- Étienne-des-Grès,  d’après  une  charte  de  février  1210  (1217,  n.  st.), par  laquelle  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  un  accord  intervenu entre  les  moines  de  Clairvaux  et  les  chanoines  de  Saint-Étienne au  sujet  d’une  maison  « in  vico  Andree  de  Macholio,  prope  Sanc- um  Stephanum  » double  orig.,  Arch.  nat.,  L 601,  nos  1 et  2). Arènes.  — Les  arènes  romaines  de  la  rue  Monge  actuelle.  Au début  du  XIIIe  siècle,  dans  les  Faits  des  Romains  publiés  par  M.  Paul Meyer  ( Romania , t.  XIV,  p.  11),  il  est  question  du  « theatre  es vingnes  qui  sont  entre  Sainte-Genevieve  et  Saint-Victor.  De  cel theatre  que  je  vos  di  duroit  encore  une  partie  en  estant  au  jor que  li  rois  Phelipes  conmença  Paris  de  murs  a ceindre  par devers  Petit  Pont  ».  Quelques  années  plus  tôt,  Alexandre  Neckam (mort  en  1217)  signale  lui  aussi,  les  ruines  des  arènes  : Indicat  et  circi  descriptio  magna  theatruin Cipridis  : illud  idem  vasta  ruina  docet; 1.  Nous  avons  systématiquement  écarté  de  cette  nomenclature  les  identifica- tions qui  ne  reposent  que  sur  une  tradition  dont  les  preuves  échappent  à tout contrôle  et,  dans  l'impossibilité  où  nous  étions  de  poursuivre  la  plupart  de nos  dépouillements  au  delà  de  la  mort  de  Philippe  Auguste,  nous  avons  dù presque  partout  ne  proposer  en  fait  d'identifications  que  celles-là  seules  que des  textes  contemporains  de  ce  prince  nous  invitaient  à admettre.  Les  résultats auxquels  nous  sommes  ainsi  parvenu  sont  très  imparfaits,  car,  en  matière de  topographie  historique,  des  documents  d’époque  tardive  permettent souvent  d'éclaircir  des  problèmes  dont  les  textes  contemporains  ne  donnent pas  la  solution.  Il  reste,  en  outre,  même  pour  l’époque  de  Philippe  Auguste, plus  d'un  document  à exhumer  des  archives.  Notre  nomenclature  est  donc  un simple  essai,  qui  ne  manquera  pas  d’être  corrigé  et  complété  par  la  suite. 70  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Dirait  illud  opus  fidei  devolio;  sancti Victoris  prope  stat  relligiosa  domus. (L.  Delisle,  Les  arènes  de  Paris,  dans  le  Bull,  de  la  Soc.  des  anti- quaires de  France,  1858,  p.  152-156). Aubri  le  Boucher  (rue).  — Mentionnée  pour  la  première  fois,  à notre  connaissance,  dans  un  acte  d’avril  1225  (dans  des  termes qui  la  supposent  plus  ancienne)  par  lequel  Bouchard  de  Marly échange  avec  la  léproserie  de  Saint-Lazare  un  cens  qu’il  percevait annuellement  sur  deux  boutiques  de  changeurs,  au  Grand  Pont, contre  divers  autres  cens,  dont  un  cens  « quem  habere  solebam in  vico  Alberici  carnificis  » (copie  du  xme  s.,  Cârtul.  de  Saint- Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  63). Barbette  (porte).  — Porte  de  l’enceinte  de  Philippe  Auguste, rue  Vieille  du  Temple.  En  1203,  le  chapitre  de  Saint-Lazare abandonne  aux  Templiers  une  terre  qu’il  possédait  « ad  poster- nam  Stephani  Barbele  infra  muros  et  extra  » (copie  du  xme  s., Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  44  v°).  En mars  1218  (1219,  n.  st.),  le  même  chapitre  cède  aux  Templiers un  cens  sur  une  terre  (la  même  sans  doute)  sise  « ad  posternam Stephani  Barbete  » (copie  du  xme  s.,  ibid.,  fol.  124  v°). Étienne  Barbette  paraît  à plusieurs  reprises  dans  les  chartes de  cette  époque.  En  1200,  on  le  voit  faire  une  donation  à l’Hôtel- Dieu  (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  F Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  55). Le  7 mai  1229,  il  est  quesLion,  dans  une  charte  de  l’évêque  de Paris  Guillaume,  des  dîmes  « novalium  marisci  jacentis  inter pontem  Petrinum  et  domum  Stephani  Barbete  » (copie  du  xme  s., Cartul.  de  Sainte-Opportune,  Arch.  nat.,  LL  584,  fol.  33,  ancien fol.  4). Barres  (les).  — Lieu  dit,  entre  l'église  Saint-Gervais  et  la  Seine, mentionné  dans  une  charte  de  1152-1153,  où  il  est  question  d’une maison  sise  « ante  Barras  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de Paris,  n°  374).  L’emplacement  en  est  précisé  dans  une  charte  de l’an  1232,  oii  il  est  question  d’une  maison  « prope  Barras,  in  vico ubi  suni  mortaria  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  V Hôtel-Dieu de  Paris , n°  290).  C’est  aujourd'hui  la  rue  des  Barres. NOMENCLATURE  des  rues,  lieux  dits  et  monuments Baudoyer  (porte).  — Porte  située  sur  l'emplacement  de  la  place Baudoyer  actuelle.  Eu  1137-1158,  Louis  VII  donne  à l’Hôtel-Dieu un  cens,  à Paris,  « apud  portam  Bauderiam  » (R.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris,  n°  401  ; Brièle  et  Coyecque,  Archives  de V Hôtel-Dieu  de  Paris , n°  1'.  En  1173,  un  débat  a lieu  au  sujet  do ce  cens  (R.  de  Lasteyrie,  op,  cil.,  n°  316  ; Brièle  et  Coyecque, op.  cil.,  n°  3).  En  1190,  il  est  question  d’une  maison  sise  « apud portam  Bauderiam  » (Brièle  et  Coyecque,  op.  cil.,  n°  35); en  1197-1198,  d une  maison  « ultra  portam  Baudaeri  » [ihid., n°  899)  ; en  décembre  1213,  d’une  maison  « apud  portam  Bahle- riam  » ihid.,  n°  114);  en  octobre  1215,  la  même  maison  est  dite «ad  portam  Bauderii  » [ihid.,  n°  118).  Autre  maison  sise  « ad portam  Baudeer  » [ihid.,  n°  130).  En  août  1219,  un  débat  a lieu entre  l’abbaye  de  Saint-Magloire  et  R.  de  Romainville  au  sujet d'un  cens  assis  sur  une  maison  « apud  portam  Baudaier  » (copie du  xive  s.,  Cartul.  de  Saint-Magloire,  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  5413, fol.  84). Une  glose  de  la  fin  du  xue  siècle  ou  du  début  du  xme  du  ms.  543 de  la  Bibl.  Mazarine  mentionne  également  cette  porte,  dont  elle cherche  à expliquer  le  nom  : « In  Bagaudorum  loco,  ubi  nunc  est cenobium  Fossatense,  secundum  quod  vita  sancti  Baboleni  dicit, qui  dictuin  cenobium  construxit,  et  propter  hoc  dicitur  porte Baudaier  quia  aspicit  ad  eam  partem  » (Bulletin  de  la  Soc.  de l’hisl.  de  Paris  cl  de  l'/le  de  France,  t.  I,  1874,  p.  41).  Inutile  de dire  que  celte  étymologie  est  fantaisiste.  M.  Bournon  (Lebeuf, Histoire  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris ; rectifications  et additions,  p.  55)  en  fait  la  « porte  des  baudroyeurs  »,  ce  qui  est plus  raisonnable,  mais  non  moins  hypothétique.  Quant  à ce  qui est  de  son  emplacement  précis,  la  série  des  chartes  de  l’Hôtel- Dieu  de  Paris  et  le  censier  de  cet  établissement  publiés  par MM.  Brièle  et  Coyecque  (Archives  de  V Hôtel-Dieu  de  Paris)  per- mettent de  l’indiquer  avec  certitude.  Il  faut  ajouter  qu’aucun document  à notre  connaissance  ne  permet,  quoiqu'on  en  ait  dit, d’attribuer  le  nom  de  porte  Baudoyer  ou  le  nom  corrompu  de porte  Baudet  à une  porte  de  l’enceinte  de  Philippe  Auguste. Bièvre  canal  de  . — Canal  pratiqué  au  milieu  du  xnc  siècle par  les  chanoines  de  Saint-Victor  afin  d'amener  l’eau  de  la  Bièvre devant  leur  abbaye  et  d'y  faire  tourner  un  moulin.  Ce  canal empruntait  en  partie,  semble-t-il,  un  ancien  lit  de  la  rivière  dont un  brasse  serait  jeté  dans  la  Seine  au  quai  Saint-Bernard  (voir 72  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS les  remarques  de  Vacquer,  à la  suite  de  fouilles  pratiquées en  1874,  dans  ses  Rapports , aux  archives  des  Travaux  historiques de  la  ville  de  Paris,  rapport  du  21  juin  1874,  et  à la  Biblioth.  de la  ville,  Papiers  Vacquer,  dossier  6);  mais  il  rejoignait  la  Seine plus  à l’ouest,  le  long  de  la  rue  de  Bièvre,  qui  lui  était  paral- lèle. C’est  ce  que  prouvent  les  textes  de  l’époque  et  les  fouilles qui,  en  1877,  ont  permis  de  retrouver  des  traces  de  ce  canal  sous  une maison  du  boulevard  Saint-Germain,  presque  à l’angle  de  la  rue  des Bernardins  (Rapports  Vacquer,  loc.  cit.,  rapport  du  29  juin  1877). Entre  1148  et  1154,  accord  entre  les  abbayes  de  Sainte-Gene- viève et  de  Saint-Victor,  autorisant  cette  dernière  « ut  totam aquam  Beveris  de  sub  molendino  nostro  acceptam  per  terrain ecclesie  nostre  (S.  Genofeve)  ad  porprisium  ecclesie  sue  (S.  Vic- toris)  et  inde  pro  voluntate  eorum  usque  in  Sequanam  versus Parisius  ducerent  et  de  eadem  aqua  infra  ambitum  murorum  suo- rum  et  extra  quicquid  eis  esset  utile  ac  necessarium  facerent, excepto  quod  molendinum  eis  extra  muros  facere  non  licebit  nec ad  suum  molendinum  aliquos  recipere  molentes  » (R.  de  Lastey- rie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  352)  ; et  l’accord  est  précisé  sur certains  points  par  une  charte  de  l’abbé  de  Clairvaux  notifiant que  l’abbaye  de  Sainte-Geneviève  a autorisé  celle  Saint-Victor  à détourner  l’eau  de  la  Bièvre  « de  sub  molendino  quod  Cupels appellatur  acceptam  usque  ad  suam  ecclesiam...  et  inde  versus Parisius  in  Sequanam...  et  ut  prefatæ  ecclesiæ  beati  Victoris liceret  in  eadem  aqua  infra  muros  suos  molendinum  facere  ad suos  usus  et  quicquid  utilitatis  in  aqueductu  illo  infra  eosdem muros  et  extra  propriis  expensis  extruere  valeret  » (■ ibid .,  n°  353. Cf.  ibid.,  n03  354  et  381).  En  juin  1202,  un  accord  intervient entre  les  deux  abbayes  au  sujet  du  niveau  de  l’eau  dans  le  canal de  Bièvre  (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  L 892,  n°  2)  et  en  1226,  il  fau- dra encore  un  accord  pour  mettre  fin  aux  contestations  entre  les deux  abbayes,  celle  de  Saint-Victor  se  plaignant  de  ce  que  les censitaires  de  Sainte-Geneviève  « impediebant  cursum  aque  tum propter  latrinas  quas  fundaverant,  cum  propter  edificia  que  cons- truxerant  super  ripam,  ita  quod  non  poterat  alveus  commode curari  neque  euratio  commode  jactari  ».  Les  arbitres  décident que  tous  les  édifices  « proininentia  super  cursum  aque,  sive  lotgie sint  sive  latrine,  diruantur;  pâli  etiam  qui  in  eodem  cursu  aque infixi  sunt  et  cursum  aque  impediunt  evellantur...  » Ils  ajoutent que,  « si  alveus  nimis  strictus  sit,  dilatabilur  ad  mensuram  novem pedum;  quod  si  nimis  largus  sit,  restringetur  usque  ad  mensu- ram eandem  et  eadem  mensura  servabitur  in  terra  Sancte  Geno- vcfe  et  Sancti  Victoris  ».  Enfin  l’abbaye  de  Sainte-Geneviève  devra NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS 73 construire  un  pont  de  pierre  d’une  seule  arche  et  de  10  pieds  de large  pour  franchir  la  rivière  à l’endroit  où  elle  traverse  ses terres  (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  L 892,  n°  3).  Le  texte  que  nous citons  à l’article  « Bièvre  (rue  de)  » prouve,  en  outre,  que  le  canal de  Bièvre  longeait  cette  rue. Bièvre  (pont  sur  la).  — Pont  qui  franchissait  le  canal  de  Bièvre en  face  de  la  rue  de  Bièvre  et  que  Philippe  de  Itis  fut  tenu  de rétablir  en  vertu  d’un  accord  du  28  août  1224  (orig.,  Arch.  nat., S 1508A,  n°  40).  En  1226,  un  acte  d’accord  entre  les  églises Saint-Victor  et  Sainte-Geneviève  stipule  la  construction  par  celte dernière  d'un  second  pont,  large  de  10  pieds,  en  pierre  et  d’une seule  arche,  en  amont  du  premier,  semlde-l-il  orig.  scellé,  Arch. nat.,  L 892,  n° 3). Bièvre  (rue  de).  — Dans  une  charte  du  28  août  1224,  relatant un  accord  intervenu  entre  l’abbaye  de  Sainte-Geneviève  el  Phi- lippe de  Bis,  bourgeois  de  Paris,  il  est  stipulé  que  Philippe remettra  en  état  le  pont  qui  permettait  auparavant  de  franchir la  Bièvre  « in  vico  de  Bievre  ».  Celle  dernière  rue  devra  avoir une  largeur  de  dix  pieds  et  demi  (orig.,  Arch.  nat.,  S 1508A,  n°46). Boucherie  du  Grand  Pont.  — La  principale  et  la  plus  ancienne boucherie  de  Paris,  installée  sur  la  rive  droite  de  la  Seine, près  du  Grand  Pont.  En  1147,  Eugène  III,  confirmant  les  pos- sessions de  l'abbaye  de  Montmartre,  y comprend  « Parisius, domum  unain  juxta  Parvum  pontem  ; alteram  juxla  status  carnifi- cum  » (E.  de  Barthélemy,  Recueil  des  chartes  de  l'abbaye  de  Mont- martre, p.  79).  En  1153-1154,  Louis  VII  rappelle  que  « in  civitate Parisiensi,  ad  portam  Magni  pontis  el  nusquam  alibi  solebant  esse carnifices  et  vendere  suas  carnes  » et  il  leur  permet  de  vendre de  la  viande  ailleurs  (B.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris, n°  380).  En  1100-1187,  la  donation  d’un  étal  « in  macello  Pari- siensi » est  confirmée  à l’abbaye  de  Montmartre  ( ibid .,  n°  463).  Les autres  chartes  de  cette  abbaye  prouvent  qu’il  s’agit  de  la  boucherie du  Grand  Pont.  En  1204,  Guillaume,  prieur  de  Saint-Martin-des- Champs,  concède  aux  Templiers  « quoddain  stallum  quod  habe- bamus  ante  bocheriam  Porte  Parisiensis  contiguum  domui  ipso- rum  » (il  s'agit  de  la  Porte  de  Paris,  au  Grand  Pont),  en  échange d’un  pré  sis  ;'i  Noisy  (orig.,  Arch.  nat.,  M 14,  n°  1).  En  1207,  un 74  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS accord  intervient  entre  les  moines  de  Saint-Martin-des-Champs et  Jean  l’Enfant  et  sa  sœur  au  sujet  de  « quibusdam  stallis  que sunt  juxta  portam  carnificum  ad  Magnum  pontem  » (orig.,  Arch. nat.,  S 1338,  n°  12).  En  1210,  Philippe  Auguste  notifie  l'accord intervenu  entre  les  bouchers  de  Paris  et  l'abbaye  de  Montmartre au  sujet  de  la  maison  de  feu  « Guerricus  »,  à la  Porte  de  Paris, et  de  23  étaux  qui  sont  en  ladite  maison  ainsi  que  de  deux  autres « que  sunt  cum  veteribus  stallis  » (E.  de  Barthélemy,  Recueil  des chartes  de  l’abbaye  de  Montmartre , p.  146  ===  Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste , n°  1199). Boucuerie  du  Petit  Pont.  — En  1202,  Eude,  évêque  de  Paris, notifie  la  fondation  d'une  chapellenie  perpétuelle  en  la  « celle  » de Saint-Saturnin  « de  Campiniaco  »,  à laquelle  Eude  de  Saint- Merry  a donné  dix  sous  de  cens  annuel  « super  domum  suam de  Parvo  ponte,  que  est  juxta  stallos  carnificum  » (copie  de l'an  1209,  Arch.  nat.,  LL  1331,  fol.  56).  En  juillet  1219,  Raoul « de  Plessiaco  » et  Alice,  sa  femme,  vendent  « mercatoribus  con- fratribus  de  draperia  Parisius  unam  domum  que  fuit  Bartholomei de  Furcose,  sitam  rétro  bucheriam  Parvi  pontis  » (orig.,  Arch. nat.,  S 1494®,  n°  23). Bourg  Tiboud.  — Bourg  tirant  son  nom  de  Tiboud  le  Riche (. Tiboldus  Dives),  son  fondateur  évidemment,  et  qui  a laissé  un souvenir  dans  le  nom  de  la  rue  actuelle  du  Bourg  Tibourg  (cf. E.  Richemond,  Un  diplôme  inédit  de  Philippe  Auguste , dans  les Annales  de  la  Société  histor.  et  archéol.  du  Câlinais , t.  XXIV,  1906, p.  19-20).  Il  est  mentionné  dans  un  acte  de  janvier  1204 (1205,  n.  st.)  relatif  à un  échange  conclu  entre  les  Templiers  et les  moines  de  Saint-Eloi  de  Paris,  en  vertu  duquel  les  premiers abandonnent  une  maison,  près  la  porte  Baudoyer,  et  les  seconds « terrain  suam  que  contigua  est  burgo  Tiboldi  » (orig.,  Arch.  nat., S 1091e,  n°  24).  En  juillet  1220,  « Osmundus  Gallinarius  » et  sa femme  « Adelina  » vendent  aux  moines  de  Saint  Éloi  de  Paris 13  sous  de  crois  cens  « super  quibusdam  domibus  sitis  Parisius in  burgo  Tyboudi,  in  censiva  Sancti  Eligii  Parisiensis  » (orig., Arch.  nat.,  S 1069A,  n°  1). Bruneau  (clos).  — Ancien  clos  de  vignes  situé  entre  le  clos  de Ga.rla.nde  et  la  place  Maubert,  En  juin  1202,  l’évêque  Pierre  le  livra NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  75 à des  hôtes  « ad  habitandum  » (voir  ci-dessus,  p.  26).  Le  nom de  « clos  Bruneau  » n'en  continua  pas  moins  à désigner  ce  quar- tier de  Paris.  En  1200  (coït.  1210?),  Gilbert,  chanoine  d’Amiens, donne  à Saint-Victor  de  Paris  une  maison  qu'il  avait  « in  civitate Parisius,  in  clausura  Brunelli  » (copie  du  xni°  siècle,  Cartul.  de Saint-Victor,  Arch.  mot.,  LL  1450v,  fol.  32).  En  1216,  « Hodear- dis  »,  veuve  de  Nicolas  le  fripier,  donne  aux  lépreux  de  Saint- Lazare  4 sous  de  cens  annuel  sur  une  maison  sise  « Parisius,  in clauso  Brunelli  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 80,  n°  33).  En  mars  1220 (1221,  n.  st.),  le  roi  revendique  contre  l’évêque  certains  droits « in  clauso  Brunelli,  sito  infra  muros  et  ambilum  murorum  Pari- sius  » Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  1,  p.  514,  n°  1439  = Delisle,  Cutaloyue  des  actes  de  Philippe  Auguste , n°  2032).  En  1222, le  roi  et  l’évêque  s'accordent  encore  au  sujet,  entre  autres,  de  la justice  « in  clauso  Brunelli  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1092v, n°  3‘ ; Teulet,  op.  cit.,  t.  I,  p,  554,  n°  1554  = Delisle,  op.  cit., n°  2180). Cerf  (rue  du).  — Appelée  aujourd'hui  rue  de  la  Monnaie  (voir Jaillot.  Recherches  critiques,  historiques  et  topographiques  sur  la ville  de  Paris',  quartier  du  Louvre,  p.  49).  