L'entrée à l'université est généralement restreinte à ceux qui ont préalablement un diplôme d'enseignement secondaire. Le nombre d'étudiants dans les universités du monde est monté en flèche pendant tout leXXe siècle, spécialement depuis laSeconde Guerre mondiale. Aujourd'hui un bon fonctionnement des universités et plus généralement de l'enseignement supérieur est considéré comme un atout économique[5]. Aussi, les grands payseuropéens, pour soutenir la compétition internationale, se sont lancés depuis une dizaine d'années dans un mouvement de réflexion et de réforme de leurs universités[6].
L'enseignement supérieur oustudium generale, offrant la maîtrise de l'expression et de la rédaction en latin médiéval (incluant des formes de latin antérieures par l'étude des lettres ougrammatica), les connaissances fondamentales de lamédecine et de lapharmacie, les bases dudroit civil et de lalogique existe de manière éparse enOccident, mais il tend à se concentrer en quelques cités ou villes italiennes, ainsi lafaculté de médecine de Salerne dès l'an 1088. Il faut signaler que les véritables enseignements dudroit canon (droit religieux), dethéologie, desmathématiques et de laphilosophie, n'apparaissent qu'au cours duXIIIe siècle.
En 1088, des maîtres grammairiens, de logique et de rhétorique s'intéressent à la compilation, à l'étude et à la transmission des connaissances juridiques de l'époque. Ce faisant, ils fondent les embryons de l'université de Bologne connue sous le nom d'Alma mater studiorum[9].
En 1150, à peine quatorze ans après le départ d'Abélard de l'école du cloître de Paris (sur l'île de la Cité), les étudiants de tous(ce qui peut s'écrire universitas dans un sens vague) ou toutes les réunions scolaires de la colline Sainte-Geneviève, rive gauche deParis tendent à se regrouper de manière informelle, dans ce qui sera plus tard dénommé le quartier latin (microtoponyme) et l'université de Paris (institution).
Ces premiers collèges ou regroupements de classes (de colligere, se réunir) représentent les différentes facultés (possibilités d'études) qui composeront l'université de Paris. En 1246, dans leChartularium Universitatis Parisiensis, le terme universitas désigne sans équivoque la corporation des maîtres et étudiants. Le roi d'AngleterreHenri II rappelle les étudiants anglais chassés de Paris après 1166 pour fonder avec l'évêque de Lincoln et l'écolâtre d'Oxford ce qui s'appellera plus tard l'université d'Oxford.
Etudiants de l’université de Bologne, bas-relief de la tombe du professeurJohannes de Legnano (1383), musée civique médiéval deBologne.
Il peut être tentant de prendre une acceptionanachronique de l'université et d'en explorer les périodes anciennes[10]. Pour un historien médiéviste rigoureux, ce terme ne se justifie en général qu'après le premier tiers duXIIIe siècle[11]. L'instauration du statut juridique, inhérent à leur dénomination, prouve le succès antérieur de ces entités. Le nombre des universités croît dans les pays prospères, grâce à la libéralité de l'église dont le bénéfice pourvoit à son fonctionnement. Ainsi, vers le premier tiers duXIIIe siècle naissent les universités préalablement citées (par abus), mais aussi celles d'Arezzo, deSalamanque, dePadoue, deNaples, deToulouse, deCambridge...
À cette époque de maturité, les universités contribuent à la redécouverte des savoirs anciens, ceux qui sont étroitement liés à l'Église catholique ou ceux qui sont redécouverts par les échanges méditerranéens, en particulier les sciences païennes ou traditionnelles, les philosophies de posture antique ou de classification dont l'aristotélisme. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que lathéologie et ledroit canon se taillent la part du lion. Les étudiants viennent parfois de loin pour recevoir les enseignements universitaires. Les « arts mécaniques » et les « sciences lucratives » ne sont pas abordés, victimes du mépris du travail manuel et du profit pécuniaire que les nobles et le clergé affichaient à l'époque. L'enseignement reposait sur des textes de référence (« autorités »). Lapédagogie consistait en lalectio (lecture) et ladisputatio (« dispute »), sorte de débat contradictoire reposant essentiellement sur lesyllogisme. Les universités se dotent rapidement debibliothèques pour pallier la rareté des exemplaires disponibles pour les lectures.
