Carte du département de la Seine-et-Marne en 1790.La Seine-et-Marne et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : laChampagne, l'Île-de-France et l'Orléanais.
Le département de Seine-et-Marne fait partie de larégionÎle-de-France, dont il constitue la moitié orientale. Sa superficie représente à elle seule 50 % de celle de la région.
Il s'agit du département français comptant le plus de « voisins » (départements limitrophes), depuis la partition de laSeine-et-Oise : 10 (devant leMaine-et-Loire qui en compte 8). Les dix départements ayant des limites communes avec la Seine-et-Marne sont : leVal-d'Oise, laSeine-Saint-Denis, leVal-de-Marne et l'Essonne à l'ouest, leLoiret et l'Yonne au sud, l'Aube et laMarne à l'est, l'Aisne et l'Oise au nord.
Le département s'étend sur plusieurs régions naturelles, notamment laBrie et leGâtinais.
LatempêteLothar du a fait cinq morts en Seine-et-Marne et a couché de très nombreux arbres. La canicule de l'été 2015 a battu des records de chaleur àMelun avec39,4°C etSamois-sur-Seine bat le record d'Île-de-France avec42,5°C[réf. souhaitée]. Du au, le Sud du département a été touché par de fortes pluies. Ces intempéries ont amené la crue de plusieurs cours d'eau dont leLoing et laMarne. Les crues de ces affluents de la Seine ont eu de lourdes conséquences : pendant plusieurs jours, les rues de nombreux villes et villages commeNemours ont été totalement inondées (on a mesuré 2,3 mètres d'eau par endroits), les habitants ont été privés d'électricité, d'eau courante et de gaz pendant près d'une semaine. Les dégâts matériels ont été nombreux et coûteux, le bilan humain a été en revanche peu important.
Longtemps marquée par les rapports sociaux découlant de la propriété foncière, la Seine-et-Marne est, de manière générale, un département de tradition plutôt conservatrice, même si elle a été rapidement, sous laIIIe République, gagnée aux idées républicaines. Cette tradition conservatrice se manifeste notamment dans les arrondissements de Provins et de Fontainebleau, comme dans le secteur deCoulommiers -La Ferté-Gaucher qui, de longue date, élisent régulièrement des candidats issus des partis de droite. Dans les années de l'entre-deux-guerres, le département, par le développement des activités industrielles et de transport, a vu progressivement émerger l'influence des forces de gauche, notamment autour des cités cheminotes deMitry-Mory et deVaires-sur-Marne.
Après laLibération, le département a souvent élu des députés de gauche, en accordant d'ailleurs une certaine primauté auPCF, celui-ci dépassant encore les 30 % des suffrages exprimés aux élections de et obtenant 2 des cinq élus du département, un troisième siège étant attribué à laSFIO.
À contrario, le mode d'élection spécifique duSénat, alors appeléConseil de la République a favorisé, dès 1948, une hégémonie de la droite sur la représentation du département. L'instauration de laVe République a modifié la donne en donnant à la droite, et notamment au courant gaulliste, la primauté dans la représentation parlementaire du département à l'Assemblée Nationale. Ainsi, en 1958, première législature du nouveau régime, le parti gaulliste obtient les cinq sièges de député du département. Cette situation perdure jusqu'en 1973 où la circonscription de Chelles et celle de Melun élisent respectivement un députéPCF et un députéPS.
Le rapport de forces n'évolue pas ensuite jusqu'en 1981 où, pour la première fois dans l'histoire du département, la gauche obtient 3 des 5 élus (un quatrième élu, invalidé, étant finalement battu dans une élection partielle ensuite). Puis l'adoption du scrutin proportionnel modifie la répartition des élus, et entraîne notamment l'élection d'un député FN en 1986. Les 8 autres sièges du département sont alors ainsi répartis : 1 PCF, 3 PS, 3 RPR, 1 UDF. Depuis, la droite a retrouvé son leadership aux législatives, position qui ne fut temporairement remise en question qu'en 1988 et 1997, le PS obtenant à chacune de ces consultations 4 élus sur les 9 du département.