En  décembre  1222, il  est  question  d'une  maison  sise  à Paris,  « in  vico  qui  dicitur Cervi  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris, n°  164). Chaillot  (ponceau  de).  — Petit  pont  franchissant  le  ruisseau marécageux  qui  séparait  Paris  de  Chaillot,  sur  la  route  de  Chail- lot, et  qui  subsistait  encore  à la  fin  du  xvue  siècle  sous  le  nom de  Ponceau  (voir  une  déclaration  de  l’an  1698  publiée  par M.  Bournon,  dans  Lebeuf,  Histoire  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse, de  Paris;  rectifications  et  additions , p.  169)  à peu  près  à l’endroit o ù se  trouve  actuellement  la  place  de  l'Alma. En  1222,  le  roi  se  réserve  la  justice  « a domo  quam  Henricus quondam  Remensis  archiepiscopus  edificavit  apud  Luperam usque  ad  poncellum  de  Chailloello  » (orig.  scellé,  Arch.  nat., S 1092A,  n°  3;  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  554, n°  1554  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste, n°  2180). Chaillot  route  d<‘  . — Celte  route  est  mentionnée,  en  1222, 76  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS dans  un  accord  conclu  entre  l'évêque  de  Paris  et  Philippe  Auguste, aux  termes  duquel  le  roi  se  réserve  la  justice  « in  viaria  que  est in  terra  episcopi  a domo  quam  Heinricus  quondam  Remensis archiepiscopus  edificavit  apud  Luparam  usque  ad  poncellum  de Chailloello,  scilicet  in  strata  regali  que  est  decem  et  octo  pedum ad  pedem  manum  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1092A,  n°  3 ; Teulet, Layettes  du  Trésor  des  chartes , t.  I,  p.  554,  n°  1554  = Delisle,  Cata- logue des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°2180).  Cette  route  est  expres- sément distinguée,  dans  Pacte,  de  celle  qui  passait  devant  l’église Saint-Honoré  Elle  devait  passer  au  sud  du  Louvre,  le  long  de l'hôpital  Saint-Thomas  du  Louvre  ; mais  ce  n'est  qu’une  hypothèse. Cuampeaux.  — Lieu  dit,  sur  l’emplacement  duquel  furent  éle- vées les  halles.  Les  textes  qui  le  mentionnent  sont  trop  nombreux pour  qu’il  soit  utile  de  les  indiquer  tous.  Les  plus  anciens  sont publiés  ou  analysés  par  R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris, nos  173  (ann.  1117),  213  (ann.  1126),  264  (ann.  1137),  267  (1137- 1138),  271  (ann.  1138),  272  (ann.  U38),  368  (vers  1150),  506  (1172- 1173).  Rigord,  entre  autres,  y situe  expressément  l’église  des Innocents  et  les  halles  [Liber,  § 6 et  20).  La  forme  vulgaire  du nom,  « Campeaus  »,  se  rencontre  dès  1138  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris,  n°  271).  En  1209,  un  échange  est  conclu  entre l’église  Saint-Honoré  et  l’église  Saint-Denis-de-la-Chartre,  qui reçoit  une  maison  sise  « apud  Campiaux  » (orig.,  Arch.  nat., S 1822,  n°  77);  en  1217,  vente  est  faite  à la  léproserie  de  Saint- Lazare  d’une  maison  « sita  Parisius  an  Champiaus  » (copie  du xme  siècle,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  68  v°). — Voir  les  articles  Halles  et  Saints-Innocents. Chanvrerie  (rue  de  la).  — Cette  rue  subsistait  sous  ce  nom  à la lin  du  xviiic  siècle  (voir  le  plan  de  Verniquet)  ; la  rue  Rambuteau, entre  la  rue  Saint-Denis  et  les  Halles,  en  emprunte  le  tracé.  — En juin  1218,  donation  est  faite  à l’Hôtel-Dieu  de  Paris  par  Gautier de  Senlis  d’un  cens  sur  une  maison  sise  « in  vico  de  Chanaberia prope  sanctum  Maglorium  » (copie  du  xiv°  s.,  Cartul.  de  Saint- Magloire,  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  5413,  fol.  92  r°).  En  mars  1223 (1224,  n.  st. ) , donation  est  faite  au  même  établissement  d’un cens  sur  une  maison  sise  « in  vico  Canaberiorum  » (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  172). NOMENCLATURE  DES  RUES,  lieux  dits  et  monuments  77 Cuaraurri  (rue).  — Une  qui  serait  devenue  plus  tard  la  rue  de Perpignan  suivant  Jaillot,  Recherches  critiques,  historiques  et  topo- graphiques sur  la  ville  de  Paris  ; quartier  de  la  Cité , p.  155.  La  rue de  Perpignan  est  tracée  sur  les  plans  du  xviiP  siècle  (voir  le  plan de  Verniquet).  Elle  a été  englobée  dans  l’Hôtel-Dieu  actuel.  — Le 23  mai  1181,  Maurice,  évêque  de  Paris,  notifie  la  donation  faite  à l'église  Saint-Victor  de  Paris  par  Robert  « de  Chela  » d’un  cens annuel  à percevoir  « super  caméras  quas  habebat  rétro  domum suam  majorera  que  est  in  Carrelo  Alrici  » (orig.  scellé,  Arch.  nat., L 893,  n°  G).  En  1187,  donation  est  faite  à l’Hôtel-Dieu  d'une maison  sise  « in  vico  qui  d ici  tu  r Charaurri  » (Brièle  et  Coyecque, Archives  de  l Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°27).  En  1205,  Eude,  évêque  de Paris,  notifie  la  donation  faite  à l’église  Notre-Dame-des-Champs par  Gautier  « li  eschans  » d’une  maison  sise  « en  Charrauri  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 920,  n°  18).  Vers  1220,  les  Templiers  cèdent à Saint-Victor  de  Paris  leurs  droits  sur  une  maison  sise  « in  Car- reto  Aurici  » (copie  du  xmc  s.,Cartul.  de  Saint-Victor,  Arch.  nat., LL  1450A,  fol.  29  r°).  Dans  sa  Philippide , Rigord  (livre  II, vers  228)  fait  dire  à un  ennemi  de  Philippe  Auguste  qu’il  con- vient de  se  battre  jusqu'à  ce  qu’on  ait  forcé  les  portes  de  Paris  et planté  l’étendard  flamand  en  plein  cœur  de  la  cité,  « medio v i c i — Chalauri  ».  (H. -F.  Delaborde,  Œuvres  de  lligord  et  de  Guil- laume le  Breton,  t.  II,  p.  49). Chardonnet.  — Lieu  dit  dont  le  souvenir  s’est  conservé  jusqu’à nos  jours  dans  le  nom  de  l’église  Saint-Nicolas  du  Chardonnet.  Il est  très  fréquemment  mentionné  dans  les  chartes.  Voir  Ii.  de Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  nos  209  (ann.  1120),  290  et 293  (vers  1142),  325  (1146-1147),  575  (1180-1181),  581  (vers  1180). Nous  indiquons  ici  quelques  chartes  relatives  aux  vignes  plan- tées en  ce  lieu.  En  octobre  1209,  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie que  Jean  de  Bièvre  et  son  neveu  Gui  ont  vendu  à l’abbaye  de Saint-Victor  « quicquid  habebant  in  Cardineto,  in  lorculari  vidc- licet  et  in  censibus  » (orig.,  Arch.  liai.,  K 973,  n°  3).  En  1213, vente  est  faite  à Guillaume  « de  Securio  >\  chapelain  de  l'archi- diacre de  Paris,  par  Guillaume  Gaine  et  sa  femme  d’une  vigne « quam  habebant  in  Cardoneto  apud  Sanctum  Victorem  » orig., Arch.  nat.,  S 90B,  n°  54).  En  1214,  vente  par  le  chapitre  de  Saint- Marcel  au  chapitre  de  Saint-Victor  d'un  arpent  de  vigne  sis  « in Cardoneto,  in  censiva  Sancli  Victoris  » (orig.  scellé,  Arch.  nat., S 2161  . En  août  1217,  Guillaume  « de  Securio  »,  prêtre  de 78 NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Limoges,  donne  un  demi  arpent  de  vigne  sis  « in  Cardineto,  in censiva  Sancte  Genovefe  » pour  subvenir  à l’entretien  d’un  cha- pelain qu’il  institue  en  l’église  Notre-Dame  (double  orig.,  Arch. nat.,  S 90B,  nos  51  et  53).  En  mai  1221,  vente  par  « Aalipdis  » de Gand  à l’église  Saint-Victor  d’une  vigne  sise  « in  Gardoneto  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  K 973,  n°  6).  En  avril  1222,  vente  par Martin  Coterel  et  sa  femme  Marie  au  juif  Bonnevie  d’un  demi arpent  de  vigne  sis  « in  Gardoneto  » (orig.  scellé,  Arch.  nat., Iv  973,  n°  7). Cuateau-Fêtu.  — Maison  voisine  de  la  rue  Saint-Honoré  et  du carrefour  de  l’Arbre  Sec  et  contiguë  à l’ancienne  rue  de  Bétizy (cf.  des  notes  de  Bonnardot  et  R.  Boulenger,  dans  le  Bull,  de  la  Soc. de  l’hist.  de  Paris  et  de  l’Ile  de  France , 1875,  p.  109,  et  1879,  p.  144, et  Bournon,  dans  Lebeuf,  Hist.  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de Paris;  rectifications  et  additions,  p.  13).  En  janvier  1221  (1222, n.  st.) , Gui  d’Auxerre,  bourgeois  de  Paris,  s’engage  à acquitter  à l’abbaye  de  Saint-Antoine  de  Paris  le  cens  qu’il  payait  à feue  Cla- rice  pour  une  maison  « sitam  Parisius  apud  Chatelfestu  » (copie du  xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Antoine,  Arch.  nat.,  LL  1595,  fol.  29  v°). Châtelet  du  Grand  Pont.  — Dès  le  IXe  siècle,  on  trouve  mention du  châtelet  bâti  à la  tète  du  Grand  Pont  (voir  Édouard  Favre, Eudes,  comte  de  Paras  et  roi  de  France,  fasc.  99  de  la  Biblioth.  de l'Ecole  des  hautes  études,  sciences  histor.  et  philolog .,  p.  25),  et suivant  Vacquer  (cité  par  M.  Favre),  on  en  aurait  retrouvé  les substructions.  En  1154-1155,  l’abbesse  de  Montmartre  concède aux  marchands  de  poissons,  — qui  se  tenaient  sur  la  rive  droite, au  débouché  du  Grand  Pont,  — « quandam  plateam  Parisius, super  stratam  juxta  castellum  regis  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris,  n°  381).  A la  même  époque,  un  procès  se  ter- mine par  l’emprisonnement  d’une  des  parties  « in  castello  » ou « in  castellulo  » [Ibid.,  n°  388,  et  notice  du  même  procès  signa- lée par  M.  Delisle,  Recueil  des  historiens  de  la  France,  t.  XXIV, p.  16*).  C’est  sans  doute,  dans  l’un  et  l’autre  cas,  du  châtelet  du Grand  Pont  qu’il  est  question.  En  1198,  Philippe  Auguste  notifie que  son  chambrier  Gautier  lègue,  entre  autres,  à son  fils  Jean « quingentos  solidos  in  Castelleto  Parisius  »,  c’est-à-dire  sur  le châtelet  du  Grand  Pont,  ainsi  qu’il  semble  ressortir  du  contexte (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  L 888 A,  n°  30,  publié  avec  fac-similé  par E.  Richemond,  dans  les  Annales  de  la  Soc.  hist.  et  archéol.  dit NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX.  DITS  ET  MONUMENTS  79 Gâtinais,  t.  XXIV,  1906,  p.  6).  En  1202,  Philippe  Auguste  donne à l’un  de  ses  écuyers  trois  boutiques  « Sublus  Caslclletum  » (orig. scellé,  Arch.  nat.,  S 25,  n°  13  — Delisle,  Catalogue  dus  actes  de Philippe  Auguste,  n"  718).  En  septembre  1206,  le  même  notilie le  don  fait  à l’église  de  Montmartre  par  Nicolas  le  Boucher,  son sergent,  d’une  « voltam  quam  habebat  Parisius  ante  castelletum nostrum  » (E.  de  Barthélemy,  Recueil  des  chartes  de  l'abbaye  de Montmartre,  p.  1-11  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe Auguste,  n°  1004).  Cette  donation  est  confirmée  en  novembre 1206  par  l’évêque  de  Paris  Eude  (E.  de  Barthélemy,  Recueil  cité, p.  143  , et  les  autres  chartes  de  l’abbaye  de  Montmartre  prouvent qu’il  s’agit  du  châtelet  du  Grand  Pont.  En  septembre  1206  encore, une  autre  « voûte  » sise  à Paris  « sub  castellulo  domini  regis  de Magno  ponte  » est  cédée  aux  religieuses  de  Montmartre  par  Gau- tier le  Jeune,  chambrier  de  Philippe  Auguste  (E.  de  Barthélemy, Recueil  cité,  p.  142).  Guillaume  le  Breton  {Liber,  § 200)  nous apprend  que  la  plupart  des  prisonniers  faits  à la  bataille  de  Bou- vines, en  1214,  furent  enfermés  « in  duobus  castelletis,  in  capili- bus  utriusque  pontis  sitis  Parisius  » (éd.  Delaborde,  Œuvres  de Rigord  et  de  Guillaume  le  Breton , t.  I,  p.  294).  En  1219,  Philippe Auguste  concède  à Thiboud  de  Chartres  deux  boutiques  « que sunt  subtus  Castelletum  Parisius  » (Douet  d'Arcq,  Recherches  his- toriques et  critiques  sur  les  anciens  comtes  de  Beaumont-sur-Oise , p.  (j(j  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  1927  . C ra  te  le  T du  Petit  Pont.  — Il  existait,  dès  le  IXe  siècle, un  châtelet  en  tête  du  Petit  Pont  (voir  Édouard  Favre,  Eudes, comte  de  Paris  et  roi  de  France,  p.  25  et  46).  Philippe  Auguste  en lit  rebâtir  un  nouveau,  dont  le  devis  a été  conservé  dans  le registre  A de  sa  chancellerie,  fol.  94  r°  : « Castellulum  de  Parvo Ponte.  — Murus  habebit  oclo  tcsias  de  alto  desuper  pavimen- tum  de  calceia  et  sex  pedes  de  spisso  usque  ad  rainer  et  duo mûri  in  quibus  porte  sedebunt.  Omne  hoc  debel  furnire  de  che- minetis  et  de  duobus  paribus  portarum  et  posticum  ad  intran- dum  firmitatem.  liée  omnia  parata  erunt  et  furnita  de  solivis  et de  merreno  et  covertura  de  teghla.  El  liet  ibi  unus  carcer  cum tribus  eslagiis  : primum  estagium  eri L lotum  grafatum  de  ferro et  voxum  et  duo  paria  de  pavimentis  desuper  et  due  camere  pri- vale.  De  tota  hac  summa  debet  habere  quingentas  libras  pari- siensium,  tali  modo  quod  debent  ibi  esse  LXXI  tesie  mûri.  Si minus  fuerit,  cadet  de  qualibet  tesia  C sol.  » (fac-similé  du registre,  publ.  par  E.  Delisle;  édité  par  A.  Tuetey,  dans  les 80  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Archives  des  missions,  3e  série,  t.  VI,  1880,  p.  349;  traduit  ci-des- sus, p.  56).  Dans  le  même  registre,  au  fol.  1 v°,  on  trouve  la  liste des  Juifs  détenus  sans  doute  dans  ce  même  châtelet  : « Isti  Judei remanebunt  in  castelleto  secundum  pontem...  » (Delisle,  Cata- logue des  actes  de  Philippe  Auguste , p.  508).  Dans  une  liste  des feudataires  de  l'évêque  de  Paris  rédigée  entre  les  années  1197  et 1208,  il  est  dit  que  Hugue  de  Chaumont  tient  de  lui  « cameram castelleti  de  Parvo  ponte  » (Guérard,  Cartulaire  de  Notre-Dame de  Paris , t.  I,  p.  5,  n°  5).  Nous  avons  cité  à l’article  précédent  un passage  de  Guillaume  le  Breton  mentionnant  l’emprisonnement au  châtelet  du  Petit  Pont,  en  1214,  de  quelques  prisonniers  de guerre.  Enfin,  en  1222,  le  roi  accorde  à l’évêque  des  dédommage- ments pour  le  préjudice  que  lui  a porté  la  construction  de P « accincta  castelli  Parvi  pontis  et  appenditiorum  ejus  » (orig. scellé,  Arch.  nat.,  S 1092A,  n°  3;  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des chartes , t.  I,  p.  554,  n°  1554  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de Philippe  Auguste , n°  2180). Cuèvreçon  (rue).  — Rue  non  identifiée.  « Parisius,  in  vico  qui vocatur  Chevruchun  »;  « IlII01'  denarios  de  hospilibus  de  Chevru- chun  » (chartes  de  1142  env.,  dans  R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général de  Paris,  nos  290  et  293);  « Parisius,  in  vico  qui  vocatur  Chevru- chun » (charte  de  1146-1147,  ibid.,  n°325);  « in  vico  qui  vocatur Chevreceon  » (charte  de  1177-1178,  ibid.,  n°  551);  « Parisius,  in vico  qui  vocatur  Chevruchun  » (charte  de  1180  env.,  ibid.,  n°  581). Le  nom  de  cette  rue  signifie  évidemment  rue  du  chevreau (cf.  Godefroy,  Dictionnaire  de  l’ancienne  langue  française , v° Chevreson). Cité  (ile  de  la).  — Les  documents  relatifs  à cette  île  sont  trop nombreux  pour  qu’il  soit  utile  d’en  donner  ici  un  relevé. ClicüY  (route  de).  — En  1204,  Eude,  évêque  de  Paris,  notifie  le don  fait  par  « Renoldus  Chereins  » de  neuf  arpents  de  terre  sis « prope  muros  Parisienses,  super  viam  que  tendit  ad  Clichi  » en vue  de  la  fondation  d'une  chapelle,  — la  chapelle  Saint-Honoré (double  orig.,  Arch.  nat.,  L 612,  n°  1,  et  S 1822,  n°  90;  Félibien, Ilisl.  de  Paris,  t.  III,  p.  76).  En  1205,  autorisation  est  accordée par  Jean,  doyen  de  Saint-Germain-l’Auxerrois,  de  bâtir  une chapelle  (toujours  la  chapelle  Saint-Honoré)  « prope  portam NOMENCLATURE  DES  RUËS,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  8l Parisiensem,  secus  viam  que  tendil  ad  Clichi  » (orig.,  Arch.  nat., L 612,  n°  2;  Félibien,  Hist.  de  Paris,  t.  III,  p.  76).  Cetle  mesure esl  confirmée  eu  août  1207  à peu  près  dans  les  mêmes  termes par  Eude,  évêque  de  Paris  (vidimus  de  fan  1317,  Arch.  nat., L 561,  n°  4 ; copie  du  xvi°  s.,  Ibid  , LE  388,  fol.  72  r°).  Il  ressort de  ces  textes  que  la  route  de  Clicliy  suivait  le  tracé  de  la  rue Saint-Honoré.  A une  certaine  distance  de  Paris,  elle  se  partageait en  deux  : la  route  de  Clichy  et  la  route  du  Roule  (voir  l’article Roule),  la  première  suivant  sans  doute  le  tracé  de  la  route  de Clichy,  telle  qu’elle  ligure  au  xvme  siècle  sur  le  plan  de  Verniquet (rue  de  Clichy,  puis  avenue  de  Clichy  actuelles). Cloître  Notre-Dame.  — Ce  cloître  s’étendait  surtout  au  nord et  à l'est  de  l’église  Noire-Dame.  Nous  citerons  ici  les  documents les  plus  précieux  au  point  de  vue  topographique,  antérieurs  à l'époque  deLouisVIII.  En  1108,  l’archidiacre  Étienne  de  Garlande lègue  au  chapitre  Notre-Dame  « domum  suam,  quam  liabet  in claustro  sanctæ  Mariæ  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de Paris,  n°  147),  maison  dont  nous  savons  par  deux  autres  chartes (iô/’o?.,  nos  200  et  201)  qu’elle  était  contiguë  à la  chapelle  Saint- Aignan.  Entre  les  années  1112  et  1116,  Louis  VI,  délimitant la  région  sur  laquelle  s’exerce,  en  la  Cité,  la  « voirie  » de  l’évêque de  Paris,  déclare  : « Terra  igitur  ilia  quæ  incipit  a porta  claus- tri  beatæ  Mariæ,  ab  ilia  scilicet  porta  quæ  proxima  est  domi- bus  Stephani  archidiaconi,  ilia,  inquam,  terra,  a sinistro  existens latere,  sicut  publica  distinguit  via,  usque  ad  domum  Ansoldi  et ab  ilia  domo  lineatim  usque  ad  caput  æcclesiæ  Sancli  Christofori, et  a capite  illo  usque  ad  muros  veteris  æcclesiæ  Sancli  Stephani, tota,  inquam,  terra  ilia  cum  ediliciis  suis,  quemadmodum  a pre- dicta  circumcingitur  et  clauditur  via,  undique  usque  ad  muros claustri  beatæ  Mariæ  sub  poteslate  Parisiensis  episcopi  et  in viatura  tantummodo  illius  jure  antiquitatis  existit  » ( ibid .,  n°  136 — Luchaire,  Louis  VI  le  Gros,  n°  218).  