Les particularismes religieux qui apparaissent en Europe (Église anglicane,protestantismes) affectent les disciplines enseignées ainsi que les modalités d'enseignement. De plus les structures politico-religieuses enFrance, enAllemagne ou enAngleterre par exemple, (re)prennent progressivement le contrôle des universités, qui y perdent alors en autonomie (au moins par rapport à l'État). Ces évolutions signent la fin de laperegrinatio academica et réduit « l’éventail social » des étudiants au sein des universités.
L'université Jagellonne deCracovie (Pologne), fondée l'année 1364, à côté de l'université de Prague, la principale université d'Europe centrale
Aussi, il n'est pas surprenant qu'en pleineRenaissance, les institutions universitaires aient été largement contestées et critiquées, tant sur leurs fonctionnements que sur leurs rôles. Lesiècle des Lumières soulève la question de l'utilité des enseignements dispensés. Jusqu'au milieu duXVIIIe siècle, ceux-ci se limitent auxmathématiques, à lamédecine, à la théologie et aux langues mortes (latin-grec) ; les autres disciplines, dont laphysique, sont étudiées dans d'autres institutions, telles que laRoyal Society à Londres, fondée en 1660, ou l'Académie des sciences en France, fondée en 1666. Il s'agit de savoir si l'université a pour ambition de produire des compétences profitables à tous ou si elle doit assurer aux titulaires desdiplômes dispensés un rang social élevé. On regrette le manque d'assiduité des étudiants autant que des professeurs ; on suspecte la qualité et la valeur des diplômes délivrés ; on constate la fraude et la complaisance...
Les courants libéraux qui parcourent l'Europe entraînent de profondes réformes. Lors de laRévolution française, l'abolition des universités de l’Ancien Régime entraînera pour un temps leur fermeture. La dominationnapoléonienne sur une large partie duVieux Continent aura de profondes conséquences sur les universités occidentales. LePremier Empire suscite un regain d'intérêt pour les sciences et les technologies, encore mal représentées dans les universités. Parallèlement, l'empereur réorganise le système universitaire et nomme explicitement lesprofesseurs. Le morcellement des connaissances, dispensées au sein d'écoles distinctes, sera alors parfois perçu comme l’engagement de la France dans une impasse[13]…
En 1806, la Prusse vaincue par l'Empire français réforme une partie de ses institutions dont son université. Elle fonde un corps des maîtres de l'enseignement public des divers degrés, et organise un contrôle maîtrisé de l'enseignement à partir des centres universitaires réputés. Désormais, l'université moderne devient le garant institutionnel de l'ensemble des fonctions du système éducatif et de l'enseignement public. C'est aussi à cette époque que commence (notamment en Allemagne) l'enseignement de disciplines nouvelles, comme laphilologie, lesmathématiques et laphysique. L’Allemagne, par le biais de l'université Humboldt de Berlin fondée parWilhelm von Humboldt, promeut un nouveau modèle pour l'université : elle n'est plus pensée comme la division d'une philosophie en domaines spécialisés, mais comme la collection universelle des connaissances et des recherches[14].
Aux États-Unis aussi le système universitaire se réinvente et devient profondément différent de celui hérité du temps des colonies anglaises. Le développement rapide du pays et l'importante immigration supportent un enseignement supérieur de masse, dynamique et hétérogène. Sans que ce soit explicite, il suivra pour l'essentiel le modèle allemand, en pensant l'université comme le lieu de la confrontation de tous les savoirs. AuxÉtats-Unis, au moment où les universités de ce pays commençaient leur ascension qui devait les mener au niveau qu'elles ont aujourd'hui,Peirce[15], un philosophe américain, a défini en 1891 l'université comme « une association d’hommes […] dotée et privilégiée par l’État, en sorte que le peuple puisse recevoir une formation [guidance] intellectuelle et que les problèmes théoriques qui surgissent au cours du développement de la civilisation puissent être résolus ». La définition de Peirce renvoie aulatin classique où l'expressionuniversitas hominorum (« association d'hommes ») désigne ce que nous nommons aujourd'hui une personne morale ou une personne juridique[16].
Le modèle de l'université occidentale se propage à l'Asie de l'Est par plusieurs biais. Les puissances étatiques sont l'un de ces vecteurs. LeJapon impérial de l'ère Meiji récupère ainsi ce modèle à la suite des enseignements de lamission Iwakura de 1871, et ouvre en 1877 l'université impériale, établissement qui sert de modèle à d'autres universités ouvertes par la suite par leJapon impérial. Selon les matières et les compétences, quatre nations ou entités universitaires sont prises pour modèle, la Grande-Bretagne, l'Allemagne impériale, l'Italie et la France. Le continent asiatique maintient son ancien système d'éducation. EnChine, l'université de Pékin est instaurée par l'empire à la suite de laréforme des Cent Jours en 1898, et enCorée, l'université Korea est créée en 1905 par un proche de la famille royale.
