Nouvelle série
AccueilNuméros39-2MiscellanéesQuelques remarques sur le nomadis...
Cette étude propose un aperçu de l'histoire du nomadisme au Maghreb avant le début des migrations hilaliennes au milieu duxie siècle. Ce sujet demeure peu étudié en comparaison avec le nomadisme en Afrique du Nord à l'époque antique, dont la connaissance a connu récemment un grand développement. L'examen des sources arabes du haut Moyen Âge permet de constater la diversité des termes employés pour désigner les populations nomades et leur mode de vie. Les aspects résidentiels, territoriaux et socio-économiques prédominent dans la représentation du nomade dans ces sources. La pratique du nomadisme présente durant le haut Moyen Âge de nombreuses variétés régionales, en fonction des conditions écologiques, de la nature de la production agro-pastorale et des formes de l'occupation de l'espace. Enfin, ce travail se termine par quelques interrogations sur la nature et l'évolution des habitations des populations nomades.
Este estudio propone un planteamiento de la historia del nomadismo en el Ma-greb antes de las migraciones hilalíes a mediados del sigloxi. Es un tema poco estudiado en comparación con el nomadismo en África del Norte en la época antigua, cuyo conocimiento ha avanzado mucho recientemente. El examen de las fuentes árabes de la Alta Edad Media permite constatar la diversidad de términos empleados para designar a los pueblos nómadas y su forma de vida. Los aspectos que predominan en estas fuentes para representar al nómada son los residenciales, territoriales y socioeconómicos. La práctica del nomadismo presenta numerosas variedades en la Alta Edad Media, en función de las condiciones ecológicas, de la naturaleza de la producción agrícola y pastoral, y de las formas de ocupar el espacio. Este trabajo se cierra con algunos interrogantes sobre la naturaleza y evolución de las habitaciones de los pueblos nómadas.
This article proposes an overview of the history of nomadism in the Maghrib prior to the Hilalian migrations in the mid-11th century. This subject has been little-studied in comparison with nomadism in North Africa in ancient times, in which considerable advances have been made recently. High Middle Age Arabic sources contain a large variety of terms to designate nomadic populations and their ways of life. Residence, territory and socio-economic aspects predominate in the way that nomads are portrayed in these sources. The practice of nomadism in the High Middle Ages presented numerous regional variations in response to ecological conditions, the prevailing kinds of agro-pastoral production and forms of land occupation. The article concludes with a number of questions as to the nature and the evolution of the living spaces of nomadic populations.
1Même si on leur attribue, souvent à juste titre, une intensification de la bédouinisation de la société maghrébine, les grandes vagues de migrations arabes qui touchèrent l’Afrique du Nord dès le milieu duxie siècle n’y ont manifestement pas importé le nomadisme1. Dès une très haute Antiquité, des Berbères ont adopté un mode de vie nomade qui s’est d’ailleurs maintenu jusqu’à l’époque actuelle.
2Ce nomadisme autochtone durant la première période islamique, a pourtant peu attiré l’attention des historiens. Nos connaissances sur le sujet sont encore tributaires des travaux d’Émile-Félix Gautier, dont l’œuvre, notamment dansLes siècles obscurs2, est un concentré des présupposés d’une histoire coloniale construite notamment selon une opposition binaire et irréductible entre nomades et sédentaires3.
3Le présent travail se détache bien sûr des thèses d’É.-F. Gautier et ambitionne de poser la question du nomadisme préhilalien selon l’angle de vue de l’historien des structures sociales et économiques. Pour atteindre cet objectif, les sources arabes les plus anciennes, notamment celles antérieures à l’arrivée des Hilaliens au milieu duxie siècle, sont particulièrement privilégiées. Afin de limiter les risques de projection de réalités postérieures, le recours aux sources tardives, y compris àIbn H̱aldūn, sera limité. En effet, dans les˓Ibar,Ibn H̱aldūn inscrit l’histoire des différents groupes berbères, notamment nomades, dans une lecture fondée sur sa théorie de l’Histoire. Ainsi, les passages qui leur sont consacrés servent une lecture téléologique de l’Histoire qui fait de l’organisation tribale et de la mobilité sociale des nomades le moteur principal de l’évolution politique du Maghreb.
4Historiens et archéologues de l’Antiquité nord-africaine ont été les premiers à s’interroger sur la complexité des rapports entre nomades et sédentaires4. Plusieurstopoï sur les rapports entre les populations nomades et le pouvoir romain, ou encore sur l’opposition entre nomades et sédentaires sont maintenant remis en cause. Les avancées de la recherche sur l’antiquité des nomades berbères ouvrent indubitablement des pistes intéressantes pour les médiévistes.
5Comme pour l’époque médiévale, la connaissance du nomadisme antique en Afrique du Nord souffre d’un problème de sources. L’optique des sédentaires domine dans les écrits qui nous sont parvenus : le nomade y est irrémédiablement représenté sous les traits du sauvage n’ayant pas d’habitat fixe, vivant constamment en déplacement sans aucune loi ni règle. Aux yeux des sédentaires, il incarne l’antithèse des idéaux de la civilisation urbaine et inspire la peur5. Cette lecture idéologique hostile aux nomades a conditionné les premiers travaux et a contribué à donner une image réductrice de la dynamique sociale et des rapports politiques dans l’Africa. Les principales questions suscitées par l’histoire des nomades et du nomadisme durant l’Antiquité africaine concernent l’apparition du nomadisme monté, la construction des territoires, les rapports avec Rome, et enfin, les migrations supposées des nomades chameliers durant l’Antiquité tardive.
6L’ancienneté et les conditions de l’introduction du chameau au Maghreb ont été longtemps discutées. Ce fait historique fut à l’origine d’un tournant majeur dans l’histoire du nomadisme car il induit l’apparition, dans la région, du grand nomadisme chamelier considéré, à tort, comme l’archétype et la manifestation paroxystique du nomadisme. Plusieurs auteurs, dont É.-F. Gautier, avançaient l’hypothèse de l’introduction du chameau en Afrique par des corps de l’armée romaine originaires de Syrie auiiie siècle6. Il aurait ainsi été adopté par les nomades berbères refoulés en dehors dulimes par la colonisation romaine et leur aurait permis de dominer les sédentaires des oasis sahariennes au moment où la désertification croissante rendait difficile l’utilisation des chevaux. Cette thèse, balayée depuis par de nombreuses critiques et surtout par les témoignages archéologiques et textuels, ignore les nombreuses représentations de l’art rupestre protohistorique7, ou les données sur l’utilisation des chameaux et leur élevage avant et pendant l’occupation romaine, notamment en Tripolitaine8.
7On le voit, cette thèse définitivement réfutée par les critiques depuis un demi-siècle s’inscrit pleinement dans les postulats de l’histoire de l’époque coloniale, fondée sur la systématisation de l’opposition entre nomades autochtones et sédentaires romains et romanisés. Cette construction a été longtemps à la base de l’interprétation dulimes comme étant une limite entre les deux modes de vie. Plusieurs travaux ont depuis démontré que lelimes apparaît plutôt « comme un moyen de contrôler les déplacements des nomades que comme une barrière9 ».