En  1120,  Louis  VI  englobe dans  l'immunité  accordée  au  cloître  les  maisons  de  deux  cha- noines de  Notre-Dame,  « quæ  antea  de  claustro  non  erant,  ante portam  æcclesiæ  ad  occidentalem  videlicet  plagam  sitas,  cum earum  appendiciis  et  omnibus  quæ  infra  ipsarum  muros  usque ad  fluvium  Secanæ  conlinentur  » (R.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  n°  185 = Luchaire,  op.  cil.,  n°  284).  Vers  1127,  il  esl  décidé  « ut  neque scolares  exlranei  in  domibus  claustri  ullerius  hospitarentur, neque  in  ilia  parte  claustri,  quæ  vulgo  Tresantiæ  norninantur deinceps  legerent  neque  scole  huberentur;  sed. . . infra  ambitum 82  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS claustri  quidam  locus  adherens  episcopali  curie,  per  quam  introi- tum  et  exitum  scolares  habebant,...  electus  et  coopertus  est  in quo  scole  ecclesie  deinceps  tenerentur  et  regerentur  » (R.  de  Las- teyrie,  op.  cit.,  n°  220).  Eu  1189,  Gautier,  chambrier  du  roi, donne  au  chapitre  Notre-Dame  ce  qu’il  possédait  « in  insula  que est  pone  claustrum  Parisiense  »,  c’est-à-dire  dans  l’ile  appelée aujourd'hui  île  Saint-Louis  (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame , t.  I, p.  295,  n°14).  En  1212,  il  est  question  des  maisons  de  Hugue  Clé- ment, doyen  de  l’église  de  Paris,  sises  « [in]  claustro  Parisiensi... juxta  domum  que  dicitur  antiquo  nomine  Aquileia  » (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  /’ Hôtel-Dieu  de  Paris , n°  109).  En  mai  1217, Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  que  le  chanoine  Helloin  a con- firmé le  don  fait  par  Froger,  son  père,  et  « Richoldis  »,  sa  mère, à l’église  Notre-Dame  d’une  maison  sise  « in  paraviso,  Parisius, juxta  claustrum  » (orig.,  Arch.  nat  , S 1A,  n°  20;  analyse  dans Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  II,  p.  528,  n°  9).  En mars  1221  (1222,  n.  st.) , maître  Jean  Lambert  de  Chartres  notifie que  le  couvent  de  Saint-Lazare  lui  a concédé  viagèrement, moyennant  un  cens  annuel,  une  maison  sise  « in  eivitate  Pari- siensi, prope  claustrum  Parisiensis  ecclesie  super  Secanam  » (copie  du  xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210, fol.  120).  Suivant  l’obituaire  de  Notre-Dame,  l’évêque  Guillaume, mort  le  23  novembre  [1223]  donna  à l’église  80  livres  parisis, dont  GO  à prendre  « in  retractatione  domus  site  in  paraviso,  ad portam  claustri,  juxta  ecclesiam  Sancti  Johannis  Rotundi,  que  fuit Ilerloini  concanonici  nostri  »,  maison  mentionnée  déjà  plus  haut, sous  l’année  1217  (Molinier,  Obituaires  de  la  province  de  Sens , t.  I,  p.  203).  Un  acte  de  mai  1225  parle  d’une  maison  sise  cc  in vico  Sancte  Marine  juxta  muros  claustri  b.  Marie  » (Guérard, Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  529,  n°  12). Couteaux  (moulin  de).  — Entre  1118  et  1151,  il  est  question  du moulin  « quod  Cupels  appellatur  »,  situé  sur  la  Bièvre,  et  à partir duquel  les  religieux  de  Saint-Victor  sont  autorisés  à dévier  le cours  de  la  rivière  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  gén&i'al  de  Paris, n°  353).  On  ne  peut,  par  suite,  en  confondre  l’emplacement  avec celui  de  la  butte  des  Coupeaux  qui  subsiste  encore  aujourd’hui  sous le  nom  de  « Labyrinthe  » au  Jardin  des  Plantes.  — En  juin  1202 un  accord  a lieu  entre  l’abbaye  de  Saint-Victor  et  celle  de  Sainte- Geneviève  au  sujet  de  la  dérivation  de  la  Bièvre  pratiquée  par  les chanoines  de  Saint-Victor  « de  sub  molendino  nostro  (S.  Geno- vefe)  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  L 892,  n°  2).  C’est  le  même  moulin. Nomenclature  des  rues,  lieux  dits  et  monuments  83 Courroirie  (la).  — Lieu  dit,  situé  près  de  l’hôpital  Sainte- Catherine  suivant  Jaillot,  Recherches...  sur  la  ville  de  Paris  ; quar- tier Saint-Jacques  de  la  Boucherie , p.  30,  et  aux  abords  de  la  rue Troussevache  d’après  un  acte  d’octobre  1225  portant  donation aux  moines  de  Saint-Martin-des-Champs  par  Étienne  « de  Mere- mont  » et  sa  femme  d’un  cens  qu'ils  possédaient  à Paris,  « in corrigiaria,  in  vico  qui  appellatur  Trossevache  » (orig.,  Arcb.  nat., S 1400,  n°  36). Couture  l'Evêque.  — A peu  près  sur  l'emplacement  du  quar- tier actuel  du  Palais-Royal.  En  1185,  Maurice  de  Sully,  évêque  de Paris,  notifie  que  Guillaume  de  la  Chambre  a vendu  aux  moines de  Saint-Éloi  de  Paris  une  maison,  en  donnant  pour  gage  de  cette vente  une  autre  maison  sise  « in  burgo  nostro  » (le  bourg  Saint- Germain-l'Auxerrois),  « in  vico  Sancti  Germani  Aulissiodorensis, cuin  quatuor  arpennis  terre  non  longe  a cultura  noslra  » (orig., Arch.  nat.,  S 1068A,  n°  30).  En  1196,  le  même  Maurice  de  Sully reconnaît  que  « Iota  décima  de  cultura  nostra  juxta  Parisius spectat  ad  ecclesiam  Sancti  Germani  Autissiodorensis  » (V, Mortet,  Maurice  de  Sully,  pièce  pistil'.  n°  44).  Même  déclaration faite  dans  les  mêmes  termes  en  1198  par  l’évêque  Eude  (copie  du xive  s.,  Arch.  nat.,  L 568,  n°  1,  neuvième  pièce  ; vidimus  de  4322, ibid.,  L 568.  n°  3 . En  1222,  Philippe  Auguste  déclare  ne  réclamer en  la  « cultura  episcopi  » que  la  juridiction  des  meurtres  et  des vols  patents  ou  avoués  (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1092A,  n°  3; Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes , t.  I,  p.  554,  n°  1554  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  2180:  . Crèvecoeur  (orme  dit  de).  — Orme  voisin  de  l'église  Saint- Marcel.  En  avril  1217,  Philippe  Auguste  donne  à Hugue,  son écuyer,  une  maison  ayant  appartenu  à Guérin  le  Maçon,  située « juxta  Sanctum  Marcellum,  ante  ulmum  qui  dieitur  Crieveeuer  » (Bournon,  dans  Lebeuf,  Hist.  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de Paris;  rectifications  et  additions , p.  80=  Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste , n°  1740). Croix  de  la  Reine  (la).  — Croix  située  sur  la  chaussée  Saint- Lazare  (rue  Saint-Denis)  en  face  l’hôpital  de  la  Trinité.  Entre  les années  1185  et  1196,  Jean  de  Drancy  lègue  à Sainl-Martin-des- Champs  quinze  sous  « in  quibusdam  domibus  de  calcea  aille 84  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  Et  MONUMENTS crucem  regine  assignatos  » (copie  du  xme  s.,  Liber  testamentorum S.  Martini  de  Campis,  B i b I . nat.,  ms.  lat.  10977,  fol.  65  v°).  En 1202,  l’évêque  de  Paris  Eude  déclare  que  la  chapelle  de  la maison  hospitalière  « de  cruce  regine  » dépend  de  la  paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois  (double  orig.,  dont  l’un  encore  scellé, Arch.  nat.,  S 100,  nos  9 et  10;  Félibien,  Hisl.  de  Paris,  t.  III, p.  73).  En  1210,  l’évêque  Pierre  notilie  que  les  fondateurs  de ladite  maison,  qu’ils  ont  instituée  « in  honore  sancte  Trinitatis Parisius,  ad  crucem  regine,  in  via  ilia  que  ducit  ad  Sanctum Lazarum  »,  l’ont  donnée  aux  religieuses  d’Hermières  (orig.,  Arch. nat.,  S 100,  n°  6).  En  1211,  A.,  archidiacre  de  Paris,  notifie  que Martin,  prêtre  de  Saint-Germain-l’Auxerrois,  a témoigné  devanL lui  du  don  fait  à l’hôpital  Saint-Lazare  par  Gilbert  le  Roux  d’une maison  sise  « super  calceiam  ante  crucem  regine  » (copie  du xiiP  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch,  nat.,  MM  210,  fol.  123  v°). En  juillet  1224  enfin,  les  moines  de  Saint-Martin-des-Champs donnent  à l’abbaye  d’Hermières  une  terre  sise  à Paris,  auprès de  l’hôpital  de  la  Trinité,  « juxta  crucem  regine  » (orig.,  Arch. nat.,  S 1392,  n°  4). Croülebarbe  (moulin  de).  — Moulin  sur  la  Bièvre,  dont  le  sou- venir s’est  conservé  jusqu'à  nos  jours  dans  le  nom  de  la  rue Croülebarbe.  La  partie  méridionale  de  cette  rue  portait  plus spécialement  le  nom  de  rue  du  Moulin  de  Croülebarbe  à la  fin  du xvme  siècle  (voir  le  plan  de  Verniquet). En  décembre  1214,  un  accord  intervient  entre  le  chapitre  Saint- Marcel  et  Philippe,  marguillier  et  chanoine  de  Paris,  au  sujet d’une  terre  sise  « juxta  molendinum  beate  Marie  Parisiensis  qui appellatur  Crollebarbe  » (1°  charte  d’accord,  orig..  Arch.  nat., S 21,  n°  5;  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  I,  p.  347, n°  39;  — 2°  charte  confirmative  de  l’évêque  Pierre,  de  même date,  double  orig.,  Arch.  nat.,  S 21,  n°  6,  et  S 1927,  n°  32; Guérard,  op.  cil.,  t.  II,  p.  477,  n°  119). Cygne  (rue  du).  — Existe  encoreaujourd’hui.  Vers  1226,  l’Hûlel- Dieu  reçoit  un  cens  à percevoir  sur  une  maison  sise  « in  vico Cigni  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  h Hôtel-Dieu  de  Paris, n°  920). Ecrivains  (rue  des). Aujourd’hui  rue  de  la  Parcheminerie.  — ■ NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  8.” En  décembre  1209,  Henri,  chanoine  de  Saint-Marcel  de  Paris, concède  aux  moines  des  Vaux  de  Cernay  « domum  suam  sitam  in vico  Scriptorum  » (L  Merlet  et  A.  Moutié,  Cartul.  de  Noire-Dame des  Vaux  de  Cernay , t.  I,  p.  176).  En  avril  1220,  un  échange  est conclu  entre  Guillaume  « Furdo  « et  les  Templiers  aux  termes duquel  ces  derniers  reçoivent  des  cens  sur  des  immeubles  sis « in  vico  Scriptorum  » (Arch.  nat.,  S 6086  A). Pour  l'identité  de  la  rue  des  Écrivains  et  de  la  rue  de  la  Par- cherninerie,  voir,  entre  autres,  le  Dit  des  rues  de  Paris  de  Guillot, dans  Leheuf,  Hist.  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris , éd. de  1883,  t.  I,  p.  352,  et  H.  de  Curzon,  La  maison  du  Temple  de Paris , p.  351. Enfer  (four  d'j.  — Emplacement  incertain.  En  1195,  Maurice  de Sully,  évêque  de  Paris,  notifie  la  vente  faite  à l’église  Notre-Dame « de  Monte  Estivo  » par  Jean  « de  Soisiaco  » et  sa  femme  Jeanne d’un  four  sis  à Paris,  « qui  furnus  Inferni  dicilur  » (orig.,  Arch. nat.,  S 3519,  liasse  23,  n°  1 ; Félibien,  Hist.  de  Paris , t.  III,  p.  91). En  mars  1 195  1196,  n.  st.),  ladite  église  vend  ce  « furnus  Inferni  » à l’évêque  (orig.,  Arch.  nat.,  S 3519,  liasse  23,  n°  3).  En  août 1207,  l’évêque  en  dote  l’église  Saint-Symphorien  de  la  Chartre (orig.,  ibid.,  liasse  1 , n°  2 ; Félibien,  op.  cit.,  t.  III,  p.  87  ; Gué- rard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  154,  n°  181),  et  en avril  1214,  Roger  de  la  Chambre  et  Jeanne,  sa  femme,  renoncent aux  droits  qu'ils  y pouvaient  prétendre  (orig.,  Arch.  nat., S 3519,  liasse  23,  n°  4). Fèves  rue  aux).  — Rue  de  la  Cité,  qui  joignait  autrefois  la  rue de  la  Vieille  Draperie  il  la  rue  de  la  Calandre,  parallèlement  à la  rue  actuelle  dite  de  la  Cité  (voir  le  plan  de  Verniquet). Le  9 avril  1207,  l'official  de  Paris  certifie  que  Gaucher  Giffard, clerc,  bourgeois  de  Paris,  a déclaré  posséder  « quamdam  domum sitam  Parisius  in  Falveria  supra  Secanam  » (copie  du  xive  s., Cartul.  de  Saint-Germain-l’Auxerrois,  Arch.  nat.,  L 387,  fol.  67  r°). En  décembre  1223,  les  lépreux  du  Roule  vendent  aux  moines  de Saint-Éloi  de  Paris  dix  sous  de  crois-cens  sur  une  maison  sise « in  vico  ad  fabas,  in  censiva  Sancti  Eligii  » (orig.,  Arch.  nat., S 1079,  n°  18). Fumier  Saint-La.ndri  (rue  du).  — Rue  qui  devait  se  trouver  en 80  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS la  Cité,  entre  l'église  Saint-Landri  et  le  cloître  Notre-Dame.  En septembre  1519,  vente  est  faite  au  chapitre  cathédral  de  Paris  par les  Templiers  de  ce  qu’ils  possédaient  « Parisius  apud  Fimarium  » (Guôrard,  C-artul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  I,  p.  416,  n°  5).  En mars  1523  (1554,  n.  st. ),  un  accord  a lieu  au  sujet  d’une  maison sise  « in  vico  Fimarii  » et  il  est  stipulé  qu’une  seule  baie  pourra être  pratiquée  dans  le  mur  de  la  maison  qui  regarde  le  cloître cathédral  (Ibid.,  p.  348,  n°  40).  En  juin  1557,  il  est  question encore  de  trois  maisons  sises  « Parisius,  in  Fimario  sancti  Lande- riei  rétro  domum  dicti  archidiaconi  (Parisiensis)  » (orig.,  Arch. nat.,  S 3A,  n°  8;  Guérard,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  317,  n°  13). . -a. Garlande  (rue  de).  — Par  déformation  du  nom,  appelée  aujour- d’hui rueGalande  et  remplacée  par  la  rue  Lagrange  pour  la  partie comprise  entre  la  rue  des  Anglais  et  la  place  Maubert.  L’origine du  nom  doit  être  cherchée  dans  le  clos  possédé  en  ce  lieu  au xiP  siècle  par  la  famille  de  Garlande  (voir  ci-dessus,  chap.  ni, p.  24). En  1502,  un  accord  a lieu  au  sujet  de  la  juridiction  « in  strata ilia  qua  iturpervicum  Garlande  usque  ad  gressum  Sancti  Ju- liani  » (Denifle  et  Châtelain,  Chartul.  Universitatis  Parisiensis,  1. 1, p.  61,  n°5).  En  1197,  Maurice,  évêque  de  Paris,  notifie  que  Dreu, « serviens  » de  Notre-Dame,  a vendu  à l’église  Saint-Victor  deux arpents  de  prés,  en  garantie  desquels  il  a assigné  la  maison  qu’il possède  « in  Gallanda  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 2165,  n°  16).  En 1517,  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  la  donation  faite  par  Jean Bourgeois  et  sa  femme  Agnès  de  deux  maisons  sises  « in  Garlanda cum  pratello  eisdem  domibus  adhérente  » (orig.  scellé,  Arch. nat.,  L 893,  n°  14).  En  1518,  Agnès  de  Garlande  lègue  à l’Hôtel- Dieu  vingt  livres  parisis  à prendre  sur  une  maison  « que  est  in Gallanda  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  /’ Hôtel-Dieu  de  Paris, n°  157).  En  janvier  1553,  autre  legs  à assurer  par  la  vente  d’une maison  sise  « in  Gallanda  » [Ibid.,  n°  170). Gibet  (le).  — Se  trouvait  probablement  entre  les  églises  Saint- Laurent  et  Saint-Lazare.  En  1189,  vente  par  Roger  de  Villeneuve à l’église  Saint-Lazare  d’une  terre  sise  « inter  predictam  domum Sancti  Lazari  et  gibetum  » (1°  notification  de  cette  vente  par  Phi- lippe Auguste,  orig. , Arch.  nat.,  K 56,  n°  10  = Delisle,  Catalogue des  actes  de  pMjàppe  Auguste , n°  530;  2°  notification  de  celte vente  par  Simon,  évêque  de  Meaux,  copie  du  xme  siècle,  Çartul. NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  87 de  Saint-Lazare,  MM  210,  fol.  19).  En  juin  1208,  un  accord  est conclu  entre  les  lépreux  de  Saint-Lazare,  d'une  part,  et  le  clerc Jean  et  son  frère  André,  de  l'autre,  au  sujet  d’une  terre  sise « juxta  le  gibbet  de  Parisius  » (orig.,  Arcli.  nat.,  M 30,  n°  13).  En mars  1218  (1219,  n.  st.),  concession  est  faite  aux  lépreux  de  Saint- Lazare  par  Gilbert  de  Clichy  et  sa  femme  Constance  d’une  vigne située  « in  valle  Sancti  Martini,  juxta  patibulum  Parisienne  » (copie  du  xme  siècle,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210, fol.  125).  En  juin  1223,  Pierre  Sarrasin,  bourgeois  de  Paris,  et  sa femme  Agnès  abandonnent  aux  chanoines  de  Saint-Symphorien une  vigne  sise  « in  pratis  Sancti  Martini,  in  censiva  eorumdem versus  gibetum  » (orig.,  Arch.  nat.,  K 982,  n°  4).  En  novembre 1223,  le  clerc  Raoul  vend  à la  maison  de  Saint-Lazare  deux arpents  de  terre  « in  lerrilorio  Sancti  Laurencii  Parisiensis  », en  garantie  desquels  il  assigne  un  arpent  de  vigne  voisin  des deux  précédents  et  sis  « apud  gibetum  » (orig.,  Arch.  nat., K 982,  n"  l1). Glatigny  (rue  de).  — Rue  englobée  dans  les  bâtiments  du  nouvel Hôtel-Dieu  et  qui  allait  de  la  rue  des  Marmousets  à la  Seine  (voir le  plan  de  Verniquet).  En  juillet  1218,  Nicolas  Beauvalet  («Nicolaus Bell i Valetis ») reconnaît  tenir  de  l’église  Notre-Dame-des-Champs une  demi  maison  « Parisius,  in  vico  qui  dicitur  Glategni,  juxta capud  ecclesie  Sancti  Dyonisii  de  Carcere  » (orig.,  Arcb.  nat.,  L 920, n°  21).  En  décembre  1217  et  en  octobre  1221,  il  est  question  de maisons  appartenant  à l’Hôlel-Dieu  et  sises  « in  vico  qui  dicitur Glategni  » Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l’ Hôtel-Dieu  de  Paris, n05  123  et  143). Grand  Pont.  — Pont  reliant  la  Cité  à la  rive  droite  de  la  Seine, sur  l’emplacement  du  Pont-au-Change  actuel.  Voir  ci-dessus, chap.  v,  p.  32-34,  quelques-uns  des  textes  innombrables  qui  le concernent. Grand’rue.  — Aujourd’hui  rue  Saint-Jacques.  Cette  rue  portait encore  le  nom  de  Grand’rue  au  début  du  xiV  siècle  (voir  le  f)it des  rues  de  Paris  de  Gu  i 1 lot,  éd.  