Le modèle occidental est aussi diffusé via des missionnaires, qui ouvrent dans la région des établissements de ce type, comme l'université l'Aurore ouverte àShanghai en 1903 par un prêtre catholique, l'université Yonsei ouverte par un docteurpresbytérien àSéoul en 1885, ou l'université Rikkyō ouverte àTōkyō en 1874 par un missionnaire de l'Église épiscopale des États-Unis. Enfin, d'autres établissements déjà existants se modernisent en adoptant le modèle de l'université occidentale, par exemple l'université Keiō ouverte àTōkyō en 1858 et qui ouvre sa première formation universitaire en 1890.
Pour répondre à l'aspiration à la connaissance et au savoir des milieux sociaux qui ont un accès très réduit à l'université et de manière générale au savoir organisé, émerge à la fin duXIXe siècle le courant desuniversités populaires.
Le mot université vient du latinUniversitas magistrorum et scholarium qui désigne à l'origine la corporation des enseignants et des étudiants d'une même ville. Les universités sont aujourd'hui divisées en départements académiques, écoles ou facultés (appelés enFrance de nos jours « unités de formation et de recherche » (UFR)). AuxÉtats-Unis, certains établissements qui seraient classés, en France, sous l’appellation « grande école » sont intégrés à des universités ; par exemple, une école de commerce telle que laHarvard Business School est l'équivalent d'une faculté de l’université Harvard. Ceci amèneJacques Mistral[18] à voirHarvard comme une fédération de grandes écoles (Harvard Law School,John F. Kennedy School of Government,Harvard Medical School,Harvard School of Public Health,Graduate School of Design, etc.).
Une université peut être :
soitpublique, autrement dit contrôlée et financée par une collectivité publique, système largement pratiqué en France par exemple où l'enseignement supérieur reste essentiellement du domaine de l'État, celui-ci leur conférant une certaine autonomie. Paradoxalement, l'État en France ne confie pas la formation de son personnel aux universités mais depuis le milieu duXVIIIe siècle aux grandes écoles administratives ;
soitprivée. Ce fut sous cette forme que furent créées les premières universités. Le système reste très répandu dans certains pays, notamment aux États-Unis. Dans ce pays, de nombreuses universités appartiennent à des fondations, des associations ou des congrégations — on dit qu'elles sont « à but non lucratif » en ce sens que si elles ne sont pas la possession d'une collectivité locale ou d'un État, leur but n'est pourtant pas de faire du profit. Il peut aussi exister des universités cherchant à dégager des bénéfices.
À noter l'existence des « franchises universitaires », par lesquelles les forces de police en France avaient l'interdiction de forcer l'enceinte des facultés[19], mais qui réglaient également, par la franchise juridictionnelle, la légalité du pouvoir disciplinaire[20]. Cette question des franchises universitaires reste apparemment d'actualité à Abidjan en Côte d'Ivoire[21], ou en Algérie[22]. En France, si leur existence est oubliée de beaucoup, leur existence reste l'objet de débats[20].
Les universités, et plus globalement l’ensemble des établissements d'enseignement supérieur, sont de nos jours considérées par leséconomistes comme pouvant être des vecteurs de croissance économique (théorie de la croissance endogène). Des études récentes[réf. nécessaire] ont insisté, d'une part sur le fait que selon que le pays était proche ou loin de la « frontière technologique », les caractéristiques du système d'enseignement supérieur devaient évoluer et d'autre part, sur l'importance des relations entre les universités et leur environnement géographique sans pour autant perdre les échanges avec les autres environnements géographiques (notion depôle de compétitivité).