8Ainsi, au sein des espaces directement ou indirectement sous l’influence de Rome, cohabitaient des formes différentes de mise en valeur des territoires. Le pastoralisme nomade et semi-nomade, attesté depuis une très haute Antiquité10, se maintint dans plusieurs régions de l’Afrique romaine11. En Tingitane, les témoignages des auteurs antiques laissent penser que plusieurs populations des zones forestières, des plaines atlantiques ou des bassins fluviaux vivaient de l’élevage12. Le développement possible de l’artisanat du cuir en serait un indice supplémentaire13.
9L’empreinte de la mobilité des nomades sur le paysage se serait perpétuée dans le tracé du système viaire et dans la géographie du peuplement antique. À propos de la Tingitane, Michel Ponsich note la conjonction entre les emplacements detumuli préromains et d’éventuels axes de transhumance14. Dans les Aurès, on a également suggéré que l’emplacement des villes romaines du Piémont aurasien serait lié à l’activité transhumante (ou nomade). Situées sur les voies de passage des nomades, dont la fréquentation est clairement attestée par la présence dès une haute époque de l’immense nécropole préromaine d’Ichoukane, ces villes auraient pu ainsi jouer le rôle de points de contrôle et de marchés, et aussi servir d’intermédiaires entre la ville, l’agriculture sédentaire et toute une gamme de nomadismes15.
10L’histoire du nomadisme au Maghreb à la fin de l’Antiquité a donné naissance également à un autre sujet à débat : l’émergence sur la scène militaire et politique de nouveaux groupes a été interprétée comme un grand mouvement migratoire depuis l’Est impliquant des nomades chameliers. La thèse, une fois encore inspirée par le travail d’É.-F. Gautier, fut notamment fondée sur l’explication dualiste de l’origine des Berbères par les auteurs arabes médiévaux, qui distinguaient lesBuṭr desBarānis. Les premiers ont été identifiés comme étant des nomades, les seconds comme sédentaires. L’imbrication des deux ensembles dans la géographie du peuplement du Maghreb, au moins telle qu’elle peut être restituée, serait due d’après É.-F. Gautier aux migrations desBuṭr, facilitées par leur adoption du chameau. Gabriel Camps, sur la base de la même opposition, identifie lesBuṭr comme des Néoberbères, grands nomades chameliers originaires de Libye, alors que lesBarānis représenteraient des Paléoberbères. Cette théorie de la migration, longtemps admise sans être solidement échafaudée, a été sérieusement remise en cause par le travail érudit et richement documenté d’Yves Modéran. Grâce à une analyse philologique des sources latines et grecques de l’Antiquité tardive, ainsi que des récits de la conquête arabe, l’auteur a démontré l’inconsistance de l’idée des migrations pour expliquer la complexité de l’évolution du peuplement berbère entre l’Antiquité tardive et les premiers siècles de la présence musulmane16. À l’encontre des supputations des défenseurs de la théorie des migrations, il s’avère que les groupes nomades ou semi-nomades libyens occupaient d’une manière continue leurs territoires, jusqu’à l’arrivée des premiers conquérants arabes. Souvent à l’origine des interprétations des tenants de la théorie des migrations, le fossé énorme qui existe entre la nomenclature ethnique et les schémas d’explication relatifs aux origines des Berbères à la fin de l’Antiquité et chez les auteurs arabes, trahit d’abord un phénomène de recomposition tribale, peut-être engendré par la conquête, doublé comme c’est souvent le cas, d’une refonte des emblèmes onomastiques des groupes17.
11Les avancées majeures dues aux historiens de l’Antiquité tardive permettent du moins d’écarter l’idée d’une grande vague de migrations pour expliquer l’évolution des nomadismes au Maghreb.
12Malgré le fait que les conquérants arabes du Maghreb proviennent d’une culture profondément marquée par le nomadisme, il ne semble pas que la conquête ait eu un impact en faveur du développement du mode de vie nomade. En effet, il est peu probable que des migrations massives de populations nomades arabes aient eu lieu dans le sillage de la conquête, qui était avant tout le fruit d’une entreprise militaire organisée par les pouvoirs musulmans successifs en Orient. D’ailleurs, il ressort clairement des études sur les conquêtes arabo-musulmanes en général que les dirigeants musulmans, tout en tirant parti de l’apport militaire des effectifs tribaux des nomades, sont surtout issus de populations sédentaires. Souvent méfiants à l’égard des nomades, ces dirigeants ont plutôt opté pour une politique d’implantation de sites urbains ou de villes-camps, en incitant les soldats d’origine nomade à s’y installer pour pouvoir continuer de bénéficier de leurs soldes18.
13Au Maghreb, la situation n’est pas différente : les élites arabes se sont implantées dans plusieurs centres urbains hérités de l’Antiquité ou nouvellement fondés ; d’autres ont occupé des domaines agricoles, dans leSāḥil de l’Ifrīqiya notamment19.
14L’une des rares mentions de nomades arabes au Maghreb à la suite de la conquête relève plutôt d’une image stéréotypée que d’une réalité historique constatée. Face à la montée de l’insurrection berbère contre les gouverneurs arabes et leurs méthodes répressives, vers 123/740-741, le calife de DamasHišām b.˓Abd al-Malik (723-743) aurait menacé de placer devant chaque lieu fortifié berbère la tente d’un Qaysite ou d’un Yéménite20. La menace d’user du peuplement, en l’occurrence de l’implantation de nomades arabes, en guise de moyen politique pour affermir l’emprise de l’Empire omeyyade sur le Maghreb, rappelle l’argument véhiculé par la vulgate médiévale expliquant l’arrivée des Hilaliens au milieu duxie siècle comme une punition orchestrée par les autoritésfaṭimides contre leurs anciens alliés zirides.
15Cette étude n’aspire pas à faire un catalogue exhaustif des différentes tribus nomades du Maghreb durant le haut Moyen Âge. Il est néanmoins nécessaire d’évoquer les groupes les plus représentatifs, tout en montrant la variété des formes de mobilité et d’articulation avec les populations sédentaires. Pour ce faire, il convient au préalable de faire le point sur la terminologie employée par les sources arabes.
16Dans le lexique utilisé pour désigner les nomades dans nos sources, la référence à la mobilité est largement présente. Elle est généralement exprimée par quatre racines :
17— rḥl : ayant comme sens premier « aller et venir », cette racine s’est déclinée en de très nombreuses formes verbales ou nominales relevant du champ sémantique de la mobilité. Outre les sens devoyager (d’où le motriḥla), dedéménager, le lexique chamelier est particulièrement riche en dérivés de cette racine(rāḥila: chamelle ;raḥl: charge d’un chameau ;raḥlouraḥla: selle de chameau). Enfin, le termeraḥḥāla, en plus de son sens courant de voyageur, est largement utilisé au pluriel, pour qualifier les nomades.
18— ẓ˓n : racine exprimant l’idée de voyage, de déplacement ; d’après leLisān al-˓arabd’Ibn Manìër, le motẓa˓an désigne le déplacement des nomades à la recherche de pâturages ou d’eau. Le termeahl al- ẓa˓an est ainsi utilisé dans le sens de nomades.
19— ˓zb: avec un sens initial synonyme de « s’éloigner», cette racine est à l’origine de nombreux verbes et noms exprimant l’idée de partir loin à la recherche de pâturages. Les mots˓azzāb, berger, et˓azīb, désignant une portion de terre affectée au pâturage d’un troupeau, et par extension un domaine dévolu à l’élevage, dérivent de cette même racine.