Bournon,  dans  Lebeuf,  Histoire de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris  ; rectifient  ions  et  additions , p.  405,  n°  20). En  1163,  il  est  question  de.  « strata  regia  juxta  ecclesiam 88  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Sancti  Stephani  » (R.  de  Lasleyrie,  Carlul.  général  de  Paris,  n°  438). En  1182,  Hugue  de  Chaumont  vend  à l’église  Saint-Victor  quatre maisons  sises  à Paris,  « in  majori  vico,  prope  parvum  pontem  » (orig.  scellé,  Ârch.  nat.,  S 21G3,  n°  5;  ibid.,  n°  7,  orig.  scellé d’une  charte  de  même  date  par  laquelle  l’évêque  Maurice  notifie ce  don).  En  1206,  Garnier  de  Saint-Lazare  donne  à l’église  Saint- Denis-de-la-Chartre  une  maison  sise  « ante  portam  Sancti  Juliani Pauperis,  totam  sicut  se  comportât  usque  in  magnum  vicum  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 3318,  liasse  14,  n°  1).  En  avril  1207,  Simon de  Poissy  renonce  au  cens  qu'il  percevait  sur  cette  maison  (orig., Arch.  nat.,  S 3518,  liasse  14,  n°  3;  ibid.,  n°  2,  charte  par  laquelle Eude,  évêque  de  Paris,  notifie  cette  renonciation  datée  de  1206  — 1207,  n.  st.).  En  décembre  1222,  Nicolas,  chanoine  de  Paris,  lègue à l’église  Saint-Étienne-des-Grès  une  maison  sise  « in  magno vico  » (double  orig.,  Arch.  nat.,  L 581,  nos  2 et  3).  En  mars  1223 (1224,  n.  st.),  l’hôpital  Saint-Malhurin  concède,  moyennant  cens, à Foulque  le  cordonnier  («  alutarius  »),  une  maison  « sitarn  in magno  vico  in  capite  vici  Termarum  » (copie  du  xm®  s.,  Cartul. des  Mathurins,  Arch.  nat.,  LL  1544,  fol.  12). Grève  (la).  — En  1141-1142,  Louis  VII  promet,  moyennant finance,  « burgensibus  nostris  de  Grevia  et  de  Montcello  » qu’il ne  sera  rien  construit  sur  « planitiem  illam  prope  Secanam  que Grevia  dicitur,  ubis  vêtus  forum  extilit  » (R.  de  Lasteyrie,  Car- tul. général  de  Paris,  n°  289).  En  1198,  Philippe  Auguste  notifie que  son  chambrier  Gautier  lègue  à son  fils  Jean  « terram  Parisius de  Gravia,  que  fuit  comitis  Mellenti  » (orig.  scellé,  Arch.  nat., L 888A,  n°  30;  publ.  avec  fac-similé  par  E.  Richemond,  dans  les Annales  de  la  Soc.  histor.  et  archéol.  du  Gâtinais,  t.  XXIV,  1906, p.  6).  En  mai  1203,  Gautier,  chambrier  du  roi,  donne  à la  grande Confrérie  Notre-Dame,  en  laquelle  il  est  admis  ainsi  que  sa femme,  cinq  sous  de  rente  annuelle  à prélever  « in  preposilura mea  Gravie  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 875,  n°  3;  publ.  d’après  le  car- tul. par  Leroux  de  Lincy,  Recherches  sur  la  grande  Confrérie Notre-Dame  aux  prêtres  et  bourgeois  de  la  ville  de  Paris,  append.  I, n°5).  En  mai  1211,  Amand,  abbé  de  Prully,  reconnaît  que  le  roi a la  haute  justice  sur  la  maison  que  les  moines  ont  acquis  « in Grevia»  (orig.,  Arch.  nat.,  J 151A,  Paris,  II,  n°  1 ; analysé  par Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  366,  n°  965).  En mars  1223  (1224,  n.  st.),  Mathieu,  cuisinier  d’Archembaud  de Bourbon  donne  à l’église  Saint-Victor  une  maison  sise  « in Grevia  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  L 893,  n°  16). NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  80 Grève  (rue  de).  — C’était,  selon  toute  vraisemblance,  la  rue qui  joignait  les  églises  Saint-Gervais  et  Saint-Jean-en-Grève  : dans une  charte  des  années  1141-1142,  ces  deux  églises  sont  dites situées  à Paris,  « in  vico  qui  dicitur  Greva  » (11.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris,  n°  285). Gui  le  Queux  (rue). — En  septembre  1215,  Pierre,  abbé  de  Saint- Germain-des-Prés,  concède  àEude,  cuisinier  du  roi,  une  « place  » sur  la  Seine  « usque  ad  viam  que  est  juxta  masuram  Guidonis coci  » (copie  du  xive  siècle,  Cartul.  de  Saint-Germain-des-Prés, Arch.  nat.,  LL  1029,  fol.  29  v°).  C'est  très  vraisemblablement  la rue  dont  le  nom  s'est  peu  à peu  déformé  en  celui  de  Git-le- Cœur.  Cf.  Topographie  historique  du  vieux  Paris;  région  occid. de  l' Université,  p.  383. Halles.  — Pour  la  construction  des  balles,  aux  Champeaux, sous  le  règne  de  Philippe  Auguste,  voir  ci-dessus,  chap.  n,  p.  18. En  décembre  1213,  Philippe  Auguste  donne  aux  chanoines  de Saint-Merri  une  rente  annuelle  de  15  sous  pour  la  restauration de  deux  étaux  qu’ils  possédaient  « in  Campellis,  Parisius,  ubi  haie nostre  facte  fuerunt  » (Couderc,  Cartul.  de  Saint-Merry,  n°  19, dans  les  Mémoires  de  la  Soc.  de  l'histoire  de  Paris  et  de  Vl.le  de France,  t.  XVIII,  1891,  p.  125).  En  mai  1219,  « Ada  »,  veuve d'Étienne  « Berondi  »,  bourgeois  de  Paris,  donne  à l’église  Saint- Antoine  de  Paris,  100  sous  de  cens,  dont  60  sur  une  maison « sitam  prope  alas  « (copie  du  xnU  siècle,  Cartul.  de  Saint- Antoine,  Arch.  nat.,  LL  1595,  fol.  32).  En  février  1219  (1220,  n.  st.), Philippe  Auguste  confirme  le  don  fait  parSimon  de  Braye  au  cou- vent de  Port  Royal  d'une  maison  sise  à Paris  « in  halis  » ( G allia chrisliana,  t.  Vil,  instr.,  col.  91,  n°  118  - Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste,  n°  1952'.  En  1222,  Philippe  Auguste notifie  l’accord  qu’il  a conclu  avec  l’évêque,  spécialement  « de halis...  nostris  sitis  in  Campellis  »(orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1092A, n°  3;  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  554,  n°  1554 = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  2180). Halle  au  blé.  — En  1216  (1217,  n.  st.),  Philippe  Auguste concède  à Renoul  l’Archer,  son  échanson,  « halam  sitam  apud Parisium  in  Judearia,  ubi  venditur  bladum  » (La  Roque,  Preuves 90  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS de  l'histoire  généalogique  de  la  maison  de  Harcourt , t.  IV,  p.  2180 = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste , n°  1702). Hanterie  (rue  de  la).  — Rue  d’emplacement  incertain,  dont nous  savons  seulement,  grâce  à un  acte  de  l’an  4245  (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris , n°  498),  qu’elle  était voisine  de  l’église  Sainte-Opportune.  En  juillet  1215,  Pierre, évêque  de  Paris,  notifie  que  G.,  archiprêtre  de  Saint-Jacques,  a vendu  aux  chanoines  de  Sainte-Opportune  quatre  sous  de  crois cens  « super  domum  Frogeri  cisoris  sitam  in  vico  Hanterie  » (copie du  xiiP  siècle,  Cartul.  de  Sainte-Opportune,  Arch.  nat.,  LL  584, fol.  39  v°,  ancien  fol.  10).  En  mai  1218,  un  accord  a lieu  entre  les exécuteurs  testamentaires  d'une  certaine  Alice,  d'une  part,  et Geoffroi,  « major  de  Sancto  Laurentio  »,  et  Gautier  Chapin,  de l’autre,  au  sujet  d’une  maison  sise  « in  Hanteria  » (copie  du xive  siècle,  Cartul.  de  Saint-Germain-l’Auxerrois,  LL  387,  fol.  76  v°). En  juin  1218,  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  que  feue  Marie, épouse  de  Geoffroi  Godechaut,  ayant  légué  à l’abbaye  de  Saint- Antoine  de  Paris  la  moitié  d’une  maison  sise  « in  Hanteria  », ledit  Geoffroi  a cédé  l’autre  moitié  à l’abbaye  (copie  du  xme  siècle, Cartul.  de  Saint-Antoine,  Arch.  nat,,  LL  1595,  fol,  28). Hospitaliers.  — Voir  Saint- Jean  de  Latran. Hôtel-Dieu.  — Situé  le  long  de  la  Seine,  à droite  du  parvis Notre-Dame  en  faisant  face  à la  cathédale.  Voir  Coyecque,  L’ Hôtel- Dieu  de  Paris  au  moyen  âge  (publication  de  la  Soc.  de  l’hist.  de Paris  et  de  l'Ile  de  France , 1891). Innocents  (église  et  cimetière  des).  — Voir  Saints-Innocents. Issy  (chemin  d').  — Il  se  confondait,  à la  sortie  de  Paris,  avec le  chemin  de  Vaugirard  (rue  de  Vaugirard  actuelle).  Le  tracé, aux  abords  de  l’enceinte,  en  a été  étudié  dans  la  Topographie historique  du  vieux  Paris  ; région  du  faubourg  Saint- Germain,  p.  70. En  janvier  1210  (1211,  n.  s t.  ) , on  fixe  les  limites  de  la  paroisse Saint-Séverin  « usque  ad  metam  quae  est  prope  cheminum  Issiaci  » (>t  « usque  ad  quartam  metam  quam  nos  posuimus  extra  muros NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  91 versus  Sanctum  Stephanum  sicut  cheininum  Issiaci  comportai  » (Félibien,  Hist.  de  Paris,  t.  III,  p.  91  ; Guérard,  Cartul.  de  Notre- Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  101,  n°  101). Jacobins  (église  des).  — Voir  Saint-Jacques. Jean  Hermand  (rue).  — Hue  non  iden Li liée.  En  juillet  1*209, Philippe  Auguste  échange  avec  l’évèque  de  Paris  des  cens  qu’il possédait  sur  une  maison  sise  aux  Champeaux  et  sur  la  maison de  Roger  l'Anglais  contre  un  cens  possédé  par  l'évêque  sur  des maisons  sises  « in  vico  Johannis  filii  Hermanni  » (orig.  Arch., nat.,  S 1082A,  n°  10;  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris, t.  I.  p.  09,  n°  71  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste, n°  1140). Jongleurs  (rue  des).  — Appelée  plus  tard  rue  des  Ménétriers  et joignant  la  rue  Saint-Martin  à la  rue  Beaubourg,  un  peu  au  sud de  la  rue  des  Petits-Champs  (voir  le  plan  de  Verniquet).  En  mai 1223,  on  trouve  mention  de  biens  que  Notre-Dame  possédait  « in vico  des  Jugleours  » (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris, t.  II,  p.  323,  n°  3). Juive  rie  (rue  de  la).  — Allait,  au  xvm“  siècle,  de  la  rue  de  la Calendre  à la  rue  de  la  Vieille  Draperie  (voir  le  plan  de  Verniquet) suivant  le  tracé  d’une  partie  de  larue  de  la  Cité  actuelle.  C’était  le quartier  des  boulangers  ( panifici );  d’où  la  multitude  de  fours  qui y sont  mentionnés.  En  1119  et  1133,  mention  d’un  four  « infra urbem,  in  vico  qui  dicitur  Judeorum  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris,  nos  184  et  238).  En  1140,  1160  env.  et  1183-1194, autre  four  « in  vico  Judaeorum  » ( ihid .,  nos  181  et  419  et  p.  463, n.  1).  En  1 167,  mention  d’un  troisième  four  « in  vico  Judeorum  » (ihid.,  n°  464).  En  1206,  les  moines  de  Saint- Victor  échangent des  maisons  et  un  terrain  contre  deux  maisons  sises  « in  Judea- ria  panificorum  »,  qui  appartenaient  à l'Hôtel-Dieu  (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  F Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  83).  En  juillet 1218,  l’official  de  Paris  certifie  qu’ Aubert  de  Chartres  et  sa  femme Odeline  ont  reconnu  tenir  des  moines  de  Notre-Dame -des- Champs  une  maison  sise  « Parisius,  in  regrataria,  juxta  Judais- Dtuiii  » et  que  Thibaud  de  Meaux  a reconnu  tenir  des  mêmes 92  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS moines  une  partie  d'une  maison  sise  « in  Judaismo  » près  du  four qu’ils  y possèdent  (orig.,  Arch.  nal.,  L 920,  n°  21).  En  septembre 1221,  H.,  official  de  Paris,  notifie  que  Raoul  Poquet  a doté  une chapellenie  qu'il  vient  de  fonder  en  lui  attribuant,  notamment, une  maison  sise  à Paris  « in  Judearia  » (orig.,  Arch.  nat.,  L MA, n°  16). Laas.  — Région  comprise  entre  le  Petit  Pontet  Saint-Germain- des-Prés.  En  1171-1172,  vente  par  le  curé  de  Saint-Landri  d'une vigne  sise  « in  Aarso  » (R.  de  Lasteyrie,  C art ul.  général  de  Paris, n°  503).  En  1179-1180,  Hugue,  abbé  de  Saint-Germain  des-Prés, acense  à des  hôtes  « ad  habitandum  et  donms  in  ea  edificandum... quamdam  vineam  de  Laas  » qu’il  avait  donnée  à l’abbaye  (■ ibid ., n°568).  Vers  1180,  le  même  Hugue  rappelant  les  fondations  qu'il a faites,  déclare  : « Noverint  igitur  universi  quod  nos  ab  Evrardo de  Greva  quamdam  emimus  vineam,  juxta  Parisius  sitam,  in  loco qui  vocatur  li  Aas  quam  quibusdam  ascensivimus  hominibus  ad hospitandum  et  domos  edificandas  » [ibid.,  n°  583).  Entre  1182 et  1192,  Foulque,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  notifie  que Pierre,  convers,  qui  tenait  du  trésorier  de  Saint-Germain-des- Prés,  une  vigne  sise  à « Laas  »,  en  ayant  concédé  une  partie  « qui- busdam hospitibus  » et  prélevant  sur  ces  derniers  un  cens  « pro domibus  ibidem  edificatis  »,  ledit  trésorier  lui  a racheté  ce  cens (orig.,  Arch.  nat.  L 782,  n°  56).  Entre  1192  et  1202,  Robert,  abbé de  Saint-Germain-des-Prés,  concède,  moyennant  un  cens,  à Léger et  à ses  hoirs  une  portion  de  leur  maison  « que  est  en  Lars  », pour  y établir  un  four  (orig.,  ibid.,  L 782,  n°  57).  En  novembre 1194,  Philippe  Auguste  notifie  que  Pierre  « de  Crespi  » a vendu  à Archer,  son  sergent,  deux  arpents  de  vignes  sis  « juxta  Parisius, in  Laaz,  juxta  pratum  Sancti  Germani  de  Pratis  » (copie  du xiiP  siècle,  Carlul.  AB  de  Saint-Germain-des-Prés,  Arch.  nat., LL  1025,  fol.  15  v°  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe Auguste,  n°427).  En  juin  1220,  Louis,  abbé  de  Saint-Magloire,  et Étienne,  archidiacre  de  Paris,  notifient  que  le  clerc  Marcel  et  son neveu  Pierre  ont  confirmé  aux  moines  de  Saint-Germain-des-Prés le  don  qui  leur  avait  été  fait  par  feu  Gautier  Chaperon,  père dudit  Pierre,  d’une  rente  annuelle  de  20  sous  à percevoir  « in terra  Sancti  Germani  de  Pratis,  en  Laas , super  quadam  domo  sita prope  ecclesiam  Sancti  Andree  de  novo  constructam  » (copie  du xiiP  siècle,  Cartul.  AD  de  Saint-Germain-des-Prés,  Arch.  nat., LL  1027,  fol.  108). S OM  EN  CL  AT  U RE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS 93 Lourcine.  — Village  silué  près  de  l’église  Saint-Marcel  et  dont le  souvenir  s’est,  jusqu’à  une  époque  toute  récente,  perpétué dans  le  nom  de  la  rue  de  Lourcine. l'in  1182,  les  moines  de  Saint-Germain-des-Prés  cèdent  à la maison  des  Hospitaliers,  « établie  à Paris  sur  la  Montagne Sainte-Geneviève  »,  une  terre  sise  « in  villa  que  dicitur  Laur- cinæ  supra  Sanctum  Marcellum  » forig. , Àrch.  nat.,  L 782,  nu  02). La  même  année,  Étienne,  abbé  de  Sainte-Geneviève,  notifie (pie  l’iboud  (le  Riche)  a vendu  auxdits  Hospitaliers  une  grange sise  sur  les  domaines  de  l'abbaye  de  Sainte-Geneviève  « prope ulinuin  de  Laorcinis  » (copie  du  xiii“  s.,  Cartul.  de  Sainte-Gene- viève, Bibl.  Sainte-Geneviève,  ms.  350,  p.  107).  Une  charte  de  la même  année,  d’Anseau,  prieur  des  Hospitaliers,  notifie  celte vente  dans  les  mêmes  termes  (ehyrographe  orig.  scellé,  Arch. nat. , S 1528,  n°  3). Louvre.  — Lieu  dit  et  château.  En  1189,  une  bulle  de  Clé- ment III  est  adressée  aux  chanoines  « Sancti  Thome  de  Lauro  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 015,  n°  2;  Félibien,  Hisl.  de  Paris , t.  III, p.  75).  En  1190,  Hugue  de  Chaumont  donne  dix  arpents  de  terre sis  « a Chailloel  super  montem  » à l’hôpital  « pauperum  cleri- corum  de  Lovre  » , orig. , Arch.  nat.,  L015,  n°3).  En  1192,  Philippe Auguste  notifie  une  donation  faite  par  Robert,  comte  de  Dreux,  à l’église  « beati  Thome  de  Louvre»  vidimus  de  l’an  1421,  Arch.  nat., L 015,  n°  3 ter  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste, n°  375  . En  1198,  Robert  II,  comte  de  Dreux,  confirme  les  dona- tions faites  par  son  père  à l'église  « Sancfi  Thome  de  Lovre  » Denille  et  Châtelain,  Charlul.  Universilatis  Parisiensis , t.  1,  p.  10, n°  18  . En  août  1204,  Philippe  Auguste  assigne  aux  moines  de  Saint- Denis  de  la  Charlre  une  rente  de  trente  sous  sur  la  prévôté  de Paris  en  échange  des  droits  qu'ils  avaient  sur  la  terre  « ubi turris  nostra  de  Lovre  sita  est  » (Galland,  Du  franc  alleu,  p.  33 Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  854).  Eu novembre  1209,  un  accord  a lieu  entre  l’évêque  de  Paris  et  le comte  de  Dreux  au  su  jet  des  prébendes  « Sancti  Thome  de  Lupera Parisiensis  » Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t I,  p.  139, n°  101).  En  janvier  1209  1210,  n.  s t.  ) , Philippe  Auguste  donne  à l’évêque  de  Paris  onze  deniers  de  cens  à prendre  sur  la  maison de  Roger  l’Anglais,  aux  Champeaux,  en  échange  d'un  cens  de même  valeur  que  ledit  évêque  avait  « prope  Sanctum  Tliomam  de 94  NOMENCLATURE  DES  RUES,  L1EDX  DITS  ET  MONUMENTS Lovre  in  masuris  que  modo  sont  infra  ambitum  novorum  muro- rum  nove  turris  » (orig.,  Arch.  nat.  S 1082A,  n°  7 ; Guérard, Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  I,  p.  68,  n°  09  = Delisle,  Cata- logue des  actes  de  Philippe  Auguste , n°  1187).  En  novembre  1212, un  accord  a lieu  entre  les  chanoines  « Sancli  Thome  de  Lupera  » et  les  frères  dudit  lieu  (orig.,  Arch.  nat.,  L 457,  n°  3).  En  1214, Ferrand,  comte  de  Flandre,  est  ramené  de  Bouvines  à Paris, « Lupre  claudendus  in  arce  » (Guillaume  le  Breton,  PhiVippi.de,  XII, vers  167,  éd.  Delaborde,  Œuvres  de  Rigord  et  de  Guillaume  le Breton,  t.  II,  p.  354).  Il  est  enfermé,  est-il  dit  ailleurs,  « in  turri nova  extra  muros  » (Guillaume  le  Breton,  Liber , § 199,  ibid., t.  Ier,  p.  293)  ; « Parisius,  in  turri  quae  vocatur  le  Louvre  » (Con- tinuateur de  Robert  du  Mont,  dans  les  Histor.  de  Fr.,  t.  