Frontière technologique et évolution des universités
D’une étude de 2004, intituléeÉducation et croissance économique, dePhilippe Aghion etÉlie Cohen, il ressort que, selon que le pays est loin ou proche de la « frontière technologique » c’est-à-dire, de nos jours, du niveau technologique des États-Unis, les exigences en matière de système éducatif varient. Dans le premier cas, le pays est en phase de rattrapage, comme l’a été la France après laSeconde Guerre mondiale. Ce qui compte alors c’est d'abord l’enseignement secondaire. Au contraire, dès que l’on approche de la frontière technologique, l'enseignement supérieur, notamment les universités, devient beaucoup plus important. En effet, alors le pays n'est plus dans l'imitation mais dans la création, dans l'invention des produits et des services de demain. D'où l'intérêt pour les pays, tels que la France, qui se rapprochent de lafrontière technologique, d'avoir des universités de rang mondial davantage orientées vers la recherche et la créativité. Cela passe aussi parfois par des changements organisationnels destinés à rendre les universités plus réactives et plus proches des acteurs économiques. De nos jours le développement desnouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) renforce ce trait. Depuis le début des années 2000, l'organisation des universités et le financement préférentiel des projets de développement instrumentaux conduisent à un changement du modèle universitaire tourné plus vers les entreprises et la production de techniques que vers l'ensemble des connaissances (y compris les « humanités » : philosophie, littérature, etc.) et l'autonomie[23].
PourChristian Blanc[24] « l’économie repose sur l’échange de deux types de savoir : d’une part le savoir formalisé, codifié, écrit, c'est-à-dire l’information et d’autre part le savoir tacite, qui permet d’utiliser l’information, d’en juger la qualité de l’appliquer à un problème concret, ou connaissance. La connaissance est nécessaire à la création ». Or si l’information circule mondialement, la connaissance comme définie plus haut reste plus localisée. C’est l’idée qu’il y a derrière le terme américain decluster queMichael Porter[25] a défini comme « un groupe d’entreprises et d’institutions partageant un même domaine de compétence, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires ». Parmi les exemples célèbres declusters, il est possible de citer la Silicon Valley autour de l’université Stanford. Les universités jouent dans le cas desclusters (appelés en Francepôles de compétitivité) un rôle clé car c’est sur elles que reposent en très grande partie les capacités d’innovation. Pour Blanc[26], pour qu’un pôle de compétitivité soit efficace, il faut que les leviers de la compétitivité soient entre les mains des autorités qui gèrent les périmètres locaux, comme c’est le cas enCatalogne espagnole par exemple, et que les universités aient elles-mêmes une autonomie forte qui les rendent capables d’« assumer des responsabilités importantes »[27]. Aussi, aujourd’hui, dans les pays développés (États-Unis,Royaume-Uni,Allemagne,France,Italie,Espagne…), comme d’ailleurs dans les autres (l’Inde autour deBangalore…), les relations entre lesgrandes écoles ou les universités, les centres derecherche et développement, et lesentreprises tendent à être organisées dans des bassins d'emploiterritoriaux, dans le cadre de pôles de compétence et de projets d'intelligence économique territoriale.
L'Afrique a vu le développement d'universités et d'établissements d'enseignement supérieur privés depuis le milieu des années 1990, à la fois pour répondre à des besoins non satisfaits par les États, et sous la pression des institutions internationales promouvant la libéralisation du secteur. De qualités inégales, il peut s'agir aussi bien de structures visant avant tout un profit à court terme, que d’institutions s'inscrivant dans la recherche de l'élitisme. Leur développement a quelquefois été contrarié par des politiques gouvernementales rigides ou au contraire trop laxistes, mais a d'en d'autres cas (Nigeria, Ouganda,Cameroun, Mozambique, Zimbabwe, Éthiopie) profité d'une politique d'encouragement jugée adaptée.
Leur succès a quelquefois été considéré comme un facteur d'émulation contribuant au développement des universités du secteur public. C'est le cas en Afrique du Sud, qui ne proposait en 1990 que dix cursus publics de MBA à 1 000 étudiants, et qui dix ans plus tard en offrait une quarantaine, pour 15 000 étudiants. En Mozambique et au Kenya, l'exemple du secteur privé a incité les universités publiques à proposer des cursus répondant mieux aux besoins du marché. En Éthiopie, les universités publiques ont reproduit les modalités d'enseignement à distance qui ont fait une partie du succès de l'enseignement supérieur privé[28].
Les futurs étudiants doivent passer un concours national d'entrée à l'université, legaokao. En juin 2009, il y avait 6,3 millions de places en première année, tous établissements d’enseignement supérieur confondus[29]. Beaucoup de jeunes Chinois font leurs études à l'étranger, notamment auxÉtats-Unis.