20— nǧ˓ : racine prolifique qui a donné lieu à plusieurs termes ou expressions relevant du champ sémantique du nomadisme. Le verbenaǧa˓a, dans sa forme simple ou dans plusieurs de ses formes augmentées, rend l’idée de se déplacer, de voyager pour assurer sa subsistance. La forme VIII,intaǧa˓a, exprime le fait de se déplacer à la recherche de pâturages ou d’endroits arrosés par la pluie. Le motnaǧ˓a (pl.nuǧa˓ ounuǧū˓) désigne le troupeau, mais peut également (avec un pluriel ennaǧ˓) signifier des tentes ou un campement.
21Les racines utilisées pour nommer les populations nomades, leur mode de vie ou leur mobilité, renvoient principalement à l’idée de mobilité dans un sens général. Parfois, la spécificité de cette mobilité et son objectif (la recherche des pâturages et de l’eau) sont davantage mis en valeur. Très souvent, la spécificité de l’habitat nomade sert de trait discriminant des populations nomades. Tantôt, c’est l’absence d’un habitat fixe (qarār) qui est soulignée ; tantôt, la forme de l’habitation légère et mobile, tente ou hutte, est remarquée21.
22Ces registres terminologiques repérés réfèrent donc à trois aspects fondamentaux du nomadisme : son rapport particulier à l’espace qu’induit la mobilité ; son habitat précaire et s’accommodant des techniques les plus rudimentaires ; enfin, son activité économique fondée principalement, sinon exclusivement, sur la production pastorale. La définition empirique du nomadisme qui en découle est centrée autour des aspects territoriaux, résidentiels et économiques. Les dimensions sociopolitiques, qui priment dans la construction de l’image du nomade chez les auteurs tardifs, comme Ibn H̱aldūn par exemple, ne sont guère mises en avant et en aucun cas ne sont considérées dans le cadre d’une oppositionsui generis entre la vie nomade et sédentaire. Cette différence notable dans le traitement de l’information relative aux nomades trahirait un changement dans leur représentation consécutivement aux migrations arabes du milieu duxie siècle22.
23Le groupe des Mazāta fait partie de l’ensemble des tribus libyennes rencontrées par les premiers conquérants arabes. Ibn˓Abd al-Ḥakam rapporte ainsi que˓Uqba b. Nāfi˓ conquit toutes les fortifications(quṣūr) des Mazāta, dont le territoire est situé à l’ouest de Zawīla23.Cette position géographique est plus ou moins confirmée par plusieurs sources plus tardives : al-Ya˓qūbī (m. après 891) évoque plusieurs groupes appartenant aux Mazāta dans l’Est libyen, notamment à Syrtes et à Waddān ; leurs territoires seraient limités à l’ouest par le pays des Hawwāra24. IbnḤawqal (écrivant entre 977-988) confirme cette même présence en terre libyenne : des Mazāta Mu˓tazilites sont signalés près deǦabal Naffūsa25 ;plus au sud, le clanmazātī desBanūẖaṭṭāb dominait Zawīla26.
24Mais au-delà de l’espace libyen, oùlesMazāta ne sont pas identifiés comme nomades, des groupes mazātī-s sont signalés à plusieurs endroits. D’abord, Ibn al-Saġīr (auteur de la fin duixe siècle) rapporte que plusieurs tribus, parmi lesquelles les Mazāta et les Sadrāta, avaient l’habitude de se déplacer durant le printemps depuis leurs territoires(awṭān), du Maghreb ou d’ailleurs, pour venir s’installer à Tāhart et dans ses environs(aḥwāz) à la recherche de pâturages27. Ces deux tribus, généralement considérées comme des groupes zénètes, professaient l’ibāḍisme et constituaient une assise tribale solide à l’imāmat de Tāhart.
25De nombreuses mentions affirment également la présence des Mazāta dans plusieurs régions dans ou autour du massif des Aurès. Le récit des débuts de lada˓wa (prédication)faṭimide (datant de 957) composé par l’historien et théologienismā ‘ilite al-Qāḍī al-Nu˓mān relate la confrontation, près de Tāzrūt, des Kutāma et des armées du mouvementfaṭimide, d’une part, et des Mazāta, de l’autre. Ces derniers, dont le chefYūsuf al-˓Aṭṭāšī est présenté comme un affidé de l’aġlabide Ibrāhīm II (875-902), sont attaqués une première fois alors qu’ils se trouvaient dispersés, à la recherche de pâturages pour leurs troupeaux de chameaux28. Les mêmes Mazāta subirent peu après une nouvelle déconvenue face auxfaṭimides qui s’accaparèrent leurs campements avec tous leurs biens, notamment leur riche capital animalier d’ovins, de chevaux et surtout de chameaux. Malgré son caractère anecdotique, la description de l’importance des prises est révélatrice de la nature des activités pastorales du groupe, à la fois berger et chamelier29. La présence des Mazāta dans les Aurès semble se maintenir plus longtemps, avec un mode de nomadisation similaire à celui adopté par leurs congénères attestés près de Tāhart. Selon al-Bakrī (dont l’ouvrage, compilant des sources plus anciennes, est achevé en 1068), les Mazāta, ainsi que lesḌarīsa, deux tribus d’obédienceibāḍite, sont signalés dans les environs deBāġāya. Par crainte des méfaits de la pluie et de la neige sur la pérennité de leur cheptel chamelier, ils avaient l’habitude d’hiverner dans le désert30. D’autres auteurs confirment cette présence, notammentIbn Ḥawqal qui mentionne des Mazāta près d’al-Masīla31. Les Mazāta seront ensuite impliqués dans la révolte desIbāḍites deBāġāya en 969, selonal-Šammāẖī32qui rapporte un témoignage sur leurs importants effectifs de12 000 cavaliers.
26En Ifrīqiya, en plus des Mazāta de Kairouan33 et du Jérid (Qasṭīliya)34, plusieurs autres groupes mazātī-s sont signalés dans le pays de Qābis (Gabès), où ils sont qualifiés d’habitants de huttes(ahlaẖṣāṣ)35.L’information apparaît à trois reprises chezal-Šammāẖī, qui évoque les Mazāta dans la zone de Qābis sous le règne dufaṭimideal-Mu˓izz (953-972)36. Leur présence dans la région deQābis semble habituelle ; l’auteur duKitāb al-siyar relate leur arrivée dans la région, durant une année de sécheresse, pour acheter à crédit des provisions de dattes37.
27Le destin des Mazāta est révélateur d’une dynamique complexe qui nous est connue d’une manière très fragmentaire. La dissémination du groupe loin de son territoire libyen initial, à travers plusieurs régions, près de Tāhart, dans les Aurès ou à plusieurs endroits dans le sud de l’Ifrīqiya, pourrait être le résultat de deux mécanismes différents. On peut d’abord penser à la segmentation du groupe d’origine en plusieurs ensembles tribaux qui partent à la conquête de nouveaux terrains de parcours et construisent ainsi de nouveaux territoires38. Mais l’homonymie de plusieurs groupes tribaux ne peut être toujours le fruit d’une migration accompagnant la fission d’un groupe. Le phénomène inverse peut aussi se produire, avec l’agglomération de groupes d’origines diverses sous le même emblème onomastique. Si dans le cas des Mazāta, il nous est pour l’instant impossible d’attester un tel cas, les exemples de l’Antiquité tardive incitent à prendre en compte cette éventualité. L’analyse complexe proposée par Y. Modéran a en effet permis d’attester, à partir la fin duve siècle, la réactivation d’entités tribales qui s’étaient auparavant diluées dans le tissu social d’une Afrique largement romanisée. Cette explication rejoint d’ailleurs les critiques judicieuses de Jacques Berque à l’égard d’une lecture historique fondée uniquement sur l’idée de « l’essaimage naturel des groupes39 ». Les processus continus d’assimilation et de dissimilation se traduisent par une prolifération onomastique de certains ethnonymes, ou par l’apparition de nouveaux caractérisant une volonté de différenciation40. La dynamique que décrit J. Berque s’apparente à une recomposition continue des groupes et de leur association, une sorte d’ethnogenèse permanente dont les manifestations sont encore ignorées dans l’histoire des Berbères.
