L'enfance est une phase dedéveloppement et d'apprentissage nécessitant labienveillance. Ici deux sœurs marchent à travers une prairie, l'une, plus grande, guidant probablement l'autre.
Le mot enfant désigne aussi une position relative à un parent, indépendamment de l'âge. « L'enfant de » renvoie alors au statutgénéalogique, à la filiation légale, ou encore à un lien affectif ou social.
Les concepts d'enfance et les valeurs y étant afférentes ont beaucoup évolué de l'Antiquité à nos jours, selon les civilisations, les classes sociales et les contextes et la personnalité des parents.
Le mot enfant peut être une désignation relative à lafiliation, généalogique (voilà ses enfants) ou symbolique (enfant du pays) ; le mot figure aussi par extension un état moral opposable à l'étatparent, et préliminaire à l'étatadulte[1].
L'enfant est dépendant de son environnement et gagne petit à petit son indépendance. Les caractéristiques de son environnement, ses parents, sa culture, l'époque à laquelle il est né, influencent son développement et l'interaction entre l'enfant et son environnement doit être prise en compte pour mieux comprendre son développement, en particulier son développement psychologique[9].
L'enfance étant nécessairement une période d'apprentissage, l'éducation (étymologiquement l'action de « guider hors de ») est souvent un sujet central quand il est question d'enfance. L'école est ainsi rendue obligatoire dans la plupart des pays du monde mais l'éducation touche d'autres domaines spécifiques comme celui de lalittérature d'enfance et de jeunesse.
L'éducation, au sens général, désigne le processus de transmission ou d'acquisition de connaissances générales, de développement des pouvoirs de raisonnement et de jugement et de préparation intellectuelle à la vie mature.
L'éducation formelle se déroule le plus souvent par le biais de la scolarisation. Le droit à l'éducation a été reconnu par certains gouvernements. L'éducation est obligatoire, mais l'école peut ne pas l'être, les options alternatives telles que l'enseignement à domicile ou l'apprentissage en ligne ont été reconnues comme des formes d'éducation valables dans certaines juridictions.
Dans certains pays (en particulier dans certaines régions d’Afrique et d’Asie), les enfants ne sont souvent pas scolarisés ou ne fréquentent l'école que durant de courtes périodes. Les données de l'UNICEF indiquent qu'en 2011, 57 millions d'enfants n'étaient pas scolarisés ; et plus de 20 % des enfants africains n'ont jamais fréquenté l'école primaire ou sont partis sans avoir achevé leurs études primaires. Selon un rapport de l'ONU, la guerre empêche l'éducation de 28 millions d'enfants dans le monde en raison du risque de violence sexuelle et d'attaques dans les écoles. La pauvreté, le travail des enfants, les attitudes sociales sont d’autres facteurs qui empêchent les enfants d'aller à l’école.
L'éducationscolaire est un droit des enfants, qu'elle se fasse en classe (comme ici auRwanda), ouà distance.
Pour laloi, une personne qui n'est pasadulte est appeléemineur. Dans beaucoup de pays, cette limite est fixée à18 ans, comme enFrance où la loi offre une protection accrue et où un « juge des enfants » est chargé de la protection des mineurs et des jeunes majeurs jusqu'à21 ans.
1 - L’enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la présente Déclaration.
2 - L’enfant doit bénéficier d’une protection (...) afin d’être en mesure de se développer d’une façon saine et normale (...) 3 - L’enfant a droit, dès sa naissance, à un nom et à une nationalité. 4 - L’enfant doit bénéficier de la sécurité sociale, il doit pouvoir grandir et se développer d’une façon saine (...) 5 - L’enfant (...) doit recevoir le traitement, l’éducation et les soins spéciaux que nécessite son état ou sa situation. 6 - L’enfant (...) doit, autant que possible, grandir (...) dans une atmosphère d’affection et de sécurité morale et matérielle (...) 7 - L’enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire (...) 8 - L’enfant doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers à recevoir protection et secours. 9 - L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation (...) 10 - L’enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination (...)
Cette déclaration (« d'intention ») est enrichie par l'adoption le, par l'ensemble des pays membres de l'ONU, de la CIDE (Convention Internationale des Droits de l'Enfant). Chaque État l'ayant ratifiée s'engage à appliquer cette convention. L'Unicef est le Fonds des Nations unies chargé de veiller à son application et de défendre les Droits des enfants partout dans le monde.
La loi impose le respect de l'enfant ; dans le cas contraire, on qualifie de maltraitance sur mineur les mauvais traitements envers toute personne de moins de18 ans « entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité »[12]. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) inclut dans ces mauvais traitements touteviolence ounégligence,physique ouaffective, notamment lessévices sexuels et l'exploitation commerciale[12].
