Avec le vote de la loi Duplomb, qui remet sur le marché certains pesticides dont un néonicotinoïde, ces substances sont de nouveau au cœur de l’actualité. Dès les années 1970, des agriculteurs avaient tiré la sonnette d’alarme sur leur dangerosité.
De quand datent les premières alertes sur les pesticides ? Dès les années 1970, on l'entend dans le montage d'archives en tête d'article, certains agriculteurs s'inquiétaient. Comme ce maraîcher qui avait arrêté de cultiver avec des produits chimiques : « C’est venu parce que j’ai manqué de m’empoisonner avec les traitements. À la suite de traitements assez répétés, j’ai craché le sang pendant plusieurs jours et c’est ce qui m’a décidé à arrêter totalement parce que non seulement je m'empoisonnais, mais je me suis aperçu que j'empoisonnais les autres, aussi.»
À cette époque, les agriculteurs utilisaient le pesticide DDT. Reconnu dangereux et cancérigène, il fut interdit à la vente en 1972, mais remplacé par d’autres pesticides. Les chercheurs de l’INSERM firent alors des études afin de connaître exactement les impacts de ces pesticides sur les agriculteurs, mais aussi sur les consommateurs de ces légumes traités. La dangerosité pour l’agriculteur était finalement reconnue.
En plus de ça, certains agriculteurs dénonçaient un appauvrissement de la terre et une pollution des sols. Malgré ces alertes, l’agriculture française poursuivait son industrialisation avec ces produits phytosanitaires. Seule condition pour avoir plus de rendement selon ses défenseurs.Les années passaient et certains agriculteurs décidaient de porter plainte comme Paul François. Le céréalier accusait Monsanto de l’avoir intoxiqué via son herbicide Lasso. Il fut le premier agriculteur français à avoir fait condamner la multinationale.
Après le vote de la loi Duplomb qui remet sur le marché certains pesticides interdits dont un néonicotinoïde, la ligue contre le cancer a dénoncé cette décision, qui selon elle, sacrifie le principe de précaution.