28Le cas des Mazāta, exemple d’une société nomade non pas reléguée à la marge de l’histoire mais plutôt profondément ancrée dans les évolutions de son temps, est également riche en enseignements sur les caractéristiques des territorialités nomades. Impliqués dans une mobilité périodique nécessaire pour assurer la pérennité du capital animalier, le choix des parcours et la construction du territoire ne relèvent pourtant pas d’un simple déterminisme géographique. Les Mazāta, principalement d’obédienceIbāḍite, fréquentaient des zones majoritairementibāḍites, ou connaissant une forte présence du mouvement « hétérodoxe ». La dimension religieuse ou doctrinale est sans doute décisive dans le choix des zones d’estivage, qui servaient de lieux de réunion et de points d’échanges économiques.
29Si la mobilité est un élément caractéristique de la territorialité nomade, elle n’induit nullement une tendance autarcique ; elle assure, par la fréquentation de points variables, la connectivité entre plusieurs « niches écologiques41 ». La présence des Mazāta à proximité de Tāhart, au-delà de leur obédienceibāḍite, n’est sans doute pas étrangère au rôle primordial du port caravanier, impliqué de longue date dans les relations économiques avec l’Afrique subsaharienne42. Dans les Aurès, les deux localités de Mahriyīn et de Tāmsnt étaient aussi deux marchés appartenant conjointement aux Kutāma et aux Mazāta43.Ces marchés ruraux intertribaux prolongent une tradition attestée au Maghreb dès l’époque préromaine, avec des établissements situés dans les zones de contact entre des territoires tribaux et des contextes écologiques variés44.
30Depuis la région de Tāhart jusqu’à l’Atlantique, plusieurs groupes berbères pratiquaient des formes variables de nomadisme. En plus des Mazāta qui fréquentaient les environs de la cité rustumide, vivaient également plusieurs tribus nomades qui professaient une version primaire du mu‘tazilisme. LesWāṣiliyya, en référence àWāṣil b.˓Aṭā’ (700-749) le fondateur présumé du courant mu‘tazilite, sont signalés par plusieurs sources. Al-Bakrī estime leur nombre à trente mille foyers ; ils résidaient dans des habitations transportables, à l’instar des nomades arabes(a˓rāb)45. Ces tribus sont vraisemblablement celles qu’IbnḤawqal cite à proximité du territoire des Zanāta, quelque part dans l’espace situé entreSiǧilmāsa et Tāhart46. Il est possible que ce nom générique de Zanāta utilisé par le géographe oriental réfère spécifiquement aux nombreux groupes qui nomadisaient entre Tlemcen et Tāhart. En effet, al-Idrīsī, au milieu duxiie siècle, les décrit comme nomades(raḥḥāla ẓawā˓in), « civilisés »(mutaḥaḍḍirūn) et note leurs qualités de cavaliers47. Parmi ces nombreux groupes figurent lesWartaṭġīr48, mais aussi les Banū Marīn et lesTuǧīn, deux grandes formations tribales qui allaient jouer un rôle politique de premier ordre à la période post-almohade.
31D’ailleurs, cette zone qui englobe l’est de l’actuel Maroc, de par son milieu prédésertique, est propice au développement du nomadisme. Les données pourtant manquent sur l’évolution du peuplement de cette zone au haut Moyen Âge. Seul al-Bakrī signale la présence de groupes Miknāsa habitant dans des huttes(aẖṣāṣ), indice possible de leur mode de vie nomade ou semi-nomade. En outre, entre Guersif et Mélilia, le cas du site de Garwāw, où s’établissaient les habitants des huttes, révèle l’existence de stations fixes fréquentées par des populations nomades lors de leurs déplacements périodiques49.
32Quant aux zones de montagne, les données historiques sur la pratique de la transhumance verticale au Maghreb occidental sont généralement rares et relativement tardives. Elles permettent néanmoins d’attester clairement, avant l’avènement des Hilaliens, l’existence d’une pratique séculaire de déplacements d’altitude. Le plus ancien témoignage disponible à ce propos, relayé par la compilation tardive d’Ibn Abī Zar˓ (1326), concerne les populations berbères qui occupaient, à la fin duviiie siècle, le futur emplacement de la ville de Fès. Dans ce récit, on apprend que les Zwāġa et lesBanū Yarġṯan habitaient dans des campements de tentes et pratiquaient vraisemblablement la transhumance50. Il faut attendre lexiie siècle pour avoir la première mention explicite de la spécificité de l’activité pastorale des transhumants. Ainsi, les populations des monts de Fāzāz (le Moyen Atlas occidental) sont décrites comme ayant l’habitude d’hiverner loin de leur territoire pour fuir la neige. Elles se dirigeaient régulièrement vers les littoraux atlantiques, qualifiés génériquement par notre source derīf al-baḥr al-ġarbī(littoral de la mer occidentale51).
33Justement dans les plaines atlantiques méridionales, qui demeurent très peu connues pour le haut Moyen Âge, des populations nomades sont aussi signalées àTīṭ. Le recueil hagiographiqueBahǧat al-nāẓirīn évoque en effet des nomades ou des semi-nomades Gdāla dont les campements se trouvaient, au tout début duxie siècle, sur l’emplacement du futurribāṭ52.L’apparition de ce groupe affilié auxṢanhāǧa a été interprétée, notamment par V. Cornell, comme le résultat d’un mouvement migratoire vers le nord de populations sahariennes, préfigurant la constitution et l’expansion du mouvement almoravide53.
34Ces grands nomades qui se déplaçaient dans l’immensité du Sahara occidental à partir du sud deSiǧilmāsa ont particulièrement attiré l’attention des premiers géographes arabes. Al-Ya˓qūbī signale, à une cinquantaine d’étapes au sud deSiǧilmāsa, dans la direction du pays des Noirs (Bilād al-Sūdān), l’un des groupes desṢanhāǧa, les Anbiya. Ceux-ci sont décrits comme une population non-sédentaire (n’ayant pas d’habitat fixe,qarār), dont la subsistance est basée sur l’élevage chamelier à l’exclusion de toute activité agricole. Leur particularité vestimentaire est également soulignée : « ils ont la coutume de se voiler avec leurs turbans ; ils ne mettent pas de chemises (vêtements cousus) mais se drapent dans leurs vêtements54 ». L’information d’al-Ya˓qūbī rejoint des données fournies par d’autres auteurs, comme al-Mas˓ūdī55 et Ibn al-Faqīh56 ; il en ressort, comme le conclut Tadeusz Lewicki, qu’il s’agissait d’une confédération de tribus du Sahara occidental auxviiie-ixe siècles57.