En 1993, 2002 et 2007, la droite a réalisé le grand chelem sur les 9 sièges du département, obtenant même lors du dernier renouvellement dès le premier tour la réélection deJean-François Copé à Meaux et celle deChristian Jacob à Provins. Pour autant, cela ne peut faire oublier que, comme en bien d'autres endroits en France, les partis de gauche ne sont pas dénués de positions électives. En 2004, pour la seconde fois dans l'histoire du département, leconseil départemental a été gagné par la gauche, plus de vingt ans après le premier succès en la matière. Cette victoire de la gauche doit beaucoup à l'évolution démographique du département puisque ce sont les arrondissements de Melun et de Torcy qui fournissent l'essentiel des élus de la nouvelle majorité départementale, avec 8 des 10 cantons de chaque arrondissement pour ses diverses composantes. De même, la mise en œuvre du scrutin proportionnel au Sénat la même année a permis, dans le cadre d'une liste d'union des forces de gauche, de faire élire deux sénateurs PS et un sénateur PCF, situation que n'avait plus connu le département depuis la Libération.
Enfin, si le département a choisi la candidature deNicolas Sarkozy lors de la dernièreélection présidentielle de 2012 (en une légère avance avec 51 % des votes), il a, en 1981 comme en 1988, manifesté sa préférence pour le candidat de la gauche, en l'espèceFrançois Mitterrand.
Alors qu'Emmanuel Macron avait remporté le premier et le deuxième tour de2017, les élections intermédiaires sont plutôt favorables à la droite et à l'extrême-droite.Dans un contexte de forte abstention, leRassemblement national arrive en tête aux élections européennes de2019[2] malgré un score en baisse par rapport au scrutin européen de2014 (24,40% contre 27,88%)[3].Les Républicains confirment leur implantation dans le département lors des électionsrégionales etdépartementales de 2021 lors de scrutins marqués par des niveaux inédités d'abstention.Valérie Pecresse arrive nettement en tête aux deux tours desrégionales dans le département alors que la majorité départementale de droite est confirmée malgré un progrès de l'opposition de gauche.
Jean-Luc Mélenchon arrive en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 2022[4] avec 25.9% des voix, devançant légèrement Emmanuel Macron et Marine le Pen. Il l'emporte dans douze des quinze plus grandes villes du département, notammentMeaux,Chelles,Melun etPontault-Combault. Arrivé deuxième,Emmanuel Macron remporte trois de ces villes (Bussy-Saint-Georges,Lagny-sur-Marne etOzoir-la-Ferrière).Marine Le Pen, en troisième position et qui ne remporte aucune des quinze plus grandes grandes villes arrive cependant en tête dans la plupart des petites communes rurales de l'est du département[5]. Au deuxième tour, Emmanuel Macron l'emporte nettement avec un score légèrement inférieur à la moyenne nationale (56,97% contre 58,55%). Il remporte les quinze plus grandes communes du département, y compris celles qui avaient privilégiéJean-Luc Mélenchon au premier tour mais reste distancié par la candidate duRassemblement national dans de nombreuses communes rurales de l'est[6].
Sur le plan des personnalités politiques ayant marqué l'histoire du département, et pour s'en tenir à la période la plus récente, notons les anciens ministres des différents gouvernements de laVe République commeAlain Peyrefitte, longtemps député de Provins ; plus près de nous,Jean-François Copé etChristian Jacob ou encoreGuy Drut, ancien champion olympique et député-maire de Coulommiers, et enfin dernièrementYves Jégo, secrétaire d'État à l'Outre-Mer de 2007 à 2009. À gauche, le rôle est joué de longue date dans le département parGérard Bordu pour le PCF,Vincent Éblé, sénateur de Seine-et-Marne et président de lacommission de Finances[13], ou encoreAlain Vivien, longtemps député PS de Brie-Comte-Robert, ancien responsable de laMILS, mission interministérielle de lutte contre les sectes.