Le travail des enfants est défini au niveau international par l’Organisation internationale du travail (OIT)[13] en comparant l’âge à la pénibilité de la tâche, distinguant le travail « acceptable » (léger, s’intégrant dans l’éducation de l’enfant et dans la viefamiliale, permettant la scolarisation) et le travail « inacceptable » (trop longtemps, trop jeune, trop dangereux, etc.). C'est à cette deuxième catégorie que renvoie la notion de « travail des enfants », estimé en 2002 à plus de210 millions d’enfants de 5 à14 ans et à140 millions d'adolescents de 15 à17 ans[14], et globalement plus de8 millions dans une des « pires formes de travail des enfants » (enfants soldats,prostitution,pornographie,esclavage moderne,trafic d'enfants...).
Lafécondation marque l'origine de l'unité biologique de l'individu en devenir. Engénétique, c'est le fait que cette cellule, appelé alors « œuf fécondé », devientzygote (elle possède deux exemplaires de chaque chromosome). On parle ensuite d'embryon à partir du moment où lesystème nerveux central commence à se mettre en place, c’est le stade de laneurulation. Physiquement, c'est le début de la différenciation de la tête, des doigts, des orteils, etc. Enfin et jusqu'à la naissance, il est question defœtus quand les organes sont distincts et commencent à fonctionner, ce qui correspond environ 8 semaines après la fécondation[15], soit dix semaines d'aménorrhée.
Nombre de milimètres gagnés par mois, en fonction de l'âge auxÉtats-Unis; garçons en bleu, filles en rouge.
Ledéveloppement staturo-pondéral est un paramètre important enpédiatrie pour surveiller le développement physique normal de l'enfant. C'est un des domaines de l'auxologie qui étudie la croissance des êtres vivants.La croissance peut se poursuivre jusqu'à l'âge de 18 ans chez un homme et 18-19 ans chez la femme, et contrairement aux idées reçues, il n'est pas rare de grandir jusqu'à plus de 21 ans et il est impossible de prédire un arrêt de croissance ou de définir la future taille d'un individu quelconque.
Cette surveillance de la croissance peut porter sur plusieurs paramètres :
Si physiquement, le développement et lacroissance de l'enfant restent plus ou moins continus, mais ne concernent que peu lesorganes génitaux respectifs qui ne sont pas encore matures, ni les éléments physiologiques de l'Identité sexuelle. Autrement dit, garçons et filles ont une croissance et un développement à peu près comparables, pour ce qui est de la silhouette, lataille, lamusculature…
La distinction de développement se produira surtout à lapuberté, période de transition de cet état d'enfant à l'état adulte, marqué par l'activation dusystème hormonal associé à la reproduction (principalement latestostérone pour les hommes, l'œstrogène et laprogestérone pour les femmes).
La sécrétion de ces hormones va engendrer un pic de croissance et permettre notamment la maturation de l'appareil reproducteur, mais aussi, le développement du système pileux, un changement de timbre vocal.
La pédiatrie est la médecine qui s'occupe des problèmes de santé des enfants, des spécificités du corps en fonction des âges de l'enfance, mais aussi des spécificités des traitements ou des soins à apporter, comme pour la prise en charge de ladouleur chez l’enfant.
Le bon développement psychomoteur est évalué relativement aux étapes normalement franchies en fonction de l'âge dans quatre domaines distincts, lamotricité, lapréhension, lelangage et lacompréhension[16].
Lamortalité infantile est unestatistique calculée en faisant le rapport entre le nombre d'enfants morts avant l'âge d’un an[18] sur le nombre total d’enfants nés vivants. Cette statistique est exprimée pour 1 000 naissances (‰). Elle sert essentiellement à juger de la qualité des soinsobstétriques etpédiatriques d'un pays.
Curieusement, c'est le contraire qui a longtemps été prétendu grâce à des arguments qualifiés de pseudo-scientifiques par le docteurDaniel Annequin[Note 1]. La prise en charge de la douleur pour les opérations médicales, y compris les plus lourdes, n'incluaient pas de prise en charge de la douleur chez les nouveau-nés et les nourrissons, et ce au moins jusqu'à ce que la preuve de l'effet négatif sur le pronostic de survie soit scientifiquement apportée en1987 parKanwaljeet Anand, en même temps que la preuve de la capacité à ressentir la douleur et à y réagir dès avant la naissance[21].
Immunosensibilité : l'enfant réagit mieux que l'adulte âgé à de nombreux microbes, mais son système immunitaire doit se former. Parfois, il réagit excessivement à certains microbes (cf. par exemple, latempête de cytokines, souvent fatale produite par le système immunitaire des enfants face au virus de lagrippe de 1918 ou leH5N1, là où les personnes âgées y réagissaient comme face à une grippe normale)[réf. nécessaire].