35Plusieurs décennies plus tard,Ibn Ḥawqal associe sous une description similaire les tribus des Berbères nomades(muhmalīn : errants) que l’on rencontre dans les déserts deSiǧilmāsa, d’Awdāġust, de Laméa et de Tādmakka, et dans les alentours du Fezzan58. Ces nomades « ne connaissent pas les céréales et n’ont jamais vu le froment ni l’orge ni autre céréale. Leur vie est dure, ils se drapent dans leurskisā’-s(draps) » et l’essentiel de leur subsistance dépend du lait et de la viande59.
36LesṢanhāǧa d’Awdāġust, toujours selonIbn Ḥawqal, étaient très nombreux et comptaient plus de 300 000 foyers(bayt), habitant dans desnwāla-s et desaẖṣāṣ60.Cette précision sur l’habitation des nomades du Sahara est très intéressante car, au-delà du fait que l’on possède ici la plus ancienne mention du motnwāla, l’information pose le problème de la date de l’introduction et de l’étendue de la tente chez les populations sahariennes.
37Ibn öawqal précise par ailleurs les ethnonymes de quelques-unes des tribus berbères nomadisant entreSiǧilmāsa et Awdāġust :Šarṭa (qu’il faudrait peut-être lireSarṭa),Samasṭa ( ?) et Banū Massūfa. En insistant sur la frugalité de leur alimentation qui ne connaît pas les céréales, il évoque leurs terrains de parcours situés dans une zone continentale ; il loue leur courage, leur rapidité dans la course, leur agilité pour monter les chameaux et note également leur connaissance des milieux arides qu’ils fréquentent61. Le voile(liṯām) desṢanhāǧa ne manque pas d’attirer son attention : il décrit leur habitude de se voiler, parce que la bouche est considérée chez eux comme une˓awra62.
38Al-Bakrī apporte des éléments supplémentaires sur lesṢanhāǧa du désert, d’autant plus qu’il compose son ouvrage au moment où ces derniers ont mené, sous la bannière du mouvement almoravide, leurs premières conquêtes au nord du Sahara. Les noms de nouveaux groupes apparaissent : les Gdāla, qui contrôlent le gisement de sel d’Awlīl63 ; les Lamtūna et les Banū Yantsar64.Al-Bakrī est le premier à donner quelques précisions sur les déplacements et les limites des territoires parcourus par ces tribus : ainsi, il nous apprend que les Lamtūna estivaient dans deux endroits définis,Amaṭlūs etTaliwīn, proches de Bilād al-Sūdān. Quant aux Gdāla, ils sont localisés sur la frange littorale du Sahara65. L’économie desṢanhāǧa du désert est fondamentalement basée sur leur vocation pastorale ; la qualité des moutonsal-damāniya, caractéristiques de ces populations, est louée par al-Bakrī66.
39Dans leurs différentes descriptions, les géographes arabes insistent sur la nature de l’habitat pour qualifier une population donnée de nomades. La mobilité et la précarité de l’habitat passent ainsi pour être un aspect discriminant, permettant de distinguer les groupes nomades des sédentaires.
40L’on est d’abord frappé par le nombre relativement limité des mentions de tentes, en comparaison avec les multiples occurrences des habitations en matériaux végétaux. L’existence des tentes ne fait pourtant guère de doute. Al-Muqaddasī (vers 990) déclare dans une annotation à l’un des manuscrits de son texte que les habitants du Sous ne résident pas dans les villes mais élisent demeure dans les maisons de poil, référence claire à des tentes en peaux de chèvre ou de chameau67. La même habitation est attribuée aux Zwāġa etBanū Yarġṯan du Moyen Atlas68. Le termeqayṭūn (pl.qayāṭīn), utilisé également pour qualifier une tente, apparaît dans deux contextes différents : chez les Mazāta fréquentant les Aurès69, et chez les transhumants du Moyen Atlas70. Quant aux huttes, habitations en matériaux végétaux, elles sont généralement désignées par les termesẖuṣṣ ounwāla. Si le premier mot, d’origine arabe, est commun, le second dénote une spécificité maghrébine. L’analyse linguistique a en effet attesté sa racine berbèreawl, qui a donné lieu également au latinmapalia, utilisé par les auteurs antiques pour qualifier les habitations transportables des Berbères71.
41L’ambivalence de la terminologie utilisée est l’un des problèmes majeurs que pose l’identification de l’habitation des nomades. Ainsi, le terme « tente » et ses équivalents communément utilisés dans les langues européennes recouvrent des réalités techniques très diversifiées. La distinction, qui semble de première vue claire, entre la tente et la hutte est finalement moins aisée que l’on peut le penser car souvent l’ossature qui accueille un vélum peut servir aussi pour une superstructure en matériaux végétaux. Une telle polyvalence est d’ailleurs attestée au Maghreb par des exemples ethnographiques.
42Il semble néanmoins que la classification la plus pertinente reposerait sur la distinction entre deux types : d’abord, des structures à ossature(framed tents), pour lesquelles les supports et la couverture sont établis indépendamment ; l’ossature, stable, peut tenir seule avant de recevoir la couverture (qu’elle soit en matériaux végétaux ou textiles). Le deuxième type concerne les structures tendues(velum tents), dans lesquelles la couverture tissée (le vélum) et l’ossature sont interdépendantes72.
43Cette distinction faite, il convient de s’interroger sur la nature des habitations qui étaient utilisées au Maghreb avant l’arrivée des Arabes hilaliens ; les tentes mentionnées dans les sources relevaient-elles du premier ou du second type ? La question mérite d’être posée, car elle ouvre des pistes intéressantes concernant la diffusion des formes et des pratiques du nomadisme dans l’aire arabo-musulmane. Ainsi, est-il légitime de se demander si la tente bédouine noire, habitation typique des nomades arabes jusqu’aux temps présents73, était connue dans le Maghreb préhilalien.
44Une recherche récente concernant le Proche-Orient, où la connaissance des structures de l’habitat nomade a considérablement évolué grâce à l’apport de l’archéologie74, a proposé une datation relativement tardive de l’apparition de la tente noire bédouine. Son auteur suggère que l’apparition au Proche-Orient de ce type de structure, induisant une organisation spatiale spécifique basée sur la séparation des genres, est consécutive à la conquête arabo-islamique auviie siècle75. La proximité formelle entre la tente bédouine et les vestiges rectangulaires attestés depuis les périodes post-néolithiques ne trahit pas, selon l’auteur, l’existence d’une même gestion de l’espace domestique.
45Les soupçons sur le caractère tardif de l’introduction de la tente bédouine rejoignent quelques conclusions des travaux pionniers sur les tentes des transhumants du Moyen Atlas effectués par E. Laoust. L’ethnolinguiste avait en effet constaté que le vocabulaire de la tente chez les Berbères du Moyen Atlas faisait une large place aux emprunts à l’arabe. Le nom berbère de la tente,aẖẖām, est lui-même une adaptation de laẖayma arabe. Les noms des pièces essentielles de la structure (supports et vélum) proviennent également de l’arabe. Les termes d’origine berbère sont principalement issus du vocabulaire général et ne concernent pas spécifiquement des éléments distinctifs de la tente76.
