mis à jour le

Plusd’authenticité, plus d’offres différentes…
C’esten substance le créneau porteur pour le tourisme en Afrique, selon l’étude du centre de recherchespécialisé en intelligence économique Euromonitor International.
Seloncette étude, trois pays ont toutes les cartes en main pour voir leur secteurtouristique connaître une croissance importante: du côté desoutsiders,leRwanda et laSierra Leone, et, du côté des destinations touristiques déjàreconnues, laTanzanie.
Cespays pourraient bien se faire une place au côté des «vaisseaux amiraux» dutourisme enAfrique subsaharienneque sont leKenya et surtout l’Afrique du Sud (cette dernièreconcentre plus du tiers des recettes du tourisme en Afrique subsaharienne).
Avecune progression notable de +3% du nombre de visiteurs en 2011, le Rwanda aatteint les 723 000touristes.
Ceschiffres sont à prendre avec précaution, du fait des migrations de populationsvenues de RDC (16,5% des entrées), d’Ouganda(13,5%) et de Tanzanie (7,4%) dont toutes ne sont pas touristiques.
Lesmarchés émetteurs de touristes non-africains sont avant tout les Etats-Unis (3,6%), la Belgique (2%) et le Royaume-Uni (1,5%).
L’observationdes gorilles dans les montagnes, attrait touristique du Rwanda depuis plusieursannées, est en passe d’inspirer une stratégie plus générale de positionnementsur l’écotourisme: les autoritésdiversifient leur offre en la matière, en proposant désormais des promenadesdans la canopée, à 150 mètres de hauteur, des parcours dédiés à l’observationdes oiseaux, ou encore lesentierpédestre duCongo Nile Trail.
Cedernier, long de 227 km, est ainsi mis en avant à grand renfort de publicitécomme la vitrine du Rwanda comme destination écotouristique.
Les autorités rwandaisestentent ainsi d’associerla protection de l’environnement avec la construction d’un modèle économiquerural, concurrent de l’économie du braconnage.
Enparallèle, Kigali a lancé une politique intitulée «Look East Policy» (politiquetournée vers l’est) par laquelle le gouvernement espère attirer un nombrecroissant de touristes en provenance d’Extrême-Orient.
Selon l’étude,«celaaidera à accroître le nombre d’arrivées de touristes et à gonflerconsidérablement les recettes du tourisme.»
Leprojetde second aéroport international au Rwanda ou la perspective de voir lepays adhérer au visa touristique unique de la communauté est-africaine pourraitégalement favoriser cette politique de développement du tourisme.
«LaSierra Leone est un petit pays, mais avec un potentiel certain pour devenir unedestination touristique majeure»,assure l’étude.
Aprèsplusieurs années de troubles, le retour au calme, associé aux campagnespromotionnelles du gouvernement (vidéo ci-dessous, en anglais), pourraients’avérer payantes, selon Euromonitor International.
Car la Sierra Leone joue unecarte précieuse: la promesse d'une destination parmi les moins défigurées parle tourisme, indique l’étude:
«Lespoints d’attraction du pays, des plages aux réserves naturelles en passant parles montagnes, fournissent une base solide pour l’avenir et offrent uneopportunité considérable pour développer le tourisme dans la région.»
En2011, la fréquentation touristique en Sierra Leone a augmenté de 2%, atteignantles 45 537 entrées.
L’attention croissante des compagnies hôtelièrespourrait bien aider le pays à surmonter son handicap côtéinfrastructures.
Avec5% de croissance en 2011, la fréquentation touristique de la Tanzanie montre sabonne vitalité. Mais le ralentissement de l’activité économique enEurope et enAmérique du Nord inquiète les autorités.
Legouvernement tanzanien a donc lui aussi commencé à s’intéresser aux marchésémetteurs des pays asiatiques, expliquent les auteurs de l’étude:
«Dansun effort pour rester compétitif et attractif pour des touristes potentiels, legouvernement tanzanien a lancé une nouvelle campagne baptisée "Think Asia"(Pensez Asie), en cherchant à toucher une part du marché du voyage asiatique,en pleine croissance.
À la recherche de touristes originaires des marchésémergents comme la Chine, l’Inde et la Russie, le gouvernement a utilisé ses missions étrangères et sesambassades dans ces pays pour faire la promotion de son offre touristique.»
LeTanzania Tourist Board (TTB) voit même plus loin: fort de chiffres defréquentation encourageants de la part des pays du Moyen-Orient, le TTB espèrebeaucoup des liaisons aériennes vers ces pays.
Legouvernement vise également le Brésil,et a installé dans la capitale Brasilia une représentation diplomatique.
Maispour progresser, la fréquentation touristique en Tanzanie devra passer, selonl’étude, par une diversification de l’offre. Le segment safari, selon l’étude,ne pourra plus suffire.
Déjà,la Tanzanie développe des produits touristiques autour du sport, ou àdestination d’une cible familiale (positionnementbienavancé sur le marché italien) ou encore letourisme médical (lecomplexe immobilierde Dar Es Salam décidé récemment prévoit entre autres unhôpital dédié au tourisme médical).
Cettediversification est même devenue, pour l’étude, un impératif de survie, alorsque la compétitivité touristique de la Tanzanie a chuté au cours des dernièresannées :
«C’estune indication claire selon laquelle il y a un besoin d’accroîtrel’investissement dans le tourisme afin de faire du pays une destination plusattractive à l’avenir.»
Antony Drugeon
Cetarticle a d'abord été publié surMarchés Tropicaux & Méditerranéens
A lire aussi
Quandl'écotourisme change la vie des villages mauritaniens
Cameroun,en attendant les touristes chinois
Maroc:les 10 escapades loin des clichés
Marchés Tropicaux & Méditerranéens
Marchés Tropicaux & Méditerranéens (MTM) est un magazine mensuel économique spécialisé sur les stratégies et investissements en Afrique. La revue est éditée à Paris. http://www.mtm-news.com
Ses derniers articles:
L'écotourisme pour voir l'Afrique autrement
Meles Zenawi, le libéral à géométrie variable
Les aéroports, l'avenir de l'Afrique