Le système universitaire des États-Unis est de nos jours considéré comme de très bon niveau, voire comme le premier au monde, à tel point qu’il sert souvent de référence. L’étude de l'université deShanghai de 2017 place seize universités des États-Unis dans les vingt premières,Harvard figurant en première position.
Le système américain est très varié. À côté d’institutions privées sans but lucratif très prestigieuses comme l'université Stanford ou l'université Harvard, on trouve des universités appartenant aux États dont certaines sont également renommées telle que l'université de Berkeley. Dans les universités publiques ou privées, les études de base (undergraduate) durent quatre ans et mènent auBachelor Degree. Elles peuvent être suivies d’unMaster’s Degree en un an ou d’unPhD en général en trois ans. À côté des universités on trouve desCommunity Colleges qui dispensent des formations en deux ans. À la suite de quoi, l’étudiant peut soit arrêter les études soit entrer dans une université.
Si le terme « college » est en général réservé à l’enseignement court, des établissements commeBoston College ouDarmouth College bien que s’intitulant pour des raisons historiquescollege sont de vraies universités. La « Carnegie Basic Classification »[33] distingue les universités dotées de programmes doctoraux (Doctorate-granting Universities (I)) des collèges et universités délivrant surtout des masters (Master’s Collegues (IIA)), des collèges allant jusqu'à la licence (Baccalaureate colleges (IIB)) et des collèges associés (Associate’s Colleges (III)).
L’inscription en université dépend des résultats obtenus au cours des trois dernières années de lycée et des scores obtenus à des tests : les SAT (Standardized Aptitude Tests) et les AP (Advanced Placements)[34]. Les universités américaines les plus prestigieuses sont regroupées au sein de la « Ivy League ». Plus des trois quarts des étudiants américains vont dans des universités publiques.
Cloître de Saint-Jean-au-Mont, Ancien siège de la prison de la Ville de Bologne, aujourd’hui siège des départements d’Archéologie, d’Histoire, de Paléographie et de Médiévisme.
Lapremière université Belge date de 1425. Les universités ont été supprimées par la Révolution française. Sous l'Empire a été instaurée en 1806 uneuniversité impériale. Des universités d’État, furent créées en 1817.
Les universités belges au nombre de 14 ont pour la plupart un pouvoir organisateur privé (contrairement à beaucoup d'autres pays) mais elles sont subventionnées par les Communautés. Elles proposent majoritairement des cursus longs (4 ans minimum) et jouissent généralement d'un prestige plus important que les Hautes écoles (au contraire de la France par exemple).
Sous l'Empire a été instaurée en 1808 une université impériale couvrant l'ensemble du territoire national, dont certaines caractéristiques perdurent : forte centralisation et découpage disciplinaire strict en facultés. Ces traits seront atténués d’abord en 1893 par la création d’universités par ville puis par la loi Faure de 1968. Malgré tout le découpage disciplinaire reste marqué et l’autonomie assez limitée[35].
En 1875, le vote de la loi sur la liberté de l’enseignement supérieur permit la création de cinquniversités catholiques àParis,Angers,Lille,Lyon etToulouse. Face au succès de ces créations (9000 étudiants sur les 24000 étudiants français de l'époque), laloi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l'enseignement supérieur rétablit le monopole de la collation des grades universitaires et réserve formellement le titre d'université aux établissements publics. Les universités catholiques en France ont officiellement le titre d'institut catholique, et la liberté de l'enseignement supérieur a été depuis reconnue comme un principe constitutionnel fondamental[36]. 80 000 étudiants suivent en 2022 les formations de ces établissements privés.
Il fallut attendre 1896 pour que la loi rétablisse les universités en regroupant les facultés publiques d'une même ville dans une structure commune, donnant à l'enseignement supérieur public son visage actuel.
En 1938, les universités en France comptaient 60 000 étudiants, ce chiffre passe à 300 000 en 1968 et à 1 515 000 à la rentrée 2001-2002[37]. Au début des années 2000, environ 500 000 étudiants suivaient un cursus de lettres et de sciences humaines, 350 000 en droit et en sciences économiques, un peu plus de 200 000 en sciences et 140 000 dans le secteur de la santé[37]. La question de savoir pourquoi tant d’étudiants se dirigent vers des filières offrant peu de débouchés directs a intrigué leschercheurs. Pour Fave-Bonnet (1997), il s’agirait d’une position de repli plus subie que voulue, pourAlain Renaut au contraire, cela traduirait une demande de culture générale.Jacques Mistral[38], pour satisfaire à cette demande, plaide pour des collèges universitaires où les étudiants pourraient « consolider les fruits de l’enseignement secondaire », « apprendre les langages et les codes de la vie en société », « satisfaire des curiosités variées », « approfondir progressivement une discipline » et amorcer ainsi leur spécialisation. Pour Cédric Hugrée et Tristan Poullaouec (2022), il faut à la fois augmenter le volume horaire en licence pour mieux encadrer le travail studieux et créer un bac de culture commune mettant fin à la séparation du lycée en trois voies (générale, technologique et professionnelle).