En 2019, l'Insee décrit la Seine-et-Marne comme un département résidentiel, évoquant un ratio d'emploi sur le nombre d'actif le plus faible de France métropolitaine. Il est cependant à noter qu'entre 1990 et 2010, le ralentissement de lacroissance démographique du département en parallèle du développement de nouvelles activités économiques (plateforme aéronautique deRoissy CDG,Disneyland Paris conduit ce déséquilibre à se réduire[14].
Avec335 000ha (soit 56 %) de son territoire affecté à l'agriculture[15], la Seine-et-Marne se singularise en Île-de-France par le poids de ce secteur logiquement quasi inexistant dans les départements nettement plus urbanisés. Il emploie environ 4 800 personnes[16] au sein de près de 2 800 exploitations (à 63 % familiales) ayant une surface moyenne de 120 ha[15]. Lescéréales (à 65 %), mais aussi lesoléagineux (12 %) et labetterave sucrière (7 %) sont les principales productions[15].
L'industrie emploie plus de 50 000 salariés dans le département, notamment dans l'industrie du verre (au sud), mais aussi dans l'agro-alimentaire, les industries chimiques (fabrication d'engrais entre autres), l'imprimerie et l'édition de journaux, tandis qu'existe sur Melun le centre de recherche deSafran Aircraft Engines qui occupe près de 4 000 salariés et constitue la plus importante unité industrielle du département. Cependant, le département, du fait de sa position géographique (placé sur le réseau TGV avec une connexion à Marne-la-Vallée, traversé par plusieurs autoroutes, proximité de l'aéroport de Roissy - Charles de Gaulle) dispose également d'une importante activité logistique et de transport. Ce secteur emploie plus de 31 000 personnes et plus de 7 % des effectifs salariés du secteur privé.
Enfin, le développement des deux villes nouvelles a favorisé l'émergence de pôles tertiaires en devenir tandis que le tourisme dispose de solides arguments avec de nombreux sites remarquables et un bon parc hôtelier, notamment sur le siteDisneyland Paris. Avec près de 15 000 salariés[17], le parc d'attractions à vocation internationale est en effet le principal vecteur d'emplois du département.
Second département le plus touristique d'Île-de-France après Paris, la Seine-et-Marne attire annuellement environ de 30 à40 millions de personnes.Le département possède de nombreux sites touristiques, culturels et de loisirs.
En 2022, le département comptait 1 452 399 habitants[Note 2], en évolution de +3,92 % par rapport à 2016 (France horsMayotte : +2,11 %).
La Seine-et-Marne est le cinquième département francilien, aprèsParis, lesHauts-de-Seine et laSeine-Saint-Denis et lesYvelines, et le dixième de France. Son poids démographique est de 11,6 % au niveau régional et 2,1 % au niveau national (France métropolitaine).
La densité de population s'établit à 245,5 habitants/km2 en 2022, supérieure à la densité moyenne de la France métropolitaine (107,1 habitants/km2), mais nettement en dessous du niveau régional (1 030,7 habitants/km2).
La Seine-et-Marne figure toujours parmi les départements français les plus dynamiques en matière de démographie, bien que la croissance ait ralenti en raison de la diminution du solde migratoire. En1999, 80 % de la population du département résidait en zone urbaine contre 20 % en zone rurale.
Évolution de la population [ modifier ], suite (1)
1851
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
345 076
341 382
352 312
354 400
341 490
347 323
348 991
355 136
356 747
Évolution de la population [ modifier ], suite (2)
1896
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
359 044
358 325
361 939
363 561
349 234
380 017
406 108
409 311
407 137
Évolution de la population [ modifier ], suite (3)
1954
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2011
453 438
524 486
604 340
755 762
887 112
1 078 166
1 193 767
1 273 488
1 338 427
Évolution de la population [ modifier ], suite (4)
2016
2021
2022
-
-
-
-
-
-
1 397 665
1 438 100
1 452 399
-
-
-
-
-
-
(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[19] − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[20] puis population municipale à partir de 2006[21].)
