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En pratique :Quelles sources sont attendues ?Comment ajouter mes sources ?Lelocavorisme[1] oumouvement locavore est un mouvement international prônant l'achat de produits alimentaires locaux (en) et la consommation de nourriture produite dans un rayon allant de 100 à250 kilomètres maximum autour de son domicile (le rayon retenu continuant de faire débat)[2]. Selon une étude de l'ingénieur agronome Damien Roux, ce chiffre varie entre 80 et300 kilomètres, avec une valeur consensus (non officielle) qui serait autour de150 kilomètres[3]. Est nomméelocavoreune personne qui adhère au locavorisme.
Les adeptes de celocalisme alimentaire reprennent à leur compte la notion decircuit court et dekilomètres alimentaires (en) (food miles) forgée dans les années 1980 par Tim Lang, professeur enpolitique alimentaire à l'Université de Londres.
Le mouvement locavore encourage les « consommateurs » à acheter des produits frais et de saison, à acheter aumarché, auxagriculteurs oupaysans locaux, à choisir leurs propres aliments, en faisant valoir la qualité du produit frais, des produits locaux, dont le goût serait meilleur que les produits industriels.
Il encourage ainsi la relocalisation de l’approvisionnement alimentaire qui permettrait l'obtention d’une nourriture plus saine et plus respectueuse de l’environnement par rapport ausystème alimentaireglobalisé[4].
Ce respect de l’environnement implique le maintien de la diversité despaysages, desécosystèmes en évitant lesmonocultures (en effet, il sera par exemple difficile de se fournir enviande,légumes etfruits au milieu de régions à monoculturescéréalières). Également, l’expédition alimentaire sur de longues distances exige souvent plus d'énergie fossile sous forme de :
Ce mouvement se veut également un acte destabilité sociale par le maintien harmonieux despopulations sur lesterritoires.
Ce mouvement reprend dans les années 2000 les idées decircuits alimentaires de proximité préconisés à la fin des années 1990 par de multiples acteurs de la vie économique (agriculteurs,entreprises agroalimentaires, consommateurs, associations militantes, acteurs publics locaux et nationaux)[5], ainsi que par des chercheurs qui, en lien avec des associations militantes régionales et descollectivités locales, cherchent à mettre en place descircuits courts comme vecteurs dedéveloppement territorial[6].
La première occurrence du terme[2] apparaît en juin 2005 dans un article duSan Francisco Chronicle qui parle de trois femmes locavores[7]. Il est surtout rapporté à l'une d'entre elles, l'écrivaine et cuisinière Jessica Prentice deSan Francisco, dont leblog,The birth of the Locavore (2005-2006)[8] créé à l'occasion de lajournée mondiale de l'environnement, propose aux résidents locaux d’essayer de manger seulement les aliments cultivés ou produits à l’intérieur d’un rayon de160 kilomètres (100 miles diet) et décrit le mouvementLocal Food en Californie[2].
LeNew Oxford American Dictionary a défini un « locavore » comme étant une personne qui recherche des produits alimentaires locaux. « Locavore » fut le mot de l'année 2007[9].
La première expérience de locavore en France date de 2008[10]. Pendant un an, Stéphane Linou, un habitant deCastelnaudary, s'est alimenté avec des produits issus d'un rayon de 150 km autour de chez lui. Il se revendique donc comme le premier locavore français[11].
La première transposition en entreprise a été opérée par trois ingénieurs agronomes à Montpellier en 2015 (Stéphane Linou y est notamment intervenu lors de tables rondes). Ces 3 agronomes entrepreneurs ont créé leLocavorium, qui serait selon les articles de journaux régionaux et nationaux[12],[13],[14],[15],[16], le premier magasin 100 % locavore de France. Les fondateurs du Locavorium ont été récompensés par la Médaille de l'Assemblée Nationale en 2021, remise à Damien Roux, Jessica Gros et Thibaud Piroux parPatricia Mirallès.
Le terme « locavore » est entré dans l'édition 2010 duLarousse[17]. En 2014, un sondage mené par l'institutIpsos indiquait que « 80 % des consommateurs en France disent acheter des produits locaux »[18]. Une attitude qui pourrait s'expliquer entre autres par des scandales dans l'industrie agroalimentaire et le désir de connaître l'origine des produits[19]. Trois ans plus tard, le journal télévisé deFrance 2 estimait que ce mode de consommation prenait de l'ampleur en France[20].
Le mouvement locavore ne fait pas l'unanimité et certaines personnes le dénoncent comme étant une« idiotie anti-mondialisation »[21]. Ils mettent en avant le fait que l'agriculture industrielle actuelle se prête peu à la consommation locale et que la distribution alimentaire à grande échelle est moins polluante que de multiples systèmes de distribution locale.
L'ADEME estime que :« en termes d’impact sur l’environnement, la diversité des circuits courts ne permet pas d’affirmer qu’ils présentent systématiquement un meilleur bilan environnemental que les circuits « longs », notamment en matière de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. En effet, les modes et pratiques de production sont beaucoup plus déterminants en matière de bilan environnemental que le mode de distribution, notamment pour les fruits et légumes (culture de produits de saison) ». Les émissions par kilomètre parcouru et par tonne transportée sont environ10 fois plus faibles pour un poids lourd de32 tonnes et100 fois plus faibles pour un cargo transocéanique que pour une camionnette de moins de 3,5 tonnes : ils permettent de parcourir de plus grandes distances avec un impact gaz à effet de serre équivalent[22].
Selonla revueSciences humaines, sans nier le fait que le système alimentaire mondial n'est pas soutenable, il ne faudrait pas pour autant verser dans un locavorisme par trop radical, qui s'avèrerait contre-productif aussi bien sur le plan de la qualité alimentaire que sur celui de l'empreinte écologique. Il ne s'agit pas de prendre en compte uniquement les kilomètres parcourus par les aliments, mais aussi l'empreinte environnementale de l'agriculture, pour procéderin fine à un bilan global[23], quitte à acheminer les aliments par rail, et non par la route.
Les concepts de locavorisme et de kilomètres alimentaires suscitent ainsi de nombreux débats polémiques relatifs à leur impact sur unsystème alimentaire durable (en)[24]. Les propositions irréalistes de l'ultralocalisme (visant le zéro kilomètre) visant à nourrir les grandes métropoles urbaines à partir d'une agriculture de proximité, sont régulièrement dénoncées[25],[26].
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