Dans leur rapport au CAE (Conseil d'analyse économique),Philippe Aghion etÉlie Cohen estimaient que si les universités françaises et plus généralement l’enseignement supérieur en France étaient adaptés à une économie en phase de rattrapage, ils l’étaient beaucoup moins à une économie proche de la « frontière technologique ». Pour que les universités françaises puissent jouer pleinement leur rôle dans cette situation, il faudrait pour ces auteurs[39] revenir sur la double coupure fondatrice de l'enseignement supérieur et de la recherche en France à savoir : la dissociation de l'éducation et de la recherche d'une part, et le découpage entre formations sélectives et non sélectives d'autre part. En effet, une économie de la connaissance requiert d'une part une complémentarité accrue entre recherche appliquée,recherche fondamentale et enseignement doctoral et d'autre part que les dirigeants soient eux-mêmes formés à la recherche. Dans le cadre d'une économie proche de la frontière technologique, il est important d’investir dans le supérieur. En 2001, les États-Unis[40] avaient investi 2,3 % de leur PIB (1,1 % en investissements publics et 1,2 % en investissements privés) dans ce domaine contre 1,1 % en France (1 % public, 0,1 % privé). Dans leur rapport Philippe Aghion et Élie Cohen plaidaient pour une approche incrémentale c’est-à-dire pour une série de mesures de faible ampleur mais susceptibles de mettre les acteurs en mouvement et en mesure de s’approprier les réformes. À l'opposé, des économistes telsJean-Hervé Lorenzi ouMichel Mougeot estiment que la démarche incrémentale ne serait pas à la hauteur des enjeux[41].Jean Tirole[42] se prononce en faveur d'une autonomie des universités et d'un recours à une part de financement privé de sorte que les étudiants des universités françaises reçoivent un enseignement de qualité et que la France ait une recherche en ligne avec son potentiel. Depuis le début des années 2000, les discours politiques et les financements se concentrent sur les domaines universitaires en relation avec le développement instrumental et technique[43]. Les nombreux autres domaines enseignés et faisant l'objet de recherches sont peu financés.
Dans une étude de septembre 2007, l’institut Bruegel[44] a cherché à analyser les raisons du décrochage des principaux établissements d’enseignement supérieurs européens par rapport à leurs homologues des États-Unis. Deux faits ont été mis en exergue : un moindre investissement de 1,3 % du PIB contre 3,3 % du PIB aux États-Unis et une moindre autonomie des universités européennes. Les auteurs insistèrent particulièrement sur ce point et montrèrent qu’aussi bien aux États-Unis qu’en Europe, c’est un élément clé qui affecte positivement les apports financiers faits aux universités[45].
Fondées auxXIIe et XIIIe siècles, les universitésd'Oxford etde Cambridge sont à la fois les plus connues et les plus anciennes. Elles élisaient chacune un député à laChambre des communes jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.William Ewart Gladstone fut longtemps élu par l'université d'Oxford. C'est également lui qui, au début des années 1850, procéda à une réforme de l'université et œuvra à ce que les postes de la fonction publique anglaise soient pourvus par concours.
Dans les années 1920, leBalliol College àOxford établit un programme d'abord appelé « Grands Modernes » puisPhilosophy Politics and Economy afin de mieux former les personnes susceptibles d'entreprendre une carrière publique en leur donnant une capacité de réflexion à la fois forte et interdisciplinaire.
Il existe plusieurs classements des établissements supérieurs, parmi lesquels le classement de l'universitéJiao Tong de Shanghai, le classement duTimes Higher Education, leCHE University Ranking duCentrum für Hochschulentwicklung, et, pour lesBusiness Schools, le classement duFinancial Times qui n'entre pas dans le champ de cet article.