Selon l'Insee, en 2020, le niveau de vie médian des habitants de la Seine-et-Marne (24 000€) était supérieur à la moyenne nationale (22 320€)[22] mais légèrement inférieur à la moyenne de la régionÎle-de-France (24 490€)[23]. Letaux de pauvreté (11,7%) était nettement plus faible en Seine-et-Marne qu'en moyennefrançaise (14,8%) etrégionale (15,5%).
Selon le rapport de l'Institut Paris Région consacré aux évolutions sociologiques de la régionÎle-de-France entre 2001 et 2015, la Seine-et-Marne est - aux côtés de l'Essonne - "le département le plus typiques d’un profilpériurbain avec une sous-représentation marquée des plus pauvres et des plus aisés."[24]. En revanche, la Seine-et-Marne est marqué par une surreprésentation des ménages au profil de revenu décrits comme "moyens" (du troisième au septièmedécile). Le constat est confirmé par l'INSEE qui évoque en 2019 une population concentrée autour des "classes moyennes"[14].
Selon le recensement général de la population du, 2,6 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les communes de Seine-et-Marne dont lesrésidences secondaires et occasionnelles dépassent 20 % des logements totaux en 2011 :
Coulommiers au lait cru, produit en Seine-et-Marne.
Les différents types de laitages et de fromages deBrie (brie de Melun,brie de Meaux,brie de Nangis,brie de Montereau,brie de Provins, brie de Favières), lecoulommiers traditionnel, lefontainebleau, le jean-de-brie, le bayard-gourmand, le grand-morin, le soumaintrain, le saint-siméon, le gratte-paille, le pierre-robert, le mauperthuis, le marbré, le chevru, la butte de Doue, l'explorateur, le fougerus, le vignelait, le saint-didier, le brie-yère, le camenbrie, le petit cœur coulis ou à la crème, la tomme fermière de la Brie, leBrillat-savarin, les divers fromages de chèvre de la Brie et du sud Seine-et-Marne (bûches, pyramides, tomettes, crottins, bichettes, camenchèvre, roblochèvre, petit chèvre d'Île-de-France, paley, nanteau), la confiture de lait briard, les fromages blancs, faisselles et yaourts fermiers,
Lamoutarde de Meaux, une moutarde de grains à l'ancienne. Depuis 1890, seule subsiste une entreprise la produisant, qui a déposé « Moutarde de Meaux » en tant que marque. Elle est en fait établie à Lagny-sur-Marne.
Les vinaigres de Meaux et de Lagny.
Le safran du Gâtinais.
Les miels de Brie et du Gâtinais.
Les chocolats de Chelles, de Lagny, de Dammarie-les-Lys, etc.
La carotte de Crécy-la-Chapelle, une des bases dupotage de Crécy.
Les lentilles vertes, blondes, les pois cassés de la Brie
Les pommes de terre du Gâtinais
Les poulet, poule, chapon, pintade, dinde, canard, oie, caille, lapin fermiers, et leurs dérivés(pâtés, rillettes, terrines, foie gras, aiguillettes, etc.) de la Brie.
La poule gâtinaise.
L'autruche fermière et ses dérivés.
Les escargots.
Les fritures de la Marne (goujons).
Le saucisson de chèvre.
Le cidre fermier briard.
Les jus de pomme et de poire fermiers briards.
Le vinaigre de cidre briard.
Les bières artisanales de la Brie et du Gâtinais.
Les huiles artisanales de colza, de tournesol et de noix.
Le roman de Marin Fouqué77 a pour titre le code du département. L'histoire se déroule dans la commune deVernou-la-Celle-sur-Seine où a grandi l'auteur[26].
D'autres films et téléfilms dans les châteaux de Ferrières-en-Brie, de Guermantes, de Champs-sur-Marne, de Vaux-le-Vicomte, de Blandy-les-Tours, de Fontainebleau, de Brou-sur-Chantereine, dans les cités médiévales de Provins, de Brie-Comte-Robert, dans la cité épiscopale de Meaux, à Coulommiers et à Nemours.
Le département est « ami des enfants » : son conseil départemental a signé une convention avec l'Unicef, pour agir pour la protection de l'enfance[27] et faire connaître laConvention relative aux droits de l'enfant.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.