46De ces éléments, peut-on déduire que la tente, dans sa forme bédouine conventionnelle, s’est diffusée uniquement à la suite des grandes migrations arabes de la deuxième moitié du Moyen Âge ? Il est sans doute tôt pour répondre à cette interrogation et la réflexion doit encore continuer dans cette direction, mais il ne fait guère de doute, en revanche, que lanwāla (ouẖuṣṣ) constitue le mode d’habitation privilégié et non pas exclusif des populations berbères nomades ou semi-nomades.
47En analysant quelques éléments caractéristiques de la pratique du nomadisme au Maghreb durant le haut Moyen Âge, il a été possible d’identifier certaines pistes prometteuses de recherche. Ainsi, et grâce aux orientations tracées par les acquis des enquêtes sur le nomadisme berbère dans l’Antiquité, il s’avère indispensable de sortir des apories des lectures classiques inscrivant l’émergence puis l’évolution des groupes nomades dans une opposition permanente avec les sédentaires. La nécessité de restituer les processus de territorialisation et d’examiner les modalités d’articulation avec les autres formes d’occupation de l’espace exige un renouvellement de nos approches par le croisement permanent des sources et le recours, souvent salutaire, aux apports théoriques d’autres sciences humaines.
48Avant l’avènement des Hilaliens au Maghreb à partir du milieu duxie siècle, la pratique du nomadisme se conjugue au pluriel. La diversité de l’étendue et des rythmes de mobilité, des écosystèmes, des modalités de la construction des territoires, ou encore la variété des stratégies résidentielles et des formes d’association entre l’économie pastorale et les autres activités de mise en valeur des ressources naturelles, font des nomadismes des phénomènes socio-économiques et territoriaux complexes.
49Enfin, en focalisant l’attention sur la documentation produite avant les grandes migrations hilaliennes, l’on a pu remarquer la spécificité de la représentation du nomade durant la première époque islamique. C’est que l’histoire du nomadisme en général — et le cas du phénomène hilalien est là pour nous le rappeler constamment — est d’abord une histoire écrite à travers le prisme d’une vision de citadins et de sédentaires. Infléchir cette tendance en plaçant nos sources dans leur contexte de production est indubitablement l’un des éléments d’une nouvelle grille de lecture de l’histoire rurale du Maghreb médiéval.
Alford Andrews, Peter (1997),Nomad tent types in the Middle East, Wiesbaden.
Al-˓Adwānī,Ta’rīẖ, Abū l-QāsimSa˓d Allāh (éd.), Beyrouth, 1996.
Al-˓Azafī, Muhammad b. Ahmad,Di˓āmat al-yaqīnfīzafiāmat al-muttaqīn,AḥmadAl-Tawfīq (éd.), Rabat, 1989.
Al-Bāhī,Aḥmad (2004),Sūsa wa al-Sāḥil fī al-˓ahd al-wasīṭ: muḥāwalat fī al-guġrāfiya al-tārīẖiyya, Tunis.
Al-Bakr̄ī, Abū˓Ubayd˓Abd Allāh, Descriptionde l’Afrique septentrionale (fragment de Al-Masālik wa l-mamālik), WilliamMac Guckinde Slane(trad.), Paris, 1965.
Benhima, Yassir (2008),Safi et son territoire. Une ville dans son espace au Maroc (xie-xvie siècle), Paris.
Berque, Jacques (1953), « Qu’est-ce qu’une “tribu” nord-africaine ? », dansHommage à Lucien Febvre, Paris, pp. 261-271.
Bulliet, Richard W. (1975),The camel and the wheel, Cambridge.
Buttin,François (1960), « Les adargues de Fès »,Hespéris-Tamuda, 1(3), pp. 409-455.
Camps, Gabriel (1996), « Dromadaire »,Encyclopédie berbère, t.xvii, pp. 2541-2546.
Colin, Georges S. (1965), « Fāzāz »,Encyclopédie de l’Islam, t.ii, pp. 894-895.
Cornell, Vincent J. (1998),Realm of the saint. Power and authority in Moroccan Sufism, Austin.
Cribb, Roger (1991),Nomads in archaeology, Cambridge.
Da Mosto, Alvise (2003), Voyages en Afrique noire d’Alvise Ca’ Da Mosto : 1455 & 1456, FrédériqueVerrier (éd.), Paris.
Donner, Fred McGraw (1981),The early Islamic conquests, Princeton.
Gautier, Émile-Félix (1937),Le passé de l’Afrique du Nord. Les siècles obscurs, Paris.
Golvin, Lucien (1957-1958),L’art de la tente, Alger.
Hartog, François (2001),Le miroir d’Hérodote, Paris.
Horden, Peregrine et Purcell, Nicholas (2000),The corrupting sea. A study of Mediterranean history, Oxford-Malden (Mass).
Ibn˓Abd al-˓Alīm al-Azammūrī̄,Bahǧat al-nāẓirīn wa uns al-˓ārifīn [ma-nuscrit de la Bibliothèque générale et Archives de Rabat).
Ibn˓Abd al-hā̄kam,˓Abd al-Raḥmān,Futūḥ Ifrīqiya wa-l-Andalus, Beyrouth, 1987.
Ibn Abī Zar˓ al-Fāsà,Abū l-Ḥasan˓Alī Ibn˓Abd Allāh,Al-Anīs al-muṭrib bi-rawḍ al-qirṭās fī aẖbār mulūk al-Maġrib wa-ta’rīẖ madīnat Fās, Rabat, 1973.
Ibn al-Faqīh al-hamdā̄nī,Aḥmad b. Muḥammad,Muẖtaṣar kitāb al-buldān, Leiden, 1967.
Ibn Manzūr,Abū l-Faḍl,Lisān al-˓arab (6 vol. ),˓Abd Allāh˓AlīAl-Kabīr,Muḥammad Aḥmadhasab All̄ah etHāšimMuḥammadAl-šādilī (éd.), Le Caire, 1981.
Ibn hawqal,Abū al-Qāsim Muḥammad,Kitāb ṣūrat al-arḍ, Leiden, 1967.
Ibn al-Raqīq, Ibrāhīm,Ta’rīẖIfrīqiya wa l-Maġrib,˓Abd AllāhZaydan et˓Izz al-DīnMūsà (éd.), Beyrouth, 1990.
Ibn al-ṣaġīr,Aẖbār al-a’imma l-rustumiyyīn,MuḥammadṢāliḥNāsir et IbrāhīmBahhāz (éd.), Beyrouth, 1986.
Ibn al-Zayyāt, Abī Ya˓qūb Yūsuf al-Tādilī,Al-tašawwuf ilā riǧāl al-taṣawwuf wa aẖbār Abī al-˓Abbās al-Sabtī,Aḥmadal-Tawfīq (éd.), Rabat, 1984.
Al-Idrīsī,Abū˓Abd Allāh al-Šarīf,Kitāb nuzhat al-muštāq fī iẖtirāq al-’āfāq,fasc. 3 deOpus geographicum, sive « Liber ad eorum delectationem qui terras peragrare studeant » (9 fasc. en 6 vol. ), M. T.Petti Suma, RobertoRubinacci, GiovanniOman et H.Monès (éd.), Rome-Naples, 1972.
Janon, Michel (1973), « Recherches à Lambèse »,Antiquités africaines, 7, pp. 193-254.
Kitāb al-istibṣār fī˓aǧā’ib al-amṣār,˓Abd al-ḤamīdSa˓d Zaġlūl (éd.),Dār al-Bayḍā’ (Casablanca), 1985.