XVIII, p.  348). En  octobre  1215,  G.  doyen  de  Saint-Thomas,  sollicite  les  fidèles de  donner  une  aumône  pour  la  reconstruction  de  la  chapelle élevée  par  Henri,  archevêque  de  Reims,  « apud  Parisius,  in  loco qui  dicitur  Lovre  ».  A la  fin  de  cet  acte  curieux,  il  est  dit  qu’une indulgence  de  soixante  jours  a été  accordée  par  R.,  légat  du  Saint- Siège,  aux  bienfaiteurs  de  la  chapelle  (orig.  scellé,  Arch.  nat., L 615,  n°  7).  En  janvier  1215  (1216,  n.  si.) , Pierre,  « proviseur  » de  l’hôpital  Saint-Thomas  « de  Lupera  »,  vend  certains  biens  à l’abbaye  de  Saint-Denis  (copie  du  xme  siècle,  Arch.  nat.,  LL  1163, p.  20).  En  1217,  Pierre,  évêque  de  Paris,  accorde  à l’hôpital  Saint- Thomas  « de  Lupera  » une  chapelle  et  un  cimetière  à l'usage  de leur  « familia  » et  de  leurs  « infirmi  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 615, n°  8).  Le  26  mai  1218,  à la  demande  des  frères  de  l’hôpital  « Sancti Thome  de  Lupra  Parisiensis  »,  le  pape  Honorius  III  confirme  cette décision  (orig.  scellé  Arch.  nat.,  L 615,  n°  14).  En  décembre  1218, Étienne,  doyen,  Nicolas,  chantre,  et  Philippe,  chancelier  de  l’église de  Paris,  rendent  au  même  sujet  une  sentence  en  faveur  de  l’hôpi- lal  « beati  Thome  de  Lupera  Parisiensis  » (orig.  scellé,  Arch. nat.,  L 457,  n°  4). En  1222  enfin,  dans  l’accord  général  qu’il  conclut  avec  l’évêque, Philippe  Auguste  accorde  à ce  dernier  certains  dédommagements pour  les  torts  qu’il  a subis  in  « accincta  castelli  Lupere  et  appen- diciorum  ejus  » (orig.  scellé,  S 1Ü92A,  n°  3;  Teulet,  Layettes du  Trésor  des  chartes,  l.  I,  p.  554  n°  1554;  = Delisle,  Catalogue des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  2180). Sur  les  fouilles  du  Louvre,  voir  ci-dessus,  chap.  v,  p.  61. NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  95 Malines  (rue  de  . — Plus  tard,  rue  de  Marivaus  ou  MarivaulL (voir  le  plan  de  Verniquet),  et  aujourd’hui  rue  Nicolas  Flamel.  En juillet  1216,  Pierre,  évêque  de  Paris,  nolilie  qu’Adam  Herrnand  et Sanceline,  son  épouse,  ont  donné  à l’abbaye  de  Saint-Antoine  de Paris  un  cens  sur  des  maisons  sises  « in  vico  deMallines  ».  Le titre,  rubrique  plus  tard,  situe  la  maison  « in  vico  de  Marivaus  », qui  est  par  suite  la  même,  selon  toute  vraisemblance  (copie  du xiiic  s.,  Cartul.  de  Saint-Antoine,  Arch.  nut.,  LE  1595,  fol.  19  v°). Massacre  Moyenne  rue).  — Rue  dont  le  nom  même  et  l'empla- cement ne  sont  pas  assurés,  mais  qui  devait  se  trouver  dans  la Cité.  Le  mot  « massacre  » dans  le  français  du  moyen  âge  signifie boucherie.  (Voir  Godefroy,  Dictionnaire  de  l’ancienne  langue  fran- çaise, v°  massacre.) En  1179,  il  est  question  de  deux  maisons  « ad  Machacram mediam  » R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  564)  et en  1180-1181  d’une  autre  maison  « in  rua  que  dicitur  Mazacra mediana  » (ibid.,  n°  575).  En  février  1211  1212,  n.  s t . : . Pierre, évêque  de  Paris,  notifie  que  llugue  de  Montlhéry  a donné  aux lépreux  de  Saint-Lazare  divers  cens  sur  des  maisons  « in  Mace- cra  media  » copie  du  xm®  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.nat., MM  210  fol.  112  v°).  En  février  1219  (1220,  n.  st.),  Pierre  Sarrasin, bourgeois  de  Paris,  cède  à l’abbaye  de  Saint-Victor  divers  cens, dont  un  sur  la  maison  de  feu  Jean  de  Gisors,  « que  domus  est  in Maceacre  moiene  » près  de  la  maison  de  feu  Robert  de  Chartres orig.,  Arch.  nat. , S 1186A,  n°  33).  En  1223,  l’Hôtel-Dieu  cède  à Jean  Evroin,  bourgeois  de  Paris,  un  cens  sur  une  maison  sise « in  Macacra  media  » en  échange  d’un  autre  cens  (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  181).  Vers  la même  époque,  Adam,  archidiacre  de  Paris  (cité  en  1212  dans  une charte  du  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , éd.  Guérard,  t.  1, p.  113,  n°  169  notifie  que  Girard  de  Gonesse  et  sa  femme  ont donné  à Saint-Germain-des-Prés  un  cens  sur  une  maison  sise  à Paris,  '(  in  Sabulo  »,  et  qu’en  garantie  de  cette  donation  ils  ont désigné  une  maison  sise  « in  Machacremenee  {sic),  in  terra  Sancti Maglorii  » copie  du  xuie  s.,  Cartul.  AB  de  Saint-Germain-des- Prés,  Arch.  nat.,  LL  1025,  fol.  12  v°). Matuurins  (église  des).  — - Voir  Saint-Mathurin. 96  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Maubert  (place).  — Le  28  août  1224,  l'abbaye  de  Sainte-Gene- viève se  plaint  de  ce  que  Philippe  de  Ris,  bourgeois  de  Paris, « viam  publicam  artavit  ante  domum  suam  in  clauso  Mali  Viciai , que  via  descendit  a platea  que  vocatur  Mauberti  directe  versus Secanam  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1508A,  n°  46).  La  place  existait donc  antérieurement  à cette  date.  Son  nom  venait  très  probable- ment d’un  de  ses  habitants.  On  trouve  vers  cette  époque  une charte  par  laquelle  Jean,  abbé  de  Saint-Germain-des-Prés,  concède au  charpentier  Gilbert  « quamdam  aream  in  Sequanajuxta  molen- dinum  Symonis  Mobert  ad  molendinum  conslruendum  » (texte publié  dans  la  Topographie  historique  du  vieux  Paris;  faubourg Saint-Germain , p.  283). , Maudetour  (rue).  — Existe  encore  sous  le  nom  corrompu  de  rue Mondétour.  En  1202,  Eude,  évêque  de  Paris,  notifie  que  Jean, chanoine  « de  Livriaco  » a donné  à Saint-Lazare  de  Paris  deux maisons  sises  « in  via  de  Maudestor  » (copie  du  xme  s.,  Cartul.  de Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  32). Mau  voisin  (clos).  — Voir  ci-dessus,  chap.  m,  p.  27. Ménétriers  (rue  des).  — Voir  rue  des  Jongleurs. Monceau  Saint-Gervais.  — Éminence  sur  laquelle  se  trouve l'église  Saint-Gervais.  En  1141-1142,  Louis  VII  promet  aux  bour- geois « de  Grevia  et  de  Monteello  » de  ne  rien  faire  construire sur  la  place  de  Grève  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris , n°  289").  A la  même  époque,  Galeran,  comte  de  Meulan,  donne  à l’abbaye  de  Saint-Victor  un  cens  « in  Monscello  Sancti  Gervasii Parisius  » [Ibid.,  nos  292,293,325  et  581).  En  1216,  Philippe Auguste  acquiert  de  l’évêque  le  fief  « de  Moncello  Sancti  Gervasii  » (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  70,  nu  73  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°1662).  En  1222, l’évêque  renonce  définitivement  au  « Moncellum  Sancti  Gerva- sii » (orig.  scellé,  Arch.  nat  , S 1092A,  n°  31;  Guérard,  op.  cit., t.  I,  p.  122,  n°  145;  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I, p.  551,  n°  1554  = Delisle,  op.  cit.,  n°  2180). NOMENCLATURE  bËS  HUES,  LIEUX  DITS  Et  MONUMENTS  97 Mortellerie  (rue  de  la).  — Aujourd’hui  rue  de  l'Hôtel-de-Ville. En  janvier  1212  I 13,  n.  st.),  Pierre,  évêque  de  Paris,  parle  des processions  qui  se  rendent  à l’église  Saint-Paul-des-Champs  en passant  « in  vico  dicto  de  la  Mortellerie  » (Félibien,  Hist.  de Paris,  t.  III,  p.  94).  L’origine  du  nom  est  précisée  dans  une charte  de  l’an  1232  où  la  rue  est  appelée  « viens  uhi  sunt  mor- taria  » (Brièle  et  Coyccque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris, n°  290). Neuve  [Notre-Dame]  (rue).  — Dans  la  Cité;  disparue  au  milieu du  xixc  siècle.  CeLte  rue  fut  percée  au  milieu  du  xue  siècle  : en 1163-1164,  les  chanoines  de  la  cathédrale  acquièrent  une  maison qu’ils  se  proposent  de  démolir  « ad  perficiendam  viam  que  fichât anLe  ecclesie  noslre  paravisum  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  géné- ral de  Paris,  n°  433).  En  1164-1163,  l’évêque  acquiert  de  même deux  maisons,  sises  « ante  paravisum  »,  « pro  facienda  via  ante ecclesiam  Beate  Marie  » ( ibid .,  n"  431).  En  1173,  l’évèque  achète deux  maisons,  dont  une  « juxta  paravisum  ante  vicum  novum construclam  »,  et  les  donne  à Henri  Lionel  et  à sa  femme  en échange  de  leur  maison  « quam  ipsi  nobis  deslruendam  Iradi- derunt  ad  perficiendam  viam  que  ante  ecclesie  Beate  Marie  para- visum fiebat  » [ibid.,  n°  313).  L’obituaire  de  Notre-Dame  fait honneur  à l’évêque  Maurice  de  Sully,  mort  le  II  septembre  1196, d’avoir  ouvert  « novum  vicum,  de  suo  proprio  factum,  tempore suo  ante  portas  ecclesie  » {Recueil  des  historiens  de  France;  obi - tuaires  de  la  province  de  Sens,  publ.  par  A.  Mobilier,  t.  I,  p.  176). On  trouvera  enfin  dans  Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l’ Hôtel- Dieu  de  Paris,  toute  une  série  de  chartes  des  années  1200,  1212, 1222,  1223,  etc.  (nos  34,  ION,  166,  167,  168,  171,  etc.),  relatives  à des  propriétés  situées  « in  vico  novo  ante  ecclesiam  Beate  Marie Parisiensis  » ou  « ante  ecclesiam  Sancle  Genovefe  Parve  » ou  « in rua  nova  ».  On  y peut  joindre  une  charte  de  mai  1208,  par laquelle  Guillaume  de  Garlande  donne  à la  maison  du  Temple  de Paris  une  maison  sise  « in  vico  novo  juxta  Sanctam  Genovefam Parvam  » l'orig.,  Arch.  nat.,  S 3080\  liasse  107).  Enfin,  dans  l’ac- cord conclu  en  1222  entre  le  roi  de  l’évêque,  Philippe  Auguste reconnaît  les  droits  de  justice  exercés  par  l’évèque  « in  rua  nova ante  ecclesiam  Beate  Marie  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1092,  n°  3;  Teu- let,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  354,  n°  1334  = Delisle, Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste , n°  2180) 08  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Neuve  [Saint-Merri]  (rue).  — Aujourd’hui  rue  Sainl-Merri.  Eu 1208,  Benoit,  chanoine  de  Saint-Merri  de  Paris,  donne  à ladite église  une  maison  sise  « in  vico  novo  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 88A, n°  14).  En  avril  1217,  une  maison  sise  « in  vico  novo  » sur  le fonds  de  terre  de  Saint-Merri  est  donnée  aux  chanoines  de  cette église  ( CartuL  et  cerisier  de  Saint-Merry , publ.  par  L.  Cadier  et C.  Couderc,  n°  14,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  de  V histoire  de  Paris cl  de  l’ Ile  de  France,  t.  XVIII,  1891,  p.  120). Notre-Dame  (église).  — Église  actuelle. Notre-Dame  (île).  — Aujourd’hui  île  Saint-Louis.  Cette  île  est, selon  toute  vraisemblance,  celle  qu’on  trouve  désignée  dès  867  dans un  acte  de  Charles  le  Chauve  de  la  façon  suivante  : « Insulam  quan- darn  eidem  civitati  in  orientali  plaga  conlicuam  atque  viciniorem ecclesiae  sanctæ  Dei  genetricis  et  semper  virginis  Mariae  » (lf.  de Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris , n°  47).  11  est  question  à plus d’une  reprise  au  xuc  siècle  des  droits  de  l’évêque  en  la  rivière  de Seine  « a capite  insuie  Sancte  Marie  us'que  ad  Magnum  pontem  » actes  de  Louis  VI  et  de  Louis  VII,  dans  Lasteyrie,  op.  cil.,  nos  22a et  409),  et  il  semble  bien  qu’il  y ait  identité  entre  cette  « insula Sancte  Marie  » et  l’ile  qui,  un  peu  plus  tard,  sera  couramment  ap- pelée « isle  Nostre-Dame  »,  car  un  texte  du  xive  siècle  parle,  de même,  de  la  « justice  » de  l’évêque  « en  Liste  Nostre-Dame  et  de ladite  ylle  ...  en  l’eaue  de  Seine  jusques  à Grand  Pont  et  à Petit Pont  » (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  111,  p.  274). Un  acte  de  1189  porte  cession  par  Gautier,  chambrier  du  roi  de France,  au  chapitre  Notre-Dame  d’un  cens  « in  insula  que  est pone  clauslrum  Parisiense  » (Guérard,  op.  cit.,  t.  I,  p.  295,  n°  11), C'estencore  sans  doute  la  même  ile. Notre-Dame-des-Cuamps  (église).  — Aujourd’hui  couvent  des Carmélites,  rue  Denfert-Rochereau-,  Existait  déjà  à l’époque  caro- lingienne. Palais  épiscopal.  — Entre  l’église  Notre-Dame  et  la  Seine,  sur remplacement  du  quai  actuel  de  l’Archevêché.  Voir  la  monogra- phie de  M.  Victor  Mortel,  Etude  historique  et  archéologique  sur  la Nomenclaturê  des  rues,  lieux  dits  et  monuments  99 cathédrale  et  le  palais  épiscopal  de  Paris,  du  v/«  au  xm « siècle (Paris,  1888,  in-8Q). Entre  les  années  1 1 12  et  11 16,  le  roi  Louis  VI  stipule  que  l'es- pace compris  entre  l’église  Saint-Étienne  (à  l'abside  de  l’église Notre-Dame  actuelle)  et  la  Seine,  « transeundô  scilicet  ante  curiam episcopi  »,  relève  de  la  justice  épiscopale  (R.  de  Lasleyrie,  Car  lui. général  de  Paris,  n°  156  — ■ Luchaire,  Louis  VI  le  Gros,  Annales, n°  218).  Dans  une  pièce  de  l’année  1127  environ,  il  est  parlé  de la  partie  du  cloître  canonial  « adherens  episcopali  curie  » (R.  de Lasteyrie,  op.  cil.,  n°  220).  En  1170,  l’évêque  dit  qu’une  vente  a été  faite  « in  presentia  nostra,  in  nova  domo  nostra,  Parisius, ante  hostium  nove  capelle  » ( ihid .,  n°  477).  En  1170  1171,  un accord  est  conclu  « in  domo  nova  ejusdem  episcopi  » (ihid., n°  481).  Une  charte  de  l'évêque  Maurice  est  donnée,  en  1 177-1178, « Parisius,  in  domo  nostra  nova  » (ihid.,  n°  551).  Une  autre  charte du  même  est  donnée,  un  an  plus  tard,  « Parisius,  in  veteri  aida  » (ihid.,  n°  571).  Le  8 octobre  1182,  une  charte  du  même  est  encore donnée  « Parisius,  in  nostra  veteri  aida  » orig.,  Arch.  nat.,  L 893, n°  42  . En  1185,  une  nouvelle  charte  de  l'évêque  Maurice  est  don- née « Parisius,  in  porlicu  dormis  nostre,  que  est  inter  domum nostram  et  majorem  ecclesiam  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  L 894, n°  14).  Dans  son  testament,  en  juin  1218,  l’évêque  Pierre  lègue « eapellæ  nostre  domus  inferioris  XV  libras  ad  luminare  facien- duin  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 535,  n°  3). Palais  royal.  — Palais  situé  sur  l'emplacement  du  Palais  de justice  actuel,  contre  l’église  Saint-Barthélemi.  Une  masse  consi- dérable de  diplômes  royaux  sont  dits  donnés  « à Paris,  en  notre palais  ».  Dans  un  diplôme  de  Henri  P'1',  de  l’an  1033  environ,  il est  question  de  1'  « abbas  coenobii  sanctorum  Rartholomei  apostoli alque  Maglorii  archipresulis , juxta  aulam  nostri  palatii  si ti  » (R.  de  Lasleyrie,  Parlai,  général  de  Paris,  n°  87  = Sœhnée,  Cata- logue des  actes  d'Henri  n°  33).  Un  diplôme  de  Philippe  Ier  est délivré,  en  l'an  1072,  « aecclesie  sanctorum  Bartholomei  et  Ma- glorii nostro  palatio  adherenti  » (R.  de  Lasteyrie,  op.  rit.,  n°  100; M.  Prou,  Recueil  des  actes  de  Philippe  Ier,  roi  de  France,  n°  62). En  1094,  le  même  roi  soumet  à l’abbaye  de  Marmoutier  « capel- lam  dominicain  in  honore  beati  Bartholomei  apostoli  et  beafi Maglorii  confessoris  constructam , sitam  in  Parisiorum  civi- tate  juxta  aulam  regiam  » (R.  de  Lasteyrie,  op.  cil.,  n°  109; Prou,  op.  cil.,  n°  132).  En  1114,  il  est  question  dans  un  diplôme de  Louis  VI  de  biens  sis  « ante  curiam  nostram  » (le  palais  royal)» i 00  NOMENCLATURE  dés  HUÉS,  LIEUV  DITS  Et  MONUMENTS « ab  angulo  porte  nostre  usque  ad  porlam  Sancti  Eligii  » (E.  de Lasteyrie  op.  cit.,  n°  165).  En  1160-1161,  Louis  VI[  parle  de  sa treille,  « trelia  nostra  rétro  palatium  « ( ibid .,  n°  4181.  Dans  le passage  fameux  où  lligord  ( Liber , § 37,  éd.  Delaborde,  Œuvres  de Jiigord  et  de  Guillaume  le  Breton,  t.  I,  p.  54)  rapporte  la  décision prise  par  Philippe  Auguste  de  faire  paver  les  rues  de  Paris,  il  est dit  que  des  fenêtj^sjRj  pah^^  voit  couler  la  Seine.  En 1193,  le  chapitre  cathédral  vend  à un  des  siens,  le  chanoine Nicolas,  « quamdam  doraum  Beale  Marie  juxta  aulam  domini regis  sitam,  domui  Fulconis  cordubanarii  contiguam  » (orig., Arch.  nat.,  S 36,  n°  15).  En  juin  1212,  l’évêque  Pierre  notifie  que Geneviève,  veuve  de  Pierre  Maréchal,  et  ses  fils,  ont  quitté  à Étienne  Maréchal  « quandam  domum  sitam  inter  curiam  domini regis  et  Sanctum  Petrum  des  Arsiz,  de  censiva  Sancti  Eligii  Pa- risiensis  movenlem  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1068A,  n°  29).  En  mars 1212  (1213,  n.  st.),  Louis,  abbé  de  Saint-Magloire,  autorise l’évêque  de  Paris,  Pierre,  à disposer  d'une  maison  sise  « in  terra Sancti  Maglorii  ante  domum  domini  regis  »,  et  le  7 mai  1213, l’évêque  cède  cette  maison  au  monastère  de  Saint-Antoine  de Paris  (copies  du  xme  siècle,  Cartul.  de  Saint-Antoine,  Arch.  nat., LL  1595,  fol.  38  r°  et  v°).  En  mars  1214  (1215,  n.  st.),  l’évêque Pierre  notifie  que  le  couvent  des  Fossés,  du  consentement  d’An- seau,  prieur  de  Saint-Éloi  de  Paris,  a cédé,  sa  vie  durant,  à Aubert,  cuisinier  du  roi,  et  à Emmeline,  femme  dudit  Aubert, « cameram  suam,  illam  scilicet  que  ultima  est  in  cameris  ante portam  domini  regis  et  juncta  est  orto  Sancti  Eligii,  cum  platea que  adjacet  eidem  camere  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1068A,  n°  28). En  mai  1219,  le  prêtre  Nicolas,  fondant  une  chapellenie  en  l’église Notre-Dame,  donne,  pour  subvenir  à l’entretien  du  chapelain,  la maison  sise  « juxta  aulam  domini  regis  » et  contiguë  à celle  du cordonnier  Foulque,  dont  il  a été  question  plus  haut  (Guérard, Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  Il,  p.  455,  n°  78).  — Il  est  ques- tion du  palais  royal  sans  précisions  topographiques  dans  beau- coup d’autres  textes,  qu’il  est  inutile  de  citer  ici. Parvis  [Notre-Dame],  — Voir  les  textes  cités  pour  la  rue  Neuve Notre-Dame  et  le  Cloître  Notre-Dame. Perrin  (pont).  — Pont  franchissant  le  ruisseau  marécageux  à l'est  de  Paris,  sur  l’emplacement  de  la  Bastille.  Vers  1170-1180, don  d’une  dime  « que  est  juxta  ponlem  Petrinum  » (R.  de  Las- NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  101 teyrie,  Car  lui.  général  de  Paris , n°  490).  Pièces  des  années  1170- 1177  relatives  aux  marais  Sainte-Opporlune,  qui  s’étendent  « a ponte  Petrino  usque  subtus  villam  que  appellatur  Chailloel  » ( ibid .,  nos  538,  539,  540,  541).  En  février  1225  (1226,  n.  si.),  un accord  a lieu  entre  Gui,  prêtre  de  Saint-Paul  de  Paris,  et  les  cha- noines de  Sainte-Opportune  « super  decimis  quorumdam  nova- lium,  videlicet  marisioruin  silorum  juxta  pontem  Petrinum  infra rnetas  parrochie  predicti  Guidonis  presbiteri  » Ce  dernier,  en échange  des  dites  dîmes,  reçoit  celles  de  quatre  arpents  de  terres sis  dans  la  même  paroisse  de  Saint-Paul  « inter  pontem  Petrinum et  crucem  per  quam  itur  apud  Charrone  » (orig.,  Arch.  nat., L 617,  n°  17). En  1899,  M.  Ch.  Sellier  retrouva  l’ancien  chenal  sur  lequel  pas- sait le  pont  Perrin  (Procès-verbaux  de  la  Commission  municipale du  Vieux  Paris,  1899,  p.  191  . Perrin-Gasselin.  — Rue  qui  figure  encore  avec  ce  nom  sur  le plan  de  Verniquet^entre  la  rue  Saint-Denis  et  la  rue  du  Cheva- lier-du-Guet.  En  novembre  1222  Jean  de  Deuil  («  de  Dyogilo  »)  sa femme  Arembourg  et  son  frère,  le  clerc  Pierre,  vendent  au  prêtre Jean  cent  sous  de  crois-cens  sur  une  maison  sise  à Paris,  « in  ma- gno  vico  qui  est  juxta  Petrinum  Gacelini,  in  censiva  domini  epis- copi  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1824,  n°  4).  En  décembre  1222,  un  ac- cord intervient  entre  Pierre,  chanoine  de  Saint-Honoré,  et  ses frères,  aux  termes  duquel  l’un  de  ces  derniers,  nommé  Jean, tiendra  à cens  « medietatem  domus  cujusdam  site  in  Petrino  Ga- celini » fcopie  du  xiii0  s.,  dans  un  fragment  d'un  cartul.  de  Saint- Germain-l’Auxerrois,  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  10400,  fol.  42  r°;  copie du  xivc  s.,  Cartul.  de  Saint-Germain-l’Auxerrois,  Arch.  nat., LE  387,  fol.  71). Petit  Pont.  — Pont  reliant  la  Cité  à la  rive  gauche  de  la  Seine sur  l’emplacement  du  Petit  Pont  actuel.  Voir  ci-dessus,  chap.  v, p.  50,  quelques-uns  des  textes  innombrables  qui  le  concernent. Petit  Pont  rue  du  . — Rue  menant  du  Petit  Pont  à la  rue  Neuve Notre-Dame  et  peut-être  au  delà,  en  la  Cité,  appelée  plus  tard rue  du  Marché-Palu  (voir  le  plan  de  Verniquet).  En  1153-1154, Louis  VII  acquiert  une  partie  d’une  maison  « in  vico  Parvi  Pon- tis  intra  insulam...  ad  ampliandam  viam  » (R.  de  Lasteyrie,  Car- '102  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS i lui.  général  de  Paris,  n°  380).  En  1222,  Philippe  Auguste  reconnaît les  droits  de  justice  de  l’évêque  « in  rua  nova  ante  ecclesiam Beate  Marie  » et  en  dehors  de  ladite  rue  jusqu’à  « magnarn  viam Parvis  Pontis  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1092A,  n°  3;  Teulet, Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  554,  n°  1554  = Delisle, Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste,  n°  2180). Philippe  Hamelin  (tour).  — Appelée  plus  tard  tour  de  Nesle. Par  accord  de  janvier  1210  (1211,  n.  st.),  cette  tour  («  tornella Philippi  Hamelini  supra  Sequanam  »)  fut  choisie  comme  une  des bornes  de  la  paroisse  Saint-Séverin  (Félibien,  Hist.  de  Paris, t.  III,  p.  91). Ce  Philippe  Hamelin  paraît  à plusieurs  reprises  dans  les  char- tes du  temps  de  Philippe  Auguste,  qui  en  lit  un  prévôt  de  Paris. Voir  la  liste  des  prévôts  de  Paris  dressée  par  M.  L.  Delisle,  au t.  XXIV  du  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  p.  18’. Porte  de  Paris.  — Porte  située  sur  la  rive  droite  de  la  Seine au  débouché  du  Grand  Pont.  En  1141-1142  cession  est  faite  d’une boutique  sur  le  Grand  Pont  eL  « ad  portam  vero  slationes  qua- tuor ad  panis  venditionem  » (Ii.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de Paris , n°  286).  En  1153-1154,  Louis  VII  rappelle  que  jusqu’alors les  bouchers  n’ont  pu  vendre  leur  viande  que  « ad  portam  Magni Pontis  » ( ihid .,  n°  380).  En  1155-1156,  il  est  question  de  la  mai- son <(  Guerrici  cambitoris,  que  est  ad  portam  civitatis,  ubi  et  ven- dunlur  carnes  » (ihid  , n°  391).  En  1171,  une  charte  menLionne une  boutique  de  boulangerie  « que  est  ad  portam  Parisius  » [ihid., n°  497).  En  1179-1180,  cession  est  faite  de  « plateam  quamdam... apud  portam  Parisiensem  » [ihid.,  n°  566).  En  1204,  Guillaume, prieur  de  Saint-Martin  des  Champs  concède  aux  Templiers  a quod- dam  stallum  quod  habebamus  ante  bocheriam  porte  Parisiensis  » en  échange  d’un  pré  sis  à Noisy  (orig.,  Arch.  nat.,*  M 14,  n°  1). En  1207,  un  accord  intervient  entre  les  moines  de  Saint-Martin- des-Champs  et  Jean  l’Enfant  et  sa  sœur  au  sujet  de  « quibusdam stallis  (pie  sunt  juxta  portam  carniflcum  ad  Magnum  pontem  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 1338,  n°  12).  On  sait  que  devant  la  Porte  de Paris  se  trouvait  la  Boucherie  du  Grand  Pont  (voir  ce  mot).  En 1300  celle  même  porte  sera  désignée  comme  suit  : « Porte  de Paris,  rue  S.  Denis,  emprès  du  Chaslellet  » (H.  de  Curzon,  La maison  du  Temple  de  Paris,  p.  340). NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  103 Poterie.  — Il  s’agit  sans  doute  de  la  région  où  passa  plus  tard la  rue  de  la  Poterie,  entre  la  rue  de  la  Verrerie  à celle  de  la  Cou- tellerie (voir  le  plan  de  Verniquet),  c’est-à-dire  la  partie  méridio- nale de  la  rue  du  Renard  actuelle. En  1 160,  il  est  question  d’un  cens  « in  Poleria  » (R.  de  Lasteyric, Carlul.  général  de  Paris,  n°  413);  en  1 172-1173,  d'une  maison  « in Figularia  » [ibid.,  n°  506)  ; en  1222,  d’une  autre  maison  « in  Pote- ria,  in  censiva  Templi  Parisiensis  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives de  t Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  165)  ; en  juillet  1223,  d'une  maison « in  Poteria  » (■ ibid .,  n°  175  . Pourceaux  (place  aux).  — Emplacement  précis  incertain.  En 1201,  il  est  question  à deux  reprises  de  la  maison  possédée  par une  certaine  Havoie  « juxta  plateam  Porcorum  » ou  « Porcello- rum  » à côté  de  la  maison  de  Lambert  de  Clichy  (Brièle  et  Coyecque, Archives  de  /’ Hôtel-Dieu  de  Paris,  nÛS  58  et  59).  En  1204,  une  mai- son sise  « in  platea  Porcorum  » est  léguée  à l’Hôtel-Dieu  {ibid., n°  75i.  En  1205,  legs  à l'Hûtel-Dieu  d'une  autre  maison  sise  « in platea  ad  Porcos  » {ibid.,  nu  79).  Au  début  du  xiv°  siècle,  le  Dit des  rues  de  Paris  de  Guillot  (n°  136)  mentionne  dans  le  quartier des  Halles  « la  viez  place  à pourciaux  » (Bournon,  dans  Lebeuf, Hist.  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris  ; rectifications  et  addi- tions, p.  414)  et  un  acte  de  1297  (Arch.  mit.,  S 1822)  indique  d'une manière  plus  précise  que  cette  place  était  voisine  du  « chevais Saint-Honoré  ». Pré-[aux-Clercs].  — Le  2 avril  1163,  lors  de  la  consécration  de l'église  Saint-Germain-des-Prés,  le  pape  Alexandre  III,  « ad  pra- tum  quod  est  juxta  monasterii  muros  curn  sollempni  processione procédons,  ad  populum  sermonem  fecit  » (R.  de  Lasteyric,  Carlul. général  de  Paris,  n°  436).  Eu  novembre  1194,  Philippe  Auguste notifie  que  Pierre  de  Crépy  a vendu  à son  sergent  Archer  deux arpents  de  vignes  sis  « juxta  Parisius,  in  Laaz,  juxta  pratum Sancti  Germani  de  Pratis  » (copie  du  xmc  s.,  Cartul.  AD  de  Saint- Germain-des-Prés,  Arch.  mit.,  LL  1025,  fol.  13  vu  = Delisle,  Calai, des  actes  de  Philippe  Auguste,  nu  427  . En  1200,  le  même  notifie que  « Malotio  »,  son  chambellan,  a vendu  à Saint-Germain-des- Prés  trois  arpents  de  vignes  sis  « juxta  parvum  pratum,  ante  por- tam  Sancti  Germani  de  Pratis  » (copie  du  xiiic‘  s.,  cartul.  cité, fol.  29  v®  = Delisle,  Catalogue,  n”  597).  En  août  1215,  le  légat  Ro- 104  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS bert  déclare  confirmer  aux  écoliers  parisiens  « pratum  Sancli Germani  in  eo  statu  in  quo  fuit  eis  adjudicatum  » (Denifle  et  Châ- telain, Chartul.  (Jniversitatis  Parisiensis,  t.  I,  p.  78,  n°  20). Quincampoix  (rue).  — Existe  encore  aujourd’hui.  En  1203,  Eudc, évêque  de  Paris,  notifie  que  Robert  l’Angevin  a reconnu  devant lui  la  donation  faite  à l’église  Saint-Lazare  par  Ermenjard,  son épouse,  de  deux  maisons  sises  à Paris,  dont  l’une  « in  vico  qui  dici- tur  Quiquenpoist  » (copie  duxuPs.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch. nat.,  MM  210,  fol.  43  v°).  En  février  1211  (1212,  n.  st. ),  un  accord a lieu  entre  les  chanoines  de  Saint-Merri  et  un  certain  Guillaume et  sa  femme  au  sujet  d’une  rente  à percevoir  sur  la  maison  de Robert  le  Maçon  « in  vico  de  Quiquempoist  » (Cadier  et  Couderc, Cartul.  de  Saint-Merry , n°  40,  dans  les  Mémoires  de  la  Soc.  de  Ihis- toire  de  Paris  et  de  l'Ile  de  France , t.  XVIII,  1891,  p.  143).  En  avril 1223,  Bouchard  de  Marly  conclut  un  arrangement  avec  le  prieur  de Saint-Lazare  de  Paris  au  sujet,  notamment,  d’un  cens  « quem  ha- bere  solebam  in  vico  Alberici  Carnificis  et  in  vico  qui  appellatur Quiquenpoist  » (copie  du  xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch. nat.,  MM.  210,  fol.  63).  - Roule  (pont  du).  — Pont  sur  lequel  la  route  de  Paris  au  Roule franchissait  le  ruisseau  marécageux  situé  à l’ouest  de  Paris.  En 1222,  Philippe  Auguste  se  réserve  toute  la  justice  « in  strata publica  ab  ecclesia  Sancti  Honorati  quantum  durât  terra  episcopi risque  ad  pontem  de  Rollo  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1092A, n°  3;  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  354,  n°  1554 — Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe  Auguste , n°  2180). Sablon.  — Lieu  dit,  qui  donna  son  nom  à une  rue,  parallèle  à la Seine,  située  entre  l’ancienne  rue  du  Marché  Palu  (au  Petit  Pont) et  le  Pont  au  Double.  Cetle  rue  disparut  elle-même  au  xvne  siècle pour  être  englobée  dans  les  bâtiments  de  l’ancien  Hôtel-Dieu,  le long  de  la  Seine.  Voir  Jaillot,  Recherches . ..  sur  la  ville  de  Paris ; t.  I,  Quartier  de  la  Cité,  p.  91. En  1180,  il  est  question  d’une  maison  sise  « in  Sabulo  » (R.  de Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  575).  En  1190,  Philippe Auguste  atteste  le  don  fait  par  Sanceline  à l’église  Saint-Denis de  Montmartre  de  maisons  sises  « Parisius,  apud  Sabulum  » (E.  de Barthélemy,  Recueil  des  chartes  de  l' abbaye  de  Montmartre,  p.  127, NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  10.') sous  la  fausse  date  de  1102  = Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Phi- lippe Auguste , n°  288).  En  1218,  i’abbaye  de  Sainte-Geneviève  cède à celle  de  Montmartre  une  maison  sise  « in  Sabulo  » (E.  de  Bar- thélemy, Recueil  cité,  p.  148).  En  décembre  1221,  don  à l’IIôtel- Dieu  d’une  maison  sise  à Paris,  « in  Sabulo  » (Brièle  elCoyecque, Archives  de  V Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  147.  Voir  ihid.,  p.  475,  une mention  du  censier  qui  prouve  que  c’est  bien  là  un  point  de  la « Cité  »).  En  septembre  1223,  l’abbaye  de  Sainte-Geneviève  acense au  prieuré  de  la  Saussaye  («  domui  de  Salceia  » la  moitié  de  deux maisons  sises  « in  Sabulo  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 1510,  n°  1). Vers  la  même  époque,  Adam,  archidiacre  de  Paris  (cité  en  1212, dans  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  143, n°  109)  notifie  la  donation  faite  à Saint-Germain-des-Prés  par Girard  de  Gonesse  et  sa  femme,  d’un  cens  sur  une  maison  sise  à Paris,  « in  Sabulo  » (copie  du  xme  siècle,  Cartul.  AB  de  Saint- Germain-des-Prés,  Arch.  nat.,  LL  1025,  fol.  12  v°). Sac  (rue  du).  — Rue  non  identifiée.  En  décembre  1210,  les  cha- noines de  Saint-Merri  achètent  un  cens  sur  deux  chambres  « in vico  Sacci  » près  de  la  maison  de  lingue  « Trossevache  »,  dans  le fonds  de  terre  de  l’église  Saint-Merri  (Cadier  et  Couderc,  Cartul. de  Saint-Merri/,  n°  29,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  de.  l’hist.  de  Paris et  de  l' lie  de  France , t.  XVIII,  1801,  p.  135).  Ce  texte  indique  qu’il faut  chercher  la  rue  aux  abords  de  Saint-Merri  et,  sans  doule,  en même  temps,  assez  près  de  la  rue  Troussevache. Saint-Aignan  chapelle). — Un  fragment  en  subsiste  au  n°  19  de la  rue  des  Ursins  ; fondée  vers  1123  par  Étienne  de  Garlande  (R. de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  nos  200  et  201). Saint-André-des-Arts  (église).  — Démolie  en  1800;  fondée entre  1211  et  1220  (voir  ci-dessus,  chap.  ni,  p.  25). Saint-Antoine-des-Champs  (abbaye  de).  — Aujourd’hui  hôpital Saint-Antoine,  rue  Saint-Antoine.  Mentionnée  dès  1101  (i G allia christiana,  t.  VII,  instr.,  col.  899). Saint-Barthêlemi  et  Saint-Magloire  (chapelle).  — Démolie  à 106  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS l'époque  de  la  Révolution,  cette  chapelle  était  située  sur  l’empla- cement du  Tribunal  de  commerce  actuel.  Elle  avait  été  soumise à l’abbaye  de  Marmoutier  en  1094  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  géné- ral de  Paris,  n°  109;  Prou,  Recueil  des  actes  de  Philippe  P'',  roi  de France,  n°  135). Saint-Benoît  (église).  — Démolie  en  1854,  cette  église  était située  sur  le  côté  ouest  de  la  rue  Saint-Jacques  à son  croisement avec  la  rue  des  Écoles  actuelle.  Elle  est  citée  pour  la  première fois  en  1138  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris , n°  275] . Saint-Benoît  (rue).  — Peut-êti’e  la  rue  appelée  plus  tard  (voir le  plan  de  Verniquet)  rue  du  Cloître-Saint-Benoît  (qu’il  ne  faut  pas confondre  avec  la  rue  qui  porte  aujourd’hui  ce  nom),  à moins pourtant  qu’il  ne  s’agisse  de  la  Grand’rue,  ainsi  que  quelques actes  de  la  fin  du  xme  siècle  pourraient  le  laisser  supposer. En  novembre  1220,  vente  est  faite  à l’Hôtel-Dieu  de  Paris  d’une maison  sise  « in  vico  Sancti  Benedicti  » (Brièle  et  Coyecque, Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  135,  où  l’acte  est  précédé  de ce  sommaire,  écrit  en  l’an  1295  : « De  domo  dicta  ad  Clavem  in magno  vico  ultra  Parvum  pontem  »). Saint-Bond  (église).  — Démolie  en  1692,  cette  église  était  située sur  l’emplacement  du  n°  8 de  la  rue  Saint-Bon  actuelle,  suivant M.  Bournon  (Lebeuf,  Hist.  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris; rectifications  et  additions,  p.  330).  Elle  est  citée  pour  la  première fois  en  1186  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  260). Saint-Christophe  (église).  — Démolie  en  1747,  cette  église  était située  à l’angle  du  Parvis  Notre-Dame  et  de  la  rue  Saint-Chris- tophe (F.  Bournon,  loc.  cit.,  p.  7).  Elle  est  citée  dès  le  ixe  siècle, au  moins. Saint-Denis-de-la-Chartre  (église).  — Dans  la  Cité.  Figure  encore sur  le  plan  de  Verniquet.  Mentionnée  pour  la  première  fois  en 1014  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  80). NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  107 Saint-Denis-du-Pas  (église).  — Dans  la  Ci  lé,  derrière  Notre- Dame.  Figure  encore  sur  le  plan  de  Verniquet.  Mentionnée  pour la  première  fois  en  1164  (R.  de  Lasteyrie,  Cariul.  général  de  Paris, n°  450)  sous  le  titre  d’oratoire. Saint-Éloi  (prieuré  de).  — Dans  la  Cité.  Figure  sur  le  plan  de Verniquet  (couvent  des  Barnabites).  Apparaît  dès  le  ixe  siècle, Saint-Étienne-des-Grès  (église).  — Démolie  en  1792;  ligure encore  sur  le  plan  de  Verniquet.  Citée  dès  l’époque  carolingienne. Saint-Ëtienne-du-Mont  (église).  — Construite  en  vertu  d’une décision  pontificale  du  20  juin  1222  (orig.  scellé,  Àrch.  nat. , L 884, n°  55;  publ.  partiellement  par  F.  Bournon,  dans  Lebeuf,  Hist.  de la  ville  el  de  tout  le  diocèse  de  Paris;  rectifications  et  additions , p.  193-194). Saint-Eustache  (église).  — Apparaît  en  juillet  1225  comme église  et  existait  peut-être  auparavant  (dès  1215,  au  moins) comme  chapelle  sous  le  vocable  de  Sainte-Agnès.  Voir  Lebeuf, Hist.  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris,  éd.  de  1885,  t.  