Si ces classements sont diversement appréciés — ceux qui y sont favorables les voient comme« un élément clef de reconnaissance et de motivation, à la fois pour les enseignants et les étudiants »[47] — il faut constater qu'ils répondent à des problématiques fort différentes.
Le plus connu, le classement de Shanghai, est particulièrement axé vers la recherche, que la Chine considère comme vitale pour son avenir. Aussi l'accent est-il mis sur les publications scientifiques, le nombre de prix Nobel, le budget consacré à la recherche ainsi que le nombre de fois où les chercheurs d'une université sont cités par leurs pairs dans les revues scientifiques[48]. Le classement duTimes Higher Education prend en compte cinq critères. Deux sont également présents dans le classement de Shanghai : le nombre d'articles dansNature etScience, la fréquence des citations. Trois sont différents : l'opinion des employeurs et des universitaires, le nombre d'enseignants et d'étudiants étrangers ainsi que le ratio enseignants/étudiants[48].
Le classement allemand (CHE University Ranking) est plus complexe. Il ne vise pas tant à classer les universités qu'à indiquer par discipline quelles sont les meilleures universités[49]. Le CHE fait partie du consortium d'institutions européennes (Cherpa Network) chargé par laCommission européenne d'étudier la faisabilité d'un« classement multidimensionnel des universités en Europe et dans le monde »[50].
-335 : le Lycée, est fondée parAristote àAthènes. Elle tire son nom du terme grec peripatein, « se promener » : la légende dit qu'il enseignait au Lycée d'Athènes en se promenant
1088 : fondation de l'université de Bologne, la plus ancienne université dumonde occidental, qui n'était limitée qu'au droit. Elle a pris le nom d'Alma mater studiorum par un décret de 2000.
1150 : fondation de l'université de Paris comme communauté de tous(universitas) les collèges, gradués et écoliers de la rive gauche.
1167 : les étudiants anglais sont expulsés de l'université de Paris, l'université d'Oxford est fondée sur le modèle de fonctionnement en vigueur à Paris.
1180 : fondation de la première université espagnole à Palencia(studium generale)
XIIIe siècle : développement des premières universités, écolescolastique ;Albert le Grand introduit la philosophie et la science grecques (Aristote, Euclide) et arabes dans les universités européennes.
↑A. Dauzat, J. Dubois et H. Mitterand,Nouveau Dictionnaire étymologique et historique, Paris, Larousse, 1971.
↑Mais le pape ou le roi, plus tard le prince ou l'empereur jouent le plus souvent un rôle de protecteur bienveillant. Il faut bannir les explications du terme en rapport avec l'universalité des savoirs ou connaissances enseignées. De même les notions vagues de totalité d'hommes ou d'intervenants (maîtres et étudiants), ou encore celle de totalité ou d'universalité de la spiritualité franciscaine…
↑F. Pucciarelli, Andreas Kaplan,Competition and Strategy in Higher Education: Managing Complexity and Uncertainty, Business Horizons, vol. 59, 2016
↑Un texte de loi récent veut conférer une plus forte autonomie aux universités. Sur ce point on pourra lire le communiqué de la CPU (Lire en Ligne) Voir aussi l'article deBernard Belloc dans telos (Lire en ligne).
↑Verger, Jacques: "Patterns", in: Ridder-Symoens, Hilde de (ed.):A History of the University in Europe. Vol. I: Universities in the Middle Ages, Cambridge University Press, 2003,(ISBN978-0-521-54113-8), pp. 35–76 (35)
↑The Report: Morocco 2009 - Page 252 Oxford Business Group "... yet for many Morocco's cultural, artistic and spiritual capital remains Fez. The best-preserved ... School has been in session at Karaouine University since 859, making it the world's oldest continuously operating university. "
↑Civilization: The West and the Rest by Niall Ferguson, Publisher: Allen Lane 2011 -(ISBN9781846142734)
↑The marketisation of higher education and the student as consumer by Mike Molesworth & Richard Scullion, Publisher: Taylor & Francis 2010[3]p. 26
↑عبد الهادي التازي. جامع القرويين: المسجد و الجامعة بمدينة فاس، موسوعة لتاريخها المعماري و الفكري ( المجلد الاول). دار نشر المعرفة. الرباط. المغرب [Abdul Hadi Tazi. Mosquée des villageois: la mosquée et l'université de la ville de Fès, une encyclopédie de son histoire architecturale et intellectuelle (volume I). Maison d'édition du savoir. Rabat. Maroc]