Laoust, Émile (1930), « L’habitation chez les transhumants du Maroc central : I La tente et le douar »,Hespéris, 10, pp. 151-253.
Laroui, Abdallah (1970),L’histoire du Maghreb. Un essai de synthèse, Paris.
Lassère, Jean-Marie (1977),« Ubique populus ». Peuplement et mouvements de population dans l’Afrique romaine, de la chute de Carthage à la fin de la dynastie des Sévères (146 a.C-235 p.C.), Paris.
Leveau, Philippe (1988), « Le pastoralisme dans l’Afrique antique », dans Charles R. Whittaker (éd.),Pastoral economies in classical antiquity, Cambridge, pp. 177-195.
Lewicki, Tadeusz (1962), « L’État nord-africain de Tāhert et ses relations avec le Soudan occidental à la fin duviiie et auixe siècle »,Cahiers d’études africaines, 2 (8), pp. 513-535.
Lhote, Henri (1984),Les Touaregs du Hoggar, Paris.
Marcy, Georges (1942), « Remarques sur l’habitation berbère dans l’Antiquité : à propos desmapalia »,Hespéris, 29, pp. 23-40.
Al-Mas˓ūdī̄,˓Alī b. al-Ḥusayn,Murūǧ al-ḏahab wa ma˓ādin al-ǧawhar(3 vol. ), CharlesBarbier deMeynard et AbelPavet deCourteille (trad.), CharlesPellat (éd.), Beyrouth, 1966.
Maurières, Arnaud,Ossart, Éric etLapeyrie, Cécile (1996),Au fil du désert. Tentes et tissages des pasteurs nomades de Méditerranée, Aix-en-Provence.
Modéran, Yves (2003),Les Maures et l’Afrique romaine (ive-viie siècle), Rome.
Al-Muqaddasī,Muḥammad b. Aḥmad,Kitāb aḥsan al-taqāsīm fī ma‘rifat al-’aqālīm, Michael Johan deGoeje (éd.), Leiden, 1967.
Paul, Jürgen (2004), « Perspectives nomades. État et structures militaires »,Annales. Histoire, Sciences sociales, 5 (6), pp. 1069-1093.
Ponsich, Michel (1980), « Voies de transhumance et peuplement préromains au Maroc »,Bulletin d’archéologie algérienne, 6, pp. 15-40.
Al-Qādī al-Nu˓mān,Abū Ḥanīfa b. Muḥammad,Kitāb iftitāḥ al-da˓wa wa-ibtidā’ al-dawla,Farḥātal-Dašrāwī (éd.), Tunis, 1975.
Rebuffat, René (1988), « Les nomades de Lixus »,Bulletin archéologique du CTHS, Nouvelle série, 18 b, pp. 77-86.
Retsö, Jan (2003), The Arabs in antiquity. Their history from the Assyrians to the Umayyads, Londres-New York.
Al-šammāhī,Aḥmad Ibn Safiàd,Kitāb al-siyar, Muḥammadhasan (éd.), Tunis, 1995.
Saidel, Benjamin A. (2008), « The Bedouin tent: an ethno-archaeological portal to Antiquity or a modern construct? », dans HansBernard et Willeke Wendrich (éd.),The archaeology of mobility. Old world and new world nomadism, Los Angeles, pp. 465-486.
Shaw, Brent D. (1981), « Rural markets in North Africa and the political economy of the roman empire »,Antiquités africaines, 17, pp. 37-83.
Shaw, Brent D. (1982), « Fear and loathing: the nomad menace and roman Africa », dans Colin M.Wells (éd.),L’Afrique romaine. Roman Africa, les conférences Vanier1980, Ottawa, pp. 29-50.
Shaw, Brent D. (1982-1983), « Eaters of flesh, drinkers of milk: The ancient Mediterranean ideology of the pastoral nomad »,Ancient Society, 13-14, pp. 5-31.
Trousset, Pol (1982), « L’image du nomade saharien dans l’historiographie antique »,Production pastorale et société, 10, pp. 97-105.
Villaverde Vega, Noé (2001),Tingitana en la Antigüedad tardía (siglosiii-vii), Madrid.
Vismara, Cinzia (1998), « L’organizzazione dello spazio rurale nelle province del Nord Africa »,L’Africa romana, 12, pp. 51-84.
Al-Ya˓qūbī,Aḥmad b. Abī Ya˓qūb,Kitāb al-buldān(2 vol. ), Michael Johan deGoeje (éd.), Leyde, 1967.
1 Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une bourse post-doctorale de la Casa de Velázquez (juillet-novembre 2008). Mes remerciements s’adressent au directeur de la Casa de Velázquez ainsi qu’au directeur des études anciennes et médiévales pour leur soutien qui a permis de mener à bien ce travail.
2Gautier, 1937.
3 PourGautier, 1937, la destruction de l’ordre romain au Maghreb durant les siècles obscurs (de la chute de l’Empire romain aux cinq premiers siècles de la présence islamique) est imputée en grande partie aux effets destructeurs des mouvements de populations nomades, d’abord la migration supposée des grands nomades chameliers Zanāta, puis l’arrivée des Arabes nomades au milieu duxie siècle. Plusieurs travaux de l’époque de la décolonisation avaient dénoncé l’arrière-fond idéologique des études de Gautier, notammentLaroui, 1970, pp. 120-122.
4 Pour un aperçu de la bibliographie sur les nomades dans l’Antiquité africaine, voirVismara, 1998, pp. 79-81.
5 Cette constante de l’historiographie antique, qu’elle soit mésopotamienne, grecque ou romaine, est mise en évidence par plusieurs études :Shaw, 1982, pp. 29-32 et 1982-1983,Trousset, 1982 etHartog, 2001, notamment pp. 306-323.
6Gautier, 1937, pp. 190sqq.
7 Ces gravures et peintures rupestres, non datées avec précision, sont largement postérieures à l’apparition du cheval et ne peuvent être rattachées à des faciès néolithiques ou post-néolithiques (Camps, 1996, pp. 2542-2544).
8Ibid., pp. 2544-2546. Pour une présentation détaillée de la question,Bulliet, 1975, pp. 111-140.
9Leveau, 1988, p. 181.
10 Voir notamment les cas des Lixites, pasteurs probablement semi-nomades mentionnés dans le récit du périple de Hannon :Rebuffat, 1988.
11Lassère, 1977, p. 362.
12Ibid., p. 348.
13 Information suggérée parVillaverde Vega, 2001, p. 294, sur la base de l’interprétation de la corporationvestiarorum comme étant liée à la transformation du cuir.
14Ponsich, 1980.
15Janon, 1973, p. 199.
16Modéran, 2003, pp. 131-207.
17Ibid., pp. 694sqq.
18Donner, 1981, pp. 263-267.
19 C’est le cas des élites arabes qui ont fondé et soutenu l’émirat aghlabide, et qui étaient sédentaires. Sur l’occupation de l’espace rural dans leSāḥil, voirAl-Bāhī, 2004.
20Ibn al-Raqīq,Ta’rīẖ Ifrīqiya wa-l-Maġrib, p. 75.
21 Sur la terminologie employée pour l’habitation nomade, voir le dernier point de cette étude (L’habitat nomade : quelques spécificités maghrébines ?).
22 Cette piste de réflexion sera prolongée par une enquête à paraître sur les notions deḥaḍāra et debadāwa à l’époque d’Ibn Haldūn.