I, p.  58,  ef  Jaillot,  Recherches  critiques. . , sur  la  ville  de  Paris;  quar- tier Saint-Eustache , p.  28. Saint-Germain-l'Auxerrois  (église).  — Citée  dès  le  ix°  siècle. Saint-Germain-l’Auxerrois  rue).  — Rue  joignant  la  chaussée Saint-Lazare  (rue  Saint-Denis)  à l’église  Saint-Germain-l’Auxer- rois suivant  le  tracé  représenté  encore  partiellement  par  la  rue Saint-Germain-l’Auxerrois  actuelle  el  par  la  rue  des  Prêtres  Saint- Germain-l'Auxerrois. Dans  un  diplôme  de  Louis  le  Pieux  du  19  octobre  820,  dont plus  d’un  détail  nous  semble  suspect,  il  serait  question  déjà  de la  « ruga  Sancti  Germani  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de Paris , n°  32).  Il  est  question  de  la  « via  Sancti  Germani  » menant au  Grant  l’ont  en  861  (: ibid .,  n°  45).  Dans  une  fausse  bulle  de 108  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Benoît  VII  fabriquée  au  xie  siècle,  on  trouve  mention  de  la  même « ruga  Sancti  Germani  » que  dans  l'acte  de  Louis  le  Pieux  (ibid., n°  65);  de  même,  en  1165,  dans  une  bulle  d’Alexandre  III  (ibid., n°  457).  En  1185,  Maurice,  évêque  de  Paris,  notifie  que  Guillaume de  la  Chambre  et  Ève,  son  épouse,  ont  vendu  aux  moines  de Saint-Éloi  de  Paris  une  maison  en  garantie  de  laquelle  ils  en  ont désigné  une  autre  qui  leur  appartenait  « in  burgo  nostro  (=  epis- copi),  in  vico  Sancti  Germani  Àutissiodorensis  » (ori g. , Arch.  nat., S 1068,v,  n°  30).  En  avril  1210,  cession  est  faite  à l’église  Notre- Dame  d’un  cens  sur  une  maison  « quae  dicitur  domus  Canis,  sita super  Secanam  in  vico  Sancti  Germani  Autissiodorensis  » (Gué- rard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  II,  p.  516,  n°  10).  En février  1218  (1219,  n.  st.) , donation  est  faite  à l’Hûtel-Dieu  de Paris  d’une  maison  sise  « in  vico  Sancti  Germani  Altissiodoren- sis  » (Brièle  etCoyecque,  Archives  de  l' Hôtel-Dieu  de  Paris , n°  124). En  mai  1219,  Adam  Baudouin,  à l’article  de  la  mort,  donne  aux religieuses  de  Saint-Antoine  de  Paris  un  cens  à percevoir  snr  une maison  sise  « in  vico  Sancti  Germani  Autyssiodorensis  » (copie  du XIIIe  siècle,  Cartul.  de  Saint-Antoine,  Arch.  nat.,  LL  1595,  fol. 49  v°). Saint-Germain-le-Vieux  (église).  — Dans  la  Cité.  Figure  sur  le plan  de  Verniquet.  Apparaît  dès  l’époque  mérovingienne. Saint-Germain-des-Prés  (abbaye  de).  — Apparaît  à l’époque mérovingienne. Saint-Germain-des-Prés  (porte).  — Porte  de  l’enceinte  de  Phi- lippe Auguste,  appelée  plus  tard  porte  de  Bussy.  En  1209-1210, Philippe  Auguste  donne  à l’abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés « poslernam  murorum  nostrorum  Parisiensium  que  est  in  via Sancti  Germani  de  Pratis  tenendam  de  nobis  et  heredibus  nostris libéré  et  quiete  et  absque  ulla  consuetudine,  ita  tamen  quod, quando  conslructa  fuerit,  abbas  Sancti  Germani  debeat  eam  Lotarn de  novo  cooperire  de  merreno  et  tegula  et  reparare  quotiens opus  fuerit  et  tenere  in  ta  1 i statu  quod  non  depereat  » (Malingre, /.es  antiquités  de  la  ville  de  Paris , p.  215  = Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste , n°  1173).  La  porte  qui  garda  dans  la suite  le  nom  de  porte  Saint-Germain-des-Prés  n’est  mentionnée qu'en  1240  (voir  ci-dessus,  chap.  iv,  p.  47). NOMENCLATUUE  des  rues,  lieex  dits  et  monuments  100 Saint-Germaix-des-Prés  (rue).  — Rue  menant  de  la  Grand’rue (rue  Saint-Jacques)  à l’abbaye  de  Saint-Germain- des-Prés.  L’obi- tuaire  de  Notre-Dame  enregistre  au  18  octobre  l’obi L de  l’archi- diacre Philippe  (mort  à la  fin  du  XIIe  siècle),  qui  donna  à la cathédrale  une  maison  sise  au  delà  du  Petit  Pont,  « in  proxima via  que  ducit  ad  Sanctum  Germanum  » (Mobilier,  Obiluaires  de  la province  de  Sens , t.  I,  p.  189).  En  1209-1210,  il  est  question  de la  porte  de  Paris  « que  est  in  via  Sancti  Germani  de  Pralis  » (acte cité  à l’article  précédent).  En  1221,  Païen,  chanoine  de  Saint- Jean-le-Rond,  dote  une  chapellenie  qu’il  fonde  à Notre-Dame  en donnant  notamment  une  maison  sise  « versus  Sanctum  Germa- num de  Pratis,  super  calceatam  » (orig.  scellé,  Arch.  nat.,  S 90B, n°  85;  analysé  dans  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , l.  II,  p.  462,  n°  91).  Il  s’agit  peut-être  de  la  rue  Saint-Germain. Saint-Gervais  (église).  — Eglise  fondée  à l’époque  mérovin- gienne. Saint-Hilaire  (église).  — Eglise  située  autrefois  (voir  le  plan de  Verniquet)  à l’angle  de  la  rue  des  Sept-Voies  (aujourd’hui  rue Valette)  et  de  la  rue  du  Mont-Saint-Hilaire  (rue  Lanneau).  Citée pour  la  première  fois  comme  chapelle  en  1148  (R.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris,  n°  405). Saint-Hippolyte  (chapelle).  — Chapelle  qui  était  située  presque à l'angle  du  boulevard  Arago  et  du  boulevard  de  Port-Royal  et dont  les  derniers  vestiges  ont  disparu  en  1867.  Elle  est  citée  pour la  première  fois  en  1158  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Pa- ris, n°  405).. On  consultera  sur  cette  chapelle  le  livre  de  M.  l’abbé  Jean  Gas- ton, Une  paroisse  parisienne  avant  la  Révolution  : Sainl-Hippohjle Paris,  1908,  in  8°),  paru  pendant  que  notre  travail  était  sous presse. Saint-Honoré  (église  . — Démolie  pendant  la  Révolution,  cette église  était  située  sur  l’emplacement  de  la  rue  actuelle  dite  Cloi- tre-Saint-Honoré.  La  première  charte  relative  à la  dotation  de  la chapelle  avant  l’achèvement  de  sa  construction  est  de  1201 l'IO  NOMENCLATURE  DËS  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONÙMËNfs (charte  de  l’évêque  Eude,  double  orig.,  Arch.  nat.,  L 612,  n°  1,  et S 1822,  n°  90;  Félibien , Hist.  de  Paris , t.  III,  p.  76).  La  première charte,  à notre  connaissance,  ou  cette  chapelle  soit  nommée  Saint- Honoré  est  d’août  1207  (orig.,  Arch.  nat  , S 1822,  n°  83).  Dès  l’an- née suivante,  elle  est  appelée  église  et  l’évêque  règle  l’organisa- tion du  chapitre  (Félibien,  op.  eit.,  t.  Y,  p.  602). Saint-Honoré  (porte).  — Porte  de  l’enceinte  de  Philippe  Au- guste sur  la  route  de  Clichy.  En  1203,  le  chapitre  de  Saint-Ger- main-l’Auxerrois  autorise laconstruction  d’une  chapelle  (Saint-Ho- noré) « prope  portam  Parisiensem,  secus  viam  que  tendit  ad  Cl i - chi  » (orig.,  Arch.  nat.,  L 612,  n°  2;  Félibien,  Bis/,  de  Paris , t.  III,  p.  76).  En  août  1207,  l’évêque  Eude  confirme  cette  charte  en employant  les  mêmes  termes  (vidimus  de  l’an  1317,  Arch.  nat., L 361,  n°  4;  copie  du  xvie  s.,  Cartul.  de  Saint-Germain-l’Auxerrois, LL  388,  fol.  72).  En  mars  1217  (1218,  n.  st.),  Philippe  Auguste donne  à Foulque  de  Compiègne,  son  sergent,  « portam  nostram murorum  Parisius,  sitam  ante  ecclesiam  Sancti  Ilonorati,  que fuit  magistri  Raymundi,  cum  duabus  tornellis  que  sunt  ex  u traque parte  porte  predicte,  ita  quod  dictus  Fulco  et  heres  suus  portam predictam  cum  duabus  tornellis  in  bono  statu  de  coopertura  sem- per  tenebunt  et  conservabunt  » (copie  du  xmc  s.,  registre  CC  de Philippe  Auguste,  Arch.  nat.  JJ  8,  fol.  102  v°  = Delisle,  Catalogue des  actes  de  Philippe  Auguste , n°  1796). Saint-Jacques  (église).  — Dite  église  des  Jacobins.  Était  située rue  Saint-Jacques,  en  face  l’église  Saint-Ëtienne-des-Grès  (voir  le plan  de  Verniquet),  « in  exitu  civitatis  Parisiensis  »,  comme  il  est dit  dans  une  charte  de  1221  (Denifle  et  Châtelain,  Chartul.  Univer- sitalis  Parisiensis,  L.  I,  p.  99,  n°42).  L’église  est  citée  sous  ce  nom dès  décembre  1219  (ibid.,  p.  91,  n°  33). Satnt-.I  acquë  s- [nu -la-Bouc  iie  rie]  (église).  — De  cette  église,  dont seule  une  tour  (tour  Saint-Jacques)  subsiste,  des  fouilles  exécu- tées en  1832-1833  ont  révélé  des  substructions  qui  ont  semblé dater  de  l’époque  carolingienne  (voir  A.  Lenoir,  dans  le  Bulletin du  Comité  de  la  langue  et  des  arts,  1833,  p.  420,  et  surtout  le  dos- sier 49  des  Papiers  Vacquer,  conservés  à la  Bibl.  hist.  de  la  ville de  Paris).  La  première  mention  de  l’église  est  de  1119  (R.  de Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris , n°  184). Nomenclature  des  kees,  lieux  dits  et  monuments  ill Saixt-.J  ean-en-Grève  (église).  — Démolie  en  1800,  cette  église était  adossée  à l'Hôtel-de-Ville  (voir  le  plan  de  Verniquet).  Elle est  citée  dès  1141-1142  (R.  de  Lasteyrie,  Carlul.  général  de  Paris , n°  285). [Saint-Jean-de-Latran]  (église).  — Une  tour  en  demeura  debout jusqu'en  1854.  En  1171-1172,  cette  église  — alors  simple  oratoire — venait  d’être  construite  (II.  de  Lasteyrie,  Carlul.  général  de. Paris,  n°  408;  Delaville  Le  Roulx,  Carlul.  général  de  l'ordre  des Hospitaliers , l.  I,  p.  205,  n°  423). Saint-J eax-le-Rond  (église).  — Église  qui  était  située  contre .Notre-Dame,  à gauche  en  faisant  face  au  portail.  Citée  dès  1124 R.  de  Lasteyrie,  Carlul.  général  de  Paris,  n°203)et  avec  son  nom de  Saint-Jean-fe-/ioncî,  dès  le  10  septembre  1200  au  plus  tard  : débat  entre  Païen,  chanoine  « Sancli  Johannis  Rotundi  » et  Mar- guerite, veuve  de  Guillaume  de  Saint-Marcel,  au  sujet  d’une  mai- son sise  en  la  paroisse  Saint-Séverin  (orig.,  Àrch.  nat.,  S 00B, n°  80). Saint-Julien-le-Pauvre  (église).  — Citée  dès  le  IXe  siècle,  et  avec son  nom  de  Saint-Julien-/e-/>aMU?’e  dès  août  1200  au  plus  tard (orig.,  Arch.  nat.,  S 3518,  liasse  14,  n°  2). Saint-Landrî  (église).  — Dans  la  Cité  (voir  le  plan  de  Verniquet). Démolie  en  1820.  Un  prêtre  de  cette  église  paraît  dès  1150  envi- ron R.  de  Lasteyrie,  Carlul.  général  de  Paris , n°  368). Saint-Landrî  (rue).  — Probablement  la  rue  qui,  au  xvme  siècle, joignait  la  rue  des  Marmousets  à la  rue  Russe  des  Ursins  (voir  le plan  de  Verniquet).  En  avril  1219,  Hugue,  abbé  de  Sainl-Ger- main-des-Prés,  notifie  que  Raoul,  moine  de  l'abbaye,  a concédé  à Gui  d'Auxerre,  le  cens  d’une  maison  sise  à Paris,  « in  vico  Sancti Landerici  » (copie  du  xme  s.,  Carlul.  Alt  de  Saint-Germain-des-* Prés,  Arch.  nat.,  LL  1027,  fol.  101  v°). 112  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Saint-Laurent  (église).  — Citée  dès  l’époque  mérovingienne. Saint -Lazare  (léproserie  de).  — Aujourd’hui  prison  de  Saint- Lazare.  Citée  pour  la  première  fois  en  1122  (R.  de  Lasteyrie,  Car- tul. général  de  Paris,  n°  193). Saint-Lazare  (pont).  — Pont  sur  lequel  la  chaussée  Saint- Lazare  franchissait  le  ruisseau  marécageux  au  nord  de  Paris. En  1122,  Louis  VI  parle  du  pont  Saint-Martin  et  de  « aliurn  pon- tem  prope  Parisium,  juxta  domum  leprosorum  » (R.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris,  n"  193).  De  même,  Louis  VII  en  1143- 1144  ( ibid . , n°  301). Saint-Lazare  (rue  ou  chaussée).  — Aujourd’hui  rues  Saint- Denis  et  du  Faubourg  Saint-Denis.  En  1178-1179,  don  de  quelques arpents  de  prés  « adjacentium  calceate  qua  itur  ad  Sanctum  Laza- rum  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  355).  En  1185- 1196,  Jean  de  Drancy  lègue  à Saint-Martin-des-Champs  quinze sous  « in  quibusdam  domibus  de  calcea  ante  crucem  reginae  assi- gnatos  » (copie  du  xme  s.,  Liber  testament  or  um  S.  Martini  de Campis,  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  10977,  fol.  65  v°).  Eu  1202,  Eude, évêque  de  Paris,  notifie  que  les  moines  de  Saint-Martin-des- Champs  ont  autorisé  Adam  de  Montreuil,  chanoine  du  chapitre cathédral  à établir  deux  fours  « in  calceia  Sancti  Maglorii  » (copie de  l’an  1209,  Cartul.  A de  Saint-Martin-des-Champs,  Arch.  nat., LL  1351,  fol.  33).  En  1210,  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  la  fon- dation de  l’hopilal  de  la  T ri  n i té  « ad  crucem  regine,  in  via  ilia  que ducit  ad  Sanctum  Lazarum  » et  sa  remise  à l’abbaye  d’Hermières (orig.,  Arch.  nat.,  S 100,  n°6).  En  1211,  Gilbert  le  Roux  donne  à Saint-Lazare  de  Paris  « domum  suam,  sitam  super  caleeiam,  ante crucem  regine  » (copie  du  xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch. nat.,  MM  210,  fol.  123  v°).  Beaucoup  d’autres  chartes  sont  rela- tives à des  biens  sis  sur  la  rive  droite  de  la  Seine,  « super  cal- ceiam  ». SainT-Leukroi  (église).  — , Détruite  en  1684,  cette  église  était située  près  du  Grand  Châtelet.  Elle  est  citée  dès  1150  environ (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  368). NOMENCLATURE  UES  HUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  11. J Saint-Magloire  (église).  — Existait  encore  à la  lin  du  xvm'  siè- cle à l’angle  de  la  rue  Saint-Denis  et  de  la  rue  Saint-Magloire ivoir  le  plan  de  Verniquet).  Elle  avait  été  établie  dans  une ancienne  chapelle  dédiée  à Saint-Georges  (en  1117,  elle  est  dite chapelle  Saint-Georges  et  Saint-Magloire  : R.  de  Lasteyrie,  Cartul. général  de  Paris , n°  175),  qu’il  faut  probablement  identifier  avec celle  de  ce  nom  qu'on  trouve  citée  au  ixe  siècle  ( ibid . , n°  54). Saint-Marcel  (église).  — Démolie  en  180G,  cette  église  était située  à l’angle  de  l’avenue  des  Gobelins  et  du  boulevard  Saint- Marcel  actuels.  Elle  avait  été  fondée  à l’époque  mérovingienne. Saint-Martial  (église).  — Dans  la  Cité,  derrière  l’église  Saint- Éloi.  Avait  disparu  avant  la  fin  du  xvme  siècle.  Elle  est  mention née  pour  la  première  fois  en  113(5  (R.  de  Lasteyrie,  Carlul.  géné- ral de  Paris , n°  2(50  . Saint-Martin  (église) . — - Appelée  aussi  Saint-Martin-du-Cloilre- Saint-Marcel,  elle  était  située  tout  à côté  de  Saint-Marcel,  au  point où  la  rue  de  la  Collégiale  rejoint  aujourd’hui  le  boulevard  Saint- Marcel  (voirie  plan  de  Verniquet).  Elle  est  citée  pour  la  première fois  en  1158  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  405). Saint-Martin  rue).  — Aujourd'hui  rues  Saint-Martin  et  du  Fau- bourg Saint-Martin.  En  1070,  le  roi  ordonne  de  respecter  «.  via que  est  ante  monasterium  Sancti  Martini  » (R.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris , n°  99;  Prou,  Recueil  des  actes  de  Phi- lippe P'\  roi  de  France,  n°  53).  En  1194,  Robert,  prieur  de  Saint- Marlin-des-Champs,  et  Daniel,  prieur  de  Saint-Lazare,  échangent divers  cens,  dont  5 sous  « in  vico  Sancti  Martini  » (copie  du xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  40  v°  . En  mai  1225,  Bouchard  de  Marly  et  les  frères  de  Saint-Lazare échangent  divers  cens,  dont  un  « in  vico  Alberici  carnilicis,  sicut se  comportât  a domo  Johannis  de  Darenciaco  usque  ad  magnum vicum  Sancti  Martini  » ( ibid .,  fol.  03  v°). Saint-Martin-ues-Champs  (abbaye  de).  — Aujourd'hui  Conserva i'1  4 NOMENCLATURE  des  rues,  lieux  dits  et  monuments loire  des  Arls  et  Métiers.  Cette  abbaye  remontait  à l’époque mérovingienne. Saint-Martin-des-Champs  (pont).  — Pont  sur  lequel  la  route  de Saint-Martin  franchissait  le  ruisseau  marécageux  au  nord  de Paris.  Mentionné  dès  l’époque  mérovingienne  sous  le  nom  de « pasellus  Sancti  Martini  » (Pi.  de  Lasteyrie,  Cariai,  général  de Paris , n°  7).  En  1122  et  en  1143-1144  il  est  question  de  l’église Saint-Laurent  sise  « prope  pontem  Sancti  Martini  de  Campis  » ( Ibid . , nos  193  et  301). Saint-Matiiurtn  (église).  — Église  des  Trinitaires,  appelée  plus tard  église  des  Mathurins,  située  entre  les  Thermes  et  la  rue  Saint- Jacques  (voir  le  plan  de  Verniquet);  démolie  lors  de  la  Révolu- tion. Citée  pour  la  première  fois,  à notre  connaissance,  en  1190  : vente  par  Barthélemi  Boisseau,  d’une  dime  « hospicio  Sancti Mathurini  » (copie  du  xiue  s.,  Cartul.  des  Mathurins,  Arch.  nat., LL  1544,  fol.  60  v°). Saint-Médard  (église).  — Citée  pour  la  première  fois  en  1163 (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  438). Saint-Médard  (pont).  — Pont  sur  la  Bièvre  près  l'église  Saint- Médard.  En  1163,  le  bourg  Sainte-Geneviève  s’étend  « usque  ad pontem  Sancti  Medardi  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de Paris,  n°  438). Saint  Merri  (église).  — Citée  dès  le  ixe  siècle. Saint-Merri  (porte).  — Porte  située  en  travers  de  la  rue  Saint- Martin  à côté  du  cloître  de  l’église  Saint-Merri.  Suger  relate  que, sous  son  abbatiat  (1122-1151),  les  moines  de  Saint-Denis  ont acheté  « doinum  quae  superest  portae  Parisiensi  versus  Sanctum Medericum  » ( De  rebus  in  administra, liane  gestis , p.  158  de  Lecoy  de La  Marche,  Œuvres  de  Suger , éd.  de  la  Soc.  de  l'hist.  de  France ). Il  s’agit  sans  doute  de  la  porte  Saint-Merri.  En  1209,  Pierre,  évê- que de  Paris,  notifie  que  Simon  Boisseau  a donné  à Saint-Mur- nomenclature  des  rues,  lieux  dits  et  monuments  U 3 tin-des-Champs  un  cens  sur  une  maison  sise  « juxla  portam  que appellatur  porta  Sancli  Mederici  » (copie  du  xme  s.,  Cartul.  