Respiration : parce que le nouveau-né et le jeune enfant en croissance ont des besoins en oxygène et en élimination de CO2 proportionnellement bien plus importants que l'adulte, la respiration de l'enfant diffère fortement de celle de l'adulte par
desmuqueuses pulmonaires plus fines et fragiles, mais plus souples, avec des sécrétions souvent abondantes demucus, une meilleure activité mucociliaire, une toux plus efficace et l'éternuement plus facile ou moins contrôlé que chez l'adulte ;
une capacité et une fréquence d'inhalation proportionnellement bien plus importante chez le jeune enfant (rapportée au poids ou au volume corporels) ;
un taux respiratoire (par rapport au poids corporel) plus important ;
trois fois plus que chez l'adulte pour des enfants de six mois à quatre ans ;
deux fois plus que chez l'adulte chez l'enfant de cinq ans à onze ans.
L'enfant porte volontiers les doigts et les objets à la bouche, risquant plus de s'intoxiquer (en mangeant de la terre polluée, des champignons, végétaux toxiques, écailles depeinture au plomb (comportement de PICA), etc). En été le risque de contamination transcutanée est également augmenté[23] ;
L'allaitement est une voie de contamination (pour le plomb par exemple, ou pour certains toxiques que la mère aurait inhalés[23]) ;
Le rapport eau/graisse varie beaucoup de la naissance à l'âge adulte puis à la vieillesse ; avant six mois, le bébé contient plus d'eau et moins de graisses. Son taux de graisse augmente ensuite pendant six mois puis diminue jusqu’à lapuberté (saufobésité ou surpoids). Pour cette raison, la distribution et toxicocinétique de moléculeslipophiles ouhydrophiles varie considérablement selon l'âge[23] ;
Latoxicocinétique dépend aussi dutaux de perfusion des organes. Or, elle varie fortement selon l’âge et le besoin de chaque organe. Par exemple, lecerveau non seulement est proportionnellement plus gros chez le nouveau-né, mais il a des besoins accrus entre trois et six ans[23], ce qui fait qu'il est fortement perfusé. Les toxiques passant la barrière hématoencéphalique ont plus de risque d'alors s'y retrouver qu'à l'âge adulte. La perfusion du foie est subitement diminuée dans les jours suivant la naissance (à la suite de la perte du cordon ombilical), mais elle sera plus importante (proportionnellement) chez l'enfant de 6 ans que chez l'adulte (ce qui compense une activitéenzymatique encore réduite).
Lesaccidents domestiques de l'enfant sont les accidents qui surviennent à domicile ou aux abords du domicile chez les enfants de 0 à 14 ans ; avec les accidents de la vie courante, s'ajoutent les accidents scolaires, de sports et de loisirs.
Sont exclus de ces définitions : les traumatismes intentionnels (agressions, maltraitance...), les accidents de la circulation routière, et les accidents liés à des éléments ou catastrophes naturelles.
En France, chaque année, un enfant sur 10 est victime d'un accident de la vie courante. C'est la première cause de mortalité entre 1 et 18 ans (250 à 300 décès d'enfants par an dans les années 2000-2010).
Les étapes oupaliers d'acquisition décrites parJean Piaget ont permis de mieux comprendre le développement de lacognition et les liens entre les processus biologiques de maturation et les interactions avec l'environnement. Les approchesbéhavioristes puis néobéhavioristes ont permis de mieux comprendre les processus d'apprentissage comme l'apprentissage par imitation très étudié parAlbert Bandura.
Le développement affectif de l'enfant a été étudié historiquement dans la perspective de lapsychanalyse et avec un accent sur la sexualité infantile et ses conséquences sur la personnalité et les troubles psychiques de l'âge adulte. Par la suite, sur la base des théories sur l’attachement animal établies parKonrad Lorenz d'une part, etHarry Harlow d'autre part, ainsi que sur ceux sur le développement humain de Winnicott (lui-même influencé par lapsychanalyste d'enfants,Mélanie Klein),John Bowlby formalise lathéorie de l'attachement.René Spitz formalise les effets délétères d'une rupture dans cet attachement avec la notion d'hospitalisme[9].
Parmi les théories issues de la psychanalyse, celle de l'objet transitionnel qui rappelle à l'enfant l'état affectif dans lequel il est en présence de la mère.
De nos jours, la psychologie de l'enfant intègre de multiples disciplines, celles de la cognition, des neurosciences, des sciences de l'affect, des sciences sociales, ainsi que les disciplines annexes de la pédopsychiatrie et de la médecine, des sciences psycholinguistiques (étude de l'acquisition du langage), les sciences informatiques, et de nouvelles techniques d'imagerie.
↑Daniel Annequin explique ainsi :« Chez l'enfant on revient de loin, pendant des années on a voulu ignorer que l'enfant ressentait de la douleur [...] On disait que les fibres C n’étaient pas myélinisées, mais elles ne sont jamais myélinisées, on avait comme ça tout une série d'argumentairespseudo-scientifiques » source France inter, l'émissionla tête au carré du, intervention à partir de la23e minute.
↑(en)OIT,Addressing the Exploitation of Children in Scavenging (Waste Picking): a Thematic Evaluation of Action on Child Labour, Bureau international du travail, Genève, 2004(ISBN92-2-116662-7)[lire en ligne], partie 2.2,p. 3.