23ibn˓Abd al-Ḥākam,Futūḥ Ifrīqiya wa-l-Andalus, p. 53. Les Mazāta étaient comptés parmi lesBuṭr, voirModéran, 2003, pp. 769-774.
24Al-Ya˓qūbī,Kitāb al-buldān,pp. 344-346.
25IbnḤawqal,Kitāb ṣūrat al-arḍ,p. 96.
26Ibid., p. 106.
27Ibnal-Ṣaġīr,Aẖbār al-a’imma l-rustumiyyīn,p. 47.
28Al-Qādī al-Nu˓mān,Kitābiftitāḥ al-da˓wa, p. 98.
29Ibid., pp. 108-109.
30Al-Bakrī,Description de l’Afrique septentrionale, pp. 144-145 (texte arabe).
31IbnḤawqal,Kitābṣūrat al-arḍ,pp. 85-87.
32Al-Šammāhī,Kitāb al-siyar, pp. 313-315. Cet ouvrage tardif, compilé auxve siècle, recueille les données de nombreuses sourcesibāḍites antérieures.
33Ibid., p. 340.
34Ibid., p. 404.
35Al-Bakrī,Description de l’Afrique septentrionale, pp. 17-18 (texte arabe).
36Al-Šammāhī,Kitāb al-siyar, p. 319.
37Ibid., p. 391.
38 Les modalités de la conquête puis de la construction d’un nouveau territoire nomade restent très mal connues historiquement. Parmi les rares exceptions à cet égard, le texte tardif d’al-˓Adwānī,Ta’rīẖ (xviie siècle) décrit, d’un point de vue nomade, un tel processus. Voir égalementBenhima, 2008, pp. 174-176, à propos des nomades de la région de Safi.
39Berque, 1953, p. 265.
40Ibid.
41 Sur la notion de connectivité et son importance pour assurer la continuité des différentes niches écologiques (microécologies) en Méditerranée, voirHorden etPurcell, 2000, pp. 123-172.
42 Sur les premières relations entre les groupesibāḍites du Maghreb et l’Afrique subsaharienne voir,Lewicki, 1962.
43IbnḤawqal,Kitābṣūrat al-arḍ, p. 87.
44Shaw, 1981, notamment p. 49. Sur l’idée de complémentarité économique entre plusieurs formes de nomadisme, et entre nomades et sédentaires en Péninsule arabique avant l’islam, voirRetsö, 2003, pp. 113-116.
45Al-Bakrī,Description de l’Afrique septentrionale, p. 67 (texte arabe).
46IbnḤawqal,Kitābṣūrat al-arḍ, p. 103.
47Al-Idrīsī,Kitāb nuzhat al-muštāq, pp. 256-257. C’est l’une des rares fois où l’un de nos auteurs associe le mode de vie nomade aux qualités guerrières d’un groupe. Cela traduit non seulement la position de plus en plus centrale des populations nomades sur la scène politique maghrébine — al-Idrīsī écrivant après l’arrivée des Hilaliens et au moment de la chute de la dynastie almoravide —, mais évoque également un changement dans la perception du nomade et de son rôle militaire. Sur le rôle militaire des nomades, voir la réflexion dePaul, 2004.
48 Le nom berbère de ce groupe signifie « non-résidents, non-sédentaires » ; c’est l’opposé deImṭaġran (ou Imdaġran), les résidents ou les sédentaires, qui a donné le nom des tribusMṭaġra (ou Mdaġra). VoirIbnal-Zayyāt,Al-tašawwuf ilā riǧāl al-taṣawwuff,p. 379.
49Al-Bakrī,Description de l’Afrique septentrionale, p. 152 (texte arabe).
50IbnAbī Zar˓ al-Fāsī,Al-Anīs al-muṭrib,p. 31.
51Kitāb al-istibṣārfī˓agā’ib al-amṣār, p. 187. Voir également Colin, 1965.
52Ibn˓Abd al-˓Azīm,Bahǧat al-nāẓirīn,pp. 55-56.
53Cornell, 1998, p. 50.
54Al-Ya˓qūbī,Kitāb al-buldān, p. 360.
55 Al-Mas˓ūdī,Murūǧ al-ḏahab,t.ii, p. 377. En citant al-Fāzārī, auteur de la fin duviiie siècle, le polygraphe estime la superficie du territoire des Anbiya à 2 500 parasanges sur 600.
56Ibn al-Faqīh al-Ḥamḏānī,Muẖtaṣarkitāb al-buldān, p. 81. Il situe le territoire des Anbiya à partir du Sous, à 70 nuits de marche. Il attire l’attention sur la qualité des adargues, célèbres boucliers de cuir qui ont fait la réputation d’artisans et de guerriers des Berbères sahariens. VoirButtin, 1960.
57Lewicki, 1962, pp. 528-529.
58IbnḤawqal,Kitābṣūrat al-arḍ, p. 84.
59Ibid.
60Ibid., p. 100.
61Ibid., p. 101.
62Ibid., p. 102. Le terme˓awradésigne toute partie honteuse du corps. Sur le tabou de la bouche chez les populations nomades sahariennes, voirAl-Bakrī,Description de l’Afrique septentrionale, p. 170 (texte arabe), puis le témoignage plus tardif deDa Mosto, 2003, pp. 43-44. Pour les Touaregs actuellement, voirLhote, 1984, pp. 152-153.
63Al-Bakrī,Description de l’Afrique septentrionale, p. 171 (texte arabe).
64Ibid., p. 164.
65Ibid., p. 164.
66 Ibid., p. 171.
67Al-Muqaddasī,Kitāb aḥsan al-taqāsīm,note de la p. 221.
68IbnAbī Zar˓ al-Fāsī,Al-Anīs al-muṭrib, p. 31.
69Al-Qādī al-Nu˓mān,Kitābiftitāḥ al-da˓wa, p. 108.
70Al-˓Azafī,Di˓āmat al-yaqīn, p. 63. Composé entre 1216 et 1223, ce recueil hagiographique est consacré à la vie et aux miracles d’Abū Ya˓za, célèbre mystique duxiie siècle originaire du Moyen Atlas.
71Marcy, 1942.
72Alford Andrews, 1997, p. 3.
73 Sur la tente noire bédouine, la littérature ethnographique est très abondante ; on peut consulter à titre d’exempleCribb, 1991, pp. 86-88;Golvin, 1957-1958 etMaurières,Ossart etLapeyrie, 1996.
74 Malheureusement, à la différence du Proche-Orient, ou à une moindre mesure de l’Afrique subsaharienne, aucun site archéologique médiéval de peuplement nomade n’a été fouillé au Maghreb.
75Saidel, 2008, pp. 469 et 479.
76Laoust, 1930, pp. 168-169.
Haut de pageYassirBenhima,« Quelques remarques sur le nomadisme préhilalien au Maghreb (viiie-xie siècle) », Mélanges de la Casa de Velázquez, 39-2 | 2009, 209-227.
YassirBenhima,« Quelques remarques sur le nomadisme préhilalien au Maghreb (viiie-xie siècle) », Mélanges de la Casa de Velázquez [En ligne], 39-2 | 2009, mis en ligne le15 novembre 2011, consulté le01 avril 2025.URL : http://journals.openedition.org/mcv/2969 ;DOI : https://doi.org/10.4000/mcv.2969
Haut de pageLe texte seul est utilisable sous licenceCC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Haut de page