A de  Saint-Martin-des-Champs,  Arch . nat.,  LL  1331,  fol  57  v°).  En février  1223  (1234,  n.  si.  . Gui,  archiprêtre  de  Saint-Jacques, reconnait  n'avoir  aucun  droit  de  propriété  sur  une  maison  sise  à Paris,  « juxta  portam  Sancti  Mederici  » (Cadier  et  Couderc,  Car- tul. de  Sainl-Merrj , n°  21,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  d’histoire  de Paris  et  de  Vile  de  France , l.  XVIII,  1891,  p.  127).  Il  est  question au  \ive  siècle  de  biens  sis  « en  la  rue  Saint-Martin,  hors  de  la  porte Saint-Merri  » ( ibid .,  p.  173,  184,  195)  et  touchant  le  cloître  Saint- Merri  ( ibid .,  p.  225,  231).  Cf.  ci-dessus,  chap.  II,  p.  11. Saint-Nicolas-des-Champs  (église).  — Est  citée  déjà  comme  église paroissiale  dans  un  acte  de  mars  1220  (1221,  n st.) , qui  stipule  l'ad- jonction à l'église  d’un  cimetière  spécial  (double  orig.,  dont  l’un scellé,  Arch.  nat.,  L 688,  n°  3,  et  S 1435,  n»  2;  Dubois,  Hisl. eccles.  Parisiensis , t.  II,  p.  270;  F.  Bournon,  dans  Lebeuf,  IHsl. de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris  ; rectifications  et  additions , p.  157). Saint-Paul  (église).  — Située  rue  Saint-Paul  (voir  le  plan  de Verniquet),  cette  église  a été  démolie  à l’époque  de  la  Révolution et  le  culte  transféré  à l’église  voisine  de‘  Saint-Louis,  appelée  au- jourd'hui Saint-Paul  et  Saint-Louis.  Elle  est  citée  pour  la  pre- mière en  1136  (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris , n°  260j. Saint-Pierre-aux-Boeufs  (église).  — Église  qui  s’élevait  au  nord du  parvis  Notre-Dame  (voirie  plan  de  Verniquet).  Elle  est  citée pour  la  première  fois  d’une  manière  sûre  en  1136  (R.  de  Lasley- rie,  Cartul.  général  de  Paris , n°  260),  mais  vraisemblablement aussi  dès  925  ibid.,  n°  260). Saint-Pierre-aux-Boeufs  (rue).  — Rue  qui  joignait  le  parvis  No- tre-Dame à la  rue  des  Marmousets  en  passant  devant  l’église Saint-Pierre-aux-Bœufs  (voir  le  plan  de  Verniquet).  En  septembre 1221,  Raoul  Poquet  dote  une  chapellenie  qu’il  fonde  à Notre- Dame,  en  donnant,  entre  autres,  une  maison  sise  « in  vico  Sancli Pétri  de  Bobus  » (orig.,  Arch.  nat.,  L U 1,  n°  16) * 116  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Saint-Pierre-des-Arcis  (église). — Etait  située  dans  la  Cité,  der- rière l’église  Saint-Barthélemi  (voir  le  plan  de  Verniquet) . Elle est  mentionnée  pour  la  première  fois  en  1136  (R.  de  Lasteyrie, Cariul.  général  de  Paris,  n°  260). Saint-Sé vérin  (église).  — Existait  dès  l’époque  carolingienne, Saint-Séverin  (rue).  ■ — Existe  encore  aujourd’hui.  Dans  une note  antérieure  à 1221,  l’obituaire  de  Notre-Dame  enregistre  au 25  juillet  la  mort  de  Guillaume  de  Montmorency,  sous-chantre  de la  cathédrale,  qui  lègue  au  chapitre  une  maison  sise  « in  vico Sancti  Severini  » (Molinier,  Obituaires  de  la  province  de  Sens , t.  I,  p.160). Saint-Sulpice  (église).  — Un  Raoul,  prêtre  de  Saint-Sulpice,  pa- raît en  janvier  1210  (1211,  n.  st.),  dans  une  charte  relative  à la délimitation  de  la  paroisse  Saint-Séverin  (Eélibien,  Hist.  de  Paris, t.  III,  p.  91). Saint-Symphorien  (chapelle).  — Contiguë  à l’église  Sainl-Denis- de-la-Chartre,  en  la  Cité  ; mentionnée  dès  l’époque  mérovingienne. Saint-Sympiiorien-des-Vignes  (chapelle).  — Située  autrefois  rue des  Cholets.  Citée  pour  la  première  fois  dans  une  charte  de  Phi- lippe Auguste  de  mars  1185  ou  1186,  n.  st.  (Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste , n°  255). Saint-Tjiomas-du-Louvre  (église).  — Remplacée  au  xvnu  siècle par  l’église  Saint-Louis-du-Louvre,  qui  figure  sur  le  plan  de  Ver- niquet. Cette  église  apparaît  en  1186-1187  (Denille  et  Châtelain, Chartul.  Univcrsilatis  Parisiensis,  t.  I,  p.  11,  n°  14). Saint-Victor  (abbaye  de).  — Etait  située  sur  une  partie  de  l’em- placement de  la  Halle  aux  vins  actuelle.  Cette  abbaye  avait  été fondée  en  1113  (R.  de  Lasteyrie,  Cariul.  général  de  Paris,  n°  163) NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  117 et  établie  dans  une  chapelle  Saint-Victor  qui  est  citée  peut-être dès  1045  env.  ( ibid . , n°  93). Sainte-Catiierine  (hôpital).  — Etait  situé  à l’angle  des  rues Saint-Denis  et  des  Lombards,  en  face  de  Sainte-Opportune  (voir le  plan  de  Verniquet),  dont  il  porta  peut-être  d’abord  le  nom.  En 1188,  on  trouve  mention  de  l’hôpital  des  pauvres  de  Sainte-Op- portune (Félibien,  Hist.  de  Paris,  t.  III,  p.  07),  et  en  avril  1214  de « domus  beate  Kateline  Parisiensis  » (orig.,  Arcli.  nal.,  M 58, n°  21). Sainte-Croix  (église). — Etait  située  dans  la  Cité,  à l'angle  de  la rue  de  la  Vieille-Draperie  et  de  la  rue  Sainte-Croix  (voir  le  plan de  Verniquet).  La  première  mention  de  celle  église  est  de  l’an 1136  R.  de  Lasteyrie,  Cariai,  général  de  Caris,  n°  260). Sainte-Croix  (rue).  — Existait  encore  dans  la  Cité  à la  fin  du xvme  siècle  (voir  le  plan  de  Verniquet).  En  1193,  legs  à l’Hôtel- Dieu  d’une  maison  sise  devant  Sainl-Denis-de-la-Chartre  et  d’une autre  « eidem  collateralem,  que  in  viculo  Saute  Crucis  habel  exi- tum  » Brièle  etCoyecque,  Archives  de  l’ Hôtel-Dieu  de  Caris , n°  40. Même  charte  avec  la  dale  de  1199  dans Guérard,  Cariai,  de  Notre- Dame  de  Caris,  t.  II,  p.  519,  n°  21). Sainte-Geneviève  (abbaye  de).  — Aujourd’hui  lycée  Henri  IV. Fondée  à l’époque  mérovingienne. Sainte-Geneviève  (rue).  — Probablement  la  rue  de  la  Montagne Sainte-Geneviève  actuelle.  Le  5 janvier  1222  (1223,  n.  st.),  Amauri,- évêque  de  Meaux,  cède  à l’abbaye  de  Sainte-Geneviève  ses  droits sur  une  maison  sise  « in  vico  magnoSancte  Genovefe  Parisiensis  » copie  du  xme  s.,  Gartul.  de  Sainte-Geneviève,  Bibl.  Sainte-Gene- viève, ms.  350,  p.  138  . Sainte-Gene viève-la-Petite  (chapelle).  — Dans  la  Cité;  elle  fut démolie  en  1747  (voir  F.  Bournon,  dans  Lebeuf,  Hist.  de  la  ville et  de  (oui  le  diocèse  de  Caris  ; rectifications  et  additions , p.  192). 118  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Elle  est  mentionnée  pour  la  première  fois  en  1128  (R.  de  Lasteyrie, Cartul.  général  de  Paris , n°  221). Sainte-Marie-Madeleine  (église).  — Dans  la  Cité,  presque  à l’angle  des  rues  de  la  Juiverie  et  des  Marmousets  (voir  le  plan  de Verniquet).  Fondée  en  11811  dans  la  synagogue  des  Juifs  de  la Cité  (Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris , t.  I,  p.  38,  n°  27). Sainte-Marine  (église).  — Dans  la  Cité,  derrière  Saint-Pierre- aux-Bœufs.  Démolie  en  1807  (voir  F.  Bournon,  dans  Lebeuf,  Hist. de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse  de  Paris  ; rectifications  et  additions , p.  173).  Mentionnée  pour  la  première  fois  vers  1043  (Tardif, Cartons  des  rois , p.  173). Sainte-Marine  (rue).  — Au  xvmc  siècle,  Cul-de-sac  Sainte- Marine,  dans  la  Cité  (voir  le  plan  de  Verniquet).  A la  date  du 18  juin  (vers  1213),  l'obiluaire  de  Notre-Dame  note  la  mort  de Terricus,  archevêque  de  Nicosie,  pour  l’anniversaire  duquel  est donnée  la  maison  de  feu  Renaud  de  Vanves  sise  « in  vico  Sancte Marine  » (Molinier,  Obituaires  de  la  province  de  Sens , t.  I,  p.  141). En  1218,  un  accord  intervient  entre  le  chapitre  de  Notre-Dame  et le  prieuré  de  Saint-Éloi  au  sujet  de  cette  même  maison,  « si  ta Parisius,  in  ruella  Beate  Marine  » (1°  orig.  de  la  charte  d'Étienne, doyen,  et  du  chapitre  de  Notre-Dame,  Arch.  nat.,  S 1092A,  n°  9; 2°  orig.  de  la  charte  de  Raoul,  abbé  des  Fossés  et  de  A.,  prieur de  Saint-Éloi,  Arch.  nat.,  S 7,  n°  10,  celte  dernière  analysée  dans Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  II,  p.  464,  n°  96).  En mai  1225,  il  est  question  encore  d'une  maison  sise  « in  vico  Sancte Marine,  juxta  muros  claustri  Beate  Marie  » (Guérard,  op.  cit., t.  II,  p.  529,  n°  12). Sainte-Opportune  (église).  — Était  située  entre  la  rue  Saint- Denis  et  celle  de  l’Aiguillerie  (voir  le  plan  de  Verniquet).  Elle  est citée  dès  le  i\e  siècle. Sainte-Trinité  (hôpital),  — Voir  Trinité  (hôpital  de  la). NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  'HO Saints-Innocents  (église  des).  — Démolie  dans  le  cours  du \v[iie  siècle,  celte  église  était  située  à côté  du  square  actuel  dos Innocents.  Elle  est  citée  pour  la  première  fois  au  milieu  du xi i°  siècle  fit.  de  Lasteyrie,  Cartul.  gémirai  de  Paris,  n°  308:, Sept- Voies  (les).  — Lieu  dit  dont  la  rue  des  Sept-Voies  (depuis 1880,  rue  Valette)  rappela  longtemps  le  nom.  En  mars  1185(1180, n.  st.),  Philippe  Auguste  donne  à Roger,  batteur  d’or,  des  vignes situées  « apud  Sanctum  Stephanum,  ...duos  videlicet  apud  Sep- tem  vias,  etc.  » (copie  du  xine  s.,  Cartul.  de  Sainte-Geneviève, Bibl.  Sainte-Geneviève,  ms.  550,  p.  88  = Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste,  n°  155). Serpente  rue).  — L'obi luaire  de  Notre-Dame  note  au  2G  sep- tembre (vers  1180)  la  mort  de  Thomas  le  Noir,  archidiacre  de Bayeux,  qui  donna  à Notre-Dame  un  cens  sur  un  jardin  sis  « in vico  Serpentis  »,  dans  la  censive  de  Saint-Germain-des-Prés  (Moli- nier,  Obituaires  de  lu  province  de  Sens,  t.  I,  p.  183). Servonde  rue).  — Rue  qui  reçut  plus  tard  le  nom  de  rue  du Foin,  comme  le  prouve  la  note  suivante  du  censier  de  la  mar- chandise de  l'eau,  rédigé  en  février  1293  : « La  rue  au  Fein,  qui ot  non  Servaude,  devant  le  palais  de  Termes  » (Le  Roux  de Lyney,  Histoire  de  i Hôtel-de-Ville  de  Paris,  2e  partie,  p.  114). En  juillet  1216,  les  frères  de  l’Hôtel-Dieu  de  Paris  louent  à Ameline  la  Potière  et  à sa  tille  Marie  une  maison  sise  « ultra  Par- vum  pontem,  in  censix’a  Sancti  Maturini  Parisiensis,  in  vico  qui vocatur  Servonde  » Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  l’ Hôtel-Dieu de  Paris,  n°  120). Tannerie  (la).  — Lieu  dit,  correspondant  sans  doute  à l'ancienne rue  de  la  Vieille-Tannerie  (voir  le  plan  de  Verniquet).  En  1194, Robert,  prieur  de  Saint-Martin-des-Champs,  et  Daniel,  prieur  de Saint-Lazare,  échangent  des  cens  dont  l’un  « in  taneria  » (copie du  xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nul.,  MM  210,  fol.  40  v°). Temple  (le).  — Sur  l’emplacement  du  square  du  Temple  actuel. 120  NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Fondé  au  milieu  du  xne  siècle.  Voir  II.  de  Curzon,  La  maison  du Temple  de  Paris  (Paris,  1888,  in-8°). Thermes  (les).  — Palais  et  lieu  dit,  aujourd'hui  musée  de  Cluny. En  1138,  donation  d’un  cens  « juxta  locum  qui  dicitur  Terme  » (R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  général  de  Paris,  n°  273).  Entre  1101  et 1108,  donation  par  le  chantre  Aubert  de  « domum  suam  de Termis  » (ibid.,  nos  426  et  470).  En  mars  1183  (1180,  n.  st.), Philippe  Auguste  donne  à Roger,  batteur  d’or,  des  vignes  sises « apud  Termas  » (copie  du  xiue  s.,  Cartul.  de  Sainte-Geneviève, Bibl.  Sainte-Geneviève,  ms.  356,  p.  83  = Delisle,  Catalogue  des actes  de  Philippe  Auguste,  n°  155).  En  1193,  Simon  de  Poissy donne  à FHôtel-Dieu  une  grange  « apud  Termas  » (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  V Hôtel-Dieu  de  Paris,  n°  41).  En  1212,  le même  Simon  acense  une  autre  grange  sise  « juxta  palacium  Ter- marum  » à Renaud  de  Wissous,  qui,  en  1214,  la  donne  à l’abbaye des  Vaux  de  Cernay  (L.  Merlet  et  A.  Moulié,  Cartul.  de  Notre- Dame  des  Vaux  de  Cernay , t.  I,  p.  187  et  193,  nos  178  et  186).  En mai  1218,  Pierre,  évêque  de  Paris,  notifie  que  Roger  de  la  Cham- bre ayant  donné  au  couvent  de  Saint-Antoine  de  Paris  40  sous  de cens  « sitos  Parisius,  inter  palacium  de  Termis  et  Sanctum  Ger- manum  de  Pratis  »,  Eude  le  Queux  et  sa  femme  ont  approuvé  ce don  (copie  du  xin°  s.,  Cartul.  de  Saint-Antoine,  Arch.  nat.,  LL 1593,  fol.  47  v°).  En  mars  1218  (1219,  n.  st.),  Philippe  Auguste donne  à son  chambellan  Henri  « palatium  de  Terminis,  quod  fuit Simonis  de  Pissiaco,  cum  pressorio  quod  erat  in  eodem  palatio  » (Delisle,  Catalogue  cité,  n°  1888).  En  juillet  1223,  l’Ilôtel-Dieu  de Paris  loue  au  couvent  des  Vaux-de-Cernay  une  chambre  « juxta palacium  Termarum  » (Brièle  et  Coyecque,  Archives  de  V Hôtel- Dieu  de  Paris,  n°  174). Thermes  (rue  des).  — Probablement  l’ancienne  rue  des  Mathu- rins,  qui  passait  devant  les  Thermes.  Voir  le  plan  de  Verniquet et  pour  l’identification  de  la  rue,  cf.  H.  de  Curzon,  La  maison  du Temple  de  Paris,  p.  354.  Ce  nom  de  rue  des  Thermes  a pu  cepen- dant s’appliquer  aussi  à la  rue  du  Foin. En  mars  1223  (1224,  n.  st.),  l’hôpital  Saint-Mathurin  acense une  maison  « sitam  in  magno  vico  » (la  rue  Saint-Jacques  actuelle), « in  capite  vici  Termarum  » (copie  du  xme  s.,  Cartul.  des  Mathu- rins,  Arch.  nat.,  LL  1544,  fol.  12). NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS  121 Thibaud-aux-DéS  (rue).  — Correspond  à la  partie  méridionale de  la  rue  actuelle  des  Bourdonnais  (voir  le  plan  de  Verniquet). En  1203,  Eude,  évêque  de  Paris,  notifie  qu'André  « de  Balneis  » a quitté  aux  lépreux  de  Saint-Lazare  « domum  de  vico  Theobaldi ad  Decios  » (copie  du  xm°  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Areli.  nat., MM  210,  fol.  31).  Le  21  août  1220,  les  lépreux  de  Saint-Lazare («  leprosi  de  banleuga  »)  vendent  au  chantre  de  Saint-Germain l'Auxerrois  dix  sous  de  crois-cens  « in  vico  Theobaldi  ad  Decios sitos  in  domo  defuncti  Sansonis  pelliparii  » (copie  du  xm*  s., Bibl.  nat.,  ms.  lat.  10400,  fol.  42;  copie  du  nui*  s.,  Cartul.  de Saint-Germain-l'Auxerrois,  Arch.  nat.,  LL  387,  fol.  20  v°). Tonnellerie  (la).  — Lieu  dit,  probablement  sur  l’emplacement de  l'ancienne  rue  de  ce  nom,  aux  Halles  voir  le  plan  de  Verni- quet . En  juin  1223,  le  prêtre  « Seerius  Dives  » vend  à la  maison de  Saint-Lazare  dix  sous  de  crois-cens  qu’il  percevait  annuelle- ment sur  une  maison  sise  « Parisius,  in  Campellis,  in  dolearia  » (copie  du  xiue  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare,  Arch.  nat.,  MM  210, fol.  102  v°). Trinité  (hôpital  de  la).  — Était  situé  rue  Saint-Denis  presque  à l'angle  de  la  rue  Greneta  (voir  le  plan  de  Verniquet).  Apparaît en  1202  sous  le  nom  d’ « aumônerie  de  la  Croix  de  la  Reine  » (double  orig.,  dont  un  scellé,  Arch.  nat.,  S 100,  nos  9 et  10; Féli bien , Hist.  de  Paris,  t.  III,  p.  73)  et  en  1210  sous  celui  de  la Trinité  orig.,  Arch.  nat.,  S 100,  n°  G). Troussevaciie  (rue).  — Aujourd’hui  rue  de  la  Reynie.  En  oc- tobre 1225,  Étienne  de  « Meremont  » et  sa  femme  donnent  à Saint-Martin-des-Champs  un  cens  qu'ils  possédaient  à Paris  « in Corrigiaria,  in  vico  qui  appellatur  Trossevache  » (orig.,  Arch. nat.,  S 1400,  n°  36). Truanderie  Ta).  — Lieu  dit,  probablement  sur  l'emplacement des  rues  actuelles  de  la  Grande  Truanderie  et  de  la  Petite  Truan- derie. En  août  1220,  Martin  l’Anglais,  plâtrier,  et  sa  femme donnenl  aux  lépreux  de  Saint-Lazare  une  maison  sise  à Paris « in  Trutannaria  » copie  du  xme  s.,  Cartul.  de  Saint-Lazare, Arch.  nat.,  MM  210,  fol.  87  v°). J22 NOMENCLATURE  DES  RUES,  LIEUX  DITS  ET  MONUMENTS Zacharie  (ruej.  — En  1203,  Hervé  le  Sommelier  donne  à l'Hôtel- Dieu  de  Paris  une  maison  sise  « in  vico  Sacalie  » (Brièle  et Coyecque,  Archives  de  V Hôtel-Dieu  de  Paris,  nos  78  et  79).  En  juin 1219,  Païen,  chanoine  de  Saint-Jean-le-Rond  de  Paris,  cède  à Jean l’Heureux,  bourgeois  de  Paris,  une  maison  sise  à Paris  « in  vico qui  dicitur  Sacqualie  » (orig.,  Arch.  nat.,  S 90[î.  n°  702;  analysé dans  Guérard,  Cartul.  de  Notre-Dame-de  Paris , t.  Il,  p.  460,  n°  85). En  1221,  le  chapitre  de  Notre-Dame  rappelle  que  ledit  Païen  a doté  une  chapellenie  fondée  par  lui  en  la  cathédrale  en  donnant deux  maisons,  dont  Tune  « in  vico  qui  dicitur  Sachalia  » (orig., Arch.  nat.,  S 90B,  n°  85;  analysé  dans  Guérard,  op.  cil.,  t.  II, p.  462,  n°  91). TABLE  1)ES  MATIERES Av.YYr-PH.OPOS Pages . 1 Chapitre  I.  — Paris  à la  fin  du  xc  siècle Chapitre  II.  — Extension  de  Paris  sur  la  rive  droite  de  la  Seine. Chapitre  III.  — Extension  de  Paris  sur  la  rive  gauche  de  la  Seine Chapitre  IV.  — L'enceinte  de  Philippe  Auguste Chapitre  V.  — Paris  au  début  du  xme  siècle 9 2:i 31 :;i APPENDICES Appendice  I.  — Une  prétendue  enceinte  de  Paris  sur  la  rive gauche  de  la  Seine  avant  le  règne  de  Philippe  Auguste  C'a Appendice  IL  — Nomenclature  des  rues,  lieux  dits  et  monuments de  Paris  à l'époque  de  Philippe  Auguste 69 Le  Pcy-ex-Vei.ay. Imprimerie  PeyKiller,  Bouchon  et  Ga.mon.

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